‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 322 sur 365 · ER IH · texte numérisé non relu

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suite, les Romains, représentaient Hermès par une figure cubique, c'est-à-dire à arrêtes vives de tous les côtés, sans pieds et sain bras, mais avec la tôle. Servius cherche à rendre raison de cet usage par une fable. Selon lui, des bergers ayant on jour rencontré Mercure ou Hermès endormi sur une montagne, lui coupèrent les pi.-ds et les mains pour se venger d'une peine qu'il leur a vail causée ; c'esl-à-tlire, sans doute, qu'ayant trouvé une statue de ce dieu, ils la mutilèrent de la sorte, et en placèrent le tronc à la porte d'un temple : de là a pu venir l'usage de placer ces Hermès, non-seulement à la porte des temples et des maisons, mais encore dans les carrefours et dans les champs. C'est de ces Hermès grecs qu'est venue l'origine des Termes que l'on met aujourd'hui aux portes et aux balcons des b;Hiaients, et dont on décore les jardins publies. D'après cette origine, on devrait plutôt les îppeler Hrrmes que Termes, mais la dernière articulation a prévalu, sans doute à cause qu'elle exprimait plus justement la fonction de ces statues qui servirent quelquefois à borner les termes ou les limites d'un champ.

Le nom d'Hermès se trouve fréquemment dans les auteurs anciens et modernes, comme synonyme de celui de Thot% homme-dieu égyptien, à qui on rapporte l'honneur de toutes les découvertes f.iitcs par la société dans les sciences et dans les arts. Il présidait à la fois à la grammaire, à la philosophie, à l'astronomie, à l'éloquence, à la musique, etc. On lui attribue l'inveniioi» de l'écriture, et on le représentait accompagné de volumes ou rouleaux au nombre de 36525 ; ce quf, suivant Dupuis, est l'expression décimale qui représente exactemeni le nombre des jours de l'année, comprenant 36$ jours un quart, ou 355/25. — Il porte le surnom de Trismetjiste, ou trois fois trè*-grand.

^ On a voulu retrouver H< rmès ou Thol dans VEnoch do la Bible, qui passa en e(Tet365aus sur la terre, avant d'être enlevé au ciel, et auquel on attribue aussi l'invention de l'écriture et des arts. Les Arabes l'appellent Edris; les ChaMéens, Ouriai ou Pouvait ai; les Phéniciens Taaut; c'était peut-être aussi le Teutntès des Gaulois, et le Fou-hi des Egyptiens. Voy. Thot.

HERMÉSIANISMK. secte plutôt philosophique que religieuse, qui a pris it msam e, il y a quelques années en Allemagne, mais qui a été poussée au point d'intéresser la foi, et de s'attirer les censures de l'Eglise; elle compte encore un certain nombre de partisans au delà du Rhin; c'est pourquoi nous ne devons pas la passer S'»us silence. Nous allons donner un aperçu de cette doctrine, d'après les savants articles insérés dans les Annales de platosoohie chrétienne, tome xvn.

La philosophie hermésiennea eo pour fondateur Georges Hermès, né en 1775, à Dregelwald, en Westpbalie, ordonné prêtre en 1799, et mort en 1831. Son système est consigné dans un ouvrage qui a pour titre :

[•ICTIONNAIKE DES RELIGIONS.

Doqm -th-jue chrétienne c -iftiolique, \ recelé tic deux wiInmiH iY Introduction <le (a théutoqic.

« ! os intentions ilirerlcs d'Hermès el de ses disciples étaient bonnes et louables; ils voulaient défendre 1 1 < rava ce ctaolique contre li S aH.hjues et les repociies de la nouvelle | h;l i«iv !> e ;il!iM'.T.> l'V ^ <>v ml que l.i no:ve !e It'iii iitMiouic nj,h que demandait

i'.'. s tv; n;is< > n il \ < lies de I l part des caili ibqo s. ii> rssiM'ten: de errer une nouvelle ] di. ,-. s > c il h >ii ; ne. qu'il» cru r ni appelée à r- mplaccr la philosophie scoïaslique. Malhi'iireusetneni il> ne lurent pas as»ez *ur leurs <; rrtl.-s. el ne s'a eremeii' p s qu'en crval seul ment changer la f r.no et les L r;ii. <, i!s ( -haiiL'.ii ni aussi le fou Ainsi, un essai infructueux de défense de la religion, h op de c nées- ions accc rlces à l'.-.uîor:té temporelle sur lYtisei^oem nt o.Hhnliq lit*, une s i » n t i^i :i pas a»sez p: ompte, tels sont h s p r î ■ fs iHi'o > a pu reprocher aux ci- Iholi iues h> i inesioiis.

« l!eri:iès «lune, voulant concilier les devoirs d • la lui calh I .(ne avec c • qu'il .i| p la : I I s intérêts de la pensée hum une, -e dévoua à créer un sys è : e qui iep inlil à la fois aux e\i!'< nees de la pensée la pins se\ ère et a ci liés de la plus pure orthodoxie, en créant une démons ri'i n i u< ureiiseoient phiiovopl.i |ue du catho'irisme. Dans (oui s les philosopbi s jusqu'à lui, laei ement ou ouvertement, on supp<wi:t tonjo rs que le christiani-me était une vérile, pui» on essayait de l'appuyer par des dcmon»li allons philosophiques : Vo*i ce q-i'- u a appelé du nom de doute méthodique, de dont'1 nrqntif, lequel, retenu d ms S' S bornes, n'est pas un Vé itah'e doute. Hermès, au cou'raire, lit posilirentent a'<st i action e tout re qu'il ci ov ail, de li-ul ce qu'il sa v ail ; snppn»a qu il n' \ a \ ait rien i!o iei '..in e'. île v rai dans le mou le, nuuscul ment la re ii»ion catholique, n ;n< encore toute auli'e venle, telle que l'existence de Dieu, c< [le du nnui. le, etc., el c'es' ce qu'on appelle le d,, i(r p„s> Hf. Pren ml donc p >ur point de départ h- douic po>i if, il cuti e; ril de vaincre ce doute par les seu'es lorces et les seu'es lumières de la pensée, et de tr u- *er un premier principe de o t:n;lion sur lequel il pourrait solidement élever successivement et par un enseignement riçi.ureux, la venté simple, la vente religieuse, la vente chrétienne, l.i vérité catholique, de tel e sorle qu'il pût è re autorise à poser à tout homme ce dilemme : Ou il n'y a point de vérité, ou la verbe c'est le catholicisme. »

Ainsi, dans Y Introdm tion h lu thcoln/ic. Ib rmès ne s'occupe pas positivement des domines du cailio icisme ; il y trabe simplement des principes généraux de la connaissance humaine et de leur connexion réciproque. Dans Y Introduction philosophique, qui forme le premier volume, il recherche successivement le premier ton dément, de loule connaissance, qu'il croit être la pensée. De là il déduit le monde intérieur el extérieur. Dieu, ses quabtés. la nécessité d'une révélation, la po-sihilité de la couuaitre. Dans le sccotiJ volume. Introduction posi-

tive, Hermès, partant du point où il vrA > s'arrêter, recherche quelles sont les source de la révélation divine immédiate, et h trouve dans les livres saints, dans la Irailion et dans le ministère apostolique tt,. d.'int d m* l'I'^lis»*.

« Oa voit que ce sont à peu près les qoe?bons traitées d ns la plupart dos livres | liilos «phie; mai? ce qui était pmpre à Hfr. litès et ce uni constituait le foml i'e vi s y siè.'iie, c'est qu'il appliquait à chacun^ vérités qu'il voulait établir la nuth-drij démonstration intérieur'- el extérieure. idf> lique ét pratique; et pour faite niicu\to prendre combien cèpe méthode o*t oUrflr» arb traire, insuffisante, nous allons l'ap le quer à un seul l'ail, la résurrection *lejfctisb.lirist. bes herme-ii ns admettent J'.ib»rJ t doute j ositil sur celle vérité, et, pourenw. tir, ils ont recouis d'aboid à la raison lUoriq-ie.

« Selon eux , la f rce de la rnisnn \hmque consiste en ce que d'abord ellefijL'W, comme une chose nécessaire, une m» toi* fisanie <ie chaque lait; rnsu le il faut <|t.Yi'.i> soit old gee d'elal lir colle cause , lorvqnl lui est démontré qu'il est iuqx'So! \t lu établir au- une autre, do telle manière qui lui l'an Irait renoncer à toute autre ciuw.et qui répugne à la raison, si on neiab:i»«j.: pas cel e-Ià.

» Ou voit déjà que pour savoir qu'il et impossible d'etabbr aucune autre raui',1 f iudr.iil connailre toutes b-s lunes Je U P*ture; alors seulement on aurait relie r*naissance infini', intrinsèque, pltint tifî' fuite, et aljs'dumeut requise, d'après IlerinA Aussi les hcrniésieus a v ouenl-ib qu'il »rrive f»eu souvent que l'on puisse aiorli déoionslra ion théorique d'une vén:e, rt alors, pour suppléer au de'aul d-* la théorique, »ls ont recours à la raison ft^ que, lai|uelb', ne juiuvant donner une ur> tu le théorique <|ui rende 1'assmtuneni P j; si-juemrnf nreess ;tre, donnera une crlùè morale. Or, quelle est celle certitude?

» l.a certitude morale ne peut être 22'* qu e lie qui naît d'un assentunent uiurif ment nécessaire, et qui lui est iu :iwta«unié.

« lù laircissons cela par un exemple der par les hermésiens mêmes, et que l'on appli juer à Jesus-Cbrisl mort.

« Supposez un corps pâle, livide, inainec même felide et tombant en dissoluli'^ faut d'abord avoir un doute positif i\<** un cadavre ou un corps vivant; pour»0fJ de ce doute, recourons à la raisonlli(o v felle sera impuissante, parce que. poor'J^ • que c'est vraiment un cadavre, d qu'elle connut toutes les forces de la oîlsa et en particulier, s'il ne pourrait pas<»'?* quelque parcelle de vie dans quelqut;JTf du corps, il faut donc avoir recours à Ur^ son pratique, et chercher si elle ne prut nous donner une certitude morJt y* * corps est un cadavre. Celte certitude, ,t trouvera dans le devoir moral d'en»"1^ ca lavre. De là découle naturclleant-m «•

IIIT IÎER

'tsriié morale d'affirmer que le corps esi

uorl. »

Qu'il dous suffise d'avoirdonnécet é< hantilio du système d'Hermès, eldesesabslraiteset aadmissibles conséquences. Il est f icile de oir combien celle méthode devait jeter de •ouble dans toute l'économie de la doctrine ailiotique. Ces conséquences étaient encore impliquées par la constitution de l'univerté de Bonn , dans laquelle Hermès fut apflé à professer. L'autorité protestante y tait établi une ficulté de théologie calhoque, en dehors de la juridiction ecclésiasijue. Il s'ensui? it un conflit entre les parties de la nouvelle doctrine, et les gens ieux avisés qui prévoyaient que les herméens couraient droit à l'hérésie ou au schisc. EdQm, intervint, en 1835, la coodi m nain eu forme, par le souverain pontife, des rils et do la doctrine d'Hermès. Alors se nouvclèrenl les distinctions, les justifica- >ns, les appels du pape mal inlormé au pape ieui informé, et toutes les menées qui ont u ordinairement à l'origine d'une nouvelle rmr. et qui agitèrent si longtemps les csisà l'occasion du jansénisme. Il y eut paiement des évéques qui soutinrent l'herbianisme, d'autres le condamnèrent ; les rmésiens envoyèrent même des députés au pe; plusieurs se soumirent, mais il en est coreun certain nombre qui cherchent à le fendre.

Noos ne saurions mieux faire, pour mont les tendances funestes de I hermésia- «me, et l'influence qu'il avait déjà sur la tel la discipline, que de reproduire ici, dans or intégrité, les dit-huit propositions que rehevéquede Cologne enjoignit aux her- *ifnj de signer :

1 Je crois et je confesse que cesl une reur conda ble, que de chercher a élar le doute positif comme la base de toute cherche Idéologique, parce que c'est là e voie ténébreuse, conduisant à toutes sord'erreurs, cl qui s'ecarle du chemin royal, "i par la tradition et par tous les saints n». dans l'exposition et la défense des vén de la foi.

!' Je crois et je confesse que c'est uno "t.iiivc condamnable, que de s'efforcer de eter la grâce de la foi daus laquelle nous nmes nés, par la miséricorde de Dieu, de rej.-ter, dis-je, dans le but, en partant doute positif et avec le secours de la rai- Houle seule, de rechercher la foi, de toile nière qu'on puisse tout à fait la rejeter, a raison ne trouve pas la foi ou la néces- ' de la foi.

1* Je crois cl je confesse que la foi est un > de Dieu et une lumière, dont étant éclui- I homme donne un assentiment ferme et f aJhésion entière aux choses qui ont été 'Dénient révélées, et sont proposées par ?lise à notre croyance.

Je rejette totalement et je condamne le erreur, qui établit que la raison est la le principale et l'unique moyen que anime possède de parvenir à la connais- ■et des vérités surnaturelles.

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