‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 192 sur 365 · ELI · texte numérisé non relu

ELI

envoya, dès la seconde année de son règne, consulter Beel-zébub , au sujet d'une blessure dangereuse qu il s'élait faite en tombant. Elie alla , par ordre dn Seigneur, andevant des envoyés , invectiva en leur présence contre la criminelle superstition du roi, et les chargea de lui dire qu'il mourrait de sa maladie. Ochozias ayant reçu ce message, et connaissant quel en était l'auteur, envoya un capitaine avec cinquante hommes pour l'arrêter; mais le feu du ciel , à la prière d'Elie , tomba sur le capitaine et snr ses gens, l les consuma. Ochozias en renvoya d'autres qui eurent le même sort. Ceux qui furent envoyés la troisième fois évitèrent la mort par leur conduite humble et respectueuse envers Elie ; le prophète descendit avec eux de la montagne où il s'était réfugié, et conGrma à Ochozias la nouvelle qu'il lui avait lait porter. Ce prince laissa , en mourant , la couronne à son frère Jorara. Ce fut vers le commencement de ce règne qu'Elie fut enlevé au ciel. Ce prophète signala son départ de ce monde par nu prodige éc<at.*nt. Ayant frappé les eaux du Jourdain avec son manteau, elles se divisèrent pour lui frayer un passage. Elie ayant traversé le fleuve à pied sec avec son Gdèle Elisée, fut tout à coup emporté en l'air par un tourbillon de feu qui avait la forme d'un char avec des chevaux. Il laissa tomber son manteau qui fut ramassé par Elisée. On croit communément qu'Elie n'est point encore mort, cl qu'il doit reparaître sur ia terre avec Enoch , à la Gn du inonde. L'Eglise ne laisse pas cependant de lui rendre un culte, quoique, selon le semiment le plus commun, il ne jouisse d is de la félicite des bienheureux; mais elle suppose que Dieu, l'ayant enlevé du milieu des hommes, l'a confirmé dans sa grâce et établi dans une sorte d'impecca liltté.

Les leligieux '.'.armes le regardent comme leur fondateur, parce que leur ordre a pris naissance sur le mont Carmel , où le prophète Elie aurait établi, disent-ils, une communauté d 'ermites, qui aurait subsisté jusqu'au lemp- des croisades , après avoir embrassé le christianisme. Mais rien n'est moins authentique. V >y. Carmel, Carmes.

Les musu'unans croient , comme les juifs el les chrétiens, qu'Klie n'est point mort , et qu'il reviendra à la Gn des temps. Ils le regardent comme le protecteur de ceux qui voyagent sur terre , et disent qu'il réside dans une montagne près d'Holvvan, ville de l'Ire , d'où il sort cependant Tort souvent pour veiller à la sûreté des voyageurs qui l'invoquent. Us le confondent fréquemment avec un autre personnage nomme Khedher ou ShUrt qu'ils prétendent avoir trouvé la fontaine de Jouvence. Y oy. Khkdhbii.

Les Par -os prétendent que Zoroastre, leur législateur, a été un des disciples d'Elie , on au moins que leurs ancêtres ont été instruits par les disciples des deux prophètes Elie et Elisée. Ce qui a pu accréditer chez eux celte fable, c'est que le prophète Elie Gt tomber plusieurs fois le feu du ciel , et qu'il

DICTIONNAIRE DES RELIGIONS

is un chariot de feu , élément ipal objet du culte des mages.

a été enlevé dans qui est le princi]

ÉLIECLEP, un des esprits célestes des insulaires des Caroline» occidentales; il était fils de Sabuukor et é'Balmeleul. Eliculep épousa, dans l'Ile d'Ouléa , Le teuhioul , qui mourut à la fleur de son âge , et s'enrôla dans le ciel. Elle avait donné le jour à un fils nommé Leugueileng , qui est regardé comme le grand seigneur du ciel , dont il est l'héritier présomptif. Eliculep forme , avec Leugueileng et Oulifat, une espèce de trinilé , à laquelle principalement les Carolins adressent leurs hommages.

ÉMON, ancienne divinité phénicienne; le même qu'Hypsistos , suivant Sanchoniaton :

en effet , p'Sy élyon , en hébreu, signifie le Très-H.iut, comme "Yy««r©ç, en iircc. Il épousa Béroulh (n*-Q béryth ? ) dont il eut Uranos et tihé , c'est-à-dire le ciel et la terre. Cette théogonie semble être la traduction du premier verset de la Oénèse : aviSt wrn itnnna, y-ixn nsi n^cwn nu. Uertsehith bara eluhim

(ou Elion) eth hatchamayim veeth haaret*. Au commencement , Dieu créa le ciel et la terre. Le mot bara, crearit, peut se traduire t à la rigueur, par genuit, ou peperil, du syrien ~a 6or, Gis. Bernchith a pu être pris pour un nom propre de femme, Beryth ou Bérécynthe, ELISÉE, prophète hébreu, héritier du manteau et de l'esprit prophétique d'Elie. Nous avons parlé de sa vocation à l'article de ce dernier. Après l'ascension de son maître, il se retira à Jéricho. Les habitants de cette ville s'étant plaints à lui que leurs eaux étaient malsaines et impotables , il y jeta du sel, et les rendit, par ce moyen , agréables au goût et salutaires. Allant de Jéricho à Bclhel, il rencontra de jeunes enfants qui l'insultèrent en l'appeLmt tête chauve ; il les maudit , et à l'instant il sortit d'un bois voisin deux ours qui se jetèrent sur eux et les dévorèrent. Les rois d Israël , de Juda et d'Idumée , étant en marche pour aller attaquer le roi de Moab , manquèrent d'eau. Dans cette extrémité, ils allèrent consulter Elisée , qui , en considération de la piété de Josaphat, roi de Juda, leur en procura d'une manière miraculeuse, et leur prédit en même temps une victoire complète sur l'ennemi commun. Ce saint prophète étant allé a Samarie , une pauvre veuve, pressée par ses créanciers , vint lui exposer sa misère. Bile n'avait pour tout bien qu'un peu d'huile. Elisée donna à cette huile la vertu de se multiplier. La veuve en remplit une grande quantité 'te vases, vendit cette huile et en retira un grand profit. Une femme de la ville de Sunam éprouva aussi la puissance et les bienfaits du prophète. Elisée ayant logé quelque temps chez elle , et sachant qu'elle était affligée de n'avoir point d'enfants, pria le Seigneur de lui en donner un , et sa prière fut exaucée. Mais cet enfant étant mort au bout de trois ans , le prophète le ressuscita. Elisée prodiguait chaque jour les miracles, lîn de ses serviteurs ayant fait

cuire des coloquintes sauvages pour 1ère.

pas des disciples , l'amertume de ce mets un leur permit pas d'en manger ; Elisée loi 6la son acrimonie, en y mêlant un peu de farine. Avec vingt pains, il rassasia nne prodigieuse multitude de peuple. Il guérit de la lèpre Naaman, général des armées de Syrie , el fit passer cette infirmité à Giézi , son propre serviteur, qui n'avait pas craint d'arracoer frauduleusement à ce grand personnage use forte somme d'argent et d'autres richesse». Il fil surnager le fer d'une cognée qu'on de ses disciples avait laissé tomber dans l'eau. Il rendit de grands services à sa patrie, en avertissant Joram , roi d'Israël de tous les projets formés contre loi par Bénadad, roi de Syrie. Bénadad irrité envoya un corps de troupe pour se saisir d'Elisée, qui était alors dans la ville de Dothain. Mais lorsque let gens du roi de Syrie entrèrent dans la ville, ils furent frappés d'une sorte d'aveuglement qui ne leur permit pas de reconnaître le prophète ; ils le suivirent même jusqu'à Samarie, croyant qu'il les conduisait à la retraite d'Elisée. Us furent bien surpris lorsqu'en entrant dans la capitale du royaume de Joram , leurs yeux s'ouvrirent, et qu'ils l'aperçurent de leur erreur ; mais ce prince, par le conseil d'Elisée, les renvoya sains d saufs à leur roi. — (quelque temps après, Bénadad revint mettre le siège devant Samarie , et la famine réduisit bientôt la ville aux dernières extrémités. Joram , désespère de tant de maux, s'en priti Elisée qui, pouvant obtenir du Seigneur le salut de la fille, ne daignait pas le demander; et il envoya des gens pour le tuer. Il n'eut pas plotàt donné cet ordre , qu'il s'en repentit , et courut lui-même pour en empêcher l'exécution. Il serait venu trop lard , si Elisée . connaissant ce qni devait arriver, n'eût déÉendn qu'on laissât entrer les gens du roi. Joram, en arrivant, les trouva arrêtés à la porte. Elisée se présenta devant lui , et loi prédit que le lendemain, à pareille heure, il y aurait dans la ville une telle abondance d? vivres que l'orge et la farine se donneraient à vil prix. L'événement justifia encore U prédiction de l'homme de Dieu ; les assiége.mts, saisis pendant la nuit d'une terreur panique, s'enfuirent précipitamment, Unsaul à la merci des assiégés un campriebe ment approvisionné. — Elisée se rendit ensuite à Damas , ville capitale de Syrie : Bénadad le consulta sur sa srtnté ; le prophète répondit que sa maladie n'était pas mortelle, mais nue cependant il ne s'en relèverait pas Il prédit ensuite à Hazaël qu'il succéderait à Bénadad sur le trône de Svrie. Ce prince, de retour auprès du roi, l'éto'uffa avec une couverture mouillée , pour hâter l'accomplis^ ment de la prophétie. Elisée revint à Samarie et y tomba malade. Le roi Joas vint le»»siler , et le prophète lui prédit les victoires qu'il remporterait sur les Syriens. El^ee, étant mort quelque temps après , fui »»h '* inô avec les plus grands houmur». U* miracles l'accompagnèrent jusque tombeau. Car peu le îemns après «e* otr

173 tuli Mes, des gens qui portaient on corps à la Soliore, ayant aperçu des voleurs, jetèrent à finale le défunt dans le sépulcre d Elisée, «ni était loot proche , et prirent la fuite ; a» le mort n'eut pas plutôt touché le corps il saint prophète, qu'à l'instant même il rertOTfi la *ie. — Les chrétiens orientaux wlèbreot la fête de cet illustre prophète le lijoio ; l'Eglise d'Occident en fait aussi mémoire.

ELLÉRIENS, oo RONSDORFIENS , secte protestante , qui prit naissance , vers l'an JT36, dans le duché de Berg, et s'étendit dans le voisinage. Elle eut pour fondateur Elie Eller, né à Ronsdorf, près d'Elberfeld. Gler se prétendait issu de la tribu de Juda ; il épousa loccessivement trois femmes : la première , à cause de sa piété ; la seconde , mtu jeunesse, et la troisième, pour son irpt. Celle-ci , Anne de Buchel , était fille (ta pâtissier d'Elberfeld; elle seconda puismment son mari dans la fondation d'une watelle Eglise. Ils prirent le titre de père et fcoiA-f de Sion , el soutinrent qu'ils étaient b dent témoins annoncés dans le chapitre « de l'Apocalypse. Eller consigna ses réveneidaos an écrit allemand intitulé Hirtenuadu (la Pannetière) , par allusion à celle de David qui contenait cinq pierres pour ternm le géant Goliath. Il y disait qu'il contait familièrement avec Dieu, comme un UBiafecson ami ; que l'Eglise étant tombée, Dieu, qui résidait en lui , l'avait suscité pour fader une autre Eglise, la nouvelle JéruuleiMiec la coopération de sa femme a qui W» les secrets de la prédestination étaient ma». 0 fanatique réussit à faire quelques promut» à Elberfeld, et leur communiqua WDMlf.oosiasme. En 1728, il leur ordonna deoirtter la ville, en leur annonçant qu'ello àlkk (ire dévorée par les flammes , comme autrefois Sodome et Gomorrhe. Au jour fixé poor cette grande catastrophe, tous partirent de rrand malin, et gravirent la montagne de loasdorf , pour être témoins de l'embrase- B«t. Ils attendirent vainement jusqu'au iwr. Ce mécompte amortit leur zèle sans les désabuser. Us élevèrent, à Ronsdorf, des maiion disposées de manière que toutes avaient n« sur la demeure de leur patron. Eller ferint le despote et ensuite le tyran de ce F*iil royaume ; c'était un homme rusé et ambitieux , qui , pour dominer sa petite wte, employait 1 espionnage. Il aimait les tonçs repas et les orgies , moins peut-être «root pour la débauche , que pour saisir l« secrets des hommes ivres ; car il avait assei de retenue pour ne confier qu'aux adeptes sa doctrine , dont un des articles «ait de nier tout en cas de besoin.

Ko 1750 , un synode de réformés , tenu a ^aldeck, condamna Eller el ses adhérenls ; 'k forent également condamnés par la faculté ibéologique de Marpurg, puis excommunies dans un autre synode de réformés. La «»ort daller, arrivée en 1750, refroidit l'enthousiasme , et détrompa la crédulité d'une taie de gens qu'il avait séduits. Le seul réullal heureux des rêveries d'EUer fut que

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