‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 282 sur 365 · Quand un Hod culot est mort, toute Iq · texte numérisé non relu

Quand un Hod culot est mort, toute Iq

890 DICTIONNAIRE Dl

pnrcnlc pousse dos cris horribles, puis on s'occupe presque aussitôt de se- f « ; iitT .1 1 1 les , qui -oui fort «impies : «m roule \< mort et on lui donne .1 peu pivs l.i • osinre q n avait dans le sein de sa mère, ou l'enveloppe ainsi courbé dans sou manteau qu'on a>> p Hit avec des cordes. Puis, quelques heur s à peine après qu'il a rendu l'e-prit, on le porte au lieu de |,i sépulture: t a s ; ima s on ne fait sortir le cadavre | ar la poie de la cabane; on pratique a ce' v\\>-'. une ouve turc dans l i paroi, ou on levé uni* des uailes qui la recouvrent. Ceux <|u tlem mi: •nt i;iib le voisinage «les colons l en.enrnt dans une fosse creusée exprès; mais e ux qui Icîbiieut plus loin dans les terres ne m> ili.nuenl pas celle peine quand ils trouvent a !• ur poitee Son une l'ente «le roclier. si.il quelque irou de bêle sain âge, qui soit assez m.nid pour recevoir le cadavre. Il arrive assez so r. nl qu'il v devient la proie des bel s lirons; cc| eudanl ils ont soin de buucli 1 l'ouverture avec des broussailles ou un gros paque d'épines. Les parents accompa uenl le défunt en poussant de grands cris ; a l •urr ■•kuir on tue une bêle de son troupeau ,.our l i re un festin.

Les Hottentols onl, ou du moitié n\aA autrefois deux l ouliiincs iiorri'eb s : l < première était d'abandonner les tndivid .s «les deux sexes devenus vieux ou inlirmcs; ils les ia ss.iient dans queb|ue troa ou dans m creux de rocher avec un peu de vivres, sans pins s'en occuper davantage ; dans qu lqm-s |: ilms Blême on enterrait ces inalli< nr nx io>.i vivants. L'auîrç u>age bar mire était. quand une t mine venait a mourir qu -Ique l mps apr's ses couches, d'enterrer avec db s <n enfant vivant ; jamais il ne leur él it venu à l'idée de faire uounir j'euianl par une au're femme.

7.1. On a peu de détails sur les funérailles des CalT.es et adirés houles barimres qui habitent es immenses coaltccs du Mozambique cl du Zingucbur. ™i.e>un rnu.o-ncul les Os de leurs proches p .rouis ei len. rendent, tous les huit j urs, une " ; ei e de ciiee r<" 1 1 r eox. 11:. s'.i ..i.iilenl alars de ln<n. ; leur prc»enleul des v ..m un;' ta i» o e

m lit Cuir, e: le; et. apiè- a', oir pt e l - 1 es pour leurs chefs el pour e i-mcnics, ils se ré- lent des mois qui ont e.im;.o>c ce rcpis funèbre.

})'.iutrcs enterrent h's mûris, h-.b.!:e-. eu nus, d.uis l'et.il où ils les oui li u\ e; 1rant : on fait un cieu\ u.ius l.i e.c ei un y dépose le cd.ivreavee quelque» • \ ; • i>m • pour I ai. Ire vie; 011 e 1IMIM1 .;e |r|*; - el

l'on mei sur sa Io-m- l.i natte ai :r M - • >utlequel il a exp ie. H u'e-l o s perim- loucher ce v'cge, ni lou a ;!.e o ;ei qui a,i e e en contact ave; ie cor >s mort Le u< ,:l du e huit jours; il est mêle de pleurs, de duuv s et de chansons. Le soir on m.n je et on t. oit en f honneur du défaut. Lorsque le jui vieu; à mourir, ses femmes s'cinjioisouiif ni pour l'aller servirdans I autre monde ou lui donne aussi pour escorte quelques-uns des grui.-ïs seigneurs du royaume.

> RELIGIONS

Ailleurs on enveloppe, ou plutôt ou emmailloile b* mort dans des étoffes n irt > des b -n les de la même c oib-ur, et ')ii IYi.m:vehl 1 e. ses armes, son équipée cl d > , ro. visions de bouche. La natte sur la<pj-i:e il reposai;, le siège sur lequel il él.iit a*Ms. i« meuble- qui eiaieul à son usage, sa luaisoo même, (oui cela est livre aux flamme*. nu met dans le sépulcre les cendres de b»ul « qu'on a ainsi biûle. ( eux qui onl tocche au cadavre ou à ce qui lui appartenait, nti cou r ie'e une souillure qui les empétlic ,!e rentrer ' an, leur propre maison ou d'avoir des relations avec qui que ce soit, avaiil d? s'etie laies et puii'ios. Le deuil dure huit jours, deux, heures chaque jour. Vers le oi;nuit, un de la troupe entonne des lanienUlio.s, el toute l'asse iihlec repond sur le même lou. Pendant le jour ou va porter in vivres sur la tombe du dofuiil; ceux oui suai charges de ce s0in ont la joue cl l'œil ^uctit barbouilles de ta 1 nie.

"i'i. Les Malgaches, qui habitent l<> roa- Irees v.scees par l'Iaeourl, lavent le» mt\ et les parent en>uile, aulanl que leurs fa.u ti peuvent le permettre, de colliers dr c.«ran,ie plaques d'or, de ur.:iiis de rassade, eic. On prépare sept parues pour le mort, puis ub l'env elo,)re d ms une grande nalle pour le porter au lombeau. Mais avant de lu rendre ce dernier devoir, les parents, les aumdltf esclaves dudéfun; viennent autour de luijoar le pleurer en cérémonie ; d'au 1res jouent m oite espèce tle la niour au son d iquel ia i- ,. mes t des îiiius dansent nue daii^' grait, au es »;uoi elles sont pleuier a leur Uur. {]■ pleur* sont e... 1 cnicL\s «tes louanges du oelu .l, de re-tvis reileré> de sa mort, el il que tiuiis a lui adres e,-> .>ur les 111 tifs qui on pu I • poi 1er a , uitiei la > ie ; tout ce !>asl dur jusqu'au soir; ou lue alors «les twiiii pour s. .ci iiicr 1 1 se regaier. Le I end cm in al mut le coims dans un ceicueil fui de dem pou t es c e se s et bien jo nies, et on le port* au lomia au qui est dans une maison d ■ ctiir* pen.e ; on y creuse six pieds en terre, ei cal là qu'oii ■ usevelill ( mort avec des prutisioll coii>isi ;iit eu l.'ïi.ac, p:;» es, ceuituro, bu ce e le de e. re et i» rcrh .ud. On fennec* soi la maison, ei i on roule devant /entre» une p in de o :/e j qnm/e pied« de Uf* ;,ear el de haut or ; eu saci ilie quelipits li* m.iiiv el l'on piriag - ce sa cri ce en iwd pe.is : uuo pour Iheo, l'au r pour h» iii.iW»# la lioi .ciuepour e del'uni. <ou»« nt ou- ifU»» su. .. s [u x utou. de c - mausole les te^* d s \ cl n.es sa riliees. Les jours sanants.H I nulle ('ii oie a manger 111 imnl; on >e r** c .1. u ode à |:e, oa va même lu> sacili r<k leuips -u lenip ,et e cunsuitei sur les alLif* de ce monde. Dans une maladi , daa$ i ve s l.«, on emoie prendre ses ans par fil < humasse qui. faisant une pelil ouwrtuuii la m son, évoque 1 ai la ï>- mort, et lui mainl le ccours t| ne le cou-ul aiil iT« l , of voir M>l!i.-i e. de lui, eu venu ..u raa$ •* in ni ec -i... ri a.^ :es de Iri 11. e. Li. . 1 • - e .'.u.c. pêne k-uj jurs par ce» pi*

rôles : /',(' qui <:s ILuu ?U Dku.

75. Autrefois à ta mort d'un Ova. son corps élait eoier ré dans la sépulture de ses ancehes. En conséquence du celle coutume, iu:nil l'armée ova partit pour les expéditions qui curant lieu de 1817 à 18a&, chacun s'enragea folenn>'ilement par une promisse muinèlie à rapporter les ossements de ceux d'rolre eux qui seraient tués, aûn qu'ils (■«sent eolerré* de celte manière. Ils furent Wt'lrt à s'aequitter de ce pieux devoir, jus* qu'au marnent où le poi !» du fardeau et l'étal in cadavres devint si préjudù iable à la santé j* militaires, qu'il en résulta une fièvre qui m terminait par la mort. Le mal prit une si rrode extension, que le roi Kadama jugea B-te>Mire d';iholir celle pratique, et finit par emuader ses sujets que, bien que leurs ossenroli ne fussent pas enfermes avec ceux de leur» aarélres et dans le lieu de leur naisuoet, ils étaient cependant déposés dans leur situe.

1/ corps reste généralement exposé pénétrais jours avant l'enterrem. ni; durant «temps, on distribue aux pauvres présents i> la viande de bœuf en quantité proportion- •été la richesse du défunt. Les proches pareoii préparent la tombe, qui est généraleaeol revêtue de planches brutes; le cadavre ounreloppé de la meilleure couverture que lHefinl ait possédée, puis descend u dans la foie, oà on le recouvre de sable. Si c'est (rtles'ua personnage émiuent, on y place «t« pièces de monnaie, et au-dessus on élève it% perches surm niées de cornes ; dans tuas elle est reconnaissabie à un tas de ttiliout ou à un entouiage de pieux. A la «onde Kadama. le 24 juillet lJr.28, ses sujets firent plongés dans l'aflln ti >n la plus probndf. Les musons de la capitale étaient fer- •et; on n'enleudail que les soupirs et les Uui«ntatiODs des hommes, des lemines, des «liants de tous le» ran^s et de tous les âges, fui avaient les cheveux épars et de: âgé» de Sturi trt-sses, signes ordinaires du deuil; tat>qoft-wns méuie avaient la téte rasée; BUHW liœufs furent sacrifiés aux mânes du ■•Ml défunt, et l'on enterra avec lui des ma d'or et d'aigent, les armes les plus Tfhei, des montres et d< s pendules magniiqtka.de» joyaux, des portraits entre autres tlside Georges IV. et la valeur de lSO.OuO xasl es en monuaie d'or et daigenl et en m?'>l». Toutes ces offrandes fuites à sa oiubo, y compris son cercueil, iormé de «.«00 piastres, furent estimes à une valeur le 60.000 livns sterling (1.500,000 fr.).

"6. Souvent, dit-on, les habitants de l'ile wolora 11'allendenl pas que leurs patents tieoi morts pour les enterrer; ils s'empres- *m de leur rendre ce charitable devoir dès |u'ks les voient à l'agonie; et les mourants •ui-i>éme>> qui, coo.me on peut le croire, >"! eut-méme» exercé cette charité envers I autres, voieut iranquillemenl accomplir Tes * re«.oaies de leurs funérailles. Nous croyons j a de l'exagération dans ce récit, qui >i tlenieoli par ce qui suit :

Lor» donc qu'an individu est mort, ses

FUN m

parents .es plus proches lavent fortement

son corps, l'ornent de menilles d'or, de pendants d'oreilles et de chaînes <!e corail. Ils l'ensevelissent dans deux ou trois ling'-s trèsfins. Les pare ils, les amis, les esclaves du mort se rendent à sa maison poor pousser des plaintes et des lamentations autour du corps, aux pieds duquel ils font brûler jour et nuit une chandelle. Pendant ce temps-là, plusieurs femmes et filles dansent au son du tambour des d uses sérieuses ; après avoir fail quelques tours, elles vont pleurer auprès du cadavre et se remettent ensuite à danser. Les hommes font aussi de temps en temps l'exercice des armes. Ceux qui se lamentent dans l'intérieur exaltent les vertus du mort, et témoignent hautemeut combien sa perle leur est sensible. Us s'adressent à lui et lui parlent comme s'il vivait encore, lui demandant la raison qui l'a obligé à se laisser mourir; s'il lui manquait quelque chose; s'il manquait d'or, d'argent, de fer, de bétail, de fruits, d'esclaves et de marchandises? Enfin, après avoir formulé jusqu'au soir de semblables plaintes sur le corps mort, on tue des bœufs, et on en distribue à l'assemblée la chair rôtie ou bouillie.

Le lendemain matin on met le corps dans un cercueil fort épais, fail de deux Ironcs d'arbres creusés qui se joignent exactement, et on le porte ainsi au cimetière. Là on le met dans une fosse profonde de six pieds, sous un édifice bâti exprès, avec un panier de riz, une boite à tabac, un plat de terre, un petit réchaud pour br filer des parfums, un habit et une ceinture. On ferme ensuite le sépulcre, et on en bouche l'entrée pa; une grosse pierre de 12 ou 15 pieds de hauteur; on immole plusieurs aniuiau* dout on laisse une partie pour le mort, pour le diable et pour Dieu; et huit ou quinze jours après, les parents envoient p r un esclave de la viande au défunt, et le foui saluer comme s'il vivait encore. On met au -si les télés des animaux qu'on a immoles sur des pieux autour du tombeau; et les enfants j viennent de temps en temps s^crilicr un bceuf et demander conseil au défunt sur les ch oses qui les embarrassent, en lui disant : « Vous qui êtes maintenant avec Dieu, donnez-nous conseil sur telle ou telle (Taire. » S'ils devien eut malades et qu'ils lombeot en fi enesie, les parents du malade envoient un prêtre pour aller chercher de l'esprit au cimetière. Il y va de nui et creuse le tombeau. Il appelle l'âme du père de la personne malade, et lui demande de l'esprit | oui son fils ou sa fille qui n'en a plus. Ensuite il met un bonnet sur le trou, le ferme promptemeiit, le rapporte en courant à la maison, disant qu'il lient l'esprit, et met le bonnet sur la téte du mal >de qui prétend s'en lio ver soulagé, et assure qu'il senl bien son esprit renti er dans son cerveau.

Lorsque quelque personne de qualité vient à mourir loin de son pays, on lui toupe la (été pour [\ mporler dans sa p.'trie, et on enierre le reste du co-ps au lieu où il est décédé. Si quelqu'un vient à être tué à la guerre, on l'enlenc sur le lieu mais on

l'exhume en temps de paix pour le transporter dnns le tombeau de ses ancêtres.

Ces cérémonies el ces couiun es sont presque en tout semblables à relies di's Malgaches, lesquels les habitants de So olora paraissent avoir une commune origine.

Peuples de l'Amérique.

77. Dès qu'un (îrocnlandais est à l'agonie, on l'arrange dans ses beaux habits , on lui n< l ses hottes , et on lui attache les jambes. Aussitôt qu'il est mort . on jette, comme devant porter malheur, tout ce qui a louché sa personne : on met également dehors jusqu'au soir tous les meubles et ustensiles, pour leur faire perdre l'odeur du cadarre. On ne l'ait jamais .sortir le mort par la porte de la cabane, mais par la fenêtre ; ou, s'il est dans une ten'e, on élève, à e-l effet, une des peaux qui en f rmenl l'enceinte. Lue femme tourne autour du louis , avec un morceau de lu» s allumé, en disant : l'iksrrnt poli . c'esl- ',-dire , Il n'y a plus rien à fan e ici pour toi. Le cor. -s , enveloppé et cousu dans la plus b idle pelisse du m >rl, esl porté par son plus proche parent, qui le charge sur son dos ou je train - par terre: on se rend à la tombe p ati juée Mirun endroit élevé, et garnie, au fond if un peu de mousse ; on y descend le <a l ivre qu'on couvre d'une peau, avec un pe:i de gazon vert, et par-dessus ou entasse de larges pierres pour le garantir contre les oiseaux et les renards. A coté du 'ombean , on met Je datait ou canot du défunt , ses flèche- et es outils; si c'est une femme, on y l.ii.s>e >on couteau et ses aiguilles. Ouelquesiins niellent la tète d'un chien sur la tombe d'un enf uit ; car l'âme d'un < bien, discut-ils, ••ail trouver son chemin partout, et ne manquera pas de monirei au pauvre enfant, qui ne couuait rien , le chemin des âmes. Mais depuis <iu'"U s'est aperçu qu- les elïols < I eposés sur les lomheaux avaient ele voles , sans crainte de la vengeance des s ectrvs ou des mânes des morts, quelques tiroenlandais ont supprimé ces sortes d'ollr nd s ou de présents. Ouaud la cérémonie funèbre esl accomplie, les parents reviennent à la maison mortuaire , ei là , au milieu du collège accroupi i l silencieux, le plus proche parent du decede pron<>nre son oraison funèbre, interrompue parles sanglots de l'assistance.

7S. Chez les peu des de li haie diludson , &i un enfant vient a m. unir, se. parenis lui coupent une par te des chev "i\ . cl en forment un paquet qu'ils susp udent dans leur c t'.'aue , comme ornement; on y ajoute ce qu'il y ;t de plus précieux ; la mère porte son deuil pi nd.nil \ iu^i jours.

7'.). Mes qu'un sauvage esl moi I, dit le baron de la liontau 1 , eu parlant des peuples du Mis-issipi rl dut inada, oi rhabille le plus p: opi enienl qu'il est possible, et les esclaves de ses pari nls viennent le pleurer. Ni mères, ni f, ères, ni strurs , n'en p.:. aissenl

(t ) Nous l.dssnns à ce \o\ ^«Mir la re ponsabilaé de Son ri'cil; « i sail um'oii doit le lue avn li.-au. oiip de circonspection, i ai s<> ivcut d ;ï ;>rotc :mx suivais

DKS RFXIGIONS.

aucunement affligés. Ils disent qu'il est b*.,. heureux de ne plus souffrir; ils croient q-o-* la mort esl un passage à une meilleure »m» Aussi ne connaissent-ils point de tliudjuj ne parlent pas non plus des morts en particulier c'est -à-dire en les nommant par leur nom. Des que le défunt est habillé, on l'a*, seoil sur une natte de la môme manière qoe s'il était vivant. Ses parents se rangent autour de lui, chacun lui fait une harangue a son tour, dans laquelle on raconte ses exploits et ceux de ses ancêtres. L'orateur |ui pailc le dernier s'exprime en ces ternie: « Te voilà assis avec nous ; lu as li même figure (iue nous ; il ne le manque ni bru, ni tête, ni jambes; cependant tu resses d'être et tu commences à tYvaporer comme la lamée «le celle pipe. Qui est-ce qui nous parlait, il y a deux jours? Ce n'est pas loi, cari» nous parlerais encore; il faut donc que re soit Ion âme, qui esta présent dans legrjoj pays des âmes avec celles de notre Doltoa. 'l'on corps, que nous voyons i< i , sera dais six mois ce qu'il était il y a deux cent» ans. Tu ne sus rien , lu ne connais rien etliae vois rien, parce que lu n'es i ieu ; cependant, par l'amitié que nous portious à ton corps lorsque l'esprit l'animait , nous te donoois des marques de la vénération due à nos frères et à nos amis. »

Après que les harangues sont finie», la hommes sortent pour faire place aux (eaiiuej de la famille, qui font au défunt les uiéna compliments; ensuite ou l'enferme peudan! vingt heures dans la cabane des Mon s. et peniantee temps , on fait des danses et i« festins qui ne paraissent rien moins que lugubres. Les vingt heures expirées, ses es lives h- portent sur le dos jusqu'au lieu ou m le met sur des piquets de dix pieds de ba«K leur, enset eli dans un double cercueiU'euirces, avec ses armes, ses pipes, du la!« cl du blé dinde. Pendant que les enclaves porient le cadavre, les parenis et 1rs parentes dansent en l'accompagnant ; d'autres esclaves se chargent du bagage dont les parents font présent au mort, el le transporte!! sur son cercueil.

HO. Les sauvages de la Hivièrc Lonjuebré* lent les corps ; mais auparavant ils le* cou» servent dans des canots , jusqu'à ce qn'ilt en ait un assez grand nombre pour les briller tous ensemble ; ce qui se fait hors du filage, dans un lieu destine pour celte cérémonie.

81. Ouanl un Mandan ou un Minnem vient à mourir, on transporte son corn» J deux ce ts pas du village, où on le placer' un échafaudage étroit de six pieds de long. reposant sur quatre pieux d'une diaanrJ< pieds de haut ; m iis auparavant, on l'en»loppe dans des robes de bison el dans tuf eu s rl tre de lain-. Le visage, quia** pei.ii ronge , « si tourné vers l'oneoi. I" grau t ii' h. lue Je ces échafaudages cttw

ses propres idées ; il a aussi cherché à les rebassî* au détriment des peuples civiliaé».

C03 ILN

rent leurs vilUgefl» et quoiqu'ils avouent que cet usage est nuisible à la santé des habitants , ils n'y renoncent pourtant pas. Les corbeaux se perchent d'ordinaire sur ces échafaudages , et les indigènes n'aiment pas ces oiseaux, parce qu'ils mangent les chairs de leurs parents. Quand on demande à un Mandan pourquoi ils n'enterrent pas leurs morts , il répond : « Le Seigneur de la vie nous a dit , à la vérité, que nous venions de la terre et que nous ; retournerions , mais nous avons pourtant commencé depuis peu à pl teer les corps des défunts sur des échafaudages, parce que nous les aimons et que nous voulons pleurer en les regardant. >

Ils croient que chaque homme a quatre âmes, une blanche une noire, une brune, et une d'une couleur claire; que celte dernière seule retourne vers le Maître de la vie. Ils disent qu'après la mort, on va habiter plusieurs villages situés vers le midi, et qui sont souvent visités parles dieux. Les hommes vaillants et distingués vont au village des bons , et les méchants dans un autre. Ils y vivent comme ils vivaient auparavant; ils y ont des aliments et des femmes ; ils chassent et font la guerre. Ceux qui ont bon cœur et font beaucoup de présents aux autres , retrouvent là de tout en abondance ; leur existence est conforme à la conduite qu'ils ont tenue sur la terre. Toutefois, une partie des Mandans a une autre opinion , et pense qu'après la mort, on va habiter le soleil ou lonc des étoiles. Voy. Deuil, n. 29.

82. Cbez les peupladesqui habitent les bords du lac Abbitibbi, dans le bas Canada, aussitôt qu'un guerrier vient à mourir, on l'enveloppe d'une couverture , on le descend dans one fosse d'environ un pied et demi de profondeur, et on dépose à côté de lui une chaudière, un couteau , un fusil et autres objets de première nécessité chez les sauvages. Quelques jours après l'enterrement, les parents du défunt s'assemblent pour fumer sur sa tombe. IU suspendent alors À l'arbre le plus voisin, d«s présents, surtout du tabac, pour l'âme du défunt, qui doit venir de temps en temps fumer sur la fosse où repose le cadavre. Us supposent que sa pauvre âme est errante non loin de là, jusqu'à ce que le corps soit en putréfaction; après quoi elle sVuvole au ciel. Le corps du méchant, disent-ils, met beaucoup plus de temps à se corrompre que celui de l'homme de bien : <equi prolonge son supplice ; c'est , à leurs yeux, le seul châtiment d'une mauvaise vie.

83. Sur la rivière de Colombie , le malade n'a pas plutôt rendu le dernier soupir, qu'on lui baoie les yeux avec des colliers de grains ^e verre; on fui remplit les narines de petits Mouillages dont les sauvages se servent en guise Je monnaie, el on le revêt de ses meilleurs habits qu'on recouvre d'un linceul. Quatre poteaux fixés en terre et unis par «les traverses sont destinés à supporter la tombe aérienne du défunt : celte tombe est un canot placé sur les traverses à une cerlaiuc hauteur. Le corps y est déposé, la face vers la tei rc et la tête en avant, dans la di-

DlCTIoMN. OKS KeLKilONS. 11.

rection que suit le cours du fleuve. Quelques nattes jetées sur le canot complètent la sépulture. A ces cérémonies succèdent les offrandes au défunt, offrandes dont la valeur varie avec la qualité des morts. Oo place à se9 cotés son fusil, sa corne à poudre , son sac à plomb; des objets de moindre prix sont suspendus à des perehes fixées autour du canot : une gamelle de bois, une chaudière, une hache, des flèches, etc. Vient ensuite le tribut des pleurs que les époux se doivent ainsi qu'à leurs enfants; pendant un mois et souvent davantage , ce sont des larmes continuelles, jour el nuit, accompagnées de cris lugubres et de gémissements qui s'entendent de fort loin. Le canot lombe-t-il de vétusté , on recueille les restes du cadavre , qu'on enveloppe d'un nouveau linceul , pour les déposer dans un second canot.

84. A la mort d'un chef ou de quelque guerrier renommé pour sa bravoure, chez les Soshomis, connus aussi sous le nom de Serpents , ses femmes, ses enfants et ses proches se coupent les cheveux : c'est là le grand deuil de ces sauvages. La perte d'un parent paraîtrait faiblemeut sentie, si elle n'arrachait que des larmes à sa famille , il faut qu'elle soit pleurée avec du sang ; on se fait donc des incisions sur les membres; plus ces incitions sont profondes, plus ou témoigne que l'attachement au mort était sincère. One immense douleur, disent-ils, ne peuls'échapper que par de larges plaies. Toutefois ces gens si inconsolables dans le deuil ne se font pas faute d'abaudoniier sans pitié, aux bétes féroces du désen, les vieillards, les malades , el tous ceux dont l'existence leur serait un fardeau.

Les funérailles d'un guerrier serpent s'accomplissent toujours par la destruction de ce qu'il possédait ; il semble que rien ne doive lui survivre que lo souvenir de ses exploits. Après avoir entassé dans sa hutte tout ce qui était à son usage, on coupe les supports de la cabane, et on met le feu aux décombres.

85. Les Voûtes, qui forment une peuplade à part , bien qu'appartenant à la tribu des Soshomis, jettent dans le bûcher le corps du défunt, avec une hécatombe de ses meilleurs chevaux. Au moment où lu fumée s'élève en tourbillons épais , ils croient que l'âme du sauvage s'envole vers la région des esprits, emportée par les mânes de ses fidèles coursiers ; et, pour exciter ceux-ci à un plus ra-

Kide essor, ils poussent tous à la fois des urlemeuts affreux. Mais plus généralement, au lieu de brûler le cadavre, on l'attache, comme en on jour de bataille , sur son coursier favori ; l'animal est ensuite conduit sur le bord de la rivière voisine ; les guerriers, rangés en demi-cercle , lui ferment toute issue; une grêle de traits, un hourra universel le forcent à s'élancer dans le courant du fleuve qui doit l'engloutir. Alors ils lui recommandent, en redoublant leurs cris , de transporter sans délai son maître au pays des âmes.

86. Chez les Pottowatoinis , quaud le mari ou la femme vient à mourir, l'époux survi-

vant paye aux parents du défunt la dette du corps , en arpent ou en chevaux , et chacun suivant ses moyens : celui qui négligerait celle dette serait en danger de voir détruire tout ce qu'il possède. La femme doit porter te deuil pendant une année après la mort de son mari , c'est-à-dire qu'elle ne peut ni se peigner, ni se laver ; seulement , quand la vermine la ronge, une parente, du défunt peut lui rendre ce service, par compassion.

Pendant une année entière , le Pollowalolù nourrit l'âme de son parent mort ; à chaque repas qu'il pren I , il jette une partie de la nourriture au feu , croyam que I âme en reçoit du soulagement ou de la force. Quand un chef ou guerrier de la nation a expiré , tous les braves qui ont remporté quelque trophée sur l'ennemi s'assemblent pour lui rendre 1rs derniers devoirs. Ils accompagnent la bière jusqu'au lieu de la sépulture, eu l'un des principaux orateurs prononce l'oraison funèbre ; il rappelle toutes les belles qualités du défunt, toutes les actions remarquables de sa vie. les ennemis que sa hache a immolés, les chevelures qu'il a arrachées, cl les bêles féroces qu'il a tuées. Ils le placent ensuite dans la tombe, le visage tourné vers le couchant ; lui remettent sa carabine, sa lance, son arc cl ses flèches ; remplissent sa corne à poudre et son sac à plomb ; placent à côté de lui sa pipe et son sac à tabac bien rempli, avec quelquesaulres provisions. tcllesquedu sucre, de la viande sèche, du maïs, etc., dont il pourrait avoir besoin dans le pays des âmes. Tous lui souhaitent une heureuse journée , lui prennent la main pour la dernière fois, et ta tombe se ferme. Ils plantent ensuite <?ev ant le tombeau le poteau des br tves ; ati sommet, on peint en ronge l'animal ou dodémr, esprit lutélaire du déluut, et lou:i les a-sislauts y font une ou plusieurs marques : ce sont des croix rouges, par lesquelles ils veulent représenter autant de n ânede leurs ennemis vaincus qu'ils destinent à sertir d'esclaves à leur camarade dans l'autre monde. I n missionnaire a vu de * es li teaux qui portaient ju qu'à bO ou 100 de ces rroix.

Le n éme missionnaire (le P. de Smel) rapporte que, dans le tombeau d'un enfant , ses parents avaient pratiqué une petite ouw iturc pour donner passage à l'âme. La mère désolée garda la tombe pendant deux jours, pi.ur découvrir si l'objet de sa tendresse avait rencontré quelque âme généreuse dans l'autre monde, ou bien s'il y était malheureux. Voici à quels signes elle prétendait le reconnaître : si elle voyait un joli o seau ou quelque bel insecte, l'augure lui serait favorable; si , an contraire , elle rencontrait un reptile dégoûtant ou un oiseau de proie, alors tout serait perdu pour son enfant. Heureusement le temps était serein, les papillons et d'autres beaux insectes de toutes couleurs voltigeaient de tous côtés; la pauvre mère retourna donc chez elle toute consolée.

87. Les Oltoes étranglent ordinairement un ou 'leux de leurs meilleurs chevaux sur

le tombeau d<: leur camaraJc , afin quil monte dessus , dans son grand \oyag»: en l'autre monde , et ils suspendent lc> queus de ces chevaux sur de longues perches. Le paradis, conformément à leurs idées, est aue immense prairie, située au delà du coucîier du soleil, où le printemps est éternel, et >\m est remplie d'innombrables espèces d'herbe . de bullles, de cerfs, de che» reuils, d'ours, et de gibier de toute espèce.

HS. Autrefois, chez les Nalchez, lorsque le c'.ef ou la femme chef mourait , tous leurs gardes étaient obligés de les suivre dao» l'autre monde ; mais ils n'étaient pas les seuls à qui cet honneur était décerné, car c'en était un, et fort recherché. Il y avait tel chef dont la mort coûtait la vie à plus cent personnes. Un Natchcz tanl soit peu considérable était au moins accompagné^ quelques - uns de ses parents, de ses amis (.o de ses serviteurs. Voici le récit des obsède* d'une femme chef, raconté par le I\ Charlevoix, d'après un témoin oculaire :

« Le mari de celte femme n'étant pas noble , c'est-à-dire de la famille du soleil, mq fils aîné l'étrangla, suivant la coutume; on vida ensuite la cabane de tout ce qui y était, et on y construisit une e*pèce. de char de triomphe, où le corps de la défunte et celai de *on époux furent places. Un moment après , on rangea autour de ces cadavre» douze petits enfants que leurs parents ai aient aussi étranglés par ordre de l'aînée de-filiej de la femme ( bel, et qui succédait à la dignité de sa mère. Cela fait, on dressa dans la place publique quatorze éebafauds ornés de branches d'arbres et de toiles , sur lesquelles od avait peint différentes figures. Ces échabutl' étaient destinés pour autant de pers.rjn?» qui devaient accompagner la femme cb<!

dans l'autre monde. Les parents élaieulloij* autour d'elles , et regardaient comme tn grand honneur pour leurs famille- la p mission qu'elles avaient eue de se >ûc< trr ainsi. On s'y prend quelquefois dix ans ai paravai.t pour obtenir cette grâce, et il f t que ceux ou celles qui l'ont obtenue i)k >' eux -mêmes la corde avec laquelle ils don: t être étranglés.

« Ils paraissent, sur leurs éebafauds , nvêtus de leurs plus riches habits, portant i la main droite une grand • coquille. I-eir plus proche parent est à leur droite, ajtil sons son bras gauche la corde qui doit sen r à l'exécution, et à la main droi e un cas * téte ; de temps en temps, il fa t le cri demo: . el, à ce cri, les quatorze victimes desceuder: de leurs éebafauds, et vont danser toutes rr semble au milieu de la place, devant le Ici pie et devant la cabane de la feu.me itrf On leur rend , ce jour-là et les suivauts . d grands respects; i s ont chacun cinq do-.f* tiques , el leur visage est peint en rouf: Quelques-uns ajoutent que, pendant 'es lu jours qui précèdent leur mort, ils portent la jambe un ru! an rouge, et que, pcoili tout ce temps-là , c'est à qui les reg i cm Quoi qu'il en soit , dans l'occasion dont .< parle, les pères et les mères qii aTjmi

DICTIONNAIRE DES RELIGIONS

«nu fim

étranglé leurs enfants, les prirent entre leurs aains , et se rangèrent des deux côtés de la cabane; les quatorze personnes qui étaient aussi destinées à mourir s'y placèrent de la même manière , et ils étaient suivis des parents et des atuis Je la défunte, tous en deuil, c'est-à-dire les cheveux coupés. Tous faisaient retentir les airs de cris si affreux , qi*on eût dit que tous le* diables étaient surfis des enfers pour venir hur'cr en rot fsdroil. Cela fut suivi de danses de la pari Se ceux qui devaient mourir, et de chants de la part des parents de la femme chef.

« Enfin on se mil en marche : les pères et œèrcsqai portaient leurs enfants morts, paraissaient les premiers , marchant deux à tfeux ; ils précédaient immé Maternent le brancard où était le corps de la femme chef, qje qnatre hommes portaient sur leurs épiules. Tous les autres venaient après, dans If même ordre que les premiers ; de dix pas m dix pas, ceux-ti laissaient tomber leurs enfants par terre; ceux qui portaient le brancard marchaient dessus, puis tournaient tout autour d'eux; en sorte que, quand le ronroi arriva au temp'e , ces petits corps étaient en pièces.

• Tandis qu'on enterrait dans le temple I* corps de la femme chef, on déshabilla les fwloriepersonnesquidevaicnt mourir, on les Cl asseoir par terre devant la porle, chacune ajant près d'elle deux sauvages, dont l'un vtait assis sur ses genoux , et l'autre lui tenait les bras par derrière. On leur passa une corde au cou, on leur couvrit la tète donc peau de chevreuil, on leur Gt avaler trois pilules de tabac et boire un verre d'eau, el les parents de la femme chef tirèrent des dom côtés les cordeâ en chantant jusqu'à ce quelles fussent étranglées. Après quoi on K'a tou> ces cadavres daus une même fosse, qu'on couviit de terre.

« Quand le grand chef meurt, s'il a encore s» nourrice, il faut qu'elle meure aussi. »

$). Les anciens (tablants de la Virginie embaumaient les corps de leurs rois ainsi çue nous l'avons décrit plus haut, à l'article E\iiuiUEMLNr , n. k. Quant aux simples particuliers, ils les onsevelbsaient dans des to»ses a**cz profondes , après les avoir cnteluppés de peaux ou de nattes. Les corps 'i orts, habillés de la sorte, étaient posé> sur drs bâtons , on mettait auprès d'eux leurs armes et leurs principaux elfcls , et le tout d 'il recouvert de terre. Après celle cérémonie, les femmes prenaient le deuil, c'est-àdire qu'elles se barbouillaient l«* visage de rliarbon pilé détrempe dans l'huile; en cet tial elles hurlaient el se lamentaient vioglqu.itre heures de suite.

90. Les Apalacbites embaumaient les corps L'e leurs parents et amis défunts, de la mamere que nous le rapportons à l'article Ku- "JGuiXENT, n. 5; puis, après avoir gardé le taJavre chez eux peudanl un an, ils l'inhu- 'j'Jienl auprès d'un arbre. Quant aux corps •e leurs chefs, ils les gardaient pendant trois •n» aintti embaumés, revêtus des ornements ■** leur dignité, el parés de plumes el de

colliers; ce terme expiré, on les portait dans le tombeau de leurs ancêtres, sur le penchant d'une montagne. On les descendait dans une grotte, dont on bouchait l'ouverture avec de grosses pierres ; on suspendait aux arbres voisins les armes dont ils se servaient à la guerre comme autant de témoignages de leur valeur. On ajoute que les proches parents plantaient un cèdre auprès de la grotte , et qu'ils l'entretenaienl avec soin à la gloire du défunt ; si l'arbre venait à se dessécher, on lui en substituait aussitôt un autre.

91. Les Floridiens, peuple disparu devant la civilisation, aussi bien que les Virginiens, ensevelissaient leurs paraoustisou caciques, avec toute la magnificence possible ; ils environnaient le tombeau de flèches plantées en terre par la pointe. Au-dessus du monument, ils déposaient la conpe dont se servait le chef décédé; tous les autres objets à son usage étaient brûlés. On passait trois jours dans les pleurs et dans le jeûne, pour faire honneur à sa mémoire. Les autres paraoustis , ses alliés , venaient le pleurer à son tombeau avec les mêmes cérémonies. Dans certaines parties de la Floride, on enterrait loulen vie, avecleschefs, des esclaves, pourles a4lcr servir dans l'autre monde. Les Floridiens ensevelissaient les corps des prêtres dans les maisons que ceux-ci avaient occupées pendant leur vie; après quoi on brûlait el la maison et les effets du défunt. Le deuil consistait à se raser la tôle ; les femmes allaient quelquefois semer leurs cheveux sur les lomhcs de leurs maris décèdes à la guerre.

Les Floridiens d'Hirriga enterraient leurs morts dans les forêts ; les corps étaient déposés dans des cercueils couverts de planches non attachées , mais maintenues seulement par le poids de quelques pierres ou par des pièces de bois; et comme les bêtes sauvages étaient en grand nombre dans celte province de la Floride, les parents faisaient garder les cercueils par leurs esclaves.

92. Les Californiens, comme les Toutes, attachent le défunt sur son plus beau cheval, son arc entre ses mains , des bracelets aux bras, la chevelure de ses ennemis à l'arçon de sa selle; on le conduit ainsi auprès d'un torrent ou d'ono rivière ; 1rs gu rriers font autour de lui un grand cercle qu'ils rétrécissent de plus en plus, en poussant des cris tels qu'on n'en a jamais entendu, jusqu'à ce que la terreur ail contraint l'animal éperdu, hors de lui, à se précipiter avec son fardeau dans le gouffre écumant.

93. Les habitants de Cinaloa, dit Purchas, creusaient une fosse, dès qu'ils voyaient l'un d'entre eux dangereusement malade ; lor* qu'il était expiré, on le brûlait avec sa maison el ses effets, puis on enterrait ses cendres. On répandait sur sa fosse une poudre , dont ceux qui honoraient la mémoire du défunt composaient une boisson tellement forte, qu'elle causait de l'ivresse à ceux qui en buvaient immodérément. C'est ce qui arrhailcommunément à ceux qui avaient jm is part à la cérémonie funèbre.

'11 DICTÎONNAIKL

f/i. Au Mexique, le soin dos funérailles i oii-i t d.tit toujours les prêtres; mais les cérémonies qu'ils observaient n'étaient pas toutes semblables, parce qu'elles dépendaient <ii pari se de la volonté des mourants. Les uns demandaient à être enterrés dans leurs héritages, ou dans les cours de leurs maisons; d'autres voulaient être portés dans les montagnes, à l'imitation des empereurs, qui avaient leurs tombeaux sur celle de Chapullépèquc ; enfin quelquefois des particuliers ordonnaient que leurs corps fussent brûlés , e! qu'on enterrât leurs cendres dans les temples, avec leurs habits et ce qu'ils avaient do plus précieux. Quelle que fût la volonté d'un mourant , on avertissait les prêtres de son quartier, dès qu'il avait rendu le derni r soupir. Les pr.élros le mettaient à terre, assis à la manière du pays, cl revêtu de ses plus beaux habillements. Les parcn's cl Us amis du morl venaient alors le -alucr, et lui faire de riclies présents. Si c'était un chef ou un grand de la cour, on lui offrait des esclaves, qui étaient égorgés sur-le-champ pour S'accompagner dans ( autre monde. Les olficîers des seigneurs, et l'espèce de chapelain même qu'ils avaient chez eux pour régler les cérémonies religieuses, étaient les premiers immolé", aussitôt que le maître était expiré. On s'imaginait que les uns allaient préparer un nouveau domicile à leur maître, tandis que les autres lui servaient de cortège ; suivant ce principe, on enterrait avec le morl une grande partie de ses richesses. Si le défunt était un capitaine qui se fut distingué, on faisait autour de lui des amas d'armes et d'enseignes.

Lcsobsèiues duraient div jours, et se célébraient par une alternative de pleurs et de chants ; les prêtres faisaient une sorte d'office des morts , chantant d'un ton lugubre, tantôt en chœur, et tantôt l'un après l'autre. Ils élevaient plusieurs fois le corps avec beau coup de cérémonies; le tambour et la tlûte accompagnaient les »oix et les encensements qui semblaient se faire en cadence. Celui des prêtres qui tenait le pre rnier rang, était revêtu des habits de la divinité que leseigneur défunt avait particulièrement honorée , et dont il avait été comme l'image vivante : car chaque noble représentait un dieu , cl Je là venait sans doute l'e.;lrème vénération que le peuple avait pour la noblesse. Si le corps était brûlé, un prêtre en recueillait soigneusement les cendres; et. prenant un habit qui inspirait tout à la fois l'horreur et la crainte , il affectait de remuer ces cendres d'un air furieux, qui répandait la frayeur dans toute l'assemblée.

Aussitôt qu'on s'apeic.vail que l'empereur était attaqué d'une* maladie mortelle, on couvrait de masques la face nés principales divinités, et on les leur laissait jusqu'à la guérison ou la mort du monarque. Loisqu'il était mort, on en donnait avis sur le champ à tous les caciques ou gouverneurs des différentes provinces , alin que le deuil "V général , et pour convoquer tous les sciurs à la cérémonie des funérailles. Les

Di. s nn.ir.ioNs. ]:

plus proches devaient se rendre à la cour ûu bout de qualie jours. En leur présence ou plaçait sur une natte le corps de l'empereur, qu'on avait déjà lavé et parfumé pour lt garantir de la corruption. On le veilluit toutes les nuits jusqu'au jour de l'enterrement, el on n'oubliait pas de faire éclater les pleurs et les gémissements.

Le jour destiné pour brûler le corps, on commençait par couper une poignée de cheveux au défunt , el on lui mettait dam la bouche une grosse émeraude. fin le de: ovinl sur la natte . on l'avait placé de façon qu'il était assis, et, dans celte posture qu'on ai ait soin de ne pas déranger, on lui couvrait h genoux de 17 couvertures forl riches. Pardessus ces couvertures, on attachait la devise de la divinité qui élail l'objet particulier de son culte, ou dont il avait é e l'image. On loi couvrait le visage d'un masque enrichi it perles cl de pierres précieuses, et on tuai ensuite, pour premi re victime, l'officier qm avait reçu l'emploi d'entretenir les la, u-s el les parfums de l'empereur, afin le voyage du monarque dans un autre uuniî ne se fil point dans les ténèbres, ni sur un: mute où son odoral lût blessé. Après «premier sacrifice, on portail le corps de lempereur au grand temple, et, dans la route, ceux qui composaient le corlége poussaient de grands cris, ou chantaient d'un Ion logulire les louanges du défunt. Les seigneur* et les chevaliers étaient armés ; tous les domestiques du palais portaient des masse», des enseignes el des panaches. Eu entrant dans la cour du temple , on apercevait un grand bûcher auquel les prêtres metiacr.1 aussitôt le feu; el , pi-ndanl que la fljmmr augmentait, le grand prêtre proférait d'ooe voix plaintive des prières et des invoca:ioos. On attend ail que le feu fûl bien allume pour y jeter le corps avec lous les ornements dont il était couvert, les enseignes et (oui ce qu'on avait apporté dans le convoi. On lançait on chien au milieu du feu, afin qu'il an'nooçil par ses aboiements l'approche de l'cmpctof dans les lieux par le quels il devait passer. Le grand sacrifier commençait alors; il fallait que les victimes fussent au moins au nombre de deux cents. Les prêtres leur ouvraient II poitrine pour en arracher le cœur, qu'ils jetaient dans le feu «lu bûcher. On ne inaogeait point la chair de ceux qui élaieut ainsi sacrifiés; leurs corps étaient déposés des charniers où ils se consumaient peu i I eu. Les victimes étaient ordinairement <lc* esclaves et des officiers du palais, parmi le*qucls on comptait plusieurs finîmes. Dès qK ces sanglantes exécutions étaiem faites, fi"cun se retirait en silence; on faisait &âf^r le bûcher toute la nuit , el on se rassemblait le I- udemain. Les | rélres ramassaient i<* cendres, les dents , l'émeraude qu'on a»-1' mise dans la bouche du morl. Après an»? mis ces dépouilles dans un vase, on le p01^'1 solennellement à la montagne de Chapultepèque. Ils plaçaient, dans uue espèce decavenu- pratiquée au pied de la montagne. < vas,- rempli des ceudrç; Je l'empereur, e! u

poignée de cheveux qu'on loi avait coupée peu Je jours après sa mort. Ils bouchaient ensuite arec beaocoop de soin l'entrée de la caverne, e! plaçaient au-dessus une slatuc de bo« représentant la figure du mort. Pendant quatre jours consécutifs, les femmes de l'empereur défunt , ses Gîtes , ses plos fldèles sujets , apportaient plusieurs offrandes au pied de la statue. Le cinquième jour , les prêtre* immolaient 15 esclaves; le vingtième, 5; le soixantième, 3; enfin 9. le quairelinglième, pour terminer la cérémonie.

95. On observait plusieurs cérémonie singulières aux funérailles du cacique de Méeboacan, dont la puissance était peu inférieure à celle de l'empereur. Lorsque ce cacique se sentait proche de son heure dernière , il avait soin de nommer celui de ses enfants qu'il destinait à être son successeur. L'héritier faisait aussitôt avertir tous les itigneors de la province et ceux qui avaient exercé qoelqn'emploi sous l'autorité de son père qu'ils eussent à le reconnaître en qualité de cacique. Chacun s'empressait d'obéir, fi apportait, en signe d'hommage, de magnifiques présents. L'appartement du cacique malade était fermé avec soin ; aucun de ses înciens sujets n'avait la liberté d'y entrer; m officiers seu's et plusieurs esclaves le traient jusqu'à ce qu'il eût expiré. Alors fi en donnaient avis, et on convoquait une ombreuse assemblée de seigneurs ot autres lobles. Les pleurs, les cris, les gémissements -f faisaient entendre. Après ce triste début, mouvrait l'appartement de l'ancien cacique; bacon entrait, le touchait à la main, lui jetait luelqocs gouttes d'une eau parfumée. On notait ensuite au mort une chaussure de -eau de chevreuil , qui était celle des cacioes; on lui attachait aux genoux des sonates d'or ; aux poignets , des bracelets du ^me métal; au cou, une chaîne de pierres récieoses; des pendants aux oreilles et des oneaox auxdoigts. Ses lèvres mêmes étaient ouvertes de pierreries ; et ses épaules , de lusicors tresses des plus belles plumes, orsque le mort était ainsi paré, on le plaçait urone espèce de litière découverte, ayant après de lui, d'un coté, sonore cl ses flèches; * l'aalre, une grande figure représentant la irioité qu'il avait le plus révérée dans sa vie, l qu'on supposait empressée alors à ré coin enser son attachement et sa piété. Le fils, uccesieur du cacique, nommait ceux qui «aient accompagner son père, pour le ser- 'r dans l'autre vie. Quelques-uns regardent comme une faveur d'être choisis , 'autres s'en affligeaient; mais les uns et les otrri ne pouvaient éviter de subir le sort ui les attendait. On s'efforçait seulement , »or leur êter toute crainte et toute faiblesse ans les derniers moments , de leur faire rendre toute sortes d'aliments cl de liqueurs >rtes qui les enivraient. Sept femmes d'une aote naissance devaient faire avec le mort '■ toyage Je l'autre monde : on les disait hargées, Tune de garder tout ce que le ca- ■iue emportait de précieux ; une autre de

présenter la coupe à ses repas ; la (mi-

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