‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 23 sur 365 · DEH · texte numérisé non relu

DEH

1rs boutique; une aumône qu'on ne leur refuse fuère. Ils rançonnent surtout les Juifs et les Chrétiens, en leur disant : «C'est vous autres qui avez fait tuer notre prophète: donnez-nous quelque chose pour son sang. » Ost pourquoi les Juifs et les Arméniens se tiennent le plus qVil* peuvent renfermés dans leurs maisons pendant ces dix jours. Les enfants eox-méntes, croyant faire beaucoup de peine aux étrangers, ne manquent pas de crier aux oreilles de ceox-ci : « Maudit soit Ovnar î » t »oime s'ils prenaient beaucoup d'intérêt é la mémoire de ce khalife, que les Persans retardent comme on usurpateur.

Durant ces jours de deuil , au coin dea eraodes rues, aux carrefours et dans les places, il j a des espèces de théâtres avec me chaire ; d'énormes pièces de toiles tendues mènent de lentes, et protègent les orateurs et les auditeurs conire le soleil et la pluie. Les galeries et les fenêtres des maifoos qui donnent sur le lieu ainsi couvert sont réservées pour la noblesse. On y assigne des places aux auditeurs d'après le rang respectif qu'ils tiennent dans la société. Par terre, le plus souvent dans un compartiment léparé, vont s'asseoir les femmes. Elles s'y placent comme elles peuvent, fut le sable su. sans autre confort que celui «le petits banc-, que chacune doit apporter avec elle. Le reste du parterre est rempli par des gens astis à la manière orientale. c'est-à-dire accroupis sur leurs genoux. Les différents groupes sont parcourus par des saqui» ou porteurs d'eau, qui, avec leurs sacs de cuir remplis du précieux liquide, suspendus en bandoulière , et une soucoupe à la main, offrent à boire en commémoration de ta soif qui dévorait les gens de l'imam surpris au milieu d'us désert aritle. Souvent cette fonction deiay/ii exercée en cette circonstance e>t lâ conséquence d'un vœu fait pour obtenir le rétablissement de la santé. Ce sont, pour la plupart, de jeunes enfants que leurs parents ont voués à celte fonction pendant an ou plusieurs taaxins ; ils sont vêtus ave c luse, les cils et les sourcils peints en noir, la chevelure frisée en boucles flottantes, et runes d'un bonnet de cachemire, resplendissants de perle** et de pierres précieuses ; ils servent du sorbet au public.

Alors un homme grave et dévot se met à entretenir le peuple sur le sujet de la féte, eu attendant que l'orateur vienne. Celui-ci commence par la lecture d'un chapitre d'un livre intitule El-call, le meurtre, qui contient la »i' et la mort de H »>éin, en dit chapitres, pour chacun des jours de la féte. Puis il fuit on long discours, dans lequel il excite le peuple a gémir et â pleurer; car, disent- ils, une seule larme versée sur Hoséin peut effacer un moo« eau de péchés aussi haut que lemont Sioaï ; aussi les assistants n'y font pas faute; ils se frappent la poitrine, poussent des cris de douleur et des hurlements ; les femmes surtout l'emportent sur les hommes par leurs démonstrations énergiques.

D'autres fois on représente sur ces théâtres des drames qui retracent les diffe-

OEI 18

rentes péripéties de l'histoire d'Hoséin Le speciacfc est alors précédé (Ton discours analogue à la circonstance, prononcé par le rouzékhnn, ou récitateur du prologue, qui prépare les auditeurs aux impressions douloureuses par des légendes débitées en prose ou en vers.

Les grands personnages se mêlent rarement à la fnule. Ils fout venir dans leurs maisons des ministres du culte, qui s'y rendent chaque jour sur les quatre heures après midi. L'entretien roule sur le sujet présent, chacun (apportant les passages les plus saillants des différents auteurs, avec les pensées suggérées par le sujet. A sept heures, on lit le chapitre du jour, sur lequel les plus doctes de la compagnie font leurs remarques ; sur les neuf ou dix heures, on sert une collation à l'assemblée, puis on la congédie jusu'au lendemain, et ainsi de suite jusqu'au ernier jour, qui est la grande féte; alors on pas<>e la nuit en prières.

DEHRA , nom que l'on donne, dans l'Inde, aux temples <>ù les Djaius accomplissent leurs cérémonies religieuses (Voy. D.iajns). Ces sectaires en possèdent de bien d tés et qui jouissent d'une grande réputation. Il y en a un dans le Meissour, à Sravana-Jialagola, non loin du fort de Seringapatam , qui est élevé au centre de trois montagnes, sur l'une desquelles on remarque une statue gigantesque d'environ 70 pn ds de hauleur. sculptée dans le roc et d'une seule pièce. C'est un ouvrage d'un travail prodigieux ; pour l'exécuter, il a fallu aplanir le sol depuis le sommet de la montagne jusqu'au-dessous de la base de la statue, et, à ce niveau, la façonner en terrasse, en laissant subsister au milieu la masse de rocher destinée à recevoir les formes de l'idole. C'est une belle pièce de sculpture indienne ; plusieurs Européeus qui l'ont vue, ont paru très-satisfaits du la justesse de ses proportions. Elle représente un célèbre pénitent nirvani , appelé Gauraatta, fils d'Adiswura.

DKHKI, nom des pré ires des Khonds sur la côte d'Onssa, dans IHindoustan. Ces Dehris sont consacrés au culte des divinités locales.

DÉIFICATION, action de mettre des hommes au rang de» dieux.

V Les au< iens distinguaient deux sortes de divinités : les unes immortelles, comme le Soleil, la Lune, les Astres, les E.cments ; les autres, mortelles, c'est-à-dire les grauds hommes qui, par leurs bi lles action^, avaient mérué les honneurs divins. Ou peut réduire à six ou sept classes ceu\ <iui furent l'ohjet de la déification, chez les Grecs et les Humains : I* Ceux à qui l'imagination des poêles a donné naissance; 2* ceux que la douleur paternelle on Gtialc prit d'abord pour 1 oi jet de ses regrets, et hieutôl après d'un culte destiné à les adoucir; 3 les anciens rois, tels qu'Urauus, Saturne, etc.; k' ceux qui avaient rendu à l'humanité de grauds service» par l'invention Je queique ait nécessaire à la vie, ou par leurs co.quclesel leurs victor es, comme Hercule, Ksculupe,etc.; o*les anciens fondateurs des villes, comme Homuius;

DICTIONNAIRE DES RELIGIONS

ti" ceux qui a Client découvert des pays ou y avaient conduit des colonies, et tous ceux en un mot qui étaient devenus l'objet de la reconnaissance publique; 7 enfin ceux que la flatterie éleva à ce rang; et de ce nombre furent les empereurs romains, dont le sénat ordonnait l'apothéose. (I'",y- Apothkosi:.}

2" Les Japonais ont mis au nombre île leurs Kamis ou dieux, les fondateurs de leur empire, ei leurs premiers souverains. Maintenant encore le Daïri ou empereur souverain jouit du droit de mettre au nombre des Kamis, soil les rois ses prédécesseurs, soit les personnages recommandables par leurs vertus et leurs hauts faits; et ce n'est qu'aprés celte espèce de canonisation ou déilication qu'il eit permis de leur ériger des temples et de leur rendre les honneurs divins.

.*!• La plupart des anciens peuples de l'Europe avaient pour divinités les premier- fondateurs de leur nation. L'Odin des Scandinaves était le chc ('colonisateur de ces tribus venues de l'Asie. Il en était de même en Amérique. Manco-Cnpac, fondateur de l'empire du l'erou, et Buehica, de celui de Cundinamarea, étaient devenus pour ces peuples des divinités de premier ordre.

DÉ1PHOUE, sibylle de Cumes, fi le de (ilaueus et prétresse d'Apollon. Ovide raconte comment elle devint sibylle. Apdlon, pour la rendre sensible, offrit de lui accorder tout ce qu elle souhaiterait : elle demanda de vivre autant d'années qu'elle tenait dans la main de grains de sable qu'elle venait de ramasser; mais elle oublia malheureusement de demander en même temps la conservation de sa jeunesse et de sa frai» heur. Aj ollon la lui offrit pourtant, si elle voulait condescendre à ses désirs; mais Deipbobc préféra l'avantage d'une chasteté inviolable au plaisir de jouir d'une jeunesse éternelle ; en sorte qu'une triste et languissante vieillesse succéda à ses belles années. Du temps d'Enée, elle avait déjà vécu 700 ans, disait-elle, et, pour remplir le nombre de ses grains de sable qui devait être la mesure de sa vie, il lui restait encore ,'iOO ans, après lesquels son corps, consumé et dévore par les années, devait être presque réduit à rien, et on ne devait la reconnaître qu'à la voix que le Destin lui laisserait éternellement. Celle sibylle, inspirée d'Apollon, rendait ses oracles du fond d'un antre, dans le temple de ce dieu. Cet antre avait cent portes, d'où sortaient autant de voix terribles qui faisaient entendre les réponses de la prophetesse. Deiphobe était aussi prélresse d 'Hécate, qui lui avait confié la garde des bois sacrés de lAvernc. C'est pour cela qu Enee s'adresse a elle, afin de descendre aux euters. Les Romanis élevèrent un temple à celte sibylle, dans le lieu même où elle avait rendu ses oracles, et l'honorèrent comme une divinité.

DÉISME, DÉISTES. Les Déistes croient en Dieu, mais ils rejettent toute révélation écrite. Ils s'accordent lous à préconiser, de la manière la plus extravagante , ce qu'ils Appellent la religion u ilui< lie, hum qu'ils diffèrent beaucoup lorsqu'il s'agit d'eublir

quelle est sa nature, son extension, son importance et les obligations qu'elle impose. Le docteur Clarke, dans son Traité sur le deisme, les divise en quatre classes, suivant les articles de foi qu'ils admelleul.

Les premiers sont ceux qui prétendent croire à I existence d'un Etre éternel, infini, indépendant, intelligent, et qui évitent le nom d'Epicurien» et d'Athées, en enseignant aussi que cet Etre supérieur a fait le inonde ; quoique en même temps ils s'accordent avec les Epicuriens en soutenant que Dieu ne se mêle en rien du gouvernement du monJe, et ne s'occupe point de ce »|ui s'y passe.

La seconde espèce de Déistes «ont ceux qui admettent non-seulement l'existence de Dieu, mais encore son action providentielle par rapport au monde physique ; tuais qui, ue mettant aucune différence eulrc le bien et le mal moral, nient qoe Dieu fasse attenlionaux actions des hommes, dont la moralité, suivant eux, dépend de la constitution arbi- • traire des lois humaines.

La troisième espèce de Déistes sont ceux qui, ayant des sentiments exacts sur les attributs de Dieu, sur sa providence cl sur ses perfections, rejettent cependant la notion de l'immortalité de l'âme, croient que l'homme périt totalement à la mort, et que les générations se succèdent perpétuellement, s uis aucun renouvellement ou rétablissement des choses.

Enfin, une quatrième classe de Déistes sont ceux qui croient l'existence d'un Etre suprême et admettent l'action de sa providence dans le gouvernement de l'univers.

Ils reconnaissent au>si une religion naturelle avec l'obligation d'en observer les devoirs ; mais il» prétendent que celte religion ne glt que dans les préceptes et les dogmes que peuvent découvrir les seules lumières de la raison, et qu'une révélation divine est parfaitement inutile.

Ces quatre classes de Déistes ont cela de commun entre elles, qu'elles ne professent au» une sorte de culte extérieur.

Y a-l-il un peuple qui professe expressément le pur déisme? Nous ne craignons pas de répondre, non. Car tout peuple, pris dans sa généralité, admet un culte extérieur, professe; certains dogmes et reconnaît des mystères. Les anciens Chinois eux-mêmes, les seuls que l'on pourrait nous objecter, joignaient a l'adoration du ciel supérieur cl invisible le culte des esprits, et avaient de nombreuses cérémonies pour les honorer. Si l'on veut que les Deisles aient été quelquefois réunis ' en corps, ils n'ont formé tout au plus qu'uue légère fraction de la nation dont ils faisaient partie. Encore ont-ils élé toujours fort peu conséquents avec eux-mêmes. Les Thiophilunthropes de la révolution française avaient établi un simulacre de culte. Les partisans de l'abbé Chàlel avaient fabriqué, sous le nom ù'k'ylis'! catholique française, une religon hybride, dans laquelle, lotit en s.e donna ut pour purs Déistes, ils avaient consent: des cérémonie > et des formules qui élai»'»1 un non-sens. Les ]{ti!>ir-f>anttiis de l'Inde

SI DEJ

professent la croyance au Logos, ont des i?mples, des prescriptions , des prohibitions, do symbole rédigé et commenté. Les Saintsmoniens pouvaient, plus que tous autres, passer pour une société de Déistes ; encore avaient— ils des exercices réglés, un costume, des règles de communauté, etc.; ils essayaient de formuler un symbole assez compliqué.

Robespierre abordait la question plus hardiment ; il reconnaissait V existence de l'Etre nprime et l'immortalité de Vâme, sans s'inqsieter do reste.

Les Déistes proprement dits ne sont donc qoedes individus isolés, comme on en trouve beaucoup de nos jours , surtout en Allemagne el en France, qui se vantent d'avoir une religion plus épurée que les autres , mais qui, en réalité, n'en ont aucune; car, pour peu qu'on pénètre dans leur intimité, on ne larde pas à s'apercevoir que te sentiment religieux est nul en eux , et que l'idée de la divinité est le moindre de leurs soucis.

DÉISTES DE BOHÊME. Parmi les Réformes de la Bohême on compte quelques milliers d'individus qui, sous le nom de Déhles, rejettent toute révélation. Ce sont des gens ans instruction ; ils lisent cependant la Bible, mais ils la regardent comme un ouvrage purement humain ; ils ont aussi quelques écrits des Frrres bohémiens, dont ils sont les descendants. Ils professent extérieurement le protestantisme pour jouir de la tolérance accordée par Joseph II. On prétend qu'ils se distinguent par une obsorvance scrupuleuse de leurs devoirs, mais aussi par une grande réserve elooe ténacité insurmontable à leur eroiaace. Le gouvernement, après plusieurs tentatives infructueuses pour les ramener à Boirecrojasee, a pris le parti de fermer les jeux soreni. On présume que leur déisme dalede la goerre de trente ans ; forcés alors pirle gooternement d'embrasser la religion «atboliqoequ'ils haïssaient, ils sonlrestés cent onquanteans sans instruction. On les appelle »um Sxhilislts, pareequ'ils ne croient à rien.

DÊITTI9. Les bouddhistes de la Rarmanie appellent ainsi les incrédules, c'est-à-dire les hommes impies qui n'ajoutent aucune bt aux révélations de Godama, qui nient I anéantissement final , qui ne croient pas à la métamorphose des hommes en animaux oa eo êtres d'une substance supérieure , qui prétendent qu'il n'y a aucun mérite à taire l'aumône cl à se livrer aux bonnes *oîres;ceux enfin qui adorent les Nats des bois et des montagnes. Tous ces malheureux, s'ils persistent dans leur incrédulité et s'ils viennent à mourir dans leur aveuglement, seront tourmentés pendant la durée d'un nombre infini de mondes, dans un enfer préparé exprès pour eux; ils y demeureront embroché* la télé en bas, el fixés au pal incandescent, sans pouvoir faire le moindre mouvement.

DEJADOS, c'est-à-dire quiétistes, espèce d'illominés qui se répandirent, vers l'an 1375, dans les diocèses de Sévilleel do Cadix. Leur chef était un nommé Villalpande, secondé oar une carmélite, Catherine de Jésus

Ils débitaient, qu'unis à Dieu par la contemplation et la prière, ils n'avaient pas besoin de sacrements ni de bonnes œuvres pour s'élever à la perfection. Un édit fut rendu contre eux en 1623; on condamna soixante-seize propositions de leur doctrine, et sept ou huit mille d'entre eux confessèrent leurs erreurs.

I) ELI DAM ENTA , libations faites par les Latins en l'honneur des dieux infernaux.

DÉLIES. 1« Fête quinquennale instituée par Thésée, lorsque, vainqueur du Minotaure, il ramena de Crète les jeunes Athéniennes qui devaient être sacrifiées à ce monstre, et plaça dans un temple d'Athènes la statue de Vénus qu'Ariadne lui avait donnée, et à la protection de laquelle il attribuait le succès de son entreprise. On couronnait de guirlandes la statue de la déesse, et on formait une danse nommée In grue, dans laquelle les jeunes filles cherchaient à retracer, par des figures et des pas, les détours du Labyrinthe : cette féte coïncidait vraisemblablement avec la suivante.

2* Féle célébrée par les Athéniens en l'honneur d'Apollon Délien. Les principales cérémonies consistaient en une ambassade quinquennale des Athéniens à l'Apollon de Délos. Celte députation, composée de citoyens distingués , nommés Léliastes ou llïéores (voyants), partait sur un vaisseaudont la poupe était couronnée de laurier par les mains d'un prêtre d'Apollon, et accompagné de quatre autres , portant tout ce qui était nécessaire aux sacrifices. Le chef de la dépulation s'appelait Archilhéore. Les Déliastes étaient aussi couronnés de laurier. A leur arrivée à Délos, ils offraient des sacrifices à Apollon avec des cérémonies pompeuses, des danses et des ballets. Quatre céryces ou prêtres descendant de Mercure s'embarquaient avec eux, et devaient résider toute l'année à Délos. Lorsqu'ils revenaient à Athènes , le peuple allait au-devant d'eux, et les recevait avec de grandes acclamations de joie. Ils ne quittaient leurs couronnes que lorsque leur commission était finie, et alors ils les consacraient dans le temple de quelque dieu. Tout le temps que duraient l'aller et le retour da la députation, était compris sous le nom de Délies ; el pendant ces jours-là les lois défendaient d'exécuter aucun criminel, privilège particulier à cette féte d'Apollon, et dont ne jouissaient pas même celles de Jupiter; car Plularque remarque que ce fut un jour consacré à ce dieu qu on fit prendre à Phocion le poison dont il devait périr; et on attendit au contraire trente jonrs pour le donner à Socrate, parce que sa condamnation était tombée à l'époque des Délies. Suivant Thucydide, cette féte fut instituée la cinquième année de la guerre du Péloponèse, lorsque les Athéniens purifièrent l'Ile de Délos, en enlevèrent tous les tombeaux, et défendirent d'y naître el d'y mourir. Les malades devaient être transportés dans une petite fie appelée Rhenia. Barlhélemi donne une description brillante et détaillée de ces fêles dans le Voyage du jeune Anacharsis 3* Les Ioniens et les habilanls des Iles voi-

DICTIONNAIRE DES IlEUCIONS.

si

sin-'s de l'Ionie célébraient un»' fête à peu près semblable, el dont l'institution était ante>ieure à relie les Allié'. iens.

DÉLIL, c'est-à-dire <ii)rtt ur; nom que donnent I s Musulmans aux gmlicns du sanctuaire de la h'unbn, à la Mecque. O sont eux qui, chaque année, sont chattes d'cnl ver de dessus l'edilice sacré If vole qui I couvte habitu. Ile en , et de lui en suhs/l1tuer un nouveau fourni par le sultan, ou par le* souverains de l'Kirv I''.

DÉLIVIt ANC (Anm i: np. i.a). C'est le nom que les Musulmans donnent à l'année où fut conçu cl où naquit Mah ■miel, en mémoire de la délivrance pré en lue miraculeuse du temple de la Met que, laquelle arr *a en même temps. Cet événement doublemeul mémorable ; our eux a setvi d'époque pour calculer les années jusqu'à l'établissement le l'hegire. Voici comment il est raconté par les écrivains mah>>metans :

Abrah a , roi i'u Yémen, sous la dépendance de l'empereur d' \ byssinie, cherchait, pat tous b-s moyens possibles, à re mire la religion chrétienne dominante dans le pays. Vojant aec le plus grand chagrin que ses sujets, lorsqu'arriiait le temps du pèlerinage de la Mecque, s<- rendaient dans t«; ville et s'y livraient a des cerém nies t ■aïeiines. il résolut de bâtir à San a une église si b< Ile que toutes les tribus de l'Arabie en feraient un lieu de dévotion. Au dessus de l'autel était suspendue une perle d'un si grand é lat que, par la nuit la plu- obscure, elle répandait autant de clarté qu'une I mpe. Lorsque c temple fut complètement achevé, il ordonna par un edil qu'on eût à y célébrer toutes les fêtes religieuses, Lue te|| « prétention excita la colère des habilauls du Hedjaz, et deux hommes de la tribu des <>>réischites ( la prme pale île la Mecque, ci la gardienne île la Kaaha), s'etant introduits dans le sanctuaire la veille d'un jour s lenn**l, le souillèrent de la manière la plus injurieuse. La colère d' \braba ne connut plus de bornes, lorsqu'il apprit cet acte gmssier, et en soupçonnant aussitôt les véritables auteurs, il jura «le ne pas laisser pierre sur pierre du temple de la Kaaha. A cet effet il ra-sembla une armée de '»0,000 hommes, dont il prit en personne le commandement, et se mit en marche, monté sur un éléphant blanc, remarquable par sa haute taille. Il mit en fuite les habitants du Tehann. qui avaient voulu s'opposer à son passage . arriva à T nef, et s'y empara de tous les troupe aux •le la contrée, parmi lesquels se ti ornaient deux cents chameaux appartenant a \ d-el- Moll ilih, aïeul de Mahomet, et l u i de^ priu tipaux cl efs de la Me que

Les habitants de celle ville furent consternés a l'annonce de celte formidable expé dition, car ils disposaient de fore -s trop inégales pour pouvoir espérer de résist r longtemps. Abd-cl-Mottalin se rendit au camp d'Ahraha, où ce prince, pensant qu'il venait offrir sa soumission, le reçut av. c les dis tiin lions due-, a son iau.-. » Je ii" s. dil le ioréischite, pour ricin an. ter la restitution de

mes troupeaux. » — « Pourquoi n'est-ce pa> plutôt, reprit Ahraha , pour implorer m; clémence en faveur de ce temple, objet d< yolre culte et source de vos richesses? » — « Les chaîne aux sont à moi, répondit Ahri-cl- Moltalib, et la Kaaha appartient aux dieux qui sai ront bie.i la ilcl nrirc : d'autres r <ii ont lente de la delrrire, mais leurs projets n'ont (ainais tourne qu'à leur confusion. » Les chameaux l'uren' endus, el A Inbel-Motta 1 ih. se retirait! awc ses concitoyens dans |. s montagnes. , abandonna le temple à la protection du ciel, dont il appelait la ven- . eauce sur la te e des s irrilégcs.

S< s prières furent exaucées, dil la tradition i nsuiin ane. Abrah i voulut entrer dans la tille, m mte sur son éléphant, dont le nom n uis i rie conserve, el qui s'ai pelait Mnhîixtn', c'( >t- i dire li.ti>i: mais ni la violence, m le- caresses ne j tn eni le décider à faire un pa* dans celte direction. Si on le tourna t du cille de la Syrie ou du Yémen, il se niellait en marche avec vitesse; dès qu'on le tournait vers le temple, il lombait à genoux et semblait adorer le li u que son maille venait rielru re. Au même instant un nuage . pais sembla s'élever du coté de la mer, el s'étendre su. toute l'armée d'Ahr.iba ; c'étaient des bandes innombrables d'oiseaux semblables à des hirondelles, au | luma^e blanc et noir mélangé de vert et de jaune. Chacun d'eux était armé de trois petites pierres de la grosseur d'une lentille. Ils eu tenaient une au bec, et deux dans leurs serres. Chaque pierre portait écrit le nom de celui qu'elle devait frapper : toutes ces pierres lâchées en même lemps sur la lele des soldais, tombèrent a-vec une telle impétuosité, qu'e les percèrent leut coiffure, leur Iraveisèi eut le corps depuis le haut ius ju'i'11 bas, et s enfoncèrent profonde, eut dans la terre. Tous ceux qui en furent atteints périrent sur-le-champ; parmi c i:x qui échappèrent, les uns furent entraînes dans la mer par des torrents envoyés de ! ieu, les autres périrent dans les déserts. Le seul Ahraha réussit a alleinire Sana, : our rendre compte a son suzerain du malheureuv succès de son entreprise: mais à peine euî-il terminé son récit qu'il tomba mort aux pieds de l'empereur, frappé par un de ces oiseaux qui l'avai: suivi à travers le désert. D'autres écrivains disent qu'il tnonrut dans les soutînmes d'une longue et douloureuse maladie.

DKLI'ULS, ville de la Phocide, située dans une vallée au sud-ouest du Parnasse ; on l'appe ail aussi l'ytho. < 'elle ville passaitchez les anciens pour être le milieu de la terre. Jupiter, dil Claudicu, voulant marquer le milieu de l'univers, lil voler avec la même rapidité deux aigles, l'un du levant, l'autre du couchant ; ils se rencontrèrent dans celte \ ille. i>e là vient qu'on mil dans le temple de Pelphes nu nombril de pierre blancti". duquel pendait un ruban représentant L« cordon ombilical, et sur lequel étaient sculptes deux ailles en mémoire de cet ev «*i.emeni. Celte ville était cciehre pa son leuii le d'Apollon et par les oracles q i s'y r<?t\~

daient. Voici, nu rapport des anciens, l'origine e> cet «racle :

It y avait près do mont Parnasse one onteriore dont on ne s'était potnt aperçu- , et d'où il sortait des exhalaisons fort épaisses. Des chèvres qui paissaient par hasard autour de cette excavation, frappées des Tapeurs qui s'en es ha latent, devinrent (ont à eoup furiesscs, et commencèrent à bondir d'one minière extraordinaire, en jetant des cris perçant». Le ehevrier nommé Co* ètas, étonné de cet évéuenieof, s'approcha de l'endroit où p*i«sart son troupeau; les exhalaisons produisirent «or lui le même effet. 11 fut saisi d'o* délire soudain, et se mil à prophétiser. Revenu A lui-mêrae, il conta son arenlure; et plusieurs personnes étant allées sur les lieux éprouvèrent la même foreur prophétise. I» n'en fallut pas davantage poor faire retarder la caverne comme sacrée. On s'y raidit en foute de tous cotés ; mais cette dévotion devint funeste à plusieurs, qot, dans Fa ces d'une saint»» folie, se précipitèrent dans la caverne ; c'est pourquoi on en couvrit l'ouverture d'un trépied. Cependant, c'mme ou ne savait à quel dieu attribuer celte vertu, on crut d'abord que c'était la terre qui la produisait , et on honora en ce r.ilme endroit cette divinité invisible ; on rui offrit des chèvres en sacrifice, et l'on y bâtit dans la suite, à mi-eote du Parnasse, le tempVe et la ville de? Delphes. Dans la suite on fil honneur de l'oracle à Thémis. qui le possédait du temps du déluge de Deucalion. Enfin Apollon étant venu snr le Parnasse, re*éti de ses habits immortels parfumés d'estetces, et tirant de sa lyre d'or des sons (r>Mi u\, s'empara de force do sanctuaire, inaleèragon appelé le serpent Python, que la Terre avait commis è sa garde, d'où il acquit fe rarnotn de Pglhien. Ce serpent était sa Mrnrd, nommé PythH, oui détroussait les dévots qui se rendaient a ta grotte, et enlevait les offrandes qu'on y apportait. Cet cipfort détermina res peuples a regarder Apollon comme l'auteur des oracles qui te reudaieot dan» le temple. Alors on commença A ho plus permettre indifféremment à toutes sortes de personnes du recevoir les exhalaisons prophétiques , et l'on confia le soin de prononcer les oracles à de jeunes filles consacrées à la saMir d'Apolfon. Vais an The*sali< n, nommé Echéerate, étant «fcv/nn amoureux d'une de ces jeunes prophétesses, appelée Phébade, et ayant osé l'enlever sans respect pour sa dignité , afin dei-ré%enir cet inconvénient, on substitua soi jeunes filles de Diane des femmes avancées en Age, qu'on appelait Pythiennes.

Les anrieos débitaient plusieurs fables sur ktemptede Delphes, et disaient qu'il avait ttébétretnq fois. D'abord on n'avait employé poor sa construction que des branches de Uarier entrelacées ; mais ce premier temple e'éteat pas assez soliiie, les abeirlesen avaient bili on second avec leur cire. Vulcain eu avait ensuite construit un troisième qui était tout d'airain, et ily availau lambris des vierges d'or, qui cuaotaienlet formaient des con-

Page 1