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réside-l-clle donc? » — Le disciple reprit : , a Dans l'usage cl la connaissance. » — * Quel est cet usage? dit le roi, car je ne le conçois point. » — Pololi repartit : « F.n cela même que vous parlez, vous usez de cette nature; mais, ajoula-l-il, vous ne l'apercevez pas û ' cause de v olrc aveuglement. » — ■ Quoi donc, reprit le roi, cette nature réside eu moi? »
— Le disciple repartit : « Si vous en saviez faire usage, vous la trouveriez piriout; si vous n'en usez pas, vous ne pouvez discerner la substance. » — « Mais, répliqua le roi, par combien d'endroits se découvrc-l-elle à ceux qui en uscnl? » — « Par huit, répondit le disciple; » el tout de suite il dit : « Quand nous sommes dans le sein de nos mères, on nous appelle des fœtus; quand nous en sortons pour voir le jour, on nous appelle des hommes; voir, ouir, flairer, goûter, loucher, parler, marcher, sont nos. facultés corporelles : mais il y a encore en nous une autre faculté qui y est répandue, laquelle embrasse en soi les trois mondes, et comprend toutes choses dans le petit espace de nos corps; celle faculté est appelée nature par les sages, el elle est appelée âme par les insensés. » Alors le roi vint à résipiscence, et ayant mandé Tamo par l'avis uc Pololi, il embrassa la religion de Fo, d int Tamo loi fil une ample exposition.
Ce Tamo passa ensuite à la Chine sur un vaisseau, et arriva à Canton, l'an 537 de l'ère chrélienne. L'empereur, qui était fort attaché à la religion de Fo, le fil venir à Nanking, et lui ayant demandé quelle récompense il pouvait attendre de son zèle pour ce culte, Tamo répondit : a Dans tout ce que vous avez fait, il n'y a ni vertu, ni mérite. »
— « Comment cela? » dit l'cmperour. — « La récompense que vous espérez, reprit Tamo, qui est de renaître parmi les hommes ou parmi les habitants des cieux, est si vaine, qu'elle ne peut être appelée récompense. Tout cela n'est ni existant, ni permanent, et n'est qu'une pure ombre; la possession de pareils biens est une possession chimérique. » — « Quelle est donc la véritable vertu, le vrai mérite? » répliqua l'empereur. — Tamo reprit : a Lorsque l'entendement est parvenu a être parfaitement épuré, e. que su substance est entièrement dénuée d'ellemême et vidée de son être, alors c'est là la vraie vertu, le vrai mérite. » — L'empereur lui demanda ensuite l'explication de la sainte distinction ou des quatre degrés distincts do la contemplation. — Tamo répoudil :■ Toutes choses sont vaines el il n'y a aucune sainteté. » Mais voyant que l'empereur n'était pas encore assez fort pour comprendre un pareil discours, il se relira dans une maison de cénobites où il mourut, et peu de temps après, étant revenu à la vie, il dil qu'il relouruail aux Indes.
Ce Tamo était fils d'an roi indien; on voit sa figure dans plusieurs temples des bonzes de la Chine ; la couleur noire qu'on lui donne fart assez voir qu'il élail originaire des ludes. Il fui un des principaux patriarches de la Heligion bouddhique. Son vrai
Dir/noNNAlKK !>r.S l!E LICIONS.
nom indien était bharmn ; Tamo n on esl que la transcription chinoise. Les anci ns missionnaires, Irompes par celle dernière a; lirolalion, l'ont confondu a ver lapolre saint Tliotn.is qui av. lit prêché l'Evangile dans les Indts, cl même , suivant quelques-uns, à la Cloue. Voyez Duaru \.
HiHlcxions ijnu'-rahs sur la doctrine de Fo rt d>- ses disciples.
Par loul ( C que nous venons de dire, il est aisé de voir que les disciples , comme, les maîtres , n'ont enseigné qu'une même doctrine , et que celle doctrine a d«ius faces : l'une (jui présente quelque chose de réel , l'auîre qui ne présente antre chose que le vide ou le néant. C'est aussi par rapport à celle dernière face que celle religion est ordinairement appelée ia porte du vid •, comme r . menant loul au vide et nu néant, et qu'elle est aussi nommée la religion qui coalise mi idenlifie toutes clio-os, parce que, n'a Imettaul dans l'univers qu'une seule <l unique nature intelligente , il s'ensuit que toutes choses ne sont qu'une seule et même chose, que loul n'est qu'un, ou plutôt qu'il n'y a que Fo , qu'une seule nature intelligente qui existe, cl « onséquemment qu'il n'y a ni matière, ni c.spril, ni corps, ni âme.
Ouand o.i médite un peu sur le fond de la doctrine isole: ique ou secrète des sectateurs de Fo, et qu'un cherche ensuite à en découvrir le fondement, il semble qu'on ne puisse disconvenir que ces gens-là ne se soient étudiés a connaître la nature de l'univers. Ils y ont d'abord trouvé des élres visibles, cl ils ont élé pleinement persuadés de la spiritualité de I être souverain; mais l'immortalité de celui-ci, el la matérialité de ceux-là , ont éle pour eux une source d'erreurs; ih n'onl pu se résoudre d'admeltre que la matière fût éternelle. Ils n'ont pu croire aussi que la matière pût être créée et produite de rien par un être purement spirituel ; ainsi, d'un coié, voyant des élres matériels , de l'autre , ne pouvant comprendre comment l'existence le la matière pouvait rire compatible avec celle d'un élrc spirituel, qu'il pût y avoir quelque alliance entre deux élies s. différents, en nature et en propriété, que ce qui a des parlies pût avoir quelque relation avec, ce qui n'en a point, ils ont, dans celte suspension , pris parli poui l'être spirituel, cl ils ont commence par regarder comme incertaine l'existence réelle de la matière qui les embarrassait. Fnsuile, faisant réllexion que le rapport des sens n'est jamais entièrement verilabl * , el que. souvent même il e>t taux, l'apparence même de la matière esl devenue un jeu de la nature, une illusion de l'entendement en délire; eu un mol, la matière esl disparue pour faire place à une seule el unique nature intelligente, qui existe par elle-même el nécessairement , qui seule a l'être el qui est loul l'être . Dès que cette seule nature intelligente a éle admise, tout autre être spirituel a i té necessau eim ni an 'anli. W\i u'\ point de corps à gouverner el à conduire , à quoi bon des esprits , des ât.rs , des intelligences
particulières ? Ainsi, selon eux, lame n'e. rien. L'existence de l'âme esl une illtisi.i.i 1.) pensée de s >n existence esl une ui.Vm) qu'il faut guérir par la religion deFo, J4, qu'à ce que l'âme ne se sente plus, et quel soil parfaitement anéantie. C'est là nu* tout l'objet rt l'abus de leur conlemplauoi L'entendement doit s'épurer el se vider « lièrement de la pensée de son être, eln'avt» plus aucune pensée, ni retour de pensée, < sorte que, toute opération cessant, il n'eut plus el soit véritablement anéanti. Ce o'e pas un anéantissement mystique, uticsepi ration morale de l'âm > d'avec le corps ; ce un anéantissement léel de toutes leipuii sauces de l'âme. L'entendement, rimajini lion, la volonté, la faculté de connaître' iT ma-imr, de d sirer , loul est anéanti: i sorte que l'âme, perdant entièrement* existence, Fo existe à sa place ; c'cslà-dii que i'àme n'est ri. n, cl qu'il n'y a que Fui existe. N'y avant donc ni corps ni âme, s'ensuit qu'il n'y a ni naissance, ni ne, i vieillesse, ni maladies, ni morl , et m» quemment ni terre, ni cieux, ni enfcrs.i transmigration des âmes, ni punition, oiii compense à espérer el à craindre apri celle vie.
Voilà, ce semble, quelle esl la doclrioeit lérieure ou secrète de Fo et de ses secto leurs, doctrine visionnaire , si jamais i!< lût : voila aussi quelle est leur contempla lion dan, sou sujei rt dans sa tin , coulea plation inouïe, qui, à proprement parler,e( une totale el parfaite inaction de l'âme,! par conséquent impossible. Au reste, I maxime de l'inaction esl commune aux irai systèmes religieux de la Chine, mais in des sens différents.
L'inaction des philosophes ou lettrés ert pour ainsi dire, loul agissante , u'euloa de l'action que le tumulte el l'inquieluJe ils veulent que ceux qui régnent nep«anenl «l'autre soin viu-* celui de .tistribuex le» charges aux sages, et d'avoir l'œil sur eu; apiès quoi, il doil ne leur rester autre itoi à faire que de se tenir assis graveaicul sa le Irone.
L'inaction des bonzes Ho-chang , »ecl* leurs de Fo, esl une espèce de fanalisineql bannit indifféremment toute action, touleaf feclion el loul sentiment ; et les philosopha lui donnent avec raison le nom d'apathù slupide cl brûle , qui ne se peut atquert qu'en devenant statue.
L'inaction des bonzes Tao-ssé lien! e»
quelque façon le milieu entre celle des pl> losophes et celle des bonzes Ho-cliaufi c'est une apathie mitigée qui n'élou e ça tous les sentiments de la nature, clqu;a'ei« c!ut que ceux qui causent du troable. Cfl deux dernières inactions renoncent également à l'e .barras des charges cl dessous. Celle secte des bonzes Tao-sse, ortfn:ire de la Chine, esl celle qui en>cii* qu'on peut acquérir eu celle v i • I'il M 'i-i* l ! • p :i l'usage de certains secrets ou reiéii-s ( limiqu s |j.s disent que ceui vj» l'ouï acquise deoieurenl dans loi boi» «•
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dans les montagnes ; c'est pourquoi ils les appellent habitants des montagnes. Au reste, rien u'est si ordinaire parmi les Chinois que d'appeler de ce nom honorable et flatteur les hommes et les femmes illustres, soit pendant leur vie, soit après leur mort.
A l'égard des deux autres sectes , si celle de Fo l'emporte sur celle des philosophes pour la connaissance du cœur et de la nature, celle-ci, do son coté, excelle souverainement pour ce qui est de perfectionner sa personne et de gouverner la république.
Mais quoique ces trois secte9 diffèrent entre elles sur la science des mœurs , elles s'anrordent pourtant, mais en ce qui regarde la nature. Ces trois sectes s'accordent toutes dans ce principe que toutes choses ne sont çu'un, c'est-à-dire que, comme la matière de chaque être particulier est une portion de la matière première , de même leurs formes ne sont que des parties de l'âme universelle, qui fait la nature, et qui, au fond, n'est point réellement distincte de la matière. Il faut cependant faire celte distinction pour les sectateurs de la doctrine isotérique de Fo, que comme ils n'admettent ni matière ni forme , ce principe, tout est un , n'a son application que parce que , selon eux, Fo est tout , ou plutôt il n'y a que Fo
Doctrine rxotérique ou extérieure des sectateurs de Fo.
Tool ce que nous avons dit jusqu'ici refarde plus la doctrine intérieure de Chékia que l'extérieure ; c'est la conception philosophique professée parles bonzes les plus instruits, les plus avancés, et par ceux qui tendent sérieusement à devenir Fo ou Bouddha. Mais cette doctrine exotérique est communément voilée sous une riche conception mythologique, dans laquelle on voit des cicux, des terres, des enfers réels, les différentes transmigrations des â mes dans les divers ordres d'êtres animés, les productions et destructions successives du monde , et plusieurs autres choies de celle nature, dont le rapport avec la croyance des Indiens brabuianistes esl tout à lait visible. Pour éviter les redites nous renvoyons ce sujet aux articles Cosmogonii, Métempsycose, et aux autres ar ticles concernant le Bouddhisme, répandus dans ceDictionuaire.
FOHEM, divinité japonaise, que l'on dit ttrele patron des Yen chuans, ancienne secte du Japon.
FO-HI , sacrifice offert par les Chinois pour détourner les malheurs dont on est menacé. Voy. Foo-hi.
POHOU-KHESCHETRÉ, génie femellede la théogonie des Parsis ; c'est un des cinq gâhs «u izeds surnuméraires qui président aux cinq jours épagomènes.
FOI— 1. C'est, dans la religion chrétienne, là crémière des trois vertus théologales, pirre qu'elle esl le fondement des deux aul,,-'s. Elle consiste à croire en Dieu, et à soul'icîlrc sa r, lis on à toutes les vérités que Di-.-u a révélées et qu'il enseigne par son