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DES ORDRES RELIGIEUX

liOS

de deux salles destinées aux Incurables et •ux personnes atteintes de maladies contagieuses. Les Hospitalières hésitaient à se charger de ce nouvel établissement; la règle ne leur permettant pas de recevoir les personnes atteintes de quelque mal contagieux ou inairat)le; mais la compassion pour des malheureux dont on pouvait souvent procurer la guérisoo par un bon traitement, les instances réitérées des administrateurs, et enfin les ordres de Mgr Tévèque du Mans les déterminèrent à prendre le gouvernement de ces nouvelles salles. Elles étaient chargées do serTÎce de ces deux hôpitaux, entre lesquels leur noaison conventuelle est siluée» lorsque la révolution d*^ 1789 éclata. La loi qui ordonnait l'évacuation de tontes les maisons occupées par des religieuses, ayant excepté celles qui étaient consçacrées au service des hôpitaux, elles restèrent chargées du soin des malades; mais en 1791, après rinstallalion de Tévèque intrus, qui suirit de près Térectioti de Tévèché de Laval» elles eurent la douleur de voir un prêtre constitutionnel remplir les fonctions d'aumônier de rhôpital : toutefois elles n'eurent aucune communication avec lui, et firent môme construire un mur à la place de la grille de leur chœur qui leur servit de chapelle, pendant que Tintrus occupait Téglise. Pendant quelaue temps elles eurent encore la liberté de cnoisir leur chapelain particulier; mais la loi définitive sur la déportation des prêtres qui ne voulaient pas prêter le serment pres)crit par la constitution civile du clergé, ayant été rendue au mois d'août 179^, tous ceux qui refusèrent de s'y soumettre, réduits à se cacher, ne purent désormais exercer les fonctions de leur saint ministère qu'avec le plus çrand secret. A dater de 06 moment, les religieuses ne purent en avoir qui résidassent ordinairemet auprès de leur communauté, çlles furent donc souvent privées de la consolation d'assister à la sainte Messe et d'approcher des sacrements; cependant elles eurent le bonheur de procurer plusieurs fois aux malades de l'hôpital le secours des prêtres restés fidèles ; le courage et ie zèie des uns et des autres ^es élevant au-dessus de tous les dangers.

Comme il y avait alors beaucoup de troupes è Laval et dans les environs, l'hôpital ae trouva encombré de militaires ; le pensioDiuit et bientôt l'église même furent transformés en salles occupées presque exclusivement par les soldats malades. L'administralioa des hospices ne pouvant subvenir aux lirais énormes qui entraînait ce service extraordinaire pour lequel les secours accordés par TEtat étaient insuffisants, proposa à la muDîcipalité et au commissaire des guerres de transformer pour quelques temps l'bô»

gital Sainu-Julien en bôpita' militaire aux *ais de la nation. La proposition fut acceptée^ et h dater du 5 mars 1795, l'hôpital Saint- Julien, plus souvent désigné sous le nom de Saint-Joseph, fut soumis au régime militaire, et reçut le nom d'hôpital J.-J. RoÂu. Un directeur y fut placéi et les maladei

abandonnés à des employés salariés. Les religieuses n'eurent plus aucun rapport avec cet hôpital; il parait même que rautcrité militaire eût désiré s'emparer de leur maison, mais l'administration municipaïe appréciait leurs services, et voulut les conserver. L'hôpital des incurables ou hôpital Saint -Charles avait été réservé pour les malades civils qui y furent transiérés, et restèrent confiés au soin des religieuses qu'on avait obligées précédemment de quitter leur costume. Elles continuèrent d'occu* per la plus grande partie de leur couvent, dont quelques appartements furent abandonnés au directeur. Les hospitalières ne tardèrent pas à être remises è la tête des deux hôpitaux. Dès l'année 1796, les administrateurs voyaient avec peine les déprédations commises dans l'établissement qu'ils avaient cédé temporairement à Tadministration de la suerre; ils souffraient aussi de la nécessité ou ils étaient de ne recevoir qu'un petit nombre de malades, eu âgard à la petitesse de Ihôpital Saint-Charles ; ils revendiquèrent donc leur grand hôpital et en reprirent possession au mois de juillet 1797. Le directeur et les employés furent congédiés et les religieuses remises à leur place. Elles eurent beaucoup à souffrir pendant toute cette période de troubles et de calamités. Leurs biens avaient été confisqués et elles étaient souvent réduites ft attendre leur subsistance de la charité des fidèles. Plusieurs fois elles coururent de grands dangers dans l'exercice de leurs fonctions auprès des malades imbus, pour la plupart, des idées révolutionnaires. Elles eurent aussi à subir plusieurs visites domiciliaires, où elles avaient la douleur de se voir enlever des ornements, des vases sacrés, et tout ce qu'elles ne pouvaient dérobera de sacrilèges recherches. Une fois, enireautres, la communauté tout entière se crut sur le point d'être immolée par ces nouveaux bart)ares; une des portes de clôture fut enfoncée, et une troupe de furieux se précipita le sabre nu à la main; ils se retirèrent cependant sans leur faire aucun mal, et se contentèrent d'emporter divers objets. Ces sujets d'alarme se reproduisaient souvent; à toutes les souffrances personnelles qu'éprouvaient les religieuses se joignait encore la douleur que leur causait l'extrême pénurie de l'hôpital, longtemps privé de la jouissance de ses biens qui avaient été déclarés domaines nationaux et qui furent vendus en partie. La détresse était telle que les religieuses se crurent souvent à la veille de renvoyer les malades à qui elles ne pouvaient pas même procurer ce qui était nécessaire pour leur subsistance. Cette fâcheuse situation se pro« longea pendant plusieurs années. Le rétablisssement de la paix ayant enfin diminué le nombre des troupes qui stationnaient dans le département, il resta peu de militaires h rhôpital Saint-Julien, et Ton put bientôt y replacer tous les malades civils. Le calme dont on jouissait alors fit sentir des besoins uue des temps aussi critiques avaient fail

' Dé^figer : on se souvînt des services quV valent rendus autrefois les religieuses de Saini-Josepb, en se livrant à Téducation de la jeunesse, et on les pria de reprendre cette importante fonction. On laissa à leur disposition rhôpilai Saint-Cbaries qui était alors vacant, en échange de leur ancien pensionnat affecté au service des malades. Cette disposition ayant été agréée par le préfet, le 29 mai 18(Mh, les religieuses s*occupèrent de la réouverture de leur pensionnat qui subsiste encore aujourd'hui. L*état florissant où se trouve celle maison lui permet d*allier ces fonctions à celles de rhospitfllité qui prend cependant tous les ionrs de nouveaux développemenis. Les religieuses Hospitalières de Laval ont élé a()pelées à établir leur institut dans la petite ville d*Krnée, située à quelque;^ lieues de Laval. En 1818, l*hôpital d*£rnée était confié aux Hospitalières chanoinesses de Saint-Augustin; mais celte communauté, réduite à un très-petit nombre de sigets, sentait depuis longtemps le besoin de s'agréger h une autre cougrégatioo. Au mois de septembre 1818. elle s'adressa donc aux religieuses de Saint-Joseph de Laval pour demander quelques sujets. Les religieuse& de Laval hésitaient h se chai>$er de celte œuvre qui nélait pas sans difiicuités; elles craignaient, en donnant les suiets qu'on leur demandait, de compromettre l'état prospère de leur maison et de nuire au service des pauvres et à la régularité qui leur a toujours été si chère.Ce pendant les Hospitalièresd'Ërnôe firent de nouvelles instances appuyées par Mgr l'évèque du Mans. A la voix de leur premier supérieur, les religieuses de Laval ne crurent |»as devoir se refuser plus longtemps à une entreprise qui intéressait la gloire de Dieu; la supérieure, accompagnée de deux religieuses désignées par U communauté, lit le voyage dlBrnée pour traiter des conditions de rafliliation. Tout fut bientôt réglé entre les religieuses, mais les dépenses qu entraînait la nécessité d'éla* blir la clôture et divers changements indispensables, occasionnèrent de nombreuses diQicnllé.s. Une souscription ouverte à la charité des fidèles d'Ernée aplanit enfin les obstacles en pourvoyant aux besoins les plus urgents. Une des principales conditions du traité conclu le 18 mai 1819, fut que les Hospitalières d'Ernée meltraient les religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de La« ▼al en pleine et entière profession de leur maison, et se soumettraient à leurs règles, statuts et constitutions. De leur cMé, les administrateurs prirent les mêmes engagements pour ce qui concernait le gouvernement des malades de l'Hôtel-Dieu d'Ernée. Bientôt après, la communauté de Laval élut la supérieure de cette nouvelle maison, ainsi que les deux sœurs qui devaient l'accompagner en qualité d'assistante et de dépositaire. L'élection de la supérieure fut confirmée par Mgr l'évèque du Mans. Enfin, le 11 juin 1819, M. Cormier, aumônier des religieuses de Laval, et délégué par Mgr l'évèque, nrocéda, en urésencc de la ronmiunaut (I) rr>y. ^ la fln du vol., n*« !tl, i15.

DICTIONNAIRB UOS SM

et de Tadministration de l'BAtiUDiea d'Ernée, à la publif^tion d'un décret par lequel Mg[r l'évèque du Mans dispensait les chanoinesses régulières de Saint-Aagusun, de leurs anciennes observances, et les assujettissait à la règle, 3ux statuts et aux conslitutions dvs religieuses hospitalières de Saint-Joseph. Aussitôt après cette cérémonie, les religieuses d'Ernée, au nombre de onze, commencèrent leur noviciat; au bout d'un an, toutes prononcèrent leurs vœux en

Sjualilé de religieuses Hospitalières de Saint» osepb. Les sœurs de Laval ont gouverné cette maison jusqu'en 1832; depuis cette époque, la communauté a réuni assez de sujets pour subvenir à ses besoins. Elle se compose aujourd'hui de vingt religieuses de chœur et de cinq sœurs converses. L*hôpitai d'Ernée contient environ soixante lits. L'affiliation de la maison d'Ernée fut opérée par les religieuses de Laval, mais avec le consentement des autres maisons de l'institut, ainsi que le prescrit la règle. Les sacrifices que la communauté de Laval s'imposa pour faire cet établissement n'ont apporté aucun préiudice à THÔtel-Dieu de Laval qui a pris encore de l'accroissement^ En 1837, deux nouvelles salles ont été ajoutées aux premières, et permettent de recevoir environ deux cents malades. Pour faire face aux oc* cupations multipliées qu'entraînent Thôpital et le pensionnat, les religieuses sont obli^ gées de dépasser le nombre prescrit par la constitution. La communauté se com|)Ose aujourd'hui de trente-neuf religietises tie chœur et de neuf sœurs converses; le noviciat donne d'heureuses espérances, les sujets se présentent en grand nombre. L'esprit de charité et de subordination qui règne dans cette communauté prévient le désordre et le trouble qui pourraient se glisser dans une aussi nombreuse réunion; le dévouement au seulagement spirituel et coriKirel des malades fait la plus douce jouissance avec l'union de cœur et d'esprit qui fait de toutes les sœurs une seule famille, dont tous les membres concourent avec paix et suavité au bien commun. (I)

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