‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 64 sur 220 · ÉCOLES CHARITABLES DD SAINT-EN- FANT-JÉSUS ( SORUBS DBS · texte numérisé non relu

ÉCOLES CHARITABLES DD SAINT-EN- FANT-JÉSUS ( SORUBS DBS

Notice iur le Rev. P. Nicolas Barré ^ leur

fondateur.

Le grand <£èle que le révérend P. Barré a fait paraître pendant le cours de sa vie pour le salut des âmes, et spécialement pour celui des grands pécheurs, les bénédictions qu'il a plu à Dieu de répandre sur ses desseins, méritent aue nous fassions connaître les vertus de cet nomme apostolique, n

Il naquit le 20 octobre de l'année 1621 » dans la ville d'Amiens, capitale de la Picardie. Son père se nommait Louis Barré, et sa m^re Antoinette Pelle. Ils étaient issus l'un et l'autre de très-honnète famille et ils vécurent dans la piété et dans la crainte de Dieu. Ils eurent plusieurs enfants, auxquels ils s'appliquèrent à communiquer leurs vertus et leur sagesse. Mais ils ne purent se défendre d'avoir une affection particulière» de donner^ des soins et d'être remfilis de sollicitude pour le jeune Nicolas chez equel ils avaient remarqué, dès le plus bas Açe , des dispositions heureuses pour la piélé, qui leur firent prévoir qu'il deviendrait enfant de bénédiction pour sa famille,

et pour l'Eglise un serviteur utile On

vit avec bonheur le jeune enfant aimer la retraite et la prière dans un fige où à peine lei autres enfants commencent à faire usage de la raison.

Il se dérobait autant qu'il le pouvait à la vue de ses parents, pour aller assister aux onices divins dans les églises où il était un sujet d'édification. S'il était obligé de rester à la maison, il se retirait en un petit oratoire qu'il s'était préparé pour pratiquer les exercices de piété.

( 31 mai. ) Ce fut dans ce petit sanctuaire que le jeune l^icolas alla se prosterner devant Dieu, pour loi demander, dans sa simplicité, et avec une entière confiance, le recouvrement de la santé d'une de ses s<Burs 9ui était à l'article de la mort et abandonnée es médecins.

La divine bonté écouta favorablement la

prière oe cet ange; elle lui fit même sussitôt connaître si iufaillement qu'elle TaTait exaucé qu'il courut au lit de la malade, où étaient réunis ses |>arents , leur assura que sa sœur ne mourrait pas, et ajouta qoehi promesse lui en avait été faite : ce aue Tévénement vérifia. Cette jeune fille fut toujours reconnaissante de ce bienfait ; elle déclarait, en toute rencontre, qu'elle était redevable à son frère Nicolas de la vie qui lui avait été rendue. Elle suivait tous ses conseils dans un Age plus avancé, en imitant sa piélé et ses bons exemples ; elle embrassa la vie religieuse dans l'ordre de Saint-François de Paule,chez les sœurs Minimes d'Abbeville , où après avoir donné de grands exemples de piété, et avoir aussi gouverné avec beaucoup de sagesse et de doareur cette communauté, elle mourut regrettée de toutes les sœurs.

Lorsque le ieune Nicolas eut atteint l'ige de dix ans, il se sentit si porté à se consacrer totalement à Dieu, qu'il fit dès ce tempslà le vœu de garder la virginité pendant tonte sa vie, et comme il reconnut dans la suite qu'on ne peut conserver la vertu de pureié qui est un don de Dieu, que par une grlce spéciale, il fit de très-ferventes nrières pour Tobtenir. Ses parents ne manguêrent pas de l'envoyer aux écoles pour lui apprendre ce qui convenait à son âge. Lorsqu il fut au collège des Jésuites, ses professeurs ne restèrent pas longtemps sans reconnaître ^$ moyens naturels ; il avait un esprit trèsvif et très-pénétranU II y avait peu d'auteurs de langues étrangères qu'il n'entendit et qu'il ne traduisit avec une facilité qui excitait l'admiration. On a gardé pendant long* temps dans sa famille et dans les premières bibliothèques de la ville plusieurs ouvrages d'éloquence, de géographie, de mathématiques et autres, comme mon umen ts de ses connaissances et de sa capacité. Outre son aptititude pour les sciences, il avait de grand'-s dispositions pour saisir les principes et les secrets des arts mécaniques, c< qui aurait été pour un autre le sujet d*une très-sérieuse étude, devenait pour lai un agréable délassement.

M9is les grâces que sollicitait secrètement son cœur, et qui le pressaient fréquemment de négliger ces sortes de connaissances parement Fiumaines pour s'exercer dans la science des saints ne lui permirent pas de suivre ses inclinations.il aut donc modérer ce penchant naturel et ce ^rand désir de tout savoir. 11 disait depuis, assez agréablement que c'était chez lui une espèce de libertinage d'esprit qu'il lui était diflicile d'arrêter. Ce fut donc pour ne plus vaquer qu'è lascienne des saints et pour se défendre contre les pièges qu'il trouvait dans lo monde , qu'il prit le parti d'entrer dans le clotlre. 11 y fut reçu, et après Tannée de son noviciat, il prononça ses vœux dans le couvent de Chaillot, le 31 du mois de janvier de l'année 1649.

On lui donna d'excellents oaaltres pour ses études de philosophie et de théologie;

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DES OUÛRBS RELIGIEUX.

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ils recoiinorent l'étendue et ia pénétration de 500 esprit ;qaoiqu*il eût un goût profond pour les sciences, il ne laissait pas de réserver deux ou trois heures par jour qu'il donnait à Toraison. 11 n*était encore que diacre qu*oo lui confia le soin de plusieurs jeunes religieux, pour les former a Télude et aux exercices ae la vertu. Il fut toujours très* sobre, et ne se contentant pas de la vie pénitente et des jeûnes que 1 on observe pendant plus de la moitié de Tannée dans son ordre, il s'en imposait encore d'autres; il cherchait toutes les occasions de n'avoir pour toute ooarrituro que les restes des autres. Ces pénitences , jointes à de longues veilles et aux exercices d'une oraison continuelle altérèrent beaucoup sa santé dont il fit un sacrifice à Dieu.

A,vant reçu le sacré caractère du sacerdoce, el ayant été destiné h exercer le saint ministère dans le tribunal do pénitence, il commença à travailler à la conversion des pécheurs; ce qui fut toujours son plus grand aurait et le principal caractère de cet homme apostolique fut de retirer des abtmes du désordre ceux qui y étaient le plus plongés, et de porter lesâmesdéjà gagnées àDieu,etavancées dans la suite à un plus haut de^ré de perfection. Et la charité de Jésus-Christ pressait si puissamment son ccBur qu'il se sentait continuellement poussé à publier d'excellents movens pour revenir à Dieu et pour s'unir plus étroitement à lui par l'exercice des plus solides vertus. Tous ses projets n'avaient pour but que la gloire de Dieu el le salut du prochain. Le feu de la charité raniiuail dans tous ses discours; les maximes qu'il enseignait étaient empreintes de sagesse; les conseils, qu'il puisait dans Vesprit de Dieu qui ranimait, dirigeaient les âmes dans la voie de la solide piété. C^est fK>urqooi il travaillait si efGcacement à la conversion des pécheurs, qu'il était difiicile de ne pas se rendre à ses touchantes exhortations, et de résister è son zèle. Aussi Dieu opéra-t-il par son organe des conversions surprenantes en la {)ersonne de plusieurs des plus grands impies et de libertins qui étaient denuis longtemps plongés dans un alime de néréglements dont on n'eût jamais cru qu'ils dussent sortir. Et ce qui fut bien consolant pour leurs contemporains, c'est qu'une fois ayant rompu avec le monde, et ayant brisé leurs chaînes, ils ne cessèrent de donner l'exemple de la plus solide piété, et on les voyait tous les jours, prosternés aux pieds des autels, s'humilier devant la ma l'esté divine. Ils ne se lassaient point de publier Finsigne faveur qu'ils avaient reçue du ciel por les soins et le zèle infatigable de celui qui avait appris aux pieds du crucifix k vaincre les cœurs les plus endurcis et à en triompher. C'est le pouvoir qu'il avait sur le cœur des impies qui avait donné lieu k ce propos que Ton citait assez souvent

Juand on parlait des pécheurs invétérés : / faut renvoyer au P. Barré. — On ne s^étonnera \^s de l'autorité que ce fidèle serviteur avait sur les cœurs si l'on se rap-

DlGTI0!«!f. DBS ObDBRS BELIG. IV.

felle qu'il faisait une violence continuellit Dieu même par ses ferventes prières.

Ceux qui purent en être témoins assurent que sa poitrine, dans l'ardeur de ses oraisons, était agitée de si fervents soupirs, au'elle paraissait comme une fournaise 'amour ; ce sont les termes dont ils se sont servis. Il est bon de remarquer que cet homme de Dieu disait lui-même qu'il n'avait pas pour les personnes qui se distinguaient par une haute naissance, par leurs qualités naturelles et leur mérite persQunel , le même zèle qui l'animait pour les autres. C'est pour la même raison qu'il négligeait et la connaissance et la direction des personnes d'un rang élevé, craignant, disaitt-il, la perte du temps qu'il employait bien plus utilement en exerçant son ministère auprès du peuple qui rôtirait des fruits bien plus abonaants de son zèle, que les grands ou les savants. Aussi, il né faisait jamais de distinction de personnes, e( s'il donnait la préférence, c'était au^ plus pau; vre$ , aux plus petits et aux plus tipidcç. La réputation de vertu du f. Sarré et les succès étonnants obtenus partout par cet homme évangéliaue faisaient désirer sa conversation par les hommes les plus distingués de la société.

On vint un jour lui anncmcer qu'une trèsgrande princesse souhaitait qu'il vint la voir pour l'entretenir, mais cet humble religieux qui tétait ennemi de la sloire humaine, et qui avait compris que c était plutôt par uu motif de curiosité, que de vraie piété, qu'on venait le chercher, pria le supérieur de l'exempter de cette entrevue, qu il savait ne devoir être d'aucune utilité. Mais ses supérieurs lui ayant exposé qu'il était à propos de ne pas mécontenter une personne de ce rang, qui envoyait un exprès |)our le conduire dans son palais, il obéit, et il édifia extraordinairement ceux qui étaient en la compagnie de cette grande dame. I^n voyant cet nomme que l'on savait d'ailleurs être toqt de feu se présenter avec cette extrême simplicité, observer la contenance du plus humble religieux, sans mettre le moindre empressement, sans faire aucune observation pour satisfaire la curiosité de la princesse, tout le monde en fut touché , et cette conduite produisit plus d'etfet que s*il eOt voulu répondre à ce qu'on attendait de lui et soutenir sa réputation par une conversation brillante en se livrant hTardeur de son zèle. Il pénétrait si avant dans les replis les plus cachés des consciences» qu'on était dans la surprise de voir qu'il découvrait des choses que Dieu seul pouvait savoir. Ces connaissances et cette pénétration naissaient du don particulier qu'il avait de discerner les es()rits. On voyait lu feu qui paraissait dans ses yeux^ et la pénétration de son regard quand il voulait juger d'une personne qui demandait de se soumettre à sa conduite.

Sa patience et son humilité furent dos preuves du bon esprit qui l'animait et de la piété solide qui accompagnait toutes ses entreprises. On voit dans ses lettres les motifs

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DICTIOrafAIRE

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solides et les règles sûres qu*il donne pour inspirer les senlimenls de son néant et de sa bassesse. 11 serait difficile de trouver ailleurs des maximes plus sages, des considérations plus puissantes, un tableau plus saisissant pour montrer lu nécessité et les signes de celte vertu qui est la base principale sur laquelle tout Tédifice spirituel doit être appuyé.

Comme il rendait un jour un très-grand service à une personne, en la compagnie de plusieurs Messieurs d'un très-grand mérite, il arriva qu'un bomrae osa Tinsulter publiquement, lui Gt mille outrages, le renversa, le traîna parterre et ajouta de violentes menaces. On vit alors cet humble relij^ieux se mettre à genoux, et tout innocent qu'il était, publia qu il était coupable, disant qu'il demandait pardon et qu'il était prêt aie satisfaire. Quand cet homme furieux se fut retiré, le révérend P. Barré rnppela à ceux qui étaient présents ce que la foi nous enseigne sur le pardon, sur Toubli des injures , et la force que nous communiquent la grâce et les vertus de la foi pour conserver le calme de rame quand on est exposé h de pareils •traitements. Mais Dieu permit que celui ■même qui l'avait si mal traité vint le lendemain lui faire des excuses, en lui avouant qu'il avait été touché de son humilité et de sa patience, et qu'il le priait d'oublier l'insulte qu'il lui avdit faite, et de s'intéresser pour lui auprès de Dieu; ce qiie ce saint religieux n'eut pas de peine à lui accorder en lui donnant des marques non équivoques de sa bienveillance.

11 était parfaitement soumis à tous les ordres de la Providence divine et, on ne le voyait jamais surpris ni étonné lors des événements eitraordinaires et malheureux, soit pour l'Etat, soit pour les affaires qui le regardaient. Une de ses pratiques les plus familières était d'adorer avec un profond respect les décrets de Dieu, se contentant de gémir, de prier et d'espérer que Dieu par sa miséricorde ferait réussir toutes choses à notre avantage et pour sa plus srande gloire. Sa conflance en la divine bonté était si grande qu'il disait assez ordinairement quand tout le monde s'opposait à l'établissement de l'institut dont il est le fondateur, que ses affaires allaient fort bien et qu'elles étaient en bonne voie. Il serait difficile d'expliquer toutes les différentes persécutions qu'il endura du cdié des hommes , qui n'omirent rien pour le perdre de réputation et pour détruire le puissant crédit que son seul mérite lui avait ac- 3uis. On l'accusa auprès de ses supérieurs et es évéques d'être un homme déréglé et vicieux, qui usait des artifices de l'art magi- 3ue pour abuser les peuples et arriver à ses ns. Hais il n'&vait pas plutôt paru et rendu raison dans sa simplicité de tout ce qu'on lui imputait qu'on reconnaissait son innocence; loin de s en plaindre, il disait h ses amis qu'on avait raison de le tourmenter et qu'il méritait d'être ainsi traité.

Son oraison était la présence de Dieu coniiDuelle; et sitôt qu'il pouvait se trouver seul,

on le voyait rentrer dans un recueitlemenl si profond qu'il semblait avoir toujours été solitaire. Il continuait cette union qu'il avait toujours avec Dieu, en prenant ses rei^as dans ses voyages et en parlant des affaires qui paraissaient être le plus contraires h ce saint exercice. Il était si étroitement uni l Dieu en tout temps, qu'il loi était très-difficile de se distraire et de parier d'autre chose 2ue de ce grand objet. Un religieux qui lait le procureur de la maison, dont le P. Barré était supérieur, vint un iour pour lui parler d'une affaire temporelle, lorsqu'il était absorbé dans la présence de Dieu dans une allée où il se promenait. Ce religieux assura que le digne Père était alors si étroitement uni i Dieu qu'il lui fallut au moins un quart d'heure avant de pouvoir attirer son altf^ntion sur l'affaire temporelle dont il voulait lui parler.

Il avait une si grande inclination pour l'adoration continuelle, et il se plaisait tant dans les exercices de l'humilité qu'il n'étudiait, qu'il n'écrivait, et ne faisait presque aucune autre chose qu'étant h genoux. Ou le trouvait presque continuellement dans cette sainte posture.

Son désintéressement était si grand que, quoi qu'on lui offrit des aumônes et d'autres biens temporels tort considérables, il ne donnait jamais de la préférence à son ordre, et il était si détaché de ses parents qu'aérant an iour appris que sa mère était h^ l'article de la mort, il renonça à la résolution qu'on lui avait inspirée d'aller dans son pays pour la consoler dans ses derniers moments, atin de ne pas interrompre l'ouvrage de la conversion des pécheurs qui faisait sa plus grande occupation.

Sa foi étdit si vive qu'on eût plutôt dit qu'il voyait les vérités et les mystères de la religion qu'il ne les croyait. Aussi ses instructions produisaient-elles une impression extraordinaire sur l'esprit de ses auditeurs. Il disait souvent qu'il était du paradis, du purgatoire et de l'enfer.

Quand il était sur le point de donner ral>solution dans le tribunal do la pénitence, il éprouvait une agitation si violente que.uuoi* qu'il fit tout ce qu'il put pour la cacher à ses pénitents, on ne laissait pas de s*eii apercevoir quel«|uefois, et comme quelques conseillers de la grand'cliambre du parlement de Kouen qu'il dirigeait, demandaient un jour la raison de ce trouble, il répondit: h Me consi* dérant en ce moment comme le juge du |)énitent que je vois à mes pieds, et comme le dispensateur du sang de Jésus-Christ, je oie regarde comme ayant entre les mains ce mèm? sang précieux qui coula sur le Calvaire, et ronimec'est à moi de discerner s'il doit être répandu è propos sur la tôle du criminel qui se présente, je me trouve sai^ d'une sainte frayeur en pensant d^unefari h la dignité infinie du sang du Sauveur, rt d'autre p.irt me souvenant de Tiiidignité do la créature dont il n*e>t pas fort aisé de ron* naître les véritables dispositions. •

Ces fervents Chrétiens demeurèrent aussi

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DES ORUKbS hËLiGlbUX.

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rontfDts qu'édiBés dt cette réponse qui leur donna de nouîelies preuves de la foi vive qu'ils avaient remarquée dans la conduite u«ce sa^e directeur.

Ce qui perfectionnait ce grand homme (iios la théologie mystique, c'était l'étendue, runiversalité des connaissances qu'il possédait, jointes kune longue expénence qu'il sfsit acquise, surtout è son expérience per* $onnelle;car il avait passé par des épreuves sans nombre, par de rudes, par de violentes tentations pendant plusieurs années, et il a atoaé lui-même que Dieu Tayait conduit fét des routes si difficiles et si supérieures a ses forces naturelles, qne le seul détail ferait frémir d'effroi, et paraîtrait tenir de i';m|V)ssible.

H dit un jour à un ami qu'il y avait vingtse[tansqtt'jl était comme en enfer àcauso des (Jouleurs inconcevables que son flme endurait sous la puissante main de Dieu. Il s'était dévoué au service du prochain, et se rtprdait comme une victime pour le salut des âmes.

Dansées rodes assauts, son unique remède était la prière presque incessante, une Rraodeconfurroitéaux ordres du Ciel, et nu ibaoJon parfaite tous les desseins de Dieu, qa'il invoquait comme un bon père. Il ne f«Qt|Niss*étonner après cela si tant de grands fcoiDines, et de si beaux esprits rechenmaient arec empressement et avec assiduité la mniersation et les conseils de ce zélé apôtre, qui avait passé lui-même tant de lOis par i'eaa et par le feu de toutes sortes de tribulations.

i: l>arai<sait si évidemment aux yeux de t'^ui le toonde qu*il avait des qualités très- ^;éciales pour procurer le salut des ftmos, ei (»ûur conduire les personnes qui étaient <p;^elées à des voies particulières, que tes premiers supérieurs de son ordre jugèrent i )V0|K)s pour la pins grande gloire de Dieu, ^leloidonner par écrit de leur propre mon- ^emem exemption de tout autre emploi, afin q^Mpût suivre en pleine liberté sa vocation '(•o^ûlique et porter plus facilement le feu de Tamour sacré dans tous les cœurs.

li professa la théologie avec apnlaudisse- Qent de tout le monde pendant 1 espace de r<u^de vingt années; c'est dans ce temps q<n| forma tani de savants élèves dans la t^iNogie scolastique et la théologie mystique'«élèves qui tirent l*admiratiou des docleurs mêmes, quand ils assistaient aux thèses paLliqaes que l'on soutenait dans la maison. I^^usieurs de ses disciples devinrent des outtres iistingués auxquels on confia depuis Tinsiruction des jeunes religieux de son ordre. Ses prédications et ses exhortations t^Jeni si pathétiques qu'on trouvait toujours dans ses sermons la tnanne du cœur, 'l^iiqu il prêchât avec majesté la parole de l^^tu. W n affectait jamais la vaine éloquence ^o>ierle, qui ne sert qu'à chatouiller To- Nle ei non à convertir les âmes. Dans ses •*nnf>ns, il s'exf»rimaitavec agrément, il dé- ^elop|jail SCS pensées avec feu. Ses exhorlatioas élaieul énergiques; il convainv4uait

l'esprit et triomphait du cœur de ceux qui {'écoutaient.

Il avait des manières aisées, familières, qui tenaient de cette sainte liberté et de cette innocente joie que donne ordinairement Tesprit de Dieu. Plusieurs personnes qui ne connaissaient pas son esprit, son naturel, ses habitudes, rrapprou valent pas d'abord ses manières pleines de feu, ni ses discours accompagnés de paraboles et de subtilités spirituelles, mais on ne Pavait pas plutAt connu qu'on savait l'apprécier, et qu'on était charmé de sonsenre un peu singulier et des leçons cachées dans les paraboles qu'il proposait.

Si les « mortifications corporelles sont ordinairement les compagnes inséparables de la parfaite et solide piété qui doit être appuyée sur la croix de Jésus-Christ, le serviteur de Dieu ne fut pas privé de ces faveurs, car, outre qu'il se servait de moyens industrieux pour mortifier sa chair et affliger ses sens» sans que cela fût connu, ceux qui ont vécu avec lui' savent quel martyre il endurait dans les maladies qui exigeaient qu'on lui ftt de temps en temps des opérations extraordinairement douloureuses et qu'il supportait avec une constance qui excitait l'admiration même des médecins.

On la souvent .«surpris pendant la nuit prosterné devant le Très-Sainl-Sacrement de l'autel , tantôt étendant les bras en croix, quelquefois usant des plus rudes instruments de pénitence, d'autres fois adressant à Dieu des prières très-ferventes en faveur des pécheurs quMI voulait ramener dans le sentier de la vertu ; c'était par des actes de sévérité envers lui-même, qu'il s'efforçait de les réconcilier avec Dieu.

Ce fut après s'être exercé dans ces grandes austérités et après une longue expénence dans les travaux évangéliques quil reçut l'inspiration d'établir des écoles charitables du saint Enfant-Jésus, et déformer pour cet effet des maîtresses qui fissent gratuitement des instruciions aux pauvres filles.

Cet ouvrage fut commencé dans la villede Rouen par les libéralités, les aumônes, les conseils de MM. de Touvens, Fumichon, de Grinville, conseillers en la Grand*Chambre, et de M. d'Epinay, secrétaire du roi, tous singulièrement recommandables par leur naissance et par leurs vertus, et dont les descendants, héritiers de la piété, du zèle de jours nobles ancètres,continuent encore aujourd'hui à soutenir cette bonne œuvre, à fournir et à se procurer les sommes néces- .«aires pour pourvoir aux besoins des mattresses que l'on forme dans un séminaire, d'où elles sont répandues dans les provinces plus éloignées et oi^ elles obtiennent des résultats admirables. C'est ce qui se fait encore dans le séminaire du faubourg Saint-Germain à Paris, où un grand nombre de maitresses sont instruites et formées selon le môme esprit, par des personnes du premier mérite, qui les gouvernent et les distribuent ensuite selon leur prudence, dans les diffé-

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