ELE
comme souverains de droit de la ville de Rome, et ceux qui étaient de fait maîtres du territoire. Alors l'élection des papes était à la merci, tantôt des empereurs d'Orient, tantôt de ceux d'Occident , tantôt des exarques de Ravenne ; ce qui occasionna plusieurs fois de vives et sanglantes querelles, des factions, des schismes, etc. Enfin, c'est vers le xi* ou le xii" siècle que l'élection par les seuls cardinaux passa en coutume et en force de loi ; et si, pendant plusieurs siècles encore, on vit des abus et des schismes, c'est que les princes d'Occident trouvèrent encore moyen d'influencer ces élections. Et on a pu remarquer que moins les princes temporels se sont mêlés de l'élection du souverain pontife , plus le choix des cardinaux a été avantageux à l'Eglise.
On regarde Célcstin II comme le premier pape qui ait été élu (en 1H5) par les seuls cardinaux , sans la participation du peuple romain et des ministres de l'empereur. Le pape Honoré III , élu en 1216 , ordonna que l'élection du pape aurait lieu dans un conclave. Innocent III, et après lui Grégoire X, qui régnait en 1271, réglèrent la forme et les lois de l'élection. Il y a trois manières différentes d'élire un pape, à savoir, par scrutin, par compromis et par inspiration. Voyez ces trois articles et celui de Conclave.
ÉLEGWA , le diable, ou le génie du mal, chez les Yébous , peuple de l'Afrique occidentale. U n'a ni temples, ni prêtres ; mais , en certains endroits maudits , signalés par un magot de bois ou par quelque autre signe connu , le passant jette un petit pain arrosé d'huile de palme , qu'il promène deux fois autour de sa tête , en détournant les yeux : c'est une sorte d'offrande expiatoire, qui devient la pâture des chiens d'alentour.
ÉLÉLÉIDES, surnom des bacchantes, pris de l'exclamation Eléleu, qu'elles poussaient dans les mystères de Bacchus.
ÊLÉLEU, acclamation fort usitée dans les cérémonies el les mystères qu'on accomplissait en l'honneur de Bacchus. Cette expression , isolée dans la langue grecque (AAsv), et qui répugne à toute étymologie tiré*' du même idiome , nous parait être la transcription de l'hébreu +hn allelou, ou nWîbn,
aUelou-Yah , louez Jéhova 1 Le mol hébreu lui-même pourrait se prononcer heleleu ou helelou. On sait que les mystères de Bacchus ont pris naissance* dans l'Orient.
Bacchus lui-même est quelquefois surnommé Eléléen par les anciens, et ce surnom est tiré de l'exclamation Eléleu. Le même surnom est appliqué au soleil , sans doute pour une cause semblable, et non point du verbe grec iMitr^ , faire tourner autour, parce que le soleil tournerait autour de la terre. Celle dernière étymologie serait tout à fait incorrecte.
ÉLÉMENTS (Culte ses). On appelle éléments les principes constitutifs des êtres matériels. Les anciens en admettaient généralement quatre, savoir : le feu, l'air, l'eau cl la
lerre (1). Ht les considéraient cornue ayant chacun proportionnellement concouru à la formation de l'univers ; on effet, celte ooinion est asseï juste à certains égards ; mais lorsque les traditions primitives commencèrent à s'obscurcir, les peuples commencèrent à prendre pour des réalités les personnification* symboliques des philosophes et des eosmoloeistes ; ils prêtèrent une intelligence, une volonté, une action libre à ces matières prétendues constitutives ; en un mot, ils les déifièrent ; de là le sabéisme.
C'esl ainsi que les Egypliens , dont le sol ne pouvait se passer des débordements annuels du Ni! , pour suppléer au défaut des pluies , rendirent à Tcau un culte religieux sous la personnification du Nil. Ils adorèrent aussi le feu sous la figure du soleil, qui avait ses temples et ses prêtres à Memphis , à Héliopolis et dans la plupart des autres villes.— Les Grecs adoraient l'air tantôt sous le nom de Jupiter, tantôt »ous celui de Jonon ou sou» celui de 'Minerve v ou bien ils lui conservaient son nom d'jElher ; Ouranos (Uranus) ou le Ciel était encore une de ses personnifications. Ghé, Gâta ou la terre avait surtout part à leurs hommages. Elle avait des temples , des autels , des sacrifices et des oracles, à Sparte, à Athènes, à Delphes, sur le neuve Craihis, et dans cent autres lieux. C'était elle qui était encore vénérée sous la personnification de CybMe, de Cérès , d'Ops, de Rhéa, etc. Apollon était la personnification du feu; on entretenait un feu sacré dans ses temples , à Athènes et à Delphes , dans celui de Cérès à Manlinée , de Minerve , de Jupiter Ammon , et dan» les prylanées de toutes les villes grecques , où brûlaient des lampes qu'on ne laissait jama s éteindre. Les Grecs regardaient l'eau comme la plus excellente des choses, 5p<r.o; ut* vt'-ip , dit Pindare. — Les Romains avaient à peu près les mêmes idées que les Grecs sur l'air, la terre et le feu ; ils entretenaient perpétuellement un feu sacré sons les auspices de Vesta ; le nom même de cette déesse, qui est le phénicien KTTwK, Esta ou li sta, feu, témoigne que le culte du feu avait été importé de I Orient dans le Latium. L'Orient, en effet, est la [ atrie originaire du culte des éléments ; le feu surtout parait être celui qui fut le plus en honneur; on l'adorait sous l'emblème du soleil ou sous la personnification de Baal , de Molorh, de Milhra, etc.— Les Parsis ont perpétué jusqu'à nos jours le culte du feu ; ils ont aussi le plu* grand respect pour I eau.— L'abbé Dubois pense que la terre, l'eau et le feu sont le type des trois divinités qui composent la tria é hindoue ; Brahma, pouvoir producteur, n'est autre qae la terre; le pouvoir fécondant, personnifie en Vichnou, convient parfaitement à l'eau ; et le feu est fort bien symbolisé par Siva , le pouvoir des-
(1) Le plus mince physicien sait anjoirnlhui qu'au- .Him- de ces quatre substances n'est un élément ; que le leu est un produit , et •••••> irtua juin s lie* iuus- Uiitt'S euntinise.es ; iimi* non*- i '.«voi.* ti:i> .» nous occuinrif < .tiii..iivvHncs acquises a I;» pbVMquc,
ES RELIGIONS. M
truetcur ; au reste, les Hindous adorent etpressémenl les quatre ou cinq éléments qu'ils reconnaissent l.2\— L'histoire ancienne de la Chine fournit de fréquents eiempjn du culte rendu autrefois aux cinq élément ; le Chou-king en offre partout des traces.— Les quatre éléments formaient comme la base du calendrier et des révolutions aitronomiques des Mexicains. — Nous pourrions ainsi parcourir la plupart des autres pépies ; mais on trouvera les données principales aux articles qui traitant de chacun de ces cléments en particulier.
ÉLENCHUS. Lucien , dans un de ses dialogues , parle d'Elenchus comme d'un d.eu de vérité et de liberté , dont il est question dans une comédie de Ménandre , peut-être parce que Aiy/of, en grec, signifie preur*. argument.
ÉLI NOPHORIES , fêtes grecques où I on portait des vases de jonc et d'osier, appelés élènes , et qui contenaient des objets sacré».
ÉLÉPHANT. 1. Dans la mythologie Gadoue, un éléphant à trois trompes, du uon d'Airavata. sert de monture a Indra, diouda ciel, « et animal céleste naquit de l'agilaiioo des flots de la mer, lorsque les dieux et les démons barattèrent l'Océan, l'oyez Bmî« tkme.nt de la mer. Les Indien» disent , es outre, que la terre est supportée par huit éléphants.
i. Ganécha, fils de Siva , est représenté avec une tête d'éléphant sur un corps humain. A la naissance de cet enfant, toute* les déités hindoues accoururent pour le contempler; mais l'une d'elles, quelques-uns disent que ce fut Kali,sa propre mère, reduoit sa tête en cendre par l éclat de ses regarôi. Siva, désolée d'avoir un fils acéphale, obtint de Brahma qu'on remplaçât la lélc de G*nécha par celle du premier être que l u rencontrerait dormant la face tournée vers le nord. On trouva un éléphant ; la téte -ie cet animal fut tranchée et placée sur 1rs épaules du nouveau-né, qui consens perpétuellement cette forme.
3. Les Chingalais ont aussi une divinité à tête d'éléphant : c'esl, disent-ils, le dieu qw donne la sagesse, l'intelligence, les riches-* et la santé
\. Suivant Purehas , on pourrait presque mettre au rang des cultes religieux l'est"'* des Pcguans et des peuples voisins pooritléphaut blanc. Le roi du Pegu met danser* titres qu'il e«.t !e souverain des éléplunts blancs. On sert ces animaux dans de la m+ se le de vermeil ; on joue <)es instruments lorsqu'on les mène promener et boirr.f.
pendant la marche, six personnages «le distinction portent un dais au-dessus d'en if sortir de la rivière, un gentilhomme deU cour s'avance avec un bassin d'argent t< !«' lave respectueusement les pieds.
nous itevons t rendre ces substances dao» le *a* ai-
m\> jiar b- anciens
(d) ).t>. < in.jiiifUic elcuien: cm l ctita qu'.l» ;;tieiu .tê |* ur.
il! ELE Cd jmm;il est si estimé dans l'Orient, ay on ne lui épargne pas les titres les plus MjBpeoi. Les Persans l'appellent le symt>o!e»)e la fidélité; les Egyptiens, delà justice; W« UJiens. de la piélé; les Arabes, de la njfoaiiimiié ; les Sumatriens , de la Prpvi- Mce, el le» Siamois, de la mémoire 5. Guerre de V Eléphant. Voyez Péljvbance
luit de la). .
$. L'ordre de Vpiéphant a filé institué 4io« le Danemark, vers l'an 1V78, par le roi Chrhtiero lrr. On dit que ce prince étant 4 Ri>me demanda au pape Sixte IV la permismuo d instituer cet ordre de chevalerie en fourni ur de la passion de Jésus-Christ , et que les rois de Danemark en fussent lou- 'ju rs les chefs. On ajoute que ce prince fonda ou< chapelle magnifique dans la grande Mise de Koschild. à quatre lieues de Copenûjoe.où tous les chevaliers doivent s'aswœ&ler. — Le collier de l'ordre n'était d'akord qu'une chaîne d'or, au bas de laquelle «dan on éléphant, qui, sur le côté, portait il ûçure d'uni* couronne d'épines et de trois ùms ensanglantés ; mais, dans la suite, ce collier fut composé de croix entrelacées Menants, et au bas pendait un autre éléphant, tenant sous ses pieds une image de la Vierge, qui était aussi patronne de l'ordre. Mi» que les Danois se sont soustraits à fEjliie romaine, le collier que portent les chetaaîriH composé de plusieurs éléphants «irelacés de tours; chaque éléphant a sur W douane housse bleue , et, au bas du collier, pend un éléphant d'or chargé de cinq pi tonnants, en mémoire des cinq plaies it Joire-SHgneur. Il est émaillé de blanc et Wltun petit Maure sur son dos.— L'habil- Wïtdç céréinooie est un manteau de veloors craooijri , doublé de satin blanc, attaché itec des cordons d'argent et de soie r o^e. Sir le côté gauche du manteau est fcrodee ooe croit entourée de rayons. Le chapeau est de velours noir, avec un bouquet 4e pîomes rouges et blanches.
ELECS, surnom d'Apollon et de Baccbus, tomme inspirant l'un et l'autre des seplineut* de mUéricorde et d'humanité; du grec 6of, compa»n'on.
ÉLEL'SINE , surnom de Cérés, pris des mystères d'Eleusis. Les Phénéatcs avaient érige an temple a Cérés Eleusine, où cette* *e»»e était adorée comme à Eleusis même.
KLEUSINIBS, mystères de Cérés. qu'on teiebrait tous les quatre ans chez les Cé- Imifptle* l'hliasiens.et tous les ans chez les locales, les Lacédémonieus, les Parrna- »"■«» et les Cretois, mais plus spécialement a Eleusis, ville de l'Allique , d'où ils furent transportés par Adrien à Kome , où ils su bitsléreol jusqu'au règne de Théodose I". C'était, de toutes les solennités grecques, la plus célèbre et la plus mystérieuse : aussi l'appelail-on les mystères par excellence.
Les uns attribuent leur établissement à Kamolpe, les autres à Orphée. Les Athéniens, qui se qualifiaient inventeurs de l'aé' callarc, en rapportaient l'origine à Cérès
RU
elle-même, qui . sous le pom et l'JjafcU d'une simple mortelle, vint, en cherchant sa fille, chez Crions, roi d'Eleusis. En effet, les campagnes qui environnaient celte ville étaient s< mées île monpments de l'histoire de Cérès. On y voyait entre autres une pierre nommée la pierre tri?te, sur laquelie, disait-op, la déesse s'était assise accablée de douleur. Diodore de Sicile en fait auteur Erechlhée, quatrième roi d'Athènes, qui, venu d'Egypte avec une flotte chargée de blé, délivra l'Allique d'une famipe alors puiverselle, et qui, placé sur le trône par la reconnaissance des habitants, leur enseigna le culte de Cérès.
Quoi qu'il en soit de l'origine de ces mystères, ils étaient divisés en grands et en petits, bans 'es grands mystères, on était initié; mais on était purifié et préparé dans les petits. Selon Clément d'Alexandrie, après les lustralions venaient les petits mystères, où l'on jetait les fondements des doctrines secrètes, et où l'on préparait les initiés au secret qu'on devait leur révéler plus Urd. Il ajoute que ce que l'on enseigne dans les grands mystères concerne l'univers ; que c'est la fin el le comble de toutes les instructions; qu'on y voit les choses telles qu'elles sont, et qu'on y envisage la nature el ses ouvrages. D'après différents auteurs anciens la doctrine qu'op y enseignait avait pour but de répandre l'esprit d union el d'humanité, de purifier l'âme de son ignorance et des souillures, de procurer l'assistance particulière des dieux, les moyens de parvenir à la perfection de la vertu, les douceurs d'uue vie sainte, l'espérance d'une mort paisible et d'une félicité saps bornes. Les initiés devaient occuper une place distinguée dans les champs Elysées, y jouir d'une lumière pure et \ivre dans te sein de la divinité, tandis que les autres avaient en partage, après leur mort, .les lieux de ténèbres et d'horreur
Ceux qui étaient admis aux petits mystères portaient le nom de Mystes, comme si nous disions voilés , et ils ne pouvaient pénétrer au delà du vestibule des temples. On n'avait entrée dans l'intérieur, et on ne voyait tout à découvert qu'après avoir été initié aux grands mystères; alors on preqait le nom Epopteou contemplateur. Les grands mystères ne se célébraient nue chaque cinquième année, tandis que les petits avaient lieu tous les ans, six mois avant les grands, mais il devait s'écouler au moins une année avant ces deux sortes d'initiation. L'initiation se faisait toujours de nuit, dans une chapelle; pendant la cérémonie on avait sur la iôte une couronne de myrte, el lorsqu'on entrait dans le temple, on prenait de IVaa sacrée déposée à l'entrée.
Les petits mystères, consacrés plus particulièrement à Proserpine, étaient célébrés, dans le mois anlhestéi ion, à Agra, près d'Athènes, sur les bords de l'llis>us, dont les rives, par cette raison, étaient appelées mystiques, et le fleuve lui-même avait le non) de dt'rs'n. Il paraît constant qu'ils furent d'abord institués pour les étrangers, exclus i ips les premiers temps de la participation aux »ujs-
tères d'Eleusis, réservés aux seuls citoyens. Celle grâce même De s'accordait que rarement; il fallait que le vice de la naissance fût racheté parun mérite éclatant. On compte, parmi les étrangers qui y furent admis, Hercule, Castor et Poilus, Esculape, Hippocrate, et le Scythe Anacharsis. Lorsque , dans la suite, les grands mystères furent devenus accessibles à toutes les nations, les petits ne servirent plus que de degrés peur parvenir à la pleine initiation.
Les postulants étaient préparés aux petits i mystères par une longue suite de cérémonies et d'observances aubères; on procédait ensuite à la purification, dans laquelle entraient du laurier, du sel, de l'orge, de l'eau de la mer, des couronnes de fleurs; on les faisait même passer au travers du feu ; enfin on les plongeait dans l'eau, ce qui faisait donner au ministre chargé de cette fonction le nom i'Hydranos ou bapliseur. On terminait par le sacrifice d'une truie pleine, qu'on avait lavée auparavant. Lorsque toutes ces conditions étaient remplies, on prenait le nom de Myste, et ou était admis aux petits mystères. On demandait à l'aspirant, s'il avait mangé du fruit de Cérès; il répondait : 'e?. tv^tt«vov
tôv vttïîwov. J'ai mangé du tambour, j'ai bu de la cymbale, j'ai porté le vase d'argile, je me suis glissé dans le lit. Nous ignorons s'il est ici question d'un lit de table ou d'un lit de repos. Nous trouvons une autre formule assez semblable à celle-là : J'ai mangé du tambour, j'ai bu de la cymbale, je suis devenu initié. Enfin une troisième formule est conçue en ces termes : J'ai jeûné, j'ai bu du kikéon, j'ai pris de la corbeille, j'ai mis dans le panier; ayant opéré, j'ai remis du panier dans la corbeille. On jeûnait donc avant celle cérémonie; ensuite on faisait coûter des fruits renfermés dans une espèce de boite appelée tambour; on buvait de la liqueur nommée kikéon, contenue dans un vase qu'on appelait cymbale, à peu près comme nos gobelets de métal que nous appelons timbales. Ce kikéon était une mixtion de vin, de miel, d'eau el de farine. Le vase d'argile ou kernos que le candidat avait porté, contenait des pavots blancs, du blé, du miel, de l'huile. La corbeille cl le panier renfermaient à peu près les mêmes choses : c'est celle corbeille * qu'on voit toujours dans les peintures des mystères. Après ces questions et ces réponses, les récipiendaires étaient introduits dans le sanctuaire du temple, au milieu de l'obscurité la plus profonde. Tout à coup le voile se lève, et la plus vive lumière fait voir la statue de Cérès magnifiquement ornée. Tandis qu'on la considère, la lumière disparaît, el l'on est plongé de nouveau dans la nuit : l'horreur en est augmentée partout ce que l'industrie humaine peut imaginer de terrible. Le tonnerre gronde de toutes paris, l'éclair brille, la foudre tombe avec fracas, l'air est rempli de figures monstrueuses, le
(1) Quelques-uns pensent que ces mou signifient : Peuples, priiei l'oreille, ou faites silence. U Clerc
sanctuaire tremble, la lerre mugit. Bnfin le calme succède à la tempête, au fracas des éléments déchaînés. La scène se déploie et s'étend au loin, le fond du sanctuaire s'ouvre, el l'on aperçoit une prairie agréable on l'on va danser et se réjouir.
C'était daus le temple de Cérès, à Eleusis, que se donnaient ces spectacles. Chaque initié était obligé de copier les lois de l'initiation, et ne pouvait quitter la robe qu'il portait jusqu'à ce qu'elle fût usée: alors on en faisait des langes pour les petits enfants, on on la suspendait dans les temples. Dans les cérémonies de l'initiation, l'on montrait iqx récipiendaires la figure de l'organe mâle, symbole de la nature fécondante, el celle de l'organe femelle, emblème de la nature fécondée. On y prononçait aussi ces mois barbares, étrangers à la langue grecque: ko,; ô jttk;, Konx ompax, dont on ignore la signification précise (1). Les profanes, les homicides même involontaires, les magiciens, les impies, les scélérats, étaient exclus de la célébration des mystères. Lorsque les étrangers j furonladmis, il fallait qu'ils fussent présentés par un père adoplif, qu'on appelait Pylw, portier ou introducteur, du mot *<ih4, porte.
Quatre ministres présidaient aux cérémonies de l'initiation ; c'étaient Vlliérophantt, ou révélateur des mystères; le Dadowfut, chef des lampadophores, porte-flambeaux; l'Assistant ou ministre de l'autel; et le Ciryce ou Hierocéryce, héraul sacré (Foy. les fonctions de ces ministres à leurs articles respectifs). Les mystères étaient dirigés par un prélre qui portait le tilre de Hoioa^rchonte-Boi, et qui avait quatre assesseur» nommés par le peuple. Le roi présidait aui mystères et avait soin qu'on ne manquât à aucune des formalités; il était le grand-maltre des cérémonies, lorsque la procession allait d'Alhènes à Eleusis et qu'elle en revenait. Des quatre assesseurs, les deux premiers étaient toujours choisis dans les familles sacerdotales; le troisième élail de la famille d'Eumolpe, et le quatrième un Ceryce; mais tous devaient èlrc riloyensd'Atlièues. Il y avait encore dix officiers préposés pour les sacrifices, el qui portaient le nota d'Hiéropoces. Enfin il y avait des prêtresse». Outre la reine des sacrifices, qui présidait aux cérémonies les plus mystérieuses, il J en avait une dont le ministère particulier rc-
§ ardait l'initiation, et qui tenait un ranc istingué dans le temple d'Eleusis. Elle était toujours tirée de la famille des Philides.
Les grands mystères commençaient le 15 du mois boédromioo, el duraient neuf jours; pendant cet espace de temps, toute poursuite en justice était sévèrement prohibée; looi* saisie contre un débiteur déjà condamne était suspendue. Le lendemain des fêles, I' sénat faisait des perquisitions sévères ronlre ceux qui, par des actes de violence, ou par d'autres moyens, auraient troublé l'ordre de» cérémonies; la peine de morl, ou de forte*
prétend qu'ils veulent dire : veilUr et m psinl K' de mal.
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
RLE
*s étaient prononcées contre les cou- Le premier jour s'appelait Agyrme, de coofocation; il était employé aux itions, aux ablutions, à la réception lié*. Le second se nommait Halade on des initiés à la mer , parce que le it serrait de la formule «W< pv<rrou, ertir les initiés que, ce jour-là, on se à la mer pour continuer les purificommencée*. Le troisième jour était •s sacriGces; ils consistaient en farine, Met en orge recueillis dans les champs is en gâteaux, et en un barbeau, andes étaient tellement sacrées que res eux-mêmes n'en pouvaient pren-
* part. Le quatrième était destiné à 'ision du Calathion, corbeille sacrée irésentait celle où Proserpine dépo- Qeors cueillies par elle, lorsqu'elle fée par Pluton. Cette corbeille était ebar traîné par des bœufs, aux roues .'s en forme de cylindre. Le char était : femmes qui criaient par intervalle :
ijuvrif, Salut, Gérés 1 Elles portaient Ailles mystiques, fermées avec des couleur de pourpre, et qui contedu sésame ou blé d'Inde, des pyrade la laine travaillée, un gâteau, un , do sel, une grenade, du lierre, des de. Tandis «|ue le char passait on tait le regarder d'en haut, ni des feai des toits. Le cinquième jour s'apjuur des Torches, paroe que, la nuit le, hommes et femmes couraient les to flambeaux à la main, à l'imitation » cherchant sa fille ; c'était à qui au- ! lubeau le plus riche et le plus
• Usitième jour se nommait Iacchos, MDfur d'un jeune homme de ce nom ut aidé Cérès dans ses recherches. On ta statue eu procession, d'Athènes Céramique à Eleusis; il était reprérmé d'un flambeau, et avait, comme és, une couronne de myrte, emblème Mileur. On l'accompagnait en chanco dansant au son des instruments . en offrant des sacrifices et en acsant diverses cérémonies sur la route, uin que suivait cette procession s'api voie sacrée ; elle était traversée par lise, sur lequel on construisait un occasion de la solennilé.Ce pont était le personnes qui prenaient plaisir à saut de paroles avec ceux qui pas- U septième jour était consacré à des a des combats, dans lesquels le vainecevait en récompense une mesure Le huitième s'appelait les Epidauries, aoirede ce que, ce jour-là même, >e était venu d'Epidaure à Athènes
faire initier; et qu'on avait recomles cérémonies en sa faveur, parce ait arrivé à la fin des mystères. En aeoce on procédait à l'initiation de ni ne l'avaient pas encore reçue. Le me jour était appelé Plémochoé, vase S parce que, ce jour-là, on prenait rauds vases de terre, qu'on plaçait, es avoir remplis d'eau et de yiu, l'un