‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 186 sur 365 · EGL · texte numérisé non relu

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en avoir qui puissent souiller l'âme, ni même qui soient inutiles à sa sanctification; dans sa soumission aux pasteurs, qu'elle ne professe et qu'elle n'exige que pour faire rendre l'hommage de l'obéissancé à son chef invisible, auteur de toute sainteté.

3° Elle pourrait cependant cesser d'être sainte, si elle était sujette à l'erreur; mais elle est infaillible. Èlle l'est d. us sa croyance, parce qu il ne peut pas arriver que le corps, la société, la totalité <|f»s fidèles, embrasse l'erreur ; elle l'est dans sa doctrine, parce que l'universalité des pasteurs, chargés de l'enseignement, ne peut enseigner aucune erreur; et c'est même ce qui résulte de ce qu'elle est infaillible dans sa croyance ; car les fidèles, obligés d'écouter la voix de leurs pasteurs, se trouveraient dans la nécessité d'emtirasser l'erreur, si l'universalité et l'unanimité morale des pasteurs l'ense gnaient.

4* Dans l'un et l'autre cas, l'Eglise cesser rail d'être et ne subsisterait plus. Mais, si l'on peut imaginer quelque autre manière dont cite cesserait, elle n'y est point sujette, car elle est indéfectible^ cl jusqu'à la fin et la consommation de toutes les choses visibles, il y aura des chrétiens.

5" Elle sera même universelle et catholique, tant qu'elle subsistera , c'est-à-dire qu'elle sera répandue dans tout l'univers, et elle effacera et éclipsera toujours par son éclat toutes les autres sociétés chrétiennes qui s'en seront séparées.

6° Mais la propriété la plus intéressante que les chrétiens attribuent à l'Eglise, est que non» d'elle il n'y a pas d" salut, c'est-àdire point de part aux fruits de la satisfaction de Jésus-Christ ; ce qui est fondé sur ce que l'Eglise est dépositaire de tous les moyens de sanctification que Dieu a établis.— Il faut cependant expliquer cette maxime importante. Il n'y a pas de salut hors de l'Eglise, c'est-à-dire pour ceux qui n'appartiennent ni au corps, ni à l'âme de l'Eglise ; mais, comme on peut appartenir à son corps, sans appartenir à son âme, on peut également appartenir à son âme, sans être membre de son corps ; et ceci suffit pour avoir droit d'espérer le salut. — On peut d'abord appartenir uniquement à sou corps; pour cela, il suffit de rendre à Dieu le culte extérieur qu'elle prescrit, sans être animé des sentiments du culte intérieur, par exemple, faire profession de ses dogmes et de ses m ximes, sans y ajouter aucune foi. — On ne peut, en second lieu, appartenir à son âme, quand c'est par sa faute qu'on n'appartient pas à son corps, parce que la faute que l'un commet suppose qu'on ne veut pas appartenir à son corps ; et ce défaut de volonté oe peut s'accorder avec le culte intérieur. — Troisièmement , comme on peut être pénétré des sentiments qui forment le culte intérieur, sans pouvoir exercer les actes du culte extérieur, il est possible

la mort naturelle ou civile ou par l'abdication volontaire, et que, d'aucune de ces manières, Jésus-Christ n'a perdu le litre de chef de l'Eglise.

que, sans appartenir au corps de l'Eglise, on appartienne à son âme.— On n'entre dans le corps dp l'Eglise que par le haplémo. Il est vrai qu'avant 4lc le rece\ oir on peut faire une profession extérieure de croire à sc^ dogmes et à ses maximes, d'être même soumis à ses pasteur* ; mais on n'a pas encore droit d'être admis à la participation de ses sacrements ; ce qui est néanmoins nécessaire pour être de sou corps. Si quelqu'un, étant à portée de recevoir le baptême, négligeait de se faire baptiser, sa négligence seule suffira il pour qu'il n'appartint pas à l'âme de l'Eglise.—-Ouoiquc baptisé, un homim' peut ne plus être membre du corps de l'Eglise; il peut avoir abjuré extérie urement les dogmes et les maximes de l'Eglise en tout ou en partie, avoir été dépouille par un jugement du droit de particip r aux sacrement-, iv point reconnaître les pasteurs légitimes, et vivre séparé de leur obéissance ; chacune «le ces choses suffit pour l'exclure du corps de l'Eglise et l'en retrancher. — D'une autre part, un homme qui n'est point encore bap'-sé, qui ne connaît pas même le baptême on du moins sa nécessité, qui cependant est d'ailleurs suffisamment instruit; un second qui nYsl pas non p us baptisé, qui est instruit suffisamment, mais qui nVst point à portée de recevoir le baptême, et qui a la volonté sincère d'être initie a ce sacrement; l'une et l'autre i!e ces deux personnes peuvent avoir déjà reçu intérieurement le Saint-Esprit, et, par son opération, la grâce qui sanctifie. Si cela est, ils appartiennent tous deux à l'âme de l'Eglise, sans qu ils soient membres de son corps. — En baptisé peut avoir été frappe d'une sentence d'excommunication qu'il n'avait pas méritée, parce qu'il était innocent ; un autre peut avoir reçu le baptém ■ dans une société chrétienne séparée de l'Eglise, cl faire, de bonne foi ou sans opiniâtreté, profession de rejeter, comme ceux de sa secte, ceux des dogmes de l'Eglise, qui ne sont pas fondamentaux, ou de ne pas reconnaître ses pasteurs légitimes ; ces deux hommes baptises, qu'on suppose d'ailleurs avoir conservé la grâce de leur bapléme, ne seraient point du corps de l'Eglise, mais ils appartiendraient à son âme. 11 faut dire la même chose, à plus forle raison, des enfants baptisés dans des sociélés séparées de l'Eglise, et qui n'ont pu encore perdre leur innocence baptismale. Il est vrai que ceux-ci appartiennent au corps même de l'Eglise, jusqu'à ce qu'ils fassent publiquement profession de ce qui lient éloignée et séparée do l'Eglise la secte des parents dont ils sont nés. — C'est par la grâce sanctifiante qu'on appartient a l'âme de l'Eglise. Cependant les pécheurs qui ont eu le malheur «le la perdre, qui ne sont point excommuniés, qui n'ont point quitté l'Eglise pour s'attacher ouvertement à quelque secte séparée, ne sont pas seulement du corps de l'Eglise, mais peuvent tenir encore à son âme, quoique d'une manière imparfaite, par leur soumission intérieure aux pasteurs légitimes, par quelque désir qu'ils ont de recouvrer la grâce h.ilii -

tuelle, par la croyance des dogmes et dc« maximes «le l'Eglise.

Dans un sens moins restreint on pourrait définir l'Eglise In .«ric»ViV de ceux qui seretnt Dieu son* J< sus-Christ leur r/jf/"; celte définition donne à l'Eglise l'extension la plus large, et comprend tous ceux qui ont éié. qui sont et qui seront sauvés depuis Adam jusqu'à la consommation des si clés.

Avant la venue de Jesus-Chi isl, il y a eu des hommes saints; or, comme ils ont été sanctifiés en vertu des mérites prévus de Jesus Christ, il faut qu'ils aient servi Dieus?lon l'esprit de Jésus-Christ. Ainsi, endetchanl de la notion de l'Eglise chrétienner? qui lui est propre, comme ayant été fonder par Jésus-Christ , et comme supposant »<»n avènement passé, c'est-à-dire eo détachant la participation aux sacrements, lels qoe l > ont les chrétiens, et l'obéissance aux pasteurs légitimes, dont le pape est le chef, ii it trouvera que les saints du temps qui a précédé la venue de Jésus-Christ, et ceus <lo temps présent, ont eu la même religion, et ont rendu à Dieu le même culte, puisque le» uns et les autres ont servi ou servent Diea d ins l'esprit de Jésus-Christ, el qu'il n'y a de différence entre eux qu'en ce que les premiers regardaient Jésus-Christ comme devant venir, et que les seconds le regïrden' comme arrivé.

Suivant la même définition, l'Eglise cornprend encore non-seulement ceux qui y""1 sur la terre, mais aussi ceux qui joui-se«i déjà de la gloire éternelle, et ceux qui o»t l'assurance d'y parvenir un jour; d'où la division de l'Eglise en trois corps aj pelé* : le premier, Eglise triomphante, composé des âmes de ceux qui, après avoir triomphé datif lr monde des obstacles qui s'opposaiem i leur salut, ont reçu dans le ciel la récompense de leur victoire; le second, Eglise militante, composé de ceux qui combattent ac* luellement sur la terre ; et le troisième, Eglise souffrante, de ceux qui achèvent dese purifier ians le purgatoire , el qui ont l'a»urance de posséder un jour la gloire éternelle , lorsque leur temps d'épreuve *era

p.'l-sé- J «y- CoMMl MON DES SAINTS.

11. Dans le sens figuré el matériel, le mot !■: alise signifie le lieu où s'assemblent l« membres de l'Eglise militante, pour rendra à Dieu le culte extérieur qu'ils lui dniieoi. Dans ce "-ens le mot église est synonyme dr celui de temple; mais si on peut appeler te»pies les édifiées d^ns lesquels s'assemblerl b-s chrétiens, on ne donne jamais le nm d'églises aux lieux d assemblée des juifs, de» infidèles cl des idolâtres.

1. Nous ne donnerons pas la description des églises servant actuellement au coite catholique; il n'est aucun de nos lecteur* <P" ne puisse s'en rendre parfaitent ni couipto mais nous transcrirons ici la description qu* f ail l'abbe Fleurv di-s premières qui fnreol érigées par les chrétiens . en obscnantq e les lieux d'assemblées, à l'époque <iu berceau du christianisme et dans le temps dos pe"c-

DICTIONNAIRE DES ItFUf.lONS.

cotions, étaient les maisons des simples par-

litoliers, les cavernes et les catacombes. ■ L'église, ce savanl écrivain, était aéwnV, autant qu'il se pouvait, de tous 1rs bâlinenis profanes, éloignée du bruit, et envi- Minée de lou< côlés de cours, do jardins ou Je bâtiments dépendants de l'Eglise môme, {ai ioos étaient renfermés dans une enceinte it murailles. D'abord on trouvait un portail ao premier vestibule, par où l'on entrait iuhoo péristyle, c'est-à-dire une cour carrât, environnée de galeries couvertes, souijnoesdc colonnes, comme sont les cloîtres in monastères. Sous ces galeries se tenaient le; pauvres, à qui l'on permettait de demander l'aumône à la porte de l'église ; et au mili*o de la cour étaient une ou plusieurs font»se« poar se laver les mains et le visage mol la prière : les bénitiers leur ont sucrtiè. Ad fond était un double vestibule d'où !'u entrait par trois portes dans la salle, ou Clique, qui était le corps de l'Eglise; je ii>quïl était double, parce qu'il y en avait «nto dehors et un autre en dedans, que les •,rec* appelaient narthex. Près de la basilicfl*. en dehors, étaient au moins deux bàlimU, le baptistère à l'entrée, au Tond la amitié oa le trésor, nommé aussi secretanm oo dtaronicum , et quelquefois il était faible. Souvent, le long de l'église, il y avait .*srhambres ou cellules pour la commodité lewiqai voulaient méditer et prier en parolier : nous les appellerions des c/mft\la.

«La basilique était partagée en trois, suituAulargcur, par deux rangs tlecolonnes qui wteuient la galerie des deux cotés, et dout Irmtltro était la nef, comme nous voyons à )»QiejJ» anciennes églises. Vers le fond, à i'orwoï, était l'autel, derrière lequel était le ; 'otym ou sanctuaire ; c'est ce que l'on oo/Biud depuis le chevet de l'église. Son plan était an demi-cercle qui enfermait l'autel par Prière; le dessus, une voûte en forme de aiche qui ie couvrait : on la nommait en lato oncka, c'est-à-dire coquille ; et l'arcade H' en Taisait l'ouverture s'appelait en grec >'<i». Peut-être les chrétiens avaient-ils d'avoulu imiter la séaucc du Sanhédrin des wu, où les juges étaient ainsi en demi-cer- '•, le président au milieu. L'évéque tenait a même place dans le presbytère. 11 était au iîipu avec les prêtres à ses côtés ; et sa taire, nommée thrônos en grec, était plus Jetée que leurs sièges. Tous les sièges enmble s'appelaient en grec synthrônos, en »'in consensus ; quelquefois aussi on le nom* 'ait tribunal, et en grec béma, parce qu'il «semblait aux tribunaux des juges sécu- <rs. Dans les basiliques , l'évéque était omme le magistral, et les prêtres ses concilier!. Ce tribunal était élevé, et l'évéque "descendait pour s'approcher de l'autel, "i était enfermé par devant d'une balus- ' "le à jour, bors de laquelle était encore un 'tre retranchement ddns la nef, pour placer î* chantres, que l'on nomma depui», par eueraisou, eheeur, en grec choros; ou candu mot latin cancelli. Ces chantres n'é-

taient que de simples clercs destinés à celte fonction. A l'entrée du chœur était Vambon, c'est-à-dire une tribune élevée où l'on montait des deux côtés, servant aux lectures publiques, nommée depuis pupitre, lutrin et jubé. Si l'ambonét.iit unique, il était au milieu ; mais quelquefois on en faisait deux pour ne point cacher l'autel. A la droite de l'évéque et à la gauche du peuple était le pupitre de l'évangile, et de I autre côté, celui de l'épitre. Quelquefois il y en avait un troisième pour les prophéties.

a L'autel était une table de marbre ou do porphyre, quelquefois d'argent massif, ou même d'or, enrichie de pierreries ; car on croyait ne pouvoir employer des matières assez précieuses pour porter le Saint des saints; et les cérémonies de la consécration des autels marquent encore assez ce respect; mais quelquefois elle n'était que de bois. Elle était soutenue de quatre pieds, ou petites colonnes, riches à proportion ; et on la plaçait, autant qu'il était possible, sur la sépulture de quelques martyrs ; car, comme on avait coutume de s'assembler à leurs tombeaux, on y bâtit des églises ; et de là est venue enfin la règle de ne point consacrer d'au* tel, sans y mettre des reliques. C'étaient ces sépulcres des martyrs qu'on appelait mémoire* ou confessions : elles étaient sous terre, et l'on y descendait par devant l'autel. Il demeurait nu hors le temps du sacrifice, ou seulement couvert d'un tapis ; et rien n'était posé immédiatement dessus : depuis on l'environna de quatre colonnes aux quatre coins, soutenant une espèce de tabernacle qui couvrait tout l'autel, et que l'on nommait ciboire, à cause de sa figure qui était comme une coupe renversée ; car les anciens avaient des coupes qu'ils nommaient ciboria, du nom d'un certain fruit d'Egypte. Tout cela était orné magnifiquement. Le ciboire et les •> colonnes qui le soutenaient étaient souvent d'argent; et il y en avait du poids de trois mille marcs. Entre ces colonnes, on mettait des rideaux d'étoffes précieuses pour enfermer l'autel des quatre côtés. Le ciboire était orné d'images et d'autres pièces d'or ou d'argent, pour représenter le Saint-Esprit. Quelquefois on y renfermait l'eucharistie que J'on gardait pour les malades; et quelquefois on la gardait dans de simples bottes, telles que sont nos ciboires ( modernes ). Quelquefois on couvrait d'argent l'abside entière; du moins on la révélait de marbre aussi bien que la conque. Les colonnes qui soutenaient la basilique étaient de marbre, avec des chapiteaux de bronze doré. Elle était pavée de marbre, et souvent tout incrustée en dedans. »

Nous trouvons, dans le 17* volume des Annale» de philosophie chrétienne, le plan d'une ancienne basilique, tiré de Godefroy Voigt, avec une explication de M. Guenebault, qui concordent parfaitement avec la description de Fleury. Nous y trouvons cependant quelques particularités omises par l'historieu ecclésiastique , particulièrement

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