‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 87 sur 220 · CER · texte numérisé non relu

CER

DES ORDRES RELIGIEUX

GER

pour rélecUon da supérieur et des membres diicoRseiUet pour traiter des affaires les plos imftortaiites de la congrégation.

Us frères de Saint-Gabriel portent une grande robe ou soutane de laine noire^ à laquelle est attaché un manteau de même étoffe qui descend un peu au-dessus du genou. Leur nbit est bleu oordé de blanc. Le chapeau ecclésiastique complète ce costume (Ij.

GERASiUO (Rblisibux ru BiEifHBCRBUx).

Ce saint embrassa d'abord la rie monastique dans la Licie, province de TAsie Miocore, où il était né. 11 se retira ensuite en Palestine fers le milieu du y' siècle» à réfHXjue où commencèrent à se répandre les erreurs d*£uticbds, qu'il eut le malheur d>a))>rasser lui-m6me; mais il fut beureui 4e rentrer dans la Toie de la vérité par les fxbortatioiis de saint Eutlmius et de réparer ses erreurs par une rude pénitence. Il GtcoDiitruirei un quart de lieu du Jourdain Qfl faste ermitage avec soixante-douze celtaiespour autant de solitaires, et au milieu 00 monastère pour les cénobites.

Les religieux étaient soumis h un silence r^oureax. Ils aTatcnt pour toute nourriture • a («in et des dates, et de Teau pour bois- 'un, excepté le samedi et le dimanche. Ils &e rendaient à Téglise pour participer aux cJTios mystères» et où il leur était permis de (Danger en commun des aliments cuits et déboire un peu de vin. Ils n'avaient d'autres meubles et ustensiles qu'une cruche d'eao, une natte pour se coucher et une simple couverture. Gerasimo s'imposait à lai-fflème une abstinence et des mortiflcauoDsplasséTères encore, et saint Eutimius nattunesj grande vénération pour ses vertus qu'il lui adressait ceux de ses disciples qo'ii TOttlait Caire avancer dans la voie de la jerfactioa. Il mourut le 5 du mois de mars dePanoée ^75; c'est le jour où on a flxé sa fiie dans le Martyrologe romain.

GEBVAIS (Lbs fuxbs SAINT-).

Cest le nom qu'on donnait communément m kàifitaiièreê dt Saint-Ànastaêe^ établies dans le Marais» à Paris. Quoique cette communauté fût de celles qu on appelle de l'or- ^ de Saint -Augustin, elle formait une ttrporation spéciale, qui demande un chantre particulier. Oo peut diviser l'histoire de cette maison en deux époques ou parties diféreotes, eellede l'établissement de l'hôptal OU plutôt de l'hospice Sairit*Gervais, celle de la communauté formée. Sauvai, un te historiens de Paris, pense que cet U|)iul fut fondé sons le rèene de Louis I^Gros; Jaillott dit au contraire, et il était aueui informé, au'il fnt fondé sons Louis M Jeune. M. de Saint-Victor adopte ce sentiment Le plus ancien titre qui fasse mention de cet hôpital est de l'an 1171. Il nous apprend qu'un maçon, nommé Garin, et Harcher, son fils, prêtre, destinèrent pour It^ger tes pauvres passants, une maison qu'ils •▼aient au iiarvis Saint-Gervais, cest-k-dire, u**»ant l'église paroissiale de ce nom. Ainsi

(I) îay. à la fia du toi., n» 102.

s'exprime Jaillot, dans ses JtecAercAei $ur Partie et M. de Saint-Victor s'exprime de même. Le Gallia Christiana, qui semble avoir puisé pourtant è cette source, dit qne le fondateur fut Garin Hasson, conjointement avec son Gis Archer, prêtre; semblant faire de Maoson un nom propre, et modifiant l'ortographe de celui du fils.Quoi qu'il en soil du nom ou de la profession du principal fondateur, laquelle n'était pas alors ce qu'elle est aujourd'hui, et n'en ferait que pi us d'honneur à sa générosité, comme cette maiîion était chargée de quatre deniers de cens envers Robertde France, comte de Dreux, frère de Louis le Jeune, ce prince coi^ointcmentaveo sa femme etson fils, cédace sens pour favoriser l'établissement. Le Maire, dit qu*il fut confirmé deux ans après par Alexandre IH. Les historiens de Paris, que Pignariol de la Fori;e a copiés dans sa Description de Paris ^ ont suivi le récit du Bénédictin Dubreul, qui place l'époque de la confirmation vers 1 an 1179. On voit par cette bulle de confirmation que cet hôpital était administré par un Maure ou Procureur et par des frères. Il n'est point question de femmes dans le< auteurs que je consulte, quoique à cette époque plusieurs hôpitaux fussent desservis conjointement par des frères et des sœurs de l'ordre de Saint-Augustin. 11 faut remarquer (^e l'hospice Saint-Gervais était destine à recevoir des hommes seulement^ On trouve encore en leur faveur une bulle de Nicolas IV, du 10 septembre 1190, qui place les maîtres et les frères, ainsi que leurs biens actuels et futurs sous la protection tlu Saint-Siège. Les choses restèrent sur ce pied jusque vers le milieu du xiv* siècle; alors Foulgues de Chanat, dit Foulques II, évoque de Paris, plaça dans cet hospice quatre religieuses pour régir cet hôpital avec un maître et un procureur ou

I)roviseur. Les frères cessèrent -ils alors eurs fonctions charitables dans l'hospice 7 je J'ienore, mais je supposerais qu'ils ne se retirèrent pas immédiatement, le nombre des pauvres reçus è Saint-Gervàis surriassait la suffisance du service de quatre religieuses. Je suis porté à croire qu'ils n'auront cessé d'être reçus que par la force des choses et des années, comme il est arrivé dans tant d'autres hôpitaux, par exemple, Saint-Nicolas de Fougères, 1 Hôtel-Dieu de Paris, qui recevaient aussi d*abord des frères et ne reçoivent plus que des religieuses. Ces religieuses^ que le Gallia Christiana qualifie du mot Sançtimoniales introduit par Foulques, d'où les avail-OB tirées? Furent-elles tout de suite indépendantes de toute autre maison? Je le crois; mais cette position libre et même la spécialité de leur hospice ne suffiraient peut-être pas pour leur mériter une place dans notre Dictionnaire, siel'ea n'avaient pas formé plus tard un institut spécial et nouveau. Jaillot fait remarquer que dom Félibien dans l'Histoire de Paris et tous ceux qui l'ont copié, se sont tromi«éa en plaçant en Tannée 1300 Tintroduction des religieuses dans la maison Saint-Gerva:s|

GER

GER

cette dflle ne peut convenir k répoque de Foulques de Cnanac» qui ne fut élu évèque de Paris qu'en 13(^2 et qui mourut le 25 juillet 13tô. Cette forme d*aaministration dura jusqu'à Tannéo 1608, et pendant cet intervalle, les religieuses auront eu beaucoup à souffrir du caractère, des exigences du Mal;^ Ire et du procureur, «yir, de nos jours, ce qui met un obstacle au développement de nos religieuses et des chapelains dans les hôpitaux, c*est souvent la taquinerie, Texiçence mesquine des administrateurs, médecins et directeurs, qui ont toujours le logement le

glus commode de la maison... et le reste, n 1608, le cardinal de Gondi, évèque de Paris, supprima le mattre et le procureur dans l'hospice Sainl-Gervaîs, parce que leur mauvaise administration faisait présager la ruine de cette maison, et il se réserva le droit de commettre quelqu'un pour recevoir tes vœux des religieuses, et les comptes qu'elles devaient rendre, ce qui fut toujours observé depuis lors, jusqu'à la suppression. i*ai dit ci-dessus que Foulques II avait établi quatre religieuses pour desservir cet hospice, et le texte de Jaillot dit de môme. Il semblerait d'après la texte du Galtia Chriêtiana que ce nombre de quatre devait rester fixé ainsi : At vero... Fuleo II... per quatuor êanctimoniaUi, ununimagistrumet unumpro' euratorem^seuprovitoremadadminiitrandam domum eonstiluit. Néanmoins ce nombre augmenta comme on le voit par ce qu'il dit lui-même en parlant des prieures, dont il ne commence la nomenclature qu'à dater du xvi* siècle, je ne sais pourquoi ces prieures étaient perpétuelles. La première qu'il nomme est Marguerite Nourjr, élue entre une des sept religieuses qui étaient alors en la maison. Elle exerçait la supériorité en lSS3i^, et ce fut pendant son administration, que Tan 15i5, Robert, évAque d'Avrancbes, muni de la permission du cardinal du Bellav, évèque do Paris, accordée à la prière de Guy du Val, aumônier et conseiller du roi, maître et administrateur de Tbospice et des religieuses, consacra {inauauravtt) l'église du couvent en l'honneur de la sainte Trinité, de la sainte Vierge, de sainte Anastase ou Anastasie, vierge et martyre, de saint Lazare, de sainte Marie Madeleine, de sainte Marthe, de saint Denys et ses compagnons martyrs et de saint Biaise, évoque et martyr. Madeleine mourut le 7 septembre 1558, et fut remplacée par la Mère Jeanne Girard fille de François Girard, seigneur de Passy. Il parertt qu'elle gouverna longtemps, car ce lut sous son priorat que le cardinal Pierre de Gondi, Bt, en 1606, le changement dans l'administration de la maison, que j'ai fait connaître ci-dessus. Jeanne donna sa démission entre les mains de Henri de Gondi, évèoue de Paris, cette année là môme 1608, le 13 septembre. Néanmoins elle continua de gouverner la maison jusqu'à l'année de sa mort, arrivée le SO Janvier 1612. Elle aura, d'après les indications, exercé les fonctions de prieure pendant cinquante-quatre «m. Elisabeth Chevalier fille U un président

du parlement, laquelle avait fait professioa entre les mains de Jeanne Girard, fat nommée par l'évoque de Paris, coadiatrice de la précédente prieure, le jour ou celle-ci se démettait (le 13 septembre 1608) et après la mort de Jeanne Girard gouverna le reste dii sa vie, quoique, à l'exemple de celle-ci, quelques années avant sa mort, qui arriw le 5 mars I6U, elle eût choisi une coadjatrice apte à partager son administratioB. Cette coadjulrice fut la révérende Mère Françoise de Vassé, fille de Jacques de Vassé, seigneur de Saint-George, et, d'Anne du Verger. Elle fut élevée à cette honorable dignité, le 13 mars 16b2, n'ayant encore que il ans, et ce fut le premier archevêque de Paris, François de Gondi, qui lui en donna le titre. Lo Gallia Christiana dit qu'il (varalt des expressions de la bulle de Nicolas JV, l'an 1290, qu'à cette époque il n y avait point de religieuses dans la maison Sainl-Gervaia et qu'on ne peut guère faire remonter l'origine de la communauté a un temps plus reculé. Néanmoins il / afsi des frères* Mais je crois pouvoir ajouter qoe cette communauté ne devint un institut s|técial que sous le gouvernement de Fraoçobe de Vassé, et le Gallia Christiana pense de môme. Elle avait néanmoins toutes les ap

Earences et l'extérieur d'une bonne maison ien réglée. La révérende Mère Françoise Vassé, élevée dans un Age si peu avancé i la dignité de coadjulrice, devenue vjmit en titre deux ans plus tard, ne devait probablement qu'à sa naissance seulement, età la faveur cette distinction dont elle fut honorée; il est vraisemblable qu'elle laissait déjà entrevoir par ses vertus et ses qualités tout le bien que pouvait attendre d'elfe la maison qu'elle allait diriger. Aussi dès les premiers temps de son priorat, elle commença à la gouverner avec zèle ; elle ajouta à son lustre et à m réputation, surtout à partir de Tannée itik. En cette année-là l'archevêque de Paris, que je viens de nommer, donna aux religieuses de$ constitutions particulières dont nndes points leur laissait la faculté de se choisir tous \ts ans un supérieur, dont il recevait seuleoeat la conflrmation, privilège qui fut oonlro^ par son successeur, François de Bartaj.

Françoise du Vassé, considéraol l'exigoitô du lieu où étaient reçus les uauvres, chaque soir, au nombre de plus oe SO,OM par an, auxquelles on donnait le souper et le coucher, et même rinsuflisaoce de la partie de la maison où logeaient les religieuses, alors au nombre de sept seuloneot, sat^ qu'on put s'étendre en bâtissant, résolut de s'établir ailleurs; ce qu'elle Bl cobom f vais le dire en finissant. Site donna sa démission en 1681, ou plutôt elle prit pour coadjutrice sa propre sœur et iDOomt le% décembre 16M, emportant devant Dieu i« mérite d'avoir été peut-6tre la prieure ^ plus utile à cet établissement sous le rapport

matériel et spirituel, puisqu'elle y mit oo» forme particulière qui en ut an institut spécial , comme je viens de le faire remarQocr.

Le bien qu'elle avait Ait fut eontiaué par

GER

DES ORDRES RELIGIEUX

GKÉ

Per|)élue-Francotse de Vassé, sa sœur, plus jeone qu'elle, puisqu'elle n'avait, en 1681 que 43 ans, quand elle fui nommé coadju- (rice. Elle prit fK>siession de sa dignité de supérieure le 30 avril 1695 et mourût le 10 ocK)l)re 1112«

Après elle, la prieure fut Marie-Françoise Larcber, flile de Jacques Larcher, secrétaire do roi| que le cardinal de Noailles, arche* réquede Paris, prit du nombre des religieuses de la maison. Les expressions du Gatlid CkristiafM feraient penser que l'élection n'a ▼ait p(Nntlieu{o«nimth4r a eardinali Noallio) et que la placi; était à la nomination du prélat. La révérende Mère Larcber avait ^3 ans quaDdJelte Alt élue, et mourut en 1738, le 3 DO?embre. Après elle le Gallia Christiana nomme encore Marie-Thérèse de Boismaigre, fille d'un secrétaire des bureaux du ministère et de Tadministration de la guerre, qui était prieure lorsqu'il fut publié et oui apprend qu'elle a été nommée prieure \in frims$am eooptatur) par Charles-Gaspard- Guillaume de Vintimilie, archevêque de Paris, k l'âge de â7 ans; il ajoute qu'elle est recofflmandable par sa piété et sa mansuétude. Il est vraisemblable qu'elle aura founii aux Bénédictins une partte fdes matériaux qui ont servi k la rédaction de leur article, où j'ai |3oisé en partie pour celuici. La| concession faite par le comte Robert, dont j'ai parié, qui fut confirmée par les lettres de Gaultier, chancelier de France, 8econ5ervail en original dans les archives de la maison, ainsi que les lettres de Gaultier, la bulle d'Alexandre III et celle de Nicolas IV. Le premier nom, comme le plus ordiBaire de cette maison a toujours été celui de SaintGervais^ parce que dans son origfee, cet hospice était construit près de i'égiiseSafnt-Gervais : on avait même donné ce nom k la chflpelle» qucH qu'elle fût sous le vocable de sainte Anasiasie, martyre. Cependant l'usage était d'appeler Religieuses àe Samte-AfUistane celles qui desservaient la maison, et j*aurais dft peut-être faire leur histoire k la place qpje je leur donne dans ce Dictionnaire avec un simple renvoi. C'est aussi hospitalières de Sainie^Anaslasie que les appelle 11. de Saint-Victor qui parle de leur origine k la maison Saint-Gervais dans un autre chapitre de son ouvrage, mais W ajoute : dites Filles de Saint-Gervais^ et c'était en effet le nom populaire. Peut-être portaientelles la qualification de re/i^ieuaca de sainte AnastMe^ dans les constitutions données par i^ondi, lesquelles n'ont peut-être jamais été publiées et que je n*ai point vues. Les historiens rapportent que la chapelle fut dédiée sous le litre de Sainte-Anastase ou Anastasie en 1M1, mais cela ne doit s'entendre que d'une reconstruction, car dès Tan 1358, le 17 août, Jean, évêque de Paris, avait statué i\npi la ftte de cette sainte, dont rfiglise fait mémoire le jour de Noël, serait célébrée «lans l'hospice le 7 septembre, mais en 1696, le cardinal de Noailles, fixa la fêle de la patronnei au second dimanche après l'Bpiphanie, et la solennité de la translation au

7 septembre. Par les motifs que j*ai indiqués ci-dessus les religieuses achetèrent, en 1654k, un hûtel assez vaste, situé Vieille-Rue du Temple, lequel s'étendait jusqu'k la rue des Francs -Bourgeois et k celle des Rosiers. Cet hdtel avait d'abord appartenu au comte de Ch&teau-Vilain, et ensuite au marquis d'O, surintendant des finances et gouverneur de Paris. Ses créanciers le vendirent aux religieuses de Sainte-Anastase, f^i il leur fut ad- }\}^é par arrêt du 7 juillet 1655. Celte acquisition fut approuvée par le vicaire général de M. l'archevêque de Paris, le 30 mars 1656, ensuite confirmée et amortie par lettres

f>atentes du mois d'août suivant, enregistrées e 7 septembre de la même année. Les reli- ![ieuses de Sainte-Anastase étaient de cette aroille nombreuse qu*on appelle Tordre de Sainl*Augustin, mais étaient ind^^pendantes et avaient des conditions particulières. La prieure étaient perpétuelle, et i! me semble que plusieurs filles de b(»nne maison choisissaient le séjour de Saint-Gervais, parce que cet hospice jouissait probablement d'une certaine considération. On donnait Ik l'hospitalité pendant trois nuits de suite, mais 9UX hommes seulement; les hospitalières de Sainte-Catherine exerçaient le même acte de charité, mais seulement k l'égard des femmes et des filles. Les bâtiments de l'hospice Saint* Gervais et des religieuses de Sainte-Anastase furent, après la révolution française.occupés par une manufacture. Au milieu du dernier siècle, on vovait encore au bout de la rue Tixeranderieies restes de la pauvre maison

Îu'elles araient occupée vis-k-vîsde Saintervais ; mais ces restes tombant en ruines, on les abbattit en 1758, et sur leur emplacement on construisit des maisons particulières

GaÙia Christiana A. VU. Sauval, t.I, 559; Recherches f critiques^ historiques et topooraphiaues sur la ville de Paris ^ par lailiot, I. 111 ; Tableau historique et pittoresque de PariSf depuis les Gaulois jusqu'à nos jours^ par J. B. de Saint-Victor, t. Ir, seconde édition, 1822; Dictionnaire historique de Paris ^ par Huriaut etMeguy, t. III, p. 229.

GRÉGOIRE LE GRAND (Oedrk pb cbeva^ LERiE DE SAINT-}, à Rome.

Dans les premières années d» pontificat de Grégoire XVI, ce Souverain Pontife voulant^ k l'exemple de ses nrôdécosseurs, récompenser ceux qui s'élaient rendus reoommen^ dables par leur oo»rage, ainai que ceux qut se montraient déf ou«s au Sein^Siége, k son chef, et fervente CathotioMs, institua un ordre de chevalerie auquel il donna le noa[i de Grégoire le Grand, son illustre et tr^saimé prédécesseur» pour la mémoKe ei te respect duquel il avait adopté son nom» en montant sur la chaire de saint Pierre, 11 fonda cet ordre par la lettre apostolique Quod summis du 1" septembre i831, fOUScriie par le cardinal Thomas Beroetti, alors prosecrétaire de l'Etat, pendant l'absence du cardinal Joseph Albani, secrétaire des brefs

nos

DICTIONNAIRB

nos

pontificaux. Il établit cet ordre avec quatre gmdes de chevaliers , c'est-à-dire de chevaliers grand*-croix de l'*classe» de chevaliers grancr-croix de 2* classe, de chevaliers commandeurs et de simples chevaliers.^ La décoration ou la croix de Tordre est d'or, émaillée en rouge; elle est surmontée des emblèmes de la guerre, si le chevalier est militaire; elle est surmontée d'une couronne de laurier avec un émail vert; la croix a une forme octogone» ou à huit pointes ayant le champ émaillé en rouge : au milieu des pointes est un écusson rond dans lequel est l'effigie de saint Grégoire en or; l'autre côté de Ta croix est en or, au milieu est aussi un écusson éi^alement rond et en émail azuré sur lequel on lit la devise : Pro Deo ft principe en lettres d'or, et dans le cercto d'or qui est autour de l'écusson, ta légende ; Gregoritu XYI. P. M. anno /.Elle est suspendue à un petit ruban de soie moirée de couleur rouge avec les l)ords jaunes. Les

i;rand'-croix portent pour décoration une arge bande de ruban des mômes couleurs; placée sur l'épaule droite, traversant la poitrine et le dos, elle se réunit au côté gauche où est fixée la grand'croix ; mais outre cela ils portent sur la partie gauche de l'habit une croix de grande dimension et d'un beau travail; elle est entourée de pierres précieuses; les chevaliers grand'-croix de 2* classe Sortent la grand'croix suspendue au cou, xée k une bande de ruban de nuance susmentionnée; l'antre grand'-croix au côté gauche de la poitrine; les chevaliers commandeurs portent seulement la grand'croix suspendue aa cou, comme les grand'-croix de 2' classe; enfin les simples chevaliers portent la petite croix telle qu'ont Thabitude de la porter les chevaliers des autres ordres, sur le côté gauche de l'habit, suspendue k un ruban de soie d'un pouce et demi de largeur et des couleurs de l'ordre.

Le Souverain Pontife Grégoire XVI régla»'

outre cela, que les papes ses successeurs pouvaient seuls conférer cet ordre.

Pour augmenter l'éclat de Tordre deSaiou Grégoire, le môme Pape publia de Doovelles dispositions par sa lettre apostolique : Cim amplitsima honorum munera^ etc., du V) mai 1834, et souscrite, par le cardinal Joseph Albani, secrétaire des brefs ponlificaui. Pir cette nouvelle lettre, le Souverain Pontife réduite un les deux grades de grand'-croii de la 1'* classe en fixant k trente le nombre . des membres qui devaient la composer; le deuxième degré fut celui des commandeare, qui devaient être au nombre de 50; le troisième, celui dos simples chevaliers, qui ne devaient pas dépasser 300. Il déclara aussi

Sue dans ce nombre on ne devait compren- . re que les membres appartenant aux Etals de l'Ëglise romaine, en se réservant pour lui et pour ses successeurs d'admettre les étrangers qu'ils trouveraient k propos de recevoir. Il confirma la décoration des simples chevaliers et des commandeurs tels Qu'il l'avait prescrit dans sa première lettre ôuod summitt ilabolit dans les grand^-crois I usage de la grand'croix ornée de pierreries qu'ils portaient sur la poitrine et qu'il réserva pour raccorder k quelques hauts personnages comme une marque particulière de distinction; il leur permit seulement l'usage de la grand'croix simple, sur la partie gauche de la poitrine, au milieu d une plaoue ou écusson avec des rayons d'argent en forme d'étoile k huit pointes; il régU enfin que le srand chancelier de l'ordre de chevalerie grégorien serait toujours le car* dinal secrétaire des brefs pontificaux ffo iempore^ et comme le cardinal Albani mourut le 13 décembre 183i, il fut le premier mentionné en cette qualité dans les NoUiM» di Jtoma, aui paraissent tous les ans; le deuxième rut le cardinal Emmanuel de Gre* çorio, son successeur.

HOSPITALIÈRES (les soBrus), d Québec

(Canada).

L'humble bourgade de Québec avait été

prise par les Anglais en 1639, au moment

même où se signait la paix entre la France

et la Grande-Bretagne. Cette coïncidence et

une obscurité de rédaction dans le traité

rendirent incertain si l'on rendrait le Canada

i tes premiers maîtres. Le peu de succès

des tentatives de colooisation entreprises

jttique«lk ôtait le désir de revendiquer ces

fwys. Mais Champlain « qui avait beaucoup

de piété, » dit Cbarlevoix, « et qui était bon

Français, » fit valoir des raisons prises du

côté de Phonneur et de la religion, afin de

ne pas abandonner une contrée dont les

aaovages babitaots s'étaient montrés si dis-

nosés k embrasMr le christianisme. Louis

Xlli et Richelieu, animés du désir d'étendre le royaume de Jésus-Christ , négocièreot

f)Our retirer Québec des mains des Anglais : e traité en fut signé k Saint-Germam en Lajreen 1632, et la même année les Jésuites s'y rendirent pour reprendre possession (ie leurs* anciennes missions. Ko l63St il^ 5 étaient au nombre de quinze Pères, et le$ nouvelles des chrétientés formées parmi les Hurons excitèrent en France une profontJe sympathie. Des communautés entières il« Paris et des provinces s'imposèrent des l'énitences austères pour fléchir le Ciel en i^ ▼eur des sauvages du Canada. Le roi et It $ princesses envoyèrent de riches orneincnL» a leurs chapelles rustiques, et la cour a^ Rome exprima le bonheur qu elle éprouvait de ces nombreuses conversions.

« Hais, » dit CbarIcvoiXt « doux ^^^^^^

Ka

HOS

DES 0iU)i;£:s ueligi^ix.

uos

uiaoquaieol encore à ane colonie si bien réi^lée, à savoir, une école pour Tinslruction des filles» et un hôpital pour le soulagement des malades. Le premier de ces deux projets fat presque aussitôt approuvé que proposé, et son exécution ne souffrit aucun retardement. La duchesse d*Aiguillon voulut être la fondatrice de THÔtet-Dieu, et pour avoir des surets propres à une telle entreprise» elle s adressa aux religieuses Hospitalières de Dieppe. Ces saintes filles acceptèrent avec joie et avec reconnaissance une si belle occasion de faire le sacrifice de tout ce qu'elles avaient de plus cher au monde pour le service des pauvres malades du Ca* oada. Toutes s'offrirefat». toutes demandèrent avec larmes d*ètre admises; mais on n*en choisit que trois qui se tinrent prèles à partir par les premiers vaisseaux. Ce furent Marie Gunet de Saint-Ignace; Anne le Cointre de Saint -Bernard; Marie Forestier de Saint- Bonaventure. La supérieure avait vingt-neuf ans, la plus jeune vingt-deux.» {Biêioire de la Nouvelle-France, t. 1, p. 320, édit. in-12; ou 1. 1, p. 206, édit. in-4^)

Les religieuses Hospitalières de la Miséricorde de Jésus sont clotirées, et suivent la ré^ie de Saint-Augustin. La maison mère de Dieppe existait en France avant l'année 1250» et elle y était considérée comme formant UD ordre régulier lorsqu'elle fut approuvée par une Dulle du Pape Alexandre Vil, du 19 juilletl66ik. Dans plusieurs villes de France, et entre autres à Paris et h Dijon, THÔtel-Dieu était desservi par des Hospitalières formant des communautés distinctes, et n*ayant d'autre lien que la similitude de leur règle. C'est. celle que saint Augustin rédigea eu Tannée 423 pour les religieuses d'Hippone, dont il était le fondateur, et elle est encore suivie auiourd'hui par les diverses congrégations des deux sexes qui se glorifient d'avoir ce saint docteur pour Père.

Le but principal de l'inslitut de Québec fut le soin des pauvres malades, auquel les religieuses lyoutèrent pendant quarante ans le soin des enfants trouvés.

Les premières Hospitalières qui se consacrèrent au Canada avaient pour supérieure la Mère Marie Guenet dite de Saint-Ignace. Elles s*emb9rquèrent avec le R. P. Barthélémy Vimont, de la Compagnie de Jésus, et Je même vaisseau portait trois Ursulines' qui^ venaient aussi fonder à Québec une maison de leur ordre.* Après une longue et périlleuse navigation, cette pieuse société prit terre i Québec le 1" août 1639. i.e jour de Tarrivée fut pour toute la vilte un jour de fête; les travaux cessèrent et les boutiques furent fermées. Le gouverneur, M. de Montloagny, chevalier de Malte, reçut ces héroï* nés sur le rivage, k la tète de ses troupes ei au bruit du canon ; après les premiers compliments, il les mena à l'église au milieu des icclaraations du peuple; et le Te Deum fut <'hanté, en actions de grâces du double bienfait que Dieu faisait au Canada. Ces saintes lilles> de leur c6té, voulurent d'abord baiser

avec transport celte lerre sauvage qui leur promettait des épreuves, des fatigues et un tombeau. Puis, Hospitalières et Ursulines s'embrassèrent tendrement, et se séparèrent pour aller se cloîtrer dans les modestes demeures Qu'on leur avait préparées.

Jusqu'à sa mort, arrivée en 1675, la pieuse duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, montra sa généreuse sollicitude pour l'Hètel-Dieu de Québec, dont elle avait été la fondatrice. Par contrat du 16 août 1637, elle avait donné dans ce but une rente annuelle de 1,500 livres à « prendre sur les coches et carrosses de Soissons, à la condition que l'hôpital serait dédié à la mort et au précieux sang du Fils de Dieu répandu pour le salut du genre humain. » Le montant de cette dotation fut doublé par la duchesse en IB&O, et elle fit encore de fréquen* tes otfrandes à l'établissement auquel elle prenait un vif intérêt; mais les commencements de l'HAlel-Dieu n'en furent pas moins très-difiiciles, et le grand nombre de malades qui réclamaient leurs secours réduisirent les Hospitalières au plus grand dénûment.

La Mère Jeanne Françoise Juchereau, admise à l'Hôtel-Dieu en 1662, à l'flge de douze ans, a écrit Tbistoire édifiante de cette sainte maison, dont elle fut longtemps la supérieure. Son livre embrasse la période de 1639 à 1721 ; et c'est là qu'il faut aller chercher des détails émouvants sur toutes les épreuves dont Dieu favorisa ses servantes» pour leur prouver ses prédilections, et sur la vie exemplaire d'un grand nombre de religieuses. La plus remarquable est celle de. la Mère Catherine de Saint-Augustin, fillede Jacques Simon de Longpré, née dans le diocèse de Coutance, embarquée pourJe Canada en 1649 à l'âge de dix-sept aus, et morte h Québec en odeur de sainteté, en 1668, après avoir été redevable à sa haute vertu de grâces spéciales et de u>ystérieuses révélations.

En 1640, les religieuses de THâtel-Dieu avaient été assez heureuses pour offrir Thospitalité aux Jésuites, dont la maison était devenue la proie des flammes. Plus de cent ans après, la Compagnie de Jésus s'acquittait de sa dette de gratitude, en ofl'rant avec empressement sa maison aux dames Hospitalières, privées de tout asile. Le 7 juin 1755, un incendie affreux dévora l'Hôtel - Dieu de Québec, et la Mère Marie Anne de la Joue fut brûlée dans cette conflagration, pendant que la Mère Geneviève Duplessis ne fut sauvée par une fenêtre qu'en courant de grands dangers. Les Ursulines, l'hôpital général, l'évoque de Pontbriand et les Jésuites s'empressèrent à Teuvi d'offrir un reftige aux pauvres religieuses. £lles passèrent d'abord troiss semâmes chez les Ursulines, au nombre de kT professes et.de 2 no-^ vices; puis elles allèrent habiter chez les Jésuites jusqu au l"août 1757, où elles purent retourner dans leur nàaison réédifiee.

Deux ans après, les Hospitalières étaient encore chassées de leur sainte demeure pas:

KJ

nos

DlcnONNAlRB

HOS

les dangers dont les menaçail le siège de Québec. Cette fois, elles se retirèrent à Tbôpital général, au nombre de 33 religieuses, au mois de juillet 1759; mais un manuscrit du temps dit que , pour garder ]*Hôtel-Dieu, « cinq sœurs converses restèrent, qui furent assez courageuses pour soutenir tout l'effort de Tartillerie, et se familiarisèrent tellement à ce bruit, qu'elles regardaient tomber les bombes et entendaient siffler les boulets, avec une espèce d'intrépidité.» {Préciêde l'incendie derHÔUl- Dieu de Québec, en 1755 : manuscrit entre les mains de M. Lemieux, prêtre, chapelain de l'Hôtel-Dieu).

La capitulation ayant été signée le 18 septembre, après soixante-neuf jours de siège, les religieuses sebfttèrent de revenir h leur communauté pour y trouver la ruine et la misère. Quinze bombes étaient tombées sur les bfttrments de THAtel-Dieu, et tant de boulets avaient ravagé leur terrain qu'on en lit des monceaux. Leurs moissons détruites, leurs arbres brisés, leurs soixante et dix bêtes à cornes enlevées, mirent les Hospitalières dans la détresse, et elles durent être nourries par la générosité du général Murrav. Cependant, dès le 22 septembre 1759, elfes recevaient des malades, « mais en petit nombre, messieurs les Anglais leur ayant défendu d'en recevoir, avant retenu les salles pour leurs troupes, ifs payèrent le loyer des appartements jusqu 'en 178<^, que "les salles furent remises pour le besoin du public. »

A une époque antérieure, les Hospitalières furent soumises à une épreuve autrement douloureuse que celle d'être exposées aux dangers de la guerre, ou aux rigueurs de la pauvreté : c'est lorsqu*en 1694> le comte de Frontenac, par une scandaleuse bizarrerie, imagina de faire représenter la comédie du Tartufe t à l'bêpital, dans la salle des pauvres, oil les religieuses eurent ordre de se rendre. » (Mémoires sur la vie de M. de Laval, par l'abbé de la Tour, Cologne, 1761, p. 218.)

Le gouverneur fit la même sanglante in* suite aux Ursulines, et il donna de force oe spectacle en leur présence ; cherchant ainsi, en offusijuant la vertu de saintes religieuses, à satisfaire ses rancunes contre Mgr de Laval et contre les Jésuites. Un pareil fait ternit singulièrement le caractère du comte de Frontenac, et il ne permet pas d'ajouter beaucoup de foi aux éloges outrés que donnent de sa piété les Récollets Hennepin el Le Clercq.

Aujourd'hui rHôtel-Dieu compte kS religieusts professes et 2 novices. Il a en général 50 lits occupés par des malades, et il <*n a admis 6kS dans te courant de Tannée

Ainsi, depuis plus de deux cents ans les

religieuses de la Miséricorde de Jésus ont

poursuivi fidèlement è Québec l'œuvre de

leur fondation, et THÔtel-Dieu qu'elles diri-

(I) Voy. à la On du vol., n«> 105, 108.

gent offre aux pauvres malades un refage où leur sont prodigués les soins de la plus intelligente ctiarite.

La communauté se compose de U professes et de quelques novices. On avait soigné pendant cette année 650 malades, iloat 600 étaient sortis guéris ou soulagés.

Page 1