HOSPITALIÈRFS DE SAINT -JOSEPH
de la Flichet à Montréal.
Jusqu'en 16V0, le Canada était resté pres-
3ue sans culture, et l'on y comptait è peim eux cents Français, y compris les femmes, les enfants et les religieuses de Québec. C'est alors que Dieu inspira i un pieux laïque d'établir une colonie pour lionorer la aainte Vierge dans l'Ile de Montréal. M. Jérôme Le Uoyer delaDauversière, iieutenaot général au présidial de la Flèche en Anjou, unit ses pians k ceux de l'illustre fondateur du séminaire de Saint-Sulpice, M.01îer,qui presque simultanément avait eu le même généreux dessein, hes personnes de la coar, et des prêtres vertueux, brûlant de zèle pour la pro^tagHtion de la fui, s'associèrent aux fondateurs pour faire l'acquisition de rile de Montréal , et ils apprécièrent \v% avantages qu'elle offrait k l'exécution de
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DES mmES RELIGIEUl.
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leurs projeta BpostoUqaes. L'association se Jbnna sous le nom de Messieurs et Dames de la Société de Notre-Dame de Montréal pour la- conversion des sauvages de là Nouvelle" France ; et elle eut pour but de faire de cette lie un centre d'activité d'où s'étendraient tous les éléments de civilisation et de régénération spirituelle jusqu'aux nations les plus reculées.
Le 8 fSvrier WA, tous les associés se réunirent dans la métroftole de Paris» au pied de Tautel de la sainte Vierge, pour conjurer ta Reine des anges de vouloir bien prendre sous sa protection celte colonie naissante, toute consacrée à sa gloire. 11 fut décidé que Marie en serait toujours regardée comme la première et principale maîtresse, et que la ville qu'on allaH y bâtir porterait le nom de. Ville-Marie : « De tous les projets que Ton a faits pour la conversion de ces barbares, » dit le P. Le Clercq, Récollet, « il n*y en a |K>int eu de plus désintéressé, de plus solide ni de mieux concerté que celui-ci. »
Les hardis colons dei>tinés è ce nouveau poste, le plus avancé de la civilisation dans celte partie du globe, s'étaient embarqués, dès Tannée précédente, conduits par un pieux et brave gentilhomme champenois, Al. de Maisonneuve. Le 17 mai léb2, ils mirent pied à terre dans la. partie do l'Ile connue plus lard sons le nom de Pointée Calliêref et ils s'y établirent au nombre de quarante-cinq. Cette petite troupe comprenait des soldats et nés ouvriers de divers états, tous choisis pour leur piété et leurs bonnes mœurs; Mlle Mance en faisait partie. Cette femme intrépide se rendait en Canada pour y fonder un Hôtel-Dieu, et préparer les voies aux sceurs hospitalières de Saint- Joseph, qui venaient de s'établir à la Flèche, en sorte qu*à Montréal le premier hôpital
S rit naissance avec la première chapelle. Ille Mance partagea avec joie les dangers, les épreuves et les privations des commencements de Ville-Marie. Klle n'eut pour l'aider, pendant dix-sept ans, que quatre ou cinq filles qu'elle avait amenées de France, et qui soignaient avec elle les malades et les blessés. £nGn, en 1658, elle passa en France pour j chercher du secours. Mme de Bul* lion, veuve d'un ancien ministre d'Etat, lui donna 22,000 livres pour la fondation des Hosjnialières à Ville-Marie. Plusieurs autres personnes l'aidèrent encore d'abondantes aumônes, et en conséquence, Mlle Mance se rendit à la Flèche, où elle Obtint trois sœurs de Saint-Joseph avec lesquelles elle se bâta de se rembarquer pour le Canada. Ce furent Judith Moreau de Bresole, née à Blois; Catherine Mucé, née h Nantes; Marie Maillet, née à Saumnr. Pendant la traversée, ces saintes flUes trouvèrent mainte occasion d'exercer leur zèle pour le service des ma* lades. La peste se déclara parmi les troupes i tiord, et les religieuses elles-mêmes en furent atteintes, ce qui ne les empêcha pas de se dévouer à soigner leurs compagnons* Les religieuses Uospitiilièros qui se ren- ^^^cot à Montréal en 1659 avaient pour su
périeure la sœur Judith Moreau de Bresole.
Le 1" novembre 1669, trois autres sœurs arrivèrent de France pour apporter à Montréal la stabilité et la profession des vœux solennels. Mme de Bresole se démit alors de la charge de supérieure, et se remit au noviciat pour se préparera prononcer les vœux Je stabilité, ce qui eut lieu, avec ses premières compagnes, en octobre 1670.
Malgré les donations abondantes qui feur avaient été faites en France, elles ne connurent longtemps que l'adversité, et pendant vingt-huit ans la maison en planches oii elles demeuraient était tellement exposée aux intempéries de l'air, que le matin les pauvres sœurs secouaient la neige qui les couvrait dans leurs lits, et qui formait une couche de plusieurs pouces dans leurs salles.
Au mois d'août 1662, la sœur Marie Morin entra à TUôtel-Dieu comme novice à Tâge de treize ans et demi, et c'est la première sœur d'origine canadienne qui ait fait ses vœux à Montréal. Elle vécut quatre-vingtdeux ans, et c'est è elle que ron doit les Annales de C Hôtel-Dieu^ mémoire cfu plus touchant et du plus édifiant intérêt, qu'elle a écrit jusqu'au 29 septembre 1725. — «Ponsez, mes sœurs, » dit la bonne sœur Morin, « vous qui lisez ceci, que celles qui vous ont précédées ont cueilli bien des épines oCl vous ne trouverez que des fleurs; mais sachez aussi que tous ces fondements sont appuyés sur la croix, et aue vous y aurez part, puisque vous avez riionneur d'appartenir à Jésus-Christ en qualité d'épouses. Vous ne voudriez pas être couronnées de roses, pendant qu il l'est de piquantes épines. » Et dans un autre endroit : — « Pour moi je crois aisément que c'est Dieu oui veut cette maison pauvre; elle a été fonciée dans la pauvreté, et elle y subsiste encore tl697). Le nécessaire ne fui manque point, mais aussitôt qu'on pense se mettre à son aise, il vieiU un revers qui nous rejette dans la pauvreté par des pertes considérables. »
En effet, tantôt les fonds appartenant aux hospitalières de Montréal étaient perdus dans des banqueroutes; tantôt les navires qui Ip.ur apportaient des secours étaient pris par les ennemis; tantôt encore des incendies venaient les laisser sans asile et sans pain. En 1688, elles avaient entrepris de se construire un couvent en pierres, et elles commencèrent à l'habiter en 1694; mais trois mois après il devenait la proie des flammes, et les sœurs trouvaient un refuge plein de charité au couvent de la congrégation. Le 19 juin 1721, jour de la Fête-Dieu, une seconde conflagration venait réduire en cendres l'Hôtel-Dieu de Montréal, et les hospi- ♦nlières se reliraient d'abord à la congrégation, puis è l'hospice de M. Charon de la Tarré. Le 11 novembre 1724, les sœurs pouvaient rentrer dans leur monastère, réédifié au prix de grandes privations; mais dix ans après, un troisième incendie les réduisait sans ressources, et la communauté çle Saint-