‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 329 sur 365 · IP · texte numérisé non relu

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vallée de Phénéon, en Arcadie, on temple en action de grâces de ce que ce dieu lui avait bit retrouver tes cavales. Le surnom û'Hippien oo Hippienne est encore donné à d'au- 1res dieux ou déesses, à cause des statues équestres qui les représentaient.

HIPPOCAMPES, chevaux marins qui n'avaient que deux pieds et dont la croupi se terminait en queue de poissons; les poètes les mettent au service de Neptune et des autres divinités de la mer.

HIPPOCENTAURES, monstres que la mythologie grecque fait enfants des Centaures. D'autres croient que les Hippoc nlaures différaient des centaures, en ce qu'ils étaient moitié hommes et moiliéchevaux ; tandis que ces derniers avaient la partie antérieure de l'homme, et la partie postérieure du taureau. Voyez Centaures.

HIPPOCIUTIE, féle célébrée en Arcadie à l'honneur d'Hercule Hippien. Les chevaux Haient exempts de tout travail pendant la forée de l'Ilippocralie ; on les promenait par es rues et dans les campagnes superbement nharnachés et ornés de guirlandes de fleurs, .es Romains célébraient, sous le nom de Conwlts, une féte semblable.

HIPPOCRÈNE, fontaine célèbre parmi les wétes de l'antiquité, qui attribuaient à son 'au la faculté d'exciter la verve ; on la disait tée d'un coup de pied «lu cheval Pégase, d'où ui vent son nom (m»™,-, cheval, x/>ijv>j, fonaioe). Celte source, suivant la tradition kistorique, avait été découverte par Cadmos lai apporta aux Grecs la connaissance des àenee* phéniciennes, ce qui a pu la faire garder comme consacréeaux Muses. Cell< s- ) sont en conséquence surnommées Ilippoténidts.

HIPPOLYTE, fils do Thésée; sa grande caoté le fit aimer de Vénus; mais cette éessese voyant dédaignée de lui, inspira à bèdre, sa belle-mère , une passion violente our Hippolyte. Mais, ne pouvant vaincre la liesse du jeune prince, la princesse l'accusa après de Thésée du crime dont elle était seule oopable. Le malheureux père dévoua son ertuenx flls à la vengeance de Neptune, qui ii avait promis d'exaucer trois de ses vœux, n monstre affreux, suscité par le dieu des ws, effarouche les chevaux d'Hippolyie, ui est renversé de son char, tratné par ses hevaux, et qui péril enfin victime des fu- •urs d'une marâtre et de la crédulitéd'un père, uivanl Ovide, Esculape lui rendit la vie, et iane le couvrit d'un nuage pour le faire 3rlir des enfers.

Les Trézéniens lui rendirent les honneurs ■tins, dans un temple que Diomèdc lui fit lever. Un prêtre perpétuel présidait à son u'>e, et sa féte revenait tous les ans. Les 'unes filles, avant de se marier, coupaient cheveux et les consacraient dans le 'niple d'Hippulvte. Dans la suite, les prêtres «Nièrent qu'fiippolyte n'était pas mort aine par ses chevaux , mais que les dieux raient ravi et placé dans le ciel parmi les

constellations, où il formait celle qu'on appelait Bootès.

Il ne faut pas confondre le temple bâti à Trézène par Diomède, avec V Hippolytion, autre temple que Phèdre avait fait construire auprès de la même ville, en l'honneur de Vénus et auquel elle donna le nom de l'objet de sa passion criminelle. Dans la suite on l'appela le temple de Vénus spéculatrice, parce que, sous prétexte d'offrir ses vœux à la déesse, cette princesse s'y rendait pour avoir occasion de voir Hippolyte s'exercer a la chasse dans la plaine voisine.

HIPPOMANCIE, divination par le moyen des chevaux, en usage chez les Celtes. Ces peuples (iraient leurs pronostics du hennissement et du mouvement de certains chevaux; blancs, nourris publiquement dans les bois et les forêts sacrés, où ils n'avaient d'autre couvert quo les arbres. On les faisait marcher immédiatement après le char sacré. Lo prêtre et le roi, ou chef du canton, observaient tous leurs mouvements, et en tiraient des augures auxquels ils accordaient une ferme confiance, persuadés que ces animaux étaient confidents du secret des dieux, tandis qu'ils n'étaient eux-mêmes que leurs ministres. Les Saxons tiraient aussi des pronostics d'on cheval sacré nourri dans le temple de leurs dieux, et qu'ils en faisaient sortir avant de déclarer la guerre à leursennemis : quand le cheval avançait d'abord le pied droit, l'augure était favorable; sinon, le présage était mauvais, et ils renonçaient à leur entreprise.

HIPPONE, déesse des chevaux et des écuries. Les Latins l'appelaient Epune, et la disaient fille d'une cavale et d'un certain Fulvius. On retrouve celle divinité dans le Nordgaw, sous le même nom et sous celui d'Epan-burg. Voy. Epoxr, Equeias.

HIPPOPOTAME, ou cheval marin, animal qui fréquente les eaux du Nil. Les Egyptiens le regardaient comme le symbole de Typhon, le génie du mai, à cause de son naturel malfaisant. Typhon était souvent représenté avec une tête d hippopotame sur un corps humain. Cet animal était honoré à Ucrmopolis et à Paprémis.

HIK AN Y A-G A RBH A , personnification de l'une des évolutions de Brahma, considéré comme démiurge. Son nom signifie ventre d'or, cl il est regardé comme ayant porté dansscs flancs el produit tous les êtres. Voici, d'après M. d'Ekslcin, un exposé des cosmogonies hindoues sur ce sujet :

Hiranya-Garbba (appelé aussi, dans quelques systèmes philosophiques, le néant, la mort, ou la faim ) voulant acquérir la connaissance de son être, s'adora d'abord luimême ; et comme il faut verser une libation à l'objet qu'on adore , il produisit l'eau sous forme de la substance élhcréc, qui remplissait le vide decel espace queHiranya-Garbha occupait seul, comme figure du temps sans bornes. L'eau en se condensant produisit la terre, encore nue et stérile. Après ces premiers travaux, Hiranya-Garbha se repose,

DICTIONNAIRE DES RELIGIONS

épuisé de fatigue ; une sueur abonda oie le couvre ; de là procède la chaleur qui enveloppe aussitôt la mer éthérée.en laquelle s'est transformé l'espace. Hiranya-Garbha se divisa alors en trois êtres ; il devint la chaleur naturelle ou le feu, le soleil intellectuel et l'air, ou le souffle de vie. Voulant sortir de l'universalité des êtres, pour produire leur spécialité, il se revêtit ensuite d'un corps élémentaire. Sa volonté donna l'origine à la parole, et celte parole est la forme des trois Védas et des trois mondes. Sous celte nouvelle formp, il produisit le soleil physique, qui fut constitué'au bout d'uneannée. Mais après l'apparition de cet astre, Hirauyn-Garhhn, pressé de là faim, ouvrit la bouche pour dévorer son propre ouvrage ; le soleil, plein de terreur , laissa échapper le cri de Phânou (lumière;. Le vorace Démiurge, considérant qu'en dévorant son propre ouvrage il diminuerait son aliment, résolut au contraire de l'étendre, et de ce mot bhânou, proféré par l'astre du jour, il lira tous les genres de créatures et leur donna un nom. L'univers a donc pour origine lo sacrifice. Uiranya-Garbha engendra ensuite les animaux et enfin l'homme ; tout ce qu'il enl.iiit.iit, il voulait le dévorer, aussi le nomme-l-on celui qui inange toute chose. Il en est de même du Kronos des Grecs qui dévorait ses ei fanls, et, comme Hiranya-Garbha, figurait le temps sans bornes ; les Latins rappelaient Saturne , le grand mangeur, le dieu rassasié ou repu ($atur).

HIRANYA-KASIPOU, asoura ou mauvais génie de la mythologie hindoue. Il avait obtenu de Brahma la faculté de ne pouvoir être tué. ni le jour, ni la nuit, ni dans sa maison, ni hors de sa maison, ni par les dieux, ni par les hommes, ni par le* animaux, ni par l'eau, ni parle fer, ni par le feu. Enorgueilli d'un tel privilège, il tena d'abolir ie culte d s divinités et de se faire adorer seul surla terre. Son fils Pralhada refusa de souscrire à • e vœu sacrilège ; les caresses, les menaces, les mauvais traitements du géant ne purent taincre la résistance de sou fils. Un soir, au moment du crépuscule, Hiranya-Kasipou, sur le seuil de sa maison, renouvelait ses instances auprès de son fi s pour lui faire abandonner sa religiou. « Où est ton dieu? lui demanda-l-il. — 11 est partout, répondit l'enfant. — 0"°' I même en ce pilier T — Assurément. » Aussitôt Hiranya-Kasipou soulève sa pesante massue et en frappe le pilier. A l'instant même il en sort i un élre moitié homme, moitié lion, qui saisit le géant et le déchira. La forme du monstre, les circonstances du temps et du lieu, le genre de mort du blasphémateur, offrirent des combinaisons qui rendirent inutile l'assurance que lui avait donnée Brahma. On appelle Nrisinha cette forme composée de rhommo et du lion; elle n'était autre que Vichnou, et on la compte pour la quatrième incarnation.

HIKOA-l SCHKRIF.oti la sainte robe; c'est un des vêtements de Mahomet, conservé à

Conslaminople comme uneprécicusercliquc.

Voy. Boniu.

HIRO, dieu de l'Océan chez les TaTtienc, qui le regardaient comme un grand vnyngeur. Ko effet, ne craignant ni les gouffres sont, marins, ni les tempêtes les plus furie ui"i, il parcourait la mer dans tous les sens, tantôt à la surface, tantôt dans les animes, pour visiter les monstres de la mer et s'entretenir avec eux. Un jour qu'il s'était endormi dam une des cavernes les plus profondes, l'nura* gan souffla avec violence sur une pirogue montée par des amis d'Hiro : son sommeil eut donné gain de cause à la tempête; mais le» voyageurs parvinrent à l'éveiller parleur* cris; il remonta plein de courroux a la surface des eaux, apaisa la violence des flot» et sauva ses amis.

Les Néo-Zélandais prétendent aussi qu'il voyage continuellement; mais, suivant roi, il n'aborde que rarement à la Nouvelle-Zélande. Au reste ils redoutent son arriver, car ses visites amènent toujours à leur suite des maladies el.la mortalité.

HISTORIQUR (Agk). A quelle époque doit-on faire remonter l'âge historique des peuples ? — Dans le siècle dern er, où il était de mode de trouver partout le contrepieddes livres saints, on no craignait pas de donner au monde et à la société humaine une antiquité qui remontait à des milliers et même à dus millions d'années. En dépit des notion» les plus saines de l'histoire, on saisissait avec avidité les exagérations de certains écrivains bien inconnus qui, pour donner à leur paji du relief au-dessus des aut< es nations, avaient fait remonter leur origine à des milliers de siècles. Ces fausses chronologies n'ont pu tenir contre la science moderne. Voici, d'après les écrivains les plus judicieux, l'époque où commence l'histoire certaine pour le$ principaux peuples de l'antiquité.

Chinois ix* siècle

Japonais vu*

Grecs vu*

Romains vr

Egyptiens v

Géorgiens m*

Arméniens u*

Tibétains rr siècle

Persans m*

Arabes v*

Hindous xue

Mongols xii»

Turcs xiv

Vhittoire incertaine des peuples les pin anciens, telsque les Chaldéens, les K y plient, les Chinois, les Hindous, ne remonte à peu près qu'à 3000 ans avant notre ère. Il <•»! vrai qu'on ne doit pas la rejeter entièremmi; mais il faut en user avec circonspection» quand il s'agit de donner la certitude historique aux fa ils douteux qu'elle rapporte. Cette limite extrême qui est donnée par Leihniiz et Newton entre les anciens, et par MM. Delnc, de Guignes. William Joo^, Chatnpollion-Figcac, Cuvier, Klaprolti, H o'i entre les modernes, est parfaitement d'accord avec les livres saints; car il est à remarquer que les au'eurs sacrés n'ont jamais pretcu^u

avant 1ère chrétienite.

après l'ère ch ctienne.

IH9 HLl

jonneruoechronologieexacle et universelle, qui n'entrait point dans leur plan. Les calcols des principaux cbronologistes qui ont IraraiJJé sur l'Ecriture sainte diffèrent d'un ou deux milliers d'années. On ignore donc et on ignorera toujours l'époque précise des irandsévénemenls bibliques, comme la créalion , le déluge universel. Cette limite de 3009 ans pour l'histoire incertaine des gr.in- Jes nations concorde également avec les notions acquises en géologie et en physique.

HiriDZl, talismans ou charmes fabriqués parles Orapanorates, prêtres de Madagascar, ît qu'ils vendent aux grands du pays.

HITTAWAINEN, dieu des chasseurs dans la mythologie Gnnoise. 11 exerce, avec Tapio et Knippana, une puissance absolue sur les animaux des bois; ce sont eux qui les enchaînent dans leurs repaires ou les lancent au-devant des chasseurs.

H1VEH, l'une des quatre saisons personnifiées par les anciens. On lui offrait des sacrifices pour obtenir d'elle de modérer la rigueur du froid.

HLA, nom que les Tibétains donnent à la Divinité en général. Co mot correspond au Z^ra sanscrit, qui signifie habitant du ciel.

HLA-DHÈ, nom des génies chez les bouddhistes du Tibet. Ce mot correspond au Dé' m/a sanscrit.

HLADOLET, dieu des anciens Slaves ; son nom dérive du mot hlad% la faim. Il représentait le temps qui dévore tout ce qu'il produit. Il avail pour épouse Zlolabaha, qui l'avait rendu pére de Bielbog et de Tcnernobog, le dieti noir et le dieu blanc, ou le bon cl le mauvais principe.

HL./EVANGR, génie de la mythologie Scandinave ; il présidait aux eaux, cl habitait dans les fleuves.

HLA-KOU, image de la divinité, nom des idoles des Tibétains.

HLA-MO, déesse de la théogonie tibétaine. Il y a dans la contrée de Hlassa un temple où se trouvent cent de ces divinités ; les Tibétains vont faire leurs adorations devant ces images pour se purifier de leurs péchés.

HLA-SA, ville sainte des Tibétains ; son nom veut dire pays des dieux ou de Bouddha ; c'est en effet le siège de la religion lamaïque ; c'est là que réside le Dalaï-Lama, pontife suprême de tous les bouddhistes répandus dans les immenses contrées de l'Asie. On y compte un grand nombre de temples dessertis par une multitude prodigieuse do bonzes ou lamas. A l'ouest de Hia-sa se voit le riche monastère de Botala, dont le toit est d'or, et ians lequel réside le grand lama, que l'on suppose une incarnation vivantede Bouddha ; nais ce chef de la religion est bien déchu de son ancienne gloire; il ne lui reste plus que es apparences du pouvoir souverain, car, le fait, il est réellement sujet de l'empereur le la Chine,

RL1DSKIALP, nom du tronc d'Odin, dieu upréme des Scandinaves ; il est dans la ville élestcd'Asgard.

HOB 1150

HLUDANUS HLDDONIA , dvinilés des Celtes et des anciens peuples du Nord. Leurs noms ne sont connus que par des inscriptions, et on manque de détails sur eux.

HOANG-THIAN, c'est-à-dire auguste ciel:

nom que les Chinois donnenl au souverain être qui réside dans le ciel. Voy. Thun, Chasg-ti et Cua*g-tuian.

HOANG-TI, le premier empereur de la Chine, à dater des temps historiques. Les Chinois lui donnenl une naissance mystérieuse; sa mère le conçut à respect d'une nuée très-brillanie, et accoucha de lui sur une montagne ; dès le moment de sa naissance, il eut une intelligence extraordinaire et sut parler. Devenu cher de l'Etat , il reçut le titre de Hoang-ti, l'empereur jaune, tandis que se* prédécesseurs n'avaient que le litre de rang ou roi. Il institua des sacrifices et rendit un- culte public au Chang-ti ou suprême empereur, dont il se regardait comme le lieutenant et le vicaire sur la terre: l'élément ihi ocratique fut ainsi imporlé-dans le gouvernement de l'Etal, c'est pourquoi il se fil appeler H<>ang-ti : le mot Hoang veut dire jaune ; cette couleur est l'emblème de la (erre, et la terre était en communication visible avec cet empereur ; car, suivant les livres chinois, il régnait même parla vertu do la terre. Hoang-ti veut donc dire le dieu jaune ou le dieu de la terre, ou celui qui est sur la terre ce que le Ti suprême e»t dans le ciel. Il réuna cent an*; il était monté sur le trône 2698 ans avant Jésus-Chris*.

D'autres voient dans Hoang-ti, empereur jaune ou de la terre, l'A lam bib ique, dont le nom signifie en même temps terre et rouge; en effet, on l'appelle encore Kongsun, lo père universel de tous; Yeou-kiong, celui qui possède, domino les quadrupèdes féroce*. Sa femme s'appelait Loui-tsou; ce nom est formé de tsou, aïeule, et de foui, qui entraîne les autres dans son propre mal. Il est certain que ces rapprochements sont frappants; mais nous ne los pousserons pas plus loin, de peur de bâtir un système à la légère.

HOBAL, idole des anciens Arabes; elle était auparavant vénérée dans la Syrie où on l'invoquait pour obtenir la pluie dont on avait besoin. Amrou, fils de Lohai, fils de Harilh, roi du He Ijaz, voyagoant en celle contrée, rencontra des hommes qui adoraient des idoles. Leur ayant demandé ce qu'étaient ces idoles, ils lui répondirent : « Ce sont des dieux que nous avons faits à l'image des étoiles et des hommes. Nous leur demandons du secours, et nous en obtenons ; nous en implorons de la pluie, et ils nous en donnenl. » Amrou, rempli d'étonnement , leur demanda une de ces idoles, et ils lui donnèrent Hobal qu'il rapporta à la Mecque, et plaça sur la Kaaba a»ee le< 360 autres images qui couronnaient la partie supérieure de cet édifice. La statue d'Hoh il était de pierre rouge; elle avait les traits d'un vieillard vénérable portant une longue barbe. Sa main droite ayant été rompue dans le voyage, les Coreischitcs en fircnl faire une

d'or pour la remplacer, el mirent en celle main sept (lèches de celles qui servaient à tirer le sort. Hobal était regardé comme la divinité principale des Coréischites ; aussi, dans le combat que ceux-ci livrèrent à Mahomet sur la montagne d'Obod, ils s'écriaient : « Elève-toi, Hobal ! » c'est-à-dire fais triompher ta religion. Lorsque Mahomet fut devenu maître de la Mecque, il fit renverser la statue d'Hobal et celles de tous les autres faux dieux.

HOBAMOKKO, divinité des sauvages de la Nouvelle-Angleterre : c'était le démon ou le génie du mal ; ils le redoutaient extrêmement, el ils ne l'adoraient que par un principe de crainte.

HO-CHANG, nom que les Chinois donnent aux bonzes qui professent la religion de Fo, ou Bouddha, el particulièrement à ceux qui enseignent la doctrine isolériquc. Les Hochang nient l'existence de la maière et de l'esprit, el admettent à leur place une sorte de nature intelligente. Suivant eux l'âme n'est rien; l'existence de l'Ame est une illusion; la pensée de son existence est une maladie dont il faut s'efforcer de se guérir en tendant perpétuellement à se vider de la pensée de son être, et à parvenir à l'anéantissement final. Ils prétendent parvenir à cet étal ou plutôt au non-étre par une contemplation inouïe, qui, a proprement parler, est une totale el parfaite inaction de l'âme, el par conséquent impossible. Celle inaction des Ho-chang est une espèce de fanatisme qui bannit indifféremment toute action, toute affection et tout senlimcnl; el les philosophes chinois lui donnent avec raison le nom d'apathie stupide et brue, qui ne se peut acquérir qu'en devenant statue. Voyez

HODAMO, nom des prêtres des habitants de l'île Socoiora; ils desservent les Moquamos ou temples; leur charge est annuelle, el les insignes de leur dignité consistant en un bâton et une croix qu'il ne leur est point permis de donner ou de laisser loucher à personne, sous peine de perdre la main.

MODÉ1L1S, hérétiques musulmans, fraction de la seele des mol i/ales; ce sont les disciples d'Abou Hodéil, fils de H;imdan. Ils confondent les attributs avec l'essence de Dieu, el disent que les actions des élus el des damnés sont créées, sans qu'ils puissent s'en faire un mérite ou en être accusés.

H ODER, dieu du hasard dans la mythologie Scandinave. Il étail aveugle, mais extrêmement fort, el très-célèbre par ses exploits guerriers. Sou nom étail néanmoins de sinistre augure parmi les dieux et les hommes, parce que celait lui qui avait donné involontairement la morl à Balder, en lui décochant une branche de gui, que Loke, le génie du mal, lui avait remise entre les mains. Voy. Baldkr.

HODJDJA, c'est-à-dire te témoin; nom que les Druzes donnent au quatrième des ministres secondaires de leur religion. Suivant

ira

eux, chaque imam, en quelque lemps qu'il ail paru, avait des liodjdjas répandus sur toute la terre, et qui se partageaient toute* les nations de l'univers pour les diriger. Le nombre de ces ministres a toujours été 4r douze, comme celui des imams était de sept. Ainsi Adam, le premier des imams, avait douze liodjdjas: le premier fut Enoch, oauf de Basra; le second, Schark, de la ville de Sirména ; c'est celui que nous nommont Setb; suivant les Druzes, il était fils spirituel et non naluiel d'Adam. Le troisième llodiiji d'Adam fut Josué, fiU d'Amram; le quatrième, D.ivid, fils d'Hermès; le cinquième, Jésus, fils deLamech; le sixième, Abid, filsde Sirhan ; le septième, Azrawil, fils de Salmou; le huitième, Habit , fils de Radis ; le neuvièmr, Danil (Daniel?), fils <e Hiralaf; le dixième. Ayyasi'h, fils deHabil; le onzième, Pla'on, fils de Kaïsoun ; le douzième, Gaïdar, (ils de Lamk. Ces douze personnages, donl la coolemporanéité ne fait pas honneur à la science chronologique des Druzes, fu: cnt les ministres de la loi d'Adam el les anges de sa i ndication. — Au reste, on donne aussi le nom de Hodjdja à tous les ministres de la religion unitaire; ainsi Ilamza élait le Hodjdja de llakem.

LOKI-HO Tl-YO. le onzième enfer de»

bouddhistes de la Chine; au milieu coule un immense il-uve de cendres, qui exhale d s vapeurs pestilentielles. Ses flots se heurtent et se poussent avec un bruit cITrovable; san lit est tout hérissé de pointes de fer, cl sur son rivage sont des forêts d'épees. Les bran du s, les feuilles, les fruits et les fleurs .le ces arbres métalliques sont autant d>> daid» aigus. Abandonnés au cours du fleuve, le* corps des réprouvés sont con«tammeni déchirés par les pointes acérées qui I s atteignent au passage, el leur causent dix mille douleurs. Eulreprcnnettl-ils d'échapper à o* supplice, ils se blessent aux dard» cl sut épées qui garnissent les bords; et s'ils parviennent à surmonter ces premières souffrances, ils se trouvent en face de loups et dî panthères qui se précipitent sur eux el déchirent leurs chairs vivantes. Les arbres ce leur offrent point un refuge contre la rage de leurs assaillants; et, s'ils essayent de se loger dans leur feuillage, les aspérités dont i < sont couverts leur tlerhirent les mains et lot flancs. Leurs pieds fi-uleul des lames tranchantes qui réduisent leurs membres en ratabaux, et, dans le même instant, un oiseau j bec de fer leur perce le crâne et leur ronse la cervelle. Alors ils se replongent dmsle fleuve de cendres, où ils ne font que changer de tourments. Cependant ces tortures ont on terme; ils perdent avec la vie la faculté di sentir; mais il ne larde pas à s'élever m vent frais qui les ressuscite, et ils passeot dans un nouvel enfer.

HOGOTIUS, ancien héros, dont quelque peuples avaient fait un dieu.

HO- HO, un des huit enfers glacés, selon les bouddhistes de la Chine.

HO-HOA-TO, sorte de divination pr«tw

DICTIOSNUIŒ DES RELIGIONS.

1155 IIOL

quéepar les Cliinois; elle a lieu par l'inspection des mouchons qui se forment au bout de la mèche d'une lampe.

HOLI. une des grandes fêles des Hindous; rlle commence le 16 mars cl dure dix jours ; les deux premiers sont consacrés aux pr éparatifs de la solennité. On se revêt d'habits neufs, rouges ou jaunes, et les familles se livrent ensemble a la joie cl aux plaisirs. L'un des principaux amusements consiste a se jeter les uns sur les autres de lotir et du gouhl, poudres teintes en jaune ou en rouge, et à s'asperger mutuellement avec de l'eau à laquelle on a donné une couleur orangée. On envoie aussi à celte époque des missives indiquant des rendez-vous aux personnes qu on sait n'être pas chez elles, et l'amusement est en proportion des démarches et des courses inutiles faites p.ir ceux qui sont l'objet de cette imsliiicalion. Les Hindous, si tranquilles et même si apathiques en tout autre temps, semblent à cette féte être possédés d'une espèce de vertige. On voit dans les rues et sur les places publiques des gens qui chantent des chansons licencieuses; d'autres engagent des colloques avec ceux qu'il* rencouirent, et les interpellent sur dt-s faits cotitrouves cl impossibles. Us s'expriment autant que possible de man ère à provoquer le gros rire des auditeurs, et ne >e font pas faut" d'user pour cela «Je termes fort libres. On entend aussi de tous tôles des laiubour>, des trompettes et d'autres instruments qui font un tintamarre épouvantable. Ou toit que le ilo'i des indiens est absolument le carnaval des Européens ; aussi les cipays anglais au service de la compagnie prennent part, comme les natifs, à toutes les folies de la féte.

Us femmes célèbrent le Holi dans leur inleiieur; elles se rassemblent entre elles, ihautentdes chansons et s'amusent à toutes sortes de jeux. Les jeunes filles prennent le nom de gopif ou laitières, eu mémoire des gol>is au milieu desquelles le dieu Krichna passa sa jeunesse ; cl.es en revêtent le costume et se font mille espiègleries. Les hommes n'assislenl pas à ces réunions, si ce n'est quelquefois les maris curieux de voir les jeux folâtres de leurs femmes. Les jeunes gens envoient à leurs maîtresses de petits cadeaux consistant en Heurs, en fruits et eu confitures.

Pendant la durée de la fête, un homme affublé d'une manière grotesque et souvent même indécente, représentant le personnage du Holi, parcourt les rues en adressant aux passants des propos très-licencieux.

Le huitième jour on procède d'une façon un pen plus sérieuse; on place dans un lieu convenablement orné la statue de Govinda ou Krichna; on l'adore , on répand sur lui de l'abir, et on l'arrose d'eau colorée en jaune. La journée et la fêle se terminent par on feu de joie, dans lequel on brûle un mannequin représentant le Holi. Dans les villes et les villages non soumis à la police anglaise, le peuple ayant choisi une place découverte, y transporte toutes sortes de ma-

tières combustibles, telles qae bois, broussailles, herbes sèches, lieule de vache desséchée, etc. Les chefs de villages ou de tribus contribuent les premiers à fournir les matériaux nécessaires, puis le peuple s'empare de tout ce qui tombe sous sa main; palissades, planches, poteaux, porte» de maison, ils enlèvent tout ce qu'on n'a pas soin de garder soigneusement; une fois que ces objets sont placés sur le bûcher, le propriétaire n'a plus le droit de le réclamer. On fait faire alors le Pnudja (adoration rituélique) par un brahmane, et on met le feu au bûcher. Les enfants chantent autour de ce feu des chansons plaisantes; cette cérémonie a pour but de préserver les enfants de la crainte des démons cl des mauvais génies.

Celte léle lire M>n nom d'une U ikchasi, ou démon femelle, appelée //on', Holi ou //o- Itfei. qui autrefois, dit-on, molestait les pel.is enfants. Elle parait être la même que l'uutann, deité malfaisante, qui voulut faire pér.r krichna dans sa tendre enfance, en lui faisant sucer ses mamelles empoisounées ; mais le petit dieu, sachant à qui il avait affaire, aspira si fort et si longtemps, qu'il relira toute la vie du corps de la Kakchasi. La légende populaire ajoute que le corps mort de la méchante fée disparut, cl que les bergers de Mathoura ne la brûlèrent qu'en effigie. On dit que ce fut Krichna lui-même qui institua cette fêle, pour préserver les enfants d'un semblable malheur.

HOLOC, dieu des eaux cl du tonnerre chez les Tlascaltèqucs, peuples du Mexique.

HOLOCAUSTE, mol grec qui signifie brûlé totalement (de ôXov, tout, et xav»riv, brûlé) On appelait ainsi le sacrifice dans lequel la victime était intégralement livrée au feu, tandis que dans les autres sacrifices on se contentait d'offrir à la divinité une partie de la victime, et le reste était mangé par les préires et par les assistants.

1. Les Juifs, sous l'ancienne loi, offraient fréquemment à Dieu des holocaustes ; ils les appelaient dans leur langue rf?j, o/o, c'est-àdire objet que l'on fait monter sur l'autel, ou

S,l73, kalil, ce qui est offert tout entier. Le premier chapitre du Léviiique distingue trois sortes d'holocaustes , celui de gros bétail, celui de menu bétail et celui de volailles. L'individu qui voulait offrir un holocauste de gros bétail devait fournir un bœuf ou veau sans défauts, et l'amener à l'entrée du tabernacle. Là il mettait la main sur la tête de l'animal et l'égorgeait. Les prêtres offraient le sang et le répandaient autour de l'autel; puis on dépouillait la victime et on la coupait par morceaux. Les prêtres dressaient un bûcher sur l'autel, disposaient dessus les pièce* de la victime, la tête et la graisse, ci y mettaient le feu; ils lavaient ensuite les entrailles et les jambes et les jetaient dans le feu, où le tout était ainsi consumé à l'exception de la peau. — Dans l'holocauste de menu bétail, l'offrande consistait en brebis et en chevreaux, qui devaient être mâles, et le sacrilice s'accomplissait avec les

mêmes rites qoe pour un veau ou un bœuf. — Lorsque le fidèle ne pnurnit sacrifier que des volailles, comme des tourterelles ou des pigeonneaux, le prêtre Ips offrait sur l'autel, Ipur rompait le cou, en versait le sang sur un des cotés dp l'autel, otait les plumes et le jabot, feiidail l'animal entre les ailes, sans toutefois le séparer, et le faisait consumer sur l'autel.

L'holocauste était, par le fait même, une rcconuaisiaiu e auihcinique du souverain domaine de Dieu sur l'homme et sur louies les créatures. Celui qui l'offrait protestait par là même qu'il appartenait totalement à Dieu, cl l'holocauste n'était, pour ainsi dire, que la figure de l'oflraïKle de lui-même qu'il devait au Tout-Puissanl.

2. Les Grecs avaient aussi leurs holocaustes. D.ms les sacrifices faits aux dieux infernaux, on n'offrait que des holocaustes ; on brûlait l'hostie tout entière et on la laissait consumer sur l'autel, sans que personne pût manger de ces viandes immolées pour les morts; le motif de sVn abstenir n'était donc pas le même que chez les Hébreux. Les anciens qui, selon Hésiode et Hygin, fusaient de grandes cérémonies aux sacrifices, consumaient les victimes entières dans le feu. Mais la dépense était trop grande pour que les pauvres pussent faire de semblables sacrifices ; c'est pour cela que Promélliéc, que la puissance de son génie a fait passer pour avo<r dérobé le f. u du ciel, obtint de Jupiter qu'il fû( permis de jeter seulement une partie de la victime dans le feu, et de se nourrir de l'autre. Afin de donner lui-même l'exemple et d'établir une coutume pour les sacrifices, il immola deux taureaux et jela leur foie dans le feu. 11 sépara d'abord la chair d'avec les os, fit deux monceaux et les couvrit si habilement de l'une des peaux, qu'ils paraissaient être deux taureaux. Il donna ensuite à Jupiter le choix des deux. Le dieu, trompé par l'romélhée, croyant prendre un taureau pour sa part, ne prit que les os; et depuis ce temps, la chair des victimes' fut toujours mise a part pour nourrir ceux qui sacrifiaient; les os, qui étaient la part des dieux, étaient consumés sur l'autel. Celle fiction, malgré sa bizarrerie, démontre qu'au nio ns en quelques «outrées on a autrefois brûlé des victimes tout entières.

HOM, ou HO.MA, ancien législateur des Parsis ; il est regardé cpmme un Ized ou divinité secondaire, et comme le fondateur du magisme ; son nom rappelle le Irigrammc sacré de. brahmanes, Aum, et le Soma, le P|US anc ; en sacrifice indien, mentionné dans les Veda*. On I avait surnommé /aéré, couleur dm, et celte épillièle l'a faii confondre avec /.oroaslrc, do beaucoup postérieur à lui et que les livres Zends appellent Zéréthoschiro. Lesl lui qui a seconde l'ized Taschler, dans la distribution de la pluie ; il préside à l'arbre /lama, auquel on attribue la verlu de conrérerl immortalité, et avec lequel il est souvent identifié. Il est saint ; son œil d'or csl p, rcaut ; il habile le meut Albordj, bénit

DICTIONNAIRE DES RELIGIONS. |n5 [es eaux el les troupeaux, instruit ceux q»,

font le bien : son palais a re ni colonne». Il * public la loi sur les montagm s, apporté <!Q ciel la ceinture et la < hemise de ses fidèles ti il lit sans cesse l'Avesta ; cVkt lui qui ( écrasé le serpent à deux pieds, et créé l'oseau qui ramasse les graines qui tomb-nid? l'arbre Homa, et les répand sur la terre. Os lui adresse des prières, cl on bénit, à son intention, la tête, l'oreille gauche ou l'œil gauche des animaux. C'est lui, dit-on, qui au* Imit Zoroastre et lui a communiqué miriculeus 'ment sa doctrine.

Nous regrettons que M. Bournouf s'ait pas encore tenu la promesse qu'il a faite, de donne le lésumé mythologique desiioéi faire suite à ses études sur tes textes iend*. qui ont trait à Homa, et à mettre en lumière le rôle de celle divinité. Eu attendant, oou allons reproduire ici quelques passazetda Vendidad-Sadé, propres à faire juger do carac'ère de cet ized. Nous nous serviront de la version de if. Uurnouf, en conservant cependant les noms mythologiques d'Anqoetil.

«Au moment de la journée nommée Hâtas, Homa vint trouver Zoroastre, qui nettoyait le feu et qui chanlail des hymmes. Zoroailre lui demanda : Quel homme es-lu. loi qui, dans le monde existant, apparais à ma toe comme le plus parfait avec ton corps beau?l immortel ? — Alors Homa le saint, qui éloigne la mort, me répondit : Je suis, ô Zuroutre, Homa le saint, qui éloigne la mort. U%w que-moi, ô sapetman ! cxtrais-in»j pour me manger; loue-moi pour me célébrer , afia que d'autres, qui désirent leur bieo,meloueol à leur tour.

« Alors Zoroastre dit: Adoration a Homa! Quel est, Homa, le mortel qui , le premier dans le monde existant, t'a extrait pour le sacrifice? Quelle sainteté a-t-il acquise? Quel avantage lui en est-il revenu? — Alon Homa le saint, qui éloigne la mort, me répondit : Vivengham est le premier mortel qui, dans le monde existant, m'a extrait pour le sacrifice. 11 a acquis celle saioteie, cel avantage lui en est revenu , qu'il lui est né pour fils Diemschid le brillanl, le cbef des peuples , le plus resplendissant des hommes nés pour voir le soleil ; car il a, sous son règne, affranchi de la mort les mâles des troupeaux, de la sécheresse les eaoi et les arbres, el il a rendu inépuisables lei aliments dont on se nourrit. Pendant le glorieux règne de Djemschid, il n'y eut ni froids ni chaleurs excessifs, ni vieillesse, ni mort, ni envie produite par les Dews. Les pères et les fils avaient également tous la taille d'hommes de quinze ans, tant que régna Djemschid, le chef des peuples, fils de Viv

« Quel est, Homa, le mortel qui, le second dans le monde existant, t'a extrait pour le sacrifice ? Quelle sainteté a-t-il acquise ? Qvei avantage lui en est-il revenu ? — Alors Homa le saint, qui éloigne la mort, me répondit : Albvian est le second mortel qui, dan* le monde existant, m'a extrait pour le sacrifice. Il a acquis celle sainteté, cel avanur* lui en csl revenu, qu'il lui est né pour frs

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