‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 185 sur 365 · EGL · texte numérisé non relu

EGL

EGIOCHUS, ov ËG1UCHU3, surnom de Jupiter. Voyez Mguevs.

EG1PANS, divinités champêtres, dont les anciens prétendaient que les bois et les montagnes étaient peuplés. Ils les représentaient comme de petits hommes tout velus, avec des cornes et des pieds de chèvre (aîyjç). C'était aussi un surnom du dieu Pan, que l'on peignait sous la même forme. D'autres disent que le premier qui porta ce nom était Gis de Pau et de la nymphe .liga, qu'il inventa la trompette faite d'une conque marine, et que, par cette raison, on lui donna une queue do poisson.

Les anciens parlent encore de certains monstres de la Libye, auxquels on donnait le même nom. Ces animaux avaient un museau de chèvre, avec une queue de poisson. C'est ainsi qu'on représente le Capricorne. On trouve cette même figure sur plusieurs monuments égyptiens et romains.

EG1THE (en grec aîytOo,-), espèce d'oiseau de proie, dont les anciens tiraient le présage le plus heureux en faveur des mariages et des bestiaux.

EGLÉ (du grec a'yU, splendeur) , nom de l'une des trois Grâces. C'était aussi le nom de la mère des trois Grâces, dont le soleil était le père.

EGLÈTES. Voyez jEglètes.

EGLISE, ce terme particulier aux chrétiens, peut se prendre en deux sens bien distincts.

I. Dans le sens propre et spirituel, c'est l'assemblée des personnes unies par la profession d'une même foi. De là les expressions d'Eglise catholique, Eglise protestante, luthérienne, calviniste, baptiste, évangélique, etc.

Les catholiques soutiennent qu'il n'y a qu'une seule véritable Eglise; c'est celle qui a été fondée par Jésus-Christ même, avec autorité sur la terre d'instruire et de diriger les Gdèles, de leur apprendre les dogmes qu'ils doivent croire, et les erreurs dont ils doivent se préserver.

Or, comme la piupart des communions chrétiennes, bien qu'ayant relativement des dogmes et une foi différente, prétendent chacune èire la véritable Eglise à l'exclusion des autres; il importe que l'Eglise véritable ail des caractères, notes ou signes sensibles, auxquels il soit facile de la reconnaître. Ces caractères sont pris des circonstances du temps, du lieu, des choses et des personnes; et on les nomme apostoticité, catholicité, visibilité et perpétuité.

1. Vapostolicité marque le temps où l'Eglise chrétienne a dû naître et commencer ; c'est-à-dire que la vraie Eglise do Jésus- Christ a dû prendre naissance, lorsque Jésus- Christ était sur la terre ; qu'ainsi (elle société chrétienne qui a commencé dès lors, a déjà un préjugé en faveur de son établissement divin ; et telle autre société chrétienne, qui n'.i commencé que depuis, ne peut se vanter d'avoir été divinement instituée.

2. Puisque l'Eglise chrétienne ne peut avoir été établie que par Jésus-Christ, il faut qu'elle l'ait été dans le lieu où il a vécu

DICTIONNAIRE DES KELIGIONS.

et où il a publié sa doctrine. Ainsi la vraie Eglisn chrétienne ne peut se trouver que dans une société formée dans le lieu où Jésus- Christ a enseigné. Si donc une société chrétienne montre qu'elle s'est formée dans ce lieu, c>»t un autre préjugé eu fa tour de •on institution divine; au cou i mire , on dénionlrrra nue telle autre société chrétienne ne peut être la vraie Eglise fondée par Jé>us- Christ, si l'on fait voir qu'elle est née dans un autre lieu que celui où Jésus-Christ à enseigné et prêché sa doctrine. Voilà en quoi consiste \acatholicité de l'Eglise. Une société chré'ienneesl catholique, en tanlqu'elle n'est d'aucun lieu particulier, que de celui où l'Egl:se de Jésus-Christ a dû être fondée. Le mot catholique signifie universel : la société dont les fondements auront été jetés dans le lieu où Jésus Christ a vécu et a promulgué ses oracles, sera universelle, c'est-à-dire de tous les lieux, parce qu'elle ne sera que de celui dont elle doit être ; mais ce caractère ne pourra convenir a une société qui aura été instituée et aura pris son eommeneemeul ailleurs que là où Jésus-Christ a étattli son Eglise, parce qu'on pourra dire que cette société est de tel lieu, autre que celui où a commencé l'Eglise de Jésus-Christ (1).

3. L'Eglise n'a, ni ne peut avoir un culte purement spirituel et intérieur; toutes les sociétés chrétiennes doivent en convenir; le droit et le fait les y obligent tledroit, puisque toute religion doit rendre à Dieu un culte intérieur et un culte extérieur; le fait, puisque, à la première notion que l'on prend de la religion chrétienne, on voit clairement qu'elle a des sacrements et qu'elle ordonne une profession de bouche, en même temps qu'elle exige la croyance du cœur. Une société chrétienne qui serait invisible ne pourrait donc être reconnue pour la vraie Eglise de Jésus-Christ; et si une autre société chrétienne est visible cl sensible, elle aura par devers elle un préjugé favorable pour se faire regarder comme vraie Eglise.

k. Que Jésus-Christ ail établi ou non sou Eglise pour être perpétuelle et pour subsister sans interruption jusqu'à la fin et la consommation de l'univers sensible, cela n'importe ici en aucune manière Mais, si telle société chrétienne est en possession de faire voir qu'en remontant depuis le moment où nous sommes jusqu'au temps où Jésus-Christ a été sur la lerr. t elle n'a pas cessé un instant dYtister visiblement, il est hors de doute qu'elle pourra faire valoir celle pnpétuitr

four montrer qu'elle est la vraie Eglise do ésus-Christ , au lieu qu'une autre société chrétienne serait privée de cet avant i",e, si on pouvait la convaincre qu'à telle époque elle n 'existait pas d'une manière sensible.

Au moyen do ces caractères, il est aussi aisé de distinguer, parmi toutes les communions chrétiennes, quelle est la vraie Eglise de Je«u»-Chri*l, qu'il le serait de distinguer société profane, qui ne serait point

mystérieuse, qui existerait depuis nombre de siècles, <i qui se serait divisée en plaideur* sectes ; qu'il serait, dis-je, aisé de reconnaître le tronc de celte société des sectes qui s'en seraient di lâchées.

Or, il est une société chrétienne, entre to«. tes les autres, qui reconnaît le papeouévéque de Rome pour son chef, que, par celle ra son, l'on appelle Eglise romaine, qui est dominante dans plusieurs Eiats de l' Europe, et qui est répandue dans imites les parties du monde. Tous les chrétiens qui appartiennent à cette société, prétendent qu'elle est la seule à laquelle conviennent le» quatre caractères qu'on vient d'exposer.

Notre société, disent-ils d'abord, est optn stnlique. Nous <<éfions de montrer qu'elle n'a pas été fondée dès le siè. le el le temps où Jésus-Christ établissait ?a religion, et de citer en deçà une époque où elle ait pris naissant . Si l'on pouvait fixer cette époque, on pourrait aussi nommer l'auteur de notre société, el lui en donner le nom, l'appeler pareietn* pie grégorienne, léonine, etc., si c'est os (îrégoire, un Léon, etc., qui en est le fonda* teor. Mais jusqu'ici on n'a pu la désigner par aucun nom pareil.

Elle e»l catholique. A la vérité on t'appelle, el nous-mêmes nous l'appelons Romaine, mais ce nom ne désigne en aucune façon le lieu où elle a pris naissance ; tout le moede sait qu'elle ne le porte qu'à cause de sua chef visible, qui est l'évéque de Home, il n'y a d'ailleurs aucun antre lieu d'où elle lire, et d'où l'on puisse tirer un nom qui lui soit applicable, el qui marque que c'est là que le* fondements en ont été jetés. Elle est dota Je tou« les lieux, puisqu'elle n'est que de celui où J -sus-Christ a vécu, a prêché et enseigne «a doctrine; elle est donc universelle ou catholique.

Pour le caractère de visibilité, comment pourrait-ou le lui contester ? N'est-eile pas vi«ihledai<s ses sacrements, dans ses cérémonies, s s fêles, ses solennités el la niant, re. de les célébrer, dans ses jours de jeûne, dans le sacrifiée de la messe el toute la porn;e avec laquelle fin l'offre ; dans ses ministres dans les synodes et les conciles qu'ils tiennent ; (lins ses temples, dans ses inui/s peintes ou sculptées ; dans ses ordres r ■• ; gieux el se< congrégations ecclcsiasli |a s dans les marques de leur christianisa» ur les simples fidèles portent sur eux, ou qu i.» garde »t dans leurs maisons, etc. ?

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle a cm visibilité; elle est perpétuelle, e>, tant qu e ' a existé, elle a toujours éié visible en t">:" ces manières. Ici, tous les monuments .UV>* sent de sa perpétuité, el ce sont les uwm»ineuls qui en même temps contribuent I lus à la rendre visible. Mais ce qui moa re d'une manière encore plus persuasive qu'elle est perpétuelle, c'e«t la succession no» interrompue de se» pontifes ou de ses èvéqu'** dans toutes les Eglises part culièrrs, et sur-

it) Celte «position du caractère de catholicité n'exclut point celle que nous avons donnée, ai précédent, art. Cathouiqwk.

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<«l de cenx qnl otat ocrupé le siège de mt, et auxquelles les Eglises particulières ni pas leolemeul été constamment attakw, mais sol donné dans tons les temps n marques très-sensihles de leur attachefui. — Enfin, disent les chrétien* catholim. il ae Tant que lire l'histoire du chrisrthm pour se convaincre de la perpétuité, h visibilité, de la catholicité, de l'a posture rfe notre Eglise, et que nulle autre sorte rhretieone n'a, comme elle, le droit de > revendiquer^

Ooirt les caractères dont nous venons de irier, la vraie Eglise a des propriétés qui i «oui inhérenle-i. — Comme le christia- ■me impose aux hommes un double culte, jlffieur et l'extérieur, les < hréliens catho- \m rompu rent l'Eglise à un corps, que m peut emisager tantôt comme animé, •loi fa faisant abstraction de l'âme qui loimeet le vivifie. De même, disent-ils, on ut romater l'Eglise sous deu\ points de i«, en distinguant en elle, et en détachant ir Terril an culte de l'autre. Le culte inlé- »r en fait l'âme , parce que c'est lui qui iid l'homme agréable à Dieu, et qui lui il «gréer le culte extérieur ; celui-ci n'est m le corps de l'Eglise. — .Mais, à ne consitrrr l'Eglise que dans son corps, c'est-àtreà raison do son culte extérieur, les chrém lui attribuent de grandes propriétés, l«"ilï prétendent lai avoir été attachées par m auieur. Son culte extérieur embrasse tw choses en général : la première est la /folusifto de certains dogmes et de certaines ■aunes; la seconde, la participation aux Mtwneats ; la troisième, la soumission ou Meimote à des pasteurs légitimas, suborù>m*u pape, é*é<jue de Rome, chef visi- Heit l'Enlisé et vicaire de Jésus-Christ (1). |'0a dit d'abord que l'Eglise est une, et oVlle l'est dans chacun de ces trois liens l'érieurs qui unissent entre eux tous ses eabres. Elle es! une dans la profession de N lofoes et de ses maximes, parce que, trique part qu'elle soit établie, elle exige i profession des mêmes maximes et des fats dogmes ; elle est une dans la partition aux sacrements, parce qu'elle suit "tout les mêmes règles dans leur admiration, et que si, par exemple, un baptf<» fié excommunié ou exclus de la partipaiion des sacrements, dans quelque Eglise inirulière, nulle attire Eglise ne l'admettra l?ur participation ; elle est une dans l'on> ince et la sou mission aux pasteurs lé- "^», parce qu'elle n'a qu'un cnef suprême i'blc, et qu'il faut faire profession de lui r* soumis au moins médialemenl, en se «tiHiaoi aux pasteurs qui le reconnais- "I j»our chef.

Elle est sainte : elle l'est dans la profes- 00 'e ses dogmes et de ses maximes; elle ■ P*«l en professer qui ne soient propres à incliner: dans ses sacrements, elle ne peut

"»0nn'»pr*lie point le pape tucceueur de Jésustri>i, parce qu'on ne succède à une personne dans " ^fBMé, que quand celte personne l'a perdue par

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