DIV S7S
par l'air, par le vol des oiseaux , par leur chant, par les foudres, par les éclairs, et en général par les météores , par la terre , par des points , par des lignes , par des serpents, etc. Les Juifs s'étaient infectés de ces différentes superstitions en Egypte, ou les avaient empruntées aux Chartanéens et aux Phéniciens au milieu desquels ils vivaient.
3. La divination était une partie considérable de la théologie païenne ; elle était même autorisée par les lois, particulièrement chez les Komaios. Cicéron, dans son Traité sur la Divination, examine d'abord s'il esl vrai qu'il puisse y en avoir, et dit que les philosophe» avaient à ce sujet trois opiuions. Les uns soutenaient que, dès qu'on admettait des dieux, il fallait nécessairement admettre la divination ; les autres prétendaient qu'il pouvait y avoir des dieux sans qu'il y eût do divination ; d'autres, enfin , étaient persuadés que, quand même il n'y aurait point de dieux, la divination pouvait exister. Les Romains distinguaient la divination en artificielle et en naturelle. — Ils appelaient divination artificielle, un pronostic ou une induction fondéi> sur des signes extérieurs , liés avec des événements à venir; et divination naturelle, celle qui présageait les choses par un mouvemcul purement intérieur et une impulsion de l'esprit, indépendamment d'aucun signe extérieur.
Us subdivisaient celle-ci en deux espèces, l'innée et l'infuse. L'inne'e avait pour base la supposition que l'âme, circonscrite en ellemême, et commandant aux différents organes du corps, sans y être présente par von étendue, avait essentiellement des notions confuses de l'avenir, comme on s'en convainc , disaient-ils, par les songes, les extases, et c«s qui arrive à quelques malades aux approches de la mort, et à la plupart des autres hommes, lorsqu'ils sont menacés d'un péril imminent. L'infuse était appuyée sur l'hypothèse que l'âme, semblable à un miroir, élail éclairée sur les événements qui l'intércssaieul par une lumière réfléchie de Dieu ou dos esprits.
Ils divisaient aussi la divination artificielle en deux espèces : l'une expérimentale , tirée des causes naturelles, telles que les prédictions que les astronomes font des éclipses, etc., ou les jugements que portent les médecins sur la terminaison des maladies, ou les conjectures que forment les politiques sur les révolutions des Etals; l'autre chimérique, extravagante, consistant en pratiques capricieuses , fondées sur de faux jugements, et accréditées par la superstition. Celle dernière branche mettait en œuvre la terre, l'eau, l'air, le feu, les oiseaux, les entrailles des animaux, les songes, la physionomie, les lignes de la main, les points amenés au hasard, les noms, les mouvements d'un anneau, d'un sas, et les ouvrages de quoique* autours; d'où vinrent les sorts appelés p rêne-tins, Virgiliens , Homériques. Voyez Av-
CLBES. AfSMCKS, AnUSPICKS.
k. Nous avons vu, à l'article Devins, que la loi musulmane proscrivait la diviualiouj
blCTIONNAlftE DES RELIGIONS.
cependant la confiance qu'y avaient les pcup'es élaît si puissamment enracinée , que Mahomet lui-môme f le destructeur du culte des idoles, ne put jamais détruire les illusions de la magie, de l'astrologie, des augures, des. songes , etc. Malgré la prohibition sévère qu'en Tait la loi, non-seulement elles uni toujours régné en Arabie, mais elles se sont encore propagées dans- toute* les contrées où les premiers Arabes mahomélans ont imprimé, le sabre à la main, le caractère de l'islamisme el celui de leurs superstitions. On voit, dans l'histoire de ces peuples, co:nhien cellos-ci ont influé sur les projets des monarques, sur les opérations politiques , sur les révolutions des Etats, sur la destinée, des nations, comme sur le sort particulier des familles et des simples individus. — Les scheikhs, ou supérieurs des communautés de derwischs, exercent oslcnsib cinenl la divination, el ils sont à cel égard fort accrédités auprès des grands comme auprès du simple peuple.
5. En Cliine, quand il s'agit de fonder une ville, ou de décider qmsquo. affaire importante, on consulte les sorts ; ce qui se fait de deux manières : ou par une certaine plante appelée cfn, ou par l'écaillc de la tortue. On ne sait pas bien comment se pratiquait dans les anciens temps ta divination par la plante chi. Actuellement, suivant M. Biot, on pose à droite cl à gauche un paquet de feuilles do celle plante; on recile des paroles mysterieuiics, et, en prenant une poignée de leuiiles dans chaqu • paq se.', on augure d'après leur «ombre. Suivant le P. Hyacinthe Hilchourinski, on prend une lige sèche de cetto plante, on la fend cl on la coupe en forme de baguettes minces, d'un pied de longueur. On devine au moyen du livre sacré, appelé Y'King. La divination par la tortue se faisait en posant du feu sur une écaille de tortue, et en augurant d'après la direction des stries que In rhalcur y formait. Dans le Chili ng. nous voyons l'ancien chef Tan-Fou placer le fi n sur l'écaillé de la tortue, avant de se fixer avec sa tribu au pied du mont Khi. Des ofii iers âgés avaient la (barge, d'interpréter les songes de l'empereur. Des devins expliquaient aussi les Muges des hommes puissants. La vue d une pie était de bon augure ; il était au contraire fâcheux de voir un corbeau noir ou un regard roux.
Lord Mararlncy nous apprend que, dans toutes leurs entreprises importantes, les Chinois cherchent à eu connaître l'issue, soit en consultant leurs divinités , soit eu mettant en œuvre différentes pratique» superstitieuses. Quelques-uns mettent dans le creux d'un bambou plusieurs petits bâtons consacrés, marqués et numérotés. Le consultant, à genoux devant l'autel, secoue le bambou, jusqu'à ce qu'un des bâtons tombe à terre. On en examine la marque, cl celle qui y correspond dans un livre que le piètre lient ouvert , répond à la question proposée. Quelquefois les réponses se trouvent écrites sur une feuille de papier co lée dans l'intérieur du temple. D'uutres j< lient en l'air un poly-
gone de bois dont chaque face a sa marque particulière; el quand il tombe, le signe qui se trouve au-dessus est celui qui indique la réponse. Si celle réponse est favorable, celui qu'elle concerne se prosterne avec reconnaissance, el entreprend avec confiance l'affaire qui l'intéresse; sinon, il jette en l'air le même bois, une seconde et une troisième fois, el la dernière décide irrévocablement ce qu'il doit faire.
G. A Hlassa, capitale du Tibet, il y a diverses méthodes de divination. Quelquefois les lamas devinent en traçant sur une feuille les huit figures appelées Ko un el certains mots tibétains. Ils figurent aussi ces huit koua avec des grains d'orge grise, et arrachent les fils de différentes couleurs. Us devinent également en comptant les grains de, leur chapelet, en traçant des raies sur li terre , ou en brûlant d--s os de m uiiou. Quelquefois ils regardant dans une jatte d'e »u et voient ce qui do t arriver. Les méthodes de divination, quoique très-variées, sont trèsjustes, d.t le P. Hyacinthe, si le deun sa:t bien son métier. Les femmes pratiquent également cet art. Une autre manière de deviner consiste en ce que le devin ouvre khi livre sacré, le présente à celui qui l'interroge, et celui-ci y reconnaît clairement le bonheur ou le malheur futur. Ce moyen de deviner a quelque analogie avec les sorls sacrés employés en Chine.
7. Les Slaves avaient plusieurs modes de divination. Le premier s'exécutait do la manière suivante : On jetait en l'air des disques de bois appelés kroujcki, blancs d'un côté, noirs de l'autre. Lorsque le côté blanc se trouvait en dessus, le présag- était heureux, et sinistre, si le noir prévalait. Lorsque l'un monlrait le coté blanc el l'aurc le côté noir, le succès devait être médiocre. La deuxième divination se faisait par le moyeo du cheval Sirétotrid ( Voyez ce mot ). La troisième s-.? tirait des évolutions que décrivait le vol des oiseaux; la quatrième, des cris des animaux et de leur rencontre; la cinquième, de» ondulations do la flamme el de la fumée; la sixième, du cours des eaux et des différente* formes que prenaient les flots et l'écume; la septième, propre aux Alains, se faisait ea mêlant ensemble des branches d'osier, el vu les retirant ensuite l'un • après l'autre, à un temps marqué, et en prononçant des paroles consacrées.
8. Chez les Muyscas, peuple du plateau de Rogola, en Amérique, quand un enfant venait au monde, pour savoir s'il serait heureux ou malheureux, on prenait un peu de oton que l'on mouillait avec du la l de la mère, et qu'on enveloppait ensuite avec de» joues, de manière à en laire une boule, qul'on jetait dans le fleuve. Six jeunes peu>, bous nageurs, se précipitaient aussitôt : *» le. courant entraînait ta boule avant qu'ils pussent l'atteindre , on croyait que l'enfant serait malheureux; dans le cas contraire, ils la rapportaient en triomphe c inme l'indice d'un bonheur certain. Ou célébrait ab»rs une féle; puis chaque jeune garçon s'approchaU
SSi DIV
do Boow au-né et lui coupait u<o mèche de fherem, jusqu'à ce qu'il ne lui en restât pio». On jetait ces cheveux dans le fleuve, (I «tf baignait ensuite l'enfant.
r\>or découvrir les voleurs, les Chèques miplojaifat le moyen suivant. Ils suppoucol dit directions correspondantes aux dit doipis des mains; et après s'être enivrés it fumée de t.ib.ic, si l'un de leurs doigts vewil à trembler, ils déclaraient que le voleur l'était dirigé do ce côté. Voyez Devins, Es-
UiWlIEXTS, MaGIX, JoXil.Et R9, CtC.
DIVINITÉ. Ce mot est employé, en fran- {îjs, sous deux acceptions : comme trrme jwtrait, il expnn c l'essence , le pouvoir et
i l attributs de Dieu ; t omme terme concret, m t'en sert comme m nonymo du mol Dieu, t ildtiignc u:t indivi u, un personnage réel »ï ittif. qu on regarde comme un Dieu. Cwmt lel , le mot divinité est absolument •jDonjojcdu nwnen des Laiius. Voyez Dieu, 'mx.
[dVIPOTES, dieux que les Samotlirares iiomiuaient hiwùvxt.i, théodynntes, di * iniiés |'9i«»aote8. On en comptait deux : le ne! et ".ilerrc, ou l ame et le corps ou l'humide e" te sec. Peul-étrc étaient-ils les mêmes que ta Cibircs.
DIVON'A , dirinc , fontaine au milieu de Bordraoi, que les Celtes avaient déifiée. Auwoe l'a célébrée dans ses vers.
DIVORCE, cérémonie qui dissout l'union wnjogaie, et donne aux époux séparés la blerie de contracter chacun une autre al- Itasce.
1. Le divorce était permis cher les JuiTs , «S'affila loi de Moïse; mais les termes dont se seilltiainl législateur démontrent ce que d'l pf«» Uni Jésus-Christ, c'est-à-dire que celle farvjjé n'avait été accordée aux Israéliteiqu'à cause de la dureté de leur cœur. •°'ci, en effet, les termes de h loi [Deutér., 1): • Si un homme, ayant épousé une t mme et ayant vécu avec e le , en conçoit ^JB»te do dégoût , à cause île quelque dcuot honteux , il lui donnera par écrit une 'fU'etle divorce, et la lui ayant mise, entre lr<'eaiiu, il la renverra hors de sa maison. (^?*>.en étant sortie et ayant épousé un ^«rid mari , celui-ci conçoit aus>i de l'a- *f>r s|"n pour elle, et qu'il la renvoie encore de chez lui, en lui mettant en main une '«Ire de divorce, ou qu'il vienne lui-même 1 mourir, le premier mari ne pourra plus la prendre pour sa femme, parce qu'elle a été vCiiIîée e| que re serait une abomination dc- Ne souillez point par un w Péché la terre que le Seigneur voire Dieu 'oui du» ne en héritage. »
Autrefois, dit Léon de Modène, un mari r0J* wenail sa femme au sacrificateur, qui
ii d"«nait à boire d'une certaine eau , dont f|e mourait si elle était coupable, et dont *'« n éprouvait aucun mal , si elle était inn ^ole. Yoyex Epreuves. Mais maintenant m mari jaloux se contente de défendre à sa ""me .te voir celui qui lui fait ombrage. Si «««uoinj le bruit court ensuite qu'elle en
ose mal, que les indices soient contre elle, ou s'il les surprend en flagrant délit, alors il est contraint par les rabbins de répudier sa femme, quand même il ne le voudrait pas , et de s'en séparer pour toujours. Cependant cette femme répudiée a la liberté de se marier avec qui il lui plaît, hormis toutefois avec celui qui a donné lieu de la répudier.
Quand une femme ne donnerait par sa conduite aucun sujet de plainte à son mari, celui-ci peut cependant la répudier, pourvu qu'il en soit dégelé, suivant la teneur de la loi do Deuléronomc. Néanmoins , à moins d'être jaloux ou d'avoir quelque défaut notable à reprocher à sa femme, on ne doit point la répudier. C'est pour empêcher qu'on abuse de ce privilège que les rabbins onl établi plusieurs fut maliics qui exigent beaucoup de temps. Kn effet, il anive souvent qu'avant qu'on puisse écrire la lettre de divorce, les parties se sont réconciliées cl vivent bicu en sein h" e.
La formule de ces lettres de divorce appelées ghel (laa) est dressée par un écrivain public, en présence d'un ou de plusieurs rabbins; elle doil être écrite sur un vélin qui soil réglé, cl ne contenir ni plus ni moins de «louze lignes, en lettres carrées, avec une multitude de minuties, tant dans les caractères que dans la manière d'écrite et dans les noms et surnoms du mari cl de la femme. De plus, l'écrivain, les rabbins et les lomoins ne doivent être parents ni des époux ni entre eux. Voici, d'après Maimonide, quelle doit être la forme de celte lettre :
a Ce jourd'hui , tel jour de la semaine, tel « jour de tel mois, en telle année depuis la « création du inonde, suivant que nous « avons accoutumé de supputer; en tel lieu; « moi un tel, fils d'un tel, de tel lieu, quels « que puissent être d'ailleurs mou nom, mon « surnom, celui de mes parents el celui de « mon pays, de ma propre volonté et de ma « pleine liberté, sans coutrainte aucune, je « te répudie, je te quitte et je le chasse, toi « uni» tille, lille d'un tel, de telle ville, quels a que puissent êire d'ailleurs ton nom, Ion « surnom , celui de Ion pays et celui de les « parents ; toi qui as éle ci-devant mon « épouse, je le répudie maintenant; je le « quille ci je le chasse , afin que tu sois libre « et maîtresse de toi-même , afin que (u a puisses le marier à qui il te conviendra, et « que personne ne soil éconduit par loi à « cause de moi, à dater de ce moment et à « l'avenir. C'esl pourquoi tu peux être re- « cherchée pur quelque homme que ce soit. « Je le donne à cet effet cet écrit de divorce, « ce livret de répudiation , et cette lettre « d'expulsion, selon la loi de Moïse et d'Is- « raël. »
La leilrc écrite, le rabbin interroge adroitement le mari pour savoir s'il s'est porté volontairement à faire ce qu'il fait. On tâche de faire eu sorl • qu'il y ail au mo*ns dix personnes présentes à la cérémonie, sans compter les témoins. Si le mari persiste dam sa résolution, le r.ibbin commande a la femme d'ouvrir I s mains cl de les approcher
2S3 DiCTlONNAlRE
l'une de l'autre pour recevoir cet acte, de peur qu'il ne tombe A terre; et après l'avoir interrogée de nouveau, le mari lui donne ce parchemin, en disant : « Voilà ta répudiait lion. J<> l'éloigné de moi, et te laisse la li- « berlé d'épouser qui tu voudras. » La femme le prend cl le rend au .rabbin , qui le lit encore une fois; après quoi elle est libre. Le rabbin avertit ensuite la femme de ne poinl convoler à un second mariage avant trois mois, de peur qu'elle ne soit enceinte. A partir de ce moment , cet homme et celte femme ne peuvent plus demeurer ensemble, et chacun d eut peut se remarier.
2. Chez les Romains, le divorce était autorisé par une lui de Romulus; mais celte loi, rapportée par l'lutarque, n'élablil point la réciprocité de répudiation, elle un restreint au contraire le droit pour les maris. Ils ne pouvaient répudier leurs femmes qu'en (rois cas : si elles étaient coupables d'empoisonnement, d'adultère ou de supposition d'enfant; hois de là, le mari qui aurait répudié sa femme devait lui donner la moitié de son bien et l'autre à Cérôs ; de plus il était dévoué aux dieux infernaux. Les douze tables contenaient aussi une loi dont ou n'a poinl le, tcxle, mais dont on retrouve le sens et la formule dans diverses citations. Mais malgré celte latitude laissée aux maris mécontents, il parait certain que pendant cinq cents ans on ne vil à Rome aucun exemple de divorce, c'est-à-dire jusqu'au jour où Carvilius Ruga, le premier, quitta sa femme stérile, pour remplir le serment qu'il avait fait aux censeurs de donner des enfants à l'Etat, ce qui
lui attira le blâme général. Son exemple eut fort peu d'imitateurs l int que la république conserva l'austérité de ses mœurs; mais lorsque le luxe cl la débauche commencèrent à apporter la corruption parmi le peuple, l'étal des choses fut bien changé. D'abord, vers le temps de Cat in le censeur, la faculté de demander le divorce devint réciproque. Alors la licence fut sans borne* ; les femmes se débarrassèrent des lormalilés matrimoniales, éludé, eut la prescription annuelle par une absence de trois jours, gardèrent leur nom et leur propriété dans le contrat, et se rendirent égales aux maris. De là le divorce, auparavant si rare, devint pour ainsi dire journalier. On voyait des patriciennes compter les années par leurs mariages plutôt que par les consulats, et môme ebang r huit fois d'époux eu cinq automnes; à peine trouvait-on des mariages durables. — La formule de divorce usitée chez les Romains consistait dans ces paroles : Hes tuas tibi h ibelo: S< ycz la maîtresse de vos biens.
3. Jésus-Christ ayant ramené le mariage à son institution primitive, l'a proclamé indissoluble et a aboli le divorce ; il convient que le divorce avait été permis par Moïse, mais il prononce que celait une dérogation à ce qui avait été établi dès l'origine des choses, et qu'elle avait éle tolérée sans doule pour éviter de plus grands maux. Eu conséquence il défend aux chrétiens de se séj.arer d'avec leurs femmes, exceptant seulement le cas
DES RELIGIONS. tu
d'adultère; mais en ce cas même, si la séparation de corps est permise, il n'e«l loisible de se remarier ni à l'un ni à l'autre dos deux époux.
L'Eglise parait avoir eu beaucoup de peine, dans les premiers siècles, à empêcher le divorce; car les princes chrétiens, imbus des coutumes romaines, noo -seulement toléraient cet abus, mais ils l'ont quelquefois autorisé dans leurs Etats. Constantin permit le divorce dans tout son empire par une loi qu'on lit encore dans le code Ihéodogien; elle laissait aux Romains la liberté de dissoudre leurs mariages toutes les fois qu'ils le jugeraient à propos. Jnstinien crut faire beaucoup en ne permeltant le divorce que pour certaines raisons, qu'il marque dans une de ses novelles. A l'exemple des empereurs, les rois des différentes nations qui s'étaient emparés des différentes provinces de l'empire, autorisèrent le mémo dérèglement : entre autres Théodoric,roi des Ostrogoihs, en lulie, sur la fin du v« siècle, et les rois des Visigoths. en Espagne, où le divorce a régné depuis le v siècle jusqu'au xiu\ qu'il fut défendu par Alphonse X. Les rois de France de la première et de la seconde race l'ont également autorisé. Charlemagne en donna l'exemple en répudiant la fille de Didier, roi des Lombards, qu'il avait épousée. Cependant il le défendit peu après comme on le voit dans trois endroits de ses capilulaircs. Les lois d'Allemagne permettaient aussi In divorce dans 1e vu* siècle; il en était de même dans les lies Rritanniqucs vers le x*.
On a donc vu des chrétiens dans ce sentiment , que le lien du mariage pouvait se dissoudre du vivant même des deux époux, surtout à cause des débauches de l'un d'eux ; et ceux que le préjugé du lemps avait entraînés dans ce sentiment, se croyaient autorisés par les paroles de Jésus-Christ, qu'ils interprétaient dans leur sens. Il s'en est même trouvé qui ont cru qu'un mari cl une femme pouvaient dissoudre leur mariace pour d'autres causes que l'adultère. Tclîo était cette femme chrétienne, donl parle saint Justin dans sa première apologie, qui, de l'avis et du conseil de ses parents, selon les droits que lui en donnaient les lois romaines, se sépara de son mari à cause de la mau«ai«e conduite de celui-ci, désespérant de le voir jamais changer. Mais il ne parait pas quV'!« se i oit remariée avec un autre homme. Origène remarque aussi qu'il y avait des évéques qui, de son temps, toléraient le divorce ; mais il ajouie qu'ils ne le souffraient que par condescendance , pour empêcher !■ < hommes de vivre dans la dissolution et dans la débauche. Toutefois ce n'était pas là le sentiment de l'Eglise, qui a toujours cherche à obvier à cet abus par les décisions de ses.conciles. Le concile de Milève, entre autres , tenu l'an 416, dit que l'indissolubilité du mariage est fondée sur la doctrine de l'Evangile et sur la discipline apostolique.
«Si l'Occident, dit l'abbé Rcnaudot, fit céder les lois romaines et les constitutions de plusieurs peuple», qui pcrmetlaieul le d:-
M D!V »orre,a»ec la liberté de se remarier, à ceux quittaient convaincu leurs femmes d'adultère, l'Orient conserva une pratique toute noiraire. » Car sur le fondement qu'ils établirai dans les paroles de Jésus-Christ, lobant l'indissolubilité du mariage, les rir*o(aux la reconnaissaient telle qu'ils n'acfjrdaieot pas le divorce en plusieurs cas jci quel» les lois romaines le permettaient. Miit trouvant que Jésus-Christ avait excepte l'adultère, ils entendirent tes paroles de telle mauière qu'ils crurent que le diwee complet, enfermant la liberté de se f marier, pouvait en ce cas-là être accordé; ti telle a élé et esl encore présentement la foi que de toutes les Eglises orientales. Lt'l se latine, sans approuver cet abus, (V.olcré chez les Grecs, et ne les a pas contât!* de l'abandonner dans les différentes muions des deux Eglises, qui se sont faites jMrraps en temps. Au concile de Florence r-iteiliflLuilé fut proposée aux Grecs; mais cfueful qu'après la publication solennelle iJu décret d'union, qu'on leur Gt cette question jtcc quelques autres, sur lesquelles, seules actes des Grecs, et même selon les ;cif* latins, ils répondirent à la satisfac'ion iupapr. On ne sait pas quelles furent ces réponses; mais il est certain que le p.ipe t'rfjoola rien au décret, que l'union fut | u- Mite et l'acte signé, cl qu'ensuite les Grecs reprirent le chemin de Constanlinople.
» Ledirorce est aussi en usage, en certains ta», ehei les protestants. C'est le consistoire qui juge de la validité des raisons qui portai un mari à en veuir à cette extrémité, ô Manoroel, tout en permettant le divorce, VifaH cependant désirer que les maris n'abiwul pas outre mesure de cette faculté. Il orJooac qo'après la troisième fois qu'un tyoox aurait répudié sa femme, il ne puisse yltH la reprendre, à moins que la f< mine réparée de celle façon n'eûl été mariée à un antre et répudiée ensuite. Ce commande* •w»', dit l'Anglais Sale, a élé d'un si bon effet que très-peu de gens parmi les mabo- &riaoseo viennent jusqu'au divorce; et on en 'o l encore moins qui reprennent la femme qu'ils ont répudiée, à cause de la honte qui accompagne un tel retour.
Le Coran établit en principe, dit M. de !>icèdePondichéry, que la femme répudiée «il reprendre la dol qui lui a élé promise 'ors de son mariage. Maij il semble qu'il n'a H* précisé les cas où le musulman peut se "parer de sa femme ; et les imams ou commentateurs du Coran, dans le but de combler Me lacune,.créèrent des causes qui perjweoi le divorce légalement. L'homme peut 'étalement divorcer : 1° si sa femme est al- ■"«e d'ooe maladie incurable ; 2» si e le a !' caI*c,.er« opiniâtre qui ne seul jamais cé- ^f; 3* si elle quitte à tout instant sa maisi elle se familiarise trop avec les «""«ers; 5* si elle a de l'indifférence pour wonuri.G- si elle est uégligenle ei sans PJfMé; 7* si elle a l'habitude d'aller se joindre aux autres des actions de son mari; 11 elle accueille froidement les personnes
qui viennent lo^erou manger avec son mari; 9J si elle n'a point d'affection pour ses enfants; 10' si elle les repousse et les éloigne d'elle ; 1 1" si elle s'eng;ige en qualité de nourrice sans la permission de son mari ; 12* si elle est stérile; 13* si elle vo'e son mari; 15r si elle ngil contrairement aux usages. — La femme peul demander a divorcer : 1" si son mari esl atteint d'un mal incurable; 2° s'il esl impuissant; 3° s'il se conduit contrairement aux lois.
Les imams admettent trois sortes de répudiation : la première a lieu avec la condition de reprendre sa femme, sans célébrer un nouveau marhge; la seconde, avec la condition de la reprendre, mais en célébrant un nouveau mariage; cl la troisième, avec la faculté delà reprendre en célébrant un nouveau mariage, mais après que la femme aura été mariée à un autre, et que cet autre l'aura eu répudiée à son tour, pour la première ou la seconde fois.
L'époux est tenu de pourvoir à la nourriture cl aux vêtements de sa femme répudiée, d'une mauière convenable. Son héritier y est tenu aussi bien que lui. L'époux ne peut empêcher sa femme répudiée de se remarier, ni môme de renouer les liens du mariage avec son premier mari, si toutefois elle en avait eu un. La femme est obligée d'allaiter son enfant deux ans entiers, si le père veut que le lerops soit complet, lille no peut le mettre en nourrice qu'avec le consentement de son mari.
Suivant M. Silvestre de Sacy, les musulmaus ont quatre sortes de divorces : 1" celui qui a lieu par une formule qui, pour élre valable, a besoin d'élre réitérée ; 2* celui qui se fait par ces mots que fo mari dit à sa femme : « Choisis, agis à Ion choix ; » 3e lo djvorce qui permet une réconcilialion ; 4* le divorce opéré par ces mots du mari à sa femme : a Tu es libre de t'en aller quand tu voudras. »
6. Les livres des Parsis Gxent les cas dans lesquels un mari peut répudier sa femme : ce sont, la débauche publique de la femme, son abandon à la magie, sans doute à la magie goétique; le refus, quatre fois de suite, du devoir conjugal, et la liberté qu'elle accorde de l'approcher dans son étal d'impureté. Mais, si l'on en croit Tavernier, cette permission esl aujourd'hui bien resserrée. 11 n'y a plus que deux cas, selon lui, qui autorisent le divorce : l'adultère évident de l'épouse, ou son entrée dans la religion dé Mahomet; encore doit-on attendre un an, dans l'espoir que ce temps ne s'écoutera pas sans qu'elle ait reconnu sa faute, et témoigné le désir de l'expier. La Icuune ainsi renvoyée ne peut exiger di» son mari, ni un douaire, ni aucune des promesses qo'il lui a faites.
7. Il y a sept sortes de femmes que les Chinois peuvent répudier, d'après les lois morales de Confncius : 1" celles qui manquent à l'obéissance qu'elles doivent à leur père et à leur mère; 2U relies qui sont stériles ; 3" celles qui sont infl lèles à leur mari ; h' cellea qui sont jalouses; 5* cellea qui sont iufeclcea
MilTM.N.YVUtK
.Mv'qne ni il contagieux : »î" celles d<nl . n ne pont anô'cr le bal» I, cl qui étourdissent par le»; r <-:; n m i«l i ontnuel : 7° celles qui sont sujettes à \ ohr el capables de ruiner leur mari. Il y a cependant d >s mui'veriur s où il n'est pas f-orniis à un m tri «le répudier sa femme : par exemple, si. dans |e temps que le marine a clé • < mirai -le, elle avait des p i: onls, et que, les axant perdus par la Miile, il m- lui reste plus aucune ressource: >u Ni n si, conjointement av c ïm>:< epou\, cl e a porte le deuil triennal p tir le p re ou la mère de son mai i.
S. Les Siamois ont la faenîté de divorcer (]Uand ils sont mécontents l'u > de l'autre, mais ecla n'urnxe -uèic nue dans le commun du peuple; 1rs l.< lies, quici^ plus CUIS rouîmes, gardent celles qu'ils n'aime"t pas cnmme celles qui leur plaisent, tjuoiqtm le. mari soit naturellement le maître fin divorce, cependant il ai rive rarement qu'il le r l'u>e fl sa femme, ou nu! celle-ci le dem amie axoc instance ; il lui rend sa dut, et le cnl'iMs se prn latent dans l'ordre suivant : la f mec prend !e premier, le troisième, le < iuqu èine, en un mol l<«tis ceux qui se trouvent dans l'ordre impair; le père gant- ton» les autres, lie là il arrive que, s'il n'y a qu'un enfant, il appaili. nl à la u.èie.ei une <i le mm. lire des enfants est imp.;ir, la mère ou a un de plus; soit qu'on ail jupe que la mère en aurait plus de soin que le père, suit que les ax ant portés dans s<s flanchet !es ayant nourris de son lail. elle semble y avoir plus de droit que le père; soit, enfin, qu'on juge qu'étant plus faible, t lie a plus besoin que le | ère du secours de se* cillants. Apres le divorce, il est permis au mari et à la femme de se remarier à qui ils veulent, et il est libre, à la femme de le faire dès le joue de la répudiation.
Ouoiquoi le divorce sait permis, les Siamois ne laissent pas de le regarder comme un grand mal, et connue la perle presque certaine dos enfants, qui sont d'ordinaire fort niîiltraitès dans les seconds mari i'/c- d, leurs parents.
H. L'indissolubilité du mariage est un j-r'ncipe solidement établi clic/, les lu I eus. |'n iiomme ne peut répudier >on épou-e , ^iimie dans aucun cas, excepté celui d'adul.civ ; et si I*. n voit des exemples contraires à celle rè'Jc, ce n'est que para i les bointn.s les plus tarés et les plus ignobles des basses castes. Mais un mariage peut cire dissous s'il a été contracté en dépit d empécbemeuls «|(ii. selon les usages du pays, entraînent nullité.
10. La lui du Tunquin permet au mari de répudier sa femme; mais la femme ne jouit pas de ce prixilége. Si elle parvient à obio- •iii' le dixoroe, c'est avec beaucoup île peine. La raison de < « Ile dilVerence est que le mari achète pour a nsi dire sa femme, et que celle-ci d. x ieul sa prop:LMé. Ouau i un personnage dedislinc i i\ x eut il x orcer. il cher» «lie à éviter l'éclat, cl il se cont nie de bien piescnier a sa femme un . cîo | ar lequel il déclare la vol nte qu'il a de m. v parer
Id.S Khi. If. IONS. Jq;
d'elle, ei la libr rtéqu'il 'ni laisse de chen W un autre mari; cette simple formalité rcnifit le mariage. Mais si le mari appartient ;i i,i classe du peuple, il prend en présence <!* témoins le bâtonnet qui lui sert de fourche!!? dans ses repas, et le rompt en deux; il en fait de mênv d'une petite monnaie >ie ruitr*r; il prend la moitié tic ces deux objets el doune l'a' Ire à 1 1 feinme qu'il répudie, el chacun d eux garde sa part dans un mori ciu deloiïe; sans celte cérémonie, le divorce ne passerait pas pour légitime. Après cela le mari c*t tenu de rendre à la femme tout ce qu'elle lui a apporté en mariage, et de g«rd r les enfants nés de leur union. Il arme quelquefois qu'ils se rèvonc boni après U séparation ; alors ils peuvent reiotu ner ei>semble comme auparavant, sans autre cérémonie, supposé que la femme répudiée n'a t point pris un autre mari. Cependant on do t donner avis do la réconciliation au .\Ludarin.
11. les initis japonais ont le droit de répu 1 or leurs femmes quand c.c'<n leur convient et s ;iis on donner le motif: mais un homme qui a la réputation d'élre iuconsMni n'obtient l i main d'une jeune fi le qu'à un prit énorme. Les grands repend ni ne répudient pas leurs femmes; mais ils suppléent j ce droit dont ils ne veulent pas user, en prenant simultanément d'autres fenuii s. I paraît que les femmes ont également la liberté de provoquer le divorce.
12. Dans les îles Moliiqucs quand il s'igil de divorcer, olque c'est la leinmc qui ••• demande, il faul premièrement qu'elle renie les présents de noce qu'elle a reçus, puis elle verse de l'eau sur les pietls de son mari, en signe qu'elle se purifie des impuretés qn'clU a contractées avec lui.
l'i. Au Canada, quand un mari et une femme ont ré-olu de se quitter, ou porte dans la cabane où a eu li< u le mariage, la morceaux de la baguette que Icnaïc lie» « poux pendant la cérémonie, el on les br>ilc solennellement. L'homme et la femme aiiiw séparés ont la libel le de se remarier; cependant la bienséance ne veut pas que li femme convoi- en secondes noces du vivant do premier mari. Les enfants sont partagés également : s'ils sont en nombre impair, la femme eu a nu de plus que le mari, comme ceU I lieu dans le royaume de Statu.
IV. Dans la Virginie, il était permis aux époux de se quiUer, s'ils ne vivaient pas en bonne intelligence; cependant le divorcen'j o ail pas en l<nnnc odeur, et h s gens marie* poussaient rarement leurs dénudés jusjua la séparation. Ouand on eu venait là,lou> le» liens du mana^e étaient rompus; les lartie* niaient la liberté dose remarier. Chacun prenait 1 s enfants qu'il aimait le plus; et si les parties intéressées n'étaient pas d accoid sur cel article, ou séparait les enfant» en nombre égal, el l'homme choisissait le premier.
il). Le divorce était fréquent au .Me*ique; Il suffisait pour le fjircque le conseil cmen> lût réciproque; et ce procès n'cl.ut p «ml
pritArianl le« juge». Cenx qui en ronnais- .»irnl le d«*c ûl.iieni snr-le- champ. Li femme {triait les tilles, et le mari les garçons. Uni <Jo mnmrnl qac le nvtriage était ainsi ryspo, il était défendu .sous peine de la vie, v « remettre ensemble ; el le péril de la r^hale était l'unique temède que le* lois riH«it imaginé contre le divorce, où l'instance naturelle de ces peuples les por- <itt jisemeiil.
I*. Dan» les Iles Marianne*, les femme* tviM'ient des droits qui sont ailleurs le ^ruge An maris ; ceux-ci n'avaient aucune «for;lé sur elles el ne pouvaient les malr.-.iier en aucun cas, même pour cause d'iufebié: leur unique ressource était le dii«rri\ Mais s'ils manquai ut eux-mêmes à ■iU\ conjugale, l'épouse en lirait une ven- 'rue simalèe : 1rs unes en informaient '■.ni les femmes du canton, qui se reniai ,innci»s d'une lame à l'habitation du rmipjttle; elles ravageaient ses moissons,' r<i;aienl sis arbres, pillaient sa maison ; l» io<re» se contentaient d'abandonner le nindont elles avaient a se plaindre, et de blutoir à leurs parents qu'elles ne pou- *»fni plus «ivre avec lui : ceux-ci alors se ^jeaient de celle crm-lle exécution, et iVp-iux coupable s'est mail trop heureux iri en c'ait quitte pour la perte de sa femme dit tu tiens. De quelque cAlé que vint la «nie Hn linorcc, la femme avait le pouvoir 4< v remarier ; ses enfants la suivaient et r'iet.1 adoptés par le nouvel époux ; de « Meqo'un mari avait la douleur de perdre lijfiitsrs enfants et sa femme, par l'in- ("«tosce d'une épouse capricieuse. S'il n'au.lp* touie (a déférence qu'elle se croyait en dniii deitger, si sa conduite i, 'était pas reclée, ob m c'était un homme fâcheux, peu totr.plitmt, peu soumis, elle le maltraitait, leauiifiiï et rentrait dans une pleine el enivre literie.
17. Le divorce a lien dans on grand nombre d'autres nations; mais nous n'avons 'f»o?é, dans les auteurs qui en parlent, autune particularité digne d'être mise sous les Jfii de nos lecteurs.
WVOILIGAI, féte indienne céléb rée d.ms f moi» de kartik , et dont nous parlons le li re Ukvali Voici quelques parlicuacties obsi rvées dans le sud de 1 1 presqu'île.
félr de* Lampes, ou Dit ouliym, dure 'wie-jrs jours pendant lesquels les Hin- "q* mettent, chaque soir, des lampes allumées devant les portes de leurs maisons, ou in Jm lanternes de papier, qu'ils attachent « bout de langues perches plantées dans la Jf : relte féte parait principalement desli—
i honorer le feu. Cependant comme c'est ou le temps où la plupart des céréales nr- 'rjls maturité, 1rs cultivateurs, en plu- '«r» endroits, se rassemblent et vont en u !«• auprès de leurs champs , où ils of- 'fr.i aux productions dont ils sont couverts '» aitoraiinns et des sacrifices de béliers ou * bouc*, a l'eff-t du remercier «es fruits '«■he arrhes a maturité pour servir à la wrriiure des hommes. Chaque cultivateur
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va aus<-i, trois jours de suite, se prosterner et déposer des offrandes de fleur-i, de lampes .•'Humées, de riz bouilli e| de fruits, devant le las de fumier qu'il a amassé pour servir d'engrais, el le supplie humblement de bien fertiliser ses terres el de lui procurer d'abondantes moissons. Ce culte, comme on le voit, ressemble assez à celui que les Romains rendaient à leur dieu Stcrquiliniu*.
DJAADIS, sectaires musulmans, qui croyaient, comme tous les nmlézélés ou schématiques, que le Coran, bien qu'il fût la parole de Dieu, étail cependant du nombre des choses créées. Us tiraient leur n un de Djaad, fils de Dirham, qui, en l'an \ï\i de. l'hégire (7 VI de J.-C), lommença à s'élever conlre l'opinion commune qui considérait le Coran cninme un livre incréé cl éternel.
DJ A HA 1US, s< claires musulmans qui prétendent que l'homme n'a aucun pouvoir ni tsi:r sa volonté ni sur ses actions, mais qu'il 1 est conduit et dirigé par un agent supérieur, et que Dieu exerçant une puissance absolue sur ses créatures, les destine n être heureuses ou m.-ilhc tireuses, selon qu'il le juge à propos. Quand il s'agit d'expliquer cette opinion, ces jansénistes de l'Orient disent que l'homme est tellement forcé et nécessite À faire tout ce qu'il fait, que la liberté d opérer le bien ou le mal ne dépend pas de lui, mais que Dieu produit en lui toutes ses action*, comme il fait dans les créatures inanimées et dans les piaules le principe de leur vie et de leur être. Cette doctrine de la prédestination est universellement reçue dans la plupart des pays mahométans. — Le nom do djabnri signifie forçât. Voy. Djehémites.
DJAFAIUYÉS . sectaires musulmans qui appartiennent a la branche des molézélcs. Ils tirent leur nom de Djafar, fils de Djafar, fils de Moubaschir, qui prétendait que Dieu ne saurait être plus injuste envers les hommes raisonnables que ne le sont les enfants el b's maniaques. Djafar, fils de Moubaschir el pére de 1 hérésiarque, passait pour un des esprits forts les plus célèbres de son lemps.
DJAGA , féte des étoiles chez les Hindous. Les brahmanes étranglent un mouton dont ils extraient le cœur qu'ils coupent en petits morceaux après l'avoir fait cuire. Ces morceaux sont distribués à lous ceux qui ont pris part a ce sacrifice. C'est la seule occasion où les brahmanes mangent de la viande. Von. Iîkyam.
DJAtiAD-HHATRI , c'est-à-dire nourri* ri ire dm monde; un des noms de la déesse Di'iirt:a, ëpoosede Siva.
DJACiAD NATHA , c'est-à-dire Dieu du monde, nom sous lequel Virhnou est adoré particulièrement dans un temple de la côte d'Orissa , connu vulgairement en Europe sous le vocable Jagi/uerntt, corruption do Djagad-valhu. Voici l'histoire du temple et de l'idole , irlle qu'elle e>t rapportée pue M. l'abbé Dubois, dans les Mœurs et institua lions des peuple* de l'Inde.
• Indra-Ména régnait sur ce pays. Animé du désir de travailler au salut de sou ame,
«2 t m riD.NNur.r.
co prince voyait avec peine qu'il n'avait • ucore rien l'ail «lui pût lui assurer un s«tI heureux après sa mort. Celle pensée l'a III ttreail beaucoup : il tii pari de s«.u anxiété à Hrahma à quatre faces, dont il avail lait sa divinité favorite, iîrahma, témoin tics regrets sincères el de la tt-i v«*u> •* pieté do re prince , en fut touché , et il lui a-lressa un jour ces p iroles consolantes: t C >se, grand roi, d'être inquiet sur ton sort futur ; je vais l'indiquer le moy < n d'assurer ion s lut. Sur les rivages de la hum-, i'. existe un pays nommé Ou!,'.» 'n -ihmi là s'élève la mont.. mie .Y», 'a, nommée aussi i'oui • om luitaui , qui a un y "djana d'étendue trois liencsj : ce dernier nom lui vient de celui du d ru qui y av it autrefois et..b:i »a demeure, dette nioiil mne est un lieu >a nt, dont l'.ispeet a l i vertu dVIÏiccr le » pci lie- . I.ins les you.as (.i-es précédents, un temple d'-r massif y ava l ele consacré a \"h;Imou : ce temple "subsiste enrore: mais il a rte enseveli sous les sables rejeté» par les vagues de la nier, el est à présent invisihe. Fais-en revivre la mémoire, cl rends-lui son lustre antique, en renouvelant les sacrifices qu'on y offrait jadis; lu t'assureras par là un li u de félicite après la mort. ».
« Le roi ludra-Mena, charmé de ce qu'il venait d'entendre, demanda à lira h ma quels avaient cle ies fondateurs de ce temple inagnilique,et où était au juste rempacea.enl sur lequel il avait été construit. « Ce sont tes ancé res, gi and roi , répondit Itrahmn, qui (érigèrent dans le youga précèdent, el qui procurèrent par là aux hommes le bonheur ineffable de voir sur la terre l i Ire suprême. Va donc tirer de l'oubli un lieu si vénérable ; fais-y descendre de nouveau la divinité, et tu procureras au genre humain le même bonheur. » — « .Mais ruminent, repartit le prince . découvrirai -je un temple enseveli profondément dans le sable , à moins que vous ne me le montriez vousmême?» — Brahma lui donna quelques indices, el ajouta qu'il trouverait, non loin de la montagne Nila, un élans où vivait une tortue aussi ancienne que le 11 onde, qui lui fournirait à cet égard des renseigncnien's plus précis. Indra -Mena rendit grâces à lira lima, el se mil sans délai en roule pour cet étang.
•< A peine fut-il arrivé sur ses bards , qu'une tortue d'une grosseur prodigicu-e, s'approehanl de lui. lui demanda qui il était et ce qu'il cherchait dans ce lieu deert. — « Je suis, répondit le prince, kchatciya de naissance, et souverain d'un grand royaume ; mais I enormile de mes pèches el le remords que j'en ressens m'attristent et me rendent le plus malheureux des hommes. Hr.iluoa à quatre faces m'a fait connaître vaguement qu'il exi>le un lieu sacre près de la moulagne Mla, en m'assuranl que j'obtiendrais de vous tous les éclaircissements nécessaires pour me guider dans mes recherches. »> — « Jcsuis charmée, prim e, répondit la tortue, que vous me fournissiez l'occasion de contribuer à votre bonheur. Je ne su s pas ce-
iU'.s nn.ir. 'ov>. s
pe.ulanl en et .! \: v us snt sf iro en to pi>i;i| s- r ce que vues des rez njiprcnlr car !e grand âge m'a f'il perdre e:1 j ;jrlte nu moire; mais les indice, que je vous do. lierai pourrual vous être utiles. Il osi iré vrai qu'il existait autrefois, près de lj moi Ligue N.!a,i.n temple fameux par ses rirlie si'n : le l'eu à quatre bras, le dieu de% dieu I.- grand \ * toi» 11 u, y av.iii établi sa d> tneun tous les ,'ulre> dieux s'y rendaient régulier mei.t pour ni oSTrir leurs hommages, et c l :,t aussi !e lieu qu'ils i-'to si-suoiil lie pu b ; ( lire p u;r se livrer à leur- amour-. D pwis longtemps les sables que la tuer a n jetés de suit sein recouvrent cet asie *acn; el le dieu, n'y recelant plus I s tenu) ,2\'.3S <!e respect accoutumés, l'a dcl .isse [mur n touiiu-r au Yailioan a. To»it re que je sa: t 'c-l que cet ediiice esl enfooi d'un vo.lj.i;: (irois l'eues) dans le (eir ia aîdoiuiem mais j'ai peidu la trace de l'cinplaremei qu'il occujia 1. Il vous reste néanmoins u moyeu sur de le nmnaitre. Lcnd. /-vou*. l'étang appelé Mai kandy a : vous trouver.' sur ses rivt s une corneille douée de l'immor tati e, el qui a ( resenls à I 1 mémoire tou les événements des temps ies plus recule» Interrogez-la. el vous obtiendrez d'elle u> renseignements infaillibles. »
« Le mi s'empres-a de diriger ses pas rer» l'étant Mari.audy a. rt y Irouva en elïdune corneille que son extrême vieilles*!' ai<n' fait devenir toute blanche. Après s'être ■ lerne, il lui d;l en joignant les mains:*1 corneille, qui jouissez du don de l'immor alitel vous voyez devant voûs un roi de» n de chagrin; et il r.'ol que vous qui pouvu le soulager. » — « Ouel es' donc, reprit I. corneille, le sujet de vos peines, que pui>-j' faire pour vous?" — «Je vais voos lap prendre, repariil Indra-Ména ; mais ne n>< cacliez rien, je vous en supplie, de ce que j< désire sivom. Diles-moi d'abord qoelful l< premier roi qui régna dans ce pays, el n qu'il (il de remarquable. » — La corneille qui possédait à fond l'histoire ancienne. n'he sit i poim à sali.i'aire le monarque, el luirepondil en ces lermes : « Le premier roi i< ces eonlrées se nommait Salouranouni. I eut pour fils Vichva-Vahou. Celui-ci iI«job< le jour à Indra -Mena, prince q»;i, .;y.iiilt»"» jours i u pour Hrahm.i à quatre faces on. piele sincère, fui juge digne, après sa mort d'aller jouir de la présence de ce dieu. Mti.uiaiioun 1 lit chérir son gouvernement pa1 Swn extrême boulé; car ii cul pour ses sa jeis la lendresse d'un vrai père. Parmi If actions éminemment méritoires qui *ignalerenl son règne, il en est une qui clerat5<'« Sun nom. Ce fut lui qui eut la gloire el t b uiheur de faire descendre du Vaikountaso; la lerre le dieu des dieux. Il lui fitc<>n>truif< pour sa demeure, au pied de .a muol^"' NiLi, un temple magniîique. dont les ii'Ura'l les étaient d'or massif, el l'intérieur était enrichi des pierreries les plus précieuses. L< temps qui delruil loul a 1 esptclé col edtb'cf el il subsiste encore aujourd'hui ji^rfaitenict. ialacl. Mais depuis longtemps les sables J<
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la mer amoncelés sur le rivage l'ont englouti dauiear sein. Le dieu qui habitait ce lieu -rifré a cessé, il est vrai, d*y faire sa de meure; cependant il n'a pas voulu fuir une moBlagoe consacrée par sa présence, et il y ifré son séjour en prenant la forme d'un vpo* (margousier). Un jour le fameux pcii rot Markandya, qui , depuis nombre de itéct«s,faisail pénitence sur cette montagne, apercevant que cet arbre ne donnait point 4'orobre, en fut indigné; et soufflant dessus, ille réduisit en partie en cendres. Cependant, tomme cet arbre était Vichnou , l'être mi pr. me, et par conséquent immortel , il ne pal le détruire tout entier, et il en reste encart le tronc. La seule chose que j'ignore , t'eil l'endroit précis où cet arbre existait... n . Ici Indra-Mena interrompit la corneille, loi demanda si elle reconnaîtrait au moins It place où le temple existait. Elle répondit *irmaliven>eut. Alors ils se mirent l'un et l'autre en route pour s'y rendre. A l'endroit m ils l'arrêtèrent, la corneille se mil à creuwatec son bec dans le sable, jusqu'à la profondeur d'un yodjana, et vint enfin à tat d<* mettre à découvert, dans toute son «todoe.le temple magniOque qui avait servi Meoneurcà Narayana, le dieu des dieux.
Après qu'elle l'eut montré au roi, elle le recouvrit de sable comme auparavant.
«Le roi, convaincu de la réalité de tout ce que U corneille lui avait dit, et transporté itr joie d'avoir enOn trouvé ce qu'il cherchait attelant d'ardeur, questionna encore sa conductrice sur les moyens qu'il aurait à employer pour rendre a un lieu si digne de vé- Btntnason antique renommée et sa splenflrw.- < Ce que vous me demandez là, repjrttlUeofoeillf, est hors de ma sphère. AU kt (router Brahma à quatre faces, et il vous ipprtadn la conduite que vous devez tenir jour armer à vos lins. »
« lodra-Méiia suivit ce conseil; il alla de nouveau trouver Brahma, lui offrit plusieurs kiMes adorations, et lui parla ainsi : « J'ai raiio tu de mes propres yeux, prés de la montagne Sila, le superbe temple qui s« rvil p<J>s de demeure au grand Vichnou. Je viens i prêtent vous consulter, Dieu puissant, sur U conduite que jo dois tenir pour rallumer <an» l'esprit des peuples la ferveur que ce li'o sacré dut leur inspirer dans d'autres fnpi. Si j'y fais bâtir une ville, qu«-l nom lui donncMi-je ? Vichnou, je lésais, viendra <e nouveau, sous la forme d'un tronc d'arbre, honorer ce lieu de sa présence ; mais comment y viendra-l-il? et quels sont les sa- "rires et les offrandes qu'il faudra lui faire? Daignez, grand Dieu, m'éclairer et me tirer ^incertitude.»-— « Pour accomplir , répondit •rahma, la louable entreprise que tu médi- [*». érige on nouveau temple au-dessus de Itodrvit où se trouve enseveli l'ancien. Tu loi donneras le nom de Skridchout. Dispense- W de le faire aussi riche que le premier, parce qoe les peuples modernes, réduits à la •"itère, l'eulèveraieut par pièces, cl ton trahit deviendrait inutile. Il suffira qu'il soit dirait en pierres. Aûn de procurer aux
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dévots qui vicndronl le visiter en foule les aisances qui leur seront nécessaires, fais bâtir auprès du temple une ville qui recevra le nom de Pourouchatma. A peine l'ouvrage sera-l-il achevé, que le tronc d'arbre, c'està-dire Krichna lui-même, paraîtra sur le bord de la mer. Tu le transporteras avec pompe dans le nouveau temple. Le charpentier Vichya Karma viendra le façonner, et lui donnera la figure et la forme du dieu. Tu placeras auprès de ce dieu sa sœur Soubhadra, et son frère Rala-llamn. Tu lui feras of< frir des sacrifices jour et nuit, mais surtout le matin, à midi et le soir. Ce sera un moyen infaillible de t'assurer à toi ec à tous ceux qui suivront ton exemple, l'entrée dans le séjour fortuné du Vaikounla. Comme Vichnou ne pourra pas consommer la grande quantité de vivres qui lui sera offerte par la multitude des dévots, les hommes trouveront un moyen de se purifier et d'obtenir la rémission de leurs péchés en mangeant ses restes. Heureux ceux qui pourront s'en procurer la plus mince parcelle 1 ils iront à coup sûr au Vaikounla après leur mort. Pour ie donner une idée du prix inestimable des restes du repas de Krichna. il su fût de te dire que si, par accident ou inadvertance, on en laissait tomber quelques bribes sur la terre, les dieux eux-mêmes se les disputeraient, les chiens en eussent-ils déjà dévoré une partie. En un mot, quand un paria retirerait de la gueule d'un chien, pour le portera la bouche d'un brahm ine, du riz destiné à Krichna, ce riz est si pur et a tant de vertus, qu'il purifierait ce brahmane â l'instant. CVst la déesse Lakchmi qui fait la cuisine et prépare les mets destinés à Krichna, et la déesse Anna Pourna prend soin de les servir. Une partie de l'arbre Kalpa descendra du Swarga pour prendre racine au milieu de (a nouvelle ville : tu sais que cet arbre est immortel, et qu'il n'en coûte que de lui demander tout ce qu'on souhaite pour être sûr de l'obtenir. La vue seule du temple que tu dois faire ériger sera suffisante pour procurer des avantages inappréciables. Y recevoir des coups de bâton des mains des prêtres chargés de le desservir sera une œuvre singulièrement méritoire. Indra et les dieux qui composent son cortège viendront habiter la nouvelle ville, et tiendront compagnie au dieu Krichna. Le côté de la ville qui fera faco à la mer aura encore quelque chose de plus sacré que les autres parties ; ceus qui habiteront de ce coté-là croîtront de jour en jour efl vertu; tu donneras le nom de Kanaka (poudre d'or) au sable que la mer y déposera. Tout homme qui mourra sur ce sable ira indubitablement au Vaikounla.
Voilà, prince, la réponse aux demandes que tu m'as faites. Va sans délai exécuter ce que je viens de le prescrire; en attendant, Vichnou. sous la figure de l'arbre qui doit servir à former le tronc dont je t'ai parlé, croîtra, et deviendra propre à l'usage auquel il est destiné » Jndra-Ména, après avoir rendu à Brahma des actions de grâces , se mit en devoir de lui obéir.
« Le temple cl lâ nouvelle ville Turent b îlis avec la plu» grande promptitude. Cepen- <J;i ni, déjà le* travaux étaient achevés, et lo dieu ne paraissait pas. Ce relard commençait à iuquiéier le prince, lorsqu'un jour qu'il s'était levé de grand malin, il aperçut enfin sur le bord de la mer le tronc d'arbre si impatiemment attendu. Il se prosterna plusieurs fo s la face contre terre, et dans l'excès de sa juie, il s'écria : « O jour le plus fortuné de ma w ! j'ai en ce moment de» preuves certaines que je suis né sous une étoile favorable, et que mes sacrifice-, ont été agréables au* dieux. H en ne sautait égaler le lruil r,ue j'en relire, puisque j • voi< de mes propres jeux lélre suprême, celui que les hommes les plus éclairés et 1rs plus vertueux n' ni pas la f iveur de voir . » Quand il eut rendu au troue d'arbre ces premiers: hommages, te roi alla se me lire à la tète de cent mille hommes, qui vinrent au-devant du nouveau dieu « t le chargèrent sur leurs épaules. Il fui transporté dans le temple avec la plus grande pompe.
« Le fameux charpentier Vichya Karma ne larda point à arriver. Il se chargea de donr.er la figure et la forme du dieu Kricbna au tronc d'arbre qui venait d'être déposé dans le temple. Il promit de finir l'ouvrage d tns une seule nuit ; mais ce fut à condition que personne ne le regarderait travailler : un simple coup d'œil indiscret j. té sur son oc v rage devait suffire pour lui faire iout abandonner sans retour. Ce point convenu, Vichya Karma mil aussitôt la main à l'œuvre. Comme il travaillait sans faire du bruit, le roi, toujouis dans l'inquiétude, s'imagiu i qu'il s ciait enfui pour ne point tenir ses engagements ; et, alin de s'assurer du fait, il alla tout doucement regarder à Iravers les fentes de la porte. Il vit avec plaisir que son ouvrier s'occupait paisiblement, et il se retira bien vite. .Mais Vichya Karma l'avail aperçu : piqué «le ce manque de parole, il laissa là l'ouvrage, qui se trouvait à peine ébauché et n'offrait que quelques traits confus de forme humaine. Enfin le tronc d'arbre resta à peu près dans son premier état, et tel qu'on le voit encore aujourd'hui. Indra-Ména fut fârhéde ce conlre-le.nps , mais le tronc d'arbre n'en devint pas moins son dieu, et même il lui donna sa fille en iriariage. Les noces furent célébrées avec une extrême magnificence. »
Après avoir ainsi rapporté la légende mystérieuse extraite des chroniques du lempie, il est temps de passer au réel et au positif; nous l'extrayons du Voyage autour du monde, publié sous la direcliuu de Dumont d'Urville.
Tout le territoire situé dans un rayon do huit à dix lieues autour du temple est regardé comme sacré ; mais la portion la plus sainte, le sanctuaire mystérieux, est entouré d t.n mur d'enceinte qui forme presque un carré, ayant 612 pieds de largeur sur 58i de long. Dans celle enceinte sont environ cinquante temples, dont le plu* remarquable Consiste eu une espèce de tour eu pierre,
DES RELIGIONS
haute de 172 pieds, arrondie en courbe «or chaque côté, et surmontée d'un dôme bizarre et indescriptible. Les deux édifices voisins, moins hauts, ont une forme pyramidale, et leurs toits montent graduellement par assises. L'idole Ojagad-Natha, son frère Bala-Hama, sa sœur Sou bhadra, occupenila tour. Le prouver bâtiment pyramidal, qui a 37 pieds sur chaque face en dedans, est adjacent à la tour. C'est là qu'on adore l'idole pendant la féle des bains. En avant du temple se prolonge un bâtiment plus bas, dont le toit est soutenu par des piliers que surmontent des figures d'animaux fabuleux on naturels. Ce bâtiment sert comme de vestibule, à la suite duquel vient une pièce analogue, où l'on apporte chaque jour la nourriture destinée aux pèlerins
Le temple de Djagad-Nalha, élevé par ïtadja Aming Dhéarn Déo, a été terminé en 1208. Les toits sont ornés de figures monstrueuses , et des statues en pierre, dans les attitudes les plus indécentes, sont sculptées en relief sur les murs de la pagode. L'entrée principale est sur la face orientale. A l'intérieur règne une seconde enceinte, sur on toi plus haut de 15 pieds. Près du mur extérieur, ou remarque une colonne de basalte fort élégante, avec un piédestal richement sculpté. Son fut, d'une seule pierre, a 16 faces, et porte à son sommet, élevé de 35 pieds, U statue d'Hanouman, divinité hindoue à tête de singe. Près de l'angle nord-est du mnr extérieur du temple est une haute arcade en pot-s'one; elle sert aux Hindous, durant la foie du Dola Yatra, pour balancer des idoles en or cl en argent. L'escarpolette est attachée à l'arche en pierre avec des chaîne) d'airain. Comme ce local est sur une plateforme élevée, les fidèles peuvent voir de trèsloin l'idole qu'on asperge d'eau de rose, cl qu'on saupoudre de poudre rouge.
C lté idole, de Djngnd-N ith.i, auv piedi d? laqut I e accourent le*, dévots des régions Ici plus iecul('; s, est taillée de la manière U plus grossière, ainsi que nous l'avons rapporté plu» haut. La slalue ne vu pas au ile.i des rein»; elle est sans doigts et «ans inans avec des mo gnous en guise de bras: mai* i ces moignons les brahmanes attachent par fuis des mains en or. Le temple est dessempur 4,000 familles , dans lesquelles il faut comprendra les cuisiniers charges de préparer la nourriture sacrée. Un voyageur anglais a réussi à se procurer l'état de la consommation journalière. Pour l'idole et set desservants, il faut chaque matin 220 livre* de riz, 97 de koulli (sorte de légume], 2V tl<" moung (espèce de graine), 1KH de beurre. M) deméla-se, 32 de végétaux, 10 do lait aigu, 2 et demie d'epiecs, 2 de bois de saml <l, tolas de camphre, 20 livres do sel, k rotip« > (environ 11 francs) de bois, plus 22 ! i v n * d'huile à brûler pour la nuit. L.1 nourriture sacrée e»l présentée en trois fois à î'idolr. Pendant ce repas, les portes sont fermées aux profanes; et nul n'entre d.-ns le sanctuaire, si ce n'est quelques serviteurs intimes ; seulement à l'extérieur dauseiil les
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bijadères de la pagode. Au bout d'une heure, les portes s'ouvrent au son d'une cloche, et la nourriture est enlevée. La portion des fifres destinée aux habitants n'est point portée dans la grande tour : on les distribue dans l'édifice au toit pyramidal, et l'idole, qni peut les voir, les bénit de loin et les sanctifie.
Pendant la fête de Rath Yatra, où 200,000 pèlerins campent aux environs de Djagad- Natha , les 400 cuisi niers son t c n perma u e n ce . Les potiers de la pagode ont préparé d'afaaceles vases nécessaires pour recevoir la noorrilure, et cette activité ne cesse que lorsque l'idole voyage dans son char, pour ajler visiter le lieu ou elle a été fabriquée.
Djagad-Natha compte douze fêtes dans l'année; mais celle de Rath-Yatra, ou du ebar, est la plus importante. Elle a lien au mois de juin ou juillet. Le nombre des pèlerins qu'elle attire varie, suivant l'état de la saison, de 100 à 200,000. Des pluies périodiques rendent, vers cette époque, toute la contrée malsaine, et déciment les visiteurs, obligés de camper en plein air. D'autres Hindous entreprennent le pèlerinage dans la saison sèche, et à l'occasion de la fête nommée Tchandman Yatra. La ville expédie alors plusieurs idoles qui vont prendre un bain dans son étang parfumé d'eau de santal, et qui fait partie d'un temple des environs. Le docteur Carey évalue a 1 ,200,000 le nombre des pèlerins qui se rendent chaque année à ces solennités.
La police de toutes ces fétei est de la compétence des brahmanes, qui y procèdent au moyen de cannes et de bâtons dont ils usent arec largesse ; ce qui ne laisse pas d'indisposer quelquefois le peuple, qui gémit encore de la taxe imposée aux pèlerins. Cet impôt est à chaque fêle tantôt oe 10 roupies, tantôt de 5, suivant le tarif.
L'idole est renouvelée toutes les fois que deax nouvelles lunes se rencontrent dans le mois d'Assin, ce qui arrive à peu près toua les dix-sept ans. On choisit alors dans les forêts un arbre sur lequel jamais corbeau ou oiseau mangeant charogne ne se soit perché ; les brahmanes le reconnaissent à certains indices. Quand le tronc est abattu, des charpentiers le dégrossissent, puis le livrent aai prêtres qui achèvent l'œuvre dans le [ lus grand mystère. L'esprit de Djagad-Natlia, retiré de la vieille idole, est transféré dans la soovelle par un homme qui ne survit guère à la solennelle opération. Avant la fin de l'année, il est enlevé de ce monde.
Après la féte de Tchandman Yatra vient la cérémonie du Tchand- Yatra, qui consiste à porter l'idole hors de la tour, sur une plateforme élevée an-dedans du mur d'enceinte ; après quoi Djagat-Natha se fait celer de noufeau ; les prêtres le disent malade. Vers la fin de juin, il reparaît pour le grand Rath- Yatra. Trois raths ou chars en bois sont préparés pour la cérémonie. Le plus grand a seize roues, chacune de six pouces d'épaisseur. L'espace où doit se placer l'idole a 21 pieds sur chaque face, et le char entier est haut' de 35 pieds. Formé d'une charpente
DicTionif. pes Religions. 11.
dja m
peinte et décorée, le char est surmonté d'un dome que couvrent des draps anglais écarlales ou bleus ; au devant, en guise de conducteur, est une figure sculptée comme la poulaine d'un navire, et dont la main semble diriger plusieurs chevaux en bois suspendus devant le char.
Quand, an premier jour de la féte, le temple s'ouvre à celte nuée d'adorateurs, ils s'y précipitent avec une si fervente énergie que, dans cette presse d'hommes et de femmes, on compte presque tous les ans une dizaine de victimes. Mortes, on les rejette hors du temple avec des crocs en fer, et la féte continue. Un grand cri de surprise, poussé par la multitude, annonce la venue du dieu. Il parait, traîné par des prélres qui font avancer la massive idole jusqu'au bas des degrés, où le char solennel le reçoit. Sur les deux chars plus petits sont hissées les idoles Balarama et Soobnadra. Au coucher du soleil, arrive le grand-prêtre : c'est le radja de Khourda,veou de ses domaines dans un palanquin, suivi d'un merveilleux éléphant, avec ses riches caparaçons. Après loi, marche sa suite, montée sur d'autres élépbauts, puis les autorités anglaises, et enfin une noire traînée d'hommes qui ne finit qu'à l'horizon. Ce mur vivant d'animaux impassibles, ces belvédères implantés sur leur dos, ce char monstrueux où se dressent les idoles, ces brahmanes sortis par milliers de leur sanctuairo, cette tourbe qui hurle et adore, ce bruit de clochettes et de voix, cet aspect religieux si étrange et si varié, ce mouvement, cette confusion et ce tapage, ce tableau à mille scènes dont le temple de Djagad-Natha forme le dernier plan, tout cela compose la plus étrange fantasmagorie que l'imagination puisse rêver.
A son arrivée, le radja met pied à terre près du char de Bala-Rama. 11 est vêtu de mousseline blanche et marche nu-pieds.
Pour l'aider dans son chemin, un brahmane vigoureux lui tient le bras, tandis que d'autres écartent la foule en faisant jouer le bâton. Le radia monte sur le char de Bala- Rama, aux fanfares des trompettes indiennes et aux acclamations de la multitude. Il adore l'idole, et nettoie le plancher du char sur lequel il jette de l'eau de sandal ; puis il va accomplir la même cérémonie sur les chars des deux autres idoles, et en descend orné de guirlandes de fleurs que les prélres ôtent à la statue. Enfin, le radja donne un coup d'épaule au char, comme pour le faire avancer, et ce n'est que de ce moment que la procession commence.
Alors la scène change et s'anime. Disposés en files régulières, plusieurs milliers d hommes, armés de rameaux verts, se fraient un chemin à travers les masses compactes ; ils arrivent ainsi, sautant et chantant, jusqu'au pied des chars: ils en touchent les parois avec leurs rameaux, enlèvent les plates-formes, s'attellent à de longs câbles, et, la tête tournée vers l'idole, ils commencent à la faire avancer. Bala-Rama marche en tête, ensuite Djagad-Nalha, qui fait craquer les essieux de
m DICTIONNAIRE
son char; enfin Sonbhadra. Ce mouvement n'a pas lieu sans ré gir sur la multitude enthousiaste. Les pèlerins se jettent sur les énormes roues des chars , sollicitent une place de faveur aux câbles qui les traînent, s'attachent aux essieux, se glissent sous l'immense caisse, cherchent d'une façon ou d'autre à donner leur part d'impulsion aux vastes machines roulantes. A mesure que les chars labourent le chemin, les adorateurs jettent vers l'idole des pièces d'or cl d'argent avec des noix de coco. Les brahmanes renvoient les noix bénites, et gardent les pagodes à l'étoile et les roupies sic > a. Pendant le cours de In procession, de jeunes brahmanes, bondissant au milieu de la foule, stimulent de leurs verges, tantôt ceux qui tirent le rath, tantôt c<ux qui se pressent autour. De riches Hindous avancent la main pour toucher les câbles, en témoignage de leur concours à la cérémonie ; des femmes cherchent à baiser !o char et les roues; elles élèvent leurs enfants au-dessus de leur léte, pour que l'idole les voie et les bénisse. Nul aujourd'hui, comme jadis, ne se dévoue plus à l'honneur d'être écrasé; mais plusieurs fois encore, au milieu d ■ ce flux et reflux d'hommes, un câble rompu, un Taux pas, une chute, déterminent des accidents et coûtent la vie à quelques victimes. Quand une f is le char s'ébranle pour sa promenade processionnelle, il ne s'arrête plus pour personne ; il écrase, et continue s i route. Cette chance de mort n'est pas, au reste, la seule qui attende le pèlerin de Djagad-Natha : les maladies et la faim taillent largement dans cette
ftopulation nomade. La roule qui conduit à a ville sainte est, en tout temps, jonchée de cadavres, et les chacals des environs parla-
§eul ainsi avec les brahmanes les bénéfices e ces solennités. Hamilton assure que dans un espace de 50 milles de distance de la ville, les roules sont couvertes des ossements de ceux qui sont morts en se rendant à ce célèbre pèlerinage ou à leur retour.
DJAH1DH1YÉ, sectaires musulmans, disciples d'Amrou, fils de Bahr-el-Djahidh, un des savants les plus illustres parmi les mahomelans, qui vivait du temps des khalifes Motassein et Motewekkil. Ils disaient que le feu de l'enfer attire ceux qui doivent y entrer, que le bien et le mal sont des actions de l'homme, que le Coran est un corps tantôt mâle, tantôt femelle, et qu'il peut devenir tantôt un homme, tantôt une brute.
DJAHJM, un des sept enfers, suivant la doctrine musulmane ; c'est celui qui est destiné aux païens, aux idolâtres; en un mot, â tous ceux qui admettent la pluralité des dieux.
DJAHMIS,ou DJÉHEMITKS, sectaires muulmans. disciples de Djahin, (ils de Safwan, uni fut mis à mort sous la fin de la dynastie des Omiadcs. Il niait tous les attributs de Dieu, et ne voulait pas que l'on donnât à Dieu les mêmes qualités par lesquelles ou qualifie les créatures. Il disait que l'homme n'a de pouvoir pour rien, et qu'on ne peut
ES RELIGIONS. w
Ini attribuer ni le pouvoir, ni la faculté d'agir; que le paradis et le feu cesseront d'exis. ter, et que les habitants de l'un et «le l'autre monde seront privés de tout mouvement; que quiconque connaît Dieu et ne confessa pas sa foi n'est pas pour cela inli lèle, parce que son silcuce ne détruit point la connaissance qu'il a, et qu'il n'en est pas moins croyant. Les Motazales accusaient Djabm d'impiété, parce qu'il refusait à l'homme le pouvoir de produire ses actions ; et les Sunnil* s le traitaient d'impie, parce qu'il niait les attributs divins, qu'il soutenait que le Coran est créé, et qu'il se refusait à croire qu'on dût voir Dieu au dernier jour. Il soutenait aussi qu'on peut légitimement te révolter contre un prince qui abuse de ion pouvoir. (Sylvestre de Sacy : LrpotédrU religion des Druxett tome I., p. xrt.) Yoy. Djuiémiiks.
DJA1NAS. L'origine des Djainas est pionée dans l'obscurité qui environne toute histoire ancienne chez les Hindous. Toutefois leur système religieux parait être ua des plus récents de ceux qui se partagent celte vaste péninsule. M. Colebrooke le lait remonter au ix' siècle avant l'ère chrétienne; mais, selon M. l'abbé Dubois, il serait beaucoup plus ancien.
Le nom de Djnina est un mot composé, désignant une personne qui a renonce à la manière de vivre et de penser du commun des hommes. Uu vrai Djaina doit être disposé à une entière abnégation de sçi-méme, el»« mettre au-dessus du mépris et des contradictions auxquelles il peut se trouver en butte à cause de sa religion, dont il doit conserver jusqu'à la mort les principes sans altération, dans la ferme persuasion qu'elle seule est la véritable religion sur la terre, la seule religion primitive de tout le genre bomain.
Dans les temps les plus reculés, il parait que les Hindous avaient une religion asseï conforme aux principes de la religion natu» relie, et aux traditions primitives. Par la succession des temps, cette religion fut peu! peu considérablement corrompue flans plisieurs de ses points essentiels : à sa place furent substitués les falsifications, les idées superstitieuses et détestables du culte brahmanique. Oubliant ou mettant de côte les anciens dogmes, les brahmanes ont inveu'é un nouveau système religieux, dans lequel on aperçoit à peine un vain fantôme du culte primitif des Indiens. En effet, ce sont eoi qui ont forgé les quatre Védas, les dix-huit Pouranas, la Trimouiti et les fables monstrueuses qui s'y rapportent, telles que If i Avataras de Vichnou, l'infâme Linga, le culte de la vache et d'autres animaux, le sacrifice du cheval ou du bélier, etc., etc. Les Djainas non-seul nient rejettent toutes ce» conceptions et pratiques subreplices, mais encore ils les regardent avec une horreurparticulière. Ces innovations sacrilèges introduites par les brahmanes n'eurent lieu que successivement. Les Djainas qui, jusque .1 avaient formé unu même corporation avec
1rs brahmanes, cimentée par la mémo foi et le< mêmes principes, ne cessèrent, dès l'oriptt, de s'opposer de tout leur pouvoir à en changements ; mais voyant que leurs remontrances ne produisaient que peu d'effet, 4 que le système religieux des novateurs fjis.nt tons les joors des progrès parmi la multitude, ils se virent en6n réduits à la triste nécessité d'une rupture ouverte. Elle éclats i l'occasion de l'ékya, sacrifice dans lequel un être vivant (ordinairement un bélier; est immolé; ce qui est contraire aux principe* les plus sacrés et les plus inviolable*de< Indiens, qui proscrivent toute espèce de meurtre, sous quelque prétexte et pour qnflqae motif qu'il soit commis. Dès ce raoœ.ol, les choses en vinrent aux dernières dtrèmités. Ce fut alors seulement que les •iefcnseurs de la religion primitive dans toole sa poreté prirent le nom de Djainas, «formèrent one association distincte, qui fut composée de Brahmanes, de Kchatriyas, de Vaisyas et de Soudras, les membres de ces qoatre tribus étant les descendants des Indien de toute caste qui se réunirent dans l'origine pour s'opposer aux innovations des brahmanes, elles seuls qui aient conservé iotacte jusqu'à présent la religion de leurs pè.-es.
A la suite de cette scission, les Djainas, ou trait croyants, ne cessèrent de reprocher jm brahmanes leur apostasie ; et ce qui n'a- Tait d'abord fourni matière qu'à des disputes scolatliques, finit pir foire éclore le ferme d'une guerre longue et sanglante. Les Djsisaa soutinrent longtemps la lui le avec succès; mais à la fin, ia majorité des Kciiatry« (Vautres tribus ayant adopté les innoratfoniiies brahmanes, ceux-ci reprirent le de.'jui, tt réduisirent bientAt leurs adversaires au dernier degré d'abaissement. Ils reorersmnl partout leurs temples, détruisireot les objet» de leur culte, les privèrent de toqic liberté religieuse cl politique, les eulnrcnl des charges et des emplois civils ; eoiin, ils les persécutèrent de tant de ma* Bières, qa'iU vinrent à b >ut d'en faire disparaître presque entièrement les traces dans pltniears provinces de l'Inde, où cesanlugomsiesredoutablesavaient éléjadisflorissanls.
Qoaod commencèrent ces persécutions et ces guerres? c'est ce qu'on ne saurait dire avec précision; mats il parait démontré qu'elM eurent une longue durée, et ne prirent fin que dans ces temps modernes. Il n'y a pas plus de quatre à cinq siècles que les Djainas exerçaient la puissance souveraine dans diverses province* de la presqu'île. Aujourd'hui les brahmanes ont la prépondérance partout. Les Djainas, au contraire, sont tans crédit, et l'on n'en connaît aucun qui occupe un emploi de quelqueimportance; ds soat confondus dans les classes mitoyen nés, ei se livrent à l'agriculture et surtout au négoce, profession de la tribu de Vaisyas, qui compte dans son sein le plus grand nombre de ces sectaires. Les ustensiles de cuisine et de ménage, en cuivre et autres mc- Uuk, sont la principale branche de leur
MA Sut
commerce. Les brahmanes attachés anx opinions des Djainas sontpeu nombreux. M.Dubois cite cependant un village du Meissour, nommé Maleyour, qui en renferme cinquante ou soixante familles; elles y ont un templo assez fameux, dont le gourou est un brahmaneDjaina. Dans les autres principaux temples des Djainas, les gourous ou pontifes sont tirés de la caste des Vaisyas ou marchands. C'est pour avoir ainsi usurpé les fonctions sacerdotales, et aussi pour avoir altéré la religion des vrais Djainas, en y glissant quelques-unes des innovations des brahmanes leurs adversaires, que les Djainas vaisyas sont regardés par les brahmanes* de la même secte comme hérétiques. Cepen* dant ces dissidences n'ont pas encore occasionné entre eux de dissensions sérieuses
Les Djainas sont divisés en deux principales sectes : les Digambaras et les Stcetamharas; celle-ci enseigne, dit M. Dubois, qu'il n'y a pas d'autre félicité suprême que celle qui résulte des plaisirs sensuels, et surtout des jouissances charnelles avec les femmes.
Voy. DlGAMBARAS.
Doctrine des Djainas.
Les Djainas, suivant M. Dubois, reconnaissent un seul être suprême, auquel ils donnent les noms de Djnin-eswarn , seigneur des Djainas; Paramatma, âme suprême. Purapararastou, premier être, et plusieurs autres qui expriment sa nature infinie. C'est cet être seul qui reçoit les adorations et les hommages des vrais Djainas ; c'est à lui que se rapportent les marques de respect qu'ils donnent souvent à leurs saints personnages désignés sous les noms de SaUtk-pourouchat ou iirthanteara*, et à d'autres objets sacrés représentes sous une forme humaine; parce que ceux-ci, en obtenant après leur mort la possession du mokeha ou félicité suprême, ont éléintimenienl unis et incorporé^ la divinité.
L'être suprême est un et indivisible, spirituel, sans parties ou étendue. Ses quatre prim ipaux attributs sont les suivants : 1" An 'inta-djnyttna, sagesse infinie; 2* Annula dwsana, intuition infinie, connaissant tout, étant présent partout ; Ananta-Yirya, pouvoir infini; V" .4 nanta 80ukhaf bonheur infini.
Ce grand être est entièrement absorbé dans la contemplation de ses perfections infinies, et dans la jouissance non interrompue du bonheur qo'i! trouve en dedans de son essence. 11 n'a rien de commun avec les choses de ce monde, et ne se rnêle pas du gouvernement de ce vaste univers. La vertu et le vice, le bien et le mal, qui régnent dans le monde, lui sont également indifférents.
La vertu étant juste de sa nature, ceux qui la pratiquent dans ce monde trouveront leur récompense dans une autre vie, par une renaissance heureuse, ou par leur admission immédiate aux délices du swarga. Le vice étant injuste et mauvais de sa nature, ceux qui s'y livrent subiront leur punition dan», l'autre monde par une tnauvai 1 renaissance. Les plus coupables iront dr > l au n raÂ'a après leur morl, pour y expier ieu.a
503 MCTIONSAIUE
crimes. Mais, dans aucun cas, la Divinité n'intervient dans la distribution des récompenses ou dos châtiments, ni ne fait aucune nlleniion aux actions bonnes ou mauvaises dos hommes iei-bas.
La matière est éternelle et indépendante de la Divinité. Ce qui existe maintenant a toujours existé et existera toujours. Nonseulement la matière est éternelle, mai* encore l'ordre et l'harmonie qui régnent dans l'univers, le mouvement fixe et uniforme des astres, la séparation de la lumière d'avec Ie9 ténèbres, la succession et le renouvellement des saisons, la production et la reproduction de la vie animale et végétale, la nature et les propriétés des éléments; tous les objets visibles, en un mot, sont éternels aussi, et subsisteront à jamais tels qu'ils ont subsisté de tout temps.
Suivant M. Wilson, les Djainas ne reconnaissent pas de cause première, éternelle et prov ideniielle, et ils n'admettent pas d'âme ou d'esprit distinct du principe vivant. Tout ce qui existe peut élrc rapporté à deux chefs, qui sont la vîc (djira), ou le primipe vivant et sentant ; et l'inertie (adjivn) qui est les diverses modifications de la matière inanimée. L'un et l'autre sont incréés et impérissables. Leurs formes et leurs conditions peuvent changer, mais jamais ils ne seront déduits, «t, à l'exception des cas extraordinaires dans lesquels un principe particulier d'existence est soumis à des actes corporels, la vie et la ii alière procèdent suivant un cours déterminé; et le* mêmes formes, les mêmes caractères, le> mêmes événements se renouvellent à des périodes fixes.
Les Djainas rangent tous les objets sensibles ou abstraits en neuf ordres qu'ils appellent latua^ vérités ou existences, dont nous .liions donner une courte notice.
t. Ifjira, la vie ou le principe vivant et sentant, qui existe sou* diverses formes, mais qu'on peut ramener a deux classes, suivant qu'elles sont accompagnées ou privées de mouvement. La première comprend ïcs animaux, les hommes, 1rs dénions et les dieux; la seconde, toutes les combinaisons des quatre éléments, qui sont la terre, l'eau, le feu et l'air, telles que les minéraux, les vapeurs, les météores, les tempêtes cl tous les produits du règne végétal. — Tous les êtres peuvent encore être partagés en cinq classes suivant le nombre de leurs facultés : la première comprend tous les corps privés de sensation, mais qui ont une vitalité subtile, perceptible seulement aux êtres surhumains; ils n'ont qu'une propriété qui est celle de la forme, tels que les minéraux et autres corps semblables. La seconde comprend les êtres qui onl deux propriétés : la forme et la figure, tels que les limaçons, les vers, et en général tous les insectes. La troisième classe renferme ceux qui, aux propriétés de la forme et de la figure, ajoutent la faculté de sentir, tels que les poux, les puces, etc. Dans la quatrième classe sont ranges les êtres qui, aux propriétés précédentes, réunissent la faculté de voir, comme
'ES ÏIELIGIONS.
les abeilles, les moucherons, etc. Enfin, dans la cinquième se trouvent les êtres qui joui». sc?nl de la forme, de la vision, de l'audition, de l'odorat et du goût, comme les aniuiauV l?s hommes, les démons et les dieux.— Aces c'mq classes d'êtres vivants on en ajoute quelquefois deux autres qui comprennent les êtres venus au monde par génération ei ceux qui naissent spontanément. Ces «.cpt ordres sont encore divisés chacun en complets cl incomplets, ce qui forme quatorze classes d'êtres vivants. Suivant les actes qui onl été opérés dans chaque condition, le principe vital passe dans un ordre supérieur ou inférieur, jusqu'à ce qu'il soit entière» ment délivré de toute connexion corporelle.
2. Adjivn, le second prédicat de l'existence, comprend les objets et les propriétés dénués de conscience elde vie. Ces propriétés semblent être classées vaguement, et être en général incapables d'interprétation; cependant on en compte communément quatorze, suivant le nombre des modifications de h yï- (alite. Je fais grâce à mes lecteurs des débitions abstruses des classes renfermées dans cet ordre.
'■}. Pounya, le troisième prédicat, est U bien, c'est-à-dire tout ce qui cause le bienêtre des êtres vivants. Les subdivisions de cette catégorie sont au nombre de M\ il suffira d'énumérer les principales, qui sont : 1 une haute naissance, un rang distingue, l'est ime des hommes ; '2° l'étal d'homme, soit qu'on y ail passé d'une autre forme d'existence, soit qu'on ait mérité de demeurer dans la même classe d'êtres; 3° l'état de divinité; \- l'étal de vitalité supérieure, ou la possession des cinq organes des sens : 5" la possession d'un corps, ou de la forme d'une des cinq classes d'êtres vivants; 6° l'état élémentaire, qui résulte de l'agrégation des é émcnls, comme les corps des hommes et des bêtes; 7* l'étal de transmigration par lequel on passe en conséquence de ses acte» dans les formes des esprits ou des dieux; S l'état adventice, comme celui des Puunadharas, qui n'avaient qu'une coudéo, lorsqu'ils arrivèrent à contempler les Tirlhaokaras dans le Mahavidchakchétra: '.)* la forme obtenue par la suppression des défauts delà mortalité; dans cet état le feu peut être rejeté du corps; 10" la forme qui est la conséquence nécessaire des actes. Ces deux derniers biens ont toujours été nécessairement réunis, et ne peuvent être séparés que par le Mokcha ou la délivrance finale. Les autres variétés de bonheur sont la couleur, l'odeur, la saveur, le toucher, la chaleur, la fraîcheur, etc.
V. Papa, ou le mal ; ce prédicat implique ce qui cause l'infortune des hommes ; il comprend 8-2 classes, dont cinq avaranas ou difficultés d'acquérir autant de degrés d'intelligence ou de sainteté ; cinq antarayas, désappointements ou empêchements, comme ne point atteindre ce qu'on est sur le point J'obtenir. ne pouvoir se servir d'un objel qu'on
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a en sa possession, le défaut de vigueur dans on corps qui jouit de la santé; quatre dtrsanatatanas, obstructions ou empêchements pour arriver à la connaissance qui dérive des sens ou de l'entendement, ou à l'acquisition de la science divine; cinq autres états qui sont le sommeil, une naissance inférieure, le châtiment comme condition d'existence, tels ceux qui sont condamnés au purgatoire; la croyance aux faux dieux , le défaut de taille ou de forme; enGn, toutes les passions et les infirmités humaines, comme Li colère, l'orgueil, l'envie, et même le rire et l'amour.
5. Asrava, c'est-à-dire la source d'où procèdent les mauvaises actions des êtres vi- ■aot». Ce sont les cinq orgiues des sens; les quatre passions, qui sont la colèro, l'orgueil, fcù»ie et la fraude; les cinq infractions aux «Mnman lemenls positifs, comme le men- Noge, le larcin, etc.; les trois yogas ou attachements de l'esprit, de la parole et du corps à on acte quclconque;enGn, les uctes, dont 26 Tariélés sont spécifiées comme opérées par one partie du corps, par une arme, par un instrument ; ceux qui provieunentde la haine oq de la colère ; ceux qui sont inchoalifs, progressifs ou conclusifs; ceux qui sont opérés par soi-même ou par le moyen d'une «aire créature; ceux qui sont suggérés par l'impiété ou l'incrédulité à la doctrine des Tirlhankaras.
S.Samvara, le sixième ordre, est celui par lequel les actes sont accomplis ou empêchés; il y eu a 57 variétés réunies en six classes : 1*1' attention actuelle que l'on apporte à un •bjtt, par exemple, examiner expressément s'il y a an insecte sur le chemin ; s'observer pour ne pat dire ce qu'on ne voudrait pus; disliagner on des k2 défauts qui peuvent se trouver dans les aliments reçus par charité, etc.; 2* le secret qui consiste à avoir de la réserre en son esprit, en ses paroles et en sa personne; 3a la patience : par exemple, celui qui a fait vœu d'abstinence, doit supporter la faim et la soif; celui qui se livre aux pratiques de l'abstraction djaina, qui exigent l'immobilité, doit endurer le froid et ut chaleur; si quelqu'un échoue dans son entreprise, il ne doit point murmurer; s'il est outragé ou frappé, il doit se soumettre patiemment ; k* les devoirs d'un ascète, qui sont au nombre de dix, savoir : la patience, la douceur, l'intégrité, le désintéressement, l'abstraction, la mortification, la vérité, la pureté, la pauvreté et la continence ; 5* la conviction et la conclusion , comme les axiomes suivants: les existences du monde ne, sont pas éternelles; il n'y a pas de refuge après la mort; la vie est une perpétuelle migration dans les huit millions quatre cent mille formes d'existences. Cette classe renferme encore la perception de la source d'où procèdent les mauvaises actions, etc. La sixième classe est la pratique ou l'observa oce, qui est de cinq sortes : la la pratique conventionnelle qui consiste à faire ou a évileT telles actions, parce qu'elles sont permisses ou défendues ; 2* prévenir le mal, comme
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la destruction d'un être vivant ; 3' se purifier par les mortifications et les pénitences autorisées par l'exemple des anciens sages ; k" pratiquer ce qu'ont fait les personnages parvenus à un certain degré de sainteté ; 5* pratiquer la même chose après que tous les obstacles et toutes les impuretés de la nature huaiaine ont été surmontés ou détruits.
7. Nirdjara, le septième ordre, est la pratique religieuse qui détruit les impuretés humaines, ou, en d'autres termes, ta pénitence. ; efle est de deux sortes, l'extérieure et l'intérieure : la première comprend le jeûne, la continence, le silence et les macérations corporelles; la seconde consiste dans le repentir, la piété, la protection accordée aux gens vertueux, l'étude, la méditation, le mépris ou l'éloignenient tant des vertus quo des vices.
8. R and ha, c'est-à-dire l'association entière de la vie avec les actions, comme du lait avec l'eau, du feu avec un fer chaud ; elle est de quatre sortes : 1* la disposition naturelle de l'essence d'une chose ; 2* la durée, c'est-à-dire tout le temps de la vie; 3" le sentiment ou la qualité sensible; &.* l'individualité anatomique. Les caractères de co
firincipe sont expliqués par ses effets: l",conormémenl à ses propriétés naturelles, il guérit du flegme, de la bile, etc; 2* il reste cause cfliciente , mais pour un temps donné; 3° il est doux, amer, sur, etc.; b° il est divisible en portions grandes ou petites, qui gardent chacune les propriétés de toute la masse.
9. Le dernier des neuf principes est le Mokcha ou l'affranchissement que l'esprit vital obtient des liens de l'action. 11 a neuf qualités : 1* Il est la détermination de la nature réelle des choses, la conséquence du cours progressif accompli dans les différents stages de l'être et de la purification. Elle ne peut être obtenue que par les créatures vivantes de l'ordre supérieur, c'est-à-dire par celles qui ont les cinq organes des sens; par celles qui ont un corps doué de conscience et de mouvement; par celles qui sont engendrées, et non par celles qui naissent spontanément ; par celles qui ont atteint l'exemption des infirmités humaines, qui sont dans l'état de perfection où l'existence matérielle et élémentaire est détruite ; par celles enfin qui sont parvenues à la connaissance et à la vision suprêmes; 2* il est réglé suivant la faculté que les personnes ou les choses ont d'être émancipées ; 3* il dépend do l'cssentialité de certains lieux sacrés dans lesquels seuls on peut l'obtenir ; V il requiert le contact ou de l'identité du principe de vie individuel avec celui de l'univers, ou d'une de ses parties ; 5* il exige les temps ou les âges auxquels on peut obtenir cette émancipation, ou certaines périodes passées dans différentes transmigrations; 6* il est en raison de la différence des tempéraments ou de* dispositions; 7* il suppose l'existence de la partie impérissable de tout corps vivant, dans lequel résident les essences purifiées ; 8* il est
307 IHCIIONNAWIE
conforme à la nature ou à la propriété de «vite existence pure qui a obleuu I I parfaite connaissanee el 1rs autres perfections nécessaires à la délivrante linale-.O ee.fiu, il esl en rai (M) du d -.;rr d n* l<-qu<-| les différâmes classes des élivs oht cliin. nl l'emancipalion.
Nous pourrions pousser pb-s loin ces dcvel < iiieuis, mois no ;s <-; o • <is rue eet CXp -e suï.il p nr tîoii;i:«r '<) . i. u du s\>lème ;,.s.| mi bique des I) ainas; i! esl temps «le réunir aux ccm -«-pi ■nus <jui ont un la poil plus direct a ver I ; ici 10.1.
Si, dans le principe. !es Djaiuas oui fait scliis >ie aV' c 1rs tu ahman -s, ne voulant pas adniellir la monstrueux' llié> unie de res derniers, il n'en esl pas tuo ns irai qu'ils oui fini par l'adopter en >rau se partir, (ont en la modifiant pour la faire comordcr aiec leur s\sli ;ne de doctrine.
Ils reconnais i ni donc quatre clisses d'êtres divins, qu'ils ilo:,i::i('i'l l{!iou> > nttpatis, Y y, mutins, Djyoiichl, <s l I inumikus.
La première roui, r ml dix ordr. s, qui sont les Asourns, «es se;peuts, (im o u n, 1rs IHknalns, le feu, l'air, l'océan, le tonnerre et l'éclair ; chacune de ces ( lasses habite un enfer ou une région particulière au-dessous de la terre.
La seconde classe comprend huit ordres : tes Phc.!cf(t<, l s lihoutas, les K in nui as, les Gundh rvtis d'amrcs déites monstrueuses el terrestres, qui habitent 1rs montagnes, les forêts, les déserts et 1rs basses régions da l'air.
La troisième a cinq ordres : le soleil, la lune, h-s planètes, 1rs aslerismes el 1rs autres < orps Cele-lrs.
La quatrième renferme les dieux du Uatpa préseul el des âges passés.
Les dieux du premier rang sont ceux qui sont nés dans les cieux : Saudherma, Ismia, Mahcndra, Brahmu, Sanatkoumara, Soukrn.
el les aulres au nombre de dou.^c; et ceux qui sont nés dans 1rs kalpas, lorsque Soudhermn et les autres saints personnages exerçaient l'aulorite divine. f.eux du second rang résident dans deux divisions de cinq et de neuf cieux. Les cinq premiers cieux s'appellent Y i<<jnya, Y <hd]<>y<inli , etc. Los ne :f au'rrs se nomment An tiltnra, parce q .M n'y a plus d'auire ci I au d là, et qu'ils couion; enî la triple ciui lriK l ou de l'u iiv i rs. I n gr.utd n u lue d In<!i<t< règ-onl sur |. s habit. mis des cieux ; mais i! y eu a d ux qui soni mu mus comme les chels ; ce sont S ukra cl Jmiiui, l'un récent de I rrgi m du nord, el l'autre de celte «lu sud; le premier a SV.O U dieuv à sa suite, d « l cb.ieuu a des i.iw adt-s de co...p. <jn ms el de >,erv. leurs.
Au-dessus de loos 1rs dieux Lnlienl au rang le plus élevé lr> I irlhankaras. ou les personnages qui oui même, par leur sainteté, de parvenir a la upivme br itilude.
Les Tirdi'tnl.nrna.
Suivant M. Wilson, les Djaiiia:- ro-opt ;.i
ES RKUr.lONS. 308
'■2 Tirthankarng, donl 2V qui ont illustré la période passer, -Il pour l'â-je actuel, k iï pour l'âge à venir. On voit dans leurs temples les statues <ie tous ers saints prrsuiiaages, on d'un certain nom; rr d'enlre cm, ton i eut d'une diuo usion ci.lossile el ordiitai » , , t;! de marbre blute ou noir; oui i,i i i ls n! dr pins de ctédit dans l'Hindou i i; ut P<n .st tnuitli el Mahnvira, les vit»- 1 - 1 ir,;l'me et vingt-quatrième Ujmat de i'ere ; ulle, qui paraissent avoir dép.- se de bi. n loin tous l.-urs prédécesseurs.
! s noms tjue irs Djainas donnent à celui e'1 : st parvenu à celle sublime dignité lé* im^gnent de la haute idée qu'eu oui le adorateurs; ils lui coufèreulen e .ut les litres de /•..'■ / -, ' «n, seigneur de l'univers; Kchi* vi.<< ;.! :>. lib. e d . actes et des sujoiioni C rp ia- e.; ; . r.rvndjnu, qui sai; lotit ; .b/a*. ir..m. si.p; é.o4« se gueur ; Dvvu 'ul va, «lieu. dcsdieiiN, cl d'autie> quaiiticalions semMables. '.iais les v - raides qui expriuietil le carat 1ère spénUq-.ie de ces saints sont : Tirlh(i>)!,mns % celui quia traversé (le monde compa c à rocéiiu); Kcvuli, possesseur da Wfii/i» ou de la nature spirituelle; Araht, relui qui .< droit aux hoimuages dfs dieux eldes honiiues; Djinn, qui a remporte la tic* toire *ur toutes les passions el les inOrmilc! huii.aiucs.
Outre ces épilhèles fondées sur des aUribuls d'un caractère général, il y en a d'aa- Ires caracleri.stiques communes à tous l« 13 j t as d'info nalure speciiique. <!es épithèiej soni «1rs atlniuil.s sur1 atnrels au nombre de trente-six; quai;-' d'> ulre eux, ou plutôt qu.jttv classes concerm ut la personne d uo l > j î 1 1 a, coin- e !.i b autéde sa f unie, la boone odeur dr son cor ps, la couleur blanche de son sang, la Irisaire naturelle de ses cheveui, b* noii-accroissemeul de sa barbe, de tes cheveux, de son corps, son exemption in impuretés naturelles, de la faim, de la soif, des infirmités; ces propriétés sont considérées comme nées avec lui. 11 peut réunir autoar de lui des millions d'êtres, dedieoi, d'hommes, d'animaux, dans un csp.ice comparativement très-petit; sa voix est perce?liulc à une grande distance; son laugageest coin ris des animaux, des hommes et des dieux : sa léle esl environnée d'une auréole lumineuse, plus brillante que le disque du soleil ; à une immense disl mee autour Je lui, il n'y a ni maladie, ni inimitié, ni orage, ni di> tte. ni peste, ni guerre. Il a encore dix-urul attributs d'origine céleste, cunimc les pluies de tleui s el tir parfums, le soo des ci ' ba;< s du (irm .ment, et 1rs services domestiques (jui lui soni rendus par Indra el par les dieux.
Outre le- caractères génériques à tous lc« Dj.uas, I s vinul-quatre de l'âge présent sont disli'.iijues en re eux par la couleur, la m « lie el la io, :;c\ile. Deux d'entre eux sont rouges , d. u . aulres blancs , deux bleus, deui i oirs. ii s aulr s sotit de < mileur d'or nu <l "* !m ;ih ja u.i re. Le-» Ueu\ autres pniicaliritr.s s nt i\-g:ees avec une pre isiuii iy steuia*
* D,A DJA 5<ft iH3<;cll«ioot soumises à un décroissement ramas, qui tous exercèrent la souveraine iMcenifet régulier ttepuis flicaa&aajepre- puissance dans différentes provinces de mierDjina, #;oi avait 600 brasses de haut, l'Inde.» F
tt.ecol 8,i00 000 ans , jusqu'à Mahavira , Métempsycose. (rapt-quatrième, qui était réduit à la taille e J
torn-iise et ne vécut que 40 ans sur la terre. ^ar *oul ce 9ae nous avons rapporté ci- V ii.iuivant M. Colebrooke, les deux der- de88US. °n a v« que \u doctrine de la tranaowrs Djîoas sont les seuls historiques , les o»'Rr«iti u des âmes eat un des points foudamim sont des personnages purement my- me,,laux du système religieux des Djainas, (Moines. Voyez Mahaviiia. comme il l'est parmi les brabmanisles el Ici
Lt récit de M. l'abbé Dubois diffère de ce- 1>ou,ldni8,es- Mais les Djainas ne s'accordent !m de Wilson. «Outre Adiswara , dit ce sa- P""11 av< c ,os Dry "mânes en ce qui concerne i»t millionnaire , le plus saint el le plus ,cs n«atre lokus ou mondes. Ils rejettent parfait de tous les êtres qui parurent sur la au.ssl . lFt*'ts principaux séjours de béali. trreiooi une forme humaine , le* Djainas a«ui 801,1 ,e *'dyaloka% ie vaikmnti et le
*• reconnaissent encore 63 qu'ils désignent , t?.m.' c ''«t-à-dire les naradis do Drahma, xm» le nom générique de Salaka-pourou- deVichnou et de Si va. Ils admettent trois fto.elqni sont l'objet de leur culte. Ces «ondes seulement . qu'ils expriment par le ««râbles personnages se subdivisent eo !î0,n Kf nenque de Djaga-tri>;ut et qui sont «a, chues : 24 Tirtharou», ilTchakravar- { °^ddha-loku ou monde supérieur, IV//wfti, 9 Vaiadivata», 9 Bala-vcua-détas , et 9 'oAv' ou enfer, appelé aussi patata, et le t -Ramas. madhya-loka, ou monde du milieu, c'esl-a-
• Les&Tirtharous (Tirthankarai de Wil- d,re la ,erre» &ejour des mortels.
ion | sont les plus saints el les plus révérés; L'ourdka-loka. nommé aussi sicnrga ou le Ifor condition est la plus sublimeà laquelle un ciel, est la première division du djaga-lriya. ■«rteipDisie parvenir. Ils vécurent tous dans Déveudra en est le souverain. On y compte MUevparfail de mr corn; ils ne furent sujets seiste étage* ou cieux différents, dans lesquels meaoe infirmité ou maladie, à aucun besoin, la mesure de bonheur esl graduée eu propori aocone faiblesse, ni même à la mort. Après tion des mérites des âmes vertueuses qui y noir fait on long séjour sur la terre , ils sont admises. Le premier et le plus élevé est Allèrent volontairement leurs corps , el ak- le sadhou-dharma ; il n'y a que les âmes Itanl directement au Mokcba, où ils se trou- éminemment pures qui puissent y avoir acirteilrèsniiel idenlitiés à la Divinilè. Tous cès; elles y jouissent d'un bonheur non inwTirHurous vinreut du Swarga, et prirent terrompu pendaut 33,000 ans. LV/iw/a- U forme bamaine dans la tribu des Kcha- karpa, qui < si lo dernier et le plus inférieur nais ils furent ensuite incorporés des seize cieux , esl destiné aux aines qui tan telle des Brahmanes par la cérémonie n'ont m plus ni moins de vertu qu'il en faut Mdtk. Durant leur vie, il» donnèrent aifx pour entrer dans l'ourdha - loka ; elles y tuirn bonnes des exemples de toutes les jouissent pendant 1000 ans de la quotité de wtH leitiiiortèrenl parleurs préceptes et bonheur qui leur est départie. Dans les " à se conformer aux règle> de autres demeures intermédiaires, l'étendue et t'uJoiie tracées par Adiswara, else livrèrent la durée du bonheur sont fixées dans une pro» foutfoiiersàla pratique de la contempla- gression relative. Des femmes de la plus rare 1 en et de la pénitence. Quelques-uns d'entre beauté embellirent ces séjours délicieux. ni ««eurent des millions d'années. Cepeo- Cependaut les bienheureux n'ont avec elles J«»U« dernier de tous ne parviol qu'à l'âge aucune accointauce ; la vue seule de ces obtins. Us existèrent les uns et les autres jets enchanteurs sufQt pour enivrer leurs sens * >a période tchalourta-kala : quelques- et les plonger dans une extase continuelle , ■tt rureal mariés, mais la plupart gardèrent bien supérieure à tous les plaisirs mondains. « cubai dans la profession de Sanyassis. A cela près, le swarga des Djainas diffère peu 1 Lei 12 Tcbdkravarlis, ou empereurs re- de celui des brahmanes. Au sortir de l'ourtj' ou* par les Djainas, furent les conlempo- dha-Ioka , après l'expiration du temps assii»ni des a^Tirtbaroos. Ils se partagèrent le gné , les âmes des bienheureux renaissent piirememeQl temporel du Djambou-dwipa. sur la terre pour y recommencer la série des ■» dorent en droite ligne du swarga , et vé- transmigrations.
ttreat sur Ja terre dans I a noble tribu des L'adha—leka, second monde du Djaga-lriya, Jinjas : quelques-uns furent initiés dans appelé aussi quelquefois patata ou naraka ! » ciiiedes brahmanes par la cérémooie du est le monde inlérieur, destiné à être la "teta, finirent leur vie dans la condition de demeure des grands pécheurs, c'est-à-dire P* eut nlrvani, et, après leur mort, obtin- de ceux dont les Taules sont si énormes el en le rnoukti »u mokcba, c'est-à-dire la su- si grand nombre, qu'elles ne sauraient être «• féhcilé. D'antres retournèrent au expiées par les renaissances les plus abjectes, "g** Mai» trois d'entre eux, ayant mené L'adha-loka est divisé eu sept enter» , dans ■ tu tout à fait criminelle sur la terre, chacun desquels la rigueur des châtiments *r oi condamnés aux peines du naraka. est proportionnée à la gravité des crimes. « ut douze Tcbakravartis furent souvent Le moins redoutable esl le retna-pravai, où toerreles ans contre les autres ; mais ils les âmes pécheresses sont tourmentées pensai luriom à lutter contre les 9 Vasa-dé- da.il 1,000 ans consécutifs. La violence et la « » les 9 Bala-vasa-dévas et les 9 Bala- durée des supplices vonl toujours croissant
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
Jans les autres enfers , au point que dans le maha-tlamai-pratai, qui est le septième, les maux que Ton endure sont au delà de toute expression. Là sont relègues les scélérats 1rs plus corrompus, qui ne verront finir leurs horribles et continuelles souffrances qu'au bout d" .'{3.000 ans révolus. Les femmes, que l i f.iiblesse de leur complexion rend incapables de supporter d'aussi rudes épreuves, ne vont jamais , quelque méchante- qu'elles aient élé, dans cet épouvantable iwiha-dam'u-pravni.
Le madbya-loka, ou monde intermédiaire , est celui qu'habitent les mortels, et où régnent la vertu et le vice. Il a un rédjou •î'élei due , c'est-à-dire l'espace que le soleil parcourt en six mois. Le djumhn i-dicipa , qui est la terre sur laquelle nous vivons, n'occupe qu'une petite partie du madhya-loka; il est environné de tous côtes par un vaste océan , et à son centre se trouve un lac immense, qui a 100,000 yodjanas, ou 3 à 400,000 lieues d étendue. Au milieu de ce lac s'élève la fimeuse montagne âlahn-Merou. Voyez Djauijol Dwipa.
Succession et division du temps.
La durée du lemps se divise en six périodes, qui se succèdent sans interruption de toute éternité. A la lin de chacune, il s'opère une révolution totale dans la nature, et le monde est renouvelé.
La première, appelée pratama-kalu, a duré quatre kothis de kolhis ou 40 millions de millions d'années ;
La seconde, duitiya-kala, 30 millions de millions ;
La troisième, tritiya-kala , 20 millions de millions ;
La quatrième, tclintourta-kala, dix millions de millions, moins 42,000 ans.
La cinquième période, appelée pantehamaknla, temps d'inconstance et de changement, est l'âge dans lequel nous vivons maintenant, lille doit durer 21,000 ans; l'année actuelle de l'ère chrétienne 18î9 correspond à l'an 249+ du pantebama-kala des Djainas. — Le point de départ de cette période, qui ne remonte qu'à CV5 ans avant notre ère, fait supposera M. Dubois qu'il pourrait bien marquer l'époque de la scission entre les Djainas et les brahmanes. Un événement si notable, ajoute-t-il, a bien pu donner naissance a une ère nouvelle. Si cette conjecture était confirmée, il serait plus facile de préciser le temps où les principales fables de la théogonie indienne prirent naissance; puisqu'il parait que ce furent les idées nouvelles, introduites par les brahmanes dans le système religieux, qui occasionnèrenlle schisme qui subsiste encore.
La sixième et dernière des périodes, le sachthu-kala, durera de même 21,000 ans, el fournira ainsi, avec la période précédente, les 42,000 ans qui manquent à la quatrième pour perfectionner son kolhi. Dans ce dernier âge, l'élément du feu disparaîtra dedestus la terre, et les hommes n'auront d'autre
nourriture que quelques reptiles, des racine: et des herbes insipides, qui croîtront çà el h en petite quantité- Il n'y aura alors ni distinction ni subordination entre les castes aucune propriété publique ou particulière aucune forme de gouvernement, ni rois, n lois ; les hommes mèneront une vie sauvage Celte période finira par le djala-praleya ou déluge, qui inondera toute la terre, ex cepté la seule montagne d'argent appelé Vidyarta. Ce déluge sera produit par un pluie continuelle durant 47 jours, el ses ré sullals seront le bouleversement et la cod fusion des éléments. Un petit nombre d* personnes, qui habiteront près de la mon lagne d'argent, iront se réfugier dans letca vernes que recèlent ses flancs, et seront sao vées de la ruine universelle. Après celli grande catastrophe, ces élus sortiront de L montagne et repeupleront la terre. Alors k six périodes recommenceront et se succède* root l'une à l'autre comme auparavant.
Sciences des Djainas.
Leurs sciences sont contenues dans quatre védas, 24 pournnas cl 6V sastras. Bienquecei noms servent aussi à désigner les livres sa* crés des brahmanes, leur contenu est totalement différent.
Les noms des 4 védas sont : Pratamantyoya, Tcharnnnni-yoga, Karunani-yoqa et Draviyan i -y oya. Ces quatre livres fa rent écrili par Adiswara, le plus ancien el le plus célèbre de tous les saints personnages reconnus par les Djainas. Il descendit du Swarga, prit une forme humaine, et vécut sur la terreau pourva kolhi, ou cent millions de raillioa* d'années. Non-seulement il passe pour l'auteur des védas, mais c'est encore loi qui divisa les hommes en castes, qui leur dooai des statuts, une forme de gouvernement, et régla les liens qui unissent les membres de la société.
Le second véda enseigne les règles eivi m de la société, des castes, des conditions, elc. Le troisième fait connaître la nature, l'onlnt et la composition du djaga-lriya. Le qi* trième renferme les systèmes métaphysiqisi des Djainas et plusieurs matières de cootieverse. Leurs Pouranas, comme ceux cet brahmanes, racontent une multitude de faits légendaires qui roulent la plupart sur « Tirlbankaras, ou docteurs déifiés. Ils tai en outre une foule d'ouvrages en laogi * anciennes ou modernes, qui traitent de U théologie, de la métaphysique, de l'astron»mie, de l'astrologie, de la médecine, etc.
Devoirs des Djainas.
Les principes essentiels de foi sont communs à toutes les classes; mais il y a qui Iques différences entre les devoirs des ya it ou religieux, el ceux des sravakas ou laïqu s La foi implicite à la doctrine el aux action des Tirlbankaras est obligatoire aux uns ri aux autres; mais les premiers doivent nener une vie d'abstinence, de silence et h continence, taudis que les derniers ne so il obligés d'ajouter à leur code moral et rc t
ai dm
ei>uz qoe le culte pratique des Tirthankara«, et no profond respect pour ceux qui loirrot les voies de la perfection.
Le code moral des Djainas est exprimé en as^ma/favratat ou grands devoirs, qui sont: uthleoir d'attenter à la rie des êtres, garnis »érilé, l'honnêteté, la chasteté, et bannir Je (on cœur les désirs mondains. Il y a paître dharnuu ou mérites : la libéralité, la doucrar, la piété et la pénitence. On doit restreindre trois choses : son esprit, sa lançoe et son corps. Il y a de plus un certain ■ombre de prescriptions ou de prohibitions de uoiodre importance; comme de 9 a bs leur, en certains temps, de sel, de fleurs, de fruits verts, de racines, de miel, de raisin, de ubte: de boire de l'eau filtrée trois fois; de m point laisser un liquide découvert, de pur qu'un insecte ne vienne à s'y noyer; de «point faire commerce de savon, de natron, /indigo ou de fer; de ne point manger dans l'obscurité de peur d'avaler un moucheron. Le* personnes scrupuleuses portent un mortels d'étoffe devant la bouche, afin que les mettes ne puissent y entrer envolant, et nellent sons leur bras un petit balai pour talajer la place où ils veulent s'asseoir et et écarter les fourmis et les autres créature* tirantes. En un mot, la doctrine djaina al os système de quiétisme, calculé pour reo.ireceox qui le suivent parfaitement inoffen»if$, e( poor leur inspirer une apalbiqoe iidiffèrenee peur le monde présent et pour le monde futur.
k ces notions dé discipline extraites de Wiboo, nous ajouterons d'autres observa- Viofti tirées de l'ouvrage de M. Dubois.
Dniaseue circonstance les Djainas ne prranttilieh nourriture substantielle avant ie/erer oo après le coucher du soleil: leurs rrpaf ool/oujours lieu pendant que cet astre estior l'horizon. Ils n'ont point de jours annireruires poor honorer la mémoire des defeaif el (aire des offrandes à leur intention. Ws qu'on des leurs est mort et que ses ob- ^oes sool faites, il est mis en oubli, et l'on « parle pins de Ini. Ils ne se mettent jamais de cendres sur le front, comme le font la plupart des Indiens; ils se contentent d'y kaeer, avec de la pâte de sandal, la petite marque circulaire appelée botou, ou bien «te raie horizontale. Plusieurs dévols s'ap- ^>qoeol en forme de croix un de ces mêmes *irses snr le front, le cou, l'estomac et les fax épaules , en l'honneur de leurs cinq principaux Tirthankaras.
Les Djainas sont encore plus rigides que ^brahmanes en fait d'aliments. Non-seulenenl ils s'abstiennent de tonte nourriture mimale, et des végétaux dont la tige ou la iciae s'arrondit en forme de tête, tels que «logeons et les champignons, mais ils reeileulen outre divers fruits que les brahmanes admettent snr lenrs tables, comme l'auxrçiue et ceux en général qui sont suscepiblej d'être piqués des vers, dans la crainte k leur ôler la vie. Les principaux et presque w nuls aliments dont ils se nourrissent