DOM
avoir ni biens-fonds, ni rentes, ni église ayant charge d'âmes.
Les supérieurs étaient élus par la majorité des frères. Aucun prieur ne pouvait être élu ou confirmé, à moins qu'il ne sût parler selon les règles de la grammaire, sans fausse latinité, et qu'il ne sût la morale de l'Kcriture, pour pouvoir convenablement l'exposer dans le couvent.
On a reproché aux Dominicains d'avoir été .chargés de l'inquisition des hérétiques. Sur cela n<>us dirons que la part qu'ils y prirent leur est commune avec d'autres ordres, ceux de Ctlenux et des Franciscains,el surtout avec les conciles, les papes, les rois, les peuple*, qui tous la voulurent et la crurent nécessaire pour réprimer les envahissements des hérétiques qui ne visaient à rien moins qu'à dominer par la crainte l'ordre temporel et spirituel des sociétés. L'inquisition, formulée dans le concile de Vérone, en 118V, en exuciee dans le Languedoc, e \ 1198, sous la direction des Cisterciens, était depuis vingt ans établie, quand Dominique entra en scène. On petit dire que les moyens qu'il mit en œuvre furent directement opposés au prin-, cipede l'inquisition; ce principe d'ailleurs, celui de pardonner au coupable qui avoue sa faute, était un progrès à cette époque, et fut dénaturé entre les mains de l'autorité civile.
Tels furent au commencement les collaborateurs de saint Dominique; aussi ne doit-on pas s'étonner de la sensation profonde qu'ils firent parmi les populations. « Les Frères prêcheurs, dit un historien renommé par sa partialité contre les moines (Mallhieu Paris)* se recommandaient surtout par leur pauvreté volontaire; on les voyait dans les grandes villes, au nombre de six ou sept ensemble, ne songeant point au lendemain; et, conformément au précepte de l'Evangile, ils vivaient de l'Evangile; ils donnaient sur-lc-ihaaip aux pauvres les restes de leurs repas ; ils couchaient dans leurs habits, et avec des ni lies pour toute couverture, n'ayant pour oreiller qu'une pierre, et toujours prêts à annoncer 1 Evangile. »
De tous côtés on courait les voir et les entendre; tous les évéques, tous les princes voulaient les avoir pour prêcher la parole de Dieu. Aussi quand Dominique mourut saiulement, en 1221, c'est-à-dire neuf ans seulement après l'approbation de sou institut pat Uonorius, eu 1216, toute l'Europe catholique avait reçu les Frères prêcheurs ; ils formaient 8 provinces qui comprenaient GO couvents.
Les Dominicains furent établis à Paris par le l\ Matthieu, qui y fut envoyé pur saint Dominique en 1217. Un doyen de Saint-Quentin, régent en théologie, nommé Jean, leur donna dans la rue Saint-Jacques une maison et un oratoire dédiés à saint Jacques, d'où leur vint, en France, le nom de Jacobin*.
Les Dominicains forment encore un des principaux ordres de I Eglise ; ils ont des missions eu Chine et en Amérique; a Home, ils exercent la charge de muiiret du sacre
DICTIONNAIIŒ DES RELIGIONS.
patats, et, à ce litre, donnent seuls l'autori- religieuses, en 1700, les Dominicains avaient snlion d'imprimer les livres.
Lors de la suppression des communautés
en France six provinces réparties ainsi qu'il suit :
lr« Toulouse, 2« France , 3" Provence , 4e Oi-ciianie , 5« Paris , 6e S.titil-Lnuis, D'aucune province
2° de l'ordre , avec
couvents d'hommes.
Le révérend père Lncordairc lente en ce moment de ' établir dans noire p l ie l'ordre des Domi icain*; sa parole puissent" eteite partout les vives sympathies de la jeunesse actuelle, l'uisse-l-il réussir dans ses évangéliques projets I
DOMIMCVL. On appel ut ainsi, dans la primitive Eglise, le voile dont les femmes se couvraient la léle, en signe de respect, pour recevoir la sainte communion. Ce pieux us.ige, tombé en désuétude à Paris, subsiste encore dans un grand nombre de provinces.
Il y en a qui donnent le nom de Dominical au linge ou voile que les femmes tenaient étendu sur leurs mains en approchant de la sainte table, ,-ifin d'y recevoir l'eucharistie. 11 a été en effet d'usage pendant plusieurs siècles de donner l'hostie consacrée nux hommes sur la main nue, et aux femmes sur un linge; et chacun la portail soi-même à la bouche.
Le nom de Dominical vient du corps du Soi jneur, corpus dominicum.
DOMINICALE. 1. Dans les premiers siècles du christianisme, on donnait ce nom aux leç»ns de l'Ecriture, qu'on lisait tous les dimanches. Maintenant on appelle dominicales les sermons ou homélies composés sur les évangiles de tous les dimanches de Tannée.
2. Lettre dominicale. C'est la lettre qui, dans les calendriers, sert à marquer les dimanches de l'année. Ces lettres, qui sont les sept premières de l'alphabet, furent introduites par les premiers chrétiens, à la place des lettres nundinales du calendrier romain. La lettre A est toujours affectée au premier janvier, le R au deuxième jour, le C au troisième, cl ainsi de suite invariablement jusqu'au 31 décembre, qui est aussi marqué par un A ; en sorte que si le premier janvier est un dimanche, tous les jours du calendrier qui portent la lettre A seront autant de dimanches; il en est de même des autres lettres. Il faut excepter cependant les années bissextiles qui ont du» le'tres dominicales, l'une servant jusqu'au -23 février, et l'autre depuis le 2i du même mois jusqu'à la lin de l'année, à cause du jour supplémentaire intercalé immédiatement avant le '2k février. — La lettre dominicale chance tous les ans. par la raison que l'année de 305 jours a on jour de plus que 52 semaines; la lettre de l'année suivante est toujours celle qui précède, dans l'ordre alphabétique, celle de l'année que l'on vient do quitter, ou la dernière de> deux lettres, dans les années bissextiles.