Les Muyzcas regardaient comme trè
heureux ceux qui mouraient de mort sui>:,< ou frappés de la foudre. Quelques-unes^ leurs tribus brûlaient les cadavres, d'autres les suspendaient dans des édifices consacre» à cet usa e ; mais ordinairement on a!l • les enterrer dans les champs, après Icsavju enveiopiu s dans une pièce d'étoffe. Oo ■.-ail auprès d'eux de l'or el des émcriiul s
IdCrUiNNAIi.l Iïï.S itKï.UilONS.
l'on avait soin de planter un arbre sur la fosse, afin qu'on ne les déterrât pas pour les &i>ooiller. Les Espagnols ont découvert qjeh(Bes~ooes de ces sépultures et en ont recueilli des sommes considérables. Le P. >imoo dit que, de son temps, on lira d'une teule xi.OOO pesos de bon or.
A la mort d'un Zippa ou chef, tous ses sujets prenaient le deuil en se frottant d'ocre rooge; on plaçait son corps dans un tronc de palmier garni tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de plaques d'or, ee qui a fait dire à Gomara qu'on l'enterrait dans un cercueil d'or; mais auparavant, on avait soin d'enlew le» entrailles, el de remplir le cadavre d'une espèce de résine. On lui plaçait cntoite des émeraudes dans les yeux, les oreilles, les narines, la bouche et le nombril, et dfj ornements d'or au cou. Pendant six jours, on le pleurait en chantant ses exploits; au bout de ce temps, de vieux chèque* le transportaient dans une tombe préparée dès le jour de son avènement, et dont la situation était inconnue. On enterrait avec loi quelques esclaves et quelques-unes de ses femmes, qui se dévouaient volontairement pour prouver leur affection ; mais on avait soin de leur donner auparavant un breuvage qui les étourdissait sur leur situalion.
101. Les indigènes qui habitaient les entiruns de l'Orénoque suspendaient dans leors cabanes les squelettes de. leurs morts, et, après que la chair était consumée, ils ornaient les ossements de plumes cl de colliers.
102. On dit que les Arvaqoes qui habitaient au sud du même fleuve, réduisaient mi poudre les os de leurs caciques; que les emmes el les amis de ces guerriers faisaient ofoser celte poudre dans leur boisson, et, :omme la veuve désolée de Mausole, ensevelissaient ainsi dans leurs entrailles, l'objet le leur affection ou de leur respect.
103. Sur la rivière des Amazones, il y a les Iribus qui cardent les morts dan* leurs saisons, afin d avoir toujours, dit le P. d'A- :unha, le souvenir de la mort présent devant es yeox; d'autres brûlent les cadavres dans le grandes fosses, avec tout ce qui avait appartenu aux défunts. Ils célèbrent leurs fuléraille* plusieurs jours de suite, pendant eujuels i!s ne font que pleurer et boire juso'a l'excès.
10i. Les Bolecodoa portent un grand resect aux morts et les ensevelissent avec ton- !s les marques d'un deuil profond. Quand n membre de la peuplade vient de fermer îs yeux, son plus proche parent se place en leurant à ses côtés, et lui exprime tous les eolimenls que la douleur inspire à ceux ui aiment; ses doléances finies, un autre arent le remplace et fait de même; ensuite bacun des assistants témoigne à son tour afflicliou qu'il éprouve, el ces larmes ne irissent souvent qu'au bout de six ou sept eures. Pendant ce temps, on prépare le ercueil, qu'on recouvre de feuillage après ue le corps y est placé, el le convoi marche
FUN m
vers le lieu de la sépulture, où ou le dépose doucement et en silence. D'autres mettent le corps dans la terre sans cercueil, les bras
[►liés sur la poitrine et les cuisses pliées sur e ventre ; mais comme ils donnent aux fosses très-peu de profondeur, les genoux du cadavre sortent de terre lorsqu/elle corameuce a s'affaisser ; c'est pourquoi un des parents veille tout armé auprès du tombeau, afin d'en écarter les bêles féroces. Celle garde funèbre est ainsi continuée pendant neuf à dix jours par chacun des parents. Durant cet intervalle, il y a toujours avec la senlincl!c quelques amis du défunt qui viennent gémir sur sa tombe, el s'entretenir avec son âme qu'ils croient présente, bien qu'invisible, car ils supposent qu'elle s'éloigne peu du corps qu'elle aima. En conséquence, ils élèvent autour de la fosse, une espèce de dais composé de bâtons verticaux et horizontaux soutenant un dAmede feuillage; el ils ont soin de balayer le chemin et d'orner, pour la satisfaction de l'âme errante du défunt, le dais du tombeau, du poil des bétes et des plumes des oiseaux qu'ils rapportent de la chasse.
105. Quand un Puri vient à mourir, on l'enterre dans sa lente, et, si le mort est adulte, la tente est abandonnée. Le corps mis dans on vase, ou enveloppé de mauvaises toiles de colon, est déposé dans la terre, sur laquelle hommes et femmes viennent piétiner ensuite, en poussant des cris et de» lamentations; on prononce même, à ce qu'il parait, sur la tombe fraîche encore, une espèce d'oraison funèbre.
108. Les funérailles des Tupis comportaient une espère de cérémonial. Les femmes s'embrassant et posant les mains sur les épaules l'une de l'autre, s'écriaient : « Il est mort, celui qui nous a tant fait manger de prisonniers! » Puis, quand on s'était ainsi lamenté pendant une demi-journée, on creusait une tosse ronde et profonde de cinq à six pieds; le cadavre y était enterré presque debout, avec les bras et les jambes liés autour du tronc.
107. Les Charruas, comme beaucoup do nations guerrières, enterrent les morts avec leurs armes. En signe du deuil de leur père, les fils adultes, soumis à un jeûne des plus rigoureux, se passent de longs roseaux daos la chair, sur la partie extérieure du bras, depuis le poignet jusqu'à l'épaule. On rencontre souvent parmi eux des femmes qui ont à chaque main un ou deux doigts de moins, et d'autres, qui onl les bras, le siin, les flancs sillonnes de coups de lance; ce sont autant de marques de deuil.
108. Les Péruviens avaient l'art d'embaumer les corps de telle façon que, non-seulement ils résistaient à la pourriture el à la corruption, mais qu'ils acquéraient mémo une dureté extraordinaire. On embaumai' de celte façon le corps des incas.
Quand donc Pinça était mort, on relirait toutes les entrailles de son corps, et on les porta t dans ou temple à cinq lieues d< Cusco, sur la rivière de Yucay; la, on Ici
enterrait avec toute la vais clic du prince, sa butk-ric de cuisine, ses babils, ses plus riches joyaux, les meubles de toutes ses maisons, comme s'il eût dû en faire usage dans l'autre vie. A l'égard des autres richesses placées dans les maisons royales, et qui étaient censées appartenir à l'Klal , comme les cuves, les bûchers, les arbres d'or et d'argent, etc., on n'y louchait point, et on les gardait avec respect pour ceux qui succédaient à la couronne. Après avoir embaumé le corps du roi, on le portait au temple du soleil, à Cu*co; on le déposait v is-àvis de l'image du soleil, et on loi offrait «les sacrifices comme à un être divin, enfant de cet astre. On enterrait en même temps quelques-unes de ses femmes, avec quelques domestiques.
Tout le premier mois se passait en deuil; les habitants de la ville le pleurai: ni tous les jours, avec de grandes démonstrations de douleur. De tous les quartiers de la ville, on venait en procession, avec les enseignes de l'inca, ses bannières, ses armes, ses vêlements, et tout ce qu'il fallait enterrer avec lui [tour honorer ses funérailles. Les lamentations étaient entremêlées du récit des victoires que le prince avait remportées , de ses exploits mémorables, du bien qu'il avait fait aux provinces. Le premier mois du deuil écoule, on le renouvelait tous les quinze jours à chaque conjonction de la lune, pendant toute la première année; colin on la terminait avec toute la solennité imaginable. Il y avait à cet effet des pleureurs, qui chantaient d'un ton lugubre l> s grandes .jetions el les belles qualités du défunt. Cela se pratiquait encore dans les autres provinces tic l'empire : chaque seigneur y donnait toutes les marques possibles du regret qu'il avait de la mort de son souverain. On Visitait les lieux que le prince avait favorisés de ses hicnfat's, ou seulement de sa présence; c'était là surtout qu'on manifestait la violence de sa douleur, cl qu'on exaltait le mérite «lu royal défaut.
Les Péruviens avaient grand soin de mettre de cote, pendant leur vie, les ongles ou les cheveux qui pouvaient leur tomber, et même les rognures des uns et des autres; et on déposait ces débris avec eux dans la tombe, afin qu'ils pussent les retrouv er p us facilement, lorsqu'à la icsunect on générale, ils deva ent reprendre le même corps qu'ils avaient eu pendant celle vie.
Les grands du IVreu étaient également embaumés avec soin après leur mort, cl placés sur une espèce de trône; on les transportait ainsi au lieu de la sépulture. Les femmes et les domestiques qui devaient être enterres avec le défunt suivaient le brancard; d'autres portaient les provisions réputée* nécessaires pour les besoins de l'autre vie. Le long du chemin, un des par. ntsdu mort lui sou fila il dans la bouche qaclquc noumlure. au moyen d'une sarbacane. Après qu'il avait été enterré on avait coutume de mettre "tir sa loiuPe une statue de bois. On dépo- - ii> 'es armes sur celle d'un soldat, < l les
•Siinsignes de sa profession sur celle J'un artisan.
101). Quand un Payagua vient à mourir, on loue un homme pour le porter en terre. Les gens de cette tribu ont un soin extrême des sépultures; ils les balayent, les couvrent d • huttes et de cloches on pots de terre, ornés de peintures. Les hommes ne portent jamais le deuil; miis les femmes pleurent deux ou trois jours leur père ou leur mari.
110. Les Mbay s, entre autres traits de conformité avec les anciens Grecs, ont l,\ coutume de sacrifier des chevaux sur h tombe d'un chef. Ils pratiquent en l'honneur de leurs parents déédés, un deuil de trm< ou quatre lunes, marque par le silence et par l'abstinence des viandes.
111. A la mort d'un Lengua, tous les antres membres de la lri!>u changent de nom, pour dépayser la mort qui, disent-ils. tient la liste de tous les vivants, et, quand elle reviendra, ne saura plus à qui s'en prendra.
11-2. Les Araucanos et les l'amp.is en>rrenl le guerrier avec ses armes, sacrifies: un cheval sur sa tombe, et y déposent te comestibles pour nourrir le mort pendant le voyage de i'au:re vie.
113. Les bergers qui errent dans les déserts de la république Argentine, bien qoe descendants des Espagnols, ne sonl guère [dus civilisés que les sauvages au milieu desquels ils vivent. Toutefois , ils tiennent beaucoup à être inhumés en terre sainte. Les parents el les amis d'un mort ne manquent jamais de lui rendre ce service; mais quelques-uns d'entre eux demeurent si loin de loule église, qu'en général le cadavre est laissé dans les champs, couvert seulement de pierres cl de branches d'arbres, jusqu e ce qu'il n'en reste plus que les os, qui sont portes alors aux prêtres pour être inhume». D'autres dépècent le mort , séparent lo chairs des os avec un couteau, el portent les os au cure, après avoir jeté ou enterré le reste. Si la distance n'est pas de plus Je lieues, iis couvrent le défunt des ha bits qa'il portail de son vivant, le mettent à cheval. lo> pedsdans rétrier, en le soutenant aw deux bâtons placés en croix par derrière, de sorte qu'à le voir, on croirait qu'il vit encore ; cl, dans cet état, ils le présenlentao prêtre qui dessert la paroisse la plus Toisine.
Il V. Les funérailles des Téhuelches «w l'.ilagons sonl accompagnées de nombreuses cérémonies, conséquence de lear resped pour les morts. Dans quelques-unes de leur» nations, dès qu'un homme a rendu le à(tnier >oupir, une des femmes les plus di-lmguecs de la tribu en forme le squelette, ei détachant les chairs et en séparant le* entrailles avec, une adres-c toute particulière; puis on l'enterre jusqu'au moment de l'enlever pour le placer dans le cimetière de s« ancêtres; chez d'aurres, on se borne à h enterrer en grande pompe. Pendant la cérémonie, les sauvages tourna nt autour de b tente, barbouillés de noir, arre des rlianb trisles et lamentables, et frappeul la terre
DICTIONNAIRE DICS ItELIf.lONS.
Dit FIN
pour effrayer Gualichu (l'esprit du mal). Ils
rutil ensuite Taire visite à h veuve ou aux veuves, et aux parents du défunt, se déchirent le corps, en leur présence avec des épines, etdonneot tous les signes d'une douleur violente, mais non pas tout à fait désintéressée; car elle est payée de présents plus ou moins riches, suivant la fortune de la famille.
Certaines peuplades ensevelissent leurs morts dans des fosses carrées, de cinq pieds de-profondeur, et les enterrent avec leurs armes, en les couvrant de leur meillenr ha* bit. Selon Falconer, ces costumes mortuaires sont changés tous les ans par une femme âgée, qui est chargée du soin des morts ; elle outre les tombeaux à cet effet , et ses fonctions lui assurent le respect de tous ses compatriotes. Il se fait chaque année, sur les tombeaux , des libations en l'honneur des morts. Les Patagons méridionaux ont un pou modifié ces usages. Les chevaux d'un défunt, surtout si cVst un chef, son\ tués sur sa tombe , afin qu'il puisse les monter pour se rendre à Valhue mapou (pays de la mort).
Les femmes seules portent le deuil, et ce deuil est d'une année. Pendant tout ce temps, indépendamment de ce que, tous les effets du mort étant brûlés sur sa tombe, elles se trouvent souvent, avec leurs enfants, réduites nu dénuement le plus absolu, elles sout encore astreintes à la retraite la plus rigoureuse, obligées de se barbouiller de noir, sans jamais pouvoir se laver, et de s'abstenir de certains mets. 11 leur est, de plus, défendu de se marier pendant l'année du veu- *agr, etles liaisons formées par elles seraient ponics de h m orl des deux coupables.
Petëplcs de l'Océanie.
115. Autrefois les Batlas, peuple barbare de l'ile de Sumatra, étaient dans l'u*age de manger leurs parent*, quand ceux-ci devenaient trop vieux po ir travailler. Ces victimes, résignées à leur sort, choisissaient une branche d'arbre horizontale, et s'y suspendaient par les mains, tandis que leurs parents et leurs voisins dansaient autour d'eux en chantant : « Quand le fruit est mûr, il faut qu'il tombe. » Cette cérémonie avait lieu ordinairement dans la saison des citrons, et à l'époque où le poivre et le sel abondaient pareillement. Dès que les victimes fatiguées se laissaient choir, tous les assistants se précipitaient sur elles cl les dévoraient. Cette coutume de manger les vieillards est aujourd'hui tombée en désuétude, mais les Batlas se nourrissent encore avec délices do la chair des prisonniers de guerre et de ceux qui ont violé les lois du pays.
116. Chez les Héjangs, autre peuple de Sumatra, les funérailles se font au moyen d'une grande planche commune à tout un village, jur laquelle on étend le cadavre frotté avec
la glu, pour qu'il se conserve plus long- Kmps; on le porte ainsi au rimelière, où une fosse le reçoit, profonde a peine de deux pieds. Des femmes suivent le convoi, criant pt glapissant, et le bruit ne cesse que lorsque la terre a recouvert la dépouille du mort.
On jalonne alors le tour de la fosse de petites banderoles, et l'on y plante un arbrisseau, symbole de deuil.
Les mânes de leurs ancêtres sont sacrés aux indigènes ; c'est par eux qu'ils jurent, c'est à eux qu'ils s'adressent aux époques calamiteuses, comme une guerre, une famine, une épidémie. Us s'imaginent que les âmes de leurs pères vont se loger dans les corps des tigres ; de là leur profond respect pour ces animaux.
117. Dans les lies Pogghi ou de Nassau, dès qu'un homme a rendu le dernier soupir, son corps est transporté dans un lieu destiné à cet effet, et placé sur un échafaud, nommé raliaki; on le pare de coraux et des autres ornements qu'il portail de son vivant; ensuite on le couvre de feuilles, sous lesquelles on le laisse pourrir, et les personnes qui composaient le convoi funèbre s'en retournent à la maison du défunt , où ils arrachent tous les arbres qui l'entourent.
118. A Java, les enterrements se font avec décence, sans cris, sans bruit ; si un individu meurt dans la nuit, on l'enterre le lendemain ; s'il meurt dans le jour, on l'inhume avant le coucher du soleil. Un tertre de terre, un entourage en bois indiquent l'emplacement de la tombe ; rarement on y ajoute une pierre tumulaire ou une inscription. Les cimetières sont entourés de kambayas dont la verdure semble inviter au respect et à la mélancolie.
Cependant, à la mort d'une personne riche et puissante, on observe un cérémonial plus pompeux. Tous les parents des deux sexes se transportent au domicile du défunt et y reçoivent quelques pièces d'argent ; à chacun des prêtres on donne une piastre, une pièce d'étoffe et une petite natte. On lave le corps, on l'enveloppe d'une toile blanche, et on le dépose dans une bière couverte d'une toile peinte et de guirlandes de fleurs. Plus un convoi est riche et fastueux, plus on y voit de belles lances et de beaux parasols. Le cortège d'amis cl de parents suit le mort jusqu'à sa dernière demeure, et attend, pour se retirer , que le prêtre ail dit sur la tombo la prière Gnalc. Ces prières se prolongent encore pendant une semaine dans la maison du défunt; chaque jour, les imams y reviennent pour implorer Dieu en faveur de son âme. Les 3*, 7*, IV, 100' et 1000* jours, il y a des fêtes nommées Sidiku, qui consistent en une espèce de service funèbre et commémorât! f. On conçoit que de pareilles formalités ne se pratiquent que pour les nersonnes morlcs en laissant une grande fortune.
Suivant leurs coutumes nationales, les Chinois de Java ont des funérailles aussi somptueuses e: beaucoup plus bruyantes.
Chez les Kalangs, on a l'habitude de briser une noix de coco, dont le lait est répandu sur la tombe et dont les fragments sont placés à la tête et aux pieds du < adavre.
119. Dans l'île de Dali, les habitants font embaumer le corps des personnes qui viennent de mourir , et ne le brûlent que le jour fixé par leurs brahmanes, qui ordiuairemeut
i»-23 PlCllONNAlUF.
ne le desienenl qu'une année après le décès; quelquefois, au lieu <Je réduire le cadav:c en cendres ils le j^Ui-nl à la mer.
0 'an ! un railja meurt, son e rj»s est conservë p n faut un temps plus o;i moins long, quelquefois un an, j imats n oins «)<• «ieuv mois; on !e caranlil de la put t * î.tct ion en le soumettant « ha ne jour à une fumi alion de benjoin el d'à:. 1res substances ; oa le hrûle ensuite suivant l'us.g' des Hindous, '.ïuant au corps des. enfants qui n'ont point encore de «lents, on les enterre immédiat criant après leur mort, ainsi que les inilivi ;!u< emportes par la petite v . i oie.
A rranjung-Alcm, dit !e \ oyngrur ILiffles, une dame âgée, don certain il ml dé-
cidée, toutes les femmes du village se rendirent d'abord à la maison de la défunte, en poussant des hurlements pendant une heure ou deux , après quoi on transporta le corps dans la mai on commune, où tout le monde devait diner. Le sot, il y eut, eu présence de tout le monde assemblé, des danses el des chants, dans la salle où l'on avait déposé le corps. Le lendemain matin, le chef du village tua une chèvre et répandit son san^ autour de la maison de la défunte, pendant que les jeunes filles, placées de manière à pouvoir être entendues de l'intérieur de la maison commune, criaient de toute la f>rcc de leurs poumo: s : « Omère, reviens ! mère, reviens ! » (> bruit se prolongea jusqu'au moment où il fut dcci .'é que le corps ne serait pas gardé plus longtemps. On l'enleva alors de la place où il était, on le transport i paisiblement hors du village, et on le descendit dans une fosse sans autre cérémonie.
1 n Hollandais qui était à H ili en K>.'J3 raconte ce qui suit : « Arrivé chez le prince de Gilgil, je le trouvai dans la désolation, à cause d'une épidémie qui avait fait périr ses lieux fils. La reine mourut quelque temps après; son corps fut brûlé hors 'le la ville, avec vin^l-dcux de ses femmes esclaves.
On le j orla hors du palais, par une ouverture qu'on ht à la muraille, à droite de la porte, dans la crainte superstitieuse du diable qui se place, suivai t les Patinais, dans l'endroit par lequel le mort est sorti. Les es; laves qui étaient destiuées à accompagner l'âme de la reine, marchaient en avant, selon leur rang; elles étaient sou'enucs chai une par une vieille femme, et portées sur dt s litières de bambou. Après qu'elles eurent été placées en cercle, cinq hommes el deux femmes s'approchèrent d'elles el leur ôlèrenl les fleurs dont elles étaient ornées. De temps en temps on laissait voler îles pigeons et d'autres oiseaux, pour marquer que leurs âmes allaient bientôt prendre leur essor vers le séjour de la félicité.
« Alors on les dépouilla de leurs \ éléments, excepté de leurs ceintures; quatre hommes s'emparèrent de chaque victime : deux leur tenaient les bras étendus, cl deux autres tenaient les pieds, tandis qu'un cinquième se préparait à l'exécution. Ouelque>-unes des plus courageuses demandèrent elles-mêmes le poignard, le reçurent Je la main droite, le
ES RELIGIONS
passèrent à la main gauche en IVmUasMM elles se blessèrent le bras droit, en sorèrn, le sang, en teignirent leurs lèvres et se tirer.: avec le bout du doigt, une marque sanclar,:. sur le front ; elles rendirent l'arme aux ci culeurs, reçurent le premier coup entre le fausses côtes, el le second «ous l'os Jel'e pauie , l'arme étant dirigée vers le rrrur Lorsque la mort approcha, on le ;r [»pnu: i se meiire à terre, on les dépouilla «le l-i;r derniers vêlements cl ou les laissa loi airment nues. Leurs c««rps furent cnsui'c l.mi recouverts de bois, mais la tête seule eu. restée visible, et l'on mit le feu au bûchr
« Le rorps de la reine arriva ; il était p'ao sur un magnifique Itadi «le (orme pyrarri-Jal» consistant en onze étages, et porté par m grand no:i.bro de personnes d'un haut rare De chaque côté du corps, il y ai ail deux (opines, l'une tenant un p .rasol, el l'autre si éventail pour chasser les insectes. Dm pi êtres précédaient le tvidi, dans des clurj d'une forme particulière, lenanl d,in>Dî< main des contes qui étaient attachées au pour faire entendre qu'ils conduisaient défunte au ciel, et dans l'autre main uae sonnette, taudis que les gongs, les taniinurî, les flûtes et les autres instrument donnai nJ à la procession plutôt un air de fêle qucii funérailles. Lorsque le corps de la reine passé devant les bûchers qui étaient sur U roule, on le déposa sur celui qci lui iiw préparé, qui fut aussitôt enflammé; on ) brûla la chaise, le lit et généralement Ion les meubles donl elle avail fait usane. Le assistants firent ensuite une féle. tandis q« les musiciens exécutaient une mélodie m n'. tait pas désagréable à entendre: on « relira le soir, lorsque les corps eurenidi consumés, et on plaça des gardes pour cm server les ossements.
« Le lendemain, les os de la reine foret reporiés à son habitation avec une cerei;;> nie égale à la pompe du jour précéJenl.On; porta chaque jour un grand nombre de vast d'argent, de cuivre el de terre, remplis d'e^'J une bande de musiciens cl de piqueurs rs cortaicnl les porteurs , précédée «le dttii jeunes parçons, tenant des rameau i vert» et d'aulres'qui portaient le miroir, la usif la boite de bétel el d'autres cffeis de la défunte. Les os furent lavés pendant on me; et sept jours; on les plaça sur une litière . on les transporta avec les mêmes égardMW si le corps eût été entier, on les déposa dans un end: «.il où ils furenl brûles avec soin, recueillis «lans une urne, cl jetés ea cérémonie dans la mer, à une cerlamc di»tance de la côte. »
Les veux es des grands personnages oc' aussi la coutume de se brûler comme da« les Indes, avec le corps de leur mari. .W mort du chef delà familledeKarang-Assr'V* femmes furenl immolées sur son corps. Lorsque mourut le radja de Gilgil, «es femmeseï** concubines, au nombre de 130. Sf défirent aux llammcs. Lu 1813, 20 feniwr** brûl rent volontairement sur le bûcher JJ prince Wayahau-Ja'anlejj.
130. Dans l'Ile de Timor, les funérailles s roU sont aussi longues el dispendieuses ie relies des particulier * sont simples et •urte*. A la première nouvelle de la mort i r itlja, lous ses sujets se font raser la téle; sfémmr* et ses concubines prodiguent les fncs extérieurs du druil, 6e tordent les as, s'arrachent les cheveux , se frappent poitrine. On fait des sacrifices publics; on wçt de* buffles cl des porcs. Ensuite on ire le cadavre, sur une table, au milieu de maison: on lo revêt de ses plus beaux iltitj; on le couvre de plaques d'or, do taines et de colliers; on le laisse ainsi nenmiJeux jours que Ton passe en lamentations tirantes. Pendant ce temps, oo a coupé, ios la forêt voisioe, un grand tronc d'arbre , ids lequel on creuse un espace suffisant >ur qoe le cadavre puisse y entrer avec os »es joyaux. Quand tout y a été enfermé, i bouche l'ouverture avec de la gomme, et >s porte relie espèce de momie dans une aison voisine, ou elle doit rester jusqu'à ce ion ait ramassé l'argent nécessaire pour ') funérailles très-coûteuses. La somme a il faut réunir est si forte, qu'il n'est pas ire de voir des souverains demeurer trois, mire et cinq ans dans leurs troncs de bois, pfin quand la collecte est faite, la cérémoit commence. Les radjas voisins y envoient m femmes pour pleurer et veiller avec Ses mines du défunt auprès du cercueil. Les mouilles débutent par une altercation entre • femmes et les porteurs; celles-ci veulent irdorle corps, ceux-là veulent le charger if leurs épaule*. Après une résistance assez Kirle, les femmes cèdent, et on dépose le >rp*dans son tombeau, le visage tourné du Hé Je l'orient, quelquefois debout, quel- Btfois couché , le tombeau étant en forme i puits. Auprès de l'endroit , on dépose du leUu pinang, puis on tue des chevaux, i chiens et des bufilos. Les funérailles se minent par des cadeaux aux assistants ; i peuple, du maïs et du riz; aux chefs, des laque» d'or.
21. Les noirs de Luçon pensent que les torts éprouvent des besoins ; ils les euseve* uent armés et vêtus, et mettent dans leurs itnbesdes aliments pour plusieurs jours. A > cérémonie des funérailles, ils laissent au tfont one place vide au milieu d'eux, afin a il participe au banquet funèbre. Ils s'iroawenl quelquefois le voir, el ils pensent o"il jouit des pleurs que ses amis répandent.
122. Les Aétas des Philippines supposent se les défunts rendent quelquefois visite à humble foyer qu'ils ont quitté. Pour s'en as- °rtr, on couvre le foyer de cendres, et si on
aperçoit le moiudre dérangement, on la ace d un pied, ces sauvages tombent aussi» il dans une profonde affliction, s'imaginant uele mort a reparu pour exercer quelque mçtance, el, sur-le-champ, ils offrent des acriûces à ses mânes pour l'apaiser.
123. Chez les Igoroles ou Nigritos <!u mémo "thipel, quand un chef meurt, la coutume •I de le venger en immo'ant d'innocentes ttuiuer.oQ doi', en son honneur, tuer autant
de personnes qu'il lui reste de doigts ouverts dans les mains. Ils choisissent la nuit pour ces expéditions, s'embusquent dans les chemins et derrière les arbres, armés d'arcs el de flèches; c'est le hasard qui choisit alors les sujets voués à celle expiation.
12V. A la mort d'un indigène, les anciens insulaires des Mariannes, mettaient une corbeille auprès de sa tète pour recueillir son esprit ; ils le conjuraient, puisqu'il quittait son corps de veivr se placer dans celle corbeille pour y faire sa demeure, ou du moins pour s'y reposer quand il voudrait les venir voir. Quelques-uns frottaient les morts d'huiles odoriférantes, et les promenaient par les maisons de leurs parents, pour leur donner la liberté de choisir une demeure qui leur convint.
Suivant le P. le. Gobien, ces insulaire* témoignaient leur douleur cl leurs regrets par des démonstrations bruyantes et des paroles de regret ; on les voyait verser des torrents de larmes et pousser des cris affreux ; ils ne mangeaient pas, cl restaienteouverts de poussière. Ce deuil durait d'ordinaire sept ou huit jours, quelquefois davantage, suivant leur attachement au défunt. Ou faisait ensuite un repas sur la tombe même chargée de fleur.*, de branches de palmier, de coquillages el d'objels précieux. Ln désolation des mères qui pleuraient leurs enfants était inconcevable : elles coupaient les cheveux de ces chers défunts, et les suspendaient à leur cou par un cordon auquel elles faisaient aut mt de nœuds qu'il s'était écoulé de nuits depuis la mort de leurs enfants.
Quand le défunt appartenait à la classe des nobles, la douleur était sans mesure ; ils entraient dans une espèce de fureur el de désespoir, arrachaient les arbres, brûlaient leurs maisons, brisaient leurs bateaux, déchiraient leurs voiles elen livraient les débris au vent. Ils jonchaient ensuite les chemins de branches de palmier et élevaient des monuments expiatoires en l'honneur du défunt. Si le mort s'était signalé par la pêche ou par les armes, deux de leurs professions distinguées, ils couronnaient son tombeau de rames ou de lances. S'il s'était illustré par ces deux professions à la fois, ils lui élevaient une sorte de trophée avec des lances et 'tes rames entremêlées. Tout cela était accompagné de lamentations. « 11 n'y a plus de vie pour moi, » disait l'un. — « Le soleil qui m'animait s'est éclipsé, » répliquait l'autre ; ou encore : « Je vais être enseveli dans une nuit profonde. — J'ai tout perdu ; je ne verrai plus celui qui faisait la joie de mon cœur. — Quoi 1 notre plus grand guerrier est mort 1 qu'allons nous devenir? »
Les Marianr.ais gardaient respectueusement chez eux, dins des paniers, les os et les crânes de leurs ancêtres, ainsi que leurs figures grossièrement gravées sur des morceaux de bois. Us les invoquaient quand ils se trouvaient dans l'embarras ou dans le malheur, en criant Ifou! hou! et en les appelant par leur nom. « C'est maintenant, disaient-ils, que votre secours nous est nécessaire ; se-
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS
courez-nous, si voire famille vous fut jamais chère.» Quelques-uns déposaient ces ossements dans des cavernes voisines Je leurs habitations , et nommaient ces espèces de charniers, Goma alomsig, maison des morts.
125. Les insulaires de l'archipel Hawaï ou des Sandwich se livraient à une désolation extrême, à des démonstrations exagérées, à la mort de leurs parents et surtout de leurs chefs. Lorsque le roi Tamea-Mea mourut, le 8 mai 1819, celte nouvelle, disent les historiens, se répandit comme un choc électrique, et couvrit les lies d'un voile funèbre. Sans qu'il fût nécessaire de régler le deuil, chacun se mit en devoir d'apporter son tribut de douleur. Ce fut un unanime concert de pleurs et de gémissements, qui n'étaient interrompus que pour raconter des traits de la vie du roi qu'ils avaient perdu. Hommes et femmes s'arrachaient les cheveux en se jetant à terre ; on se coupa à l'en» i les oreilles, on se cassa les dents, on se rasa la tôle, on se mutila, on se brûla la peau, on se marqueta le corps de blessures. Les hommes couraient presque nus, simulant la folie, et détruisant tout sur leur passage ; plusieurs insulaires poussèrent même le fanatisme de la douleur jusqu'à incendirr leurs cases cl leurs meubles et ravager lours propriétés. Voyez un chant de deuil approprié A la circonstance, à l'article Decil, n. 37.
Ces témoignages publics de deuil se renouvelèrent à la mort de Keo-Pouo-Lani, veuve de Tamea-Mea. Aucune expression humaine ne saurait rendre celle douleur publique, cette scène gneque à qui il a manqué un Homère. Un récit de M. Stewart ne peut en donner qu'une idée approximative. « C'était à Mawi, les habitants de l'Ile, au nombre de plus de 5000 , se portèrent vers la case de la défunte, hurlant, gémissant, se tordant les bras de désespoir, affectant les poses les plus bizarres et les plus expressives; et c<« n'était pas seulement le peuple qui manifestait ainsi ses rcgrels, mais les chefs et les seigneurs de la cour. Ces doléances avaient chacune son attitude et son expression individuelle; les femmes échevelées, les bras tendus vers le ciel, la bouche ouverte et les jeux fermés, semblaient invoquer une catastrophe pour marquer le jour néfaste ; les hommes croisaient leurs mains derrière la téte et semblaient abîmés dans la douleur. Ici on se jelail la face contre terre en se roulant dans le sable, ailleurs on tombait à genoux, ou l'on simulait dos convulsions épilepliqucs. Ceux-ci prenaient leur» cheveux à poignée, et semblaient vouloir s'épiler la léle. Tous multipliaient leurs gestes et leurs manifestations extravagantes , puis criaient lamentablement : i4utce / autee! en accentuant ce mot d'une manière saccadée et lente, el appuyant sur la dernière syllabe, comme pour la rendre plus expressive cl plus douloureuse.
Groupés ou distincts, courants ou au repos, avec toutes leurs poses si diverses, si effroyables, si caractérisées, ces insulaires en deuil, ce peuple faisant dans une pantomime
générale l'oraison funèbre de sa reiue, formait le tableau le plus bizarre qoe l'on poiue imaginer, mais aussi te plus louchant , |< plus profond, le plus poétique, Inlerro^» sur le molif qui les engageait à manife>trr leur chagrin d'une manière si exagérée, ils répondaient que c'était trop peu encore, el qu'ils devraient garder des traces éternelle de celle douleur. »
126. Les cérémonies funèbres des habitants des Iles Hogoleu ont quelque chose de singulier. A la mort d'un proche parent, oo s'abstient de toute espèce de nourriture pédant 48 heures, et pendant un mois oo ne mange que des fruits, en se privant entièrement de poisson, la plus grande friandise da pays. Pour la perte d'un père ou d'un époux, on se retire en outre dans une solitude sur les montagnes l'espace de trois mois. La mort d'un roi ou d'un chef principal est toujours célébrée par des sacrifices humains : plusieurs hommes, femmes et enfants sont choisis pour lui servir de cortège d'honneurdas» le monde dos esprits ; et ils sont fiers de celte distinction, car ils sont enterrés d ms le mime tombeau que lui. Dans ces occasions, el dorant les deux mois qui suivent les funérailles d'un chef, il n'est permis à aucune pirope de flotter sur l'eau.
127. Les Carolins orientaux revêtent leur) morts de tous leurs plus beaux ornement, enveloppent le corps de tissus, réunissent les deux mains sur le bas-ventre, el les enfouissent dans la terre, non loin de leurs habitation}
128. La coutume de la plupart des Carolins occidentaux esl de jeter les cadatrts des simples particuliers le plus loin qu'ils peuvent dans la mer, pour servir de pâture aux requins et aux baleines. Cependant, s il meurt une personne d'un rang dislingoé ou qui leur soit chère, ses obsèques se fool avec pompe et avec de grandes démonstrations de douleur. Au moment où le malade expire, on lui peint (out le corps en jaoae avec de la poudre de curcuma ; ses parents el ses amis s'assemblent autour du corps pour pleurer la perle commune. Ceui qui veulent donner des marques plus sensibles de douleur, se coupent les cheveux et la barbe, qu'ils jettent sur le mort. Us observent tout ce jour-là un jeûne rigoureux, dont ils ne manquent pas de se dédommager la nuit suivante. Il y en a qui renferment le corps d'un parent ou d'un ami dans un petit é litice de pierre au dedans de leur m.iisos; d'autres l'enterrent loin de leur habitation cl ils environnent la sépulture d'un vautk pierre ; ils mettent auprès du cadavre diverses sortes d'aliments , dans la persuasion que l'âme du défunt les suce et ses nourrit.
Le corps d'un chef esl enduit d'eyoor. et d'huile de coco, ensuite on l'enveloppe d? bandelettes fines que l'on serre étroitement, puis on l'enterre dans une fosse.
129. Dans les Iles Marshal, les corps des défunts sont liés avec des cordes dans la posture d'hommes assis. Les chefs sont et-
a FUN
très sur les iles, dans des enceintes carti.- entourées d'un mur de pierre el omragées de palmiers ; les cadavres des homits du peuple sont joies à la mer. Suivant rang, les corps des ennemis tués dans le mibal sool Ira îles de la mêicc manière. Un iion enfoncé en terre et marqué d'incisions itnulaires, indique la tombe des enfants mqueis la loi indigène n'a pas permis de i»re.
1.J0. Les habitants de l'île Pelcw enterrent paiement leurs morts. On donne à celte rcuion on repas funèbre qui se passe dans
plus grand silence ; puis le corps, attache tus une natte, est placé sur une sorte de tere fabriquée avec des bambous. Quatre «rames la por'.enl sur leurs épaules ; elle u suivie par une troupe de femmes qui se mcal aller aux pleurs et au* lamentaoo<; mais les hommes, quand ils y assis» <ftt, gardent un morne silence pendant toute i durée de la cérémonie. Les fosses sont ■«.blables à celles des Européens, el sur- •ornées également d'un petit tumulus, quel- Bf toiscecorc de pierres placées sur une large ilte plate el beaucoup plus grande, le tout mronné d'une petite palissade, pour empéler qu'on ne marche dessus.
13t. A Nouka-Hiva, lorsqu'un individu rjrt. on dépose son corps dans un cercueil reusedans une pièce solide de bois blanc, jiormc d'auge, et de la grandeur exacte ] radavre. Ces cercueils sont polis et Iralillcsavec le plus grand soin. On les place >r un tertre élevé, soit dans une maison Huacrce à cela, soit devant une maison bouée, où on lui élève un petit édifice doc étendue suffisante pour le contenir, a première de ces cérémonies se pratique irk'ul pour les fem:nes. el la seconde pour i hommes ; un gardien est ensuite chargé ;lc$ veiller cl de les protéger. Lorsque la uir est détachée des os, ceux-ci sont ncl- ?es avec soin ; on en garde une partie, qui de relique, cl l'autre est déposée dans » murais.
Suivant un autre récit, après avoir lavé cl 'oé le cadavre du mort, les prêtres le dé- »cni dans une sorte de cercueil fabriqué >ec des lances entrelacées de lianes, et le *ssenl ainsi plusieurs jours exposé à la vue. îndani ce temps, des messagers tenant à la 4iu un bâton a sept lanières, vont faire les Stations. La foule s'assemble au jour con- :nu, cl les lamentations et les hymnes usage retenlisscm autour du cadavre. « Il •lŒorl, chantent les femmes el les prêlrcs; est mort, l'homme couvert de tatouages ; > d< >anl qai les ennemis fuyaient comme s lézards. Il est mort, l'homme â la rame fwlee, qui savait diriger dans les huit m rs double pirogue de guerre. Il esl mort, ce- 11 <jui étail sage dans les conseils, et dont éta.l pour tous comme une brise ra- Aicliissante qui vient des Iles éloignées. Il " mort, celui qui était plus qu'aucun autre
l'ami de ses amis et l'ennemi de ses enuemis. Hélas 1 il est parti pour des terres d'où personne n'est jamais revenu.» Après ces chants, le cercueil est déposé sous un appentis dressé dans ce but, el tout se termine par un repas où Ton prodigue aux invités le À'ara (1), les bananes cl le porc rôti.
132. Dans les iles Gamhicr faisant partie de l'archipel Pomotou, lorsqu'un individu est mort, les indigènes enfoncent dans la terre un pieu de trois pieds de hauteur, termine en forme de trépied, et qui soutient une planche sur laquelle ils étendent le cadavre bien enveloppé et recouvert d'un toit en jonc. Mais, auparavant, ils déposent le cadavre sur une pierre autour de laquelle ils exécutent les cérémonies funèbres ; chacun des assistants va frapper quelques coups avec la main sur une caisse déposée auprès ; on porte le corps en procession, el pendant ce temps-là on exécute des danses, les femmes étant séparées des hommes. Au retour de la procession, on place le corps sur une espèce de catafalque couvert d'une grando pièce d'étoffe du pays aussi mince que du papier. Là les prêtres adressent des discours au mort avec un ton de reproche, quelques-uns même lui lancent à la tête des noix de cocos. Alors on enlève le corps el on le dépose sur le trépied dont nous avons parlé, et où il rcs!c jusqu'à ce que les chairs soient entièrement desséchées.
Il esl d'usage de mêler aux funérailles d'un chef l'éloge de sa bravoure cl le récit de ses exploits. Voici un fragment de chant funèbre que le peuple redisait, avant l'arrivée des missionnaires, sur la tombe de ses plus illustres guerriers ; il n'a rien de bien remarquable, mais il peut faire apprécier la poésie nationale d'un peuple encore pea connu : « Le soleil a passé derrière la colline ; les ombres ont succédé au jour. Lumière, que lu lardes à revenir 1 tu es aussi lente à reparaître que le poisson attendu par le pécheur qui a jeté son hameçon dans la mer. Elle commence à briller sur les hauteurs de l'ilc ; éveillé par ses feux, le papillon s'égaye sur les sentiers ; il vole, en se jouant, de la mer aux montagnes. » Dans ce chant se trouve une longue liste des chefs morts, dont un insulaire récite les noms, tandis que le peuple répond en gémissant : « Un tel n'est plus ; la lumière est à lous. »
133. A Taïli, dès qu'un individu décédait, le tnhoua-lonlera était chargé de rechercher la cause de sa mort : celui-ci prenail une pirogue et pagayait jusqu'à I endroit où gisait le cadavre , car l'esprit en s 'échappant devait lui apparaître cl lui dire pourquoi il avait quillé le corps. S'il était mort par suite du courroux des dieux, l'action du sortilège se révélait par une flamme ; si les enchantements de quelque ennemi l'avaieut perdu, une plume rouge en étail le signe. Cela constate de façon ou d'autre, le talioua venait signifier aux parents du défunt le résultat de son enquête, cl recevoir un sa-
(I) Ceue boisson est linfusion d'une plante mâchée par les remmes, puis mise dans l'eau e» fcrnienrée; '« a use saveur poivrée.
<j:,{ DKTIUN.NAIKE
laire proportionné à rio)porlancc du mort. A ce jongleur succédait le tatu-faa-tere ou faa-tun'i'jita , doal l'emploi clail (!c détourner le même mal Je dosus le r- ste de la f mille. Il y procédait à grand renfort de prières cl de • erémonies, après quoi il annonçait aux paicnts que le succès avait couronné ses efforts: il fallait paver eucure un second mystificateur.
On procédait ensuite nus funérailles. Pour les ; autres et pour les hommes de !a clause or linaii e. le corps était place sur un lit de leuilh > odorante?*, et gardé par les parents en deuil ; les plus proches se déchiraient la ligme, la poitrine et le reste du corps avec des dents de requins affilées : le sang ruisselait sur tous leurs memhres. Apres Celle longue teille, on enlevait le corps, puis, à l'aide de bandelettes, on le brida il de manière à ce que les g' n ux fussent forl rapproches de la ligure, tandis que les hras étaient croises ou réunis. Ou l'enterrait ainsi.
Les corps des chefs avaient les honneurs du louptipnu, c'est-à-dire qu'on les embaumait, et on les lai>sail exposés sur des plates-formes, jusqu'à ce qu'ils s'en al as>ent par lambeaux ; on recueillait ensuite !es ossements pour les enterrer dans les moraï's. Des offrandes en vivres devaient être constamment exposées devant les loupa pans, car, d'après les naturels, les viandes et les Iruils avaient des parties invisibles et subtiles qui s'exhalaient et nourrissaient les morls. Le principal personnage du deuil proférait quelques mois qu'il récilait jusqu'à son retour chez lui. Les Taïliens s'enfuyaient à la tue du convoi ; le principal personnage restait seul aprèï la cérémonie. Tous ceux qui avaient assisté au convoi allaient se laver dans la rit 1ère cl pr. mire leurs habils ordinaire-- ; c.:r. p'iur suivie le convoi, ils devaient m- harhou lier de noir depuis les pieds jusqu'aux épaules. Les femmes mêmes ne craignaient pas d'en fa: c autant, et de suivre le convoi nues et lout h- corps noirci. Voyez Moiuï, DtwiL , n. 38, Toupteti .
13 ». Dans 1 archipel Tonga, les funérailles des grands personnage* s'accomplissaient avec h* cérémonial le plus pompeux. Les femmes s'assemblaient dans la maison du défunt, vélues de vieilles nalles déchirées, emblèmes de leur chagrin et de l'abattement de leur esprit ; cl la elles versa enl des larmes abondantes et se meurtrissaient le visage à coups de poing. Les hommes, réunis à part, témoignaient aus.si leur douleur par des acte* d'une extrême barbarie: les uns se coupa enl et se tailladaient dans lous les sein avec; des pierres, des couteaux, des co ju lîages iranchanls, ou se fendaient le crâne a coup' de m .ssues et de casse-léle si tioiemm. nl assenés qu'on pouvait les eutenilre a quinze ou vin^l toises de distance ; le gazon n 'était qu'une nappe de sang. Les autres couraient en furieux, se précipitaient sur des piques, cherchant à s'en enfoncer la poit.le dans les chairs ; d'autres se Ira-
F.S lŒLIGIONS
versaient de part en part les cuisses ou le hras ; lous adressaient en même teuips a ilelunt les mots les plu* doux, les aJieoï le plus len lres. Aux funérailles de Mou-Mou un de> serviteurs du mort alla jusqu'à son i.'re d'huile te d rps el les cheveux, et a inerre le feu ensuite. H marchait cran nu nt au milieu de l'arène avec sa chevelar embrasée. Après celle première troape J fanatiques, il en paraissait quelquefois un s« coude et une troisième, chaque batiic (a saut assaut de supplices volontaires ave c lie qui l'avait précédée, chaque iniimd d • la tmupe cherchant a surpasser ses ca marades par le raffinement de ses soaf frances.
Aux ohsc iues du chef dont nous renoa de parler, des chants mélancoliques eHoc firent trète à ces horribles scènes, ell'oo ri ai river une légion d'environ liO femme niarchant sur une seule file, et portant eba cuuc une corbeille de sable : 80 hommes if? suivaient avec une corbeille à chapeaum, el ils chantaient : « Voici la béiiedioion ilei morts! « l'uis les femmes répétaient le sk>. tel. Lnsuile arriva une autre bande Je Um mes chargées d'une grande quantité .l'cloff* cl faisant entendre le même mode [ Lion: Les irois troupes réunies se dirigèrent ver la tomhe, tout en couvrant de belles oalK el d'eioiïes précieuses la partie du unr c unprise entre la cabane, le lit u où caitl cadav re et le tombeau. Bientôt, au son de conques, aux chanls graves el plaintifs d la foule, le corps fut porté à la scpultar s ur un gros ballot d'étoffes noires. Gela fa t les offiandes commencèrent; on cojtritl lomhe d étoffes, de magnifiques natifs t d'ohjeis précieux. Chaque naturel, chaqi chef lit son cadeau, proportionné à son ra«( et à sa richesse. Cependant les supplice n'avaient pas cesïé: quelques fanatiques s f isaieut couper une phalange, d'autres s mutilaient le visage el se le défigura enl < l'ai le de bourres de noix de c >cos attache* à leurs poings. Ou déposa le corps dansai cas eau, et on y jeta des étoffes ei d.s naiid tandis que les feinnies et les enfants continuaient de pleurer à chai des larmes, el d'à;peler le défunt. On recouvrit la tombe d u» dalle énorme ; alors s'éleva un long en. a* quel tous les assistants répondireul eu déchirant les guirlandes de feuilles dedracî'J suspendues à leur cou. Le deuil el les cérémonies funèbres continuèrent pendrai près d'un mois, mais avec moins de tiultii ^1 d'exagérati »n.
Les cérémonies des funérailles »)o <>LI" touga, ou souverain pontife, se faisoir une échelle plus grau. le encore ; nous*»* décriions à l'article Lvmui.