FON
Nous croyons devoir ajouter ici quelques détails snr les cérémonies religieuses pratiquées à l'égard des personnes déconsidération ; après que le cadavre à passé par les mains des découpeurs. Lors donc qu'il est mort un personnage de cette sorte, on voit accourir chez lui une foule de religieux et religieuses bouddhistes. Pendant que celles-ci forment un chœur ao troisième étage, ou dans la chapelle domestique , èt qu'un certain nombre de ceux-là en forment un autre au second étagè , le reste des lamas, qui sont venus pour la cérémonie, font des processions dans le lieu où est déposé le corps du défunt, autour des maisons des parents, dans les rues et autour des temples, en priant ensemble pour le mort. Ces cérémonies cl ces prières durent au moins trois jours, et commencent dès le grand matin. Tantôt les religieux chantent à deux chœurs , tantôt tous ensemble, des prières tirées du Katjhiour. Le chant ne cesse de toute la journée qne pendant l'heure du dîner, et pendant quelques autres moments que 1 on prend pour boire du thé. Le dernier jour, ou chante fjuelquc chose avant le lever du soleil , et aussitôt commence une procession , où Ton va deux à deux , en prononçant des prières à voix basse. Le lama officiant, qui marche le dernier , porte une poupée faite des cendres du cadavre mêlées avec du beurre et de la farine d'orge , qui a deux petits eercles , l'un derrière la léte, l'autre entre les épaules. La pompe funèbre parcourt ainsi tous les coins de la maison, et descend ensuite dans le vestibule. Ici, le président fait qnelques prières el accomplit certains rites sur un vase plein d'eau et sur un plat d'argent. Aussitôt on asperge tous les appartements et tous les mors intérieurs de la maison. On remonte pour porter la poupée sur la terrasse du toit , et ou l'y lient quoique temps suspendue sur un petit feu où brûle de la sabine. Les gens de la maison se lavent les mains, el se mettent un peu de beurre sur la léte. Après ces cérémonies, Us se croient puriûés de touto souillure.
A l'égard des lamas el des religieux ordinaires , on porte leurs corps sur le sommet des montagnes , el on les y laisse exposés à l'air pour devenir la proie des oiseaux.
Mettre un cadavre dans line fosse, el le couvrir de terre, serait regardé par les Tibétains comme le comble de l'ignominie.
30. Les funérailles des Birmans, se fout avec beaucoup de solennité et de grandes démonstrations de douleur : le corps des
l'intérieur de ses murs esl tout rempli d'ossomcul*. On dit qu'Alexandre .1 aboli cette coutume, i
Cicéron attribue le même u-age aux Hvrc micns, lorsqu'il dit : In Hyrcania plcbft pubticos al'tt ranet : optimale», dometticos. Nobile milan genns citnum ï/> lud sc'tmut esse : sed pro tua qnhqae facnltate parai H quibut lanietur : eamqne optbtuim itti este centent teputturam <Qu;est. TiuvchI., I. 45).
Justin dit aussi des Pirthes : Sepultuni nulyo .i«J itvium nul cunum launtlut est ; unda dcomm ostaUnA obruunl.
gens riches esl brûlé ; celui des pauvres est eulerré ou jeté à la rivière.
Dans les funérailles d'un rahan ou pountjhi (prêtre), on commence par embaumer le cadavre; ensuite on I. dépose dans un coffre plein de miel et fermé hermétiquement.
Pendant ce temps, on prépare la cérémonie funèbre. Au jour fixé, une grande foule encombre une plaine désignée d'avance : là est un char élevé, sur lequel se dresse le bûcher qui doit recevoir le mort. A peine y est-il posé, que la foule se partage eu deux lu n les, Tune cherchant à faire avancer le char, l'autre à le la in* reculer; ce conflit ne se passe pas sans horions vigoureux donnés et reçus de part et d'autre. Enliii la victoire reste au parti qui doit embraser le bûcher. D ordinaire on place le cadavre dans une e>pèce de mortier de bois rempli de poudre et de pièces d'anilice, el , à un signal donné, le char, le bûcher, les débris du prèlre font explosion el sautent en l'air. Ce pieux devoir une fois rempli, le silence le plus profond succède à des acclamations bruyantes. Contrairement à ce qui a lieu chez la plupart des autres peuples, où le soin de brûler et d'inhumer les morts appartient soit aux parents, soit aux ministres du culte, cette fonction est remplie dans t elle contrée par les tchandalas qui sont les parias de la Birmanie.
Si une femme vient a mourir en couches, elle est, suivant le» Birmans, transformée eu un mauvais g"'nie, et ii est nécessaire de l'exorciser. Pour accomplir cet exurcisme, le mari marche en téiedu convoi, agitant ses armes dans l'air, et se démenant connue un convulsiounaire. Quand on a constate que la déluule esl vraiment morte enceinte , on prononce le divorce, puis on ouvre le cadavre d'où Ton extrait le fœtus; après quoi le mari fait trois foi» le tour du cercueil, retourne chez lui et se lave la ièle, p >ur ne reparaître qu'au moment de la combustion du corps.
.11. Dans l'ancien royaume d'Arracan, aujourd'hui province de la Birmanie, o,. dépose le coips mort au milieu ne la maison, et l'on lait venir les prêtres qui tournent autour du mort en récitant quelques prières, pendant que d autres font des encensement. C< -pi-ndaiil, les gens de la maison font ie guet, et frappent sur de grandes pièces de cuivre, pour éloigner, disent-ils, le mauvais esprit qui ferait beaucoup de mal au mort, s'il venait à passer sur lui. Avant d'emporter le corps, on invite à un festin niorluaire certaine classe de gens appelés (irai; s'ils manquaient de venir, toute la famille serait dans la désolation; car leur refus ou leur négligence est une preuve assurée que lame du défunt esl condamnée à l'enfer, que ces peuples appellent ihoi<»n <tr fume< . Comme ils croient à la métempsycose, >-n peint communément sur la bière des ligures de chevaux, d'éléphants, de vaches, d'aigU-s, de lions, et des animaux les plus nobles, image de ceux dans lesquels l'âme trouverait un
ES KRLICIONS. n
loff«»ment honorable. D'autres, an contré, ordonnent, par un sentiment d'Iinmiliè, J't peindre des rats, des grenouilles ou d'auto vils animaux, qu'ils regardent comme Lifo, meure la plus convenable à leur âme corrompue. Le corps est ainsi purlé dans la campagne où on le brûle. Les prêtres m ;tenl feu au bûcher, en présence des ^. rents qui sont alors vêtus de blanc, avec on ruban noir autour de la léte.
31. Quand une personne meurt, les triba? KouUies en usent de différentes manié m l'égard du eorps. Dans quelques villages, a lui fout plusieur- ouvertures dans lèvent, el, plaçant le corps suc le feu, ils march-uu l'entour jusqu'à ce que toutes les humtun aient été absorbées, el que L chairs'j »»! complètement desséchée; en cet clai.'il* ,< gardent au logis pendant un an. Dans d'autres villages, ils creusent le tronc d'un irbre, et y placent le corps, ayant soi» d'eUWiî a l'entour une clôture pour eiupéc>r la animaux sauvages d'en approcher. Co ji après le décès, ils éléveni un appetlDou hangar à côlé de l'endroit où le c«rps al conservé, el les parents el amis du mort s } réunissent pour se livrer aux lau:entatu<is. aux chants, à la danse, pendant l'espace*' quatre jours ; après quoi, ils transportent I* os au sommet d'une montagne où sontdepivs les restes de ceux de la même tribu, met ani avec, le corps les aunes, l'or, l'argent, Irf toiles et tout ce qui appartenait au deluat, ainsi que les tètes des animaux qu il a tort pendant sa vie. i. es amis même les plosch-n ne >e réservent pas la moindre chose: oui est laissé là, el le plus hardi voleur n'oserdd y loucher.
Les Karians ont unecouturm- semblable i celle des Koukies, dans la manière de disposer leurs morts ; mais ils réduisent tout > corps en cendres, à l'exception d'un os qu'il* conservent pendant une année; eusui', apiès une fêle de plusieurs jours, ils fouNr cet os, ainsi que des objets qui ont apparu n au tnorl, la même cln.se que les Koukie>.
.'I'}. Dans le pays d'Assam, lorsqu'une^ sonne riche vient à mourir, on met dans cercueil des objets précieux, et on l'enleri" la tète tournée du coté de l'orient. Mais >'' «'agi' d'un princ, on creuse en terre w profonde excavation, puis on tue ses femn>« et ses serviteurs el on les jelie dans la f'»< avec des éléphants viva.ls, 'les usteo><ie* d'or et d'argent, une pelisse, un lapis, «piques vêlements, des vivres même, enfin M ce qui serait nécessaire à un vivant pendant plusieurs années. On bouche ensuite l'exeiva ion avec d'énormes poutres, afin qw <" diliee souterrain ne puisse se détruire. f< ■ de celle tombe, on met une lampe a*f*' support et de l'huile; un homme esl (h i"/ d'entretenir la lumière sans cesse et de »' 1er à ce qu'elle ne s'eleigne pas. Lois t J con.puèle de ce pays par le nabab Mir M>hainmed, vers l'an 1GG2, ce prince ayant «u tendu parler de celte manière d'enterrer i« morts, lit ouvrir une dizaine de ces tertre*, et ou relira, en vase* et en objets précieux, U
ilcurdp près de 90,000 roupies (225,000 fr.). • hroil se répandil amsi qu'on avait trouvé m I.î tombe d'une princesse inhumée dej « 80 ans , une botte de bétel , dunt les uitles s'étaient conservées parfaitement rte».
3». Dans le Pégu, à la mort d'un maître maison, les voisins se rassemblent dans le de la veuve, et offrent aux divers embres de la famille des consolations et ie petite somme d'argent. On leur distribue i rii, du carry, du pain, des noix de bé- I, du thé en feuilles et des cigares ; on fait «ir des musiciens qui amusent l'assemblée squ'i l'heure où elle se sépare, ce qui arre rers les dix heures du soir. Le lendelin, on se rassemble encore dans la maib de la veuve, où Ton continue à prier, à inger et à pleurer. Le surlendemain, on actdans un cercueil très orné le corps du bol, couvert de ses plus beaux vêlements, i« on turban sur la léte et des anneaux or aux doigts; tout cela appartient au wparodxa (celui qui est chargé de la des- Kion des cadavres). La procession se met i marche , conduite par les prêtres ; huit i du jeunes gens portent le cercueil just'a l'endroit situé hors de la ville, où l'on i\t les corps. On porte derrière lui les ofwdes faites aux prêtres, qui consistent en ailes de bétel, cannes à sucre, noix de fw et thé; les musiciens viennent après, itis des parents et des amis.
Quand le corps est pincé sur le bûcher, oi le monde se range à l'entour; les prêts ont soin de ae placer, le visage tourné rs le nord ou vers Test. Le peuple dît : Pr ère, prière ! Avec le corps, la voix et le ur, nous nous prosternons trois fois, et us nous soumettons aux trois objets de Ire adoration, les dieux, les lois et les pré* s, pour obtenir notre délivrance de la réut où l'on est tourmenté par les «ers, les les et les démons, ainsi que des huit toi qui en sont la suite ; pour suivre le □lier de la pureté, de l'humilité, de la loance et de la bienveillance, et pour receir un jour l'anéantissement final. »
Us prêtres disent alors : « Que la récomsse de ces trois excellentes vertus envers tu, ses lois et ses disciples, soit le pouir, pour avoir adoré Dieu; la sagesse pour otr obéi à ses lois , et l'augmentation des liesses, pour avoir respecté ceux qui sont irgés de les enseigner; ainsi que l'exeinp* n des onze passions et l'état de l'inquiéle appelé nùjban. »
Le peuple répèle alors trois fois les rinq *cptes : « O Seigneur, nous le prions de us instruire dans l'observation des devoirs des préceptes de la religion; exalte-nous r U grâce, et enseigne-nous à obéir à tes ». »
Le prêtre : « Répétez après moi ce que je
i» dire. »
Le peuple : « Oui, seigneur. »
L<" prêtre dit alors trois fois, el le peuple
>*te après lui : « Salutation respectueuse
DicTioi*. bks Religions. Il
à la Divinité qui a mis de côté sa mortalité el a repris son immortalité, à celui qui sait tout el qui voit tout, dont li s mérites et les attributs sont parfaits. >
Le prêtre dit ensuite (rois fois, et le peuple répète après lui : « Nous adhérons a l'adoration des dix lois excellentes, des quatre devoirs et des quatre récompenses qui appartiennent à l'anéantissement. Nous nous plaçons sous la direction de ceux qui enseignent la religion, pour connaître les quatre règles et les quatre récompenses de la vertu. »
Le prêtre : « Les trois devoirs sont remplis. »
Le peuple : « Oui, seigneur. »
Le prêire dit ensuite, et le peuple répète après lui : « Evitez le meurtre, évitez le vol, évitez l'abandon de la famille, évitez le mensonge, évitez les quatre liqueurs et les quatre substances enivrantes. »
Le prêtre dit : « Les devoirs et les préceptes ont été observés; ne les oubliez pas. »
Sept jours après la mort d'une personne, ses parents el ses amis se rassemblent de nouveau dans sa maison, pour assister à une exhortation faite par le prêtre de la famille, après quoi on leur sert un repas.
Le corps d'un enfant au-dessous dedix ans ne doii pas être placé dans un cercueil orné, ni accompagné au tombeau par les musiciens. Les enfants, les pauvres et les personnes qui sont mortes d'une mort soudaine ou violente , sont enterrés au lieu d'être brûlés.
D'après le voyageur Purchas , quand le roi du Pégu esl mort, on prépare deux, barques, que l'on couvre d'un toit doré, s'élevant en pyramide ; au milieu de ces barques on dresse une table ou, pour mieux dire, un théâtre sur lequel on pose le corps du monarque défunt. Sous ce théâtre on allume un feu de toutes sortes de bois odoriférants, de benjoin, de storax, et d'autres drogues précieuses. Ensuite on laisse aller ces barques au courant de l'eau ; et, à mesure que le feu consume le corps, un cerlain nombre de talapoius, destinés à faire l'office funèbre, chantent et prient dans l'une de ces deux barques. Le chant dure jusqu'à ce que les chairs du cadavre soient entièrement consumées. Alors ils détrempent ces cendres dans du lait, en font une masse cl la jettent dans la mer , près de l'embouchure d'un fleuve. Pour les os, ils les enterrent dans une chapelle qu'on bàtil en l'hooneur du défunt.
Quant aux cadavres des simples particuliers, on les place sur un brancard couvert de cannes dorées, surmonté d'un dôme en forme de petite tour, el porté hors de la ville par quinze ou seize hommes, jusqu'à l'endroit où le bûcher est dressé. Le corps esl suivi des parents, des amis el des voisins. Après que le feu a consumé le cadavre, on fait quelques présents aux talapoius qui ont assisté à la cérémonie funèbre. Ensuite ou s'en retourne chez soi, et l'on fait une féle qui dure deux jours, au bout desquels la veuve du mort et ses amies vont pleurer le
m DICTIONNAIRE
défont sur la place où il a été brûle. Lorsque le temps destiné aux pleurs est écoulé, ces femmes rassemblent el enterrent les os que le feu n'a pas achevé de consumer. Le deuil des hommes et des femmes consiste principalement à se raser la tête; c'est une marque d'affliction qui ne s'accorde qu'à des personnes extrêmement considérées, car on dit qne ces peuples font un cas tout particulier de leur chevelure.
35. A Siain, dès qu'un homme est mort, on enferme son corps <lans une bière de bois, vernie ou même dorée ; et, afin qu'il ne s'exhale j oint de mauvaise odeur à tr.ivers les fentes, on lâche de consumer les intestins du mort avec du mercure ; quelquefois on se sert d'une bière de plomb. Ce cercueil est placé sur une estrade on sur un bois de lit ; el tant que le corps est gardé au logis, soit pour attendre le chef de la famille, s'il est .absent, soit pour préparer les funérailles, on brûle autour du corps des parfums el des bougies. Toutes les nuits les talapoins viennent chanter des prières, en pali, qui est la langue sacrée ; on les nourrit pendant ce temps-là, et on leur donne quelque argent . Cependant la famille choisit un lieu A ta campagne, pour y porter le corps et l'y brûler ; ce qui a lieu d'ordinaire auprès d'un temple. Cette enceinte est environnée de bambous plantés en carré . et ornée de papiers peints ou dorés, découpés de manière à représenter des maisons, des meubles, des animaux. Au milieu «le l'enclos est dressé le Dûcher, composé entièrement ou en partie de bois odoriférant, suivant la richesse ou la qualité du défunt. Mais la plus grande marque d'honneur que l'on puisse donner à un mort est d'élever le bûcher le plus possible, A force de terre ou d'é» hafaudages. Le jour fixe pour la cérémonie étant arrivé, on porte le corps au bûcher, au son des instruments de musique. Le cercueil s'avance en téte, puis la famille du mort, hommes et femmes , ti>us habillés de blanc, el la téte couverte d'un voile de la même couleur. S'il y a beaucoup de chemin à faire, et qu'il se trouve une rivière, on va par eau. Dans les funérailles des grands , on porte de grandes machines de bambou couvertes de papier peint el doré, qui r< présentent des palais, des meubles, des éléphants, des animaux réels, el des monstres bizarres et fantastiques. On ne brûle pas le cercueil, mais on en retire le coips qu'on dépose sur le bûcher. Les lalapo nsdu couvent près duquel est dressé le bûcher, vienuent < hanter el faire des prières pendant un quart d'heure ; puis ils se retirent, parce qu'alors ont lieu des danses et des spectacles, auxquels ces religieux ne croieut pas pouvoir assister sans pécher.
Sur le midi, un val Ides talapoins met le feu au bûcher, qui brûle ordinairement pondant deux heures. Le feu ne consume presque jamais le corps, il le rôtit seulement, et souvi nt fort mal ; toutefois, pour fli..nne.ir du mort, il est toujours sensé que le cadavre a été totalement consumé en heu éinineul et qu'il u'eo reste que les cendres. Dans les fu-
ES RELIGIONS. u
nèrailles d'un prince du sang, c'est le roi lui. même qui met le feu au bûcher, sans sortir de chez lui ; il lâche à cet effet un (Iaml*ag allumé, le long dune corde tendue ilepms l'une des fenêtres du pala s jusqu'au bûcher. Quant aux papiers découpes, q i naturellement destinés aux flammes, puisqu'ils représentent les objets que l'on brûlait autrefois avec le corps, les talapoins \t% tn garantissent souvent , et les recueillent p«r les prêter à d'aulies funérailles. La famille do mort nourrit tous les invités, el fait dp. ». mones pendant trois jours, savoir: le premier jour, aux talapoins qui ont assisté au confie lendemain, à tout le couvent ; et, le troisième jour, à leur lemple. Dans les ohsèqu -s des grands personnages, on tire des f< ui d'artifice, el on donne des spectacle? pédant trois jours. Après que le corps a été brûle, on en renferme les restes dans le cercwil, el on le dépose sous une de ces pyramides que l'on voit fréquemment autour de» Ira. pies. Quelquefois on enterre avec lui in pierreries et d'autres richesses, qui soûl ii en lieu de sûreté, parce que la religion mi le» tombeaux inviolables.
Les pauvres enterrent les corps de leors parents sans les brûler ; mais ils font et sorte de faire venir au convoi des talapoins qui ne marchent pas sans salaire. Ceui qui n'ont pas même cette faculté se contentent d'exposer leurs parents morts sur un lies éminenl , où les vautours et les corneilles viennent les dévorer. Il arrive quelquefois que les enf.mls font déterrer le corps de leur père, mort depuis longtemps, pour lui Lttt des iuner.tillcs magnifiques ; cela a lieu surtout lorsque les emanls ont acquis oYs richesses, ou sont parvenus aux honneurs; ou bien encore, lorsque leur père e*t nwrt dans un temps d'épidémie, parce qu alors et enterre les morts sans les brûler.
36. Quand un homme esl mort, les Ciobogiens ne renferment pas dans une bière, mais ils l'enve oppent dans une natif île fuseaux recouverte de toile; quim l on sort y«M le convoi, on poi le, devant et derrière, tirs b innières, et on I accompagne avec d«»ii'&* bours et des instruments de musiqu» ; on sèmo toul le long du cht-mm du riz jsru.e.ei l'on arrive ainsi loin d> s eudro>l» euh»*, dans un lieu où il u'y a aucun hdbilaut;«« y laisse le corps, pour attendre que le»<* seaux de proie, les chiens ou d'autre» numaux viennent le dévorer. Quau i le <adVrt a été prompleiueut dévore, ou dit que W p*1* et la mère du uiori sont heureui, ri que k ciel récompense leurs bonnes actions; n'est point ilevoré.ou s'il ne l'est qu impj fatlemcnt, on attribue cela aux peilie» '■>'son père et de sa mère. Il y a cepcu'taeiqw'ques habitants qui brûlent leurs morts : ce sont to s des descendants d'cmigréi chiiwi»-
Lorsqu'un père ou une mère vie«u<»; 1 mourir, on ne leur rend pas d'Imnufon funèbres, comme en Chine : le fii» »< les cheveux, la fille eu coupe au* deui ("* tés des joues de la grandeur d'un d.-uier; <■! voilà , dit un écrivain chinois, toute Ic«
Hé filiale. — Il y a one sépulture avec une ur p»«r les rois ; mais on ignore l'usage ensevelir les corps, et l'on n'enterre qur
t os.
37. Avant d'ensevelir les morts, les Tununois pratiquent plusieurs superstitions as la maison mortuaire. Après lui avoir roté les yeux, ils chargent une table de ifs sortes de viande et de vin, l'appro- «ni du lit du défunt, et invitent celui-ci à lire et a manger avec eux, comme s'il vivait «>re. On introduit ensuite les bon/es qui ijntealoo récitent des prières ; après quoi
• consulte les devins, pour savoir d'eux le ur et 1'beure qu'il convient de rendre les rniers devoirs au défunt , et le lieu ou il iH être enterré. Ils prient alors un de ceux li ont la charge d'ensevelir les morts, de le •étir de ses plus beaux habits ;cn qu'il fait *è> l'avoir lavé dms dos eaux de senteurs, i renferme dans le cercueil des figures de xtprint. représentant des génies ou des dém. Il .nrrive quelquefois qu'on garde plufur* mois le cadavre à la maison ; cela ark surtout lorsque l'année de la mort porte même nom cyclique que celle où le défunt «ut. On laisse alors le cercueil ouvert, et ce le ferme que le septième jour, afin de nioir mieux observer si l'âme reviendra ■l'autre vie pour animer de nouveau ce cane. Quand ils n'ont rien remarqué qui i»se leur faire prévoir celle prétendue rérrectio», ils font publier, dans le bourg, le tr dont ils sont convenus pour procéder i obsèques, afin de réunir un grand contre d'assistants. A l'beurc déterminée, le Moi te met en marche ; le cortège s'ouvre r uno multitude de gens qui portent des obères, des drapeaux et des instruments
musique, tel* que tambours, trompettes, "Hhiis, e c, au s«>o desquels il y en a qui »*fnt, saol< ut et font des contorsions sous isieuri déguisements, ou s'escriment avec
• sabres, des bâtons, des armes à feu, dont font de temps en temps des décharges,
uréponvanler et mettre en fuite les mau- « pénies. Vient ensuite le cercueil, suivi (parents. On se rend ainsi au milieu d'un imp appartenant au défunt, dans lequel inhume son corps, afin qu'ii en conserve ^session dans l'autre vie. Les g.«ns rinfont construire, au milieu d'une grande •ce, par où l'enterrement doit passer, un 'fice en charp nte de bois doré, orné de èr es fi rores d'hommes, de chevaux, d'é- •lianîs, recouvertes également de papier r*. et ils y mettent le feu, dans lu persuao qu'une foi> ces obi 'ts cousu nés ils se ■'amorphosent da s l autre vie et reprrsnt un corps réel et véritab'e. La dépense semblables funérailles est incroyable ; les >iinv surtout qui ont lieu tant après les ob-
I) Bn Chinois tient a posséder de son vivant ce :»'<*r asile ; chacun veut s'assurer par avance « bois irès-dur et très-solide pour se faire un cer-
Les gens riches achètent pour eux et pour !*urs flirte* ais d'un bois iiicorrui lible, qui leur rouie
■ i.Ut'J écus ; ils lonl cette dépense do bonne
sèques, que le 7*. le 30' et le 100* jour, absorbent une grand partie du revenu de* survivants ; mais les Tuaquinois cr ient ne pouvoir trop faire pour témoigner leurs regrets ou leur reconnaissance, le mari envers sa femme, la femme envers son mari, les eufonts euvers leur père et leur mère. Ils ont aussi le plus grand soin du lieu de la sépulture ; dès qu'ils s'aperçoivent qu'il y pousse quelques pointes d'herbes , ils n'allendint pas qu'elles soient grandies pour les arracher ; s'ils manquaient à ces pratiques, ils encourraient le blâme public ; et s'il leur arrivait quelque disgrâce , ils ne manqueraient pas de l'atiribuer à leur défaut de piété envers les morts.
Lorsque les parents ont des enfants morts dans les pays étrangers, ou au loin, sans savoir précisément en quelle contrée, ils consultent les magicien- qui, au nu. yen de certains miroirs ei au son de quelque tirnbour, évoquent l'âme du délunl. Mais si celle âme, insensible à leurs évocations, refuse d'apparaître, ils font une statue en plâtre, et la mettent dans un cercueil préparé à cet effet, et, continuant leurs prières, ils font croire que l'âme est entrée dans celle image ; alors on procède aux funérailles comme si l'on ava t réellement le corps du défunt. D'autres se contentent d'écrire sur une tablette le nom du mort, et lui rendent les mêmes honneurs que s'il était présent.
38. En Chine, dans le moment qu un agonisant expire, un parent ou un ami prend la robe du mourant, et, se tournant vers le nord, appe lé trois fois , à grands cris, l'âme du défunt; ces cris s'adressent au ciel, à !a terre et à la moyenne région de l'air. Après cela, il replie la robe du défunt et va se tourner vers le midi ; il déplie ensuite celte robe, et l'étend sur le mort, qui reste trois jours en cet état, pour attendre que son âme soil de retour. Les mêmes choses se pratiquent hors de la ville poOr un mort oui a été tué
Ouand un Chinois est mort, la coutume veut qu'on dresse un autel dans un des apparleoieuts de la maison , qui d'or linaire est tendu de blanc. On mot une image du défunt sur cet autel, avec des parfums, des flVurs, des cierges, des étoffes preci- uses, des papiers peints, et le corps est derrière dans son cercueil (1) Touf ceux qui vi nnenl pour témoigner leur affliction, <>u faire des compliments de condoléance, finit quatre génuflexions devant cette imag •, se pn»s ornent ou baissent la tôle jusqu'à ten e ; ui.jïs avant ces hommage», ils lui offre m des parfums. Ces' la cérémonie que les Chinois nomment Tiao. Les enfants du défunt, s'il en a, sont à roté du cercueil, en babils de J uil; ses femmes et ses parentes pleurent avec les
heure. C'est aussi un cadeau que l'ami offre à l'ami qu'il aUeciioune.le (ils à son péie. Ces cercueils sont cuti^lruiU avec qu;it e énormes pièces te bois d'une gnude suhJiie; !a plupart o il exu'iv-.;"em-ut dorés et couverts île . iwlutv ■ .î.^i.Ttles. t.:» rJi ■'■ ]:■■ chii: i e gratifie les indigents d'un cercueil.
M " DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
Sleurenscs derrière on rideau qui les cache, flammes de papier sur lesquelles sontlracfo uivant les rituels chinois, dès qu'on a mis des figures, le corps ■! ta défunt dans le cercueil, il faut Pendant que les bornes récileut leurs lui mettre d.-in« la bouche du blé et du riz, prières en battant la mesure.ee qui dur*» même de l'or et de l'argent, selon que le plusieurs jours, Ton ne mange pat <tr permet la condition du mort. On met aussi viande ; répondant on reçoit les hôtes qui ardnns de petits sacs, aux quatre coins du rivent , les traitant du mieux que l'oo peut, cercueil, des ongles et des ciseaux pour les Les bonzes , de temps à autre, appellent totl couper. Avant que les Tanares eussent or- le monde à pleurer; à cette invitation , padonné expressément aux Chinois de se cou- rents et étrangers s'approchent du cadatre per les cheveux, ils en mettaient auprès de et l'on n'entend plus que sanglots. Pendaot leurs morts avec des peignes. qu'on est occupé à faire les préparatifs de Le jour des funérailles, tous les parents et rePas funèbre , qui est fort dispendieux , t'il tous les amis s'assemblent dans la maison du arrive un nouveau personnage et qu il aille mort, en habits de deuil; forment tous en- P'eurer auprès du cadavre, tout le inonde semble avec les bonzes le convoi funèbre. doi,1 y courir avec ,UI- 0n nail u D J 4 On y voit des images d'hommes, de femmes, flu une m'nule ; le moment de pleurer est d'éléphants, de tigres, etc. Tout cela doit être venu» 11 faul q«»»er k>» amusemeot* et sabrûlé pour le mort. Les prêtres et ceux qui T0,r grimacer comme les autres, sont gagés pour réciter des prières en faveur Cependant les bonzes, par la force de leon du défunt, ou à son honneur, marchent en- prières , font une brèche à l'enfer, pourra suite. Les enfants du mort suivent immédia- faire sortir l'âme du défunt. C'est toujours \i tement son cercueil ; ils marchent à pied, qu'elle va en quittant son corps , et la appuyés sur un bâton, ce qui est une marque bonzes savent dans quel appartement isfrrde tristesse. Après les enfants viennent les nal elle est détenue et ce qu'elle y snnllrt femmes dans une chaise couverte, et les pa- Cette âme, une fois hors de l'enfer, doit p-srents du défunt. Beaucoup de cérémonies ac- ser sur un pont bâti sur un fleure de sauf, compagnenl cette marche, qui a lieu au bruit rempli de serpents et d'autres bétes veoides timbales, des tambours, des flûtes et de tueuses; ce passage est dangereut , par « quelques autres instruments. Lorsque le cer- que , sur ce pont, il y a des diables qui l'atcueil a avancé environ une trentaine de pas, tendent pour la jeter dans ce fleuve maudii; on y jette une certaine quantité de terre tuais enfin elle passe, et les bonzes loi doo* rouge. Chaque famille a son tombeau parti- nenl une lettre de recommandation pour or culier sur une colline ou tout auprès; ces des ministres de Fo, qui la ferarewor tombeaux sont ornés de figures et d'orne— dans le ciel occidental. D'après la doemoe ments semblables aux images que l'on porte de ces bonzes, chaque homme a trois imnnu convoi. Les Chinois ont aussi l'usage des l'une va an mt»r un corps , l'autre va en ruinscriptions et des épitaphes. C'est sur ces fer, enfin la troisième réside dans la lalMw tombeaux que l'on s assemble tous les ans qui lui a été préparée. Pendant que \n au mois de mai, et que l'on sacrifie aux dé- bonzes font ces ridicules cérémonies !'«• funts, après avoir arraché les herbes et les brûle une grande quantité de papicr-monhrnussnilles qui ont pu croître à l'entour. naie, afin que le défunt ne manque pas <i f* A ces détails nous ajouterons les suivants, Genl dans l'autre monde ; puis au jour choisi extraits des lettres de M. l'abbé Voisin. °» procède à la sépulture. Lorsqu * le malade esta l'agonie, on lui met Le mort est revêtu de ses plus beaui h-une pièce d'argent à la bouche , et l'on a soin bits, quelquefois de quatre ou cinq coulo't de lui boucher le nez et les oreilles, supers- différentes. Le cercueil est porté par quair» lilion propre à aggraver son mal et hâter le hommes, souvent par huit, à rai «on de a ?<• moment du trépas. A peine est-il mort, qu'on sanl ur ; les personnes qui .ic<o ><p ?r" >[ fait pratiquer un trou au haut de la maison, doivent toutes avoir la livrée du «leuil qotf' afin de donner aux esprits qui se sont échap- la couleur blanche. En grand «leail , au Ifi pés de son corps une plus grande facilité de de bonnet, on se met un simple liog* assortir ; puis on se bâte de f tire venir les tour de la tète; la robe, les bas, les soulm. bonzes pour < ommencer des prière». Ceux-ci la ceinture qui est de chanvre, tout dott *rt une fois arrivés, l'on érige d'abord la tablette blanc. Ceux qui n'ont pas l'habillement ronde l'âme à côté du cercueil, au pii d duquel plet ont au moins un linge blanc à l'M est une table toute chargée de mets, de lu- ou sur leur chapeau. En avant du eontw * mières et de parfums. Tous ceux qui vîen- trouvent un ou deu\ hommes qui jeueoi nenl faire des compliments de condoléance la roule des sapeks de papier < lj pour ji '■ et assister aux funérailles entrent dans la ter le passage, de crainte que les «•-!•■"* salle où est le cadavre, et se prosternent de- n'arrêtent le cadavre. Arrivé au lieu»" * vant la table sur laquelle ils déposent ordi- se faire la sépulture, et qui a ilûêtrciti'p nairement des lumières et des parfums ; car et reconnu propice , ou eutene le iuori'< ils ont toujours avec eux leurs petits t adeaux, tirant quelques bottes ou pétard*. Da«« à moins que l'héritier très-riche ne veuille parties méridionales de la Chine, ou e'lf",li rien accepter. Au dehors de la maison volti- les corps à une grande pruluudeur , geut, susuendues à des bambous, plusieurs entoure la place d'une enceinte en ffracsr*
(1) Petite monnaie qui équivaut* un demi-centime environ.
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il, sur laquelle sont gravées on grand umbre d'inscriptions. Dans le Nord, au conâire, on les pose sur le sol et on les abrite >us uoe voûte ornée de sculpture. Ceux qui e sont pas assez riches pour faire exécuter t pareilles constructions , se contentent envelopper les bières d'une natte en bamoo.saos les enfouir, et laissent le temps jererson œuvre de dissolution.
Lorsque la cérémonie de l'inhumation est rroinée, on revient à la maison pour faire i grand repas en mémoire et à l'honneur i défont; ce repas s'appelle kai-tien-tsiou , irr< qu'avant le festin on fait des libations tin aii.v mânes du mort; l'on a fait rôtir lelqaes porcs, on les lui offre, puis on les îo^e.Tout le monde est admis à cette sorte rej. .s. Si les parents du défunt sont à leur te, c'est une bonne aubaine pour les pauh des environs, qui accourent tous au tlio.
I faut noter que les tao-tchang ou prières » bonzes, le jour de la sépulture, et le kai- %-Uiou, sont des actions tout à fait dis- •tes et que l'on sépare très-souvent, parque le jour qui est favorable pour la sé- !lur.« ne l'est pas pour le repas funéraire. Mme aussi que le lieu où doit être ense- Sleca 'avre n'est pas encore propice, d'ails observations des astrologues, et qu'il i attendre quelques mois ou même quel- * années pour qu'il porte bonheur à la fale du défunt; en attendant le moment déminé par les devins, on l'enterre dans un re endroit, quitte à l'exhumer ensuite ir le transporter, au jour choisi, dans droit désigné. Dans les contrées septennales où, comme nous l'avons observé, te contente de déposer les cercueils à la face du sol, lorsque le bois est détruit et chairs anéanties, les parents vont recueilles os du défunt ; ils en dressent le calaie, les placent dans une jarre qu'ils entent eux-mêmes, pour venir, chaque an- , »ur la terre qui les recouvre , leur ire les honneurs prescrits par la rc-
MJ.
Hte sollicitude pour les restes de ceux ne sont plus fait que chacun veut avoir rè* de soi le cercueil qui les contient ; li est-ce dans le champ qu'il va cultiver ' les jours que le père dépose son fils, et l< son père. Ceux qui ne possèdent rien le ienl à l'entrée ou à la porte de leur dere, ou bien le déposent dans un lieu où lisent fréquemment. A Ning-po , à ng~hai, à Cbu-san , autour des forliGca- », sur les bords des chemins, les plus pelambeaox de terrain sont occupés par cercueils.
». Dans l'Ile Formose , après qu'un •me a rendu le dernier soupir, on bat, de- 1 sa maison , un tambour fait d'un tronc lire creusé, pour annoncer sa mort. On le corps, on l'habille, on le pare le ut que l'on peut , on met ses armes au- "le lui, et on lui présente du riz ; cet ap- "Idure deux jours. Dans l'intervalle on nûc un pourceau pour l'heureux voyage
FUN fi8i
du mort. On élève, devant la maison , un bambou supportant une espèce de bannière, et l'on met auprès une grande cuve pleine d'eau. Le soir, on s'assemble et Ton boit a la santé du défunt ; les proches parents se jettent sur le corps , et fout au mort diverses questions sur la cause qui lui a fait quitter la vie. Les pleureuses viennent à leur tour , pour se lamenter , faire des prières , et demander aux dieux une bonne place pour l'âme du mort. Au bout de deux jours , on lave une secoude fois le corps , et souvent même une troisième et une quatrième. Le jour suivant, on place le mort sur un échafaud de six à sept pieds de haut , on l'y attache par les pieds et par les mains, et on le porte en cet étal auprès d'un grand feu, où on le laisse sécher environ huit ou dix jours. Le cadavre étant sec , on l'Aie de dessus l'échafaud pour l'envelopper dans une natte; après quoi, on le rapporte au logis, et oo le replace sur un échafaud plus élevé que le précèdent ; on l'environne de morceaux d'etofles, de manière à former comme un pavillon. Alors on recommence la fête des funérailles. Souvent le corps reste là trois ans entiers : au bout de ce temps on enterre les ossements du mort dans sa maisou ; nouvelles cérémonies accompagnées de festins et d'ivresse. Si le mort a été homme de guerre , on rappelle et on préconise ses actions belliqueuses et le nombre des ennemis qu'il a tués. On suspend au-dessus de sa léte un bambou , auquel on fait autant d'encoches que le défunt a tué d'ennemis pendant sa vie. Une personne commise exprès veille neuf jours auprès du mort ; le dixième on se rend auprès de lui , avec des pleurs et des lamentations , et en faisant autour du corps une espèce de charivari , dont l'effet doit contribuer à chasser le mauvais esprit , qui, disent-ils, est toujours demeuré jusque la auprès de ce mort. Si le défunt était marié . sa veuve prie les dieux pour lui. Après la sépulture du corps , elle prend un balai et le jette vers le midi, en disant : « A qui appartient cette maison? Elle ne m'appartient plus ; je n'ai pas besoin de m'eu occuper davantage. »
En certains cantons de l'Ile , les Formasans élèvent au défunt une petite eabanc , qu'ils environnent de verdure et de quelquesautres ornements , pour y loger sou âme* Quatre banderoles ornent les quatre coinr de la hutte. Ils déposent dans l'intérieur un* calebasse pleine d'eau fraîche , et un bambou , aGn que l'âme puisse la prendre sany peine, quand elle aura besoin de se rafraîchir ou de se laver.
40. Les obsèques se font , dans tout le Japon, d'une manière assez uniforme, à quelques cérémonies près. Les adorateurs mêmes des Kamis appellent à leur mort les prêtre» ou bornes des Fotoques, se recommandent à leurs prières , et demandent à être enterrés, suivant les us >ges cl les cérémonies du culle de Bouddha.
Les classes intérieures se bornent à inhumer leur, inurls dans les cimetières : ou dé-
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
po«e 1c cadavre dans une tombe, après l'avoir * ouvert d'aromates, pois sur la terre
aui le recouvre on plante des arbres et des eurs. Les enfants, les plus proches parents du défunt , veillent à l'entretien du monument funéraire , pendant plusieurs années au moins, quelquefois durant toute leur vie. Ils cultivent, embellissent ce jardin, et viennent s'y reposer avec leur famille.
Quant anx riches , on ne les inhume pas ; on les brûle avec un cé/émouial somptueux et un immense concours de témoins. Une heure environ avant que le convoi sorte de la maison mortuaire , une foule de parents s'y rendent, véius de leurs habits les plus riches, au lieu où le corps doit être brûlé ; les femmes, parentes ou amies de la famille , sont vêtues de blanc, ainsi que leurs suivantes , car le blanc est au Japon, comme en Chine , la couleur du deuil ; elles jettent en outre sur leur tête un voile bigarré. Alors arrive le supérieur de la secte à laquelle appartenait le défunt. Porté dans une grande litière . il se fait voir tout éclat m t d'or et de soie, entouré de ses prêtres vêtus d'une espèce de surplis et d'un manteau de gaze ou de crêpe noir. Derrière lui chemine un homme habillé de gris , portant une torche de pin enflammée et suivi d'aulr«*s desservants qui chantent des hymnes à la louange de leur dieu. Ensuite défilent , sur deux rangs , d'autres acolytes tenant des piques an bout desquelles sont >uspendus des paniers de canon remplis de roses et d'autres fleurs de papier, qu'ils secouent de temps en temps; ces papiers flottants sont, dit-on, un signe que le mort ett arrivé au séj »ur des bienheureux. Ils sont suivis de huii jeunes bo. zes, divisés en deux bandes, portant de longues cannes, à I extrémité desquelles flottent des banderoles, où on lit le nom de quelque divinité. Dix autres bonzes s'avancent ensuite, armés chacun d'une lanterne allumée, fermée d'une gaze diaphane. Ils sont accompagnés de deux jeunes gens revêtus d'habits bruns, tenant en main des tort lies éteintes. Après eux viennent d'autres personnages vêtus également de brun, et la léte couverte d'un petit chapeau de cuir noir vern'ssé, de forme triangulaire, auquel est attaché un billet portant le nom du défunt. Ce cortège processionnel , entremêlé de bannières et de norimons , de bonzes et d'a- .mis, de séculiers et de religieux, se déroule, monte, serpente sur la hauteur où le bûcher a été dressé. Le nombre des assistants va parfois jusqu'à cinq et six cents individus ; toute l'étendue de la colline est couverte, que le corps du défunt n'a pas encore quitté son logis. Le norimon qui le porte arrive enfin ; le corps est placé dans la litière, vêtu vie blanc , dans la posture d'un homme qui prie, assis, les mains jointes, la léte un peu penchée en avant. Il a par-dessus ses habits une robe de papier sur laquelle sont écrites des sentences tirées des livres saints. Autour de la litière du défunt , soutenue par six porteurs, se rangent ses enfants costumés avec la plus grande magnificence : le
plus jenne tient une torche destinée à mettre le feu au bûcher. Une foule de peuple, avec des bonnets de cuir verni , ferme la marche.
Quand .e norimon du mort est parvenu au lieu où le corps va être brûlé , le corté^ese groupe dans l'enceinte funéraire en pomsant des cris et des lamentations ; relie enceinte est formée de quatre murailles recouvertes de draps bl mes , excepté les quatre
f tories par lesquelles on y pénètre. Au mt- >eu est creusée une grande fosse remplie de bois , et de chaque roté sont dresw< deux tables garnies de confitures , de fr.-n, et de pâtisseries ; sur l'une de ces tables il j a un petit réchaod en forme d'encensoir", plein de charbons allumés , et un plat coutenant du bois odoriférant. Lorsque le corps est près de la fosse , on attache one longue cordeau cercueil , qui est en forme de petit lit, ou le porte trois fois autour de la Lise, et on le dépose enfin sur le liûcher. En ce moment le supérieur des bonzes fait iras tours autour d i corps avec la torche bornée , la passe trois fois sur sa léte , en pr»nonçanl certaines paroles non enlendo»
des assistants , et la laisse tomber à terre ; elle est ramassée par le plus proche parent, ou par le plus jeune fils qui la fait pawf trois fois sur le corps du défunt, et enfin i jette dans h osse, où l'on a versé qua liie d'huile, de parfums et de substance* aromjtiques. Pendant que le corps se conjure, les enfan's ou le-» plus proches parent» s approchent de l'encensoir qui est sur Li taW-\ et y mettent des parfums; après quui il» If prient et l'alorent. Cette cérémonie achevée, les p tren's et les invités se refirent, hissacl aux pauvres le repas qui a été prépaie. Le lendemain, les enfants, les parents et les amis du défunt viennent recueillir d.m> une urne de vermeil ses cendres , ses os et se» dents , et le vase est recouvert d on » île précieux. Les bonzes s'y tendent aussi p »or continuer leurs prières qui durent sfjrf jours. Le huitième, on porte l'urne das» fc lieu qui lui est destiné; on l'enterre sous u:ie plaque de cuivre, ou sous une d.ile de pierre, qui porte gravé le nom du défunt el celui du dieu auquel il était dévoué. <■'« grave aussi sur des piliers de marbre M principales actions du mort , les cm. loi qu'il a exercés, le jour de sa naissance et c lui de sa mort. Souvent aussi on vint dam ce même lieu l'image du défunt sculpte « marbre. L'homme est représen e assit .
jambes croisées sous sa robe , à la main japonaise , el les mains jointes comme t'1 priait. La femme au contraire les a étendues, el la léte un peu tournée v. rsTépu'. Ordinairement on jette des fleurs sor <' tombeau; on y porte aussi à boire et i manger pour le mort.
*>l. Avant d'enterrer leurs morts , le» Aidos les revêtent d'un habit neuf, fait «Je ff corce fine d'une espèce de saule , puis ou H enveloppe dans une natte. Les Su ;ereul*>urt brûlent le cadavre , recueillent le» ceoJ'** dans une petite chapelle , l'y gardent pu*