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lt crois$<<B( de la lune. Ce tant les seules image» admises dans la loge.
A l'occident, des deux rôles de la porte d'entrée, s'élèvent deux colonnes de bronze dont les rh.ipiteaux sont ornés de pommes de sremdes enlr'ouvertes. Sur la colonne de tiuche est tracée la lettre J ; sur l'autre, on mit la lettre R (1). Près de la lière se pi re le premier surveillant, et, près de la ctaiiième, le second surveillant. Ces deux rtflicifrs ont devant eux un autel triangulaire charsé dVm Mêmes maçonniques. Ils tont le» aides et les suppléants dti vénér able, et, ainsi que lui, ils lieiineni à la main un maillet, comme sijme de leur autorité.
l.r temple est «nié dau« son pourtour de Jit intrus colonnes, ce qui e > porte le nombre total à douze. Dans la frise ou architwe. qui repose sur les colonnes, règne v. cordon qui forme douze nœuds en lacs ftmoor. Les deux extrémité» se terminent ji.ruiif houppe, nommée houppt dentelée, h tiennent aboutir aux colonnes J et B. Le l> Afond décrit une courbe, il est peint en Meu-çicl °l parsemé d'étoiles. De l'orient prient trois rayons qui Ggurcnt le lev» r du
La Bible, un compas, une équerre, une rfeàlamc torse, appelée k'pée flamboyante, s«t i<Ucés sur l'autel du vénérable, et troia înnds (lambeaux surmontés d'un long wrge sont distribués dans la loge : l'un a fut, au l>as des marches de l'Orient ; le •deuxième à l'ouest, près du premier Mirveillant, et le dernier au sud. Des deux cotés de li loge régnent plusieurs rangs de banlieues, où prennent place les frères non wti'inoaires. C est ce qu'on désigne sous Je noms de colonne du nord et de colonne i midi.
Indépendamment du Vénérable et des SurttiHents, qu'on appelle figurémenl les trou t*»<irrrt, on compte dans la loge un i crlain sombre d'autres ofâciers qui, de même que l« trois premiers, sont élus au scrutin, chaque année, à la Saint- Jean d'hiver. Tt Is sont i'Oraieur.le Se. r<taire,\cTrésorier, VHospi- Mit, {'Expert, le Maître des cérémonies, le liwdt de* sceaux, l'Archiviste, Y Architecte, I' .Maître des banquets, et le Couvreur ou fade du temple. La plupart de ces officiers wcapeul dans la loge une place déterminée, tl chacun d'eux a devant lui un bureau ; i'.s ">ni aussi distingués par des insignes paroliers. Dans les autres contrées, et dans loges dites misramites, il y a des loncl'osti tires en nombre plus ou moins grand, h Angleterre et aux Etats-Unis, il y a r ire autres un chapelain chargé de procurer les invocations et les prières dans les t ildes occasions; c'est ordinairement un w iiblre du culte , appartenant indifféremment à l'une ou à l'autre des communions 'tfttMtes.
C *sl toujours le soir que les frères se réut. Le temple, qui n'a point de fenêtres,
<')Ces<J*tn lettres sont les initiales des umtsJacAM
^oîou Boat, i ouïs des dent eoiounes placées dans " ^deSalonjuu. Ces colonnes et les grenades
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est éclairé par «n nombre déterminé de lumières ou d'étoiles. Ce nombre est de neuf, de douze, de vingt-un, de vingt-sept, de trente-six, de quatre-vingt-un, suivant la grandeur de la salle ou l'importance de la solennité.
Lorsque le vénérable veut ouvrir les travaux, il frappe plusieurs coups sur l'autel avec son maillet. Alors les frères se mettent à la place qu'ils doivent occuper; le couvreur ferme les portes. Tout le monde reste debout. Ce préalable accompli, le vénérable se place au trône, se couvre, saisit de la main gauche IVpée flamboyante, dont il appuie le pommeau sur l'autel , prend de la droite son maillet, frappe un coup que les surveillants répèietit, et le dialogue suivant s'établit :
Le vénérable : Frère premier surveillant, quel est le premier devoir d'un surveillant en loge?
Le premier surveillant : C'est de s'assurer si la loge est couverte.
Sur l'ordre que lui en donne le vénérable, le premier surveillant charge le second diacre de s'informer auprès du couvreur s'il n'y a poirt de profanes dans le partis, et si, des maisons voisines, on ne peut ni voir ni entendre ce qui va se passer. Le couvreur ouvre la porte, visite les pas perdus, s'assure que tout est clos a l'extérieur, et vient rendre compte de cet examen au second diacre, qui en ffiil connaître le résultat au premier surveillant.
Le premier surveillant : Vénérable, la loge est couverie.
Le vénérable : Quel est le second devoir?
Le premier sw veillant : C'est de s'assurer si tous les assistants sont maçons.
Le vénérable : Frères premier et second surveillants, p treourez le nord et le midi, et faites voire devoir. A l'ordre, mes frères.
A cet appel du vénérable, tous les frères se tournent vers l'orient et se mettent dans la posture consacrée. Les surveillants quittent leurs places, se dirigent de l'ouest vers l'est, et examinent successivement tous les assistants, qui , à leur approche, fout le signe maçonnique, de manière que ceux qui se trouvent devant eux n'en puissent rien voir. Cet examen terminé, et de retour à leur poste, les surveillants informent le vénérable qu'il n'y a dans la loge aucun prorane
Après avoir interrogé les diacres et la plupart des autres officiers sur la place qu'ils occup nt eu loge et sur les fonctions qu'ils y remplissent, le vénérable continue ses interpellations.
Le vénérable ; Pourquoi, frère second surveillant, vous placez-vous au sud?
Le second surveillant ; Pour mieux observer le soleil à sou méridien, pour envoyer les ouvriers du travail à la rccréaliou, el les rippekr de la récréation au travail, afin que le maître en lire honneur el conleulemiiit.
enlr'ouvertes qui les surmontent sont senter les orgauea de la génération.
790 DICTIO.NNAIItK 1
Le vénérable : Où se tient le frère premier surveillant ?
Le second surveillant : A l'ouest.
Le vénérable : Pourquoi, frère premier surveillant?
Le premier surveillant : Comme !>• soleil se couche à l'ouest pour former le jour, de même le premier surveillant s'y lient pour fermer la loge, paver les ouvriers et les renvoyer contents et satisfaits.
Le vénérable : Couru uoi le vénérable se tient-il à l'est ?
Le fjiemier surveillant : Comme le soleil se lève à l'est pour ouvrir le jour, de même le vénérable s'y tient pour ouvrir la lo'gr, la diriger dans ses travaux et l'éclairer de ses lumières.
Le vénérable: A quelle heure les maçons ont-ils coutume d'ouvrir leurs travaux ?
Le premier surveillant : A midi, vénérable.
Le vénérable : Ouelle heure est-il, frère second surveillant?
Le second surveillant : Vénérable, il est midi.
Le vénérable : Puisqu'il est midi, et que cVst à celle heure que n us devons ouvrir nos travaux, veuillez, mes frères, me prêter votre concours.
Le vénérable frappe trois coups, que les surveillants répèlent. 11 st. tourne ensuite vers le premier diacre, et, la léte Recouverte, il lui dit la parole à l'oreille. I.e premier diacre va transmettre la parole au premier surveillant, qui, parle second diacre, l'envoie au deuxième surveillant.
Le second surveillant : Vénérable, tout est juste et parfait.
Le vnérable : Puisqu'il en est ainsi, au nom du tirant! Architecte de l'univers, je déclare celle loge ouverte. A moi , mes frères.
Tous les assistants, les regards tournés vers le vénérable, font, à soncxcmple,/o siijne et la batterie d'apprenti, avec l'acclamation de houzzé, dans les loges écossaises ; de vivat, dans les luges françaises ; cl d'alléluia, suivant le rite misraïmile.
Le vénérable : 1 es travaux sont ouverts. Lu place, mes frères.
Le vénérable engage alors le secrétaire à donner coinaissanee à l'assemblée de la planche tracée dvs derniers travaux, e'c*l-à-dire du procès-verbal de la ;;é.im e pré é ' . nie. Lorsque la lecture est l.rininee, il invite les surveillants à provoquer les observations «les frères de leurs colonnes sur le morceau d'architecture qui vient de leur être communiqué. Cuis, si aucune rc tilic ilion n'est demandée, il requiert l'orateur «le conclure, el les frères de manifester leur sanction; ce qui se fait en élevant les deux mains el en les laissant retomber avec bruit sur le tablier.
C'est alors qu'on introduit les visiteurs, s'il y en a, cVst-à-dire les frères étrangers qui se présentent pour visiter les travaux : ils sont reçus suivant un rite détermine. > t reçoivent des honneurs suivant io grade dont ils sont revêtus.
Le moment étant venu «le recevoir le pro-
£S RKUtilONS.
fane, le frère terrible se rend auprès de lui dans le cabinet des réflexions, prend à U pointe de son epee son testament et ses réponses, et les apporte au vénérable, qui *n donne connaissance à la loge. S'il ne s j trouve aucune proposition contraire a tu principes de la franc-maçonnerie, le frore terrible retourne près du candidat, lui banit les yeux, el lui ôte tous les objets de métal qu'il peut avoir sur lui ; ensuite il lui decoovre le sein elle bras gauche, le genou droit, lui lait chausser du pied gauche une pantoufle, lui entoure le cou «l'une corde dont il lient l'extrémité ; puis dans cet elal il l'amène à la porle du temple, où il le fait heurter trois lois avec, violence.
I.e premier surveillant : Vénérable, on frappe a la porle en profane.
Le vénérable . Voyez quel est le téméraire qui ose ainsi troubler nos travaux.
En i et instant, le couvreur, qui a entr'mverl la porte, pose la pointe de son é pe.- «r la poitrine nue du récipiendaire , cl dit due voix furie : (Juel est cet audacieux qui lenb de forcer l'entrée du temple?
Le frère terrible. Calmez- vous ; prr«out n'a l'intention de pénétrer malgré vous dam celle enceinte sacrée. L'homme qui vient û( frapper est un profane désireux de voir U lumière, cl qui vient la solliciter humblea&l de notre respectable loge.
Lr v néniblf : Demandez-lui comment ila osé concevoir l'espérance d'obtenir uneii gr.mde faveur
/,<• frère terrible : C'est parce qu'il est M libre et qu'il est de bonnes mœurs.
/.*.' vénérable : Puisqu'il en est ainsi, faite»lui décliner son nom, le lieu de sa naissance, son âge, sa religion, sa profession el sa demeure.
Le profane satisfait à toutes ces demanda, ensuite le vénérable donne l'ordre de l'introduire. Le frère terrible le conduit entre b deux coionnes , c'est-à-dire au centre de 11 loge, cl lui appuie la pointe de son epee sur le sein gauche.
— Oue s> niez- vous ? que voyez-vous* du le vénérable.
— Je ne v ois rien, répond le profane : roi» je sens la pointe d'une arme.
— Apprenez, dit le vénérable, que l'arme dont vous sentez la pointe est l'image do r*" mords qui déchirerait votre cœur, si jauni» vous étiez assez malheureux pour trahir 11 soc:e'e dans laquelle vous sollicitez voirt admission, et que l'état «l'aveuglement du» lequel vous vous trouvez figure les ténèbre» < ù est plongé tout homme qui n'a pa» tty l'initiation maçonnique. Répondez, monteur. Kst-ce librement, sans contrainte. san> suggestion, que vous vous présentez ici?
— Oui, monsieur.
— IleuYcliissez bien à la démarche q« vous faites. Vous allez subir des épreuves terrible-*. Vous sentez-vous le courojre te braver tous les dangers auxquels vous poufrez cire expose?
— ( !ui, monsieur.
— Alors je ue reponds plus de
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Frère terrible, reprend le vénérable, entratnei ce profane hors du temple, et conduisez- If pirtuot où doit passer le mortel qui aspire à connaître nos secrets.
On entraîne le récipiendaire dans le parvis. Là, pour le dérouter, on lui fait faire piques toors sur lui-même; ensuite on le ramène à l'entrée du temple. Le couvreur a ooferl les deux battants de la porte ; on a placé on peu en avant un grand cadre dont le ride est rempli par plusieurs couches de fort papier, et que soutiennent des frères de chaque côté.
-Que faut-il faire du profane? demande le frère terrible.
-Introduisez-le dans la caverne, rénond le vénérable.
-Alors deux frères lancent violemment le récipiendaire sur le cadre, dont le papier k rompt, et lui livre passage. Deux autres line» le reçoivent du côté opposé, sur leurs tas entrelacés. On referme avec force les irai battants de la porte. Un anneau de fer, ramené plusieurs ibis sur une barre cré nelée du même métal, simule le buit d'une strrore qu'on fermerait à plusieurs tours. rVndaot quelques instants, on observe le plus profond silence. Enfin, le vénérable frappe on grand coup de maillet, et dit :
— Conduisez le récipiendaire près du seond surveillant, et faites-le mettre à genoux. Profane, ajoute-t-il, quand cet ordre est exériité, prenez part à la prière que nous allons adresser en votre laveur à l'auteur de toutes dioses. Mes frères, continue le vénérable, hu> Biiiions-nous devant le souverain Architecte iti mondes; reconnaissons sa puissunceel no-
faiblesse. Contenons nos esprits et nos : urs dans les limites de l'équité, et efforçons- *»s par nos œuvres de noua élever jusqu'à fc'llestun ;il existe parlui-méinc, et c'estde lui que tous les êtres tiennent l'existence. Il k révèle en tout et partout ; il voit et juge toutes choses. Daigne, ô Grand Architecte do i'ouifers, protéger les ouvriers de paix qui uni réunis dans ton temple ; anime leur «le, fortifie leur âme dans la lutte des passons; enflamme leur cœur de l'amour des '"lus, et donne-leur l'éloquence cl la persévérance nécessaires pour faire chérir ton S'Jiu, observer tes lois et en étendre l'empire, rréle à ce profane ton assistance, et soutiensledeloo bras tutélairc au milieu des épreuves qu'il ta subir. Amen l — Tous les frères rôpéteot, Amen l
— Profane, reprend le vénérable, en qui mettez-vous votre confiance ?
— En Dieu, répond le récipiendaire.
— Puisque vous mettez votre confiance en •^u, sunez votre guide d'un pas assuré, et se craignez aucun danger.
Le frère terrible relève le récipiendaire et le conduit entre les deux colonnes.
Le vénérable poursuit: Monsieur, avant que celte assemblée vous admette aux épreuil est bon que vous lui donniez la certitude que vous êtes digne d'aspirer à la ré- Hlaiiou des mystères dont elle conserve le Kécieux dépôt. Veuillez répondre aux ques-
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lions que je vais vous adresser en son nom: On fait asseoir le récipiendaire. Il est d'usage que le siège qu'on lui présente soit hérissé d'aspérités et porte sur des pieds d'inégale hauteur. On veut voir jusqu'à quel point la gêne physique qu'il en éprouve influe sur la lucidité de ses idées. Le vénérable lui adresse diverses questions sur des points de métaphysique. De ses réponses il doit résulter qu'il croit en Dieu, et qu'il est porsuadé que tous les hommes se doivent réciproquement affection et dévouement, quelles que soient d'ailleurs leurs opinions religieuses et politiques, leur patrie et leur coudilion. Le vénérable commente toutes les réponses du récipiendaire, les développe, et lui fait, en quelque sorte, un cours de philosophie et de morale. Puis il ajoute :
— Vous avez convenablement répondu, monsieur. Cependant , ce que je vous ai dit vous a-t-il pleinement satisfait , et persistezvous dans le dessein de vous faire recevoir franc- maçon ?
Sur la réponse affirmative du récipiendaire, le vénérable reprend : — Alors je vais vous faire connaître è quelles conditions vous serez admis parmi nous , si toutefois vous sortez victorieux des épreuves qu'il vous reste à subir. Lo premier devoir dont vous contracterez l'obligation sera de garder un silence absolu sur les secrets de la franc-maçonnerie. Le second de vos devoirs sera de combattre les passions qui dégradent l'homme et le rendent malheureux , et de pratiquer les vertus les plus douces et les plus bienfaisantes. Secourir son frère dans le péril; prévenir ses besoins, ou l'assister dans la détresse ; l'éclairer de ses conseils quand il est sur le point de faillir ; l'encourager à faire le bien quand l'occasion s'en présente ; telle est la conduite que doit se tracer un franc-maçon. Le troisième de vos devoirs sera de vous conformer aux statuts généraux de la franc-maçonnerie, aux lois particulières de la loge, et d'exécuter tout ce qui vous sera prescrit au nom de la majorité de cette respectable assemblée. Maintenant que vous connaissez tes principaux devoirs d'un maçon , vous sentez-vous la force et étes-vous résolu de les mettre en pratique?
— Oui, monsieur
— Avant d'aller plus loin , nous exigeons votre serinent d'honneur ; mais ce serment doit être fait sur une coupe sacrée. Si vous êtes sincère , vous pourrez boire avec confiance : mais si la fausseté est au fmd de votre cœur, ne jurez pas : éloignez plutôt celle coupe , et craignez l'effet prompt et terrible du breuvage qu'elle contient. Consentez-vous à jurer ?
— Oui, monsieur.
— Faites approcher cet aspirant de l'autel, dit le vénérable.
Le frère terrible conduit le récipiendaire au bas des degrés de l'autel.
— Frère sacrificateur , poursuit le vénérable , présentez à cet aspirant la coupe sacrée , si fatale aux parjures.
Le frère terrible met dans les mains du profane une coupe à deui compartiments , tournant sur un pivot. D'un côté, il y a de l'eau, de l'autre, une liqueur amère.
Le vénérable reprend : Profane, répétez avec moi votre obligation : « Je m'engage à l'observation stricte et rigoureuse des devoirs prescrits aux francs-maçon» ; et si jamais je viole mon serment.... (ici , le frère terrible fait boire au récipiendaire une partie de l'eau contenue dans la coupe, puis, en lui pesant »ur la main . pour l'empêcher de boire davantage, il fait pivoter le vase , de manière que le compartiment qui contient le bitter vient prendre la place de celui qui renferme l'eau, et se trouve à son tour du côté du profane), je consens que la douceur de ce breuvage se change en amertume , et que son effet salutaire devienne pour moi celui d'un poison subtil. » (Le frère terrible fait boire le bitter au récipiendaire.)
Le vénérable frappe un grand coup de maillet : — Que vois-je , monsieur? dit-il d'une voix forte. Que signiûe l'altération qui vient >le se manifester dans vos traits? votre conscience démentirait-elle les assurances de votre bouche ? et la douceur de ce breuvage 4e serait-elle déjà changée en amertume ? Eloignez le profane.
On conduit le récipiendaire entre les deux colonnes.
— Si vous avez dessein de nous tromper, monsieur , reprend le vénérable , n'espérez pas y parvenir : la suite «!e vos épreuves le manifesterait clairement à nos yeux. Mieux vaudrait pour vous, croyei-moi , voua retirer à l'instant même , pendant que vous en avez encore la faculté ; car un instant de plus, et il sera trop lard. La certitude que nous acquerrions de votre perfidie vous deviendrait fatale : il vous faudrait renoncer à revoir jamais la lumière du jour. Méditez donc sérieusement sur ce que vous avez à faire. Frère terrible, ajoute le vénérable, après avoir frappé un grand coup de maillet, emparez-vous de ce prou ne, cl faites-le asseoir sur la selletl« des réflexions (le frère terrible exécute cet ordre avec rudesse), qu'il soit livré à sa conscience, et qu'à l'obscurité qui couvre ses yeux se joigne l'horreur d'une solitude absolue.
Tous les assistants observent, pendant quelques minutes , le silence le plus complet.
— Eh bien, monsieur! reprend le vénérable, avez-vous bien refléchi à la détermination qu'il vous convient de prendre ? Vous retirerez- vous, on persisterez-vous au contraire à braver les épreuves?
— J'y persiste, répond le récipiendaire.
— Frère terrible , dit le Vénérable, faites faire à ce profane son premier voyage, et appliquez-vous à le garantir de tout accident.
Le frère terrible exécule cet ordre. Dirigé par lui, le récipiendaire (ait trois fois le tour île la loge. Il marche sur des planchers mobiles posés sur de» roulettes et hérissés d aspérités, qui se dérobent sous ses pas. Il gra-
DCS RELIGIONS. Ml
vit d'autres planchers inclinés, à bascule, qui tout à coup fléchissent sous lai, et »em. blent l'entraîner dans un abîme. Il m> ote les innombrable* degrés d'une échelle tain fin ; et lorsqu'il croit être parvena à oneé evalion considérable , et qu'il lui est enjoint de s'en précipiter, il tombe à trois pieds andessous de lui. Pendant ce temps, de* nlindres de tôle remplis de sable , et tournant sur un axe, à l'aide d'une manivelle, imitent le bruit de la grêle; d'autres cylindres, fronçant, dans leur rotation , une étoffa de soi? fortement tendue, imitent les sifflement» du vent ; des feuilles de tôle suspendues à la voûte par une extrémité, et violemment agitées , simulent le roulement du tonnerre et les éclats de la foudre. Enfin , des cris de douleur , des vagissements d'enfant» se mêlent à cet épouvantable fracas. Le vnyar terminé, le frère terrible conduit le récipiendaire près du second surveillant, sur l'épi*:!? duquel il lui fait Irapper trois coups avec la paume de la main. A ce moment, le second surveillant se lève , pose s >n maillet sur k cœur du récipiendaire, et dit brusquement
— Qui va là ?
— C'est , répond le frère terrible, un profane qui demande à être reçu maçon.
— Comment a-t-il osé l'espérer?
— Parce qu'il est né libre et qu'il est o« bonnes mœurs.
— Puisqu'il en est ainsi, qu'il passe.
— Profane , *dil alors le vénérable , étesvous disposé à faire un second voyage?
— Oui, monsieur, répond In récipiendaire. Le second voyage a lieu. Dans celui-ci, I*
récipiendaire ne rencontre pas les obstacle» qui ont entravé sa marche dans le précédent. Le seul bruit qu'il entende est un cliquetis d'épées. Lorsqu'il a fait ainsi trois tours dans la loge, il est conduit par le frère terrible au premier surveillant. Là se répètent le cérémonial, les questions et les iéponses qui ont suivi le premier voyage. Alors le frère terri ule saisit la main droite du récipiendaire et la plonge à trois reprise* dans un v ise contenant de l'eau.
Le troisième voyage a lieu ensuite, au milieu d'un protond silence. Après le troisième tour , le frère terrible conduit le réci i<» daire à l'orient, a la droite du vénérable. Lise répète* ut encore le cérémonial, le» «relions et les réponses qui ont terminé les Jeu» premier- voyages.
— Qui va là? demande le véuéraM», quand le récipiendaire lui a frappe sur lepaule.
— C'est, répond le frère terrible, un profane qui sollicite la laveur d'être reçu roiçon.
— Comment a-t-il osé l'espérer?
— Parée qu'il est né libre et qu'il est Je bonnes uiœur*.
— Puisqu'il en est ainsi , qu'il passe pif les flammes purificatoires, afin qu'il ne lui reste plus rien de profane.
Au moment où le récipiendaire désert" les marches de l'orient pour se rendre en re les deux colonnes, le frère tenible !>■•*•
>l>pe de flammes à Irois reprises, au moyen e poudre de lycopode injectée par on tube ar une lampe à esprit de «in.
- Profaue , lui dit le vénérable , vos Djages sont heureusement terminés ; vous iêi clé purifié par la terre, par l'eau et par
(eu. Je qc saurais trop louer votre couige; qu'il ne tous abandonne pas cepeojqi, car il vous reste encore des épreuves jubir. La société dans laquelle vous dérei être admis pourra peut-être exiger que w) versiez pour elle jusqu'à la dernière wtte de votre sang. Y consentiriez-vous?
- Oui, monsieur.
- Nous avons besoin de nous convaincre le ce n*est pas là mie vaine assurance, lettons résigné à ce qu'on vous ouvre la eioeà l'instant mémo?
- Oui, monsieur.
- Frère chirurgien, dit le vénérable, faites Wk votre devoir.
Le frère chirurgieu bande le bras du réci- >iro4aire, et lui pique la saignée avec la
itite d'un cure-dents, puis on fait couler urion bras de l'eau tiède, de manière à ce s 1 poisse croire que c'est son sang qui unie. L'opération terminée, on lui fait tenir uu bras en écharpe.
Le vénérable lui dit ensuite que tous les uçons portent sur la poitrine une empreinte ij sérieuse qui sert a les faire reconnaître; > c»niéqueiice, il ordonne Je lui appliquer tteeau maçonnique; ce qu'on fait semblant 'exécuter, en lui appliquant sur la chair ibt, au coté gauche, soit une bougie rétoment éteinte, soit un verre légèrement kioffe. Enfin, pour dernière épreuve, le vé- ÉraMe l'invite à faire connaître à voix ■ne au frère hospitalier, l'offrande qu'il a mention de faire pour le soulagement des •irons indigents.
- Vous allez bientôt, monsieur, lui dit le «érable, recueillir le frnit de votre fermeté »os les épreuves, et des sentiments si agréa» 'ta au Grand Architecte de l'univers, ceux '* la pitié et «le la bienfaisance que vous eaer de uiani ester. — Frère maître des éréinonie-, remettez le candidat au frère ifruiifr survei lant, afin qu'il lui apprenne i l> re le premier pas dans l'angle d'un carré ni. Vous lui ferez faire les deux auires, et
u» le conduirez ensuite à l'autel des seraeoij.
Les trois pas dans l'angle d'un carré long °«l ce qu'on appelle la marche d'apprenti, urHQ<^ le premier surveillant a enseigné marche au récipiendaire, i est conduit
• autel par le maître des cérémonies, qui '■•m agenouiller, et lui ap;>uie sur le se s r'«he les pointes du compas. Le vénérable 'type alors un coup, et dit :
- Dtboot, et à l'ordre, mes frères. Le *°P»yte va prêter le serment redoutable.
fou» les frères se lèvent, s iisissent une jP**. et se tiennent, pendant la prestation
»*rment, dans la posture consacrée. Le ♦'meut prononcé, le maître des cérémonies '«Huit le récipiendaire entre le* d< ux cognes; ton* les frères l'entourent et dirigent
vers lui leurs epées nues, de manière qu'il soit comme un centre d'où partiraient des rayons. Le maître des cérémonies se place derrière lui , dénoue le bandeau qui lui couvre les yeux, et attend que le vénérable lui donne le signal de le taire tomber. En même temps, nu frère tient la lampe à lycopode, à nn mètre en avant du néophyte.
— Frère premier surveillant, dit le vénérable, maintenant que le courage et la persévérance de cet aspirant Pont fait sortir victorieux de ses longues épreuves, le jugezvous digne d'être admis parmi nous?
— Oui, vénérable, répond le premier surveillant.
— Que demandez-vous pour lui?v
— La lumière.
— Que la lumière soilt dit le vénérable. Puis il frappe trois coups. Au troisième, le maître des cérémonies arrache le bandeau du récipiendaire, et, au même instant le frère qui a embouché la lampe à lycopode souffle fortement, et produit une vive clarté.
— Ne craignez rien, mon frère, dit le vénérable au néophyte, des glaives qui sont tournés vers vous; ils ne sont menaçants que pour les parjuras. Si vous êtes fidèle à la franc-maçonnerie , comme uous avons sujet de l'espérer, ces glaives serout toujours prêts à vous défendre; mais si, au contraire, vous veniez jamais à la trahir, aucun lieu de la terçe ne vous offrirait un abri contre ces armes vengeresses.
Tous les frères baissent la pointe de leurs cpée*, et le vénérable ordonne au maître des cérémonies de conduire le nouveau frère à l'autel. Lorsqu'il y est parvenu, on le fait agenouiller; le vénérable lui place la pointe de l'épée flamboyante sur la téte, et lui dit :
— Au nom du Grand Architecte de l'univers, et en vertu des pouvoirs qui m'ont été confiés, je vous crée et constitue apprenti maçon, et membre de cette respectable loge.
Ensuite il fr ippe Irois coups sur la lame du glaive avec sou maillet; il relève le nouveau frère; lui ceint un tablier de peau blanche, emblème du travail; lui donne des gants blancs, symbole de la pureté de mœurs prescrite aux maçons; lui remet des gants de femme, pour qu'il les offre à celle qu'il estimera le plus; puis il lui révèle les mystères particulier» au grade d'apprenti maçon, et loi donne le triple baiser fraternel.
Reconduit alors entre le* deux coiounes, le néophyte y est proclamé en sa nouvelle qualité, et tous les frères, sur l'ordre du vénérable, applaudissent à son initiation, par le signe, la batterie manuelle et l'acclamation d'usage. Le nouvel initié, après avoir repris les habits dont on l'avait dépouillé, est conduit par le maure des cérémonies à l'extrémité est de la colonne du nord, où il prend place, pou i cette fois seulement, sur un siège particulier; et le frère orateur lui adresse un discours, dans lequel il lui expose fort au long les devoirs imposés aux maçons, l'origine de la maçonnerie, l'influence vraie ou prétendue que cette institution a exercée sur la société tout entière; les différentes