FIER
5* Je crois et je confesse que c'est une opinion erronée que celle qui donne à la raison humaine une souveraine autorité pour enseigner et juger les choses de la foi ; mais que c'est plutôt la foi qui est la porte de notre salut, sans laquelle personne, en cette vie, ne peut trouver Dieu, ni l'invoquer, ni le servir, ni lui plaire, et que c'est là surtout le propre de la foi, de réduire toute intelligence en servitude pour l'obéissance au Christ.
C° Quant à ce qui concerne la nature de la foi et la règle des choses à croire, les saintes Ecritures, la révélation et l'enseignement de l'Eglise, les motifs de crédibilité, les croyances qui servent d'ordinaire à prouver et à confirmer l'existence de Dieu, son essence, s.i sainteté, sa justice, sa liberté, «l la fin qu'il se propose dans ses œuvres, que les théologiens appellent ad extra, la nécessité et la distribution de sa grâce, la rétribution des récompenses et l'application des peines, l'étal de nos premiers parents, le péché originel et les f»rces do l'homme déchu, je m'eng.igp à ne rien tenir et enseigner que ce que l'kglisc tient cl enseigne.
7* Je crois et je confisse que tous les hommes, par leur seule génération de la race d'Adam, naissent sous le joug du péché originel, comprenant l'offense et la peine du pi' chii et que ce péché, qui est un dans sa source, et qui, étant transmis à tous par la génération cl n >n par imitation, devient propre à chacun, et qu'outre ce péché origiuel, unie à lui, et venant d«' lui, la concupiscence, effet du péché et inclinant au péché, s'est répandue dans tous les hommes.
8* Cependant, en ce qui louche à la conception de la bienh'-ur«>use immaculée Vierge Marie, mère de Dieu, je me conformerai à ce qui a été établi par le décret Sunclissimus du pape Grégoire XV, de l'an 162-2, et par la bulle SoMcitttdo d'Alexandre VII, qui permettent d'enseigner en public et en particulier, que la Vierge Marie a été conçue sans la fiche originelle; cl qui défendent, sous peine d'excommunication encourue par le seul fait, de soutenir le sentiment contraire, c'est-à-dire d'enseigner ou de prétendre en public ou en particulier, que la bienheureuse Vierge Marie a été conçue avec le péché originel. Outre cela, je tiendrai ce que lient l'Eglise, à savoir, que la bieuheureuse Vierge Mjric a été exempte, durant tout le temps de sa vie, de tout péché, même véniel, cl Je promets de n'enseigner jamais rien en public ni en particulier, sur ce qui regarde la perpétuelle virginité de la bienheureuse Vierge Marie, si ce n'est que le Chrisl Seigneur est né sans aucune diminution de sa maternelle virginité, et que Jésus-Christ est sorti du sein maternel sans aucun détriment de sa maternité virginale, ce qui a été fait par la vertu du Saint-Esprit, lequel a assisté à la conception du Fils et à l'enfantement de la mère» pour lui donner la fécondité et lui conserver une perpétuelle virginité.
9* Je trois et je coufesse que, sans l'inspiration prévenante du Sainl-Esprit, et saut son assistance, l'houinje ne peut croire, es-
III» DICTIONNAIRL
pérer, aimer on se repentir comme il le Huit, pour ((tic In grâce île la juslilicaiion lui soit confère!*. Je ci ois également el je conb sse que l;i grâce iliviiw est donnée par Jesus- C'nist, no i pas s uLmcnl n!iu que l'humnc puisse plus fnahnunt vivre s< Ion la jus ire et mériter la \ie éternelle, comme si, par le libre arbitre el sans la gr ce, il pouvait fa: c* l'un et r.iulre, quoi que jouriaul avec prine Cl diffi ulte.
10" Je crois cl je rnnfesse que chacun reçoit la g are selon l.i mesure i| ti i* liront saint ié|)arlil a chacun, connue il le t i nt, cl sel tu la propre disposition et coopération de chacun; e'> que la priéie non-seulement prépare l'esprit à recevur hs dons de Dieu, mais est le nio) en r< c mm ande par le Seigneur Christ, pour ijue Dieu so l porte à accorder ce qu • mais demandons, pourvu que ce que m ois dcmauJoits ne soit p ;s oppose à lioh e s a tut.
1 lJ Je cro's et je confesse que nous sommes j u > 1 1 11 <* s par la j<istic- il - l>nu. inhérent.- en nous, laquelle est répand.. c ci n uis par les inéri.es du C >r;st.
12" Je condamne cl j'anatliématise. c onme enseignant une grande erreur, louie peronne qui dit que les hum mes sont justifiés, ou par la seule iinput.it ion des mentes du Christ, ou par la seule rémission di s péchés, en excluant la grâce et la « hante que le S.iin1-I>pi il répand dans les cœms cl qui le >r est inieienie, ou inéine que la grâce qui nous juslilie n'est uutre chose que la fanur de Dieu.
!.')• Je crois et je confesse que la prédestination «'Si un m\>ière diirue de imtre admiraiion et <le nul !' \ euei aliou, qu'il f in croire pieusement i l de * ote.neui . el non point pené- Irer trop curieusement avec sa raison, et mi r lequel il ne laul d.spul r qu av er circonspection cl de\aui tics personne- d'un à-e mur. Kga'c m i l je en» s i l je rnnfes-c que les bienheureux «loi v. !it leur ^ . 1 1 • 1 1 à la miséricorde de Dieu, el «pie pourtant les lionnes œuvris !|u'i s ont laits sur la lerre, p.ir la grâre de Dieu ci l< s u ciit«\s de Jesus-Chi ist, dont ils uni elé les membres \i ants, ne sont pa- tellement les dons île D eu, qu'on ne puisse le* appeler leu. s 'i ériies ; el de plus, que les réprouvé, ne peuvent accuser personne qu'eux-mêmes de | nr p-rle.
IV" !v «rois il je coules-e que Dieu .< f.<il ttiuli's choses \>ouï lui-même, et l impie aussi pour le jour mauvais [i' nv. xvi). et que la cau-e fî ii i!e d noire |Usli!'u alion < fil la ijlvire du Christ et l i v ie eterneile.
Ci Je «uns ei je rouf que, selon l'espril «le i'I'.u 1 i . -, |,i s il is'.n ! ion est inqms e dans li «oïlVs-ion, no.:- se u lemenl on iu.î nue garde ; our une vie nouvelle, et mm i c Un n me :e j <» ir nuire inlirmi e, tua s encore comme une punition et u .e peine pour les pc« lies |. i>s s.
l!> Je « rois i | je « on 'e»»e que Dieu punit les méchant « île pei me el< r:iel Y* , d'.. pi es n jusliieque l'on app> lie v indicative, à i tune île 1 1 malice iulen,e ilu / .<?'• lié.
17 Je déclare et [e promeîs vouloir observer, dans le sens le plus strict, le décret du concily
KS RELIGIONS, p.j,
de Trente, av- lut pour but de réprimer ]| lro;> grande pétulance de Certains r>pn:> lequel est couru en ces termes: <Oor f^. sonne, se conliaul en son propre jùee:ueivt, n'ait l'audace de tirer rKcnlure sainte ;i » lri se:i> particulier, ni de lui donner des u>irrpretations on contraires à celles qUr lm (l„n:it cl loi a données la sainte inèro l'I'Vne, t qui il appai lient de juger du vérit.ible .«j el de la véritable interprétation des saim-i Ki rilures, ou opposées au s< ntimcnl nnanime d«is Pères, encore qoe ces i nier prelaboni ne «lussent jaina s être publiées. »
18* Je promets à mon archevêque resr'c; et obéissance, sans aucune restriction mes. laie, dans fouies les choses qui oui rappo '.i la doctrine ou à la discipline; cl je c -nf..« que je ne puis ni ne dois appeler du jugement «le mon archevêque à personne autre, sfi o l'ordre d • la hiérarchie catholique, si ren«t au pape.chel de toute l'Kglise. Je confr^çoe !«• poinife romain lien! la primauté A'urirttt de juridiction sur l«iut<» l'Kglisi;; qu'il M le sucersseur de sainl Pierre, prince des le véritable vicaire du Christ, le chef dtiooi? l'Kglise, le centre de l'unité, le pasteor fa pasieurs, le père et le docteur de Ions h li I !es «lu Christ, cl je tiendrai toujours dan mon esprit, cl je prouverai par mesparoli cl par nies o uvres, que c'esl à lu», «Jansli personne «le Pierre, que le Christ a doast plein pouvoir de pai're les ag.ieaux rl .« brebis, de diriger et de gouverner l'Es 1*4 universere; et, dans l'espèce, je faispr f w sion «-I promesse que y> veux, obéir aota<crit< du souverain pont. Te dans les chomit lu f>i\ et «les mœurs.
HKHMHAIU'OCU \ I I?, statue de Mercor», su montée d'une lélc d'il irpocrate. Lr personnage a des ailes aux talons, cl met ied-iîl soi s i boiiihe. On le reprcsen'e assis sur o« Heur île lotus, tenant d une main uo caJaree, el portant sur la léle un Iruit de péftttf. arbre cou acré à Harpocrale. Peul-êlre a-l* on voulu faire enlen li e, par la réunion il dieu «lu s.lcnce avec celui de l'éloquence. •ju«' le silence e-l quel pu- fui s éloqucot.
HKIlMIIKUACLi;. Y ou. lÏEitMÉHiCi Fi.
III.UMIKNS, bé:éiiques du il' sièc>>ci|i!es d'il 'imias. Us soutenaient que h n>3tière était éternelle comme Dieu ; que les ienr* «les hommes elaieul de feu el de vent, q'J« les anges les avaient créées. Ils n'wsjfil p un! du baptême d'eau, parce que samt Jmo avnil dit : // vous baptisera par l'esprit ft pu le feu. Ils disaient que ce monde c'ait IVhK e< qu i; n y .ivail point d'autre résurrecin» que la génération ordinaire.
liCUMioN, ancien roi des Germains q« sa valeur tî; mellre après sa mort au N«f des duux. On vovail sa statue dans pn'«H« tous les temples de ces conlrecs , il etaii (*ptesenlé en «'o»lunie de guerrier, tonlba^ de |. r, tenant une lance de la main .IroU' à une h ilanc • de la gauche. On v<>vail un i w sur son bouclier. Uei mioit est le nn'n'.erft «vue IJer-nmnii, (i'.r-main, Ar-mtvt*i, men-ful
HERMIONB, ou Harmonie, fille de Mars et r Vénos, ou, selon Diodore de Sicile, de npilercl d'fcleelre, une des Allintidcs, et aime de Cadoius. Les dieux, h l'exception t Jaoun, avaient assisté à leurs noces, et or avaient fait beaucoup de présents. Elle use pour avoir importé cher les Grecs les rentières connaissances de l'art qui porte m nom. Elle «ut un fils nommé Polydore, quatre filles, l"u» Agavé, Autonoé et Sérié. Toute celle famille essuya de grandi albpurs, d'où l'on a imaginé celle fable : ulcam, pour se venger de l'infidélité de Véi$, donna à Hermione un vêlement teint de ot« sortes de crimes; en qui fit que tous i enfants furent des scélérats. Hermione et idmus, après avoir éprouvé beaucoup de alheurs, et par eux-mêmes et dans la péroné de leurs enfants, se virent changés en rpenls. » oy. Cadmus, Elropk.
WKMITAGE (Société de l*), secte d'illuiacs qui se répandit dans la basse Nor- »0'lie, et qui se livrait à des cxirav igauecs croyables. On rapporte qu'en 1G59, allant oc'tsiounellemenl du village de Silly à ■jtenian, sous le costume le plus grotesque, criaient : « Nous sommes fous de Jèsusirist; malheur a ceux qui ne viennent pas tenons en Canada I malédiction aux jaulislul t
HERMITE, bt ERMITE, du mot grecr>uo,-, irrr— l.Ce mot exprime particulièrement homme qui, par principe de religion, s'est tré dans la solitude pour mener une vie m «aime et plus austère, et fuir les dangers U corruption du monde. Dans les premiers kUi du christianisme, plusieurs personnes, il pour se dérober à la cruauté des persé- Uurs du nom chrétien, soil pour se livrer liberté à toutes les rigueurs de la péniice, abandonnaient la société des hommes, le Miraient dans des déserts affreux. Là, partageaient leur temps entre la prière l« travail. Leur logement, leurs habits, ir nourriture, tout resptrait la pauvreté et pénitence. Us habitaient dans des cavernes, diraient leur corps du feuilles de palmier, «aient de l'eau, mangeaient des racines, i«aient presque tous les jours, et méfient continuellement. Saint Paul égyptien, al saint Jérôme nous a donné la vie, est le rciier que l'un connaisse, qui ail emlirassé vie héréruiltque ; il passa 90 ans dans le »«rt, sans y rencontrer aucun être humain, mt Antoine, saint Hilarion, marchèrent r ses traces, ensuite une infinité d'autres, y eut même des femmes qui embrassèrent c/nre de vie, entre autres sainte Marie ^jpte, célèbre pénitente. On peut regarder i premiers hermilcs comme les instituteurs U vie monastique; car plusieurs, ennuyés 'lire dans l'isolement, et trouvant plus de isolation et d'édification dans la sainte vie leurs Ireres, se rapprochaient les uns des l'es, vivaient en commun, 41 ' formèrent wi de | élites Congrégations. Les hc-rmitcs 'premenls dits porlaieot aussi le nom d'dchorètti, c'csi-à-dire vivant en dehors de société; et ceux qui vivaient eu eommu-
iier un
naulé étaient appc'és cénobites, ainsi quo l'exprime leur nom, qui signifie vie commune ou en commun.
2. Quelques ordres re'igieux ont retenu le nom d' //ermites, l'ien qu i s vivent en communauté, lelssont les //ermites de saint Augustin el ceux de saint Jérôme ; m <is ils n'ont pas été fondés par «eux dont ils portent le nom; ils ont seulement ndopié une partie du règlement de vie iud qué par ces saints personnages. Voy. AUGI sTIN!», HlÉRONYMITRS.
3. Il y cul aussi des h ■ mutes dits de saint Paul, qui subsistent encore aujourd'hui en Hongrie, en Autriche et en Pologne. Ils eurent pour fondateur le bienheureux Eusèlie de Sirigooie, riche seigneur, qui ^c relira dans les foréis après avoir distribué sou bien aux
Sauvres. Plusieurs personnes s'étant jointes lui, il fonda le monastère de Silésie, sous le litre de saint Paul, premier hcrmile, mais sous la règle des chanoines réguliers de saiul Augustin. Il mourut le 20 janvier 1270.
k. Plusieurs religions étrangères ont aussi leurs hennîtes, qui vivent d.ms les déserts el loin de la société des hommes; tels sont quelques santons, chez les musulmans; quelques djoguis, les snay assis y les vanaprasthast chez les Hindous brahmanique* ; les y«m«botti, chez les Japonais ; et d'aulres religieux dans presque toutes le* nations bouddhistes*
UERMITHRA, statue représentant un personnage qui réunit les attributs de Mercure et de Milhra, divinilé des anciens Perses.
HERMODR, dieu de la mythologie Scandinave; il est fils d'Odin, el surnommé l'agile. Après la mort de Hatder (dont nous avons donné le récit a l'article Balder), Frigga, sa mère, sollicita quelqu'un des Dieux de descendre aux enfers et d oftVr à la Morl la rançon qu'elle exigerait pour lui rendre son fils. Hermode se chargea de et lie commission; il monta à cheval, el, pendant neuf jours el neuf nuits, il voyagea dans des vallées profondes et ténébreuses, el arriva enfin au bord du fleuve Giall, sur lequel était jeté un puni d'or. La garde de ce pool était confiée à une fille appelée Mod Gudur (l'adversaire des dieux). Hermode cul quelque peine à se faire livrer passage; lorsqu'il lui parvenu au bord opposé, il continua sa roule el arriva à la grille des enfers, qu'il franchit d'un bond de son cheval. 11 aperçoit bientôt Balder assis à la place la plus distinguée du palais. 11 prie Héla de lui permettre d'emmener Balder; mais elle lui répond que, pour être assurée de< regrets universels causés par la mort du dieu, elle exigeait que toutes choses animées et inanimées, sans aucune exception, versassent des larmes en témoignage de leur douleur. De retour dans le ciel, Hermode rendit compte à Frigga du résultai de sa mission. Alors les dieux envoyèrent des messagers de toutes parts, avec ordre de pleurer pour délivrer Balder. Tous les élres »'y prêtèrent volontiers : les hommes, les bétcï, ta lerre, le* pierres, les arbres, les métaux, lout pleurait en>emble. el les larmes formaient un déluge général. Satisfait* du
Ilt5 DICTIONNAIRE
succès qu'ils avalent obtenu, les messagers se hâlaieut de retenir à Asgard, la ville céleste, lorsque, chemin faisant, ils aperçurent dans une caverne une magicienne nommée Tliok. Les mcssag< rs l'ayant priée de vouloir bieu pleurer pour la délivrance de Ralder, elle répondit : « Thok pleurera d'un œil sec la porte de Balder ; qu'Héla garde sa proie. » Ou conjecture que celte magicienne n'éJait autre que Lokc lui-même, le génie du mal, l'ennemi éternel des dieux. 11 était cause que Balder avait été lue; il fut cause aussi qu on ne put le délivrer de la mort.
HKRMOGÉNIENS. hérétiques du deuxième siècle. Hermogèuc, leur chef, était un philosophe stoïcien, qui importa dans le christianisme les erreurs de sa secte. Pour rendre raison de l'otigine du mal, il soutenait qu'il fallait admettre une imitèrc préexistante, coéternelle â Dieu, rebelle à ses ordres, et dont il n'avait pu corriger les défauts. <.'e>t la même question que quelques incréduhs moder nes ont soulevée, et à laquelle on ne peut laire de réponse raisonnable que celle de la croyance catholique. Il disait de plus que les démons seraient un jour réunis à la matière, et que le corps de Jésus- Christ était dans le soleil. Les disciples d'Hermogène furent assez nombreux dans la Gnlalie et en Afrique; ils ont été réfutés par saint Justin cl par Tertullien.
UERMO-PAN, divinité qui réunissait les attributs de Mercure et de Pan
HERMOSIRIS, idole égyptienne qui réunissait les attributs de Mercure et d'Osiris ; comme lu premier, elle tenait à la main un caducée; et elle avait une léle d'epervier, symbole du second.
HERMOTIME, divinité honorée a Ctazomène. C'était un individu de la même ville, dont l'âme, à ce qu'on prétendait, avait la faculté de se séparer de son corps, qu'elle laissait à demi vivant, et allait voir ce qui se passait en des pays fort éloignés, d'où elle revenait ensuite ranimer son corps. Hermolime racontait alors ce qu'il avait vu dans ses pérégrinaiions lointaines. Et comme les nouvelles qu'il débitait ainsi avaient une apparence de vérité, cl ne semblaient pouvoir être inventées, les Clazoméniens ajoutaient foi à ses paroles, le regardaient comme un homme inspiré des dieux, et ils lui rendirent, après sa mort, les honneurs divins. Ils lui élevèrent même un temple, dans lequel aucune femme n'osait entrer.
HERRNHUTERS, sectaires moraves, dont le nom signifie gardons du Seigneur. Des descendants des anciens moraves persécutés s'étaient réfugiés, en 1721 et dans les années suivantes, en Pologne, en Saie, en Silcsie et dans le Brandebourg, où ils s'attachèrent, les nns à l'Eglise calviniste, les autres a l'Eglise luthérienne. Un certain nombre d'entre eux trouvèrent protection à Ber- Ihclsdorf, village do la Haute-Lusace; et, l'année suivante, ils commencèrent à. élever nueluues maisons dans les environ». Telle
ES RELIGIOiNb- lm
fut l'origine de l'établissent sol des ffoniA» ter*, dont ils ont célébré l'année léenliite en 1822. Cet établissement s'accrut par l'arrivée de quelques autres Moraves. p rsu*. dés que c'était là qu'ils devaient a$mir lw pied. A eux se réunirent aussi des Schweill !. disies, expubés de la Silésie ; maii iUchut spécial •ment l'année 1727, comme l'épo-|u« de leur résurrection et de leur liaison atte leurs frères, les luthériens cl les réforme Voyez Moraves, Zinzbnd riiess.
HÉRODIENS, secte judaïque, qui existait du temps de Jésus-Chri*t ; elle Unit m nom tl'Uérode, rot de Galilée, maison ignore duquel des princes qui ont porté le mèw nom. On ne contait pas davantage en qo i consistait l'hérésie des Hérodicis ; plusieurs ont cru qu'ils regardaient llérode comme U Messie; c'est possible. Le poète païen Pme parle d'une fêle d'Herodc qu'on célébrai! a Rome avec de grandes illuminations, cl m l'on buy.iil largement
llerolis venere dies, unctaque fene^trj DUpo&ita: pinguetn neimlam vomnere lucemr. Tumet alba fiJetia Tino.
D'autres pensent que les Hérodiens claien! les mêmes que le< sadducéens. Nous ne nom arrêterons pas à exposer les sentiineub divers qu on a émis à ce sujet; on eu compté sept ou huit.
Ht ROI DE, une des trois fêtes qu'on célébrait à Delphes tous les neuf ans. Les deux autres s'appelaient Charité', et Septirkn Les cérémonies de l'Heroïde étaient de*»>m boles représentant divers événements fab-jleux, et dont il n'y avait que l<s ThjjJtt qui eussent l'intelligence. On croii que l'apjtheose de Sémelô y jouait un rôle ini|ioriir.i.
HÉROÏSME, sorte de déification qui auit lieu chez les Grecs. Elle consistait à tnlourcr les tombeaux des héros d'un bois sacré, près duquel se trouvait un autd qu'on allait, à des temps marqués, arroser de libations et charger de présents. C'est ce qu'on appelait monuments héroïques; tel était le tombeau qu'Andronuquo avail élevé aux mânes d'Hector, soa époux. Les honneurs héroïques étaient somi accordés à des femmes, telles que Hassandre, Alcmène, Hélène, Andromaque, Andromède, Coronis, Hilaïre et Phœbé, Lalone, Manto, etc.
HÉHOS, nom qui est, chez les Grecs, »jnonyme de demi-dieu : ils lo donnaient aat grands hommes qui s'étaient rendus célèbre» par une force prodigieuse, une suite de belle* actions, ou par des services signales ren w à leurs concitoyens. Après leur mort, leurs âmes s[é!cvaient, disait-on , jusqu'aux autres, séjour des dieux, et par là deveuaiut dignes des honneurs rendus aux dieux mêmes. Lucain leur assigne pour deiueoft la vaste étendue d'espace qui se troure entre le ciel et la terre. — Le culte des liénu était distingué de celui des dieux, qui cm* sistait en sacrifices cl libations, pt niant t«* celui dos héros n'était qu'une espèce à*
jrope funèbie : ainsi Ton sacrifiait à Herilo Olympien . comme étant d'uno nature (îtiiorielh*. el Ton Taisait à Hercule Thébain >« fcweraillcs comme à un héros. Mais celle sliuctioo ne fut pas toujours bien obscrc, parce que le héros devenait bientôt dieu, avait ainsi part aux honneurs divins. — >rès la morl d'un héros, ia mythologie et la f*ie ne lardaient pas à s'emparer de sou tioirc; on le chargeait d'actions et de uuttses incroyables , et on lui donnait esque toujours une cxlraclion divine, < n apposant le fruit des amours d'un dieu et une mortelle.
HERSÉ, fiilode Cécrops ; de fut un jour »ff de Mercure, qui vint la demander en iriage. Aglaure, sa sœur, jalouse de la •fériMice, iroubla les amours du dieu; ce- ■ci la frappa de «on caducée, el la changea ti rre. Les Athéniens écvèrcnlun temple îer»é, lui décernèrent les honneurs hciqurs, cl insliluèreni, eu mémoire d'elle, e fétc appelée Hersépharies, qui se coudail arec le* Auruépbories. Voyez cet icle.
IERSIL1E , épouse de Komolos ; après la rt, ou plutôt l'enlèvement de son mari au I, son cœur fut pénétré de la plus vive ileur.Junon, touchée de compassion, la Qt iduire par Iris sur le mont Quirinal, dans boii s;»cré, où Komulus lui apparut tout ptendissanl de lumière, et l'éleva au rang imniorlelles. Les Romains lui décernéil les honneurs divins dans le temple do irinos; ils l'invoquaient sous le uoui rVo, la raômequ7/e7Nr, ou iVUorla.
IERTHA, divinité des anciens Germains, lia statue était placée sur un chariot vert, dans un bois appelé en latin Cattum mt. Elle avait à son service un prêtre ,*eal, avait le privilège do l'aborder.
: n'ai rien a remarquer sur ces peuples, Tacite, en parlant de certaines contrées a Germanie, si ce n'est qu'ils se réunis- I pour honorer la déesse Herlha. Us s'ilittent que cette divinité vient do temps rmps prendre part aux affaires dos hom- , cl se promener de contrée en contrée, s une Ile de l'Océan est un bois qui lui "!e temple; on y garde son char : c'est voilure couverte que le prêtre seul a t de toucher. Dès qu'il reconnaît que la se est entrée dans le sanctuaire mobile, iltelledcs génisses, el le suit en grande rnonie. L'allégresse publique éclate de îs parts. Ce ne sont (iue fêles el réjouises dans les lieux ou la déesse daigno er cl séjourner. Les guerres sont suslues; on cesse les hostilités; chacun res- ; ses armes. Partout règne une paix )nJe , que Ton ne connaît, que l'on ne que dans ces jours privilégiés. Enfin, lue la déesse a suffisamment demeuré ii les mortels, le prêtre la reconduit au sacré; on lave ensuite, dans un lac té, le char, les étoffes qui le couvraient, i déesse elle-même, A ce que l'on pré- . Aussitôt le lac engloutit les esclaves
FIES «ISO
employés h cette fonction : ce qui pénètre les e.sprils d'une frayeur religieuse, el réprime toute profane curiosité sur un mystère quo l'on ne peut connaître sans qu'il en coûte la vie à l'instant. »
Herlha était la Cybèle de* Germains. En effet, le mol erth, erdt signifie encore la terre dans les langue» teutoniques. L'Ile dont parle 'fat île pourrait être ceile é'Heilirje - lande (terre sainte), située à l'embouchure do l'Elbe. Ou lui oITrail aussi des sacrifices sur la cim.î du l rockco,d ms le Hanovre. Ses autels éla cul d'énormes blocs de pierre, en- Lissés les uns sur les autres ; on les nomma encore aujourd'hui la châtre du diable, el l'aitti l des sorcières, parce que la tradition porto que ces cimes servirent à d'anciens sacrifices. Ou croit encore as«cz généralement , dans le Uart/, que les sorcières s'y assemblent la nuit, au premier jour de mai, pour célébrer leur sabbat.
HEUWELE, pratique que les pèlerins musulmans observenL dans les cérémonies qu'ils exécutent à la Kaab.i. ou maison sacrée de la Mecque. Elle consiste à tourner autour du temple scpl fois de suite. Le pèlerin doit faire les trois premiers tours en se balançant alternativement sur chaque pied, el en sautillant. Les quatre autres doivent être exécutés d'un pas lenlel grave. On prétend que ceci a lieu en mémoire de ce qui a été observé p ir M.ihomet, Tau 7 de l'hégire. Les femmes en sont dispensées.
HESCHAMIS. — 1. Hérétiques musulmans, disciples de Hescham, (ils d'Amrou a'-Cou- Ihi, cl surnommé Fouli. Ils poussèrent plus loin que tous le& autres cadri» la doclr.no delà libre volonté de l'homme. Ainsi, ils n'admettaient point ces expressions du Coran, que Kest Dieu qui a uni étroitement les cœurs des musulmans, que c'ett lui qui inspire l'amour delà foi aux fidèles, et qui égare Us incrédules. Ils soutenaient que le paradis cl le feu de l'enfer sont incréés; que les vierges du paradis demeureront toujours vierges, même après avoir servi aux plaisirs des élus ; que Satan n'entre point dans le cœur do l'homme, qu'il lui suggère l«s tentations par une opération qui se ptsse hors do l'homme, et que c'est Dieu qui fait parvenir ces suggestions au cœur de celui qui est tenté (sans doute, néanmoins, sans exercer aucune influence sur la détermination de sa volonté). Ces sectaires ne voulaient point que l'on dit de Dieu qu'il a créé l'infidèle, parce que, d.ms ce mol, l'idée de l'infidélité se trouve joinlc à celle de l'homme, ce qui semble attribuer à Dieu la production de l'infidélité. Us retranchaient des uo.ns de Dieu ceux-ci : celui qui nuit, el celui qui est utile. Us portaient atteinte à la véracité du Coran, en niant que la mer se fût ouverte pour livrer passage i Moïse, que sa verge eût été changée eu serpent , que Jésus eût ressuscité tes morts par la permission de Dieu, cl que la lune se fût fendue en deux à l'ordre de Mahomet. Ils avaient sur l'imamat des opinions singulières; car ils no recou-
«1*7 DICTIONNAinc
naissaient point d'imam dans les temps de guerre civile , d'insurroclion et de division enire le» musulmans. Suivant eux, ce n'est que quand (uns les fidèles sont réunis dans la même opinion, et vivent en paix, qu'ils ont un imam chargé île les gouverner; mais si, le peuple élani divisé et dans un état de révolte et de guerre, I imam vient à être tué, alors l'imam il ne rési'cdaus personne. Delà ils concluaient qu'Ali n'avait point élé, en effet, imam, parce qu'il avait été élevé à la souveraineté dans un temps de trouble et de division, aprè- le meurtre d'Othman. Ce sentiment leur était commun avec d'autres motazalc».
2. Il y a d'autres sectaires mu«ulmans, du même nom, qui appartiennent à l'hérésie des schiiles, tandis que les précédents lonl partie des molazales. Ils so •( disciples de Heschami, Gis de Hakem al-Djewaliki. Ils croient que Dieu est un corps qui a de la longueur, de la largeur et de la profondeur; qu'il est comme la lumière d'une masse de métal fondu, laquelle s'élance de tous coiés en rayons éclatants; qu'il a couleur, goût, odeur; qu'il s'asseoit, qu'il se meut, quM se repose1; qu'il sait ce qui se passe sous la poussière, par le moyen des rayons qui émanent «le lui; qu'il connaît les choses seulement après leur existence, et non pas avant; qu'il louche aux d'eux par sept palmes ég<ux entre eux ; que sa parole est un attribut incréé(; enfin, que les imams sont des iuunoccnts.
HESPÉRIDES, petites-filles d'Hespérus, et filles d'Atlas et d'Hcspéris, suivant Diodore de Sicile, qui en compte ?e( t. Hésiode les fait filles de la Nuit, et Chérécraledit qu'elles durent leur naissance à Phorcus et à Célo, divinités delà mer. On n'en compte ordinaireque trois , B«lé, Arélbuse et Hyperélhuse. Cependant, il y a des poêles qui en nomment encore d'autres , (elles que Hespéra, Erythéis et Vesla. Leur pays était situé à l'extrémité oceideninle de l'Afrique, où elles avaient un jardin planté d'arbres qui portaient des pommes d'or. On dit que ces arbres avaient été donnés par Junou à Jupiter, lois de son mariage avec ce roi des dieux. Leurs fruits avaient des vertus surprenantes; ce fui avec une de ces pommes que la Discorde brouilla les (rois déesses qui aspiraient à l'empire de la beauté; ce fui avec un fruit des mêmes arbres qu'Hippomène adoucit la fière Alalante. Aussi ces pommes d'or avaient-elles clé mises sous la garde d'un horrible ilra^on à cent létes, cl qui poussait à la fois ccut sifflements formidables. Les Hcspérhles avaient des voix charmantes , une beauté et une sagesse peu communes ; sur leur réputation, Busiris, roi d'Egypte, conçut le dessein de s'en rendre maître, el commanda à des pirates de pénétrer dans leur pays, de les enlever et de les lui amener. Ces pirates trouvèrent dans leur jardin les filles d'Alias, qui se divertissaient; )ls se saisirent d'elle», les entraînèrent au plus vile, el les embarquèrent sur leurs vaisseaux. Sur ces entrelaces , Hercule avait roou d'Eurvsiée l'ordre d'enlever les pommes
DES RELIGIONS. m
d'or du jardin des Hespéridrs , et de Ici loi apporler. Le héros se mil en roule; lurlfi côtes de la Mauritanie, il remontra 1rs pi. raies ravisseurs , qui prenaient leur repai près du rivage; et, ayant appris des jeonn vierges le malheur qui leur était armé, il tua les brigands, et rendit les He<pèridti à leur père; Allas, par reconnaissance, donna non-seulement à Hercule lespommei d'or qu'il était venu chercher, mais encore lui enseigna à fond l'astronomie; c'est et qu'on a voulu exprimer en ajoutant que Hercule soutint le ciel sur ses épaules à la place d'Atlas , pendant que celui-ci alla cueillir les fameux fruits. Ce récit esta pei près celui de Diodore; mais d'autres mjtbo. logues avancent que le héros alla droit aa dragon, l'attaqua, le vainquit, et s'empara des pommes d'or.
Plusieurs auteurs, même parmi les anciens, prétendent que les objets si bien gardés dans le jardin des Hcspéndes n'étaieo! pas des pommes d'or (oranges ou citrons), mais des brebis à riche toison; telles, par exemple, que celles que nous appelons maintenant mérinos; en effet, le mol grec pij)ov signifie en mémo temps pommt et brebis. Cette opinion nous parait asseï plausible.
D'autres ont pris celte fable pour une al* Icgorie : Noël le Comte ne voit dans le dragon qu'une image de l'avarice, laquelle »c consume pour garder un or qui lui est inutile, el auquel elle ne veut pas que personne louche. — Suivant Vossius, ce mythe esl un tableau des phénomènes célestes : les hVspêrides sont les heures du soir; le jardin esl l« firmament; les pommes d'or sont le» étoiles; le dragon est le zodiaque qui coupe l'èqua* leur à angles obliques. Hercule ou le soleil enlève les pommes d'or; c'est-à-dire que cet astre, quand il parait, fait disparaître du ciel Ions les aslres. — Mater y trouve tout les principes de l'art de la transmutation de* métaux ; d'autre», Josué qui pille les Iroopeaux des Chanaiiécns, ou la désobéissance du premier homme.
HÉSUS, dieu des anciens Gaulois. Voyi Esus.
HÉSYCHASTES, c'est-à-dire quiétiste»; secle de chrétiens grecs , fondée dans le xiv'siècle.parSiméon, moine du mont Atlios. On les appelait encore OitiphalophyuqiM.
c'est-à-dire ayant l'âme au nombril, à can e de la posture dans laquelle ils se mettait-il pour médit, r ei prier, el qui est dét rite dam un traité spirituel du moine Siroéon. Voici comme il s'exprime : « Etant seul dans (a cellule, ferme la porte et assiseds-toi eu un cois. Elève Ion esprit au-dessus de toutes les choses vaincs el passagères; ensuite appuie u barbe sur la poitrine, tourne les yeux a"* loule la pensée au milieu de ton veoire, c'est-à-dire au nombril. Retiens encore u respiration, même par le nez ; cherche das» tes entrailles la place du cœur, où habite»1 pour l'ordinaire toutes les puissances d* l'âme. D'abord, tu y trouveras des tcuèbrc»