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l'antique Orphée , arrachant à la mort son épouse Eurydice ; nous la rapportons ici tout entière , tant parce qu'elle est bien propre à faire connaître ce qu'ils entendaient par le pays des âmes, que pour donner une idée du style et des conceotions de ces peuples réputé» barbares.
Un jeune Mingwé , appartenant à la famille de la Grantte-Tortur , avait une sœur nomotée le Petit- Epi, qu'il aimait par-dessiitt toute chose. A la vérité, nulle jeune fille n'était aussi habile qu elle à cultiver le maïs, à préparer le» peaux, a orner les bottines de chevreuil avec le poil du porc-é| ic : elle était en outre si belle, que les cli fs de trois villages avaient voulu répudier leurs femmes pour l'épouser ; mais le Vêtit- Epi se trouvait heureuse près de son frère, qui était un bon chasseur et un grand guerrier.
Cependant la maladie tomba sur le village, et la jeune fille fut atteinte une des premières. Son frère partit en vain pour lui rapporter de la chair d élan , le l'elil-Epi avait perdu la faim ; elle res ait la tète appuyée sur son bras replié comme un faon que la flèche a blessé. On appela les Agottinochen (voyants) , pour deviner ce qui rendait le Petit- l'pi malade; mais ils ne purent le découvrir, et la belle jeune (il le mourut. Le frère lut désespéré de cette perte. Il plaça dans la tombe du Petit-Epi ce qu'il avait de plus précieux en colliers , en ornements , en fourrures ; puis il part t pour la guerre , espérant se consoler en enlevant b.aucoup de chevelures aux Leni-Lenapés.
Mais le souvenir de sa sœur lui revenait sans cesse. Il comprit qu'il ne pouvait vivre, s'il ne parvenait à la faire revenir sur la terre, et il supplia son okki de lui révéler les moyens de la retrouver. L'okki lui envoya un rôve par lequel il lui conseillait de s'adresser à un célèbre -olilaire nommé Sononkteirctsi , ou la Longue-Chevelure. Le jeune Mingwé se rendit à sa cabane, lui exposa son désir , et , après avoir reçu ses instructions, il partit pour l'Eskénane.
Il marcha plusieurs mois vers l'ouest, trouvant â chaque pas des difficultés nouvelles qu'il put cependant surmonter , grâce aux avertissements de la Longue-Chevelure. Enfin, il arriva à une rivière qu'il fallait traverser sur une liane ; encore ce pont était-il gardé par un chi u terrible qui s'efforçait de précipiter dans l'onde ceux qui tentaient le passage. Mais le Mingwé avait pris ses précautions : au moment où il arriva au bord de la rivière, il lâcha tout â coup une martre que le chien se mil à poursuivre , et il profita du moment pour franchir le pont.
Il rencontra ensuite la cabane du génie charge de conserver les cerveaux des morts ; il lui fil présent d'une provision de pémitan (i) qu'il avait apporté , et l'esprit reconnaissant lui donna une g ourde pour renfermer l'â-oe du Petit- Epi. Enfin , peu de jours après , il aperçut une campagne ravissante parcourue par tes âmes de toutes les bôtes
0) *»aade sécbée an soleil, puii pilée ei couverte de graisse fondue. Elle sert de provision pour le* longp
NCTIONWIRF. DES NFUf.lONS.
fauves qui s'étaient successivement séparées dp leurs formes dam le montle des vivants. Bientôt il entendit de loin le son du tambour el du chichiNwé (I qui mar(|iiaient la cadence pour la danse desâmes. El, entraîné à l'instant par une sorte de charme (oui- puissant , il se mil à eourir vers le lieu où relentissail relie musique fascinante. A son asiiecl trois îiinc> se séparèrent «le la ronde el vinreni , selon l'usage, pour le recevoir ; mai*, en reconnaissant un vivant, elles s'enfuirent épouvantées
Il arriva donc seul à la demeure d'AlaensiK : c'était une rabane tapissée de fourrures précieuses el de colliers apportés par les morts. Le jeune Mingwé y trouva le dieu Taroniavvagon assis près de son aïeule, el il leur dit ; « Vous qui êtes des esprits, vous «levez savoir pourquoi je suis venu vers vous du pays des vivants. Un grand oiseau noir a plané sur le village des Mingwés, ci le vent de ses ailes a fait tomber les guerriers el les jeunes filles, comme les feuilles des arbres tombent à la lune des amours de l'élan (octobre). Ma sœur, le l'ctil-Kpi , a été déposée dans la terre après beauc oup d'autres, et, de. puisée temps, mon âme est malade. Permettez donc, esprits des morls, qu'elle revienne avec moi au pays des Mingvves. Voici un collier que je vous offre pour ouvrir vos bras dans lesquels vous retenez le Petit-Epi, puis un second pour lier vos pieds, afin que vous ne puissiez la poursuivre, puis un troisième pour essuyer \os yeux, si vous pleurez sou départ. » Taroniawagon et A taensik répondirent : « Voilà qui est bien. Tu peux emmener le Petit-Epi.
Cependant la vieille voulut auparavant offrir un festin au jeune Mingwé, el elle lui servit sous différentes formes des serpents dont le poison l'eût infailliblement tué, si Taroniawagon ne l'eût averti de n'en point manger. Le jeune homme s'approcha ensuite des âmes qui dansaient sous les arbres; il se cacha derrière le feuillage, et, aide par Taroniawagon, il surprit sa sœur au moment où elle passait près de lui , el l'enferma dans la calebasse qu'il avait apportée. Il reprit aussitôt la roule du pays des vivants. .Mais il avait tant de bâte d'y arriver qu'il oublia de redemander, en passant, au génie précédemment rencontré, le cerveau du Petit-Epi.
Il atteignit enfin son village, où il annonça le iUCCès de son entreprise. Toute la tri hu ^e réunit pour déterrer le corps de la jeune fille et y faire rentrer l'âme avec les cérémonies que Taroniawagon avait indiquées au Mingwé. Tout était prêt pour cette résurrection , lorsque le jeune homme, poussé par une curiosité irrésistible, voulut voir si l'âme sC trouvait bien toujours dans la calebasse magique : il entrouvrit celle-ci: mais au même instant, l'âme capti>c. se sentant libre, s'envola, et le voyage du Mingwé se trouva ainsi rendu inutile. Il ne rapporta d'autre avantage de son entreprise que celui d'avoir été a l'LsIténanc , el d'eu pouvoir donner des
nouvelles sûres , qui ont élé transmises à ta postérité. *
L'Eskénane semble calqué sur l'enfer des Crées el des Latins ; on y retrouva les lirai de plaisir et le séjour des souffrances • Ti roniawagon et Ataensik rappellent Huton et Proserpine. On y trouve également unuVUTe infernal el le chien Cerbère. La légende 4 Mingwé a des rapports frappmts avec l'O* pbée grec. Dans les deux mytl.es , c'est l' mour (Conjugal nu fraternel) qui con luit vivant dans l'empire des morls; cVst l'éL quence de sa prière qui louche les dieux î» fernaux; c'esl sa curiosité impatiente rend inutile ce qu'il avait ob cnu.
ESMDN , un des Cabires Phéniciens h troisième des entants «le Sydvk . I d'une Tit* nide. Sanchoniaton et II ,'m.iscius le confo*. dent avec Asclépius ou I sculape. Djmasciusdit que « c'était un jeune homme d'ni si grande beauté, qu'Aslronoé, reinedeP6 nicie, mère des dieux, soupira p tur lui. M celui-ci, qui ne prenait plaisir qu'à leo des pièges aux animaux des foréls, s'aper vaut que la déesse lui en tendait à lui-méi el qu'il ne pouvait lui échapper parla foi se rendit eunuque d'un coup de b iche tronoé, affligée de cet événement, lui d le titre de Pctan ; et lui ayant rendu si« leur vivifiante, le mit au rang des dietu.fi a cause de celte chaleur v itale qu'il fol pele E$mun par les Phéniciens; quo, d autres pensent que ce fut parce quece Signifie huitième, el que ce nom lui fut i à cause qu'il était le huitième lilsdeS,. C'est lui qui portail la lumière au milieu ténèbres. » Le nom VEsmun est en effet mot oriental , qui peut signifier huitii comme l'observe Damascius (en hebce lyasphaschmini, huitième). Il peut aussi la signification de leu vital , car la prem s> llahe x i refl v eut dire le feu dans les eues de l'Orient , et f>E» sctiemtn eslle du ciel
ESPÉRANCE. 1. Les Grecs en avaienl une divinité qu'ils appelaient Elpil.
Romains la révéraient pareillement, et avaient érigé plusieurs temples. Ils lui offrtj des sacrifices le 5 du mois d'août. Les p1 la supposaient sœur du Sommeil qui pend nos peines, et de la Mon qui les Pindare l'appelle la nourrice des vieilla On la représentait sous la figure d'une je nymphe, à l'air serein, souriant avec grée couronnée de fleurs naissantes qui anoo Cent des fruits, (>i |Pnatll à |a m.,jn un ho
quel de ces mêmes fleurs. On lui affectait couleur verte, comme emblème de la 1 dure nouvelle qui présage la récolte
grains
2. L'Espérance est, dans le christiania la seconde d s trois vertus théologales. I nous fait espérer en Di< u, c'esl-à-.lire met notre confiance dans ses bontés etdaosi^ promesses. Les iconologisies la personnifie sou li figure d'une jeuue tille, appuyée sa
(h Çlkd»StO dans hwiiellesnnt enf-rmé» de peiii& cailloux.
m esp
onf ancre de navire et les yeux levés vers le riel. Voy. Verres théologales.
ESPBIT (Saint-). C'est la troisième pertonoe de la sainte Trinité, qui, selon la croyance de l'Eglise catholique, procède, par ioiide spiration, du Père et du Fils, ne fait avec eux qu'une seule et môme divinité et Icor est égale en toutes choses. Ces vérités *oni appuyées sur plusieurs passages de l'Ecriture et sur la tradition. Le concile de Nicée n'avait pas insisté tx professo, dans son symbole, sur la divinité du Saint-Esprit, parce qu'alors cela n'était pas nécessaire ; cela donna lieu à quelques hérétiques, comme les pneumatotnaqoes et les macédoniens de soutenir que le Saint-Esprit n'était pas Dieu ; mais ils furent condamnés par plusieurs conciles. Celte erreur a été renouvelée par ceux d'entre les protestants qui prennent ta qualification d'unitaires. Voy. ce (bot.
Quant à ce qni regarde la procession du Saint-Esprit, il était dit seulement dans le symbole du concile de Constaolinople, que le Saint-Esprit procède du Père; sur quoi on jugea à propos d'ajouter, dans le premier concile de Tolède, tenu en 400, qu'il procède aussi du Fils, F Moque. Cette addition fut reçue dans toutes les Eglises d'Occident , comme une explication utile des paroles du concile do Constantinople , dont la trop grande brièveté pouvait exciter des disputes; caria croyance générale de l'Eglise avait toujours été que le Saint-Esprit procède également du Père et du Fils. Cependant les Grrcs trouvèrent mauvais qu'un concile eût fait des additions aux définitions d'un concile précédent, et soutinrent que cela n'était pas permis. Photius, patriarche de Constantinople, saisit avidement ce prétexte pour exciter le schisme qu'il méditait; et l'Eglise rrecque, pour un si faible sujet, se sépara de l'Église latine. Toutefois, dans le concile général de Florence, tenu l'an 1439, les députés des Grecs reconnurent que le Saintbpril procède également des deux premières personnes, approuvèrent l'addiliou Filioç»e, et se réunirent à l'Eglise romaine. Mais cette réunion dura peu, et la plupart des Eglises d'Orient persévérèrent dans leur erreur. Delà la distinction qui existe encore maintenant entre les Grecs unis et les Grecs ichismatiques.
Dans l'ancienne loi, il est souvent p irlé du Sa nt-Esprit ou Esprit de Dieu, mais sans que sa nature soit nettement déterminée ; «Tnù il résulte que les Juifs regardaient cet tspril comme uni; émanation de la divinité, mais non comme une personne divine; ce mystère ne fut révélé que dans la loi nouvelle. Bien que les trois personnes divines concourent toutes, comme ne faisant qu'un seul Dieu, à tous les actes de la divinité, le Saint-Esprit est cellequi vivifie rl anime tous les êtres que le Père a tirés du néant, et qui sanctifie tous ceux que le fils a rachetés. ïoy. TniPfiTÉ.
Le Saint-Esprit s'est manifesté deux fois d oue manière visible; la première, au bap-