FER
On nommait aussi Férales les divinités des enfers.
FICIICTUM, sorte de gâteau que les Romains offraient dans les sacrifices.
FÉRENT1NE, déesse adorée par les Romains; elle avait un temple et un bois sacré près de Ferentinum, ville du Lalium.
FÉRÉTRIEN , surnom donné à Jupiter chez les Romains, ou parce qu'il les avait secourus dans un combat (opem ou pacem ferre) ; ou parce qu'on portait dans son temple les dépouilles des vaincus (ferre spolia, ou feretrum, brancard) ; ou parce qu'il frappait les ennemis de terreur en faisant gronder la foudre (ferire). Romulus, au rapport de Plutarque et de Tite-Live, ayant taillé en pièces l'armée des Céniniens, après avoir tué de sa main leur roi dans la mêlée, revint triomphant à Rome, et se rendit au Capitale, en faisant porter devant lui sur un brancard fait exprès les dépouilles du général ennemi. Là , il les suspendit à un chêne regardé comme sacré par les pasteurs, traça les limites d'un temple qu'il avait l'intention d'élever à Jupiter, et donna à ce dieu le Surnom de Férélrien, en proférant h haute voix ces paroles : a Jupiter Férélrien, moi le roi Romulus, je te consacre après ma victoire ces armes royales ; et je te dédie le temple dont je viens de désigner les limites , comme le lieu où mes successeurs viendront apporter les dépouilles opimes qu'ils remporteront sur les rois el les généraux ennemis. » Telle est l'origine du premier temple qoiaitété élevé par les Romains. Les vœnx du fondateur ont été accomplis dans la suite. Les dépouilles des généraux ennemis ont été portées dans ce temple ; cependant, ajoute Tite-Live , les dieux n'ont pas voulu que la gloire d'une offrande si glorieuse perdit de son prix par la fréquence, fen effet, jusqu'au temps de cet historien, il n'y avait eu que deux triomphateurs qui eussent consacré à Jupiter des dépouilles opimes, tant cet honneur était devenu rare.
FÉRIÉS. — 1. Jours consacrés aux dieux chez les Romains, ainsi nommés à feriendis victimis , des victimes qu'on immolait ces jours-là. On en comptait de plusieurs espèces. Les principales sont :
Feriœ slativœ, les Fériés à jours fixes, et qui étaient célébrées par lout le peuple, comme les Agooales, les Carmentales, les Lupercales, etc.
F eriœconceptivœ, les Fériés mobiles ou votives, que les magistrats ou les prêtres indiquaient chaque année pour des jours fixes', ou pour une époque incertaine : comme les Fériés latines, U-s Sémenlines, les Paganales, les Compilâtes.
Feriœ imperativœ ou indictivœ, que les consuls ou les préleurs indiquaient cxlraordinairement pour le salut de la république ou du prince, ou en actions do grâces d'une heureuse réussite.
Feriœ nundinœ, où.l'on tenait les foires et les marchés. Les paysans venaient ces joursla à la ville pour y apporter leurs deorées.
Il y avait des Fériés qui avaient rapport
WaiONNAIUn DES ULLIGIONS
aux différents travaux de l'année, comme 1 1 triœ <t*lirulr8, les Fériés d'été, Feriœ me$- $is, celles de la moisson, 1 iinlemialrs, relies des vendanges, etc. D'autres, ,1 des cérémonies particulières, comme / • r.ri<r stuUnrum, lesFéries de fous ou des sots, <|ui se célébraient If 17 février ; Prinidam-œ, les vigiles des fêtes, etc. Ksuriales , celles où l'on jeûnait; Yislnriœ, l'êtes de la victoire dans le «nuis d'août
On les divisait encore en pudlicti , qui étaient établies . our le salut public, «M dont lobscivalion était générale, et priiatœ ou ptnpritr, propres à certaines familles, comme 1rs Fines Ciaudiennes, l\miLcnnes,etc. Dans les premières <»n était oblige d'interrompre 1rs travaux journaliers.
Les Fériés Inrinr.* devaient leur origine à la p dhique de Tar ,uin le Superbe ; d'autres bs tout remonter [dus liant. Les républiques confédérées du Lalium se i éuuissaient tous les ans, par leurs députés, à Ferenluin; là, assistant aux mômes sacrifices et aux mêmes repas, piles i luienian ut leur union, et prenaient les mesures les plus efliearespour leur conservation et leur prosj. ni \ Ou y avait élevé un temple à Jupiter La: hits, où s'as9einblaient les députés de V7 peuples.
Les Fériés sementincs ou des semailles etaientcélébrées vrs la lin dcjanvier,pourohtenir La prospérilédes t hamps ensemences, (le jour-là les animaux de labour étaient couronné- delb urs; on f i!sai! des procession* autour desebamps et des limitions sur des autels rustiques. On offrail des i àleaux à Tellus ou à ia terre cultivée, el à Cerès , comme mére des moissons. Ovide nous a roiwrvé dans ses Fastes la prié: qu'on offrait rc jour-là à res déesses. « déesses, qui d'un commun acrord a\e/. adouci ic» mœurs ancie nés, el qui substituâtes au gland une nourriture exrellenle , donnez au labtiurcur avide une abondante moisson, arcnrde/-bii un • iccomp use d une de se> ; : ., \aux. (Jne nos l>!és croisent ebaque our ; que le Iroid ne brûle pas e.-lle herbe tendre. Lorsque nous semons, l'ai es so f er d( s M-nts favorables; busqué nous hersons, envnxez nous des pluies douces. Oue «los \olees innombi ables d'o. seaux, ne dévastent pas m-s ebamp- ; que les fourmis re les ravagent pas, edes < u auront une ineilleuie par à la moisson. (Jue nos epis e soient nàtés ni part la rouille, ni i ar la nielle : qu'ils ne périssent ni te maigreur ni par unr exubérance excessive ; qu'ils soient >ans meiauge île piaules nuisibles ; ipie nos terres nous rendent avec usure l'orge el le seiule, elle froment qui passe deux bus au feu. » Le poêle fini! par des v»i>ux |>our une paix constante. < La paix, dit-il, est la nourrice de Cerès ; Cerès est le nourrisson de la paix. »
•2. Dans le langage de l'Kgbse romaine, tous le* jours delà semaine sont appelés Fériés, à commencer par le dimanche, qui cependant est appelé Féni d miuica. la Ferie du Seigneur, au lieu de Feriu prima. La septième Ferie est toujours nommée saMmlum ou snbbn( el par corruption samedi (de
tnbliriti dirsK An contraire des anciens ho mains, l'Kglise appelle Fériés le< jour) « l'on ne célèbre aucune fête publique ou par liculière.
FfillONIK, déesse des bois et de? t«t;« chez les Humains, ainsi nommée de ftro, pur 1er, produire, ou de Feroria, ville situe* ii pied du mont Soracle, chez les Falisqu^i où elle avait un temple dont on voi emw les restes. On prétend que son culte fut poil en Italie par les Lacédémooieos. EU était en grande vénération, et oo loi U sait beaucoup d'offrandes. La famille ii Hirpiens lui offrait, chaque année, dit un bois qui lui était consacré, oo fi crifice , pendant lequel ceux de celle fau3ÎI marchaient pieds nus et impunément ^ le bûcher allumé pour ce sacrifice. MjbPlii dit que cette merveille arrivait pendant J sacrifice que les Hirpiens offraient à . tp-tlfo qui étail honoré sur le mont Soncte.l* peuples voisins racontaient qui1 le fruim, un jour pris dans te petit bois qui k\hil con.sacré. on voulut emporter sa statue ?w la sauver de l'incendie; mais le bois nym et reverdi! (oui à coup. Horace dit qu'il le rendait ses hommages en se lavande tua} el les mains dans la fontaine sacrée qui m lait près de son temple. Les affranchi* Un gardaient comme leur déesse ; c'était 4js son temple qu'ils prenaient le bonoel.si* de leur liberté et de leur condition oouuL Sur des médailles d'Auguste, oo voit la W de Féronie avec une couronne; ce quibiii sait appeler PltHoslrphanos, qui aiuehcou ronnes. Servius la croit la même que Jowt et plusieurs inscriptions semblent leprotinr ainsi que sa qualité d'épouse de JojiL- Ànxur. Sa tête, couronnée de lauriers e:o grappes de raisin, se voit sur des œtoail* de la famille Prtronia
FFJIOI KH, êtres spirituels de bmjuW gie des Parsis , qui se présentent un« comme prototypes de tous les élrrsUt^ tomme génies protecteurs et bienhiM'* lanloi comme faisant partie de l'âuie bui»'*1* elle-iiiéme,el comme lormantla basede^'* spir ittiels. « Les Férouers. dit Cretiim>* les- idées, les proloiypes, les modèle» lift*! !<•> éires tonnés de l'essence d'OrmuiJ.^ pl s pures émanations de celle >uLv.w Ils existent par la p.irole vivante duCrMi>'4 aussi soiit-i's immortels, el par eux ' dans la nature. Ils sonl places au ciel corn! des sentinelles v igilanlt s contre Ahrimiv portent à Ormuzd les prières îles b^tj'1* pieux qu'ils protègent et purilïenl*Muuia4 Sur la terre, unis à des corps, ils cumbaiw sans cesse les mauvais esprits. Il* soutaw nombreux et aussi diversifiés dans leur>« pèces que les élres eux-mêmes. » Entre ■ Ferouers il y a la même Ltér.<rcbie, les mes rapports de supériorité el d*inferiorî qu'entre les hommes qu'ils représentent sorte que le Férouer du roi e>t le plnsclel et le plus puissant de lous.
Les V- rsans leur leudaieut un cohvp*1 dant les dix derniers jours de t auuw; c« ta il pour eux la féte des âmes, corrtsptfodJ»
PBS
□lie1 des Pilris on des Mânes dans l'Inde ^uc. Le Zend-Avesta contient une tourte et oaïve invitation de célébrer leur >, adressée aux vivants par les âmes des i* oo Férouers ; voici la traduction que lumouf donne de ce passage. « Nous ofile sacrifice aux bons, aux forts et aux !s Férouers des justes, eux qui descende leor demeure vers le temps de Hataibmaedba. Alors Us 9e répaudent ici- «codant dit nuits , exprimant leur désir
les questions suivantes : Oui nous a? qui nous offrira le sacrifice? qui réra pour nous l'offrande? qui nous plaira? ,«>o> invitera, en portant à la main le «•la vache et un vêlement, atec la prière lit obtenir la pureté à relui qui la pro-
?quel ê)st celui d'entre nous dont on tncera le nom? qttel est relui d'entre dont l'âme sera l'objet d'un cuit*? quel •lui d'entre nous auquel sera donnée ♦nd^, pour qu'il ail à manger une uour-
• qui né manqoe ni jamais ni à touî— Alors Vhomme qui leur offre le ire, en portant à la main le lait de la
et un vêtement, âvec la prière qui fait ir la pureté â celui qui Fa' prononce, ils lissent, satisfaits, favorables, bienveil-
Ift forts Férouers des justes en disant : j ait dans cette maison un troupeau
• d'ube vache et de ses veaux ! qu'il y heval rapide et un taUredu Vigoureux!
a soit un homme respecté, un homme qrfe celui qui nous oure sans cesse le itf, eu portant â la màin (e lait de la •et nn vêlement, avec la prière qui fait Via pureté!» '
KtEl'R. On appelait ainsi, chez tes Rotctlui qui offrait les gâteaux"sacrés.
Rl'LK. — 1. Plante consacrée à Bâcchus.
«le dit que ce fut dans une tige de cette ? que Promélhée tacha f**u qu'il dérobé à Jupiter. Bacchus, suivant Dio- «rdonna aux premiers hommes qui buu vin, de se servir de cannes de férule, que ces bâtons , assez forts pour serippoi aux buveurs chancelants, étaient eaers pour blo^ter ceux qui s'en ' frauda o* la chaleur de l'ivresse. C'était le à l'aide duquel Silène ivre gardait libre sur le dos de sa moulure, •oilit que celte tige tenait lieu de bâisluMl ou de crosse aux évéques de la i*e Eglise ; c'était alors la marque de ulorité.
tVEHDIN, ange de l'air et des eaux, a mythologie des Parsis. Voy. Farvar-
S0N1E, ou FESSOlJlK.du mol latin/et; langue ; déesse des voyageurs qui u fait de longues courses. Les gens de > surtout l'invoquaient dans les travaux fatigues de leur métier, parce qu'ils i«*nl que son emploi consistait â produ soulagement aux hommes.
flTINS. Les festins bnt'été mêlés dans aud nombre d'actes de religion, et con- ■* eu\ mêmes comme des actes rclichez presque tous les peuples. Us
F ET m
étaient la conséquence des sacrifices, car les prêtres et le peuple mangeaient la chair des victimes après qu'on en avait offert certaines parties sur l'autel. Le mol festin a même une élymologie commune avec ftte, fr$te,festum ; l'un et L'autre viennent du latin fatum pour estum, jour où l'ou mange. Les Gr-cs et les Romains faisaient servir des festins aux dieux et aux morts ; il en était de même chez les Egyptiens, les Syriens et les autres nations de l'Orient. Chez les Hindous, il est peu de cérémonies religieuses qui ne soient accompagnées de festins ; le même usage se retrouve parmi les nombreuses peuplades de l'Afrique, de L'Amérique et de l'Océauie. Il est souvent, question dans la Bible, des festins qui faisaient partie des solennités judaïques. Chez les chrciiensméincs, l'Eucharistie est un f< stiu mystique, qui en outre était accompagné dans les premiers siècles, de repas en commun appelés Agapes.
FÉSULE. C'était, chez les anciens, une Nymphesemblablcaux Grâces, l'upe des filles d'Atlas et des nourrices de Bacchu«.
FÊTE, solennité publique en l'honneur de la Divinité. Toutes les religions en fournissent un nombre plus ou moins grand, qu'on trouvera, pour la plupart, dans ce Diclionnaiie, suivant l'ordre alphabétique de leur dénomination. Nous consignerons ici les considérations générales et les fôtes qui ne peuyenl être rangées sous un litre particulier.
Féteê des Chrétiens.
Ce sont des jours institués par l'Eglise pour honorer Dieu, en célébrant lés principaux mystères de la religion, ou la mémoire des saints qui ont fait éclater sa gloire. — L'établissement 'des Têtes est aussi ancien que le christianisme même/Il était naturel que les premiers fi !èlcs conservassent la mémoire de ces jours mémorables, qui étaient autant d'époques de leur délivrance et de leur bonheur; de ces jours consacré* par la naissance , la mort, la résurrection el faseension de leur divin maître. Les premières que nous trouvons d'institution apostolique sont celles de Noël, le 25 décembre; de l'Epiphanie, le 6 janvier(dans plusieurs Eglises, ces deux fêles étaient célébrées le même jour); de Pâques, précé ée d'un jeûne de quarante jo rs. elcé lébréeàla pleine lune qui suit l'équinoxedu printemps de l'Ascension t quai au e Jours après P.lques; < t de la Pentecôte, dix jours après l'Ascension.
Aux Fêtes «le Jésus-Christ succédèrent cei les des martyrs , qui ont élé les premiers saints du christianisme : *n les célébrait prin» cipalemenl dans les lieuv où ils avaient rendu le glorieux témoignage de leur fo>, et leurs tombeaux servaient la plupart du temps d'autel; puis vinrent les fêtes des pont fes el des fidèles qui avaient illustré l'Eglise par la pratique éminente des vertus chrétiennes.
L'usage des premiers chrélféns était de relâcher, aux jodrsde fêtes, que que chose de leurs austérités ordinaires : I! était même défendu de jeûner ces jours la. « Il est vrai que le- nioinesd'Bgyple,dill'abbrFleury,uvaii ot
de grandes précautions pour empêcher que ce pelit relâchement ne leur fil perdre le fruit de l'abstinence passée; mais enfin, il marquait la distinction. » Saint Pacôme, suivant l'ordre de saint Palémon , son maître , prépara» le jour de Pâques, des herbes avec de l'huile, au lieu de pain sec qu'ils avaient accoutumé de njanger. Un saint prêtre , inspiré de Dieu, apporta à saint Benoit, le jour de Pâques, de quoi faire un meilleur repas qu'à l'ordinaire; et, pour marquer une autre sorte de réjouissance sensible, saint Antoine portait, à Pâques et à la Pentecôte, la tunique de feuilles de palmier qu'il avait héritée de saint Paul, premier ermite ; cl saint Athanase se parait du manteau que saint Antoine lui avait laissé. C'était une coutume établie dès lors, entre les chrétiens, de prendre, aux jours de fêles, des habits précieux , et de faire meilleure chère : d'où est venu le nom de festin, comme qui dirait un repas de fête. Les meilleures choses dégénèrent en abus. La joie sainte que les premiers chrétiens se faisaient un devoir de témoigner, dans la célébration de leurs fêles, s'est changée trop souvent en une licence effrénée ; et plusieurschrétiens ne connaissent plus maintenant des Fêtes de l'Eglise que les désordres et les débauches auxquels elles ont donné occasion : bien entendu que ceux qui se livrent à ces excès sont précisément ceux qui se font une triste gloire de ne prendre aucune pari à nos solennités religieuses.
Dans l'Eglise catholique, on partage les fêtes en plusieurs classes : il y en a de mobiles, qui arrivent à des jours différents, d'a-
f>rès la Féte de Pâques,' qui suit le cours de a lune; et d'autres à jour fixe. Il y en a de doubles, de semi'douoles et de simples. Les Fêtes doubles sont elles-mêmes subdivisées en doubles de première, de deuxième et de troisième classe, ou, comme on s'exprime en d'autres diocèses, en annuelles, solennelles et doubles, qui se distinguent encore en majeures ou mineures. On peut encore les diviser en Fêtes d'obligation, auxquelles tout fidèle est obligé de prendre part, de cesser son travail et d'assister aux offices divins ; en Fêtes de dévotion, qui sont célébrées avec une certaine solennité, avec simple invitationaux chrétiens d'y concourir, autant que leurs devoirs civils et leurs occupations journalières peuvent le permettre; et, enfin, en Fêtes communes et ordinaires, qui ne sont célébrées que dans les chapitres el les communautés religieuses, el par les prêtres dans leur office privé. Ces dernières occupent la plus grande partie des jours de l'année.
L'église a le pouvoird'établir de nouvelles fêtes; elle a usé largement de cette faculté dans les derniers siècles. Nous avons vu que primitivement on ne connaissait guère que quatre ou cinq fêtes de Noire-Seigneur, et quelques mémoires des martyrs > dans la suite on a établi celles des différentes phases de la vie de la sainte Vierge; celles des apôtres, celles des martyrs principaux; et enfin, celles de la Trinité, du Saint-Sacrement, du Sacré-Cœur de Jésus, etc.. etc. En France,
DES RELIGIONS. «g
depuis le concordat, l'Etat ne reconnaît que quatre fêtes, outre celles qui sont célèbre?» les dimanches ; ce sont celles de Noël, de l'Ascension de Notre-Seigneur, de l'Auomp. tion de la sainte Vierge, el la Toussaint. Les autres ont été ou abolies, ou renvoyées as dimanche suivant, ou ne sont célébrée» qu'à dévotion. Voyez, à leurs articles spéciaux, les Fêtes de Notre-Seigneur et de la saisie Vierge; et aux Calendriers des cbhétiem, les Fêtes principales à jour fixe qui sont célébrées dans les Eglises d'Orient et d'Occident.
Fêtes des Juifs.
Les Juifs, dans l'ancienne loi, avaient trois grandes Fêtes annuelles, celle de Pâques, qui tombait le 15 nisan ; celle de la Pentecôte ou des Semaines , le 6 sivan, et celle des Tabernacles ou des Tentes , le 15 lisri. Dans ers solennités , tout le monde, à moins d'empêchement légitime, devait se rendre à Jérusalem pour sacrifier. Il y avait en outre la fo< du premier jour de l'an, et celle de l'Expiation, le lOdetisri. Depuis, la synagogue a «*■ titué un certain nombre de Fêtes d'obligation ou de simple dévotion, que l'on trouvera à l'article Calendribr des Juifs.
Fêtes des Egyptiens.
Les Egyptiens avaient un grand nombre de Fêtes; les historiens anciens en ont remarque six principales : la i" à Bnbaste , en l'honneur de Bubastis ou Diane ; la S' à Bosirîs, en l'honneur d'isis ; la 3' à Sais, en l'honneur de Neith ou Minerve ; la *>♦ à Héliopolis en l'honneur de Pbré ou du Soleil; la or à Butis, pour Bouto ou Latooe ; et la 6* i Papremis, en l'honneur du Mars égypliea Jl y en avait en outre une multitude d autres, car chaque divinité avait la sienne
Fêtes des Grecs.
Les premières Fêtes des Grecs forent caractérisées par la joie et par la reconnaissance. Après avoir recueilli les fruits de h terre , les peuples s'assemblaient pour offrir des sacrifices , et se livrer aux transport» qu'inspire l'abondance. Ils célébraient le retour de la verdure, des moissons, de la uodange , et des quatre saisons de l'anoée.ei comme ces hommages s'adressaient à Cèrh ou à Bacchus , les Fêtes de ces divinité* étaient en plus grand nombre que celles d'autres.— Dans Ta suite, le souvenir des é*<nements utiles ou glorieux fut fixé à <k> jours marqués, pour être perpétué à jamais de sorte que le calendrier des Grecs «t comme un abrégé de leurs annales.
C'était une Féte pour les particuliers, lorsqu'il leur naissait des enfants ; c'en était use pour la nation , Iorsqoe ces enfants étaient inscrits dans l'ordre des citoyens, ou lorsque , parvenus à un certain âge, ils montraient tes progrès qu'ils avaient faits dans les exercices du gymnase. Outre les f*lts qui regardaient toute la nation, il en était « particulières à chaque bourg.
Les solennités publiques revenaient '«u* les ans , ou après un certain nombre d'an nées. On distinguait celles qui , dès les pi»'
anciens temps, furent établies dans le pays , et celles qu'on avait plus récemment empruntées des autres peuples. Quelques-unes se célébraient avec une extrême magnificence. Des victimes nombreuses étaient sacrifiées sur les autels ; de pompeuses procèssioas parcouraient les villes , des représentations théâtrales étaient offertes à la curiosité du public ; il y avait des danses, des chants, des courses, des combats de toute sorte, dans lesquels brillaient tour à tour l'adresse et les talents. Voyez Calendrier des 11CIBM Gbecs.
Fêtes des Romattu.
Voyex Fériés , et Calendrier des ancms Romains.
Fêtes musulmanes.
Les musulmans sunnites ou orthodoxes n'oot que deux Fêtes dans l'année : la première appelée Id~Fitr, ou de la rupture du jeûne, a lieu le premier de la lune de sellerai, à la suite du jeûne de ramadhan ; la seconde Id-Adha , ou Id-Corban, ou Jd-Bacar, Fête do sacrifice , se célèbre 70 jours après , le 10 de la lune de dhoul-hidja. On 1rs connaît aussi sous la dénomination turque des deuxBeiram. Voyex ces différents articles.
Mais les mahométans schiites ou schismaliques de la Perse et de l'Inde en ont plusieurs autres , parmi lesquelles on remarque la Péle appelée Diha ou Aschoura, qui se célèbre les dix premiers jours de la lune de Jloharrem, e n commémoration de la mort de l'imam Hosétn. Voyex Déha , et Calendrier
MCSUDIAN. '
Fêtes des Parait ou Mages.
Les Parsis avaient , sous un certain rapport, autant de Fêtes qu'il y a de jours dans l'année ; car chaque mois , chaque jour du mois, et même chaque heure du jour, étaient consacrés À un génie particulier , qu'on devait honorer; mais outre ces commémorations journalières qui correspondent assez aux saints des calendriers chrétiens , ils avaient des Fêtes solennelles et publiques ; entre autres celle du jour de l'an \neufou:)t instituée en mémoire de la création du monde , de l'adoption de la loi de Zoroastre, et de la résurrection future, événements qui ont eu lieu ou quidoivenl arriver à celte époque ; les Fêtes destinées à célébrer la mémoire des différentes époques auxquelles ont été produits les Gahanbars, êtres qui composent l'univers , ces Têtes anciennes >ont les plus solennelles ; \eMihr-Djan , en l'honneur deMithra, qui a lieu à l'entrée de ^automne ; enfin, les dix derniers jours do l'année consacrés au culte des Férouers , ou âmes des ancêtres, qui, à cette époque, viennent visiter la terre.
Fêtes des Hindous.
Chaque district de l'Inde , chaque pagode de quelque importance,, a sa fête particulière qui revient plusieurs fois dans le cours
il* l'inné »l -a I.. k„l,:inni. ,»•-
lentour. Il y en a en outre un grand nombre d'autres qui sont religieusement chômées partout, et qui ont lieu à des époques fixes. Ces jours-la sont consacrés aux réjouissances et aux divertissements ; les travaux sont suspendus ; les parents et les amis se réunissent, se donnent des festins ; ils ornent leurs maisons , se parent de leurs joyaux et de leurs vêtements les plus propres, et passent le temps à des jeux, la plupart bien simples et fort innocents. Ces Fêtes de famille ne ressemblent en rien à celles qui se célèbrent dans les pagodes , où le monde afflue de tous les cotés et qui offrent les scènes les plus scandaleuses. L'abbé Dubois affirme que les Hindous ont dix-huit Fêtes d'obligation : ceci est vrai pour l'Inde méridionale ; mais ce nombre varie dans les antres provinces , suivant les différents systèmes religieux qui y sont adoptés. Voyex Calendrier hindou.
Fêtes des Tibétains.
Voyex Calendrier tibétain.
Files des Chinois.
« Les cérémonies solennelles on sacrifices en l'honneur du Chang-ti et des génies célestes avaient lieu, dit M. Ed. Biot (1) , aux deux solstices et aux deux équinoxes La détermination précise de ces grandes époques do l'année faisait donc partie des rites, et c'est ainsi que l'observation de la longueur de l'ombre du gnomon au solstice d'été, dans la capitale, se trouve mentionnée comme un rite sacré dans le Tcheou-li. La cérémonie du printemps , qui commençait au solstice d'hiver , sous les Tcbeou , s'appelait Yo. La cérémonie de l'été, à l'équinoxe vernal, s'appelait Si. Celle d'automne , au solstice d'été , s'appelait Tching , et celle de l'hiver , à l'équinoxe automnal, était nommée Tchang.
Vers le commencement de l'année, un sacrifice était fait, dans chaque canton, au génie producteur de la terre et à l'esprit du lieu. Un sacrifice analogue se faisait en automne, après la récolte. Aux mêmes grandes époques de Tannée , une cérémonie avait lieu , dans chaque famille, en l'honneur des ancêtres ; elle était suivie de grands repas et de réjouissances. » Voyex Cm. La plupart de ces Fêles sont tombées en désuétude , et si nous en exceptons ceux qui professent la religion bouddhique , les Chinois ont peu de Fêles religieuses proprement dites. La plus célèbre est celle qui est appelée la Fête des Lanternes, qui donne occasion à de grandes réjouissances. Vers le solstice d'été, on cé lèbre encore la Fête des Eaux ou des Bateaux, appelée par les Chinois Long-tchouen, bateaux du dragon. — Les éclipses étaient aussi pour les anciens Chinois l'occasion d'une solennité, ou du moins d'une cérémonie religieuse , dans laquelle on faisait abstinence , on s'accusait de ses fautes , on faisait des génuflexions et des prostrations, etc.
Fêtes des Japonais.
La célébration des Fêtes solennelles est
de Tannée, et où se rendent les habitants d'à (1) Recherche» sur les meurt des aucien* Chinois d'après UChi-kingt dans le Journal asiatique, novembre 1843.
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
un point essentiel delà religion du Sinto;ellc consiste à aller aux Mia s ou temples des dieux et des grands ho mm os décédés. On peut s'y rendre en tout temps , mais il no fai t pas manquer à ce devoir , les j»urs qui sont particulièrement consacrés à leur culte, à moins que les fidèles ne se trouvent dans on état d'impureté , et n'aient pas les qualités nécessaires pour paraître en présence des dieux immortels , qui ont en abomination toute sorte d'impureté. Les dévols scrupuleux vont en» or.> plus loin, et croieut qu'il y a même «le l'indécence à se présenter devant les génies, lorsqu'on a l'esprit affligé par les malheurs ou une infortune quelconque.
Car, cmme ces êtres immortels jouissent d'un étal non interrompu de bonheur et de fétici<é, cl qu'iU pénètrent les replis les plus c.icbés du <<eur de l'homme, les Japonais sont persuadés que les prières de ceux qui sont dans une douleur et une affliction excessive l< ur seraient un objet désagréable.
Voici comment ils accomplissent leurs dévotions dans les temples: Après s'èlre lavés, ils mettenl leurs meilleurs habits avec un kamisinoou robe de cérémonie, marchent d'un air grave et composé jusqu'à la cour do temple , et vont d'abord au bassin qui est dans le parvis , pour se laver les mains , si cela est nè< essaire ; pois, baissant les yeux , ils s'avancent avec un grand respect vers le Mia, el après avoir monte les degrés qui conduisent à la galerie qui règne autour du temple, ils se mettent à genoux , inclinent peu à peu et avec beaucoup d'humilité là téte jusqu'à terre, la relèvent ensuite , étant toujours à genoux, el tournant les yeux vers le miroir qui est placé dans le temple, font une. courte prière, dans laquelle ils exposent lux dieux leurs besoins; cela étant Tait , ils ji lient quelques petites pièces d'arpent , où dans le Mia , au travers des grilles , ou dans le tronc qui est auprès, comme une offrande faite aux dieux, ou un don charitable en faveur de.» prêtres. Ensuite ils frappent trois fois la clothe suspendue sur la porle du Mm, pour la récréation des dieux, qui, selon leurs idées, prennent un plaisir infini à entendre le son des instruments de musique; enfin, ils se retirent pour passer le reste du jour à se diterlir, à se promener, à s'exercer à diverses sortes de jeux, à manger, à boire, el à se traiter les uns les nuire*. C<s dévotions peuvent être accomplies en lodt temps même lorsqu'on n'a pas ses plus beaux habits : mais, les jours de Fêles , tous les sectateurs du Sinto ne manquent pas de les aller faire aux temples d un ou de plusieurs dieux , mi qui ils ont plus de confiance. Ils n'ont point de rites fixes et établis pour la célébration de leors fêles; chacun est libre de s'adresser aux dieux selon qu'il le juge à propos. En général , les Fêles des Japonais parai sent plutôt destinées à se faire des compliments réciproques, qu'à s'acquiller de» devoirs de la religiou; aussi les appellent-ils ReOi, eVst'à»dire jours de visites. \\< se croient néanmoins obliges d'aller ces jours-là au temple de Tcu-sio-daï-Siu , le premier et le
principal objet de leur adoration, el lux temples des autres dieux et des héros; et bien qu'ils soient assez exacts à remplir ce devoir, cependant ils passent là plus grande purtfede leur temps à faire des visites et des couipliru nts à leurs supérieurs , à leurs amis rl i leurs parenls. Leurs festins, leur* rtoces, le» audiences qu'ils donnent, el eh général toutes leurs réjouissances, tant publiées que particulières, ont lieu ces jours là. nonseulement parce qu'ils ont alors plus de loisir, mais surtout à cause qu'ils s'imaginent que les dieux mêmes se plaisant infiniment à voir prendre aux hommes des plaisirs et des divertissements innocents.
Les Japonais onl cinq jours de grande Fête qui sont considères comme des jours fortunés et consacrés aux grandes réceptions; oo les nomme Gn-sit*.
Le premier a lied le premier jour du premier mois; d'autres disent le V jour du mtoe mois ; on l'appelle Zin-sitt, ou Fêle k l'homme.
Le second a lieu le 3' du 3* mois ; «Vu I pelle Sio-si, bu le jour du serpent : no lu donne encore le nom de Fête des tilles ou ilei femmes.
Le troisième, Tango-no Sekou, Jdur da cheval, se célèbre le 5' jour du 5* mois ; c'est la Féle des garçons
Le quatrième, Sits-sek ou Seî-ft*, la *ôirw
des étoiles
est célébré le V jour dn7« mou; on y vénère certaines constellations. Féle dei écoliers.
Le cinquième à lieu le 9* jour du 9' mois on l'appelle Tchokio-no Sekou : de réjouissances ont lieu à celle occasion. 1 "lices différents noms.
Il y a en outre un certain nombre de ri-Us chaque moi>; celles qui passent pour I'* plus solennelles sont celle» qui arrivent le 1" , le 15' et le 28 jour do won. Le premier jour, ou celui de la nouvell • lune, e>i j lulot un jour de compliments el de ei»e lile- réciproques que de dévotion; oo se promène le -ou- et on se livre à toutes sorte» « plaisirs. Voy. Tsitats. Le 15 du mois, ou jour de la ph .ne lune, les dieux du pays onlbeaucoup plus de pari aux visites des Japons que les amis et les parenls. Le i8 du tum*. vu veille de la nouvelle lune, est p*" célèbre par les Siotos, mais les temples de Bou<« dba sont rempli» de monde, pat ci que te*l une de* léte • mensuelles consacrées à Ame du. Voy. Calendrier japonais».
Fttei des Tunkinois.
Une des Fêtes les plus solennelles da Tun. kin est relie que l'on célèbre au comment menl de l'année. Le premier jmir, chacun* tient renfermé dans sa maison, co;i.nie r<!a a lieu dans la Chine en pareille circonstance, sans mémo oser ouvrir ni les portes ni 1 * fenêtres; à peine se permet-on de parler dm* sa amille, tant on craint de vu>r «P- " que objet, ou d'entendre que lque parole *• mauvais augure, qui pronostique une ar.nee malheureuse. Mais, le-» jours suivant*, ou ie dédommage bien de cette conlr.tiule. 'I<MM les habitants de la môme localité se rendent
des Tifjte*, mutuelles, et ne songent qu'à lier ensemble des parties de plaisir. La joie règne dans Ict rués, comme dans l'intérieur des saisons. Sar des théâtres élevés dans les places publiques, on, représente des farces poor amuser les passants. Dr tous côtés on entend le son des instruments de musique, lesrhanls et les cris de joie des gens qui se rejou ssent. Les femmes marnes, ordinairement fort réservées, ont lu liberté de sortir en toiture , pendant cette Fêle; mais elles sont toujours bien escorté) », de peur que, iIjhs ce temps de licence, elles ne soient insulté $ par les passants. La Féte dure ordinairement douze jours, pendant lesquels le erand sceau de l'État reste enfermé dans une boite. On ne rend la justice dans aucun endroit du loyaume, et tous les travaux sont iiterroni'pus.
Use autre Féte non moins célèbre, et qui M d'obligation d;ins tout le royaume, est «le qui a lieu à la septième lune. Les ehhms "Oii|iireul iprès elle plus que pour toutes h» autres Fétisde l'année; les bonzes la dirent avec impatience, pane qu'elle est pour oui 1 occasion d'une abondante récdte; k> courtisans, les prisonniers pour dettes ou pour des fautes légères, ne la souhaitent pas moins passionnément. Kii effet, celle solennité est en tièrement destinée au soulagement deN morts; et lés Tonkinois s'empressent d'apporter aux temples en leur faveur de riches offrandes qui tournmt ku profit des bonzes. On se livre alors à des réjouissances Je toutes sortes pour divertir et consoler les Smes des parents défunts. Vers le milieu de fe mois, lorsque la lune est dans son plein, chacun allume un feu au même endroit que ie défunt occupait avant d'être enseveli, dans h pensée que l'âme s'étant purifiée par ce feu, comme l'or dans la fournaise, elle se rendra de là dans le ciel. Le roi ouvre à celte "ccasion les coffres de son épargne, et distribue ce jour-là des sommes considérables, en récompense des services rendus à sa couronne. Il fait de riches présents aux calants faux neveux dont les pères ou les parents "il rendu service à l'Etal, se sont rendus reconimandables par leur zèle et leur courage^ fl ont exposé leur vie pour la défense du royaume. Il prétend, parce moyeo, les en- Rffcer à imiter leur» ancêtres, et les encourager à se dévouer .à sa personne el a, son 'jaunie. Ce. joùr-ïa, il est déféïi'du h tout '"freband d'ouvrir sa boutique, de vendre u d'acheter quoi que ce soit. Les prison- "u rs ont part à l'allégresse générale ; ceux T'i ne sont détenus que pour des fautes léi res ont le loisir de s'acquitter de leurs P'eux devoirs à l'égard de leurs ancêtres, et "» leur procure les moyens de gagner celle *pé,e «le jubilé.
Le dixième mois, les Tuntihois célèbrent "ne autre féte publique en l'honneur de 7ïenou du seigneur du ciel; c'est alors que le» grauds de 1* Liai renouvellent au roi, dans Uu tt-mple, leur serment de fidélité.
FETE-DIEU. Le pape Urbain IV institua *»» ce nom, eu Î26i, une fête solennelle
destinée à honorer particulièrement Jésus- Christ dans le saint sacrement de l'autel. Quoique le jeudi saint soit le jour de l'institution de l'Eucharistie, la tristesse de l'Eglise ne lui permet pas de célébrer alors ce mystère avec la pompe et l'appareil convenables. C'est pour celle raison que le pape Urbain plaça la Fête-Dieu au premier jeudi après l'octave de la Pentecôte, La procession solennelle qui accompagne aujourd'hui celte solennité ne fut établie qu'en i.'M6,par l'ordre du pape Jean XXII. Cette cérémonie est une des plus pompeuses et des plus magnifiques de toutes celles qui sont en u-agedans la religion chrétienne. Jésus-Chrisl, sous les espères dupain, est porté en triompheau milieu des rues jonchées de Heurs, ornées de tapisseries de tentures, et parées de tous les ornements que la piété et le zèle peuvent imaginer. De distance en distance s'élèvent des reposoirs décorés avec la magnificence que comporte la localité; la procès ion s'y arrête, el l'officiant y donne la bénédiction do s.iint sa< rem nt. Une description détaillée de cette pompe serait ici forl inutile, car la presque totalité de nos lecteurs ont pu en êire témoins. Au reste, les cérémonies v.irieni souvent beaucoup d'un diocèse à l'autre. Il suffit de faire remarquer que le but 'le celte prucession est de faire à Jésus-Christ une espèce de triomphe, pour réparer les outrages que les hérétiques, les Impies et les libertins lui font chaque jour dans le sacrement «le l'Eucharistie ; cl afin d'obtenir de lui qu'il bénisse, par sa présence, tous les lieux par où il passe.
11 est à regretter que, contrairement à l'usage de tonte la chrétienté, cette solennité ait été transférée, en France, du jeudi au dimanche suivant : celle mesure autorisée par le concordat ôte un peu à cette féte de sa spécialité.
Cette solennité dure huit jours; on fait lé jour de l'octave une procession un peu mollit solennelle. Les Eg'ises d'Orient n'ont pas encore adopté celle fêle.
FÊTE-D'AMOUR, sorte de repas religieux, ou agapes, qui a lieu dans certaines Eglises protestantes, telles que celles des Haldaniles, celle des Doops-Ccziridcn, des frère! Moràves, etc. Chez ces derniers on les solennise qtiand le zèle parait se refroidir, afin de le ranimer. Elles consistent en prières, en hymnes chantées, à la suite desquelles ils mangent éii commun un petit gâteau, et prennent chacun du calé dans le temple, ou, comme à Zeist, deux tasses de thé.
FETFA, ou FETWA. On donné ce noïii, chez les Turcs, à des décisions prononcées par le moufti. Lorsqu'une affaire a 'été déférée au tribunal de ce pontife, il là fait examiner avec soin par un rapporteur qu'il nomme à cet effet'; après quoi le moufti rend son jugement, et promulgue la sentence àp-
f)cle«» Felfà. Les Turcs ont plusieurs colerlions de Fetwas, qui embrassent toutes les matières contenues dans le code universel. Ces décisions soni rédigées par demandes et par réponses; ce sont des consultations qui
MX
DICTIONNAIRE DES ItELH.IOSS.
correspondent à ce qu'on appelle chez nous résolutions fies cas de conscience.
FÉTICHES. Ce mol, emprunté au portugais fetisso, objet félé ou vénéré, et adopté par quelques peuplades nègres, s'emploie en général pour désigner les objets du culte des habitants delà Guinée, et des autres peuples barbares de l'Afrique.
Tout ce qui Trappe l'imagination déréglée du nègre devient son Fétiche, son idole. Il adore, il consulte un arbre, un rocher, un œuf, une arèle de poisson, un coquillage, un grain de datte, une corne, un brin d'herbe. Ouelqucs peuples ont un Fétiche national et suprême. Dans l'Ouidah, un serpent est regardé comme le dieu de la guerre, du commerce,dcl'agricullure, de la Té ondilé. Nourri dans une espèce de temple, il c>t servi par un ordre de prêtres; des jeunes filles lui sont consacrées. Dans le Bénin, un lézard est l'objet du culte public; dans l'Acliamie. on sacrifie à un vautour; à Ussue, c'est le chacal qu'on révère; au Dahomey, c'est un léopard. Quelques nègres don tient à leur Fétiche une figure approchant de l'humaine. Les nègres ont en outre des Fétiches particuliers qu'ils portent suspendus à leur cou en guise d'amulette, auxquels ils rendent journellement hommage, et qu'ils consultent dans les cas particuliers. Ils attribuent à leurs Fétiches leurs heureux succès, et font en leur honneur des libations de vin de palmier. Tel est le fanatisme des Africains pour ces prétendues divinités, qu'on ne saurait les outrager impunément. Un Français faillit un jour en faire la triste expérience: il avait tué, on ne sait comment, le serpent révéré par les Ouidahs ; aussitôt la fureur populaire se souleva contre lui; pour échapper aux coups dont il était menacé, il fut obligé de s'abriter sous la protection d'un armateur portugais, et celui-ci, malgré tout son crédit sur les indigènes, ne put sauver, qu'au prix d'une Domine considérable, le meurtrier de leur dieu.
Tous les nègres de la Guinée rendent un culte solennel aux Fétiches. Un énorme rocher, nommé Tabra,qu\ s'avance dans la mer eu forme de presqu'île, est le Fétiche public du Cap-Corse. On lui rend des honneurs particuliers comme au chef et au plus puissant de tous les Fétiches. Tous les ans, on lui sacrifie une chèvre. Dans chaque semaine, il y a deux jours de fête chez les nègres ; le premier est consacre au Fétiche domestique; ils célèbrent ce jour-là eu prenant un pagne blanc, et en se faisant sur le visage des raies avec une terre blanche. Ils ne boivent du vin de palmier que vers le soir. Les nègres n'observent pas tous également la seconde fêle ; mais plusieurs, et surtout les nobles, font le sacrifice d'uu coq, ou même celui d'un mouton, s'ils sont assez riches. Le sacrifice se fait aux Fétiches en général. On se contente d'avertir le simulacre, qu'on lue un animal en son honneur, et il n'y a pas d'autre cérémonie. Au reste, le sacrificateur n'a pas plus de part à la victime que le dieu auquel elle est immolée; car ses amis, aver-
tis du sacrifice, se jettent sur ranimai, avaut même tju'il soit expiré, le mettent en pièces avec les doigts et les ongles, grillent chique morceau qu'ils ont pu emporter, et l'avalent aussitôt sans autre préparation. Les intérim n'excitent pas moins leur avidité ; ils le» hachent fort menus, les font bouillir avec qs peu de sel et beaucoup de poivre de Guinée, et trouvent ce mets fort délicieux. Suivait le rapport des voyageurs, celte féte a lieu le mercredi, qui est en conséquence un jour de repos pour les nègres ; on ne tient ce jourlà aucun marché, on ne se livre à aucune affaire temporelle, excepté au commerce aire les navires européens. Le mercredi donc, un élève au milieu de la place publique une table carrée, soutenue par quatre piliers de la hauteur de sept ou huit pieds. Celte table est un tissu de paille ou de roseau en formelle natte, et ses bords sont ornés de quantité te joyaux et de petits Fétiches d'écorce d'arbre ou de branches. On étale dessus diw>ei sortes de grains, avec quelques petits poc* d'eau et d'huile de palmier. Toute IWablee se relire après avoir fait son offrault, et, vers le soir, on se renddans le niéraelim Si l'on ne retrouve plus rien sur la table, chacun semble convaincu que les Fétidiet ont mangé ce qu'on leur avait offert, et il ac vient à l'esprit de personne que les grim aient pu servir de pâture aux oiseau*. Ot répand alors un peu d'huile sur la table, et, si l'on juge que les Fétiches aient encoreni peu d'appétit, on recommence à leur serw quelque partie des mêmes aliments.
Les princes ont une féte solennelle, qui est l'anniversaire de leur couronnement; ils pellenl leur jour Fétiche. C'est dans ce jour que le roi fait des sacrifices publics à soi Fétiche, qui est ordinairement le plus grasd arbre du pays. Chaque roi célébrant liarfi* féte à. son tour, on a soin de les fixer à A* jours différents, et le temps que l'ones*-4* est ordinairement celui de l'été.
On invoque les Fétiches dans toutes^* circonstances de la vie, même les plus huila; à plus forte raisou jouent-ils un rôle «lia les naissances, dans les mariages, dais le» serments, et lorsqu'il s'agit de connaître l'a'** nir par la voie du sort. Us président eiuute aux funérailles, ou plutôt h's rois et ltf grands sont enterrés avec leurs Fétiches.
Les nègres d'Issini ont des notions fort confuses au sujet des Fétiches, et les p|a* v ieux d'entre eux ont l'air embarrassé lorsqu'on les interroge sur celle matière, ils 031 appris seulement, par une ancienne tradition, qu'ils sont redevables aux Fétiche** tous les biens de la vie, et que ces être* redoutables ont aussi le pouvoir de leur eau** toutes sortes de maux. Ces Fétiches sont différents, suivant les idées ou plutôt le capr:ce de chaque nègre. L'un choisit pour son Fétiche une pièce de bois jaune ou rouge; là"" lie, les dents d'un chien, d'un tigre, «l'une nivelle, .l'un éléphant; ceux-ci, un œuf, on* de quelque oiseau , la léte d'une poule, oi LueuT, une chèvre; ceux-là, une arrie L* poisson, la pointe d'une corne de bélier «»*
(W7 FKT
plie d'ordures, une branche d'épines, un paquet de cordes faites d'écorce d'arbre, uno tuile, ou d'autres objets de même nature. La consécration des Fétiches se fait sans beaucoup de cérémonies. Lorsqu'un nègre a choisi quoi que ce soit pour en faire un Fétiche, il assemble toute sa famille, et, après avoir lavé l'objet de sa dévotion, il jette quelques gouttes de cette eau sur les assistants, et le Fétiche est fait. Les Fétiches nationaux sont ordinairement quelque grosse montagne, ou quelque arbre remarquable. Chaque village est aussi sous la protection d'un Fétiche parliculier, orné aux frais du public et invoqué poor le bien commun. Ce dernier a, dans la place publique, son autel de roseaux, élevé sur quatre piliers, et couvert de feuilles de palmier. Les particuliers ont, dans leur enclos, un lieu réservé pour leur Fétiche, qu'ils psrenl suivant les mouvements de leur dé-
>.H>H),et qu'ils peignent, une fois la semaine, de différentes couleurs. On trouve quantité de ces autels dans les bois et dans les brujères; ils sont chargés de toute sorte de Fétiche», avec des plats et des pots de terre remplis de maïs, de riz et de fruits. C'est de- 'aol ces autels que les Issiniens accomplissent leurs actes de religion ; car d'ailleurs ils n'ont point de temples.
lis portent si loin le respect pour ces divinités, qu'ils observent religieusement tout ce qu'ils promettent en leur nom. Les uns s'abstiennent de vin en leur honneur ; les autres, d'eau-de-vie ; quelques-uns s'interdisent l'usage de certains mets et de quelques espèces do po isson ; d'autres, celui du maïs, du riz, des fruits, etc. Tous les nègres, sans eiccplion.se privent de quelque plaisir pour honorer les Fétiches, et perdraient plutôt la fie que de violer leur engagement. Ils ont grand soin de leur offrir, tous lei malins, quelque partie de leurs meilleures provisions, persuadés que, s'ils manquaient à ce devoir, léseraient menacés de mort avant la fin de l'année. Ont-ils besoin de pluie? ils mettent devant l'autel du Fétiche des cruches vides. Sonl-ils en guerre? ils y déposent des sabres H des poignards, pour demander la victoire. Demandent-ils du poisson ? ils offrent des os • > des arêtes. Pour obtenir du vin de palmier, >l« placent au pied de l'autel le ciseau qui sert aux incisions de l'arbre. Au moyen de ces démonstrations de respect et de confiance, les Issioiens se croient assurés d'obtenir l'objet de leur désir. Si leur attente se trouve trompée, ils attribuent ce malheur à quelque juste resseuliment de leur Fétiche, et tous (fors soins se tournent à chercher comment ils pourront l'apaiser. Dans cette vue ils s'adressent au devin pour faire la cérémonie appelée Tokké. Voyez ce mot.
Il arrive fréquemment qu'on offre aux Fétiches des victimes humaines ; ees horribles »a criûces sont encore eu usage chez les peuple» de la cote de Guinée, chez les Achantis, ta habitants de Dahomey et du Bénin. Mac Queeo , dans son Geographicnl survey of J/Hcb, a rassemblé de uombreux extraits de wwdich, Hutcbeson, Dupuis et Lander, qui
fei m
présentent une peinture effrayante de ces sinistres cérémonies, dans lesquelles des mil* liera de victimes sont souveut immolées à la fuis. Ces sacrifices sont en usage daus toutes les contrées de l'Afrique occidentale, où l'islamisme n'a pas encore étendu sou empire. Dans l'issini, on immole aux Fétiches les prisonniers de guerre et les esclaves qui ont tenté de fuir. La victime est placée près du Fétiche auquel elle doit être sacrifiée, et on a soin de lui faire étendre le cou au-dessus du simulacre. Celui qui est désigné pour procéder à l'exécution, tire son poignard et perce la gorge de la victime, tandis que les autres la tiennent et font couler son sang sur le Fétiche. L'exécuteur accompagne celte action d'une prière qu'il prononce a haute voix, et qui revient à peu près à ceci : « O Fétiche I nous l'offrons le sang de cet esclave. » Aussitôt que la victime a rendu le dernier soupir, on la coupe en pièces, et on ouvre au pied de l'idole un trou dans lequel toutes les parties de son corps sont enterrées, à l'exception de la mâchoire qu'on attache au Fétiche même.
Le mol Fétiche exprime en outre quelque chose de religieux, de saint, de sacré; cesl ainsi qu'on àil faire Fétiche, pour sacrifier; 60 ire Fétiche , pour confirmer un serment en buvant une certaiue liqueur. C'est ainsi qu'on appelle Fétiches certaines classes d'animaux ou de végétaux qui, sans être précisément des divinités, sont regardées néanmoins comme ayant un caractère sacré. Il en est de même de certaines pierres qui bornent les champs. Il y a un petit oiseau considéré généralement comme Fétiche ; il est de la taille d'un roitelet, a le bec d'une linotte; et il est marqueté de noir et de blanc sur un fond de plumage gris-brun. Si l'un de ces oiseaux vient à voler dans le jardin d'un nègre, c'est pour lui un présage de bonheur, et il lui jette aussitôt à manger. Le poisson-épée ou espadon est un poisson Fétiche; une certaine espèce de palmier est aussi décorée de ce titre. Un nègre qui passe devant un de ces arbres prend ordinairement quelques morceaux de son écorre et s'en entoure le bras ou le corps, persuadé que c'est un préservatif contre tous les dangers. C'est un grand crime parmi eux de couper ce palmier. En 1598, dix Hollandais ayant coupé quelques-uns de ces arbres, dont ils ne soupçonnaient pas la divinité, furent impitoyablement massacrés par les indigènes.
Cette dernière classe de Fétiches a beaucoup d'analogie avec les objets tabouéi, parmi les Océaniens. Voyez Tabou. Voyez aussi Gansais.
FÉTICHÈRËS, ou.FÉTISSEROS, nom que les voyageurs donnent aux prêtres nègres consacres au culte des Fétiches.
FÉ 1 1CHJSME. Ce mot, dans son sens strict et primitif, exprime l'adoration des Fétiches, le culte que les nègres rendent aux objets animés ou inanimés; mais par extension on a donné le nom de Fétichisme à tout culte rendu à des objets matériels el terrestres considéré» comme divinités. Kt.sous ce der«
0$> LHUIOYSAIHE
nier rapport le Fétichisme n'est | asb »rné aux noirs de l'Afrique, il esl même bien pou de systèmes religieux qui n'aient ete allé» nls de la plate du Fétichisme.
Nous « onsidéron* tous les faux cultes qui se sont simultanément ou successivement répandus sur la terre, co.utnt' de grand- s héré>ies de la religion véritable, révélée à riioimne dès l'origine du monde. I.a première a dû être incontesl ablcuieul le s.ibéisme , ou a ioratim des astres, considci es d'abord ninniM> symboles do la Divinité, pu s comme ses o ^.incs, el en lin comme étant ; u\-mèines a ut ut <ie divinités; vml ensui;o I ! déification des prim-es, des législateurs et 'les hommes illn-tres. les peuples n'awmt |» s larde de passer de l'admii almn à la vénéra ion et au culte ; enfin, l'idolâtrie pmfin-mei t dite, par laquelle les nuages des d.eux, des autres ni des héros furcn' , regardées comme digues du culte d'adora* on , connue ayant elles-mêmes qtiei(|U" clrsc de > icré, et une certaine identité avec l'objet qu'elles eprésen:aieut. Mais concurremment avec c- s gi amies hérésies, s'éleva un coite plus moiisli ueux encore, le l'eli hi-me, qui consistait a attribuer la diviui:e a des êtres ou à des objets qu'on avait sons la main. C'est dans ce culte seul pie le fameux vers de Lucrèce peut trouver son ap li alion :
Prunus in orbe deos feeii limur,
car le Félichisuc n'a pu être euf.i lé que parla superstition la plus ab»urie. De> pfiilosopnes modernes soutiennent, comme Lucrèce, que le Fétichisme a été la première expression de la religion sur la terre, «pie de là les hommes passèrent au pol>tbéi me et par suite au monothéisme; et ils fout honneur <\<- ce progrès a la sagesse de l'esprit humain; mais le r asserlio.i e t i .u <• gratuite, et ~e trouve démentie par i'his one de tous les peuples. Au resîe, plusieurs ne dissimulent pas que. suivant eu\, I i quatrième phase du propre s doii cire l'athéisme. Quant a nous, n aïs regardons comme démontré par l'etu le approfondie île a philo, sopbie des anciens peup.es. (jue le u.ono- Iheismea |»i écéde loo les les au très c .ncep ions theosopb ques , par e que la vérité do i necessaireuie l subsister avant l'erieur.
Nous allons maiulenanl, avec l'an eur de l'ouvrage inti ule Culte des ilici x ïiticlus, parcourir les principales i eligious païennes, et considérer avec iui les emprunts qu'elles ont faits au Fétichisme.
Fétiçhitiiie de la /Vr.sv.
Les Perses, ou moins le peuple grossier, avaient pour Fétiches le leu et les grands arbres. Le premier des deux cultes > subsiste enc<»re, malgré les persécutions dont on l'a accablé; et le second n'y est nullement aboli. Chardin y a mesure un arbre dans un jardin du roi, à la partie méridional de Clnraz, qui avait plus de quatre brasses de tour. Les habitants de la ville, '..int cet arbre use de Mcilîesse, > croient âgé de plusieuis siècles, et • ont di voiioil comme à un lieu saint. Ils âlTeclenl d'aller
KS RLUtJIOSS. Tft
la ire leurs prières à son ombre; iU ait* chenl à « ^ branches des espèces de c.ap» le!*, des amulettes et des morceaux de tcun h tbillemenls. Les malades ou les «en* envoyés de leur part viennent y brûler de le» cens, y offrir .«e petites bougies allumées) y faire d'autres piati lues semblables \m recouvrer la santé. Il y a partout en IV ru de ces v ieux arbres dévoiem nt révères pu le peuple, qui les appelle Drnkht 'nsrh,u* 1res excellents. On les voit tout Urir*df lions pour y attacher des pièces d habillt» meni ou d' utres enseignes voiiv. s. I.<» ■!<• vols, part eu ièrenienl les gens e nsacrs j li vie n l gieuse, aiment a se repoer . r* sous et a v . as er les nuits. Si <>nlev ncr il, il v apjiarait alors des lum ères r»'$ple; ->Ji»« antes, q : ils jog- nt être 1- s anu s des mUi, des bienheureux, qui ont lait leurs devoliooj a l'ombre des arbres divin». Les afili^-dt longues maladies vont se vouer à uiopnf», et s ils guérissent dans ta suit*, nu manquent p.Vs de crier au mi adr.- Li petite rivière de Sogd clan au'refo>tt grande vénération dans la vi le d - îmteande, qu'elle tr.iverse. Des prêtres pre^a veillaient la nuit le long d s u couis, pwr t mi e. h r qu'on n'y jetât aucune ordure u ; ecoto|»i i.s: , ils j uissaieut de la dîme ée» fruits provenant des londs situés sur «on rivage — Les l'cr>es avaient aussi un pr4)i< respect pour les coqs ; un liuèbre aimerai mieux mourir que de couper le cou iut oiseau. (Cependant ce respect par 11 de'W eue attribue à ce que le chant du coq nur* qu. le temps et annonce le retour du M>lei\ i dut >t qu'aux nus fétichistes. — Peu -ètrt faut-il penser de même du resjteci de cet is* ci' n peuple pour les chiens, dout la cuovtrvaiion est Ion recommandée par Zoroa>:ri; car toute sa legis' lion parait très-eloi:M du Feiichisme. Les Perses lui doivent voir été bien moins adonnes qu aucune «• tre nation à ce culte grossier: et Biéwll p u qu'ils eu ont esl be aucoup plus tofr> ceplible d'une meilleure interprétation q«fl n l'e.si ailleurs. Ce n'est pas sans une ap* par, uce plausible tju'ou a dit d'eux, que, s* pensant pas que la Divinité pût être représentée par aucune ligure fabriquée «le œan d'homme, ils avaient chosi pour son iuiage la moins imparfaite, les éléments pruuitiu» tels que le feu et l'eau, conserves daoïluuto leur pureté. Cependant, maigre ce •]o'ul> 1 soutenu avec grande vraisemblance, que te feu n'était pour celle nation sabéiste que limage du soleil, que le soleil lui-même u'<lail que le type ue la Divinité suprême a laquelle seule on rapfiorlait l'adurahoib lw Perses avaient dans leur rite une pratiquée» I honneur du tcu. des formules directe», le»* dames au l elichisme et très-signitiial'""comme : « Tiens , seigneur leu , uiati^- 1 Voy. Feu.
Fétichisme chez tes Hinrfoui.
Les Hindous joignent à une religion q»l, au premier abord, paraît spinlualiste, I'* ft tichisine le plus grossier; en effet, ils rende il un culte direct à une multitude à'oW*
1 FBT
sj animés qu'inanimés. Parmi le* premiers, taureau, et plus encore la vache, tiennent s rang distingué. Le caractère s u ré de ces itujux l'emporte de beaucoup, aux yeux élud ons, sur celui de l'homme, et même jrcHuides simulacres des dieux. Tout ce À a, part'ient à cet animal est quelque #tede sain', de divin, d'adorable même ; lait, le beurre, le caillé, la fiente, l'urine, il une vertu éminemment purifiante pour clTiS et pour l'âme. Aus*i, est-ce un ime irrémissible de porter sur une vache k main meurtrière. La mort en ce monde
• «au i ail manquer d'être infligée au sacrip comme une légère expiation, mais les ftphas épouvantables de l'autre vie supitrniiil infailliblement à l'insuffisance des PM»de retle vie. On offre à ces animaux tt idoralions commandées dans certaines te ou cérémonies ; m lis les dévots ne manvii pas de se prosterner à leurs pieds irtoQt où ils les rencontrent, dans les pâtu- H». -Km» les rues, dans les places publiées. ) <y. Haswa. — 11 en est de même des iw», qui rappellent ulie des incarnations tVichoou. Y oyez llÀtoorjÙAJ. Dans les ento<ls fréquentés par ces animaux les Indiens rçrni des idoles, et leur apporlepl chaque min riz bouili, des fruits et d'autres mets, itsi est un acte religieux du plus grand Kriit. — L'oseau Garouda (l'aigle du Ma- Utr) s'est pas moius révéré. Tous les main, les brahmanes, après avoir lait leurs Éktions, attendent, avant de r< nlrer chez nv^u'ilsen aient aperçu un; c'est ce qu'ils iRtfltuI une heureuse rencontre; ils ne *j«vîii point qu'elle leur portera bonheur kiNéle la journée. Le dimanche est spé- <'>-tsMl .consacré à leur culte ; les vaich- »hm rassemblent ce jour-là pour leur ofhrlriri adorations ; ils leur jettent ensuite feturcraux- de viande, que ceux-ci attrait irès-adrottemeot en l'air avec leurs *n\. Voyez Garouda. — 11 ne faut pas oa-
le culte du serpent, si répandu dans 1a^;mtis c'est surtout au se* peut capel, 'tuiles plus dangereux, que s'adressent les Wmages. Les dévols vont à la recherche biruus où se retirent ces redoutables divins . et déposent à l'entrée du lait, des ba- IJ»e> et autres aliments qu'ils savent être
* l' Or goût. Si l'un de ces reptiles vient à iuiroloire dans une maison, les habitants ' cardent bien de le chasser ; au contraire, '» oourrissenl copieusement cet hôte dange-
•'*el lui offrent des saeriuces. Dût-il m °ûter ta vie à toute la famille, aucun de ses B'U'bres ne serait assez hardi pour porter nr 'ai une main téméraire. On lui a mémo tof* des temples, et il y a des fêles iu»tilttt«M»»on honneur. Les animaux aquali- JQm ont aussi part au cuite des Hindous; il ordioaiie de voir les brahmanes jetfr<iu ris ou quelque autre aliment aux la'HMi qui peuplent les rivières et les lL">g;. Dans Us lieux où les gens de cette ,,vf jouissent de quelque autorité, la pêche tslrluweu>cinent interdite. Outre tes êtres Kisdaui l'ordre des àuimaux, les Hindous
rendent encore an culte idolâtrique à des
substances inanimées; il en est quatre surtout qui reçoivent de préférence leurs adorations : ce sont la pierre salagramù, espèce d'ammonite, l'herbe darbha, la plante lou- /osf, et l'arbre aswattha. Voyez ces mots. De plus, ils ne manquent pas de luire le poudja (acte d'adoration) à tous les objets ou instruments qui servent au culte, aux grains de riz des sacrifices, aux peliles pierres qu'ils placent sur la terre dans Tes cérémonies des funérailles, au cordon brahmanique, aux armes, etc., etc.
Fétichisme de» Chômant.
Le système religieux des bouddhistes parait au premier abord exempt de fétichisme; mais en se répandant hors de l'Inde et surtout parmi les hordes tarlares de l'Asie, il s'est mêlé avec le culte pratiqué antérieure^ ment dans ces régions; c'est ce qui a donné naissance au Chamanisme. Outre la grande conception de Rouddha ou Bourkhan qui règne dans ces immenses contrées, chaque peuplade a ses divinités particulières. Les Chnmanistes ont dans leur maison ou sous leurs tentes des, idoles auxquelles ils adressent des prières et font des otTraudes et des sacrifices le matin, le soir, et surtout la nuit, à la lueur d'un feu allumé exprès. Les liurètes, entre autres, suspendent à une petite tente une idole faite avec des chiffons de draps; ils l'appellent Nouguit ou Nogat, et égorgent en son honneur des chevaux, des bœufs, des moulons et des boucs.
Fétichisme de» ancien» Arabes*
L'ancienne divinité des Arabes n'était qu'unepierre carrée; un autre de leurs dieux célèbres, Disarès. le Bacchus de l'Arabie, était une autre pierre de 6 pieds de haut. On peut voir Arnobc sur les pierres divinisées tant en Arabie qu'à Pessinunie. Il n'y a guère lieu de douter que la fameuse pierre noire, si ancienne dans le temple de la Mecque, si révélée par les mahumétans, et de liquellc ils font un conte relatif à Isrnael, ue fût autrefois un pareil Fétiche, l'rès delà le dieu Casius, dont la représentation se voit sur quelques médailles, était line pierre ronde coui éepar la moitié; aussi est-elle nommée par. Cicéron Jupiter lapis (Jupiter-pierre). L'objet du culte religieux de la tribu de Coréisch était un acacia. Khaled, par ordre de Mahomet, fil couper l'arbre jusqu'à la racine, et tuer la prétresse. La tribu de Madhaï adorait un lion ; celle de Morad, un cheval; les Hamiarilesou nomérites dans le Yémen, un aigle
Fétichisme des Egyptiens,
Il est de mode, depuis quelque* années, de professer une admiration pour tout ce qui tient à l'Egypte, pour les arts, les mœurs, les loi», le culte de cette antique contrée. On prétend que sa religion était purement métaphysique et symbolique, et, s'il faut en croire les panégyristes modernes, rien de plus pur, déplus judicieux, que 1 rulterndua la l)ivtuilé oar les Egypiieus. Les anciens ne pen-
soient pas de môme, eux qui étaient en rapport avec les Egyptiens, qui élaicnt témoins des cérémonies de leur culte, qui se faisaient initier à leurs mystères. L'étude de l'ancienne histoire de l'Egypte nous amène à un semblable résultat. Ainsi, on ne peut guère douter que le serpent n'ait été. en Egypte comme en Nigrîlie, une des plus anciennes ..t principales divinités. On en a des témoignages dès le temps où l'Egy pie commençait à se policer. Le plus ancien des historiens profanes dont il nous rcstoquelques fragments, Sanchoniaton, qui avait soigneusement recherché et extrait les livres de Toth, dit, dans son ouvrage De Phœnicum démentis, queTolh avait beaucoup observé la nature des dragons et des serpents; que c'était à cause de leur longue vie que les Phéniciens, ainsi que les Egyptiens, attribuaient la divinité à ces reptiles. Philon assure que le serpent avait été appelé par les Phéniciens Ayathodémon , le boti génie, et par les Egyptiens hnef; dans Plutarque, le dieu Knel n'est pas un serpent, mais un vrai dieu intellectuel, principe de toutes choses. Quant aux autres fétiches généraux de l'Egypte, le Nil était partout un objet révéré. Le bras Canopique de ce fleuve et le bœuf Apis avaient leurs prémset leurs tem^ pies dms toute la basse Egypte; comme le bélier Ammnn dans toute la haute. Si nous parcourons les provinces, le chat est une divinité à Buhastc; le boue, à Mendès; la chèvre sauvage, àCoplos; le taureau, à Héliopolis; l'hippopotame, à Paprémis;la brebis, à Sais; l'aigle, à Thèbcs ; l'épervicr, à Tlièbes et à Philée; le faucon, à Bulus ; le singe d'Ethiopie, à Babylone; le cynocéphale, à Arsinoé ; le crocodile, à Thèbes et sur le lac Mœl is ; richneomon, dans la préfecture iléracléotiquc; l'ibis, dans celle voisine d'Arabie; la tortue, chez les Troglodytes, à l'entrée de la mer Bouge; la musaraigne, à Alhribis; ailleurs le chien, le lion, le loup, certains poissons, tels que le maïotc, à Elépbanline; à Syène, l'oxyrrhynque; le lèpidotc, le lalus et l'anguille sont l'objet d'une dévotion particulière dans chaque nome qui fait gloire .le tirer son nom de celui de l'animal divinisé, F.i'onlopolis, Lycopolis, etc., sans parler des pii-ncs ; car Quinl-Curce décrit Jupiter- \iniu n comme un Bétyle de pierre brute; - 1 us pai 1er non plus des plantes même* et •les légumes, comme les lentilles, les pois, les poi reaux, les ognons, qui, eu quelques endroits, ne sont pas traites avec moins de vénération. Il paraît aussi que les grands arbres avaient en Egypte, comme en tant d'autres pays, leurs adorateurs, leurs oracle», leurs prêtres et leurs prêtresses. Il est visible que chacun des animaux mentionnés était le fétiche général de la contrée, par le soin qu'avaient pris les lois d'assigner à des officiers publics l'entretien de l'animal respecté. Ces charges étaient fort honorables et Héréditaires dans les familles. Le chat était honoré par ceux qui y avaient dévotion , >e sa mort causait uo deuil dans la maison, ceux qui l'habitaient se rasaient les sours- Si le feu prenait à la maison, ou *'«m-
f.S RELIGIONS. :,:
pressait surtout a sauver les chats del'iacei die; preuve que le culte regardait lama, même, qui n'était pas considéré comme o simple emblème. Ceux qui allaient en paj étranger emportaient souvent avec eux In animal fétiche; on s'en faisait aussi accon; pagner à la guerre: ce qui prouve qu'ooti le culte général de chaque contrée, l< Egyptiens avaient aussi, comme les nègre des patrons particuliers. 11 n y avait qu'u étranger capable de tuer un de ces animai» on n'a pas même ouï dire, s'écrie Cu'èrcn qu'un pareil forfait ait jamais étecommispj un Egyptien. Il n'y a point de lotiraient qn' n'endurât plutôt que de faire du mal a a ibis, ou à un autre animal, objet de sa »éoé ration. On trouve avec les momiei, dans k tombeaux égyptiens, des chats, des oiseaui ou autres cadavres d'animaux, embaumj avec autant de soin que les corps humait* il y a grande apparence que c'est le IflKi du mort qu'on a inhumé avec lui, afin i/oïl pût le retrouver lors de la résurrcdnxi fêlure, et qu'en attendant, il servit de ['.mvatif contre les mauvais génies qu'on cro;«l inquiéter les mânes des morts.
Fétichisme des Syriens, des Phcnicitnt,t\t
Il est certain, par le témoignage de loati l'antiquité, que les Syriens adoraient, oodi moins avaient une profonde vénération pot les poissons et pour les colombes. Us s'abst» liaient de manger des poissons, dans lacraiali que la divinité offensée ne leur fit venir dfl tumeurs sur le corps. S'ils étaient tombe» n faute à cet é-arJ. ils l'expiaient paru» grande pénitence, en se couvrant de sac tl de cendre, selon la coutume des OricnUtti Le Dagon des Philistins n'était antre um doute que le dieu poisson. Le serpent tl h boMif étaient des objets ordinaires do caJi< chez les Syriens. Philon le Juif croit qwlf colle du premier est fort ancien panais Amorrhéens de Chanaan ; et Philon dtftUM fait mention du serpent Ophionée, W* tremeul Àealhodémon. et du riie desOphtfrniies, s* s adorateurs. Les Sera pli s (qu''* « faut pas confondre avec les anges apprit raphins dans Isaïe) étaient des serpenli ktiches, fort communs dans la Syrie. — L< dieu Ab.iddirdes Phéniciens était un cailloi. et la déesse de Biblos, à peu près lamé 1,1 chose. Nicolas de Damas décrit un de ces fétiches: c'est, dit-il, une pierre ronde, polie, blanchâtre, veinée de rouge, à peu pra d'un empan de diamètre. Ces pierres difiMsées sont tort connues sous le nom defclj' les; leur culte est fort ancien, Sancboniau.» en fait remonter l'institution jusqu'à Cranta, père de Saturne ; et il a subsisté jusqu'à" temps de la décadence du paganisme. « que j'apercevais, dit Arnobe, quelque pierrt polie, frottée d'huile, j'allais la baisercomo» contenant quelque vertu divine. »
Fcdchismt dans VAsie Mineure.
La Malula des Phrygiens, celte *granik déesse apportée à Borne avec tant de re^ et de cérémonie, était une pierre noire à angles irréguliers. On la disait tombée du e*