‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 222 sur 365 · ESP · texte numérisé non relu

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témede Jésus-Christ, lorsqu'il descendit sur la personne du Sauveur sous la forme et l'apparence d'une colombe; la seconde, le jour de la Pentecôte , lorsqu'il descendit sur les apôtres et sur les disciples assemblés dans le cénacle sous la forme de petites flammes ou langues de feu. C'est pourquoi les peintres et les sculpteurs le représentent souvent sous la forme d'une colombe-, ils le peignent aussi sous la forme de petites flammes, lorsqu'ils veulent représenter la scène de la Pentecôte.

ESPRIT (Ordre du Saint-). Cet ordre, qui a fait des chevaliers jusqu'à Charles X, fut établi en France par le roi Henri 111 , en souvenir de ce que, le jour de la Pentecôte, il avait reçu deux couronnes, celle de Pologne et, plus tard, celle de France. Le roi s'en déclara chef souverain, et en unit pour jamais la grande maîtrise à la couronne. 11 ea solennisa la fête le 31 décembre 1578 et le premier jour de janvier 1579, en l'église des Auguslins de Paris. Les statuts de cet ordre comprennent 93 articles. Le nombre des chevaliers fut limité à cent, parmi lesquels étaient compris neufs prélats; tous devaient faire preuve de noblesse, à l'exception du grand aumônier, qui était commandeur do droit.

La croix de l'ordre est d'or, à huit rais, émaillée, chaque rayon pommelé d'or, une fleur de lis d'or dans chacun des angles de la croix, et dans le milieu une colombe d'argent. Les chevaliers et officiers ont, de l'autre côté de celte colombe, un Sainl-Mich l, au lieu que les prélats portent la colombe dos deux côtes de la < roix, n'étant associés qu'à l'ordre du Saint-Esprit et non à celui de Saint- Michel. Le collier de l'ordre, auquel est sus peudue la croix, était composé de fleurs de lis, d'où naissent des flammes et des bouillons de feu; d'H couronnés avec des festons et des trophées d'armes. C'est ainsi que le roi Henri IV le régla avec le chapitre, l'an 1597, en changeant quelque chose 4 celui qu'Henri 111 avait ordonné.

Voici les cérémonies qui étaient observées à la réception d'un chevalier. Le jour où il devait être reçu, il se rendait à 1 église, en habit de novice, c'est-à-dire avec les chausses et le pourpoint de toile d'argent, la cape et la toque noires. Là, il se mettait à genoux devant le roi, et mettant la main sur le livre des Evangiles présenté par le chancelier de l'ordre, il prononçait le serment qui suit : « Je jure et voue à Dieu, en la face de sou Eglise, cl vous promets, Sire, sur ma foi et honneur, que je vivrai et mourrai en foi et religion catholique, sans jamais m'en départir, ni de l'union de notre mère sainte Eglise apostolique et romaine; que je vous porterai entière et parfaite obéissance, sans jamais y manquer, comme un bon et loyal sujet doit faire. Je garderai, et défendrai, et soutiendrai de tout mon pouvoir, l'honneur, les querelles et droits de Votre Maje>lé royale, envers et con re tous; qu'en temps de guerre je uio mettrai a votre suite en l'équipage tel qu'il appartient à personne de ma qualité; et en paix, quand il se présentera quelque occa

wr.TlONN Allusion d'importance, toutes et quant** fois qu'il vous plaira me mander pour vous servir contre quelque per onne qui puisse vivre et mourir, sans nul except- r, el ce josqu à la mort; qu'en telles occasions je n'.bau (muerai jamais voire |> rsnnnc. mu le Heu < iù > o i$ m 'aurez ordonné de servir, «ans voire expiés congé et commandement, signé de voire propre main, ou de celui auprès duquel vous m'aurez or tonné d el e, sinon quand je lui aurai fait apparoir d'une juste el le.; » ru < occasion; que je ne sortir ai j ;mais de vo ie royaume spécialement pour aller an service d'aucun prince étranger, sans votre dit commandeuicn ; et je ne |treudrai pension, «rages, ou état, d'autre roi. prince patentai el seigneur que ce soit; ni m'obligerai au service d'autre personne vivante que de Votre Majesté seule; que je v ous révélerai fidèlement loui ce que je saurai ei-apiès impôt 1er à voire service, à l'Etat et conservation m présent onlre du Sainl-Espri: . duquel j] Vuus plaît m'honorcr:»! neconscn'ir.ii.ni permettrai jamais, en tant qu'à n ui sera, qu'il soit rien innove ou ait n!é contre le service de Dieu, ni contre vo're autor. té royale, et au préjudice dudit ordre, lequel je mettrai peine d'entretenir el augmenter de tout m u pouvoir. Je garderai et observerai très religieusement tous less'atuts et ordonnances dïeelui ; je porterai à jamais la croi\ cousue, et celle d'or au cou, co.ume il m'est ordonné par lesdils slaluts; et me trouverai a foules les assemblées des chapi res^e. éraux, lotîtes les fois qu'il vous plaira me le commander, OU bien vous ferai près ut - r mes c\< uses, lesqu Iles je ne tiendrai pour bonnes, si e les ne sont approuvées et aul«iisees de Votre Majesté, avec l'avis de la plus grande paitie des commandeurs qui seront prés d'elle, signé «le votre main, et scellé du ceau de I ordre, dont jeseriilenu d« leiir racle « Après que lecbevalicra pionooeé ce vomi, et qu'il l'a signé de sa main, le prévôt présen e au roi le manteau et le niantelc de l'oi.re; le roi en les donnant nu chevalier lui dit : L'ordre vous revêt et vous couvre du manteau de son aimable compagnie et union fraternelle, à l'exaltation de m Ire loi et religion catholique; au nom du l'ère, et du Fils, et du > ainl- Kspril. » Le grand trésorier présente cusuiic à Sa Majesté le collier • u'clie m l au cou du chevalier, en lui disant : « lleceve/ de noire main le collier île notre ordre du hennit Saint-Esprit, auquel nous, comme souverain grand-mailrc, vous recevons ; et ayez en perpétuelle souvenance la n ort et pa««oou de Notre - Se'gneur et Hédempleur Jésus- Chrisl. En signe de quoi nous vous ordonnons de punira jamais cousue à vos h ib ts extérieurs la croix d k< lui, et la croix d'or au col avec un ruban de couleur bleu célesle; et Dieu vous fasse la grâce de ne t oui revenir jamais a x vieux el serments qu • vous venez de faire, lesquels avez p rpe'uelle menl en voire cu*ur; de ni oit m que si \ mis y contrevenez en aucune sorte, vous serez privé de celte comp gnie, et encourrez les peines portées par les slaluts de l'ordre; au

ors IU LIRIONS.

nom du Père et du Fils el du Saint-Eqrt i A quoi I chevalier répond:* Sire. |»ieU don e la grâce, el plutôt la m ri que ].\ ■-. , y faillir, remerciant très-huinh e-netii Vr, r Majesté de l'honneur el hie . qu'il vnu« 0;, me faire. Lu a< -devant il baise la u.i.n . roi.

L'ordre du Saint-Esprit, sur i ri < e p,ir ! revuluiiou Irançaise, a été re'ah i par i Moui llons lors de leur r- s|;mr lion »or b trône de leurs aneèt es. Il a oie alu.li no - veau eu IS.jO; el il n'y a pis d'apparu qu'il soit j imais rétabli.

KSP.ilT Al DUOIT DLSÎH nR„r.E DcSâtn.)

Lou s de Ta enle, roi de JémsaVm H & Sicile, e mie de Provence, m iri île I. rmj Jeanne !", avait insiit.e, F m I.Tvl, IVrln du S int-l «./o;/ au droit «Ys/r. || ;,|^ sons la protection de Sami-Ni olistb hn, dont l'nnag.' p«>mlai( au bas du clïipfd» l ord e. Les chevaliers poria eid sur km arm s et leurs babils c Ue devise: Si Ut u pln'tt; quelques aulres ajoutent un nf^far, en témoignage d'union et d'ami 10. 1/ irmh! es qui suivirent la mort du roi LooMor r| cause que cei ordre n» lui sur verni pas.- On i prétendu que ll -ori | |. revi iuni dt Pologne en France, pour y pu-mlre \<^*si » i de la cuuroMie. prit eonn •i-s^r ce t ^ cuise de* stalnlsde cet ordre, eotdeiiu>M' un précieux manuscrit, et nue c'est ce {à lui .n -pira le dessein d'ériger un nouvel orire du Saiiil Esprit.

ESPRIT Cncv vi ti us ue i 'HôpitaldcS^I

Soiva l quelques auteurs, le pape Pnlft insti ua, à Home, F n t Vc»8. des cb »aim de i'IIôp til du Saint-Esprit, quiporl: »' n e croix patee blanche.

ESPIUT (CmxoixES nfcGtLii R5 dc Smr-f.

Dans le xn -iècl «, frère tiuy, quatrième fi'sde «iti llanine. fi s de Sibille, s» -igneur df pell.er, fonda dans cette ville un Ii6 il'l. auq rel il donna L- nom du Sniiit-Efjru.U bon o tire qu i: y établit lui att ra eu p uJ« temps beaucoup de frères ou associes, qstfc dévouer ut comme lui au service des pa* vres. el qui allèrent dans plusieurs villrs «ta royaume fonder de p reils établissent- Le p. p ■ Innocent iil confirma leur ins'ilul, declaia la ma >ou de Montpellier chef lie" loidie. et décida que ouïes les maisons déjà établies ou à e'ablir reconnaîtraient i pf?péiuite frère t î : i y et ses successeurs pur supérieurs généraux. Eu \l d, frère Guy alla à lUune pour y prendre soin Je lli pilal de Sainte-Mane in Siur a, que le pap< unil à cel i de Montpellier par un l»ref J* l'aminée 12 P*. Cet ordre s'esi conservé en Pologne et fleurit encore eu Italie. Ses prinfi' pales maisons, «n Fr.nce. étaient à J ij^- Itcsacçou. Poi^i.y, Har-sur-Aube. N'n Pliante en Alsace' Les religieux é aifi'i llJ' lilles iviniiii' les ecclésiastiques ; il* P'f* talent eu emeul une cioix de l aie lifvuHf à itouze [loiules sur le cote g aui lie Je 'f'uf soulane et de leur u\auleau. Ilsavaieul,<l*M

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IVfli*. nne au rousse de drap noir, doublée et fcor/ée d'one fourrure noire.

ESPRIT (Grand). 1. Les peuplades de l'AtKTu\ve septentrionale, que nous traitons 4t uuvaees <•! de barbares, avaient et ont rtfore sur la divinité des idées beaucoup pus jOftt s que bien des peuples réputés sa- |ft df 1 ancien niond»*. La grande f nni le des ! nappes, les Canadiens et plusieurs autre* ijhoiis reconnaissent et adorent , sous le •omde KucHi-M*niTou ou Grand Esprit, bd dieu suprême, iDvisinl», souverainement iod. auteur et conservateur de toutes choits. Il* le regardent comme ia source de tout ivncts'ul digne d'être adoré. C'est lui, dîseal-il« qui a créé tout ce qui existe, et qui téf le* pir sa provideuce les principaux ovéoto^Dt- de la vie. Les calamités qui assié- |r»t le genre humain sont à leurs yeux des dùiim n!» que sa jus'ice inflige à noire per- Hoité. C'est pourquoi le- missionnaires cailoJqif» oui conservé presque partout le tenue de Kitc'ti Manitou, comme eipression fttérique du nom de Dieu rhez ces peuples, iràléde lui ils placent un génie malfaisant, Hctehi- Manitou (mauvais esprit), sans être four cela dualistes, pan e que la plupart le rçardenl à peu près comme nous faisons le taon, et non point comme une puissance tjaleau Grand Esprit. Voyez Manitou, Krros-Vkmoi. Matcbi-Manit >u.

ILe» plaionictens admettaient on esprit rrv4ièsdans l'univers, principe de toute géaeuiiooet de la fécondité des êtres, Hamme lut. vive et toujours active, à laquelle ils Vaillent le nom de Dieu. Virgile a déveto»»* ta beaux ver» ce système poétique, IMwide base au spinosisme.

E>WWrS. On entend en général par le *> fynd des substances intelligentes suppure* a notre nature humaine. — Mais J-MiU'i Esprits? — Si nous posons celte M»( on à a plupart de ceux qui se disent ^Uophes en ce siècle, leur réponse sera » *>» ire de dédain et de pitié. Suivant M croire aux Esprits, c'est l'effet d'une ii^irde superstition. Plusieurs même préfcadenl qu»- l'esprit humain n'est que le ré— WUl de l'organisation de la matière, et lut en aucune sorte une substance distincte ta >«k D'après ce système, l'homme qui * ^ aérerait des autres animaux ou de la Witre inerte que par une organ sati m un >o m >ins impartaile, serait en même temps "tttptui ultra de la création. El cependant J»rfrono^is»enl qu'il y a uans la nalure une niine amendante des êtres qui arrive par 'Kçradalion insensible du minéral au véu-al. do végétal au mollusque, du niollusl^i l'bounne. Ils avouent qu'il y a entre (Atque règne des êtres qui participent en 16 ' ,np temps au règne infè'ieur et au règne "Marieur, tellement qu'il est fort difficile, Hr &e pas dire impossible, de déterminer *^u«l des deux ils appartiennent réelle- Jkoi Or, »i nous voyons dans les animaux **«tgeice s'accrol re à mesure qu'on ?ine du xoophyie aux mollusques , aux

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reptiles, aux poissons, aux oiseaux, aux

mammifères, à l'homme, pourquoi l'échelle asrendante s'arrélerait-elle à ce dernier? Pourquoi l'homme , doué «l'un corps et d'un esprit, ne serait-il pas l'anneau qui servirait à mont r à un degré supérieur comprenant les êtres purement spirituels, lesquels comblent < n que que sort»* la distance qui .sépare l'homme de Dieu? Les hou mes de>es pèrent de trouver j-imais l'extrémité de 1 échelle des astres : ils Tiennent naguère d'avoir l'assurance que jamais ils ne pourront déteroiiner le terme des planètes qui appartiennent à notre système sol ire, et ils s'imaginent avoir parcouru dans son entier la gradation des êtres animés 1

Quoi qu'en disent les matérialistes, il y a eu de tout temps et il y a encore des effets surnature ls; or, s'il y a des effets qui ne peuveni être produits par les corps, il faut nécessairement qu'il y ail dans l'univers autre chose que >Jes corps. Donc, quand la religion ne nous aurait p is enseigné d'une manière < la ire et évidente l'existence d'esprits sép-irés des corps, on serait fo cé d'admeitre qu'il y a des êtres purement spirituels. Mais 1 Ecriture ne nous permet aucun doute sur ce point. C'est assurément de tous les articles de foi, le mieux établi, le moins contesté, et le plus universellement rèpandQ dans le monde. Maimonidcs prouve avec beaucoup d'érudition et de juge oent, qu'avant M »ïse, les Sahéens, les Egyptiens et les Chaldeens adm-tia^ent des gei.tes bous et mauvais. Tous les anciens poètes et philosophes ont reconnu ce dogme, et nous ne craignons pas d'avancer qne loutes les nations anciennes et modernes sont unanimes sur ce point. On se tromperait si l'on s'imaginait que c'est une preuve de la grossièreté de quelques nations. Les peuples les plus civilisés n'ont point différé en ce point de ceux qu'on appelait barbares ; et on peut voir dans les ouvrages de Porphyre, de Jamblique et de saint Clément d'Alexandrie, combien la doctrine des Grecs étai semblable À ce. le des Egyptiens, touchant l'existence des bons et des méchants Esprits, c'est à-dire des anges el des démons.

Toutefois, il parait que tous les peuples n'ont pas cru les esprits purement spirituels ; plusieurs leur ont prêté un corps, mais un corps subtil, éihéré, formé par conséquent d'éléments moins grossiers que le corps humain. Les uns prétendaient qu'ils étaient immortels; d'autres voulaient qu'ils fussent assujettis à peu près aux mêmes besoins que l'homme, et soutenaient qu'ils pou * aient engendrer, souffrir, être blessés et mourir com ne nous; d'autres pensaient qu'ils pouvaient à volonté changer de corps, et prendre les figures qu'il leur plaisait. Les uns leur assignaient te ciel pour séjour; d'autres, les airs ou l'espace sulduuaire ;d'autrès, la surface ou les entrailles de la terre ; d'autres les »; outagnes ou les so libres forêts; d'autres enfin voulaient qu'ils fussent répandus dans tous les corps de la nature,

Voyez Auges, Dkmons, Diables, Div, Génies, Djinn, Ame, Asoiras, etc., elc.

ESQUINISTES, ol E-CHINISTES. Seclc de monlauistes, qui suivaient le sentiment d'Eschine, disciple de Montai», cl confondaient les personnes de la sainte Trinité; ce sentiment a été rendu célèbre par Sabellius. Voyez Montanistes, Sabellimstes.

ESKOUN-TÉGKI, nom d'un des principaux génies célestes de la théogonie bouddhique, chez les .Mot gols ; le même que Brahtna des Hindous. Voyez BtunsiA.

E*SÊENS,ou ESSENIENS. L'historien Josôphe, parlant des sectes qui subsistaient de sou temps parmi ceux de sa nation, en marque trois, savoir : les Pharisiens, les Sadducéens et les Esséniens. Il préfère ceux-ci aux deux autres pour leur genre de vie. Il assure de plus qu ils étaient juifs d'origine; si cela est, comme il parait certain, saint Epiphane s'est Irompéen les mettant au nombre des Samaritains. Les uns les ont comparés aux philosophes pythagoriciens , les autres aux moines chrétiens ; et on leur a donné le nom d'Ascètes juifs. Philon distingue deux sortes d'Esséniens : les uns se mariaient et les autres vivaient dans le célibat; Josèphe même parait faire allusion aux uns et aux autres. Serrarius, qui a écrit fort au long sur cette matière, fait, après Philon, deux classes d'Esséniens ; la première est de ceux qu'il nomme pratiques, et qui vivaient en commun; la seconde est de ceux qu'il appelle théoristes, c'est-à-dire qui menaient une vie purement contemplative, vivant dans la solitude, et éloignés de tout commerce du monde. Il ajoute que Josèphe n'a fait mention que des premiers, et qu'il n'a point parlé des contemplatifs, appelés par Philon Thérapeutes, et qui étaient principalement en Egypte.

Après les écoles ou les communautés des anciens prophètes, les Hébreux n'ont rien eu de plus parfait ni de plus remarquable que leurs Esséniens. Voici le p.irlrait que Josèphe nous en a laissé : Ces philosophes vivent entre eux dans une parfaite union, et ont en horreur la volupté, comme un poison dangereux. Us font consister leur principale vertu à garder une exacte continence et à résister à l'attrait du plaisir. Ils ne se marient poiot, mais ils élèvent les enfants des autres comme s'ils étaient à eux, et leur inspirent, pendant qu'ils sont encore jeunes, leur esprit et leurs maximes. Ce n'est pus qu'ils condamnent le mariage en lui-même, ou qu'ils croient qu'on doit négliger la propagation de la race des hommes ; mais ils sont toujours eu garde contre l'intempérance et contre l'inlidélilé des femmes. Ils regardent les richesses avec la dernière indifférence, et possèdent tout en commun, en sorte que nul d'entre eux n'est plus riche que l'autre. C'est une loi inviolable de leur institut, de renoncer à la propriété de tous ses bieoa, et de les mettre dans la société, tellement que la pauvreté de un ne porte point envie à l'opulence do l autre, et que les richesses des uns ne les

ES RELIGIONS. :-

élève point au-dessus des autres. Ils vivert comme frères, dans une entière égalité cl Je biens et de condition.

L'huile et les parfums sont en aorreor parmi eux. Ils se purifient après en avoir seulement touché par hasard, comme s ils avaient touché quelque chose d'impur, line font un honoeur de l'austérité qui parait dans leur extérieur; mais ils évitent la matpropreté, et ont toujours des habits bien blancs. Ils établissent des dispensateur* qui ont soin de leurs biens, et qui les distribuent à chacun selon son besoin. Us ne demeurent point tous dans une seule ville, ni toujours au même lieu , mais il y en a dans diiïéreiiti endroits. Ils reçoivent dans leur maison ceux de leur secte, et leur font pari de tout ce qu'ils ont, comme d'un bien qui leur wl commun. Aussi en voyage, ils ne prennent jamais de provision ; ils portent seulement quelques armes p^ur se détendre contre les voleurs. Dans chaque ville, il y a un homme él ibli pour avoir soin des hôtes, et pour leur fournir les habits et les autres choses nécessaires.

Les enfants qu'ils élèvent sont tous tftus et traités de la même sort.*, et vivent sous la discipline de leur maître. Ils ne changeât point d'habits que les leurs ne soient entièrement usés, ou si vieux qu'ils ne puissent plus servir. Ils ne vendent ni n'achètent ne» entre eux; mais tout le commerce se f it par échange, chacun donnant ce qui lui est superflu, et recevant ce dont il a besoin. El même il leur est libre de prendre sans échange tout ce qu'il leur faut, et d'oser de tout ce qui est â leur frère, comme d'un b en propre. Us font surtout profession d'une grande piété envers Dieu , et ne parlent pas avant le lever du soleil, si ce n'est qu'ils prononcent certaines prières qu'ils ont reçues de leurs pères, comme pour inviter cet aiire à se lever. Après quoi ils sont envoyés par leurs supérieurs , chacun au travail et an métier qui lui est propre.

Après avoir travaillé jusqu'à la cinquième heure, ils s'assemblent de nouveau tons en* semble, et se ceignant avec des lioges blancs, ils se baignent tous dans l'eau fralche;après quoi ils se retirent dans leurs cellules, où il n'est permis à aucun étranger d'entrer. I»eli ils passent dans leur réfectoire commun, qui est à leur égard comme un temple sacré ; il» se tiennent assis à table dans un profond si lence. Celui qui a soin de faire le pain <odonne à chacun à son rang, et le cuisinier leur sert à chacun un mets. Puis le prêtre fait la prière, car il n'est pas permis de soiter quoi que ce soit avant d'avoir loué Pieu par la prière. Après leurs repas, ils rendit de même grâce à Dieu, comme à l'auteur des biens qu'ils ont reçus. Ensuite ils quittent leurs habits blancs, qui sont pour eux comme des vêtements sacrés, et retournent au travail comme auparavant. Ils y demeurent jusqu'au soir, et alors ils reviennent au lieo où ils prennent leurs repas, et font roaofer leurs hôtes avec eux, s'il eu est suncuii quelques-uns.

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