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chers ; on n'ouvre jamais ees demeures des morts ; on laisse dans les mors de polîtes ouvertures par lesquelles on introduit, de temps on temps, des mets préparés et du vin de p.ilmo ; les Tiuianuicns étant pénétrés de l'idée quo ces aliments sont nécessaires aui morts, qui les consomment. Ils croient .1 leur evslenrc spiritnello, les supposant ut s esprits d une déposition bonne ou méchante , suivant leur caractère pétulant leur lie. Avant de bi»ire et de mander , les Titnannicns ne manquent jamais d'en consacrer une petite portion aux morts , en la jetant a lerre Du reste celte coutume ne leur est pas particulière , car cUe parall être générale parmi les tribus païenne» de l'Afrique, notamment chez les Kanlins.clicz lc*Achantis el chez d'autre^ nations de la Côlc-d'Or.
GO. Les Soulimas accompagnent, les morts jusqu'au tombeau, et les enterrent dans 'e plus grand silence. Dans le courant du mois, on choisit un jour pour honorer la mémoire do défunt ; rassemblée, composée de tous les membres de la famille, se réunit dans la cour d'un des parents, el l'on pa se la journée dans la joie la plus extravagante : les hommes dansent , crient et tirent des coups de fusil ; les guiriols jouent de leurs instruments, et les femmes dansent par groupes, en se livrant à une pantomime qui sort des bornes de la décence,
61. Les anciens voyageurs décrivent ainsi l'ordre des funérailles dans la Guinée. Les nègres lavent le mort el le mettent dans une espèce de cercueil d'osier, d'écorce d'arbres, ou de jonc, qui n'est à proprement parler qu'un grand panier. Les parents, les amis, I: s voisins , se rendent à la maison du mort, y pleurent, s'y lamentent , demandent au défunt pourquoi il les a abandonnés; après cela, ils dansent, chantent dv3s airs lugubres, tournent autour du logis el font grand bruit avec des ustensiles de métal. Cependant une femme va de maison en maison, cl, de ce qu'elle amasse, achète un bœuf ou des brebis pour le prêtre qui assiste a la cérémonie, alin qu'il rende favoratiie au mort le fétiche qui doit le conduire en l'aulre monde. Le prêtre, après avoir sacritiél'animal qu'on lui a donné , en répand le sang en l'honneur des fétiches du défunt. Tous ces fétiches sont ensuite arranges les uns auprès des autres , le plus grand au milieu , tous parés de grains do rassade , de corail, de plumes et de lèves. En même temps le plus pro be parent du mort lue une poule , du *ang de laquelle le prêtre arrose ces fétiches ; les femmes ou les parents font cuire la poule el la leur présentent dans un plat. Ensuite le prêtre se fail un collier de certaines herbes, el commence une conjuration en marmottant quelques paroles; après quoi il prend dans sa bouche de l'eau ou du vin de palme, el le crache sur ces fétiches. Des herbes qui composent son collier, il « rend dequji faire une petite boule, qu'il fait pas- *er el repasser deux ou tr is fois entre ses jambes, saluant les anciens f iiches el leur diMiit adieu. 11 continue à broker el à rou-
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1er entre ses doigts le reste des herbes du collier, et, après les avoir mêlées avec le suif et la graisse des anciens fétiches, il fait du tout une grosse masse!, dont il se frappe le visage; après quoi il la partage eu plusieurs petit» morceaux, qu'il passe dans un Ûl fail de l'écorce de l'arbre sacré, et en régale l'assemblée. Le reste de la masse est ente ré avec le défont , et c'est là le fétiche qui le conduit en l'autre monde.
Après ees cérémonies, le défont est exposé une demi-journée en public, la lêle couverte, les mains étendues, puis les femmes le portent au lieu de la sépulture; car il n'appartient qu'à elles d'enterrer les morts ; cel<es dit village suivent le corps. Les hommes ne vont a l'enterrement que quand il faut porter le mort d ins quelqu'aulre village; car ils oui tous la manie d'être enterrés dans le lieu de leur n lissauce , et pour lors les hommes accompagnent le corps à main armée. Le c idatre étant arrivé au lieu de la sépulture, on creuse une fosse de quatre à cinq pieds de profondeur, où on le dépose en le couvrant entièrement de bois, de telle sorte que la terre ne le touche pas. La plus aimée de ses femmes jette ses fétiches sur le défunt, met à côté de lui la meilleure partie des ustensiles dont ils se servait, et les objets qu'il aimait le plus. Alors les assistants tournent autoor de la fosse, et disent au défunt le dernier adieu en poussant des cris effroyables. Quand le mort est enterré, les femmes qui ont fait l'inhumation passent et repassent en rampant par dessus sa fosse ; ensuite on s'en retourne , cl le reste de la journée est consacré à un grand festin.
Quand le roi est mort, on l'expose en vue pendant plusieurs jours.et on le serteomme s'il élail encore en vie. Lorsqu'il commence à sentir mauvais, quelques esclave* l'emportent et l'enterrent dans un endroit inconnu, avec ses fétiches, ses arnus el toutes les provisions qu'ils lui croient nécessaires; quand ils ont bien couvert la fosse, ils reviennent au palais, se mettent â genoux à la porte sans rien dire, tendent le cou afin qu'on les lue, el qu'ils aillent ainsi servir leur maître en l'autre monde, persuadés qu'il les récompensera de leur fidélité en leur donnant les principales charges de ses nouveaux Etats. Pendant que ces esclaves enterrent le roi, le peuple va de tous côtés tuer des femmes, des filles , des garçons et des esclaves , pour servir le prince défunt. L'usage veut qu'on les tue par surprise, peut-être pour leur rendre la mort moins terrible. On enterre leurs corps avec lui ; on expose leurs tôles sur des pieux autour de sou tombeau , et deux gardes font sentinelle, afin qu'on n'enlève pas les provisions du défunt. La favorite surtout d'un roi ou d'un chef ne manque pas d'être sacrifiée pour être inhumée avec lui.
Depuis l'époque où les anciens voyageurs ont écrit leurs i étalions, bien des cérémonies el des coutumes se sont mo liliees chez les noires. M, us l'affreuse coutume des sacrifices humains est restée en vigueur, dans plut
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
•icurs (ri bas. Dans la capitale de Dahomey, an Européen fut témoin, il y a quelques années , d'un sacrifice de 1200 hommes. Tout récemment , dans le vieux Calabar, on a immolé 2000 esclaves. Dernièrement encore un roi, doué d'ailleurs do bonnes qualités, ayant eu la douleur de perdre une femme qu'il aimait , a enterré avec elle une esclave toute vivante.
62. Les nègres de Cabo de Monte commencent les obsèques par des pleurs et des lamentations, parmi lesquelles ou mêle quel* ques beaux traits de la vie du délunt. Ensuite on lave le corps , on lui peigne les cheveux, on le dresse sur ses pieds, on l'arme de l'arc ei «te la flèche, et on le pare de ce qu'il possédait de plus beau ; chacun alors lui apporte des présent*. Les parents et les amis s'assoient sur les genoux auprès de lui, en lui tournant le dos, et tenant à la main un areban'é, pour marquer qu'ils sont préls à en faire usage contre quiconque pourrait avoir contribue à la mort de leur parent. Quand on le descend dans la fosse, on y jette aussi des présents et une partie des objets qui étaient à l'usage du défunt. S'il s'agit d'un prince ou d'un puissant personnage, on immole des esclaves pour le servir dans l'autre monde. Mus avant dans les terres, on creuse un arbre dans lequel on enferme, tout vivant, un jeune homme qui doit être dans l'autre vie l'esclave du mort. L'inhumation est suivie d'un certain temps consacré au deuil, durant lequel on doit avoir la létc rasée, et ne point porter de vêtements de couleur; il faut aussi passer ce temps dans le jeûne et dans la continence. A l'expiration du deuil , on fait un festin en l'honneur du décédé.
63. Dans le royaume de Bénin, les funérailles sont toujours accompagnées d'un sacrifice d'esclaves. Dès que le mort est en terre, on passe sept jours à danser et à chanter sur sa fosse; quelquefois même on le déterre pour lui immoler de nouveau des esclaves et des animaux. — Quand le roi est mort, on creuse une fosse très- profonde, au milieu même de sa cour, et l'on y descend son corps. Les courtisan» s'offrent à Penvi pour l'accompagner; mais cet honneur est réservé à ceux qu'il a le plus aimés pendant sa vie. Dès qu'on a fait choi\ des favoris du défunt , on les descend tout vivants dans la même fosse, et on eu terme l'ouverture avec une grosse pierre qu'on roule dessus. Celui qui meurt le premier dans celte fosse est toujours le plus honoré. Eit6n , le nouveau roi ordonne un repas pour le peuple sur la même fosse , et c'est là la cérémonie de son sacre, qui est souvent suivie du massacre de quelques-uns de ses sujets en l'honneur de son avènement au suprême pouvoir.
64. Les habitants de la Cote-d'Or enterrent les morts dans leurs maisons. Le décès d'un individu est annoncé par des dé harpes de m<>u*queierie ; les amis du défont et les f-mmes s uit chargés de pleurer et «le nui lui e les céré'irouti s do deuil qui suit lo ijuur> cet événement. Le iour de l'inhumation . les
membres de la famille , ayant tout le rorpi barbouillé de craie, vêtus de leurs plus beaux habits, arrivent séparément au lieu de l'inhumation, précédés d'une petite fille portant une boite rec«iuv. rte d'un drap et pleine de bouteilles d'eau de-vie. C'est alors que commence un charivari des plus assourdissants; les hommes et les femmes, gorgésde liqueur, hurlent, sur un Ion perçant , une sorte d* chant funèbre, avec accompagnement de tambours et de décharges de mousqueie rie. Cette scène se répète pendant sept jours, pour |>mi que le défunt soit un homme important, i\ on ne manque jamais de In renouveler ion les sept ans. Ces anniversaires s»nt encore plus bruyants et plus coûteux que l'enterrement, par les excès de tout genre auxquels on se livre.
65. Dans le royaume de Juida ou WiJa, uutrefoissi florissant, et maintenant bien déchu de son antique splendeur, les grands faisaient enterrer le corps de leurs père* .m milieu d'une galerie construite exprès. On mettait sur la fosse le bouclier. Parc, les d'elles et le sabre du défunt ; on l'environnait de ses fétiches et de ceux de sa famille :p u« le nombre en était grand , plus le lombeia était digue de respect. Les enfants du défont devaient passer douze lunes entières mm entrer dans la maison qui avait appartenu à leur père; ils allaient loger ailleurs, quittaient les habillements qu'ils avaient coutume de porter, et ne se couvraient que de pannes d herbes. Ils devaient garder, pendant ce temps-là, une continence exacte, et s'abstenir de bagues , de colliers , de bracelets et de bijoux. Il n'était libre à personne d'abréger le temps du deuil, qui avait clé déterminé par la loi.
Quand le roi était mort, on faisait faire une fosse de quinze pieds en carré, et de cinq & profondeur, au milieu de laquelle on rreus ni un caveau ou fosse beaucoup plus profond?, de huit pieds en carré; on déposait en cérémonie le corps du roi au milieu de ce caveau. Le grand-préire choisissait huit des favorite» du défunt, les obligeait de se parer de leur» plus beaux vélimeuls, les chargeait de viande* et de boissons pour les porter au monarque décédé, et les faisait, sous ce prétexte, conduire au caveau, dans lequel on les enfe mail toutes vivantes, et on les y laissait m»arir ; ce qui d'ailleurs ne pouvait tarder, «af on les accablait de terre. Quelques-unes de ces malheureuses s'offraient d'elles»» éwei pour ce cruel sacrifice; c'était un bon» ur pour elles et pour leur famille. Apre* h mort de ces femmes, on amenait les homme» qui devaient aussi aller servir le roi défunt : le nombre n'en était pas flxè; il dépendait la volonté du roi défunt et du grand preVre; mais celui qui portail le lilro de favori la prince, devait suivre le premier son maître. On lui tranchait la tête ainsi qu'aux a très victimes ; on les plaçait assis ou couette» dans la fosse supérieure, leurs (êtes à côte d'eux, et on les couvrait de terre. Lor»qu< tuas ces corps étaient enfouis, on elemt sur celle fos>e un monceau de terre, terumi*
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m pyramide, au sommet do laquelle on plan* t;u't les armes dont le roi avait coutume de se servir, et on les environnait de quantité de fétiches pour 1rs garder.
66. Dans le Boussa , les personnes d'un ranr élevé sont enterrées, après leur mort, dans la cour de leur propre maison ; mais les geos du commun sonl inhumés dans un terrain choisi à cet effet au milieu d'un bois épais, à quelque distance de la ville, et qui correspond assez bien à nos cimetières. Dès qu'un riebe est mort, ses amis accourent à ta maison, et font i.'es lamentations sur lui rendant sept jours ; durant cet espace de l-mps, ils portent leurs plus mauvais habits. Nie défunt est pauvre, .ses parents l'accomp.r nent jusqu'au lieu de la sépulture , et relent daos le bois jusqu'à ce que leur douleur >oil apaisée et que le temps du deuil soit tout à fait expiré.
67. Dans le Loango, dès que le malade a rendu le der. ier soupir, les ministres de la médecine se retirent ainsi que les joueurs d'instruments ; ses proches s'emparent de son corps qu'ils moulent sur un échalaud, audessous duquel ils allument un feu qui rend ooe épaisse fumée. Quand le cadavre est suffisamment enfumé, on l'expose pendant quelques jours au grand air, en plaçant à côté ooe personne qui n'a d'autre emploi que de rimer les mouches qui voudraient s'en ipprocber. On l'enveloppe ensuite d'une juanlité prodigieuse d'étoffes étrangères ou la pays : on juge de la richesse des héritiers ur la qualité des étoffes, et de leur tendresse •our le mort par la grosseur du rouleau. La noinie ainsi velue est conduite sur une place mbiique, et quelquefois on la loge dans une spece de niche, où elle reste exposée plus u moins de temps, selon le rang qu'elle «eupail dans le monde de son vivant. L'ex- »>iiionla moins longue est toujours de pluiears mois, et souvent elle est d'une année niière. Pendant tout ce temps, les parents, s proches, les amis, et surtout les épouses u mort, qui ont placé leurs cases près de endroit où il est exposé, s'assemblent regueremenl tous les soirs pour pleurer, chanter (danser autour de la luge funèbre.
La veille du jour fixé pour l'enterrement, n enferme le corps, avec toutes les étoffes ni IVnvcloppent, dans une grande bière Iraaillée avec art en forme de tonneau; le lenemain, quand tous les parents et les amis ail arrivés, on met la bière sur une espère e petit char funèbre, auquel des hommes )Ql attelés, et l'on se met en marche; on a
0 soin d'aplanir les chemins par où le con-
01 doit passer. Pour les moils illustres, tels ue les rois cl les princes, on en perce de eufs à travers les campagnes, de la largeur e 30 à 40 pieds. Tout le long de In rou e, ti fait le plus de bruit qu'il est possible ; on aose, on chante, on joue des instruments, l tout cela se fait avec de grandes démonsations de douleur. Souvent la même perdue danse, chaule et pleure en même temps, 'oaud on est arrivé au lieu de la sépulture, ui est quelquefois fort éloigné des villes ou
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des villages, on descend la bière dans un trou d'environ quinze pieds de profondeur, perré en forme de puits, qu'on remplit aussitôt de terre. Les riches enterrent souvent avec le mort ses bijoux favori*, quelques pièces de corail ou d'argenterie. U y en a qui exhaussent la tombe, et qui mettent à côté des provisions de bouche, des dents d'animaux, ou quelques antiquailles dont le défunt faisait le plus de cas, el qui étaient les instruments de sa superstition.
68. Au Congo, on enterre les morts fétus depuis les pieds jusqu'à la léle, bien que, pendant leur vie, ces peuples aillent presque nus; ceux qui n'ont pas de quui fournir à cette dépense, vont demander d< s habits aux riches, qui d'ordinaire ne les refusent point, quand même le défunt aurait été leur ennemi mortel. A la mort d'un grand seigneur, ses amis s'efforcent de lui témoigner l'affection qu'ils lui portaient par toutes sortes de présents, où les marchandises d'Kurope, qui sont les [ lus chères, ne sont pas épargnées. Tout cela est enterré avec lui. et, de plus, deux ou trois de ses concubines toutes vives, qui disputent entre elles à qui aura cet honueur. Lorsque le roi de Conuo mourait, on enterrait autrefois avec lui douze jeunes filles toutes vivantes; ces filles s'offraient volontairement au service du monarque défunt, et se disputaient avec fureur la gloire d'être préférées ; chacune voulait marcher la première, el prendre le pas sur ses compagnes. Elles s'équipaient du mieux qui leur était possible jour cette tragique cérémonie, et leurs parents leur fournissaient une bonne provision de bardes el de tout ce qu'ils leur croyaient nécessaire dans l'autre monde.
69. Dans le royaume de Malamba, on embaume le corps de résine, on l'ensevelit nu dans une fosse très-profon le, et on fait garder le sépulcre par des esclaves, jusqu'à ce que le cadavre g »it reduil en poudre; de crainte que les habitants du pays, qui sonl passionnés pour les reliques, ne viennent à déchirer ce corps pour en emporter chez eux quelque pièce, surtout si le défunt jouissait d'une cert une réputation.
70. A Angola, on suit à peu près les mêmes usages funèbres qu'à Loango et au Congo : on lave le mort, on le peigne, on le rase, on l'enveloppe dans une espèce de suaire, el on le pose ensuite sur un petit siège de terre. Le mort est paré suivant le» moyens de li famille; on égorge des animaux el on en verse le saog en sou honneur.
71. Il en est de même dans l'Anzîco des anciens voyageurs, le 5a/a actuel: après avoir lavé, parlumé et orne leurs morls, les indigènes les portent au tombeau, les assoient dans la fosse, et donnent aux hommes deux de leurs femmes pour les servir; ensuite on ferme le caveau sur les vivants el sur les morts. La cérémonie finit par des plaintes et des regrets qui durent quelques jours. Tous les mois on réitère ce deuil, qui est accompagné de* sacrifices el de festins mortuaires, suivant les ressources de la famille.