DIS 2T
qui varient selon les temps et 'es lieux.
DISCORDE, divinité malfaisante, à laquelle les poètes attribuaient non-seulement let guerres entre les Etats, mais les dissensions entre les particuliers, les querelles dans les familles, les brouilleriez dans les ménages. Jupiter l'exila du ciel, parce qu'elle ne cessait de mettre la di vison parmi les immortels. C'est clic qui , piquée de n'avoir pas été invitée aux noces dcThétisct do Péléc, jeta au milieu des déesses la pomme fatale, cause de celte fameuse contestation, dont le berger Paris fut établi juge. Virgile lui donne une chevelure hérissée. de serpents, et attachée par des bandelettes sanglantes. Pétrone la dépeint les cheveux épars , la bouche écumante, les yeux abattus, grinçant les dents, distillant de sa langue un venin infect, ta lôtc coiffée de couleuvres, portant un vêtement déchiré, agitant d'une main sanglante une torche enflammée, et de l'autre des rouleaux sur lesquels on lit ces mois : guerres, confusions, querelles. Aristide la peint avec des yeux hagards, un teint pâle, des lèvres livides, et un poignard dans le sein.
D1SEN, épilhète commune à toutes leswalkiries, et même a toutes les déesses de la mythologie Scandinave; elle désigne la puissance. Les montagnards d'Islande en ont fait une divinité à laquello ils attribuent la puissance de dérider du sort des humains. On appelait Disa Mot les sacrifies qu'on lui offrait. Mot signifie en général, dans le nord, le culle dos païens.
DiSAfATRES,nnm des Parques, chez les Italiens et les Gaulois; re nom veut dire les mères du royaume de Pluton (Dis), Voy.
Matrbs.
DISPATER, oo D1SPITER, nom de Pluton, formé do Dis cl de Pater; c'est-à-dire père des richesses, suivant quelques-uns. Nous avons vu, a l'article Pis, que cette étymologieest fans»c. Quinliîien l'interprète au contraire par, Celui qui dépouille de leurs biens ceux qui pénètrent dans son empire. Nous croyons, nous, que Dispiter est le même mot que Dietpiter, le père de la région céleste ;f nom qui devrait appartenir de préférence A Jupiter, et qui a été attribué à Pluton , lorsque l'ignorance de l'étymologie primitive a lait prendre le change sur le nom d" Dis. Quoi qu'il on soit, ce Dispitcr avait un temple dans la onzième région de Rome
DISPENSE, permUsion que Jonnent le* supérieurs ecclésiastiques d'agir, en rerlaini cas, contre la discipline cl les canons de l'Egli e. Il y a des dispenses 'lues : ce sont celles que l'on accorde dans les cas de nécessité; il y en a de permises: ce sont celles que l'on accorde pour des raisons valables et légitimes. Le pape seul a. droit de donner certaines dispenses en matière considérable; les autres, moins importante», peuvent être accordées par les évêques. Dana les premiers siècles de l'Eglise, les évéqurs étaient eu possession d'accorder toutes sortes de dispenses, à cause surtout de la difficulté de recourir au souverain pontife, dans les temps de pc^éculion. Plus tard, oh
STf
ronvoyalt quelquefois ceux qui eu demandaient aux conciles provinciaux rl no pipe. Afin de rendre ces sortes de grâces plus rare s, par la difficulté de les obtenir. Insensiblement la coutume d'envoyer les fidèles à Rome pour des dispenses considérables s'accrédita tellement, que, sous le règne de Charlemagne, les évêques n'accordaient prosqu aucune dispense des canons ecclésiastiques.
Cependant il existe encore aujourd'hui certains diocèses dont les évéques accordent des dispenses de toute sorte.
Les articles pour lesquels on a plus communément besoin de dispense , sont lo mariage, les irrégularités et les vœux.
Pour ce qui regarde les dispenses de mariage, voici les règles que l'Eglise observe. Parmi les empêchements do mariage qu'on appelle dirimants, les uns sont de droit divin, les autres de droit ecclésiastique. L'Eglise ne dispense jamais que de ces derniers. Par exemple, elle ne dispense pas de l'empêchement de consanguinité ou de l'affinité en ligne directe. Elle ne saurait pcrmellro à un père d'épouser sa fille, à un frère de se marier avec sa sœur; mais elle peut permettre à un oncle d'épouser s i nièce, à un cousiu
Sermain d'épouser sa cousine, lorsqu'il y a e grandes raisons d'accorder ces dispenses. Maintenant cependant l'Eglise se montre plus facile pour la France, à cause des lois civiles qui ne reconnaissent pas d'empêchement dans ce dernier degré. Le pape dispense aussi de l'empêchement de l'honnêteté publique : par exemple, si un homme, après avoir été fiancé avec une fille, est empêché par quelque aci idenl de concluro le mariage, le pape peut lui permettre d'épouser la mère ou la sceur de celle mémo fille, <i"oi-
3 ueles canons eU'honnêtelépubli^ucIcdéfcnent. Il en serait de même d'un homme qui, «'étant marié avec une fille sans avoir consommé le mariage, se trouverait dans la nécessité d'épouser la mère ou la sœur de cette fille. L'empêchement qui provienldu rapt ne peut jamais être levé, tant que le ravisseur tient en son pouvoir la personne enlevée. Celui qui est fondé sur les ordres sacrés est levé fort rarement; cependant on en a un exemple mémorable dans la dispense accordée par le pape Pie Vil à tous les prêtres français qui avaient contracté mariage pendant la révolution devant l'officier civil, pour faire ratifier ce mariage devant les pasteurs ecclésiastiques. Le pape dispense des empêchements d'adultère et d'homicide, mais difficilement de ce dernier, et, si l'adultère et l'homicide se trouvent joints ensemble, on n'en peut jamais obtenir dispense. Les empêchements qui naissent de la parenté spirituelle, étant tous de droit ecclésiastique, peuveut aussi être levés par le pape, cl ces sortes de dispenses s'accordent assez aisément; cependant on ne permet que fort rarement à un parrain d'épouser sa filleule. C'est à la daleric que s'expédient les dispenses pour les empêchements publics, parce que ce tribunal •si pour le Tir extérieur; mais les dispenses des empêchements secrets sont expédiées àla
DF.S RELIGIONS. m
Pénitenceric , tribunal de for Intérieur. — Les pauvres, qui n'ont pas le moyen de faire venir une dispense de Rome, s adressent à leur évêque qui, dans ce cas, leur donne lui-même les dispenses nécessaires.
Pour ce qui regarde les dispenses de l'irrégulariié et des vœux, voyez les articles
InRbGCLARITÉ, VOBI X.
Toute dispense est nulle, quand elle est obreplire ou subreptice. On appelle dispense obrepttce, celle que l'on obtient sur un faux exposé el sur de fausses raisons. La dispense est subreptice , lorsque , dans la supplique qu'on présente pour l'obtenir, on a supprimé quelque chose de v rai, que le droit ou le style de Home veut que 1 on expose. Les dispenses de mariage sonl communément adressées à l'ordinaire, c'est-à-dire à l'évê<|uc diocésain, ' el les parties ne peuvent s'en servir qu'elles n'aient é"é fulminées par l'official.
DISSENTEKS, ot: DISSIDENTS, nom sons lequel on comprend, en Angleterre, tous ceux qui n'appartiennent pas à l'J^lise anglicane, mais surtout les Presbytérien-, les Indépendants et les Raptistes. Quelquefois on restreint l'acception de ce mot aux sociétés qoi rejettent l'épiscopat, sans y comprendre les catholiques, les quakers et tes juifs. — On distingue sous le nom d'.t nei>n< dissidents {01 1 Dissenters), ceu\ qui suivaient le ptrti de Caméron, vers la fin du xvir siècle. Foy.
C A MÉnONIF.XS.
DITHYRAMBE (de oi; deux fois el fi-;»
porte) ; 1" surnom de Bacchus, soit parce quai était né d< ux fois , soit parce qu'ayant été mis en pièces par les géants, Cérès rassembla ses membres épars et lui rendit la vie. Dans l'une comme dans l'autre hypothèse, il avait franchi deux fois le» portes de la m.
2" Celait aussi le nom d'un hymne en l'honneur d« Hacchus. L'enthousiasme , le désordre el l'irrégularité régnaient dans ce genre de poésie, el témoignaient que l'auteur en composant son poémeelail transporté des fureurs de ce Dieu.
DIT!, deité hindoue, une des femmes de Kasyap.i.mère des Dailyas, ou démons. Etant un jour à se promener avec Kadrou va-Yinata, nuire épouse dcKasyapa, elles aperçurent Outchaisesrava, cheval d'Indra. Diti l'admirant s'écria : « Quel cheval magniGquel quelle blancheur éclatante I il n'a pas la plus petite tache noire. ■ Sa compagne soutint
Îu'il avait une tache noire vers la queue, hacune soutenant son sentiment , elles remirent l'examen au lendemain , parce qu'il était lard, à la condition que celle qui perdrait la gageure serait l'esclave de l'autre, ainsi que *es enfants. Pendant la nuit.Kadrouva-Vinata , qui était mère des démons Nagas ou serpents, commanda à l'un d'entre eux d'aller se placer sur la croupe du cheval, de manière a ce qu'il y parui une tache noire. Dili qui ne put découvrir la fourberie s'avoua vaincue cl devint l'esclave de »a rivale. Cette femme était aussi sainte que Kadrouva était méchante. Les saints la consolèrent dans son afflictio i et lui prédirent qu'elle aurait des enfants qui la délivreraient.
ÎTS DIO
£ile devint enfeinio cl accoucha de deux ffcfs. Elle attendit longtemps leur éclosion; suit l'impatience l'ayant prise, elle en ouiril un qui n'avait encore que la partie supérieure du corps, le reste n'étant pas encore formé. Arouna, c'est le nom de l'enfant, lêmni^na un grand chagrin de ce que sa aère était cause de son imperfection , et lui annonça qu'elle serait encore esclave durant 5(0 ans; car l'œuf ne devait éclore qu'au boa! de ce laps de temps. Quant à lui, il entra ao service du soleil (eourya), et prit la coaJoite de son char. Cinq cents ans après, l'autre œuf étant éclos, il en sortit l'oiseau Cirouda, qui servit Kadrouva cl ses enfants : nais, lassé de cet esclavage, il demanda à sa mère pourquoi ils étaient esclaves et s'il n'y avait point de remède à cet état. Elle lui refondit qo'il faudrait pour cela qu'il allât chercher YamrUa (ambroisie), qui était parte dans le Dévendra loka. Garouda prit son vol, et s'empara de l'amrila après avoir remporte la victoire sur les Dévalas qui la garaient, et éteint le feu dont elle était environnée. Ils le prièrent en vain de leur bister ce dépôt qui leur était confié; il leur dit qu'ils seraient le* maîtres de le reprendre quand ïl s en serait servi pour délivrer sa oère. Il demanda en même temps à Déven- <lrade pouvoir manger des serpents, ce qui lui fui accordé. Il alla retrouver s i mère; nuis la perûde Kadrouva se saisit de l'amrila, et allait la boire avec ses fils, quand Rendra envoya aussitôt un Dévala, sous la figure d'uo brahmane, qui lui dil : « Gardez- 'ou b.eo de profaner celle boisson , en ne la prêtant pas avec les préparations reqoiitt.Utaul auparavant laver votre corps et prendre de» habits purs. » Kadrouva fit mettre l'amrila sur une sorte d'tierbc appelée rfarfcij, et alla se purifier avec ses enfonu. L'amrila fut enlevée pendant son abwoee, et il n'en resta que quelques gouttes "r celle herbe. Les serpenlsélanlde retour se contentèrent de la lécher, mais celte paille soi ejl fort Iranchaute leur fendit la langue; de là lient que la langue des serpents est fourchue. Le bec do Garouda ayant louché l'amrila devint blanc, aussi bien que son cou, r' Vieboou choisit cet oiseau pour le porter.
Suivant d'antres mythologues hindous , Kadroa et Vinala sont deux femmes différente», et Garouda serait fils de celle dernière.
Diti est encore la mère de Vayou ou Alarooia, dieu du vent.
DICRNAL, livre d'office à l'usage des ecrles:aniqoes dans les ordres sacres. Il contient l'office de chaque jour, à l'exception des matines on office de la nuit; d'où son nom de diurnal [àdiurno).
DIUS-FID1US, ou Medi-Edi, ou simpleb»dI Fidius: dieu de la bonne foi, chez les aoeieniSabios :ion culte fut importé à Rome. Le* Romains juraient fréquemment par cette «i'tmiié. La formule du serment était Me Fidiu$t sous-entendu adjuvet. Puisse le 'U'-u Fidius me venir en aidel C'esl dans le ">éti,e nos que l'on disait. Me Hercules! et r*r roolracliou Me Hercle! Fidius pas ait
pour Gis de Jupiter; quelques-uns l'ont confondu avec Hercule.
D1VALES , fôles romaines , établies en l'honneur d'Angérone , à l'occasion d'une espèce d'esquinancie dangereuse dont les hommes cl les animaux furent attaqués pendant assez longtemps.
DIV ou DIVE, signifie, en persan, une créature qui n'est ni homme, ni ange, ni diable ; c'est un génie ou un démon corporel, un géant qui n'est pas de l'espèce humaine. Entre ces Divers, il y en a que les Persans appellent Arerou Néré, c'est-à-dire mâles parce qu'ils sont les plus terribles et les plus méchants de tous. Il y en a d'autres moins terribles qu'ils nomment Péri , et qui passent communément pour les femelles , bien que les Péris soient une espèce à part, et soient engendrés par d'autres Péris, cl non p <int
Rar les Nérés. Les plus célèbres parmi ces érés,et qui onl fait le plus de mal aux hommes dans les anciens temps, sont Demrousch Néré. Séhélan Néré, Mordaseh Néré, Kahameradj Néré, lesquels onl tous (ail la guerre aux premiers monarques de l'Orient; et l'un de ces derniers fut surnommé Div-bend, le lieur de Dives, pour les avoir vaincus, faits prisonniers et confinés dans les cavernes des montagnes.
Wahed, fils de Mandas, dit que Dieu, avant la formation d'Adam, créa les Dives, el leur donna ce monde â gouverner pendant l'esr pacc de 7000 ans ; que les Péris leur avaient succédé, et avaient occupé le monde peu tant 2000 ans sous l'empire de Djan-ben-Djan, leur unique souverain; mais que ces deux races étanl tombées dans la désobéissance, Dieu leur donna pour chef Eblis, qui, d'une nature plus noble et formée de l'élément du feu, avait été élevé parmi les anges. Eblis, après avoir reçu les ordres de Dieu, descendit du ciel sur la terre et fil la guerre aux Dives cl aux Péris qui s'étaient unis pour leur commune défense. Cependant quelquesuns des Dives se rangèreut du côté d Eblis et demeurèrent en ce monde jusqu'au siècle d'Adam, et même plus tard, car Salomon en avait à son service. Eblis, fortifié de ce secours, délit les rebelles et leur roi, el devint ainsi en peu de temps seigneur de ce bas monde, qui n'était encore rempli que de génies. Voij. Dkw, Eblis.
DIVAN , livre sacré des Sabis, Mendéens ou Chrétiens de Saiat-Jean. Ce livre fait Dieu corporel, ayant un lils qui esl Gabriel ; il fait pareillement les anges et les démons corporels, do l'un et de l'autre sexe, ajoutant qu'ils s'allient entre eux et qu'ils engendrent. Il porte que Dieu créa le monde par le ministère de l'ange Gabriel ; qu'il se fit aider par 50,000 démons ; qu'il posa le monde sur l'eau comme un ballon qui flotte ; que les sphères célestes sont entourées d'eau, et que le soleil et la lune voguent tout autour, chacun dans un grand navire. Ce livre fabuleux raconte de plus que la terre était si fertile au moment de la création , que l'on récoltait le soir ce q-ii avait été semé le matin; que Gabriel enseigna l'agriculture à Adam ; uni*
qu'ayant péché, il oublh ce qu'il en avait appris, et ne pot en retrouver que re que nous en savon*. Quant à re qui regarde l'au- „tre vie, il enscignequec'csl un monde comme celui-ci, à l'égard de ce qui s'y passe, mais infiniment plus délicieux el plus parfait; qu'il y a un jugement final, où deux anges pèsent Ira actions de tous les hommes ; et que les enfants qui meurent avant l'âge de discrétion , vont dans un lieu de délices où ils sont gardés jusqu'au jour du jugement, et où ils croissent jusqu'à la perfection naturelle pour pouvoir rendre compte à Dieu. Ce Divan promet cnGn un pardon final aux Sahis, les assurant qu'ils seront sauvés un jour, après avoir souflerl les peines dues à leurs péchés.
DIVAVAL1 , fêle hindoue, célébrée par les Tamouts, dans le mois d'assin, la veille de la nouvelle lune. Elle a lieu i n mémoire de la défaite d'un Uakchasa ou démon , nommé Naraka, exterminé par Vichnuu , parce qu'il faisait beaucoup de mal aux hommes. Celte féle n'est réiéhrée que dans les nuisons, et elle ne consiste qu'à se laver la téle avant le lever du soleil ; elle fut instituée par Vichuou lui-même, qui annonça que tous ceux qui feraient celle ablution, auraient le même mérite que s'ils se fussent baignés dans le Gange. Le reste de la journée se passe en divertissements; c'est une de» plus grandes fêles du Guxarate.
D1VIANA , Diane ou la Lune , considérée, selon Varron, sous sa double acception de hauteur ou de largeur.
DIVIN, en latin divus; les Homains donnaient le nom de divi, divins, à îles hommes qui, par leurs vertus cl leurs hauts faits, avaient mérite d'être mis au rang dis dieux, tels que les guerriers, les héros, les bienfaiteurs du l'humanité. On appelait encore ainsi les Lares ou dieux domestiques.
DIVINATION, art de deviner et de counaître l'avenir par des moyens superstitieux. L'homme, toujours inquiet sur l'avenir, ne se contenta pas de le chercher dans les oracles des dieux et dans les prédictions des sibylle» ; il entreprit de le découvrir de mille autres manières, et inventa plusieurs sortes de divinations, pour lesquelles même il établit des maximes et des règles, comme si des connaissances aussi frivoles avaient pu se réduire en règles et en maximes. Cet art chimérique, entaillé par la vaine curiosité (tes hommes , fut longtemps en rogne chez les nations les plus policées. On sait combien les Grecs et les Homains étaient entêtés de leurs présages el de leurs augures. Cependant les plus sages d'entre eu\ s'en moquaient intérieurement; et, s'ils ne disaient pas librement ce qu'ils en pensaient, c'était de peur de choquer le peuple : ce qui n'a pas empéebé qu'ils ne se soient é« h ippés quelquefois jusqu'à plaisauicr ouvertement sur la fureur que le peuple avait de vouloir tirer des présages des événements les [ lus •impies el les plus naturel*. Un homme élanl Veau dire à Galon que les rats avaient mangé
ses sooliers pendant la nuit, et lui demandant ce que cela signifiait : « Je ne vois dans cet événement rien que de forl naturel, répondit Caton; mais si vos souliers avaient mangé les rats, cela me semblerait plus extraordinaire et pourrait présager quelque chose. ■
1. Qui croirait que, dans un siècle tel que le nôtre, la divination fût encore en usage , si on ne savait que le peuple est presque toujours le même dans lous les temps , et se ressent à peine de l'accroissement des lumières que reçoivent les gens instruits? Il y a encore une infinité «le choses naturelles et indifférentes que le vulgaire superstitieux interprète sérieusement , soit en bien , soit en mal. Les personnes mêmes qui ont reçu une instruction avancée el qui tiennent un certain rang dans la société, ne sont pas toujours exemples de cette superstition. Il n'est pas rare de voir, à Paris mè ne, des femmes d'une position assez élevée consulter les devins ou les devineresses, ou chercher à connaître , dans des combinaisons de cartes, ce qui doit leur arriver, et faire de cette recherche puérile el ridicule l'objet de leur application et le sujet de leur espérance ou de leur appréhension.
Il y a une di* inaiion naturelle, raisonnable el permise; c'est celle qui consiste à prévoir lcscvéncmentsnattircls,leh que le beau temps on la pluie, le calme ou la tempête, par l'observation de signes qui , dans le cours ordinaire de la nature, préiè 1enl communément telle ou telle variation rie l'uir. Nous en dirons à peu près autant des événements politiques, qu'on peut prédire ou du moins présager en en éttdianl les causes. Mais toutes les autres espèces de divinations, qui s nt artificielles et imaginées par la superstition, ne peuvent être pratiquées innocemment.
Telle est entre autres la divination par des événements particuliers ou par des rencontres. Ceux-là s'en rendent coupables qui croient, par exemple, qu'on sera malheureux à la chasse si l'on rencontre un moine, et qu'on sera heureux si l'on aperçoit une femme débauchée , ou si l'on lient des discours déshounétes; qu'il arrivera malheur si l'on se trouve treize à table, ou si l'on renverse la salière, si l'on répand du vin, si deux couteaux se trouvent fortuitement disposes en forme de croix; si l'on marche sur des fétus croisés d'une certaine faç »u ; que. c'est un mauvais présage si une chouette vient à crier irois fois sur le toit d'une maison, >i la poule chante avant le coq . si la femme parle avant son mari; que quand uuo femme nouvellement accouchée prend pour marraine de son enfant une femme gro>se, l'un ou l'autre des deux < ufan's périra dans l'année; que, de deux mariages contractes a la même iuc>se, ceux des nouveaux maries dont les noms et prénoms réunis sont composés de lettres eu nombre impair, mourront tes premier» ; que pour savoir si un malade mourra de la maladie dont il est attaqué, it n'y a qu'a lui mettre du sel dans la uiain, et que si le sel fou l, il en mourra, sinon il s'en i élèvera.
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
Telle est encore la divination par les sonm. Qoelque absurde et quelque ridicule utile soit, on Imuve encore nombre de \w qai j ajoutent la foi la plus robuste. lis «iiper>uades, par exemple, que si on passe, «rêvant, un ponl rompu , c'est un présage ^danger; que si l'on perd ses cheveux, cela nîoifieque quelque ami est mort; que si on laie ses mains, c'est signe d'ennui et de (tu»rin; que si on les voil sales, c'est un pma$e de perle on de danger; que si on farde ou troupeau de moulons, on aura de li douleur ; que si l'on prend des mouches, «rtecua quelque injure; que quelque partit nourra bientôt lorsqu'on songe la nuil i/oo i perdu une denl, etc., etc. Il y a des iiTiw entiers composés sur ce futile objet ; »!, il y a peu d'années, lorsque les bureaux k loterie existaient, des milliers de malhcuniut femmes ne manquaient pas de conulter chaque jour leur Clef des songes, pour mur quelle somme elles devaient conGer m chances du sort.
D'autres préleudenl arriver à la connaisturedi l'avenir ou des choses cachées par én mot eus plus actifs ; connaître si telio \imût esl morte, en mellant une clef dans llfiagile de saint Jean, ou en suspendant d») on verre d'eau une alliance bénie suspendue à un cheveu; avoir révélation de l'heure de leur mort, au moyen de certaines oraisons récitées tel nombre de fois et à tels joors désignés ; obtenir telle faveur en porttol au bras certaines paroles écrites sur tel sorte de parchemin, etc. Nous tr liions de la plapan de ces divinations, chacune à son
ificle.
faûn.rjo dernier genre de divination, loiztemps accrédité dans le moyen âge , eu t les moyens judiciaires appelés Eprmr«. r«y«cel article.
t 11 ai parlé dans l'Ecriture sainte de neuf espèces de divinations. La première mil lieu par l'inspection des étoiles, des prêtes et des nuées; c'est l'astrologie judiciaire ou apotcl< smatique, ce que Moïse •oiame ]V7Q Meunen. La seconde est dési- P*e>ousle nom de urwa Menukhcsch, que la Vulfaie et la plupart des interprètes ont rendue par augures. La troisième y est appelée ïp;2 Mtkntc'trph, que les Septante et ta Volgate traduisent par maléfices, ou prattque» occultes et superviseuses. La qua- 'ftème esl appelée wnsn lihabarim , enchan • lemenls. La cinquième consistait à interroger tes esprit» pythons (TN o';). La sixième, 1»e Moïse appelle Jddeoni, était profanent le sortilège et la magie. La septième t'exécutait par l'évocation et l'interrogation ta nions; c'était par conséquent la nécro- ■naocie. La huitième était la rhabdomancie , uusort par la baguette ou les bâtons, dont il f»! question dans Osée; à cette huitième es- |ér?oo peut rapporter l.i bélomancic qu'E- "'hirl a connue. La neuvième et dernière eiait l'hépaloscopie ou inspection du foie. Le «i-énae livre fait encore mention do-i dide bonne aventure, des interprètes des wn|*»f des divinations par l'eau, par le feu.