HAR
pelait Harihara. On raconte à ce sujet qu'un jour Lakchml et Dourya se disputaient devant Siva sur la prééminence de leurs époux. Vichnou survint, et, pour prouver qu'il* ' étaient égaux, il entra dans le corps de Siva, et ne forma qu'un tout avec lui. On rapporte encore d'une autre manière l'origine de ce symbole : On dit que Siva pria un jour Vichnou de reprendre celte forme de femme qnl avait autrefois charmé les asouras ; que Vichnou avait consenti à ce désir, et que Siva, épris de celte beauté, l'avait poursuivie; qu'en vain Vichnou avait repris sa première forme; Siva s'éiait confondu avec lui, comme Salmncis avec le fils de .Mercure. »
HARISTCHANDIS, sectaires iodions, adorateurs de Vichnou ; ils appartiennent aux classes les plus basses, et remplissent dans les provinces de l'ouest les fonctions de balayeurs. Ils tirent leur nom d'Uaristchandra, ancien prince hindou, mentionné dans les Pouranas, qui, ayant été acheté comme esclave par un homme d'une caste impure, instruisit son maître dans les doctrines de la secte. Au reste, on ignore ce qu'ils étaient, et il est douteux qu'il eu existe encore.
HAR1T1, déesse d'un rang inférieur, adorée p ir les bouddhistes du Népal. Elle a un temple dans l'enceinte du Sambhounalh, et est aussi adorée par les Hindous bra h muni stes.
HARIVANSA, un des livres sacrés de»
Hindous; il forme comme un appendice au Mahabharata; il renferme l'histoire de Krichna, incarnation d'Hari ou Vichnou; il remonte cependant à l'origine des choses, et l'on y trouve des renseignements précienx sur la mythologie, la philosophie religieuse et la cosmogonie des Hindous. M. Langlois en a donné une traduction en deux volumes in -SA
HAKKA. dieu des anciens Egyptiens.
HARMONIE. Voyes Hermionb.
HARMONISTES, secte formée dans les Etats-Unis au commencement du siècle actuel, par une société d'émigrants allemands, ayant à leur léte un paysan nommé George Rapp, qui s'étaient réfugiés en Amérique, pour fuir la persécution des Luthériens dont ils s'étaient séparés. Ils s'établirent sur l'Ohio, où ils bâtirent un village, auquel ils donnèrent le nom A' Harmonie, sans doute pour annoncer l'union qui existait entre eux. Là ils développèrent rapidement leurs talents pour les sciences, les arts mécaniques et l'agriculture. Puis ils vendirent leur établissement à des meunonites allemands, et allèrent fonder une autre colonie du même nom dans l'Indiana, où ils avaient trouvé on lieu plus avautageux. Ils professent la religion protestante, sous la direction spirituelle et temporelle de George Rapp ; mais ils admettent une tolérance universelle. Ils font le guet toutes |es nuits, chacun leur tour, et crient, après avoir annoncé l'heure : « Une heure est passée, et un pas est fait vers notre fin ; notre vie s'écoule, et les joies du ciel sont notre récompense. »
MCIH»NAIRE DES RELIGIONS.
Une aulrc colonie, sans rapport avec celle de George Rapp, el appelée New Jlarmonijt fut fondée plus lard par un Ecossais nomme Robert Owcn. Celui-ci voulait, dit-on, y introduire la communauté de biens, et affranchir ses disciples de tous les liens du mariage c' de la religion : c'était ériger en maxime l'anarchie et la dissolution. Cependant il y a des voyageurs qui déchargent Owcn de l'accusation d'athéisme. Quoi qu'il en soit, sa co'.. nie, dispersée à la fin de 1827, est absolument dissoute.
H A ROTE A. nom des adoptes de troisième classe dans la société des Aréoïs, chez les Taïliens; comme marque dislinctivc , ils étaient taloués depuis les aisselles jusqu'aux hanches. Voyez Arko'ïs.
HAROUT et MAROUT. Les musulmans appellent ainsi doux anges, dont le vin et la concupiscence causèrent la perte ; et plusieurs ajoutent que Mahomet se fonda sur leur légende pour prohiber à ses sectateurs l'usage du vin. Ces deux anges dirent une fois à Dieu : « Seigneur , comment se fail-il que vous pardonniez si fréquemment aux hommes, tandis qu'ils s'amendent si peu et ne cessent <ic vous offenser? Cent fois, mille fuis, vous exercez envers eux votre clémence, et ils persistent toujours dans leurs mauvaises voies. » — « Ah i répondit le Très-Haut, si vous connaissiez quelle est la force de la concupiscence !»»—« Eh bienl Seigneur, dirent les deux anges, donneznous-la, afin que nous voyions un peu ce qui en est.» Dieu leur accorda leur demande, et les mit dans un corps mor el. Ils vinrent dans le monde ; «nais, dès qu'ils y furent, ils se lancèrent dans une succession non interrompue de débauches, s'adonnanl au vin et aux femmes. Dans le nombre de c Mes qu'ils séduisirent, il s'en trouva une plus adi < Me que les autres, qui, ayant découvert leur naissance, leur notifia qu'elle ne consentirait à leurs désirs qu'à la seule condition qu'ils remmèneraient «^voc oux lorsqu'ils retourneraient dans le ciel. Ils y consentirent, el, après av* ir donné carrière à leurs passions désordonnées, ils remontèrent au ciel, emmenant cette femme avec eux. Gabriel ayant aperçu celle-ci vint lui demander en vertu de quel droit elle se trouvait ainsi dans le paradis; elle répondit qu'elle y avait été amenée par Harout et Maroul. Irrité de l'audace de ces anges qui avaient voulu introduire jusque dans le i ici l'objet de leur concupiscence, il les précipita sur la terre, dans un puits profond, prés de Rahyloue, où ils sont suspendus par les pieds, s'occupant à enseigner aux Juils la magie, et tous les pernicieux secrets par lesquels les hommes et les femmes cherchent à nuire à la société par leurs ténébreuses pratiques. — Suivant une autre version, celle femme aurait seulement fait semblant de consentir aux mauvais désirs des anses, à la condition qu'ils lui apprendraient piéala! lement les paroles dont ils se servaient pour monter au ciel, el que les ayant apprises, elle sVleva sur-le-champ
jusqu'au Irône de Dieu, qui, pour récompenser sa vertu, la transforma en une étoile brillante.
HAROWITH, dieu ou idole de» ancicu Germains.
H ARPE. — I. Instrument de musique, qui, chez les Grecs, était un des symboles d'Apollon et des Muses.
2. Cliez les Calédoniens, lorsqu'un guerrier célèbre était exposé à un grand jjenl, les harpes, disaient-ils, rendaient d'elltv mômes un son lugubre et prophétique ; souvent les ombres des aïeux du guerrier » pinçaient les cordes. Les bardes alors eeMin aient un chant de mort, sans lequel aucaa guerrier n'était reçu dans le palais de nuages, et dont l'effet élait si salutaire, quel» fanlômes retournaient dans leur palais, poar y recevoir avec empressement el revêtir it ses armes fantastiques le héros décédé.
HARPHRÉ, dieu des Egyptiens ; il formait avec Mandou, son père, et Rilho, sa me*, une Iriad > vénérée dans le temple d'Betmonthis.
HARPOCRATE, dieu égyptien, Gis d Ostm el d'Isis qui le mit au jour avant leriw. Aussi naquit-il avec une si grande faibles* dans les parties intérieures du corps, quil demeura dans l'altitude où sont les enfant» dans le sein maternel, c'est-à-dire les cm* sur la bouche. Les Grecs donnèrent àcette attitude une interprétation différente, et la prirent pour le commandement du silence. Ouelques-uns l'ont cru un philosophe qii parlait peu. Les anciens disent qu'il était M d'Isis, et que sa mère, l'ayant perdu dans» jeunesse, prit la résolution de le cherdw par terre el par mer, jusqu'à ce qu'elle lew trouvé. On assure que ce fut eu cette occasion i'u'clle inventa les voiles, ajoutées par elle «aux rames. Ce trait a fait croire au plus habiles mvlhologues qu'HarpocrjH1 «t le même qu'Horus. Sa staluo se Iro wii l enlree de la plupart des temples; ce q* voulait dire, au scutimenl de Pluiarqie. qu'il fau: honorer les dieux par le sileorr. ou que les hommes, en ayant une connusance imparfaite, n'en doivent parlerqo»vec respect. Les anciens avaient sonrent^ leurs cachets une figure d'Harpncrate, pj« apprendre qu'on doit garder le secret des Mtrès. On le représentait sous la figure du jeune homme nu, ou vélu d'une robe traînante, couronné <t'une mitre à PégypMi* la lele tantôt rayonnante, tantôt sunnoeW d'un panier, tenant d'une main une corse d'abondance, el de l'autre une fleur de M*, et portant quelquefois un carquois. Coast on le prenait aussi pour le soleil, la*"* ' marquait que cet astre produit l'abondJi^ des fruils, et par là donne la vie àtoo*» animaux. Le carquois désigne ««réjoui -oui comme autant de flèches qoii^ che de loutes parts. Quant à la fleur 4»* tus, elle esl dédiée au soleil, parce qutv s'ouvre, dit-on, au lever de c< t aslrr.rt forme à son coucher. La chouelle, sw"1» de la nuit, placée derrière lui, eion*0»"
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Cuper, le soleil qui tourne le dus à la naît. Le doigt qu'il met sur sa bouche est le deuxième doigt, appelé salutaire, dont on se sert pour imposer silence. On offrait  celte divinité des lentilles et les prémices des légumes; mais le lotus et le pécher lui étaient particulièrement consacrés, parce que, dit Plutarque, les feuilles du pécheront la figure d'une langue, et son fruit celle du cœur; emblème du parfait accord qui doit exister entre le cœur et la langue.
HARPYIES (1), monstres, enfants de Neptune et de la Mer, < t, selon Hésiode, de Tfaaumas et d'EIccIra, fille de l'Océan. Virgile ne nomme que Celœno [['obscurité'). Hésiode en nomme trois : Iris, Ocypète (qui vole vite) et Aëllo (tempête). D'antres les appellent Alope, Achéloé et Ocylhoé ou Ocypède. Ces* monstres, au visage de vieille femme, au bec et aux ongles crochus, au corps de vautour et aux mamelles pendantes, causaient la famine partout où ils passaient, enlevaient les viandes sur les tables, et répandaient une odeur si infecte, qu'on ne pouvait approcher de ce qu'ils laissaient: on avait beau les chasser, ils revenaient toujours; enfin c'étaient les chiens de Jupiter cl de Junon, qui s'en servaient contre ceux qu'ils voulaient punir. C'est ainsi qu'ils persécutèrent Phi née, roi de Thrace, que Calaïs et Zélhès délivrèrent en leur donnant la chasse jusqu'aux lies Strophades, dans la mer d'Iouie, où ils fixèrent leur demeure. — Dans la suite, les Troyens, sous la conduite d'Eoée, ayant pris terre dans leur lie, et trouvant plusieurs troupeaux de bœufs errants dans les campagnes, en tuèrent une partie pour leur nourriture. Les Harpyies, auxquelles ces troupeaux appartenaient, sur* trnl tout à coup des montagnes, faisant retentir Pair du bruit effroyable de leurs ailes, et viennent fondre en grand nombre sur les viandes des Troyens, dont elles eulèveut la plus grande partie et souillent le reste. Ceuxci courent sur ces affreux oiseaux pour les percer de leurs épées ; mais leurs plumes les garantissent des coups et les rendent invulnérables.
Le Clerc, Vossios et l'abbé Pluche prenlent les Harpyies pour un amas de sauterelles qui, après avoir ravagé une partie do 'Asie Mineure, se jetèrent sur la Thrace et ur les lies voisines, et y causèrent la faaine; et, comme le vent du nord en délivra î pays en les poussant jusque dans la mer 'lonie, où elles périrent, on publia que les nfanls de Borée leuravaicnt donnéla chasse, anîer croit plutôt y voir des corsaires qui risaient do fréquentes descentes dans les lats de Pliinée, et dont les brigandages y citaient la famine. Cette explication s'acirde assez avec le récit d'Apollodore, qui ipporte qu'une des Harpyies tomba dans le igris, sur les cotes du Péloponèse, et que mire Tint jusqu'aux Eschinades, d'où elle broussa chemi ., et se laissa tomber de lasude dans la mer.
fl> Article emprunté au Dictionnaire de Noël.