‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 70 sur 220 · FAU · texte numérisé non relu

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Hais eo GODsacrani sts jours et ses nuits h son œuTre naissante, <|uel but se propose* t-il?II a TU d'un œil attristé le ?ide immense qu'ont laissé parmi nous les ordres religieux emportés par ]*affrease tempête de 93 ; n a vu des pauvres abandonnés, des larmes dont rien n adoucit Famertune ; il a vu la foi et la pfété déserter la famille, s'éteindre ou s'affaiblirtians la plupart des Ames, les saines traditions périr, les mœurs se reiftcher chaque jour davantage, sous la pression du flot de corruption et d'impiété qui grossit et qui monte sans cesse, détachant les générations nouvelles di^ sein de la vérité et creusant partout sous leurs pas des abtmes. A ce spectacle, son cœur s*est ému et a senti le iiesoin d'opposer une disue au torrent dévastateur : ramener les Chrétiens à la pratique des préceptes et des conseils évangéliques; Mre refleurir la piété des anciens jours, en préchant Jésus-Christ plus encore par l'exemple que par les discours; reconquérir à la religion le monde victime de tant de préjugés injustes, et, pour y parvenir, multiplier en sa faveur des miracles de charité, voilà son but. Nous allons examiner comment il s'y prend pour TaUeindre.

A ses yeux, une société qui n'est pas fortement constituée, qui ne repose pas sur uti fondement solide, croule d'autant plus vite qu'elle fait plus d'efforts pour s'étendre et s'agrandir; dun autre côté, il est bien convaincu que, semblable à la plante qui manque d'air, ou q[ui ne peut iibremeiit enfoncer ses racines dans le sol, une société, fût-elle encore plus fortement constituée, s*appauvrit et s'étiole, ne produit que peu on point de fruit , si elle concentre sa vie et son action dans un cercle trop étroit, au lieu de se donner des bases assez larges pour prendre tous les développements que comporte sa nature. Aussi, dans le plan de son association, a-t-il recherché et réuni, ce nous semble, avec un rare bonheur, cette double condition de durée et d'extension, pour toutes les œuvres oublie embrasse.

Par certains points, il se rapproche dans si^s constitutions, par d'autres il s'éloigne des ordres religieux oui ont le plus marqué dans l'Eglise par l'éciat des vertus et l'importance des services rendus. S'il leur fait de nombreux emprunts, il se garde bien de les copier servilement et sans sortir du cercle qu'ils avaient tracé autour d'eux.

Il conseille aux membres de l'association de la Sainte-Famille le triple vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance; il exige que « constamment occupées, leur vie tout entière soit remplie par la prière et le travail : voilà comment il se rapprocha des ordres religieux dont nous venons de parler; voici comment il s'en éloigne : il compose son association d'éléments divers, de congrégations distinctes les unes des autres, séparées par des différences profondes : par leur règle, par leur costume, par leurs œu- Tres.

De telles différences ont trop de quoi surprendre au premier abord , pour qu'on ne

se demande pas pour quels motifs l'abbé Noailles les a introduites et admises dans une œuvre qui, avant tout, doit être mar-

auéeau coin de l'unité. Ces motifs, les voici: veut établir, asseoir son œuvre sur chacun des degrés de l'échelle sociale, parce que ce n'est qu'en se plaçant sur tous les théâtres de la misère qu'on peut lui apporter des secours toujours efficaces; plus son entreprise est grande et diilicile, plus il sent le besoin d'appeler à lui toutes les ftmes qui

{meuvent seconder ses pieux desseins; d'aileurs, si les sujets dont il dispose, n'ont pas tous les mêmes aptitudes, les diverses classes de la société n'ont pas non plus les mêmes besoins, ne réclament pas en tout les mêmes genres de secours.

Son plan a semblé plus <|ue hardi h des hommes graves et dont les idées et le jugement ont naturellement un grand poids : à leurs yeux, les différences multipliées et profondes qu'il présente ne peuvent qu'en compromettre l'unité sans laquelle rien n'est possible.

Plus l'objection est forte, plus la difBcuUé semble insurmontable, plus aussi le pieux^ fondateur, qui s'est bien gardé de s'en dissimuler à lui-même retendue, s'est appliqué k Y répondre d'avance ei de manière à satisfaire et à convaincre les esprits les plus injustement prévenus.

Conserver l'unité dans la plus surprenante diversité, et la diversité dans l'unité, de telle façon que l'unité n'absorbe pas la diversité et que la diversité ne urise pas l'unité: tel était le problème qu'il fallait résoudre. Que fait l'abbé NoaiHes, en rédigeant ses constitutions? Au-dessus de toutes les congrégations particulières qui composent son œuvre, il établit une autorité éclairée et soutenue |par un conseil q^iL se forme des sujets les plus éminents, sous le triple rapport des vertus, du talent et des lumières. Circonscrite dans des bornes qu'elle ne peut franchir, et en même temps toutepuissante dans le cercle de ses attributions, cette autorité, qui décide de tout en dernier ressort, tient dans sa main l'œuvre tout entière, en relie en un seul faisceau toutes les branches et les retient irrésistiblement attachées à un centre commun. D'mi côié il as.«ure à chaque congrégation partielle le degré de liberté et d'indépendance dontelLe a besoin dans sa sphère pour opérer tout le bien qu'elle est appelée à faire t-dans aucun cas, il ne permet de toucher à ce qui est comme l'essence des Ciuistitutions |)articulières et il exige qu'au fond et dans la pratiaue on les sauvegarde par l'application du célèbre principe : Sini ut sunê aut noa fin/v D'un antre coté, chaque corporation, quels que puissent être d'ailleurs son développement et son importance respectivei demeure forcément dans un état de dépendance: il lui est impossible, et elle ne l'ignore pas, de se séparer de la souche commune^ de secouer le joug de l'autorité et^de la direction générale, sans perdre, par cela même, ses droits, ses privilèges etjusciu'à sa raison d'être,

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sans <iu*atissil6t et da mftme coup ta terro al Pair riennenl à lui manquer.

C'esi un point capital « mais non un petit mérite de sauTegaraer les droits des satx)rdonnés, de protéger efBcacement ceux-ci contre tMte oppression , tf ut en les préser* vant au.^moins dans une certaine mesure, de toute tentation de révolte et d'in8utx>rdina« lion, par cet instinct de conservation qui n*agit pas moins puissamment sur les êtres collectifs que sur les êtres purement indivi* duels.

On ne saurait prudemment avoir une fol avotiele dans les plus belles théories tant qu'elles n'ont pas été sulUsamment éprou<* Tées , et que le temps et Tespérience nt sont pas venus leur donner raison. H est donc bien iociportant de savoir jusqu'à quel point, dans la pratique, rabt>e Noailles a réussi à relier entre elles et à rattaclier à un centre commun les diverses parties dont se compose son œuvre , sans diminuer en rien ni la vie ni le besoin d'extension 'ptH près à chacune de ses parties, ni l'action que le centre devait constamment exercer sur toutes pour n'en faire qu'une seule et même association. Comment a-t-il pu conserver Funité dans une pluralité qui se produit comme un fait entièrement nouveau et une sorte de phénomène dans l'histoire des or« dres religieux? Le difficile problème a été résolu avec la sainte audace de la foi et de la charité, avec un bonheur qui dépasse toutes les espérances conçues d'abord. Pour s'en convaincre, il suffit d'entrer dans quel^ ques détails sur la situation prospère de i œuvre de la Sainte-Famille, de faire remarquer quelles racines profondes elle a jetées dans le sol, quelchemin elle a parcouru en trente années, depuis qu'elle est sortie de son humble berceau.

A part les personnes de tout sexe et de tout rang qui lui sont individuellement afli* liées, comme membres, soit de la branche de Jésus ou des ecclésiastiques , soit de la l»ranche de Marie ou des femmes, soit de la branche de saint Joseph ou des assoinés laïques ; à part une multitude de bonnes œu* vres qu'elle dirige dans un crand nombre de localités en France ou k l'étranger par rintermédtaire de ses ferventes congrégaiiistes, l'association de la Sainte-Famille st compose déjà de plusieurs congrégations régulières, telles que celles des dames de Lurette, des sœurs de Saint-Joseph, des sœurs de la Conception, des sœurs de Ffispérance , des Ouvrières chrétiennes , des dames de la Sainte Famille.

La congrégation des dames de Lorette , qui se consacre à In haute éducation, a fondé en France el en Bspagne des établissements où un grand nomtm d'enfants , appartenan aux premières iSamilles ,reçoivent une éduca tion non moins solide que brillante. On j place en première ligne l'enseignement religieux , car ces sages institutrices ont parfaitement compris que la science, quand la toi ne la vivifie pas, nt produit que des fruits amers, et que, quel que soit d'ailleurs

son prix, rédftflatiou, qui n a pas la religion pour principe et pour 4n, n'est qu*un guide incertain ou trompeur, souvent plus fuoeate qu'utile, surtout pour la femme uoot la vertu est constamment exposée à tout.

En présentant à leurs élères la religion et la piété comme devant servir de base et de couronnement à tous les dons naturels ou acquis qu'on apprécie chez les jeunes personnes, elles préservent celles qui sont appelées à vivre dans les plus hautes eiaases de la société, du double danger de l'ignorance, et de l'orgueil ; et quant à celles dont la destinée doit être plus humble, elles les préservent également des désirs ambitieux ou des prétentions ridicules que leur contact avec lea premières ne manquerait pas de leur inspirer, pour leur aaalheur el pour celui de leurs familles. Aussi s'attacbentelles par dessus tout à leur montrer, comme marque distinolive d'une haute éducation^ non ces airs de grandes dames qu*il est si facile de prendre et si fâcheux de conserver dans certaines positions, mais cette aimable et noble simplicité qui se prête à toutes les conditions sociales et qui en relève toutes les vertus comme tous les mérites.

La congrégation des sœurs deSaint-Josepii qui se consacre spécialement à recueillir et a élever gratuitement les jeunes orphelines» et à former des ateliers pour les enfants du peuple, s'est également établie en France et en Espagne. Que de pauvres enlants sans asile, sans appui et exposées à tous les dan* gers et à toutes les soutfrances de cet affreux délaissement, trouvent la vie de leurs Ames et celle de leurs corps dans les œuvres de charité fondées par les sœurs de Saint- Joseph I

La con(;régation des scaurs de la Conception, qui embrasse avec l'instruction des classes moyennes dans les villes, la direction des héïpitaux , les classes gratuites* les salles d'asile, les écoles et les soins à domicile des pauvres habitants de la campagne, s'est déjà répandue |iar toute la France, et elle ne peut suffire à toutes les fondations qu'on lui propose. C'est dire asses les ser^ vices qu'elle rend, et ces services, pour être plus cachés et plus humbles, n'en sont que plus précieux et plus louables devant Dieu, comme devant les hommes qui compreonent tout ce qu'a d'admirable la vocation d'une sœur de Charité.

Les sœurs de l'Espérance, ou gardes-malades, sont appelées de toutes parts et ijoutent chaque année de nouvelles fondations à celles déjà très-nombreuses qu'elles oit faites en Franco

Le doux nom de sœurs de l'Espéranoe, ou gardes-malades, indique assec le iNitde leur institution. Que de malades dans les classes aisées encore plus peut-être que dan» les classes pauvres, meurent et périssent misérablement, parce qu'ils sont abandonnés aux soins de mercenaires inintelligents ou sans conscience 1 Combien qui, pour comble de maux, descendent dans la loaibe sans consolation, parce qu'ils n'ont personne

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DES OftDRSS RBLWIEUI.

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«utonr d*6ax qat les rappelle à Dieu et à •ax-méioes, et qui ail soin de leur procurer les secours d'une religion toute «de miséri* corde et d^amoorl II n est donc pas étonnant que les sœurs de TEspérance soient les bienrennes partout où elles se présentent, d'au« tant que leur déTeueroent est à toute épreure et oe connaît pas de bornes^ Quand un mal est si dégoûtant» ou d'une nature tellement contagieuse» que personne ne se sent plus le courage d'approcher l'infortuné qui en est atteint» elles accourent au premier appel qui leur est lait; ouand la peste ou le cholém désole nos villes et nos campagnes» on les Toit» comme des anges consolateurs» se porter» avec un zèle que la mort ne peut effrafer, et que des veilles continuelles, ou des fatigues surhumaines ne sauraient lasser» partout oit .le danger se montre plus immi* Dent; heureuses en luttant contre le fléau» et en lai livrant leur propre vie» comme plu«* lieors d*entre elles lont déjà fiait, de lui ar* racher quelques-unes de ses tristes victimes. On n*a pas oublié rbéroïque dévouement dont elles ont fait preuve» dans plusieurs grandes villes» à Nancr, par eiemple» à Bordeaux, à Marseille» a Toulon» à Niort» à Nantes» etc..» dont les habitants se les disputaient et considéraient comme une insigne faveur du ciel de les avoir auprès de leur couche de douleur, quand ils se sentaient frappés du terrible fléau.

Les ouvrières chrétiennes ont pour objet de procurer du travail et un asile aux ouvrières que l'isolement ou la misère expose h tant de dangers, et de créer dans les paroisses des ateliers chrétiens» où les enfiants puissent apprendre un état» sans que rien vienne les aétourner des saintes pratiques de la religion. Cette œuvre» l'une des premières et des plus importantes que l'association ait fondée à Bordeaux, est appelée à prendre un grand développement , c'est-àdire qu'elle est appelée à rendre de grands et précieux services; puisque les ateliers» aux mcBurs équivoques» aux habitudes plus ou moins impies, sont l'une des grandes plaies de notre société et l'un des plus grands obstacles k la restauration religieuse et morale de la classe ouvrière.

La congrégation des Dames de la Sainte- Famille qui» sans quitter le monde» embrasèeut la perfection évangélique» et se vouent, selon leur position respective» aux œuvres de l'association, s'est établie dans un grand nombre de villes ou de localités qui se ressentent déjà de sa charitable influence. Tout en jouissant» au milieu du monde, des grAces et des avantages qui forment comme Tessence de la TOf^ation religieuse, les dames de la SaiDt^-FamiUe sont» pour ainsi dire» les sentin !*es avancées de lassociation ; elles lui préprent les voies, écartent les obstacles, encouragent et favorisent les vocations naissaoles que Dieu lui destine, et lui rattachent toutes les Ames, toutes les bonnes œuvres que leur position les met à même de lui gagner. Qui ne voit qu'à ce point'de vue seul «Ues ont une mission précieuse à remplir,

et sont appelées à opérer un bien immense ?

Nous oonnerions une idée trop incomplète de la prospérité présente de 1 œuvre et de ses chances d'avenir, si nous n'ajoutions qu'en ce moment même elle travaille à la création de quelques nouvelles congrégations, dont les services réclamés par les besoins de notre époque, ne seront ni moins précieux, ni moins utiles à la religion.

Ce qui mérite d'être remarqué, c'est qu'à ces nouvelles congrégations demeurées jnsqn'à ce jour à l'état de projet» d'autres encore pourront se joindre plus tard et venir» en prenant rang parmi les anciennes, se greffer» comme elles » sur la lise commune sans occasionner le plus léger ébranlement, sans déplacer ni gêner en quoi que ce soit, un seul des rouages de la direction générale qui donne à tout le mouvementet la vie.

Le merveilleux développement, les prodigieux succès de la Sainte-Famille doivent avant tout être attribués à Celui qui daigna la bénir miraculeusement dès sa naissance; à Celui qui peut tout et sans lequel l'homme ne peut rien. 11 est juste pourtant de ne pas passer sous silence et de signaler les causes secondes dont il a plu à la Providence de se servir, pour soutenir l'œuvre de l'abbé Noailles et la faire arriver à ce degré de prospérité que nous ne pouvons nous empêcher d'admirer.

Or» parmi ces r^uses que nous nous som« mes plu à rechercher, il en est quelques* unes que nous croyons pouvoir indiquer; les voici :

Premiire cause, l'unité d'une autorité tonjours contenue» mais toute-puissante dans le cercle de ses attributions, placée assez haut pour tout voir et tout contrôler» aussi énergique au besoin, qu'elle se montre ordinairement douce et pleine de tendre condes* cendance.

Deuxième eaueef lee Filles de Dieu eeut^ corps d'élite, sorte d'état-major, s'il nous est permis de parler ainsi , dans lequel ne sont admis que les si^jets qui se distinguent le plus par leurs talents et leurs vertus, et qui, par choix, se vouent à la plus haute perfection de la vie religieuse. Les Filles de Dieu seul connaissent et embrassent l'œuvre dans ses détails et dans son ensemble, et leur mission est surtout de travailler sans reiftche à en inoculer, à en étendre et à en renouveler sans cesse l'esprit; elles sont constamment prêtes à se porter partout où les appelle l'obéissance, à changer, non pas seulement de maison ou d'emploi» mais encore de règle» d'habit et de congrégation: c'est parmi elles qu'on prend la directrice générale» ses assistantes» ses conseillères» ainsi que les supérieures générales des congrégations particulières.

Troiiième cauee^ les constitutions qui»

constamment» placent les membres de l'association sous les regards de Jésus» de Marie et de Joseph» et» dans de si parlaits modèles» ne cessent de leur montrer ce que la vertu a de plus aimable» ce que le divin amour a de plus propre, à toucher et à captiver les

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âmes, et à faire compter pour rien les sacriflces qui coulent le plus a la nature.

Quatrième cause ^ l'ordre admirable qui rèi^ne dans la comptabilité, dans remploi et Tadministration des intérêts temporels; la prudente lenteur et, quand il y a lieu , la résolution avec lesquelles on procède dans la création de tout établissement nouveau*

Cinquième cause. Tandis que les autres corps religieux, même les plus recoroman* datiies, ont tant de peine à se défendre entièrement de fa regrettable faiblesse qui les porte è se regarder d*un œil jaloux, les différentes congrégations de la Sainte-Famille vivent et travaillent moins pour leur prospérité particulière que pour la prospérité de l'association tout entière. Qu'elles soient à côté ou à distance les unes des autres, elles ne cessent de se prêter un cordial el mutuel appui; entre elles point de concurrence, point de lutte fâcheuse, et chaque corporation trouve son avantage dans le bien qu'elle peut faire h ses sœurs. C'est aittsi que ce qui a été regardé par plusieurs comme un obstacle invincible et une cause de ruine, est devenu un secours puissant' et une source de prospérité.

Sixième cause f la faveur singulière avec laquelle l'épiscopat français, plusieurs princes de l'Ëglise, les trois derniers archevêques de Bordeaux, par-dessus tout Grégoire XVI de si douce et si sainte mémoire, et l'immortel Pie IX ont accueilli et encouragé l'association. En 1820, Mgr d'Aviau, auquel ses ouailles avaient donné le surnom de saint, en jetait lui-même les premiers fondements; en 1831, le vénérable cardinal de Cbeverus, en vertu d'un rescrit du Souverain Pontife, l'érigeait canoniquement, et lui notifiait les précieuses indulgences dont le Père commun des ûdèles venait de Tenrichir; quelques mois plus tard Grégoire XVI conbrroait k perpétuité, i)ar un bref, toutes les «rAces accordées à l'association, exprimant le vœu qu'elle se développât ^[tt s'étendit chaque jour davan^ tage. En 18Û), sur les pressantes recommandations de S. E. le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, et d'un très -grand nombre de ses frères dans l'épiscopat, le même Pape donnait de nouveaux encourasements à l'œuvre, dans la ^lersonne de son fondateur; car, ajoutait ie saint Pontife, je ne doute nullement qu'elle ne soit Vautre de Dieu»

Le 15 septembre 18^2, par un décret de la congrégation des Evêques et Réguliers, Grégoire XVI la déclarait digne détre louée et recommandée à toute l'Eglise. De son côté, PielX lui a prodigué, en plusieurs circonstances, les témoignages du vif intérêt qu'il lui porte, surtout au i8 mai 1851, où, dans la personne de ses premiers cbef^ , prosternés à ses pieds, il se plui à verser sur elle les plus précieuses bénédictions do son cœur de^asteor et de père.

Ceux qui désireraient se procurer des détails plus complets sur l'association de la

(I) Voff. à la fin du vol., n«* 78, 84.

Sainte-Famille, et mienx connaître son bis» toire, trouveraient, dans ses annales, un moyen facMe de satisfaire leur pieuse coriosité.

Qu'il nous soit permis de demander maintenant si tous les cœurs chrétiens ne doivent pas bénir une œuvre que tant d'illustres prélats, que deux Souverains Pontifes, gloire et consolation de l'univers catholique, que le Ciel lui-même s'est plu à bénir; une œuvre qui est née au milieu des ruines, qui a grandi en fiice et au sein de nos tempêtes religieuses et politiques, et qui a été organisée de façon à pouvoir résister k des tempêtes plus redoutables encore; une œuvre qui a déjà tant fait pour te présent, t\ qui offre tant d'espérances pour Tavenir; qui, dans ces temps de froid égoisme, donue tant de preuves de courageux dévouement, qui, enfin, s'échelonne sur tous les degrés de la société, et préférablement sur les degrés inférieurs, pour pouvoir répondre plus sArement et toujours k l'appel de la souffrance et du malneurl (1)

FAMILLE (Association de ua SAINTE-), à Liège t à Bruxelles^ etc.

Cette œuvre n'est que la réalisation de la pensée de saint Alphonse de Liguori, Texi)ression des vifs désirs manifestés dans les régies de la congrégation, et, en tout point, Timitation des cha^ielles qu*ii établit avec tant de succès dans la ville et le royaume de Naples.

La première pensée de l'association de la Sainte-Famille est due h un officier do génie, M. Belletable, décédé en 1855, et k quelques bons ouvriers de la ville de Liège. Pours'éiiifier mutuellement, ils se réunirent pour la première fois, en 18^i, le lundi de la Pentecôte, dans Thumble demeure d'un artisan de la même profession que saint Joseph. Dieu bénit la pieuse association. A peine naissante, elle se fit connaître, et se pro|iagea d'une manière inattendue. Le local, devenant insuflisant, les PP. Rédemptoristes,qoi s*étaient empressés de donner h cette CBUvre le concours de leur zèle, lui ouvrirent leur église pour leurs réunions hebdomadaires.

Ce fut Mgr Bommel, évêque de Liège, ,ui, le premier, approuva les statuts

e l'association, en 18«5. Ce digne prélat lie cessa de chrrir et de protéger la Sainte- Famille, et il disait qu'il se faisait gloire d*en être membre. Sur la demande du Père provincial de la congrégation du très-Saint*Rédempteur, demandée, appuyée par l'ordinaire, Sa Sainteté Pie IX, par un bref du 20 avril 18^7, approuva Tassociaiion, et l'enrichit d'indulgences. Par uq autre bref du 23 avril de la même année, le Saint* Père érigea l'association en arcbisodaliié. En I8U| de pieuses personnes, désirant aussi participer à ces faveurs I obtinrent d'être associées. Ou établit une section pour le^ femmes.

La Sainte-Famille fut érigée à BruieIK dans l'église de la Madeleine, par lettres du 3i décembre I8U. et alIlUée à rarcbiaoëa-

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DES ORDRES RELIGIEUX

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