‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 63 sur 220 · DOR · texte numérisé non relu

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on choisit pour la remplacer Joséphine Cloutier, fidèle et zélée coonéralrico de ses travaux, qu'elle avait d'abord secondée eu qualité de maîtresse des novices , puis de première assistante. On a tout è attendre d*un choix qui a obtenu l'assentiment de toute la congrégation. (1)

DOMINICAINES, religieuses à Calais, diocise éCArras {Pas-de-Calais).

Le monastère du tiers ordre de Saint- Dominique de la ville de Calais» tirait son origine de l'ancien couvent du Saint-Esprit de la ville de Thérouanne, fondé par Mme la comtesse d'Artois * épouse du prince Robert de France, frère du roi saint Louis. La ville de Thérouanne ayant été rasée et les couvents détruits en 1553 par l'armée de l'empereur Charles-Quint, les religieuses Dominicaines se retirèrent en différents endroits, et fondèrent neuf monastères.

La révérende Mère, Jeanne de Lannoj, accompagnée de cinq autres religieuses, vinrent à Calais en 155(t; elles y Turent reçues par les Anglais qui occupaient alors la ville, et obtinrent de la reine Marie d'Angleterre la permission d'y établir leur monastère,

3ui ne conserve aucun titre ni lettre de fonatiou.

L'an 1561, l'église de Saint-Nicolas ayant été démolie pour bfllir la citadelle, on en donna une partie aux religieuses Dominicaines qui l'ont possédée jusqu'en 1793.

Depuis leur fondation jusqu'en 16^2, elles se vouèrent au soin des malades de la ville, tant dans l'intérieur de leur monastère que dans les familles, où elles se rendaient quand elles y étaient demandées*

La révérende Mère, Jeanne de Lannoy, première prieure de la maison, l'a gouvernée pendant soixante-six ans; elle mourut en, 1620tàgéede cent cinq ans. Les religieuses ne voulant pas, par humilité, se charger du prieuré, demandèrent une supérieure aux religieuses Dominicaines d'Abbeville.

La révérende Mère Antoinette Le Bel de Saint-Joseph, religieuse professe, leur fut Accordée, et élue prieure. Le 6 janvier 1642, elle établit la clôture, sous l'autorité de messire Jean Dolce, évoque de Boulogne. Les religieuses Quittèrent alors le soin ûes malades pour s occuper de l'instruction. La révérende Mère de Saint-Joseph, après avoir exercé pendant cinquante ans la charge de prieure, mourut le 3 décembre I67O9 âgée de soixante-quinze ans. Le 12 de mai 1664 elle avait obtenu en cour de Rome, qu'après sa mort le prieuré serait changé en triennal, selon la coutume de l'ordre de Saint-Dominique, ce qui a commencé le 8 décembre de ladite année, jusqu'en 1792 qu'elles ont dû abandonner leur couvent. Elles ne se sont jamais rétablies.

DOROTHÉE (SoBCRS de SAINTE-).

parmi toutes les institutions régulières ou séculières qui ont été fondées pour l'insirurtion et l'é^iucation des jeunes Glles, surit) Voy, k la fin du vol., u« 70*

tout des filles pauvres et abandonnées» iln'v en a peut-être aucune qui tende mieux i ce but et qui obtienne plus eOicacement ce résultat que celledes sœursde Sainle-Dorolbée. Prendre un soin tout [particulier de (tes enfants délaissés, qui par la faute ou par l'impuissance de leurs fiarents croupissent dans toutes sortes de défauts et de mauvaises habitudes; se dévouer à leur bien-être; leur faire aimer le travail, leur apprendre les ouvrages dont elles sont capables, ceux qui conviennent à leur Age, à leur sexe, leur donner une éducation morale et religieuse, les former aux devoirs de la vie civile, telle est la fin qu'elles se proposent et qu'elles s'efforcent d'atteindre, avec un zèle et une sage industrie qui sont heureusement couronnés. Un des principaux moyens qu'elles emploient est une douce et bienveillante surveillance, ce sont des avertissements charitables, des observations faites avec beaucoup de discrétion et de ménagements dont elles chargent des personnes de leur sexe , d'une piété solide, d'une sagesse éprouvée et avantageusement connue; uo les choisit de préférence parmi les jeunes personnes qui se distinguent par leur conduite régulière et surtout parmi leurs voisines, parce Qu'elles jouissent de plus de confiance, qu'elles peuvent plus facilement leur en inspirer et établir plus fréquemment des relations avec elles.

Les sœurs de Sainte-Dorothée désignent dans chaque petite rue ou dans un quartier les jeunes lilles qui sont chargées d'exercer cette surveillance; une ou deux d'entre elles portent le nom d'assistante; chacune des assistantes est soumise à une surveillante d'une paroisse, et celle-ci se met en rapport avec une ancienne ou la supérieure d'une compagnie; et dans les villes plus considé* râbles qui renferment plusieurs paroisses, toutes les anciennes ou supérieures d'une compagnie dépendent de la surintendanta des surveillantes, ou de la supérieure générale des diverses compagnies. Telle est l'organisation de cette œuvre admirable, qui, par la constante sollicitude et le zèle infatigable des frères Luca et Marco de Conti Passi de Burgamo, a été établie dans un grand nombre de localités et du villes d'Italie, comme on peut s'en convaincre par la lecture du livre Délia pia opéra, réimprimé en 1836 à Rome, aux frais de la Propagande. Cette œuvre, si propre à préserver les jeunes personnes de se laisser entraîner par le torrent de la corruption, de leur assurer \vs moyens d'une existence honnête^ et d'entretenir leurs sentiments pieux, est déjà établie dans plus de vingt paroisses dans la capitale du monde chrétien ; mais elle prospère principalement à Gènes, et dans le royaume Lombardo-Vénitien. Or les rapports qu*il nous a été permis d'avoir avec des membres de cette congrégation pendant un séjour

2ue nous fîmes dans une localité où sont lablies dés sœurs de Sainte-Dorothée, nous convainquirent que rien n*était plus aiiuable, plus attrayanti nous oserions dire plus

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DES ORDRES RELIGIEUX

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séduisant que leur douce et angélique piété; et quoique quinze années se soient éeoulées depuis cette époque et que pen* daDt cet intervalle nous n*ayons jamais e; la pensée de nous occuper du dictionnaire des congrégations religieuses, nous aroQS conservé l'impression si favorable que 0005 reçûmes de ces relations, et il nous est armé souvent de nous en entretenir avec les personnes qui purent apprécier comme nous tes qualités qui distinguent les sœurs de SaiDt6-I>orolhée. Rien n'est si essentiel que de conserver à un Institut le véritable esprit qui a présidé à son établissement; mais combien n*esl-il pas à craindre qu'en s'en écarUiDt on ne tombe dans le relAcbement ou on ne voie tomber en décadence, puis disparaître ceux qu'animait la plus grande ferveur, et qui réunissaient des éléments de prospérité e( de durée. Voilà pourouoi il est d'une si grande utilité ou plutôt ooe indispensable nécessité de ne jamais perdre de vue ce but et de faire de continuels efforts pour Talteindre. Si les filles de la Charité se répandent dans le monde pour porter des secours aux malades, les sœurs de Sainte-Dorothée ne le fréquentent que )H)ur se livrer à des œuvres de piété et de cbariié oui tendent h retirer les jeunes personnes de Tablme du vice ou à les empêcher d'y tomber; et c'est une entreprise bien plus diilicile. Elles tiennent exactement les catalogues soit des filles qui sont l'objet de leur surveillance, soit de toutes celles qui par leur zèle et leur charité contribuent puissamment à cette bonne œuvre, sous la direction des sœurs, par leur vigilance et par tous les moyens ingénieux que leur inspire leur charitable industrie. Les sœurs de Sainte-Dorothée président les assemblées qui ont lieu pour le bien et la prospérité de l'œuvre. Elles s'appliquent à doter d'autres paroisses de cette uieniaisante institution; elles s'efforcent à former les assistantes, surveillantes, surintendantes, i ranimer, à raviver leur zèle, et c'est ainsi qu'elles travaillent au véritable bonheur de tant de filles malheureuses, si dignes de cofflfutssion, qu'elles réhabilitent non-seulement aux yeux de la religion, mais de la société.

Sainte Dorothée qui demeurait h Césarée en Cappadoce, province de TÂsie Mineure, s'était consacrée au Seigneur, et ne soupi* rait qu'à donner à Notre-Seigneur Jésus- Cbrist des preuves de Tardent amour dont elle brûlait pour lui. Le gouverneur Kabricius, ennemi juré des Chrétiens, fait appeler Dorothée, l'invite avec beaucoup de dou-

ceur à adorer la« idoles et è consentir à l'épouser, mais la sainte repousse Tune et l'autre proposition avec indignation. Sans se laisser décourager par ce refus, Fabricius chercha à la séduire par l'intermédiaire de deux jeunes Chrétiennes, Christe et Calixte, qui avaient eu le malheur d'apostasier, mais Dorothée, par son zèle et sa charité, parvint à toucher le cœur de ces misérables, à les convertir et à leur inspirer le courage de supporter le martyre. Le tyran, pour se ven-

f;er, Texposa à de cruelles tortures, au miieu desquelles Dorothée témoignait la plus grande joie, et comme Fabricius demandait à la sainte quel était le sujet de la joie qu'elle manirestait : a C'est, » lui dit-elle, « que j'ai gagné deux flmes à Jésus-Christ. » Arrivée sur le lieu du. supplice, un jeune homme se présente et lui demande par dérision des fruits et des fleurs du jardin de son céleste Epoux. El aussitôt à la prière de Dorothée et par la volonté toute-puissante de Dieu s offrirent les fruits nt les fleurs qu'on venait demander. Ce prodige si inouï causa un tel étonnement à ce jeune homme qui s'appelait Théophile, qu'à l'instant même il se convertit et devint un fervent Chrétien. C'est à cause de ces circonstances de la vie de sainte Dorothée, que l'institution qui porte son nom, l'a prise pour sa firotectrice. On vénère le corps de cette ilustre sainte à Rome, dans Téglise qui porte son nom; on en célèbre la fête le 6 du mois de février.

Aucune institution ne répond mieux aux plus pressants besoins de ce siècle et ne mérite mieux d'être encouragée que celle des sœurs de Sainte-Dorothée. On trouve deux de ces maisons à Rome. Il en existe l Gènes, à Venise, è Padoue, à Vicence, à Bolo^ gne et ailleurs. Des œuvres |:^écieuses, régulières et séculières ont mérité la haute protection de l'impératrice douairière et de l'impératrice régnante, l'une et 1 autre rem* plies de vertus, de piété et de mérite. Gré»

foire XVl approuva l'institut régulier en 839, et il donna en ISi^l un bref en faveur de l'institut séculier.

DOTTON (Religieux de SAINT-)

Saint Doiton fonda pendant le vr siècle, dans une des lies d'Âroade, un monastère qui jouit alors d'une grande célébrité et oui aujourd'hui porte encore son nom; il en l'ut élu abbé; il conserva longtemps cette digni* té, soupirant sans cesse avec la plus grande joie après le moment de venir à Dieu; il vécut jusqu'à l'Age de cent ans. On célèbre sa fêle le 9 du mois d'avril.

ECOLES CHARITABLES DE SAINT- CHARLES (Dames des).

Un tres-vertueux directeur du séminaire

de Nantes, M. Antoine Gagnet du Bois-Hé-» rant, mehibre de la Compagnie de Sainl-Sulpice, fut avec Mlle de la Bourdonnaie de bras, l'instrument dont Dieu se servit oour

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fonder à Nantes ces écoles charitablen qui eurent pour but primitif de recevoir de nouvelles converties et d'instruire les jeunes filles. Six personnes, qui tenaient d autres écoles de charité, vinrent se réunir à Mlle de Bras, et reçurent, le 13 octobre 1698, un règlement que leur donna Msr De Beauvau« alors évèque de Nantes. Elles s'établirent dans le faubourg de Saint-Clément, et elles recevaient dans leur maison de Krandes et de petites pensionnaires; elles fournissaient des maltresses d^école à diverses paroisses du diocèse. Unies par les seuls liens de la charité, elles vivaient en communauté, portaient un costume uniforme, mais elles ne faisaient point de vœui.

La révolution de 93 détruisit cet utile établissement et la maison des dames de Saint- Charles, appelées aussi Carolines, est maintenant occupée par le grand séminaire de Nantes.

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