Fanatiques o s Ct:\ unnis. Yoy. C\misahs
k. Tous ceux qui divinisent les fantômes d'un cerveau échauffé, qui (ouvrent leurs passions du masque de la religion, et prétendent honorer Dieu ; ar des crimes, suit de véritables fanatiques. Or, il y a des yens de celle espèce dans toutes b s sortes répandues sur la terre; la véritable religion même a ses fanatiques, d'autant plus terribles et dangereux, que le motif dont iis «'auloi iscr.t est plus respectable et plus sacré.
FANATISME, espèce de frénésie et de fureur, déguisée sous le nom de zèl >, qui porte à croire que les. actions les plus extravagantes et les crimes les plus noirs sont permis et même commandés, lorsqu'ils peuvent être utiles au système politique ou religieux qu'on professe, et qu'on peut tout entreprendre légitimement contre ceux qui sont d'une secte et d'une opinion dilYércnte. Nous n'avons pas besoin d'aller chercher dans les histoires étrangères des exemples de ce fanatisme. Les convubionnaires do Saiut-Médard étaient des fanatiques, qui remuèrent toute la France par leurs extravagances; les assassins des rois Charles IX, l!e;>ri III, Henri IV, étaient aussi des fanatiques, mais d'un genre bien plus dangereux; les uns et les autres font le plus grand tort à la religion, et sont souvent le fléau le plus terrible pour les Flats.
FAN-CH1N, secte d'F.pieuricns qui parurent en Chine dans le v siècle de notre ère. Le vice, la vertu, la pro\ idence, l'immortalité, etc.. n'étaient pour oui que des mots vides de sens. Cet'c doctrine désastreuse n'eut heureusement que la durée d'un torrent; mais les torrents fout bien des ravages en peu de temps, et il faut des années pour réparer les dommages d'un jour.
FANLS, en latin Futur ou Fatuœ; déesses de la classe des Nymphes, dont on prétend que le non) a donné l:eu à celui de funum, c'est-à-dire endroit consacré à quelque divinité que l'on consulte sur l'avenir; car c' était là le priuci; al objet du culte des Fanes.
FAN1S, secte de samaritains ; elle est aussi connue sous le nom de Uoslanis ou Dasiliiéens. Un homme appelé Fan, ifélanl élevé parmi les samaritains, s'arrogea le litre de
S i; EXIGIONS c.-,
prophète; il prolendit èlre celui dont Mois avait annonce la venue, et l'étoile duulilet parlé dans le l'enlaleiique. Cet événemer arriva cent ans avant l'avènement ihi Messii selon l'écrivain aiabe Sctialirisl.ini , qui i joule que bs samaritains se partagerai alors en deux socles: les Doslanis ou Fanii ceux-ci soutiennent que les récompenses i les peines sont décernées dès ce monde; < les Kouschanis, qui enseignent que la rétui néralion ou le châtiment n'aura lieu qo dans la \ ie future. Ils dilTèrenl aussi sur pli sieurs articles de leurs lois
FANNASH1BA, arbre que les hponai plantent dans le voisinage des temples; 1 quand il est vieux, ils le brûlent dans I* funérailles des morts.
FAN-OUANG, un des dieux des Cliiooi cl des Cochmchinois.
FANOUN, ville royale, au temps fabuleu que les Arabes appellent nn/rVrf/nmife. C'étai le siège des anciens Solimans ou Salomon: qui rognaient sur les Djinns, créatures diffe rentes de l'espèce humaine. Yoy. Dju.Dev
FANSAC, demeure de Frigga, déesse di la mythologie Scandinave ; le palais de F«n sal est élevé dans Asgard. ville desdietu.
/ AM .17, aire et place d'un lemplequidi vail être consacre aux dieux. Delà Fanm pris chez les Houiains pour signifier un peli temple ou une chapelle. C'était aussi un bm miment qu'on élevait aux empereurs apr* leur apothéose. Plusieurs localités onl ét nommées Fanum, parce qu'elles avaient è) dans l'origine remplacement d'un lempleo d'une chapelle.
l'AN'L'S, dieu qui présidait à la marclM ou, suivant d'autres, au cours de l'aonà Macrobcdit que, sous ce dernier rapport, ie Phéniciens le représentaient sous la flgur d'un serpent formant le cercle cl se mordu la queue, pour exprimer la révolution 4 l'univers.
FAOIKOUAN, fêle que les Ovas célèUesi à la tin de chaque année ; le roi, eu sa qui lilcdc grand-prélre distribue au peuple»
grand nombre de bouvillons, et sacrifie us génisse tachetée aux tombeaux de sesancé 1res ; il g- ûtc de son sang, et rend des acuo^ de grâces au dieu qu'il appelle le roiparfvai Kadama célébrait celte lélc lous les ans; 4 plus, il pratiquait la même cérémonie i\ tombe de sm père, quand il revenait vidi rieux de quelque expédition.
FAQUINS. Le mol Fuquir est arabe « désigne proprement un pauvre dans cet!
langue; il vient de la racine [acarn tjui.enlf autres sens divers, signifie ereinttr, rtr.dt malheureux, d'où le verbe fecor, élre paunl Faquir signilie donc pauvre en général, »« celui qui l'est par nécessité, soit celui <jn l'est par choix et par profession. C'edda" ce dernier sens que ce mol esl souvent tw p'oyé comme synonyme de tlertcisch, evpr» sion persane, adoptée par la lingue Ium:>' et qui a le même sens (|ue celui Je /«f < n arabe, introduit également dans ces Jca' langues et dans plusieurs autres
« Aureste,dil.M. Marcel. lemol Founinù-
V FAQ
oiol au Caire synonyme de dermsch. Ce derlerdésipoe one espèce Je religieux ou de moie*musvhnans, tandis que les Faquirs v sont m mendiants, le plus souvent affligés de ilte ou d'idiotisme, qui vaguent dans les tes de la ville, implorant la charité putliue par la répétition continuelle des doux jois turcs Bou-¥aquir% ce pauvre! ou de la brase arabe Faquir-Oultah, pauvre de Dieu! s'ils articulent a>ec une espèce de cri joi je do fond du gosier cl véritablement :mrnlab!e
< frite pauvreté, volontaire ou non, prinpalfineni si elle est accompagnée" de ta folie i de l'idiotisme, leur assure les égards, toe le respect et la vénération, mais surtut, et c'est là le but le plus important pour », les aumône» toujours abondantes des «>ulmans, et plus fréquemment encore des ntoluianes ; car, dans l'Orient comme dans m les autres pays, la compassion et la •euibililé sont des vertus spécialement féi.rases. D'ailleurs, si l'aumône est un p érpîe canonique de la religion musulmane, 'da autre côté la pauvreté est louée et van- Mans plus d'un endroit du Coran. Dans 1 13' chapitre, Mahomet annonce que lorsce les pauvres entreront au paradis, ils seul salués d<s anges par ces paroles: Que uolut soit sur vous, parce que tout avez sup~ wtitotre pauvreté avec patience ! — Effor- «•rctij. disait encore Mahomet à Bclal, qui k son esclave était devenu son muezzin, i«rttz~tous d'arriver pauvre et non riche en *i«»ct de Dieu, car dans sa demeure les wnùhres places sont pour les pauvres.
• On peut bien penser que les Faquirs du bin ion! tous d'une malpropreté insigne, «wms de haillons et des livrées les plus (Huilantes de la misère; mais ce qu'on auwp ine à imaginer, si on ne savait généra/fmeol combien les mœurs des Orientaux «cl opposées aux nôtres, surtout sous cer- UDi rapports; ce que nous-mêmes nous n'aura» pu croire, si nos propres yeux n'en "aient été les témoins, c'est que la plupart h Faquirs, que le peuple appelait saints, Wenl l'habitude plus que singulière de va- «fr à leur profession de mendiants, en parroranl les rues delà ville entièrement nus, la» même le plus petit des voiles réclamés tria pudeur. Les femmes du Caire, en al- »l par les rues, ne se trouvaient aucunelenl scandalisées de rencontrer ces saints Moment dans l'état dépure nature, et qui, »»* leur simple appareil, semblaient s'être Plumés pour réaliser ces paroles de Job: je suis venu au monde, nu j'en sorliti- » Bien plus, ces femmes, souvent j< unes I plies, honnête* d'ailleurs et pudiques, auinique femme égyptienne peut l'être, suiaot les mœurs les plus sévères du pays, c-ir |«r visage était scrupuleusement couvert, arrêtaient sans rougir pour faire l'aumône et* saints indécents, et même pour baiser *»olen»em de leurs lèvres vermeilles les nini sales et rebutantes de ces idoles ani- ^ées- Le costume adamique de ces saints Fakirs avait déplu i nos soldats dès leur ar-
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rivée au Caire: aussi Ils n'en rencontraient pas un dans les rues qu'ils ne prissent le plaisir de la chaise à leurs dépens, en les poursuivant, comme par une hallue générale, à coups de courroies et de ceinturons, d'un bout de la ville à l'autre; le claquement des coups de lanières, a«sénés sur les chairs nues de ers misérables, leurs contorsions grotesques, leurs exclamatons baroques a chaque coup portant, leur agilité forcée pour se soustraire à leurs chasseurs opi-> niâlres, amusaient beaucoup ceux-ci, lent' en scandalisant grandement les dévots et les dévotes du Caire. Cependant la leçon de civilité et de décence fut efficace; en peu de jours les Faquirs te décidèrent à abjurer la toilette inconvenante qui les faisait traquer de toutes paris comme des bêles fauves, et on ne les rencontra plus dans la ville qu'A peu près vêtus. J'ignore, continue M. Marcel, si, depuis notre dépnrt d'Egypte, le système de l'ancien costume proscrit par nous a repris faveur.»
Les Faquirs de la Perse, appelés aussi Calcnders ou Téberras, sont vêtus comme des bouffons de théâtre, cl enchérissent les uns sur les autres en excentricités ; les uns ayant des vêtements de forme bizarre, cl faits de pièces de toutes couleurs, arrangées sans art; d'autres ne portant que des peaux de tigre ou de mouton sur le dos, et des peaux d'agneau sur la tête; d'autres allant habillés de 1er, d'autres demi-nus, d'autres teints de noir et de ronge, comme pour effrayer les passants; ils prétendent en cela faire paraître, l'un S'i pauvreté volontaire, un autre lo mépris qu'il a pour les vanités du monde, un autre sa mortification, celui-ci l'élévation de son esprit, celui-là ses combats con'rc le péché, cl diverse* verUis semblables. Quelques-uns portent des plumes droites sur l'oreille, cl chacun d'eux affecte de couvrir sa tête de la façon la ptus extravagante. Tous portent quelque chose à la main, tantôt un gros bâton, tanlôl un sabre nu, tantôt une hache; ils ont aussi la plupart une écuelte de bois attachée à la ceinture, avec ce qui leur est nécessaire pour manger proprement ce qu'on leur donne à litre d'aumône. D'ordinaire ils vont isolément, excepté quelquesuns qui mènent avec eux par les rues un petit garçon qui emonne, en marchant, des vers à la louange de Dieu et des imams ; quelques-uns prêchent dans les cafés, dans les places publiques, dans les mosquées, aux portes des maisons, afin de tirer quelque chose de la générosité des auditeurs. Ces vagabonds font souvent les inspirés ou les possédés; et comme ils prétendeul ressembler aux anciens prophètes, ils contrefont l"s extatiques et les enthousiastes, stimulant leurs transports au moyen d'opium ou d'au 1res breuvages excitants.
Leurs opinions sur la foi et sur la morale sont aussi diverses que leurs babitssont bizarres; car les uns prétendent que la béatitude est difficile à acquérir, les autres, qu'elle est aisée; les uns soutenant que la volupté sensuelle est interdite, les autres, qu'elle nu
l'est pat; et ceux-ci ont soin de corroborer leur doctrine par leur conduite; mais en général ce sont des hypocrites et des épicuriens qui se croient tout permis. Leur manière de vivre est fort relâchée, souvent même libertine, car ils vivent sans règlement, sans coin* inunnulé et sans supérieurs. C'est pourquoi ils sont peu estimés de» Persans, surtout des personnes de bon sens.
Dans l'Inde, on donne en général le nom de Fa iuirs à tous les religieux quels qu'ils soient, tant hindous que mahomélans ; mais ce n'est qu'improprement qu'on li? donne aux premiers, dont la qualification propre est • elle de Djogui, de Raitagui,de Moûni, de Ta pas i, etc. Les Faquin* musulmans peuvent être divisés en deux classes; les Faquirs vivant eu communauté ou assujettis à un supérieur, ce sont les derwisch des Persans; et les Faquirs vagabonds
Les premiers sont attachés au service des mosquées; ce sont eux encore qui desservent les chapelles construites sur les tombeaux des saints personnages, et qui sont préposé* à la garde des chars qui servent A la grande solennité du Déha, qui tombe dans les premiers jours du mois de moharrem; ils ont un costume particulier et président A la p'upart des cérémonies du culte; en un mot, i s remplissant chez les musulmans des fonctions analogues à Celles des brahmanes chez les Hindous, et des prêtres chez les chrétiens. Avant d'é're admis dans cet ordre, il faut être reçu mourid ou aspirant. Celui qui désire se faire recevoir mourid doit être âgé de seize ans au moins, et se présenter à un pir ou mourschid, chef de la congrégation dans laquelle il veut entrer, et lui exposer sa demande. Si le mourschid l'agrée, il convoque une assemblée à laquelle tous les anciens mourids sont tenus d'assister: alors le cher Tait placer devant lui le candidat, et lui adresse des paroles d'édification; puis il lui tend la main droite que le néophyte prend dans les siennes; en mémo temps le chef des Faquirs lit quelques passages du Coran et relire sa main : c'est la formalité du serment que prête le mourid d'être fidèle aux obligations de la vie religieuse. Le mourfehid fait ensuite apporter un sorbet composé soit avec du lait, soit avec de l'eau et du sucre; il en boit une gorgée et donne le reste au mourid qui est tenu d'avaler le tout. A la suite de cette cérémonie le nouveau mourid, Complmenlé par tous les assistants, fait distribuer du bétel et des parfums, après quoi le public, qui jusque là a pu être admis, se relire. Les anciens mourids et le jeune novice restent avec le chef, qui s'approche du dernier et lui parle tout bas A l'oreille, formalité après laquelle il est définitivement reçu mourid; et en celte qualité il peut prendre* le costume affecté A cet ordre, qui consiste en un bonnet nommé tad/, une chemise, un pagne pour la ceinture, un chapelet, des bracelets et un cordon de fils colorés.
Le mourid ne peut se disposer à entrer dans le faquirat que lorsqu'il a sulfisamment ttcuuis de connaissance;: en théologie. Le
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temps que durent ces éludes n'est pas lim'ué lorsque le candidat se croit assez instruit, ii s'adresse au mourid qui convoque uuc assemblée générale, lui fait subir un examen public sur toute» les matières de la théologie musulmane, et de doctrines religieuses qu'il a dû étudier; puis il lui fait prêter un serment de fidélité et d entière soumission aox préceptes du Coran, et enfin l'admet dam l'ordre des Faquirs. Le costume qui lui était facultatif, quand il n'était que uiourid, lui devient obligatoire, une fois qu'il est iiiresti du faquirat. fl y a parmi ces Faquirs des congrégations où le mariage est prohibé; dans les autres, il est permis.
Les Faquirs vagabonds diffèrent peu de ceux de l'Egypte et de ta Perse, et de» Djoguis hindous. Les uns vont par troupe*, couverts de méchants haillons, ou de robes composées de pièces de différentes couleurs, ou A moiténus; les autres marchent isolément, affectant l'extérieur le plus misérable. Il y en a qui traînent de grosses chalrn attachées aux jambes, et en font sonner 1m anneaux en la secouant, principalement lorsqu'ils font la pr.ère, afin que le peuple soii témoin de leurs- transports extatiques. Daro* les endroits où ils passent on leur apporte a manger, ainsi qu'A leurs disciples; et ils prennent leurs repai, comme les cyniques, dam une rue ou dans une place publique. CVsi aussi là qu'ils donnent audience aux déiuii qui viennent les consulter
Les Faquirs, qui appartiennent A la religion brahmanique, poussent encore plasloio l'extravagance et le fanatisme : ils vont te< uns par bandes, les autres isolément; le» uns soumis à un costume particulier, les autres dans un état de complète nudité. Ce sont eux que l'on rencontre dans les places publiques, dans les rues et les marchés, sur le* chemius et dans les forêts, se livrant A de» aefes de fanatisme qui étonnent les Européens. Les uns s'enterrenl tout vivants dans une fosse où l'air cl la lumière ne peuTeot pénétrer que par une étroite ouverture; i'' restent dans cet affreux séjour l'espace d* neuf A dix jours, dans la même altitude, et sans prendre aucune nourriture. Les autr« demeurent exposés aux rayons d'an soleil ardent, pendant une journée entière, soutenus seulement sur un pied ; de temps ea temps ils mettent de l'encens dans un réchaud plein de feu, qu'ils tiennent à la main. Quf'* ques-uns, accroupis sur leurs talons, tienntit leurs bras levés au-dessus de leur téte, «•• demeurent dans celle altitude génaote, des jours, des mois, cl même des années, tellement que leurs muscles raidis ne leur permettent plus d'abaisser leurs membres. Plusieurs passent des années eulières deboo<. s'appuyanl seulement sur une corde suspendue A un arbre, lorsque le sommeil les accable. On en voit qui, suspendus par les pied», se balancent au-dessus d'un brasier «rdein qu'ils ont soin d'attiser eux-mêmes, la *cir en bas; il en est qui fonl brûler leulem"1 certaines drogues sur leur tête rasée ; d'«»u- 1res, au contraire, ne coupent jamais m leur»