DIM
DIMATER, surnom de Bacchus, ainsi appelé, parce qu'il avait eu deux mères ; c'est pour la même raison qu'on l'appelait encore Bimater, Digonos, Dionysios. Voyez Bac-
cnxs.
DIME. Depuis la révolution du dernier siècle, toute espèce de dime est abolie en France; nous allons cependant entrer dans quelques détails à ce sujet, pour apprendre ce qui avait lieu autrefois. Do reste, il y a des pays où on les perçoit encore, tant dans les Etats catholiques que dans les contrée» protestantes.
La dime ou durmeest, suivant l'étymologie du mot, la dixième partie des fruits d'un héritage, ou autre portion approchante, qui se paye à l'Eglise ou aux seigneurs temporels. On distinguait les dîmes inféodée» et les dîmes ecclésiastiques. Les dîmes inféodées étaient celles qui avaient été aliénée» aux seigneurs ecclésiastiques ou temporels, et qui él. lient possédées comme biens profanes par des laïques. Les dîmes ecclésiastiques étaient destinées à servir à la subsistance des ministres de la religion ; nous ne parlons ici que de ces dernières.
1* Les dîmes, dans l'ancienne loi, étaient de droit divin : c'était la portion de Dieu même, qui s'était réservé expressément les prémices de tons les fruits de ta terre. Le* iuirs étaient donc obligés de donner au Seigneur la dixième partie de leurs biens. Les lévites étaient chargés de lever ce tribut; et, comme ils n'avaieot point eu de portion assignée dans le partage de la (erre promise, Dieu leur abandonnait la jouissance des offrandes du peuple. Sur les dîmes que les léviles recueillaient, on en prélevait d'autres destinées à l'entretien des prêtres. On peut mettre aussi au nombre des dîmes certains repas de religion que les Juifs étaient obligés de donner tqus les trois ans aux prêtres» aux lévites, aux veuves et aux étrangers. Les Juifs avaient une façon particuière de décimer leur bétail. Un homme qui, sur dix agneaux, en aurait rois un à part pour la dlme, n'aurait pas agi régntièremenl. On renfermait tous les agneaux, chevreaux, on veau\, dans une élable qui avait nne porte si étroite que d« ux de ces animaux ne pouvaient y passer de front. On amenait ensuite les mères devant la porte, aQn que les jeunes, en entendant leur voix, s'empressassent de sortir. Il fallait, outre cela, qu'ifs sortissent d'eux-mêmes et sans y être forcés ; et, à mesure qu'ils sortaient l'un après l'autre, ceux qui se tenaient auprès delà porte les comptaient jusqu'à dix. Le dixième était aussitôt marqué de rouge, et le maître disait : « Celuici s< ra consaeré à payer les dimes. »
2° Los dîmes ne soul pas de droit divia dans la loi nouvelle. Les églises peuvent posséder des immeubles, et les clercs leur patrimoine; cependant ces bien» n'étant pas toujours suffisants pour la subsistance des ministres, les fidèles se trouvaient obligés d'y suppléer. Cette obligation était fondée sur le droit positif. Dans les premiers siècles de l'Eglise, lorsque la charité auiiuait tout
îôS DICTIONNAIRE
les cœurs et en bannissait (ont esprit d'intérêt, il n'y avait point d'autres dîmes qae les oblations volontaires des fidèles. Mais, vers la fin da x' siècle, la charité s'étant considérablement refroidie, on fut obligé de forcer les chrétiens à contribuer à l'entretien de leurs pasteurs. La puissance temporelle concourut avec l'autorité spirituelle pour rendre cette obligation indispensable. La dtme n'était pas toujours la dixième partie des fruits : communément elle était moindre ; on suivait là-dessus l'usage des lieux. On distinguait les grosses et les menues dîmes. Les grosses consistaient en blés, vins, rbins et autres gros fruits ; ceux à qui elles appartenaient étaient appelés gros décimatcurs. Les menues dîmes consistaient en herbages et en légumes ; on les appelait autrement dimet verte». Les dîmes natale» étaient celles qui se levaient sur les terres nouvellement défrichées. Il y avait aussi des dîmes de charna<je. qui consistaienten veaux, agneaux, etc., selon la coutume des pays. Les curés de campagne jouissaient ordinairement des dîmes de leurs paroisses, et c'était une juste ré* compense de leurs travaux. Ils n'avaient pas besoin pour les posséder d'aulre titre que de leur clocher : cependant ils étaient quelquefois privés des grosses dîmes, et ils n'avaient que les menues et les novales. Lorsque les curés n'avaient pas la dime , on leur assignait une rente qu'on appelait portion conarue, que le gros décimateur était obligé de leur payer : cette rente avait été fixée d'abord à 300 livres, par les arrêts du parlement de Paris, mais depuis elle avait été portée à 500 livres.
On appelle dlme saladine un impôt que levèrent, en 1188, les rois de France et d'Angleterre croisés contre Saladin, pour le recouvrement de In Terre-Sainte. Celle taxe était le dixième du revenu de chaque particulier. Les ecclésiastiques la payèrent aussi bien que les laïques ; les seuls croisés et quelques ordres religieux en furent exempt- .
3" La dtme est obligatoire dans la religion musulmane ; cependant elle n'est pas levée au profit des ministres du culte, comme chez les chrétiens, mais en faveur des pauvres de la même religion, soit hommes, soit femmes, soit enfants, de toute famille et de toute Iriliu, à l'exception des proches parents et de la tribu des Béni-Haschem, la plus noble entre tous les musulmans. Cette dime doit être annuelle, et toujours en raison des biens réels et effectifs de chaque musulman ; c'est pourquoi il faut ajouter chaque année aux capitaux les profits de l'année précédente ; toutefois on n'est proprement obligé qu'au quart de la dlme (deux et demi pour cent) sur tous les biens qui y sont légalement assujettis. Il y a encore cette différence entre la dlme des juifs et des chrétiens et celle des musulmans, que cette dernière no porte pas sur les produits du sol, mais sur les bestiaux et les biens mobiliers. On en fait cinq articles distincts.
DES RELIGIONS. jji, Article l*r. De la dime sur le» chameaux.
Pour payer la dtme des chameaux il faut en posséder cinq, ce qui équivaut à 200 talents; cette dlme consiste en un mouton; on ne paye pas davantage pour neuf , suivant le tarif ci-joint :
De 5 à 0 chameaux, on donne 1 mouton ; de 10 à 14 chameaux, 2 moutons ; de 15 à' 19, 3 moutons ; de 20 à 24, 4 moutons ; de 23 à 35, 1 ctiamelle de 2 ans ; de 36 à 45, 1 chamelle de 3 ans ; de 4G à 60, 1 chamelle deV ans ; de 61 à 75, 1 chamelle de 5 ans ; tic "t à 90, 2 chamelles de 3 ans ; de 91 à ! 20, 2 chamelles de 4 ans ; de 121 à 125.2 chamelles de 4 ans et 1 mouton ; de 126 a 130, 2 chamelles de 4 ans et 2 moutons ; de 131 à 135, 2 chamelles de 4 ans et 3 moutons; de 136 à 140, 2 chamelles de 4 ans et 4 moutons; de 141 à 145, 2 chamelles de 4 ans et ldedeui ans ; de 146 à 150, 3 chamelles de 4 ans ; de 151 à 155, 3 chamelles de 4 ans et 1 mouton ; de 156 à 160, 3 chamelles de 4 ans et 9 moutons ; de 161 à 165, 3 chamelles de V ans et 3 moutons ; de 1(>6 à 170, 3 chamelles de 4 ans et 4 moutons ; de 171 à 175, 3 chamelles de 4 ans et 1 de deux ans ; de 176 à 185, 3 chamelles de 4 ans el 1 de 3 ans; de 186 à 200, 4 chamelles de 4 ans.
Passé ce nombre on recommence snr le même pied.
Article 2. De la dime sur le» bœuf».
Il faut posséder au moins 30 bœufs pour en payer la dlme qui est alors d'un veau de deux ans, suivant ce tarif:
De 30 à 39 bœufr, on donne 1 bœuf de 2 ans ; de 40 à 59, 1 bœuf de 3 ans ; de 60 à 79, 1 vache de 3 ans et un bœuf de 2 ans ; de 80 à 89, 2 vaches de 3 ans ; de 90 à 99, 3 b.rnfs de 2 ans ; do 100 à 109, 2 bœufs de 2 ans et 1 vache de 3 ans; de 110 à 119,2 bœufs de 2 ans el 2 vaches de 3 ans ; de 120 à 129,4 bœufs de 2 ans, ou 3 vaches de 3 ans.
Passé ce nombre, on recommence sur le même pied. Le I uffles sont compris dans le tarif des bœuf*.
Article 3. De In d lire sur les moutons.
Le taux sur les moutons fait exception a la loi générale ; on ne paye rien avanlla quarantaine.
De 40 à 120 mou tons, on donne 1 mouton; de 121 à 3M, 3 moutons; de 400 à 499, i moutons.
A partir de ce nombre on ajoute un mouton par chaque centaine en plus, ce qui réduit le taux a un pour cent. La chèvre, le bouc et l'agneau sont compris dans cet article.
Article 4. Delà dime sur les chevaux.
Il faut posséder cinq chevaux pour en payer la dime, qui est alors d'un sequin par tête, ou bien deux eldemi pour cent sur leur estimation réelle. Mais toute bêle de somme et de monture qui est A l'usage particulier du musulman est exempte delà dime. Les mutels et les ânes sont assimilés aux chevaux
17, Dlll
poor le paiement de la dlaie. Du reste toutes ces dîmes peuvent être payées en nature
00 en espèce, au gré du propriétaire.
Aiticl* 5. De la dime sur for, l'argent et les effets mobiliers.
La somme d'argent sujette à la dime est <1<? 200 drachmes, et celle de l'or est de 29 tétais. Celle dime est de deux et demi pour ceat taotsur l'une que sur l'autre. Ce taux est le même pour l'or et l'argent monnayé ou son, comme pour les ornements et les bijoux 4e l'on et de l'autre sexe, bagues, montres, colliers, bracelets, boucles d'oreilles, etc. ; el pour tous les ustensiles, vases, coupes en •rooeo argent, dès qu'ils sont un objet de laie on de commerce.
On raconte que Mahomet voyant un jour drui femmes faire les tournées de précepte autour da temple de la Mecque, toutes deux portant des bracelets d'or, leur demanda si elles en payaient la dime; elles lui répondirent que non. « Voulez-vous donc, répliquant, porter au lieu de ces bracelets d'or, des bracelets de feu ?— A Dieu ne plaise I » répondirent-elles avec la plus vive émotion.—
1 En bien , continua le réformateur, soyez désormais attentives à en payer la dime. »
V. C'était la coutume, chez les anciens Grecs, de consacrer aux dieux la dixième partie du butin fait sur les ennemis
DIMÉRITES , de otptpnç, divisé. Ce nom fat donné aux hérétiques appollinaristes , parce qu'ils prétendaient que Jésus-Christ , ut'iocjrnaot, avait pris une âme dépourvue A'eaiendemenl, et que c'était le Verbe qui tuppleaità cette faculté.
DIMESSES. On appelle ainsi, dans l'Etat ie Venise, des filles ou veuves qui se consacrent volontairement à l'instruction des jeunes filles , et au service des malades de leorseie dans les hôpitaux. Les Dimesscs Mot nommées autrement Modestes. Elles forment une congrégation qui fut établie, en 1572, par les soins de Dejanira-Valniarona.
DIMISSOIRE, lettres par lesquelles uu eièque permet à un de ses diocésains de se taire ordonner par un autre évéque. Ceux qui reçoivent les ordres sans dimissoire sont pjniss..bles ainsi que les évéques qui les confèrent; ceux-ci, parce qu'ils entreprennent »orla juridiction d'un autre évéque, et risquent de donner un mauvais sujet à l'Eglise, eo ordoonant un clerc qu'ils ne connaissent H*; ceux-là, parce qu'ils manquent à l'obéissance qu'ils doivent à leur évéque, et se dérobent, autant qu'il est en eux, à son autorité pastorale. Le concile de Bourges, tenu eu 1528, recommande aux évéques de n'accorder de dimissoires qu'après un examen 5 jffuant de la capacité du sujet» et qu'à ceux qui. étant jugés capables, auront un bénéfice uu un titre patrimonial. Un clerc qui, sans avoir obtenu de dimissoire , aurait reçu la toature des mains d'un évéque autre que le 'ien, ne pouvait posséder aucun bénéfice. Si cependant, dans ses lettres de tonsure, «lait insérée li clause rite dimissot le parle-
DIO ss*
ment de Paris n'exigeait pas que, pour obtenir le bénéfice, il représentât sou dimissoire; mais il y était tenu au grand conseil.
D1NDYMÈNE, ou DINDVM1K, surnoms de Cybèle , pris ou de Diudyme sa mère, ou d un lieu de Phrygie, appelé Dindymus. Deux autres montagnes, l'une dans la Troade, et l'autre dans la Thessalie , portaient le même nom.Ladcesseavait,sousceluideDindymène, un temple à Magnésie, dont la fille de Thémislocle avait été prétresse.
DIO, premier nom que porta Cérès, lorsqu'elle régna en Sicile. (Voyez son çlymologie au mot Deo.) 11 se pourrait aussi que ces vocables vinssent de Dea, Dia, Diva, Déva.
DIOCÈSE, en grec Stoimatt, administration, province; on appelle ainsi la circonscription de territoire soumise à la juridiction spirituelle d'un archevêque ou d'un évéque. Mais autrefois, dans l'Eglise d'Orient, le terme de diocèse exprimait toute l'étendue de la juridiction d'un patriarche ou d'un exarque.
Tout l'Orient était partagé en cinq grands diocèses, dont chacun contenait plusieurs
Provinces qui avaient leurs métropolitains, es derniers reconnaissaient pour supérieur ecclésiastique l'évéque qui occupait le pre-* mier siège du diocèse, et qui se nommait alors ou archevêque, ou patriarche, ou exarque, ou évéque ayant intendance sur le diocèse , comme s'exprime le premier concile de Constanlinople. Ces diocèses étaient, 1" celui d'Egypte, dont Alexandrie était la capitale; 2* celui d'Orient proprement dit, qui renfermait plusieurs provinces limitrophes de lu Perse , comme la Syrie , la Mésopotamie, l'Osroène, etc., qui reconnaissaient pourleur chef l'évéque d'Ântioche ; 3* le diocèse d'Asie, dont Kphèse était la capitale, et qui s'étendait dans toutes les provinces méridionales de ce qu'on a appelé depuis l'Asie-Mineure, jusqu'à la Cilicie, qui faisait partie du diocèse d'Orient; 4* le diocèse du Pont, dont Césarée en Cappadoce était la capitale; il comprenait les provinces septentrionales de l'Asie-Mineure; 5* enfin le diocèse de Thrace, dont Héraclée était le premier siège, avant que Constantin eût fait de Byzance la capitale de l'empire romain.
Les chefs de ces diocèses ordonnaient les métropolitains, et connaissaient des causes des provinces, qui étaient portées devant eux parappel, surtout lorsque les évéques avaient lieu de se plaiudre de leurs métropolitains , et c'était à eux à terminer les différends.
Quelques auteurs ecclésiastiques font féminin le mot de diocèse pris dans ce sens; et l'emploient au masculin lorsqu'il s'agit des temps modernes, où chaque évéque a son diocèse.
Le nombre de diocèses , dont se compose aujourd'hui l'Eglise romaine, peut-être évalué à environ 7 à 800. 11 a été autrefois beaucoup plus considérable.
DIOCLÉES, fêtes instituées à M égare par Aliathoùs, fils de Pélops, en l'honneur de Dioclès, héros grec, qui , dans un combat , avait été tué pendant qu'il couvrait de son
DICTIONNAIRE DRS RELIGIONS
bouclier un jeune hbmme qui lui élail cher Ce Dioclès élail un Athénien, comme on le voit par ces vers «le Théocrite : « O vous qui « excellez dans l'art de manier la raie,
Mégarien« , puissiez-vous être toujours « heureux! puisque entre les étrangers vous « avez spécialement honoré l'Aihenien Dio- « dès, célèbre par ses amours. Chaque année, <• au relour du printemps, le* jeunes garçons • s'assemblent sur son tombeau, etc. »
DtOMfcDK. fils dcTydée cl roi de Calvdon, fui élevé à l'école lu célèbre centaure Chiron, ainsi que la plupart des anciens héros île la Grèce. Il commanda les Etoliens au siège de Troie, el s'y distingua par tant de belles actions , qu'on le regardait comme le plus brave de l'armée, après Achille et Ajax. (ils de Telamun. Homère représente ce héros comme le favori de Pallas. Celte déesse l'accompa. .ne sans cesse; c'est par sou secours qu'il lue plusieurs rois de sa main, qu'il sort avec gloire de combats singulier* contre Hector, Enée et les autres primes Iroycns ; qu'il s'empare des Mèches de Philo» tète à Lemnos , el des chevaux de Rhésus ; qu'il enlève le palladium; enfui qu'il blesse Mars, et Vénus même accourue au secours de son . fils Enée, el qui ne le sauva qu'en le couvrant d'un nuage, ha déesse en conçut u:t tel dépit, que, pour s'en venger, elle inspira à sa femme Igiaieune violente passion pour un autre. Diomèdc, instruit de cet alïronl , n'éi happ : qu'avec peine. iu\ euihûi hesqu'elle lui tendu a son relour, en se réfugiant dans le temple de Junon, et alla « lier, lier un ct.tblissemenl eu Italie, où le roi Daunus lui ayant cédé une partie de ses Et ils, el donné sa fille en mariage, il fonda la ville d'Arpi ou d'Argyripa. Après sa mort, il lut regardé comme un dieu , et eut un temple et un bois sacié sur les bonis du Tirnave.
Ecs ancien* appelèrent de son nom , F)iomedérs , certaines iles de la mer Ad i ilique , dans l'une desquelles mourut < e héros, el où ses compagnons furent ch ngés en oiseau\. Il en reste emore, dit Slrahoti, et leur façon de vivre approche de celle de l'homme , tant par eur manière de se nuurnr, <i"e par leur familiarité à l'égard des gens de bien, et leur soin à eviler les sceler.its.
DIOMEES, fêle» grecques , in»ti'nées en l'honneur de Jupil r D'omeus. ou d'un lieras athénien nomme Dînions, ('oui le» In itauls d'une ville de l'Atlique prirent l« nom de Diomicns.
Ce Diomus était un favoii d'Hercule, et il obtint ai rès sa mort les honneurs divins
DION fi, divinité du paganisme, qui. sel n les poêles, élail fille de l'Océan et de l elhy». Elle eul de Jupiter, Venus, surnommée Diouée, du nom de s i mère. C'est entie ses lira» que Venus s»; précipita tout en pleurs , après que Diomède l'eut blessée a Iravers >a roi», brillante qu'elle tenait étendue sur son fil» Knee, el contre laquelle tous les traits des <if « • s venaient s'amortir.
DiON t. P. , surnom de la Venus, fille de Diorié, et femme de Vulcaiii ; c'est celle-là q-i, (>;' fohp I des amours de M il '
DIONVSIADES. dionysiaques et Diottys >'rs; fêtes en l'honneur de Racchus, surnomme Dionvsius. Oiiginaires d'Egypte, elles furent portées en Créée par Mél.mipus. Plul.ir^iic assure qu'îsis et Osiris étaient les mêmes que Cerès et Racchus, et les Dion • siaques grecques les mêmes que les Pamylies égyptiennes. Les Athéniens les célébraient avec plus de pompe que tout le reste de la Grèce, et comptaient par elles leurs années , parce que le premier archonte y présidait. Les principales cérémonies étaient des procèssions où l'on portail des vases remplis de vin et couronnes de pampres. Suivaient des vierges choisi. -s appelées ('améliores, parce qu'elles portaient des cor! cilles d'or, remplies de t uile sorte de fruits, dont s'é happaient des serpents apprivoisés qui inspiraient de l'effroi aux »p< dateurs. Des hommes traves'is en Silènes, l'anset Satv res, faisaient mille gestes bizarres. Venaient ensuite les Phtillojihoref , portant de longues perches terminées par h-s organes sexuels de l'homme , emblème de la fécondité de la nature. Ces gens, couronnes de violettes et do lierre, et le visage couvert de verdure, chantaient des airs appelés Phalliques, ils éaicul »ui»is des lii/pltntlrs, habilles en femmes, p.ués de vêlements hiaucs. c uronnés d - guirlande , : es mains couv erles <le gants formes do fleuri, el dont les gestes imitaient ceux de l'ivresse. <>n v portait aussi des vans, instrument mystique t regardé comme essentiel aux mvsières de Racchus. Enfin , une multitude de p rsonnes de l'un et de l'autre sexe , la plupart couvertes de peaux de faon, cachées sous un masque, » hanlanl des chansons litencieuses, les unes s 'agitant comme des insensées el s'abandounanl a toutes les convulsions de la fureur; bs autres exécutant des danses irregutièi es et militaires* mais tenant des va»es au lieu de boucliers, el se la c ni, i n forme de traits, des thvrses dont elles insultaient quelquefois les spectateur». Tant que duraient les fêles, la moindre violence contre un citoyen était un crime , el (ouïe poursuit.' contre un débiteur était interdite. Les jours suivants, les délits el les desordres qu'on v av ail commis étaient punis a ver sévérité. I 07. R accu vNai.Hs.
Le mot ili' Ut/ïin'jurs est un lerm •• général, car celte solennité admettait plusieurs Avisions. jYlles étaient, 1 le< Anciennes , célébrées le 12 .lu mois antheslei ion, à Limna, dan rAliiqiie, où Racchus avait un temple, i.es ptinipaux officiants étaient quatorze fe mes. chargées par un des archontes de tou^ les p; eparatifs. On les appelait y:;it-iu mi ; s u-uerablc ; et avant d'enirer en po-session de leur oiiice, elles prêtaient serment, en présence de la femme de l'archonte , qu lles étaient pures; 2r le» Arearfi jttes , ob-ervees en Arcadie, où les enfants, après auur reçu des leçons de musique, d'après Philoxène et Timolbée, étaient produits tous les ans sur le théâtre, et y célébraient la fêle de Race i us par des chansons, des danses el des jeux ; " les Xéotfrrs ou nouvelles , peut-être les mêmes que les q aire grandes,
Wl MO
onise célébraient dans le moisélaphébolion; »* les Petites, sortes de préparation aux première» , et qui avaient lieu en automne ; ï les Brmuronies. fameuses par toute sorte faces et de dissolutions; 6* les Nyctélies , Joot il l'était pas permis de révéler les mystère ; T les Triétériques , instituées par tardai Wri-mérae , en mémoire de son ex- ■édition des Indes, qui avait duré trois ans. Les mystères qui précédaient ou suivaient ces processions consistaient dans les mêmes idats que celles d'Eleusis , et surtout dans le massacre de Bacrhus par les Titans ; ta- Ueia allégorique des révolutions du mondo sajsiqae , et commémoration des persécutas* q»av lient souffertes les premiers adorjVars de Bacchus.
DIONYSIAQUES, prétresses de Baccbus à Sparte; toes les ans elles se disputaient entre elles le prix de la course.
BlOSYSWSov DIONYSUS, un des noms frets de Bacchus. sur l etyroologie duquel on t'est pas d'accord. Les uns lo font venir de xty Jupiter et vv<ro>-, boiteux, en dialecte de Sjracuse, parce que renfermé, après la conflagration de sa mère, dans la cuisse de Jupiter, il aurait blessé son père d'uue <ie ses corn**», et l'aurait rendu boiteux. Les autres le dérivent du même mot Dios et de Xysa, o roda mont sur lequel il aurait été élevé, oo delà nymphe qui l'aurait nourri. La première partie de ce vocable viendrait, suivant Castres, de Dia ou Naxos, l'une des Cy clades.
U philologie moderne a proposé de nouveaux points de rapprochement. Comme Bac- Au sons est venu de l'Orient, on a cru qu'on devait retrouver son nom chex les Arabes et cbeztes Indiens. C'est pourquoi on a voulu trouier le non» Dionysins dans celui de /tfw-AaaM, ancien roi du Yémen. D'autres trottent à ce vocable une physionomie indienne; tel «erait Diva- Ni ta. On le supposerait né isr le mot Mérou, nom homophone iwIbï s> Mi}f«»; , qui, en grec, signifie cuisse, d'oo la fable qu'il serait né de la cuisse de Jujiter.
01 >pfeTES, statues de Jupiter, de Diane et d'antres divinités que les anciens croyaient descendues du ciel.
DIO-SANTO, nom d'origine portugaise, par lequel l< s nègres de a Côte-d'Or désignent le jour consacré à honorer le féti< he domotique. Ce jour et celte solennité ont lieu one fois par semaine.
DlOï-BOUS, c'est-à-dire brruf de Jupiter; fele milésienne en l'honneur du souverain <1« dieux, daus laquelle on lui immolait on bœuf.
DIOSCODION , c'est-à-dire peau de Jupiter. On appelait ainsi la peau d'une victime sur laquelle ea faisait marcher les aspirants à l'initiation des mystères d'Eleusis.
D108COMENS, anciens hérétiques, qui ftivaient les sentiments d'Eutychès, ou plu- 'rto de IHoscore, évéque d' Alexa ndrie , fa uteor dT.etjtbès. Ce Bioscore fut condamné avec wucbef dans le concile général de Chalcé-
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doine, et ensuite relégué à Gangres dans la Paphlagonie, où il mourut. Mais pendant sa vie, et même après sa mort, il eut un grand nombre de s-ctaleurs , principalement à Alexandrie, auxquels on donna le nom de Dioscoriens. Voy. Eutychiens.
DIOSCURES , c'est-à-dire fils de Jupiter; surnom de Castor et Pollux. Glaucus fut le premier qui les appela ainsi, lorsqu'il apparu! aux Argonautes dans la Propontide. A Lacédéinone , ils étaient représen'és sous l'emblème de deux poteaux de bois également éloignés l'un de l'autre, et joints ensemble par deux traverses à égale distauce, absolument comme on représente encore en astronomie le signe des Gémeaux. Cette âguro s'appelait Dokana. Quand on les figurait sous la forme humaine, on les représentait montés snrdes chevaux blancs, revêtus d'une tunique blanche et d'un habit de pourpre, ayant sur la tête un bonnet qui avait la forme d'œul coupé en deux et surmonté d'une étoile.
On a aussi donné ce nom aux Anaces, anx Cabires, et à trois frères que Cicéron nomme Aléon, Mêla m pus et Kumolus.
DIOSCURIES , fêtes que les Grecs célébraient en l'honneur des Dioscures. Elles avaient lieu principalement à Sparte, berceau de ces deux héros. On la solennisatl encore à Cyrène. Comme elles arrivaient dans le temps des vendanges , celte circonstance la rendait très-joyeuse et fort bruyante. La lutte était un de-« jeux qu'on y donnait.
DIPANKAKA, et en mongol Dibonghira; di vinité bouddhique. On représente ce dieu do couleur jaune, assis comme Cbakya Mouni, et la main droite élevée. Dipankara réuni avec Maitréya et Chakya Mouni forme une espèce de trinité, regardée par les bouddhistes ..du Nepâl , comme prolectrice du monde acluel. Celle trinité est nommée en tibétain Dissoum sandji, les trois saints, et en mogol, Gourban tsagan Bourkhan, les trois dieux blancs.
DÏPHTÉRA, peau de la chèvre Amalthée , sur laquelle on croyait que Jupiter écrivait toutes les destinées des humains.
D1PNOPHOHES. Thésée, après son retour de Crète, où il avait tué le Minotanre, institua une fête appelée des Rameaux. Parmi les ministres qui accomplissaient les cérémonies prescrites, il y avait des femmes que l'on appelait Dipnophores , parce qu'elles apportaient les mets (de Suttvov, mets, souper). Elles représentaient les mères des jeunes enfanls qui avaient été choisis par le sort pour être livrés avec Thésée au Minotaure, et à qui celles-ci portèrent , avant leur départ d'Athènes, des provisions de bouche. Ces mêmes femmes contaient aussi des fables, en mémoire de ce que les mères tirent à leurs enfants plusieurs contes pour les distraire et pour les empêcher de songer à leur malheur.
DIPTÈRE, c'élail, chei les Grecs, un temple entouré de deux rangs de colonnes, qui formaient des espèces de portiques appelés ailes.
DIPTYQUES. Les dyptes étaicnl autrefois fort communs dans l'Enlisé; c'était an cate-
logue des défunts dont on faisait mémoire dans la célébration des saints mystères. On y insérait aussi le nom des rivants, et surtout des évêques avec lesquels on était uni de communion. De la ces expressions si fréquentes dans l'histoire ancienne do l'Eglise. « Insérer dans les diptyques,» ou «effacer des diptyques,» pour exprimer qu'on était uni de foi et de prières avec tel personnage, ou qu'on ne voulait plus mmmuuiqu r avec lui à cause des crimes qu'il avait commis , ou de l'hérésie dans laquelle il était tombé. Le nom de diptyques désigne des tablettes doubles qui se refermaient sur elles-mêmes, à peu près comme nos livres; elles étaient en bois de citronnier ou en ivoire, cl sculptées avec beaucoup d art.
DIRECTEUR. 1. On donne ce uom aux supérieurs de certaines communautés, comme cela avait lieu à l'égard du chei de la congrégation du Saint-Sacrement; à ceux qui sont à la téte des confréries; à ceux qui dirigent les éludes théologiques dans les séminaires.
Autrefois on appelait encore plus particulièrement de ce nom un ecclésiastique qui dirigeait la conscience des personnes pieuses; ce défait être l'affaire du confesseur; mais, par un abus ridicule, plusieurs personnes, qui faisaient profession de la spiritualité la plus raffinée, cl particulièrement les femmes et les roligieuses, avaient cru devoir séparer les fonctions du directeur de celles du confesseur, persuadées sans doute que plus elles auraient de guides dans la voie du ciel, pluB sûrement elles y arriveraient. Elles avaient un confesseur pour écouler leurs péchés cl leur donner l'absolution. C'était lu» qui était chargé de la grosse besogne, s'il est permis de s'exprimer ainsi. Les fonctions dti directeur étaient plus relevées et en même temps plus délicates ; c'était ù lui que l'on communiquait létal de son «'une, les consolations ou les sécheresses que l'on éprouvait dans l'oraison, les inspirations que l'on recevait, les tentations dont on était tourmenté. C'était à lui à résoudre les doutes, à prescrire les livres qu'on devait lire, les sermons que l'on devait entendre, los bonnes œuvres que l'on devait pratiquer. Enfin, c'était lui qui était chargé de tout le détail de la spiritualité. Ma inlenant celte distinction est à peu près abolie, et le mot directeur est devenu synonyme de celui de confesseur.
2. Les Hindous ont aussi des directeurs spirituels, appelés Ateharya et Gourou.
DIREFSCH-KF.ABIYANI , étendard sacré des anciens Perses; son origine remonte à Dhohak, cinquième roi de la première dynastie des Pischdadiens. La mythologie persane, qui donne à ce Dhohak un règne de 328 ans, le représente aussi comme un monstre de cruauté. Chaque jour il faisait égorger deux hommes, pour en appliquer la cervelle sur deux ulcères qu'il avait aux épaules. Oltc cruelle boucherie dura plusieursanuées. Un forgeron d'Ispahan délivra enfin la Perse de son tjrao. Cet artisan, uoimné Kéabi,
DES RELIGIONS. m\
voyantses deux enfants égorgés, fait de son manteau un étendard, el soulève le peuple par ses lamentations et ses gémissements. Dhohak se dérobe à leur fureur. Le peuple, dans sa reconnaissance, offre le trône à son libérateur. Kéabi le refuse généreusement, et fait proclamer Féridoun , petit - Gis de Djemschid. Les perquisitions rigoureuses du nouveau monarque font découvrir Dhohak, qui expie parla mort toutes les horreurs de son règne. Cet événement ayant eu lieu le jour même de l'équinoxe d'automne, Féridoun en fit une grande fêle, dont l'anniversaire fui célébré depuis dans toute la Perse, sous le nom de Beirain ou de Mihrdjan. La reconnaissance de Féridoun éleva en même temps Kéabi aux premières digoités del'Klat. Il enrichit même son drapeau de pierres précieuses, en fit la première bannière de son empire, et la consacra sons le nom de Di» refsch Keabiyani, c'est-à-dire le drapeau de Kéabi. On le conservait religieusement comme le symbole de la f licite et de I j gloire de l'Etat. C'est ce même drapeau qui tomba au pouvoir du Kalife Omar, Pan G.}(> do Jésus-Chi ist. Cet oriflamme était couvert d'or el de pierreries, et enveloppé dans dc« peaux de tigres.
DIRES, déilés latines, filles de l'Achéron et de l i Nuit; elles étaieut au nombre de trois. Placées auprès du troue de Jupiter, elles recevaient ses ordres pour aller troubler le repos des méchants, et exciter des remords dans leur âme. On les nommait Dires, dans le ciel, c'est-à-dire cruelles; Furies ou Euménides, sur la terre; et Chiennes du Slyx.dans les enfers. Xoy. Eumkniues, Furibs.
DIS. 1. Nom que les anciens donnaient à Plu ion, dieu des enfers. On le fait dériver à tort du mol latin dis pour dites qui signifie riche , et qui ainsi sérail plutôt le nom de Pltttus, dieu des richesses. L étymologie que donne Cicéron approche davantage de la vérité; il dit que ce nom a été donné à Plulou parce que la nature lui est cou acné, Us, qttianatura dicataest. Nous croyons, nous, que le vocable dis e>t un des mots nombreux que la langue latine a empruntes au sanscrit, et qu'il exprime loul simplement la Divinité, comme les mots deus, r/ït, dévas, cJc. Par la suite, le terme dis, dilis , aura été appliqué spécialement à Pltiton. Il pourrait aussi dériver de l'indien Diti, nom de la mère des Daityas ou démons; ce qui conviendrait assez au roi des enfers.
2. Dis était aussi une des principales divinités des Gaulois. Cependant il ne faudrait pas admettre avec Jules César que lesCell. sr apportaient leur origine au dieu des enfers. V.,n'était pas la faute de nos pères, si les Romains avaient donné à Piuton un nom analogue à celui de leur grand dieu. Les Eduens lui avaient consacré, à Aulun, un temple dont on voit encore les vestiges; et plus loin, la téle de cedieu fut placée sur une fontaine. Les habitants de Saint-Romain, en Bourgogne, où celte source était située, paraissent l'avoir honoré longtemps sous If nom Je Saint Plolo. Dans le commencement de ce