‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 160 sur 365 · DOM · texte numérisé non relu

DOM

lisait celte inscription : Dbo Dolichbwo

OCT. PaTBBNVS BX IVSSV BIVS PRO SàLVTE

avi bt svobtm. C'est-à-dire : Octavius Paierons a consacré ce monument an dieu Dolichenius , par son ordre, pour sa conservalion el celle de sa famille. Les savants ne sont pas d'accord sur ce qui regarde ce dieu Dolichenius; les uns veulent que cesoit le dieu Mars; il en a en effet le costume; d'autres y reconnaissent Apollon ; d'autres enfin préienlent que l'aigle et le taureau désignent Ju piler. On possède une médaille de Mylassa, dan* l'Asie Mineure, où Jupiler est nommé Dolichènus ; il esl représeulé armé d'une hache à deux tranchants.

DOLIUS, un des noms de Mercure, considéré comme le dieu du commerce , el, par extension, comme le dieu de la fraude el du dot ( àdnlo).

DOLMEN, mol breton qui signifie table de pierre. On donne ce nom aux autels élevés au milieu des forêts el sur lesquels les anciens druides immolaient des victimes humaines. Il en exislc encore un grand nombre en France , particulièrement dans la Basse-Bretague ; on en voit même à Epônes, près de Manies , dans le département de Seine-el-Oi'.e. Ils consistent pour la plupart en plusieurs pierres verticales , surmontées d'une ou deux pierres plates posées horizontalement. Sur ces tables sont ordinairement creusés de main d'homme des bassins circulaires do pelite dimension , formant en quelque sorte des vases qui communiquent entre eui par des rigoles, el qui sans doute étaient destinés à recevoir les libations ou le sang des victimes. A quelques uus de ces dolmens ou autels, la table est perforée de telle sorte qu' eu se plaçant au-dessous on pouvait être arrosé par les libations failes sur l'autel, ou recevoir le baptême de sang, lorsqu'un animal ou une victime humaine y étaient sacrifiés; moyen de purification malheureusement trop accrédité dans ces siècles de barbarie, et dont Irop de preuves esistenl dans les auteurs , pour qu'on puisse le révoquer en doute. En faisant des fouilles près de ces aulcls , on trouve souvent des fragments d'os calcinés , des cendres et des coins creux en airain qui étaient sans doute des haches servant aux sacrifices.

DOLOTSAVA, cérémonie du balancement du berceau de Krichna , qui a lieu dans l'Inde, aux solennités du- Hoti et du Dola- Yatra. Voyez ces articles.

DOMASCHN1E DOUGHI, ou DOMOWIE, folleti, lutin» ; demi-dieux qui , dans la mythologie slave, répoudaieni aux génies lulèlaires des demeures, et qu'aujourd'hui le peuple russe prend pour les diables des maisons.

DOMAT1TÈ9 , surnom sons lequel Neptune avait un temple à Sparte , comme le dieu qui dompte le vent et les tempêtes.

DOMICliiS, dieu que les Romains invoquaient uuns le temps des noces, afin que la ^ femme demeurât assidûment dans la mai-

ni:

hH I IONWll, DES MA ICdo.N>

son do so i mai-, cl \ veedi on avec !u> hOMIIHHW i i hOMIUl Cl .s, «Jivi'ïilés i Vun tt: - r | : i o les Humains invoquaient quand on conduisait l;i nouvelle mariée dans la maison de son mari. Plusieurs croient que la première était la inouïe que Jimon.

DOMINE. Les nègres de |\»po <m Papa, sur la Côle-d'Or, appellent leurs prêtres du nom l 1 1 il de Ifomin . Il faut, disent les anciens voyageurs, gagner n.s p:èire> par des présents, el ne négliger aucune précaution, si l'on veut trafiquer dans ce pn\s avec queh|uc sùn lé.

DOMINICAINES, religieuses de l'ordre de saint Dominique; élus furent établies par saint Dominique lui-même, lorsque, de « u*icerl a\' i- Innocent lll. il , «>rla la rélur ne chez certaines r ligieuses nii ne tardaient point la clôture, el n o s n aient presqu aucun article de leur règle, vivant soil cbe* leurs parents, ^oil dans de peii's monastères isolés. Il les réunit dans le couvent dcSainthixle, et I ur donna la rè-Ie el l'habit de son ordre. Dans quelques endroits on leur ilounait le nom de p rch< restes, eomme les Dominicains étaient appelés fn'r>$ prêcheurs. A l'époque de la révolution, les Dominicaines avaient '»V couvents en F: ance.

DOMINICAINS (I . L'ordre d -s Frères prêcheurs prit son origine en I r ince, mais ce fut un Espagnol qui le fonda. Ne en 117(1. dans la vdle de Ca ahorra, d.nis le dioeès d'Osma, province le la \ ieille-Castille, J)omin iquej issu d'une famille noble, se distingua dans sa jeunesse par une r.ire piété et un grand amour pour l'étude. Enhé dans la carrière ecclésiasn'que, il lui remarqué de son évèquc, qui le nomma, à l'âge de 2V ans, chanoine de sou église, el l'attacha en quelque sorte à sa personne ; aussi IVmmeua-t-il avec lui dan> le voyage qu'il fil dans le nord de l'Europe et à Home. Celait alors l'époque où un composé d.> croyances moi.ié musulmanes, moitié chrétiennes, s'était formé dans le midi de la France; ses partisans avaient séduit um grande partie delà population, el étaient parvenusà implainer el a populariser, au sein de la France el du < atholieisme, une sorte de manichéisme et tous les désordres de morale pratique qui en découlent. Just ment alarmées d'un pareil étal de choses, les autorités spirituelles el temporelles chercher- m à s'y oproser, mais en vain; le mal prévalait, une épouvantable anarchie désolait I s populalioi s; de> excès intolérables se commetiaient de part et d'autre. Les ordres religieux existants ci le cierge avaient en grande p nie perdu de vue la morale et l'exemple de l'ttvangile; ils vivaient dans le faste et souvent dans une scandaleuse mondan te; le peuple végétait dans une ignorance profonde de la vraie doctiine evaugelique; tes plus grossièressupei s: itions, les croyances les plus impies et les plu- absunlrs avaient gageé les esprits des habitants des campagnes' et des \illes. C'est dans cet étal que i»< ininique

(4) Article extrait du Du liomiuire de Diplomatique, phie clirtUh nnc.

trouva I ; r ligion et la société dans te midi delà Frai)- . Mors il forum le projet d'appliquer à ce mal invétéré deux remèdes ih-cv .--aux :l'e.rruiple d une rie rr im ni ch> t tintée, et l < ,t >. i,j„nnen( oV la dictrine é an yl 'jue par in patina ient. C'est ce qu'il exé nia avec 1 ne <'iin» lance i l une iermote de volonté une l'on peut à peine concevoir en noire ie p».

N uis ne suuron« pas minutieusement les déi - ils de cei'e mande œuv re , nous la prenons loti e tonnée, cl nous allons dire quels ét lient les ouvriers qu'elle façonna.

C!ui qui voulait enirer dans l'ordre devait subir un uovi iat d'un an ; ce n'est qu'au bout <le ce temps qu'il obleuaii la faveur d'eire reçu. Or voici quelques-unes des choses qu'on exigeait de lui.

Le prieur charge de l'instruction des novices devait surtout I ur apprendre l'humilité de cœur et celle du corps; a aband mner b ur propre vol. nié ; comment ils dotaient demander et obtenir pardon de leurs fautes; se prosterner devant ceux qu'ils auraient scandalises et ne se relever qu'après eu avoir obtenu le p clou ; comment ils ne devaient di-puler avec personne, ni jug r personne, interpréter toutes les actions en bien.

Les frères ne devai ni ni rire d'une manière désordonnée, ni |elcr leurs regards sur louesch uses, ni dire des paroles inutiles; ne poini trader leurs livres ou leurs habits avec négligence : ce qui étail une faute légère.

Lire en discuss on avec quelqu'un d une manière inconvenante en présence des séculiers; avoir coutume de rompre le silence; g ir 1er quelque rancune ou d re quelque injure à celui qui a proclamé ou découvert set manquements au chapitre: aller a cheval, mander de la eh..ir, porter de l'argent en voyage, regarder une femme ou parler seul avec elle; écrire une lettre on en recevoir sans permission ; c'étaient des fautes graves pour lesquelles «m infligeait des prières el des jeûnes au pain et ;'< I i au.

Hesisier à son supérieur, frapper quelqu'un, cache;- quel jue chose qu'on a reçue, commettre <|ue|>iu'acliun digne de mort dans le siècle; celait une faute très-grave. Que le coupable soit llagtd édans le chapitre, dil la règle ; qu'il mange à ie re dans le réfectoire un pain grossier; que personne ne lui p irle, si ce n'est les an. iens, pour l'exhorter au repentir.

Coinmctlrc le péché de la chair; accuser faiisserneut i|uelqu'un d'un - faute «-.rave ; jo er «aux jeux de hasard; intriguer contre ses supérieurs, loui cela était puni de la prison et d'autres peines, dont la dernière fia î* u'éire !i nv je de l'ordre.

Ions les jours, une cérémonie lugubre, extraordinaire, venait encore dompter les volontés rebelles : la communauté s'assemblait, et là tous ceux qui avaient commis quelque la .le, se prosternaient tout de leur long contre terre, sur le cA'é, afin «pie la h unie parût sur le u*-age, et le prieur union-

pur Al. boiiueliy, ii:séré dans les AnnaUt de phiUn

pali une punition, souvent une flagellation qui était exécutée séance tenante. Bien plus, ceui qui avaient vu quelques manquements j Ij règle, étaient obligés de les révéler, [OorYU qu'ils pussent prouver leur dire par quelqu'un de présent. L'accusé s'hun Niait, remerciait celui qui t'avait proclamé, subisuit la pnilcnce, et tous ensemble ils chantaient ce cintique : « Toutes les nations, l>uez le Seigneur ; noire aide est dans le nom du Seigneur. »

On voit ce que devaient clr<', dans la société, de tels nommes, trempés, durcis, pun6es de la sort:-, et maîtres jusqu'à ce point 4'eui-rnémes. D'ailleurs il était enjoint de Uwser parfaitement libres les novices qui toaljieul quitte r le couvent, de leur rendre tout ce qu'ils avaient apporté, et de ne pas néme les molester par des paroles.

Les éludas étaient toutes dirigées pour (aire non des païens ou des rhéteurs, mais des hommes connaissant parfaitement la foi «augéliquc, et capables de l'enseigner et de U faire goûter aux. autres. Les novices ne devaient doue point étudier dans les livres des païens et des philosophes, mais seulement ta prendre connaissance en passant. Ils ne dt-taieol point communément apprendre les Kiences séculières, ni les art> libéraux, mais seulement les livres de théologie ; mais qu'ils 7 soient tellement attentifs, dit la règle, que le jour, la nuit, dans le couvent, en voyage, i's lisent ou méditent quelque chose qui y ait rapport, et, autant que possible, rapprennent par coeur.

Cm qui paraissaient aptes aux études de- UKitèlre envoyés aux universités; toutes les provinces devaient en envoyer deux à felJede Piris, et, outre cela, chaque pro- *ïflce, excepté celles de Grèce, d'Asie et de Terre-Sainte, devait avoir, dans un de ses courent», une université nu étude géuérate.

Chaque province devait fournir à ceux quelle envoyait sa bibliothèque, des livres d'histoire et des sentences. Tous les jours roBférence et discussion. Permission de lire, h prier, et même de veiller à la lumière, pour étudier dans les cellules.

Us bacheliers étaient obligés de subir un Duovel examen en entrant dans l'ordre. On ne pouvait être m;iltrc ou docteur, si l'on s avait étudié, pour ce grade, au moins quatre ans dans une université. Aucune personne ne devait lire la Bible dans un sens littéral antre qoe celui qui était approuvé par les feints Pères.

Le prix de tout livre vendu devait être appliqué 4 acheter de nouveaux livres ou uia- BQscrils; aucun livre ne pouvait être publié «as la permission du supérieur.

Personne ne devait être promu aux ordres, »'d ne savait la grammaire, et parler et écrire fn latin, sans fausse latinité.

'•haque couvent devait avoir au moins •tonie frère», dont dis. devaient être clercs. Ces uitisuns ne devaient avoir ni curiosités, 1)1 *uperQui(és notables, eu sculpture, en peinture, cit paves; c'étaient choses connues a la oauvre lé. Les frères uc pouvaient

Page 1