FO
Chékia, jusqu'à ce qu'il parvienne à la dignité de Fo.
Sept jours après sa naissance , la reine Mo-ijê , sa mère, mourut cl s'en alla droit au ciel, où elle prit naissance sous le nom de reine gui conserve la nature. Sa mère étant morte , sa tante , sœur de sa mère, lui servit de nourrice; elle s'appelait Moho-potou-poti; Moho, en indien Mahn, signifie grande. Elle convoqua des brahmanes pour tirer l'horoscope de l'enfant : ce qu'ils en dirent surprit et réjouit en même temps son père putatif. Ayant été présenté au temple dédié au ciel des contents d'eux-mêmes , toutes les statues des dieux se levèrent devant lui par honneur, cl, se prosternant à ses pieds, l'adorèrent, ce qui étonna extrêmement son père. A sept ans , le roi, son père, lui donna pour maître un habile brahmane, qui avoua tout aussitôt que son disciple en savait plus que lui , comme ayant la science infuse. Devenu plus grand, te roi voulut éprouver aux exercices la force de son fils : entre autres choses , on lui présenta un arc très-fort que personne ne pouvait bander; il le banda aisément et en décocha une flèche. A dix-sept ans, on lui donna pour femme une fille très-vertueuse nommée Ye-chou-to-lo, avec laquelle il n'eut aucun commerce, vaquant toujours à la contemplation. Son serviteur fidèle s'appelait Onan-to.
Chékia se tenait toujours enfermé dans le palais de son père; il demanda enfin la permission de s'aller promener. Dans sa première promenade , il rencontra un vieillard tout courbé : c'était le chef des cieux qui s'était ainsi déguisé, et qui continua de se déguiser eu d'autres formes dans les promenades suivantes. La vue de ce vieillard lui fit faire des réflexions sur le triste étal où l'on se trouvait en vieillissant , et ces réflexion» l'engagèrent à retourner promptement au palais.
Dans une deuxième promenade, il rencontra un malade : les réflexions qu'il fit sur l<s maladies dont il pouvait être atteint comme les autres hommes, le déterminèrent à raccourcir encore plus sa promenade. Le roi , surpris d'un retour si prompt, comprit bien que sou fils n'aimait pas le monde, et, craignant qu'il n'embrassât la vie religieuse, il lui donna, pour l'en détourner, un brahmane courtisan, qui devait l'accompagner quand il sortirait.
A la troisième promenade, il rencontra un mort que l'on conduisait au bûcher. Le brahmane le voyant extrêmement frappé de ce triste objet , prit occasion de lui dire que tous les rois qui avaient embrassé la vie religieuse ne l'avaient fait qu'après avoir goûté les cinq genres de volupté, qui cousistent dans la jouissance des richesses, des plaisirs charnels , des plaisirs de la bouche , de la gloire mondaine ou de la réputation, et de ce qui peut satisfaire la curiosité, et il l'exhorta d'en faire autant, jusqu'à ce qu'il eût engendré un fils pour lui succéder. Chékia répou-
(2) Mo-yé, eu indien Maya, signifie l'illusion.
TU
DICTION NAM il'. I»KS RFLICIONS.
«1 1 c : J«' ne conçois aucun véritable plaisir d ans !< s ( : î 11 1| genres de voluptés que vous dites , et la rra.nle que me donncnl la vieillosc, les maladies et la mort, m'empéi lie de m'v a Hacher; mais , j . ul a-' -i 1 , ces rois d' Ut v- us parlez , dans quelle Mae sont-ils enfin cul :és? ne roulent-ils pas pour leurs cm; Miles en de- corps 'le démons, oti d<> hét< s, on d'homim s ? Pour moi , je veux év iu r par la l' ite d< - vul'.i-, les !cs peines de ces lranv,,igraiions.
I>ars eue quaîriêtae prou en. oie qu'il fil. il reivonli : un r ligicux mcndaul; Pavai:! interroge, le religieux rop ndil : • Il n'y a rien tl> durable iei- bas ; je nourris mon âme de. I i samle doctrine , aliu qu'après avoir Iraversé le fleuve des peines de ce monde, je 'me trouve a l'autre i.ord , qui est celui de la sagesse et de la felieile. » Cliekla , que ses Iro.s premières promenades avaient attriste, se sentit console dans celle-ci ; il prit donc la résolution de quiller le monde cl d'embrasser Pelai rcligeux. Le roi , s'en apercevant, lit (oui ce qu'il put pour Peu deourner ; il cmiagei même la femme de son fils et plusieurs autres le m me s de metlie tout enu-uvve pour le distraire 'e soii des-ein; st;r <juoi < 1 1 1 Ma dit à son pi re : « Ne lau'-M pas un jou' se séparer de tout ce qu'on aime ? Perm. liez-moi donc d'en. brader I.; vie religieuse. »• Le roi n'y « ov.se. i.mi pas.Chekia ajouta : « Je o e tendrai à vos vclonUs . -i vous pouvez remplir iC» quat.e souhaits qui m'occupent sans cesse : 1 ' de ne jamais vieillir ; 1 d'è-re exempt «le maladie; -i de ne pas mourir; V de n'admettre aucune différence dans l'Uis les élrej>. » -- "(Un le pourrait ? » dit le roi. Ll vowinl qu'il ne pouvait pas le réduire par la raison, il ordonna aux gardes des portes de la ville de l'empêcher de sortir: cl ci. suite, comme il le pressait de d nuer du moins un successeur au roy auine , avant de se faire religieux, CbcKia, poussant son doigt contre le sein de sa femme, elle conçut aussi:6l un (ils, nomme Snlnm ou So-luou-fo, qui, dans ce même moment, descendit du ciel pour passer dans son sein.
Chékia avait alors dix -neuf ans, et le temps où il devait renoncer au monde élant venu, les chefs des cieux , après s'èlre problème.» devant lui, h tirent sortir miraculeusement par une des portes de la ville, sans que les gardes s'en a perçus eut. Dès qu i: se vil en liberté, il m* rendit dans une foiét , où d'abord il se coupa les cheveux , comme jvaienl fait . avant lui , les autres 1m> , ci se •evelil de 1 habit de brahmane. A celte nmi- . elle, le roi dépêcha vers lui pour le (aire rcvenir, mais ce lut inutilement, Chckia , devenu brahmane , se transporta dans ir e re- Iraile d'hommes immortels, ou . apercevant les uns mettre toute leur espérance dans les heibesi t les fleurs , les autres n'user que d écorées pour tout soulagement, d'autres ne se repaitreque de fruits et de fleurs, d'autres adresser leur culte au soleil et à la lune, ou à Peau, ou au l'eu, d'autres se coucher sur des épines d autres dormir tout près du feu ou de l'eau , d'autres encore ne manger
qu'uni' fois par jour, et d'autres une (<i seulement de deux jours en deux j on tous enfin se tourmenter clr.i' gainent , h ur demanda en vue de q aoi ils vivair delà sorle. Ceux-ci lui répondirent : if vue de renait re dans l< s cienx. » il leur r pliqna : Onoiqu'i n jouisse dans le» ciei d'une joie pleine et entière, cependant qui le tenue de celle félicite est accompli, il b • 'e nouveau subir les lois de la Iraiistnttr: lion , et par conséquent retomber <!.m» misère ; pourquoi donc vous lant Imirmttil pour n'odieuii , en récompense , qu'un sa vel el.it misérable? »
Chekia, abandonnant ceux-ci, courold'i coii- et d'autre , Iravctsanl sans jn-nv | montagnes et les vallées: et avant reott tré , dans un désert , des pénitents o'ti'M plalifs, occupés «le l'immortalité, il leur i maii .,i quel art ils employaient émirs nécessite de naître , de vici.hr, de dtiei malade et de mourir. Ils lui répondrai « La naissance de lo;t ce qui rcspirenri «l'un principe d'ignorance ; ce prajnpefi g. otauce vient de la négligence; celle-6.4 la slupulité, d< la contagion de I ;imoor.a le ci, de la vapeur subtile des c nq plu» i liles choses. Cette vapeur \ ienl <!« fi grandes chos- s; celles-ci , de l'avance, di concupiscence, de | indignation, delaroU et le lous les divers genres de vice*. Df vie.il que tout ce qui v il roule roinoinll un c rcle de naissance, de v ieille*s<\ de d ladie, de mort, d>> Iristesse et de soulïriid — -i Je comprends bien les causes que apport, z de la vie et de la mort. dit CM» mais quel moyen employez - "«us p« anéantir l'une et l'autre? » — « Ceux, rtfn dirent-ils, qui entreprennent d'abolir*»!! renient la vie et la mort , doivent te lim* la plus profonde contemplation ; or, I* » lempl.ition se divise on quatre de?rt» :• premier csl de ceux qui, se réveilla»'»'* en sursaut de h ur assoupissement, tl«^ pouillant tout à coup du vice etdrtffftw de leurs f .usses opinions , consereotp* tant encore l'idée de ce réveil , c'e»l*to regardent encore en arrière; Ie2',d*"l qui, ayant chasse l'idée de réveil , ress*»* de cette action une certaine joie hum*»* imparfaite; le .'L, de ceux qui , rejelant vote vaine, ch ingent par la reclific«tio»* sens, l'esprit en une joie parfaite elradi * et par conséquent ticnnenl encore a l<* le V' enlin, de ceux qui, ne ressentait"1!' ni douleur el ne participant plus aui »> jouissent d'une véritable tranquillité prit. Ceux-là possèdent l'avantage k'e ' pouvoir plus rien imaginer. Ils ne û*** plus à i imagination ni au corps; ils sep** gent dans le nde; ils n'imaginent plu> + y ail des choses dillerenles et oppose*** ire elles ; ils entrent dans le néant; ges ne font aucune impression chez ««î* se trouvent enfin dans un état où il »J*j imagination, ni i ni magi nation , et ** s appelle la délivrance totale et finale^ Ire : c'est là cet heureux rivage où les t>t«* sophes s'eiupresscnt d'arriver. » -
FO
FO
reevaot que celte prétendue délivrance m pouvait pas consister dans cet état togination, leur dit : « Y a-l-il encore us de l'existence ou non ? S'il n'y en a . c'est vainement que vous admettez un 'ioimaginalion ( parce qu'un état sup- ,'élrc ); s'il y en a encore, ce qui existe as a-l-il un entendement ou non? S'il tint d'eolendeoieiil , il est donc semblant arbres et au* pierres; s'il eu a un, il s causes qui doivent le frapper par la e I appréhension ou de la perception, ides causes qui attaquent ces percepil ne peut éviter la conlagiou qu'elles )duiront;si la contagion s'y attache; peut pas dire cet état une délivrance • Ensuite , après leur avoir dit qu'ils ni pas encore drrivés à ce rivage phiuque dont ils parlaient , il ajouta :
nd vous vous serez entièrement déts de cette existence qui reste encore us, et que toutes les imaginations de xt seYont entièrement etTacées, alors lourrrz appeler cet étal la délivrance «t Gnale. » Cette dispute Gnie , il les
>t ensuite arrivé dans une forêt, sur le l'un fleuve où il y avait des pénitents» irréta pour vaquera la contempla lion, ut de très- peu de chose, et encore en •il part au premier pauvre qui lui délit l'aumône. Au bout de sept ans d'un fort rigoureux, faisant rériexion que i soi e d'une si grande austérité , il acil la téritable sagesse, les hétérodoxes noueraient pas de dire que la perfecuosiste seulement à macérer le corps jtùne, il résolut de manger un peu ^11 n'avait fait. Il mangea donc du riz niait; ensuite , s 'étant assis sur un lit toà l'ombre d'un arbre, il s'abandou- 4 contemplation lu plus profonde. Les » , surpris de le voir dans cet étal de lion, mirent tout en usage pour le dis- : les uns , sous la forme de filles las- , tâchaient de le séduire ; d'autres faibeaucoup de bruit pour troubler ses liions; d'autres employaient les menaur l'épouvanter; mais tous leurs efforts inutiles. Il avait alors trente ans; et, *tle même année, la 8' nuit du £ mois, quelques prodiges qui apparurent , se int tout d'un coup environné d'une lumiraculeuse, il acquit la véritable saqui égalise ou identifie toutes choses, nhre il devint l'o. li contempla les iiondes , c'est-à-dire le ciel, la terre et , sans que celle vue lui causât aucune 9n , aucun sentiment; il découvrit les i pourquoi tout ce qui naît vieillit et , que ces causes avaient leur source a naissance mémo des êtres , et que qui n'admettaient poiot de naissance >ovaient ni vieillir ni mourir. Sept l'étant ainsi écoulés , Ko dit en lui - ; : « La sagesse que j'ai acquise est exmeui profonde et Irès-dilticile à cornue; il u'est donné qu'aux seuls Fod'en rer les mystères. Comment donc les
hommes pourraient- ils la concevoir, eux dont la prudence et la pénétration sout émoussées par l'avarice , la concupiscence , la colère , la haine , le dérèglement d'esprit, les erreurs des fausses opinions? » Ces réflexions lui firent prendre le parti de ne leur point découvrir sa religion , de peut qu'au lieu de la recevoir et de la suivre , ils n'en fissent un sujet de railleries, et ne se confirmassent encore plus dans leurs opinions erronées. Mais les du fsdes cicux s'étanl prosternés à ses pieds , el lui ayant représenté qu'après avoir anéanti la vie et la mort , et quitté femmes et biens pour trouver la véritable religion , il était jusle qu'il l'enseignât aux autres; il se rendit à leur désir.
Il se mil donc à prêcher, disant que toutes les misères de ce monde liraient leur origine de l'existence imaginaire qui est en chacun des hommes; que l'étude de la sagesse consistait à extirper ces misères par l'extinction de cette existence ; que reux qui ignoraient les quatre saintes distinctions, c'esl-à-diro les quatre degrés distincts de contemplation, ne pouvaient être délivrés de ces misères; que, pour être sauvé , il fallait faire rouler trois lois la roue religieuse de ces quatre distinctions . ou des douze œuvres méritoires ; que les couleurs, nos perceptions, nos pensées , nos actions , nos connaissances , qui sont les cinq choses imparfaites, étaient vaines et nulles, comme ayant cette fausse existence pour fondement, il envoya ensuite plusieurs de ses disciples prêcher sa doctriue. Pour lui , il passa dans un certain royaume d'où , après avoir vaincu le dragon de feu que i'ou y adorait , il convertit , p ir des miracles et des prodiges , ces adorateurs du feu. Il alla convenir un autre royaume» commençant i ar le roi, et ordonnant à ceux de t>es disciples qui voulaient être cénobites, de se couper la barbe et les cheveux , el de reiélir l'habit de brahmane. Ses disciples s'énonçaient comme par oracle ; en voici un exemple : « Toutes les choses intelligibles ou compréhensibles ont leur racine dans le néant ; si vous pouvez vous tenir à cette racine, vous pourrez alors être appelés sages.»
Fo apprit un jour à ses disciples ce qu'ils avaietit été autrefois ; que ce qu'ils avaient fait de bien dans les vies précédentes n'avait pas été oublié dans cette vie présente (puisqu'il leur faisait mériter d'être admis au nombre de ses disciples; ; que pour lui, s'etanl de tout temps appliqué a la vertu, et n'ayant jamais perdu de vue le dessein de devenir Fo par la pure contemplation, il était enfin parvenu au comble de la sagesse ; qu'il les exhortait donc à s'attacher de toutes leurs forces à l'étude de celte sagesse, qui pourrait seule les rendre heureux.
Tendant l'espace de k9 ans, Fo ayant prêché plus de trois cents fois, et s'étanl fait un très-grand nombre de disciples, comme il •entait approcher sa fin ou son extinction (car 'es Fo ne meurent paj, ils s'éteiguent), il rendit compte de sa conduite à un grand nombre de ses disciples assemblés ; après quoi il leur dit, qu'ayant achevé la graude
DICTIONNAIKK DES ULLIGIONS.
affaire pour laquelle il était venu au momie, qui élail tour conversion, il leur annonçait son extinction. 11 les exhorta ensuite ,'» ins- Iruire les hommes à les engager de ne se pas livrera l'oisiveté et au libertinage, et à secourir enfin les habitants (1rs (rois mondes, qui n'étaient pas encore délivrés dos peines de la transmigration ; ajoutant que, quand par une mauvaise transmigration on vient a passer dans d'autres corps que des corps humains, 0)i n'en peut recouvrer de pareils qu'avec peine. Toute l'assemblée fut touchée d'apprendre son extinction prochaine; el l'un <ie ses disciples lui ayant fait quelques questions, il répondit : « l es hommes, par leur imprudence eî leur folie, se livrent à toutes sortes de cupidités; ils s'en rendent esclaves, et par là il* n'ont jamais l'esprit content; s'ils pouvaient connaître clairement le néant «les cause-, et des effets de tout ce qu'ils imaginent exister, évacuer entièrement leur être, el suivre l'impression de cette simplicité ou pureté innée qui se trouve en eux c'est-àdire le pur néant), tls ne penseraient plus alors aux trois mondes qui les tiennent en crainte. C'est là ma vériiable doctrine, c'est mon dernier commandement ; ce commandement vous doit tenir lieu de maître, et les quatre degrés de contemplation doivent être pour vous une demeure fixe et assurée. » Etant ensuite interrogé au sujet de son corps, après qu'il serait mort, il repondit qu'ils devaient le brûler selon la coutume usitée pour les souverains pontifes, recueillir du bûcher ses os, aussi incorruptibles que le diamant, el les exposer au culte public dans des monuments ou tours à plusieurs étages, voulant d'ailleurs que les pauvres comme les riches eussent part au culte de ses os, « parce que, dit-il. tout ce qui esl ne est égal à mes yeux ; il n'y a point cliez moi de distinction de rang el de personnes ; je fais du bien également à tous. » El pour les consoler dans lu tristesse on il les \ oy ail : « Il vous restera, ajoula-l-il, après mou extinction, ir n-seiilement mes os, mais aussi ma religion qui est perpétuelle, et qui est le terme où tous les hommes doivent tendre. .Mes os, révérés religieusement, sont un reste précieux de Ko; celui qui aperçoit Ko, aperçoit aussi sa substance intelligible ; quiconque aperçoit la substance ou la personnelle Ko. aperçoit aussi la sagesse et la sainteté : par la sagesse el la sainteté on découvre les quatre distinctions nu degrés de contemplation, cl par là on parvient à l'extinction; or, Fo cl s i doetrine ne sont su,els à aucun change o.cnl, el sont le refug" et la lin dernière de lout le monde. >» Alors Fo lecouvril son corps d'or (I), d'où sortit une vive lumière ; après quoi il dit : » C'est pour l'amour de vous que, pendant le cours des innombrables régénéra* < ons des Mondes, j'ai pris soin de perfectionner ma personne par des macérations et • les tourments volontaires, qui m'ont fait enfin parvenir à l'état de lu, et acquérir ce
corps que vous voyez, aussi incorropiil, que l'acier et le diamant. Il esl duué beauté parfaite, et ce n'est que par eri qu'il est accordé de le voir. Mais comme * exlinclion est proche, et que je vois m m il s cœurs sincères, je présente mon cor d'or à vos regards. Attachez-vous à mei une vie pure, el parla vous obliendreidi les siècles à venir la récompense d'en au un pareil, c'est-à-dire de devenir Fo cou moi. »
Après avoir répété trois fois ces choses, s'éleva forl haut en l'air, et redescendu suite sur son siège ; il fit la même manu vre -2V fois, après quoi il dil : « C'est poor dernière fois que vous me voyez; roootei esl venu : je sens des douleurs partant • corps. » Cela dit. il entra dans le premier! ou degré de la contemplation; de celui-là passa au second; du second il parvint | degré à celui où il n'y a pas même d'ioija ginaiion ; de celui-là, à la contcmplaliuel laie ou à l'extinction de l'être. lirisuite,eii (rogradant , il revint par degré du cid&l contemplation totale au ciel de laptts* contemplation. Il recommença 27 fois Ml volutions en ordre direct et rétrograde, ip quoi il dil : « De mes yeux de Fo jewu dère tous les êtres intelligibles des troun des ; la nature est en moi, el par elle-mèi dégagée el libre de tous liens ; je chert quelque chose de réel parmi tous les rcofli1 mais je n'y puis rien trouver ; et coraa*J po e la racine dans le néant, aussi le tn» les branches et les feuilles sont entière» anéantis (c'est-à-dire qu'il n'y a rien de ré parce que, selon lui, c'est ignorance de en qu'il y ail quelque chose de réel; ayant rien de réel, la vieillesse et la mort sont qu'un songe) ; ainsi, lorsque qa^1' est délivré ou dégagé de l'ignorance, dwlt il esl délivré de la vieillesse el de la
Cette même année, Fo, âgé de 79301,»/»
avoir entretenu l'assemblée la 15' coud mois, comme ferait un lestait^*11' coucha sur le coté droil, le dos tourwiv rient, le usage à l'occidenl, la ttie io trion, cl les pieds au midi, elil seleif»^ même temps plusieurs prodiges app^rurfi le soleil el la lune perdirent leur lui»" les habitants des cieux s'écrièreul en geÉ sanl : « 0 douleur! par quelle fatalité 1*' leil de la sagesse s'est-il cteinl? Faut-ii i lout ce qui respire se trouve privé <l*ua I et verilab e père, el que les cieux p«* l'ohjei <le leur vénération 1 » Toute h*** Idée tondait en larmes ; on mil enfin lertj de ho au cercueil ; mais quand onv^'" porter au bûcher, il fut impossible Je leKf Alors un d'eux s'écria eu forme de prat « O Fo ! vous égalisez el identifiez lw choses ; n'admettant aucune différence»
Ire elles, vous rendez également heure»' hommes et les habitants des cieux. «M»1 le cercueil s 'élevant de lui-même M •* entra dans ia ville de Kiou-the. parla p»
(I y Pylnagore découvrit sa cuisse d'ivoire dans une assemblée des Grecs. Selon Jambliqne. cM » était d'or.
FO
FO
occidental*, en sortit parcelle do l'orient, rentra parcelle du midi, et ressortit par celle du septentrion ; il fit ensuite sept fois le tour de la ville ; la voix de Fo se fit entendre du cercueil. Tous les habitants des cieux accoururent à la pompe funèbre; tout était en pleurs ; et relie semaine ainsi passée, on porta le corps de Fo sur un lit magnifique, on le lava d'eau parfumée, on l'enveloppa d'une toile et do plusieurs couvertures de prix ; ensuite on le remit dans lo cercueil, ou l'on répandit des huiles de senteur. On dressa un bûcher fort haut de bois odoriférant, sur lequel on posa le cercueil ; on mit ensuite le f -u au bûcher, mais il s'éteignit,subitemcnt. A ce prodige, les spectateurs s'écrièrent douloureusement. 11 fallut attendre l'arrivée d'un saint homme pour achever la cérémonie; dès qu'il fut arrivé, le cercueil s'ouvrit de lui-même et livra en spectacle les pieds de Fo environnés de mille rayons. Alors on jeta des flambeaux illumcs sur le bûcher , mais le feu n'y prit pis encore. Ce saint homme leur fitentenJrc que ce cercueil ne pouvant être brûlé par lo feu même des trois mondes, à plus forte raison il ne pouvait l'être par un feu matériel. A peine eut-il parlé, que le feu épuré de la fiie contemplation, sortant de la poitrine de Foparle milieu du cercueil, enflamma le bûcher qui, au bout d'une semaine, fut entière» Nient consumé. Le feu étant éteint, le cercueil parut dans son entier, sans même que la toile ei les couvertures de prit, dont on avait enreloppéle corps, eussentété endommagées .On lit huit paris de ses os; on les enferma en au- Unt d'urnes que l'on déposa dans des temples on tours à plusieurs étages, pour y être adorés selon le désir et la volonté de Fo : l'esprit de ce culte consistant à croire et a honorer l'existence seule de Fo, à sortir de son aveuglement, à rectifier ses mœurs, et à parvenir par là à la souveraine félicité, c'est-àdire au néant.
Telle est la vie de ce fameux visionnaire, dont la double doctrine est une preuve manifeste de sa duplicité et de son incertitude ; tantôt il semble admettre des transmigrations réelles, et quelque chose de réel et d'existant, tantôt il n'admet plus rien. 11 marcha à tâtons comme un aveugle, pour se précipiter enOn dans le néant. Mais il est temps d examiner la doctrine professée par les bonze* Ho-chang, dépositaires, en Chine de la doc- Irine bouddhique. Nous allons encore suivre pas à pas le mémoire de Deshaulerayes.
Du noms ou attribua de Fo, et det prérogative» de ce Dieu.
On donne à Fo dix noms ou titres, qui sont comme autant d'attributs des plus honorables.
1- Conservant la timplicité primitive, parce qu'il n'admet rien de vain ni de faux ;
2* Le champ de la véritable félicité, parce qu'il fournit tout ce qui est utile cl nécessaire
a la félicité ; , .
3 Sachant tout, parce qu'il connaît parfaitement tous les mondes intelligibles;
*> Possesseur de ta théorie ou de la clarté,
et de la pratique ou de l'action, parce qu'il possède en perfection l'une et l'autre ;
5° Qui tait t'en aller ou s'éteindre, parce qu'il ne va ni ne revient par la voie de la transmigration ;
6° Philosophe tant maître , connaitsant tout ce qui te passe dant les mondes, parco qu'il sait parfaitement ce qui se fait dans Ici deux générations ; l'une, de ceux qui naissent sur la terre, l'autre, de ceux qui naissent ailleurs ;
7' Grand homme qui réprime et dompte, parce qu'il peut réprimer et dompter les vices spirituels et corporels de tout ce qui respire ;
8° Le maître des deux et des hommes, parce qu'il est comme l'œil de tout ce qui vil;
flu Fo, ou en indien Foto (Itouddha), parce qu'il sait les règles du bien et du mal, et de ce qui n'est ni bien ni mal ;
10- Knlin, le plus vénérable du monde, par ce qu'il n'y a jamais deux Fo en même temps, ni datis un même pays.
Les Fo, quand ils veulent s'incarner, descendent du ciel et se glissent dans le sein d'une femme ; c'est là leur conceplion. Quand ils veulent naître, ils quittent le sein maternel, s'ouvraut une voie par le côté droit ; quand ils veulent mourir, ils s'éteignent pour se retirer dans la région de l'apathie ou l'imperturbabilité.
Fo a la primauté sur toutes choses : il est le père et la mère des trois mondes ; il est la prudence et la sagesse même. Tout ce qui naît possède en soi la propre nature de Fo, laquelle , par succession de temps, dégénère en ignorance, d'où proviennent toutes les misères de la vie.
Fo, voyant dans tous les êtres vivants des images expresses de sa prudence, de sa pénétration et de toutes ses autres vertus qu'ils n'y discernent pas eux-mêmes, aveuglés qu'ils sont par leur folie et leurs égarements, dit : « Il faut que je leur persuade, par ma sainte doctrine, de rejeter éternellement leurs vaincs imaginations ; car, si, par cette voie, ils peuvent une fois découvrir Fo qui est en eux, ils deviendront semblables à Fo par IV. tendue de la sagesse. * Les Fo répandent dans les cieux une lumière infiniment plus éclatante que celle des cieux mômes ; mais ici-bas, par l'éclat de leur sagesse et de leur prudence, ils percent les ténèbres les plus épaisses de l'ignorance humaine. Fo ne fait exception de personne; son désir est que louV parviennent à la souveraine paix. Fo votant que les hommes ne cessaient de commettredes crimes etdesoufTrirloutessorlesdemisères, et que leurs passions déréglées étaient un obstacle qui les empêchait de connaître la véritable religion, il se chargea de leurs misères pour les sauver ; il les souffrit volontairement pour leur amour, et, à l'égard de ceux qui étaient détenus aux enfers ou dans des corps de bêles, il devint leur caution, en se livrant pour eux en otage; il délivra et sauva ces malheu* reux qu'il avait rachetés (rien n'existant que Fo, il ne peut se charger de ce qui n'existe
Paîl" faut savoir, disait un certain Fo, que
/.v. un : T ION S A IKK
pendant un nombre innombrable d'années il vous faudra subir les lois fâcheuses de la transmigration, toutes les peines de la vie et de la mort plusieurs lois réitérées. Comment donc se peut-il faire que vous ayez l'esprit tranquille sur ce sujet, et que vous ne cherchiez pas un moyen pour ne retomber jamais dans ces misères ? (Ce moyen est d'admettre le néant.) L'entendement parfaitement épuré, l'esprit parf.iit. m ut intelligent, cl les Fo ne sont qu'une m me chose ; ainsi l'existence des élrc> v i>i. lc> et invisibles, c orporels et s; irilucl -, n est qu'une prodtirljon imaginaire d'un entendement qui n'est pas encore énonce ; la diffère, ce qu'un mei entre tous les êtres cl Fo ne vient que des vaines pensées des hommes que l'aveuglci eiil jette hors des voies de la raison. D'abord, la folie et la cupidité s'emparent de leur cu'ur. et de là vieni l'a vt UL'ieim ni total; de cet e.veugh ment naissent les nal ures v.i ines et fantastiques , et «le ce même aveugleinent continué cl perp lue, les mond< s se prodt; sent dans rimagiuaiion. Voilà I i cause qui les (orme. I.'eutemleo eut o'du-qié, comme le soleil Fol d'un nuage, se ti.ure des espaces im/:gieai;cs et des existences de mondes: aussi celui qui r* veut à son premier et.it naturel, qu< se réveille comme en sursaut pour acquérir la sagesse de Fo, et qui l'acquiert v éritnblcmeut. sent di-paraîîre e;. lui tous c s mondes et ces espaces imaginaires. Les opinions, la cau>e de» opinions et les pensées des hommes sont s mblable- à ces petits nuages qui paraissent voltiger devant les yeux déhililés, et qui pourtant ne sont point réels. Il n'y a ..in>i aucun objet qui existe réell meut ; 1. s ■ o ne distinguent pas les mondes de I ;n- c.icudeincnl même. Tout ce qui < «,i d .n* ic nu. .des est l'entendement même des ! o l 'inlesligenee primitive, la n iiuie inloUitrontc , c'està-dire qu'il n'y a autre chose que Fo.
Définition de Fo ou Bouddha selon ses disciples.
Un bonze, interrogé par un empereur chinois, d'où venait Fo, quand il naissait, où il .'liait quand il s'éteignait, et puisqu'il est éternellement dans la nature, en quel lieu était-il maintenant, icpondil : « Fo, sortant de l'inaction, prend naissance; quand il s'éteint, il retourne dans l'inaction. Sa substance régulière est semblable an vide et au néant. Il réside perpétuellement dans celui qui ne sent plus son cœur ; il passe de celui qui peu>e encore à celui qui ne pense plus, «le celui qui existe encore à celui qui n'existe plus (ou qui n'admet point d'exi tencej : quand il vient, c'est pour tout ce qui est né ; quand il s'en va, c'est aussi pour tout ce qui a pris naissance ; il est pur et transparent comme la mer ; sa substance demeure éternellement. Les sages doivent contempler ceci avec, beaucoup d'attention et le rep isser continuellement dans leur esprit, atin qu'il ne leur reste sur cesuj t aucun dmile, aucune incertitude. » — « Mais, répliqua l'empereur, lorsque Fo voulut naître, il naquit dans ie j a-
F.b H Kl.lt. IONS.
lais d'un roi ; quand il voulut devenirFo.il se relira dans une forél ; ensuite, après a«oy prêché s*J ans, il niait encore qu il v eut j« religion à établir : Les montagnes," disait-^ les fleuves, les mers, les terres, lescieuii les astres, tout enlin subira uue destructif tota'e, quand le temps marque pourn-lasd) arrive ; comment donc peut-on croire qu't pn\s qu'il n'y aiiu plus rien, il puissent tre. et s'éteindre de nouveau ? C'est ce doit qui me re*le encore, et qui ne peut cire lai que par le, sages. » — Le h -nz* ■ rep^nitt « La substance de Fo, a pioprcmeut parler n'agit poi. t, ne produit rien ; une aveuçl erreur a introduit de vaines distinction* dè 1res. Le corps de Fo est semblable au neal il n suivit ni naissance ni dèpêrissemef nu.i- d ii \ a sujet, les Fo se reproduit dans le monde ; quand le su|et Cessi», lus f renlr< ni d s I » xlinction. Ceprudantio'oi verlissi'u: tout ie qui est né. us s<"uls.uiNi ides à l'image de la lune exprimée tors eaux: il - ne sont ni perpétuels, m imern» pus; ils ne naissent ni ne s'éteignent; qui! iis naissent, ce n'est pas recllcm.n! \ti iiais>eut ; quand ils s'éteignent, ce t<Y>i|4 reellcmeiii qu'ils s'éteignent. Coiuoii? i votent donc qu'il n'y a point de c<cur tMk nu n existant, ils n'ont aussi aucune religtf à y établir.
« \'c ouie éternité, l'inclination au lin ainsi que l'amour, la cupidité et la rot 1 piscence se trouvent naïur- lie . vn>dau>W ce qui |)rend naissance. l>e là vient U ira» migration des âmes, i oui «e qui ujilj qn.tlque matière qu'il naisse, soildeliî» ou du sein maternel, ou de la pourriture,* par transformation, lire sa nature cl *n de la concupiscence, à laquelle la cu^di porte l amo r : ainsi, c'est de l'amour q,ue transmigration des ànies tire son ongi* L'amour, exc.le par les cupidités de ta genre qui l'induisent concupiscence, est 1 cause de ce que la vie et la mort se iua*hl tour à tour par la voie de la transmigrât* De l'amour vient la concupiscence, et dfl concupiscence la vie. Tous les éires mal eu aimant la vie, eu aiment aussi l'urifi L'amour induit à concupiscence est la cil de la vie ; l'amour de la vie en es II effet- D| objets île la concupiscence nait la disiitf (ion de ce qui piail et déplaii; car sourd les mêmes ohjcl qui ont inspiré de l ui'1* causent ensuite du degoiil.de l'aversi»»* de la haine. C'est par ces divers mouveroejl des passions que tous les crimes se f>» melleut. C'esi aussi la raison pouiqun h hommes passi ni dans les enfers, ou deoei nent des démons faméliques par la Iran»* gralion. Knsuite, après avoir compris i|°f' concupiscence esl digne de haine,'" amour s'y louine en dégoût pour le u« alors il . r jettent le vice et embrasse»! j vertu, et repassent dans des corps d'bab» lanls d' s c eux ; semhlablement, après arui co:upris que l'amour qui se livre à la/"1 cupiscence c«! igné de haine cl de nierrn ils lejellenl ce mauvais amour, abandonoiT la volupté et s'allaclient de nouveau à la re