‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 338 sur 365 · HUI · texte numérisé non relu

HUI

degrés, avec une terrasse en haut, où l'on avait planté sur un même rang, et d'espace en espace, plusieurs grands troncs d'arbres taillés également, qui soutenaient d» s perches passant d'un tronc a l'autre. On avait enfilé par les tempes, à chacune de ces perches, quelques crânes des malheureux qui avaient été immolés, dont le nombre, qu on ne peut rapporter sans horreur, était toujours égal, parce que les ministres du temple avaient soin de remplacer celles qui tombaient par l'injure du temps.

• Les quatre côtés de la place avaient chacun une porte; elles se répondaient, et étaient ouvertes sur les quaire principaux, vents. Chaque porte avait sur sou portail quatre statues de pierre, qui semblaient, par leurs gestes, montrer le chemin, comme si elles eussent voulu renvoyer ceux qui n'étaient pas bien disposés : elles tenaient le rang de dieux liminaires ou portiers, parce qu'on leur rendait quelque révérence en entrant. Les logements des sacrificateurs et des ministres étaient appliqués à la partie intérieure de la muraille, avec quelques boutiques qui occu|. aient tout le circuit de la place, sans retrancher beaucoup à sa capacité, si vaste, que 8 à 10,000 personnes y dansaient commodément aux jours de foies solennelles.

« Au centre de cette place s'élevait un grand édifice de pierre, qui, par un temps serein, se découvrait au-dessus des plut hautes louis de la ville. Elle allait toujours en diminuant, jusqu'à forme une demi-pyramide, dont troi» de-, côtés étaient en glacis, et le quatrième soutenait un escalier; édifice somptueux, et qui avait toutes les proportions de la bonne architecture. Si haute ir était de 120 degrés, et sa construction si solide, qu'elle se terminait en une place de 40 pieds en carre, dont le plancher était cou vert f rt proprement de divers carreaux de jaspe de toutes tories de couleurs. Les piliers ou ap, uisen for. ne de balustrade qui régnaient autour de celle place étaient tour» nés en hélice,, et revêtus sur les deux faces de pierres noires semblables au jais, appliquées avec soin, et jointes au moyeu d un bilume rouge et blanc ; Ci' qui donna l beaucoup de grâce à tout cet édifice.

« Aux deux côtés de la balustrade, à l'endroit où l'escalier finissait, deux statues de h. arbre soutenaient deux grands candélabres d'une exécuiioa exlraor linai e. Plus avant s'élevait une pierre verte de cinq pieds de haut, (aillée en do-, d'âne, où l'on étendait sur le dos le misérable qui d vait servir de victime, afin de lui fendre l es omac, et d'en tirer le c,eur. Au-dessus do cette pierre, en face de l'escalier, on voyait une chapelle dont la structure éla t solide et bien entendue, couverte d'un toit de bois rare et précieux, sous lequel était placée l'idole de Huitzilopochtii, sur un autel f rt élevé, entouré de rideaux.

« Une autre chapelle, à g juche do la première, et de la même fabrique ci grandeur, eufcrmail l'idole du dieu ïïaloc. Le tré-

8or de ces deux chapelles était d'un prix inestimable ; les muraille» et les autels étaient couverts «le joyaux et de pierres précieuses, sur des plumes de couleur. »

Trois fois par an, les Mexicain* célébraient une Grande fête en l'honneur de Huilzilopochtli. La première avait lieu dans le cinquième mois de l'année, nommé toxcatl. Sur un squelette fait du bois mizctull, on faisait avec la paie de la graine tzohnaUi une image de Huilzilopochtli, que Ton revotait «lu costunv et des ornements symboliques de ce dieu. On la plaçait ensuite sur l'autel, et l'on apportait devant elle un rouleau «le papier d'aloès qui avait vingt brasses de long, une de large et un doigt d'épaisseur, et sur lequel on avait peint et représente tous ses exploits : on brûlait des parfums devant cette idole, les prêtres et les prêtresses* dansaient à l'entour de la statue, et tout le peuple en faisait autant dans la cour et sur les parvis du temple. Ensuite on immolait un esclave.

Au neuvième mois, nommé tlaxucnimaco , on renouvelait les danses et les sacrifices. Mais c'était dans le quinzième mois appelé panquetzaliztli, qu'avait lieu la léte principale. Deux jours auparavant, des espèces de vestales, appelées fille* de la pénitence, mais qui pendant celte solennité prenaient le nom de*<rur« de Iluitzilopocldli, pétrissaient avec du miel cl de la farine de maïs une figure de ce dieu. Tous les seigneurs assistaient à la composition . Ensuite on parait l'idole d'habits et d'ornements magnifiques ; on la plaçait sur un trône couleur d'azur, posé sur un brancard. Le jour de la fête, aux premiers rayons du soleil, toutes les jeunes filles, vêtues de robes blanches, couronnées «le grains de n aïs rôti, les poignets ornés de bracelets de mêmes graines, les bras couverts de plumes rouges, et les joues peintes «le vermillon, portaient le brancard .sacré jusqu'au temple. De jeunes hommes prenaient l'idole de pâle et la plaçaient au pied «les grands degrés ; le peuple venait se prosterner «levant elle, en se mettant sur la tète un peu de terre que chacun prenait sous ses pieds. Ou organisait ensuite une procession, qui se rendait d'abord vers la montagne de Chapullepèquc, où on offrait un sacrifice. De là on allait à Allacuva, lieu célèbre par les traditions «le leurs ancêtres, cl enfin à une troisième station nommée Cuyoacan. On revmaità Mexico sans s'arrêter, car cette procession «pii était d'environ qualre lieues «levait être faite en qualre heures, «i'«iù lui venait le nom d 'Ypaina, cesl-a-diro voyage précipité. Les jeunes hommes portaient le brancard au pied des grands degrés, où ils l'avaient pris, et l'élevaient au sommet du temple à grand renfort de poulies et de cordes, au bruit de toutes sortes d'instruments. Les adorations du peuple redoublaient pendant cette cérémonie. L'idole était placée dans une riche cassette, au milieu des parfums et des fleurs. Dans l'intervalle, déjeunes filles apportaient des morceaux de la même pâle dont elles avaient fabriqué la

ES RELIGIONS

statue, pétris en forme d'os, et qu'on appelait pour cela les os et la chair de Huilxdopoehtli. Les sacrificateurs venaient à Uur côté, parés «le guirlandes et de bracelets «le fleurs, faisant porter à leur suite les ûgure*. de leurs dieux et de leurs déesses. Us se plaçaient autour des morceaux de pâle, qu'il» bénissaient par des chants et des invocations. Celte bénédiction était suivie des sacrifices , el, dans celle solennité, le nombre des victimes était beaucoup plus grand qu'aux autres fêtes. Les jeunes filles chantaient au son d'un tambour, et tous les seigneurs réptnulaient à leurs chants, en manière de « hœur; pendant ce temps-là on dansait autour de l'idole et du temple , mais il n'y avait que les nobles qui y prissent part, revêtus de leurs ornements les plus riche»; le peuple jouissait du spectacle, mais à quelque distance, et ne s'y mêlait que par ses acclamations. Celte danse se nommait quinacoain, el ce fut pendant qu'on la célébrai! qu'eut lieu, sur l'ordre d'Alvarado, leaissacre de [la noblesse mexicaine. La ckdtt était formée par des danseurs des deux seie<( placés alternativement et se tenant par la main. Ceux qui s'étaient distingués à la guerre avaient seuls le privilège de passer leur bras autour de la taille de leur danseuse, ce qui élail sévèrement interdit aut autres. Quand la danse était terminée, Ton faisait une nouvelle procession solennelle; les guerriers y figuraient une escarmouche, el y mettaient un tel acharnement qu'il en périssait quelquefois un grand nombre.

Après les rejouissances de la fêle, les pnî- 1res brisaient l'idole de pâte, ainsi que le» morceaux appelés les os de Huilzilopochtli, el en distribuaient les fragments aux assistants qui les mangeaient avec tontes les apparences d'une grande dévotion. Si l'on es croit ,1e récit des historiens espagnols, celte sortede communion a vailles plus grands rapports avec les rites catholiques ; ainsi les communiants étaient persuadés qu'ils mar>geaicnl la chair de leur dieu ; c'était un péché «le premierordre de prendre quelque autre noui nlure avant midi; tout le monde était i.verli de s'en garder; on allait juspj'a cacher l'eau pour en priver les enfants. Ot portait même aux malades de ces mets roa sacrés. La solennité finissait par un discours du grand prêtre, qui recommandait 1 observation des lois et des cérémonies.

111 MA MT A RIENS, nom qu'on donne quelquefois, en Angleterre et aux ElaU-C*»»

aux Unitaires, parce qu'ils réduiseot el ravalent la dignité du Messie à la seule qoa* lilé d'homme, nient sa conception divine. b rédemption par ses souffrances, I'eflicaci'é du bapléme pour effacer la tache originelle, puisqu'ils nient également sa transmission i la postérité du premier homme. Ils rejettent conséquemment le symbole des apôtres;" un mot, ils ont adopté un système cooligo" déisme ; mais comme le déisme estasse* néralemenl décrié en Angleterre, les taules, pour échapper à l'improbation dooi u esl frappé dans l'opinion publique, s'afre-

m\ HUN

g«oi anx Humanitariens. Voy. Unitaibbs.

HUMILIÉS (Obdbb des), ordre fondé dans |«xn* siècle par quelques gentilshommes de Milan, qui, do consentement de leurs femmes, se réunirent en corps de congrégation, prirent le nom à' Humiliés, et ajoutèrent le tau de chaiteté à la pratique des pieux exercices qu'ils faisaient en commun. Cet insiital subsista cent ans sans règle écrite. Saint Bersard, étant venu à Milan en 1134, lui en dressa une qui fut adoptée. Quelques années après, saint Jean Oldrato, appelé vulgairement de Méda, y introduisit la régie du saint Benoit. Mais an commencement du xvi*siécley il* étaient tombés dans un tel relâchement quM n'y avait que 170 religieux pour les 90 monastères que possédait leur congrégation. Leurs supérieurs, qu'on appelait prévôts, faisaient de leurs revenus l'usage qu'ils jugeaient à propos , et vivaient sans règle. Saint Charles Borromée, alors archevêque de Milan, obtint du pape deux brefs qui l'autorisaient à faire ce qu'il jugerait convenable pour les réformer. Il fil assembler à cet effet on chapitre général à Crémone, où il publia des règlements propres à ranimer la ferkenr primitive de l'institut. Les religieux les 'purent avec plaisir ; mais les prévôts et les rères convers refusèrent de s y soumettre. Trois des prévôts résolurent même la mort lu saint archevêque, et soudoyèrent un prére do même ordre, qui lui lira un coup d'ar- |»ebuse, mais le bienheureux fut préservé l oue manière toute providentielle ; la balle 'aplatit sur son rochet. Le pape Pie V aboli cet ordre, et employa leurs revenus à des nages pieux.

Hl'MMA.dieu souverain des Cafres, qui lit tomber la pluie, souffler les vents, et qui oone le froid et le chaud ; mais ils ne croient asqu'oo soit obligé de lui rendre hommage, arce que, disent-ils, tantôt il inonde les tern de pluie, tantôt il les brûle de chaleur et t sécheresse, sans garder la moindre proorlion.

HINKRAR-1MAMI , nom que Ton donne, Consianliuople, aux imams du sérail, qu'on ourrait appeler les aumôniers dn sultan. Ce ont eux qui sont chargés de faire le namaz prière canonique) et de prononcer la khotba le prône), les vendredis, en présence du sulin. Il y a deux officiers do sérail qui por- *nt ce titre, et qui remplissent ces fonctions, tacnn leur semaine.

HUN Z A HUA, héros des temps mythologiueschez les Moyscas ; il régna 250 ans sur •oie la contrée, et fonda la ville de Hunza, ~>nt les Espagnols ont fait Tunja. La légende ipportu qu'Hunzabua étant devenu amouîQsde sa sœur, il vil bien qu'il ne pourrait »s réussir dans ses mauvais desseins, tant d'elle serait sous la surveillance de sa mère.

annonça donc qu'il allait faire un voyage >ei les Chipataes, pour acheter du coton ie cette province produit en abondance, el 'manda à sa mère de lui donner sa sœur )ur l'accompagner. L'ayant obtenue, il proa de cette occasion pour la séduire, et la

HUS tîOi

ramena ensuite à la maison. Mais bientôt la mère s'aperçut que sa fille était enceinte; elle fut saisie d'une telle colère, qu'elle voulut la frapper du bâton avec lequel elle remuait la cbicha qu'elle était occupée à préparer dans ce moment ; mais celle-ci n'étant heureusement baissée assez vile, elle n'atteignit que le vase qui fut brisé en morceaux : la chieba se répandit par terre et donna naissance à une source que l'on appelle actuellement la source de Donato.

Hunzahua fut tellement irrité des mauvais traitements qu'éprouvait sa sœur, que, montant sur une colline qui domine la ville et la vallée de Tunja, il les accabla de malédictions : c'est depuis celle époque que ce district est froid et stérile. Il appela ensuite sa sœur au son d'une trompette de bois. Quand elle l'eut rejoint, ne sachant de quel côté se. diriger, il lança en l'air une flèche garnie d'un grelot, et marcha dans la direction qu'elle avait prise. Elle le conduisit dans la province des Lâches, où sa sœur mit au monde un Ois. Ne sachant qu'en faire, il le changea en pierre el le cacha dans une caverne où il est encore aujourd'hui. Les deux époux continuèrent leur vie errante et arrivèrent enfin sur le territoire de Bogota. Mais parvenus auprès du saut de Téquenlama, ils se sentirent tellement épuisés de fatigue, qu'ils s'arrêtèrent dans cet endroit, où ils furent changés en deux rochers que l'on y voit encore aujourd'hui.

HDOCOVU, HOUOKOUVOO, mauvais esprit de la théogonie des Palagons. Foy.Giu-

UCHU.

HURIN-PACHA , nom que les Péruviens donnaient au monde terrestre que nous habiloos , par opposition à Hanan-Pacha , le monde supérieur , el à Veu-Pacha, le moude inférieur ou enfer.

HUSSITES, hérétiques du xr siècle, ainsi nommés de Jean de Hus ou de Hussinels , petite ville de Bohême , cl communément Jean II us.

Cet hérésiarque fit ses études dans l'université de Prague, y prit les degrés , el en fut même recteur pendant quelque temps.

On assure que ses mœurs étaient graves et anstères. Il avait de la science el de l'éloquence, comme on en avait dans ce temps-là ; cYst-ànlirc que son esprit fut de bonne heure rempli et préoccupé de toutes ces questions oiseuses qui partageaient les écoles : querelles de privilège entre les différents ordres réguliers et mendiants ; questions scolasliques entre les étudiants ; questions do droit naturel, d'autorité,de hiérarchie, de réforme, toutes palpitantes en ce moment.

Les disputes soulevées par Wiclef en Angleterre avaient eu du retentissement jusqu'en Allemagne. Jean Hus, attaché aux saines doctrines, blâma d'abord fortement les idées de ce chef de secte ; bientôt il se familiarisa avec elles, et quand il fut prêtre et prédicateur, il se mil comme Wiclef à prêcher une réforme rude el sévère, désespé-

IjIf.TIONNAHtE DES HELHIIONS.

rantc même, comme son caractère loul âpre et absolu. Les abus qui s'étaient introduits dans le régime ecclésiastique, les désordres tr< p fréquents dont il él«il témoin , le ia»le , le dérèglement et l'ignorance d'une grande partie lu clergé, les excommunications réciproques des antipapes qui, de son temps, se disputaient le siège apostolique, les croisades qu'ils faisaient prêcher l'un contre l'a tt tri*, les indulgences qu'iis prod.:uaienl à leurs partisans, tout acheva d'irriter le zèle de Jean Hus. II ne dissimula pas ses sentiments, et comm nça à prêcher hm-.: feu contre la corruption îles ecclésiastiques, et contre leurs richesses excessives. .Mais il ne sut po:i t s'arrêter dans cette route périlleuse. Il enseiuea qu'aucun homme en elalde péché mortel ne peut élre pape, ni évèquc , ni prince, ni seigneur; qu'on n'est point de l'Egli-c .! moins qu'on n'imite la vie de Jésus-Christ et des apôtres ; qu'en conséquence les pécheurs ne sont point membres «le la communauté des chrétiens : qu'il n'y a point d'autre chef de l'Eglise que Jesus-Chrisl ;

A ces erreurs majeures en hit de religion, Jean Hus joignait d'autres querelle* 4* philosophie et départis, vaines, rutiles h m,$ yeux, mais qui alors étaient au n om* dur,» aussi grande importance, et qui aigrirent les esprits contre lui autant que ses nions hérétiques. La querelle des 'éahWfi des nominaux était alors flagrante à l'uni, veivité de Prague. Jean Hus soutenait |p pari des réalistes, cl le soutenait avec l'acharnément \\v\\<n menait alors à ces petites quêtions. En qualité de recteur de l'université , il persécuta à outrance les nominaux: >] souleva en outre toute la nation allemandde cette université, en lui f isant perdre irai des trois voix qu'elle avait eues jusqu'alori dans les assemblées. C'était de ces ouVri qui ne se pardonnaient pas en ce te nps-la; aussi le recl ur des Allemands, suivi tle plis de û'MV) écoliers, déserta Prague pour >t r^uà l.eipsik.

Jean Hus, en bulle à tous les orage* swite- contre lui par sa conduite et p-ïr <« opinions, no voulait pas pourtant sortir 4a que les sujets et les particuliers doivent te- g-ron de I Eglise catholique. Aussi, poire».

prendre les vices de leurs smer.eurs ; que les inférieurs onl le droit d'examher et de juger les l 'is de leurs supérieurs et de leurs maîtres ; que toute action faite sans la charité est un pêche , etc. On voit que la première source des erreurs de Jean Hus venait d'un rigorism • outré . et qu'il voulail introduire 1 ne réforme pire que les abus qu'il roulait réprimer. Cependant cette doctrine se fil des partisans en lloliéme et en .Moravie.

L'ai chcvê(| uc de Prague et le pape ne purent laisser passer sans condamnation de si étranges princij es. Jean , qui pielend.iit avoir à reformer le inonde , y compris les évêques et le pape, fut loin de se soumetire. Il continua de prêcher avec plus de vivacité que jamais ; il prit la défense des livres deWiclef, qui venaient d'être condamnés au feu lout récemment ; non pas qu'il voulût encore justifier toutes les opinions erronées de cet hérésiarque , mais il soutenait que, loin de brûler les livres de- hérétiques,

rer aux condamnations portées cwiire lui par son archevêque et par le pape, il eut rr» cours à la méthode employée alors par tous ceux qui étaient condamnes, à un appel au futur cou- ile , protestant qu'il se sounieitraU a son jugement. Lorsque le concile de Constance s'ouvrit, il y vint, muni d'un sanf-mnduit de l'emper ur Sigismond , et y sou'.ibI av. c opiniâtreté de nombreuses thèses coitre i'uuiver>itc de Paris. Cependant sa doctrine ne put être approuvée , et le concile la coud mua expressément. Jean, ne vouiant rien céder, chercha à s'échapper et à retourner en liohème , où il avait de nombreux partisans, surtout parmi le peuple des ». Ht» et des campagnes; mais il fut arrêté déguisé en charretier, et ramené à Constance. Là il soutint jusqu'au bout son caractère infinible.ct refusa toute rétractation. Les Pères du concile le déclarèrent dégradé de la prêtrise et privé de tous les privilèges ecclésiastiques. 11 fut livré au bras séculier qui s'emp ira de

il faiîait les laisser entre les maais du peu- lui, et, sur l'ordre de l'empereur, il fut brûie pie, cl lui donner l'instruction nécessaire en celle ville le 6 juillet de l'année lilâ. poorlc mettre en état de les juger par lui- Jean Hus suhilcesupplice avec un courageet même et d'en aperce» oir le faux. II appliqua une fermeté dignes d'une meilleure cause ce principe a l'Ecriture sainte . et soutint Sa mort, loin d'affaiblir et d'intimider s« que pour savoir ce que nous devons croire ou rejeter, il faut que chacun consulte les livres saints et les commente de son autorité privée. Celte règle, établie dans le siècle, suivant par les protestants , le ;ams>a au si à nier plusieurs autres dogmes, entre auires la présence réelle de Jésus-Christ dans l'euch irislie. 11 attaqua aussi la confession, soutenant que le po noir de lit r et de délier accorde aux apôtres n'était qu'un pouvoir ministériel , qu n'opérait rien par luimême; que Jé-ui -Christ seul avar le pouvoir de lier et de délier; d'où il < oucluail que les péchés étaient rem s p tr la seule cotilri* lion, et non par l'absolution du prêtre , qui déclarait seulement que le pardon avait clé accordé.

partisans, les rendit plus opiniâtres dans les doctrines nouvelles qu'ils avaient embrassées. Aux opinions de leur chef ils joignirent une nouvelle erreur, qui leur fut suggérée par un curé de Prague nommé Jacobei.

Celte erreur consistait à soutenir que U communion sous les deux espèces était absolument nécessaire au salut, suivant ce> paroles de Jésus-Christ : « Si vous ne maugfl la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son >-ang, vous n'aurez point la *i« " vous.. » Le sentiment de Jacobei avait été <>pprouvé par Je. m Hus, alors au concile «te Constance. Après le supplice de re'iiKi , el bien que ses parli-ans eussent éteenoffmunies par le concile , ils continuèrent * soutenir el à enseigner ces doclrines. D**»

uo5 nus

plostears endroits de la Bohême et de la Momie, on commença même à .idrainistrer la rmnmanioa sous les deux espèces ; mais les corés fl les prêtres catholiques s'opposèrent avec tant de force à cette innovation, que les prêtres hussiles furent obligés de se retirer jur une montagne , et d'y ériger une chapelle pour donner la communion à leur ma* oière. Celle montagne fut appelée Thabor, mol qui , dans la langue du pays, signifie Itntt ou fomp. Le peuple accourait en foule auTbabor, et la communion sous les deux espères semblait s'accréditer par les obstacles métnps qui la devaient détruire. Les Hussiles, poussés à bout par les rigueurs exercées contre eux, ne consultèrent plus que la rage et le désespoir, et prirent les armes pour se défendre. Zisca, chambellan du roi Wenceslas, se mit à leur léle. Cet homme , qui possédai! toutes les qualités d'un grand capitaine, rendit le parti des Hussiles redoutable aux plus puissants princes. 11 fit bàlir une forteresse sur lo Tliabor, rassembla les Hmsiies en un corps d'armée , les forma au service militaire, et se jeta ensuite sur les ennemis. La victoire le suivit partout. Il rangea la ville de Prague, massacra les sénairurs, pilla et brûla les monastères. Ses sol— ièii étaient animés au carnage par la vue d'un tableau où l'on avait peint un calice qu'il faisait porter devant eux. Sigismond voulut s'opposer aux progrès rapides de Zisca ; il mena contre lui des armées formidables qui furent taillées en pièces. Vaincu rois fois, il commençait à négocier un traité, lorsque Zisca, qui était aveugle depuis plu- "*ur> années, fut emporté par la peste, tprès sa mort, les Hussiles se divisèrent co Toit corps. Les uns ne voulurent point de l>ef, et furent appelés Orphelin* ; les autres «o'sirenl des chefs, et prirent le nom d'Oï>ite$ ; le troisième corps , II le plus consièrable , donna pour successeur a Zisca un e ses élèves, appelé Procope le Rasé, qui fui onioromé le Grand. Celte division des Husiles ne nuisit point à leurs conquêtes. Ils taieol toujours réunis lorsqu'il fallait comallre contre les catholiques. Les papes fient prêcher contre eux des croisades. Des nuées composées de 100.000 croisés allauérealles Hussiles bien inférieurs en nom- », et furent mises en déroute. EnGn le »pe et l'empereur, rebutés d'une guerre si alheoreose, voulurent tenter les voies de iccommodement. Ils invitèrent les chefs *s Hussiles à se rendre au concile de KAIe, > leur donnant toute sûreté pour leurs périmes. L'invitation fut acceptée. Les depus hussiles, entre lesquels était Procope , sol arrivés au concile, demandèrent, l'que >o administrât aux laïques la communion •us les deux espèces ; 2* que tous les prées eussent pleine liberté de prêcher la pale de Dieu ; 3* que la possession et la projeté des biens temporels fût interdite aux clesiastiques ; k* que les magistrats fus- «t exacts à infliger des peines aux crimes iblics. Le concile n'ayant pas voulu salis ire les députés sur ces quatre articles , ifs

HtT 1206 s'en retournèrent; et l'on vil bientôt lt guerre se rallumer aussi vivement que jamais, mais avec moins de succès pour les Hussiles. lis perdirent leurs meilleurs généraux, et furent vaincus en plusieurs rencon- 1res, ce qui rabattit un peu leur orgueil , et les rendit plus attentifs aux propositions de paix que le concile leur fit renouveler. On fit donc un traité par lequel on permettait aux Hussiles la communion sous les deux espèces, à condition qu'ils se soumettraient à tous les autres usages de l'Eglise catholique, el loi rendraieut l'obéissance filiale qui lui est due. Une autre condition portait que les prêtres de Bohème, avant de donner la communion sous les deux espèces , avertiraient le peuple de ne pas croire que, sous l'espèce du pain, il n'y eût que le corps de Jésus- Christ, el que son sang sous l'espèce du vin , mais qu'il était tout entier sous chaque espèce. La communion sous les deux espèces s'accrédita dans la plupart des églises de Bohème ; mais les prêtres négligèrent d'avertir le peuple qu'elle n'était pas nécessaire. Voy. Calixtins, Tuaborites.

HUTCH1NSONIENS , secte ou plutôt parti prolestant, qui suit la doctrine de John Hutchinson,néenlC7»>dansleYorkshire.Celuici, ayant fait une étude spéciale de l'hébreu, se persuada que les saintes Ecritures, dont l'original est dans celte langue, contiennent un système complet de philosophie et de théologie. Voici , d'après lrabbé Grégoire, le précis de ses idées :

Les choses invisibles échappent à nos sens, et nous ne pouvons les connaître que par la révélation. La nature, qui esl l'ouvrage de Dieu, nous découvre les perfections et la puissance infinie du Créateur. Le Psalmistc et saint Paul nous l'assurent. La nature esl en quelque sorte le commenta in- des pensées divines ; elles y sont écrites dans un langage qui ne peut être confondu , dans on texte qui ne peut être interpolé. L'aspect des choses visibles élève nos âmes vers le souverain Etre, les dispose à lui offrir l'hommage de 1 adoraiion el de la reconnaissance. — Le inonde créé renferme les types des choses invisibles : ainsi le firmament par ses trois agents, le feu, la lumière, l'air, esl une image delà Trinité ; comme elle, il a unité de substance dans ses trois parties constituantes, qui représentent les trois pouvoirs suprêmes de la Divinité dans le gouvernement du monde. C'est au Père que doivent s'appliquer ces paroles de l'Ancien et du Nouveau Testament : Dieu e$t un feu dévorant. Le Fils est désigné par saint Jean, comme la lumière qui est venue éclairer le monde. Le Consolateur , troisième personne de la Trinité , esl désigné sous le nom d'Esprit eu de vent.

Hutchinson laissa son nom à un parti qui s'accrut considérablement après sa mort, arrivée en 1727 , surtout dans l'université d'Oxford. Les Hotchinsoniens ne repoussent pas l'élude des auteurs profanes ; mais ils Se défieut d'une philosophie qui n'a pas le

DICTIO.NNAIIŒ DES RELIGIONS.

sceau du christianisme , cl oes théories enfantées par l'imagination . au lieu d'être appuyées sur des raisonnements certains ou sur des faits positifs. — La nature leur offre des m arques évidentes du déluge universel , el, comme tous les bons physiciens, dans l'étude des fossiles ils trouvent les preuves de cette subversion du globe. — La langue hébraïque, avant élé formée sous l'inspiration divine, est' la plus ;»ppropnéc pour transmettre aux hommes les volontés du Tout- Puissant ; les termes radicaux de relie langue renferment des vérités importantes.

L'Ecriture sainte a , presque partout , un sens figuratif; on y trouve les emlt.émes de la naissance, île la vie , des souffrances el de la mort du Rédempteur. Les types de l'Ancien Testament sont l'histoire' anticipée du Nouveau.

Cette nouvelle secte, attaquée, en 1758, par John Douglas , évéque de Salisbury , le fui encore dans d'autres ouvrages anglais. On l'accu-a même, contre l'évidence des faits , d'être nuli-chrélieiiuc. Elle n'a pas formé d'Eglise séparée ; mais elle s'est fail un certain nombre de partisans, tant chez les anglicans que parmi les dissidents. Toutefois leur nombre diminue p u à peu.

HUTTÉRIENS, >i HUTTE RITES, secte d'anabaptistes qui, sous la conduite d'Huiler, fondèrent un établissement eu Moravie, el prirent de là le nom de frères Mornves, sous lequel ils sont plus connus. Voy. M on* vis.

HUTTITES, autre secte d'anli-lulhériens, sectateurs de Jean Hullus; ils se cro\ aient réellement les enfants d'Israël, venus pour exterminer les Chananéens. Ils disaient encore que le jour du jugement approchait, et qu'il fallait s'y préparer en mangeant el en buvant.

HVAOINTUIES. féle que les Lacédémoniens célébraient tous les ans pendant trois jours, en l'honneur d'Apollon, auprès du tombeau d'Hyacinthe. Cet Hyacinthe avait été autrefois tendrement aimé du dieu des Muses. Zéphyrc , d'autres disent Borée, qui était aussi amoureux du jeune homme, jaloux de voir la préférence qu'il accordait a Apollon, s'en vengea d'une manière cruelle. Un jour que le dieu jouait au palet avec son favori, Zéphyre détourna au moyen de son souffle le disque d'Apollon, qui alla frapper mortellement le jeune Hyacinthe. Apollon désespéré fit de vains efforts pour le rappeler à la vie, et le métamorphosa eu la fleur do son nom, qui porte inscrit sur ses pétales ce cri de douleur C'est en mémoire de

ce triste événement que les Lacédcmoniens cc'ébraiciit les Hyacinthies. Le premier jour était un jour de deuil el de tristesse: on ne portail point de couronnes à table, on ne chaulait point d'hymnes, on ne mangeait pas «le pain. Le second jour était consacre à la joie; les jeux et les spectacles étaient ouverts; les jeunes gens se promenaient ; on organisait des caval< a t< s . des concerts, des danses, des spectacles. Le lendemain, ou célébrait les Saturnales ; les maîtres et les domestiques mangeaient à la même table.

HYAMIDES, nom que portaient, dans la ville de Pise, les prêtres de Jupiter.

HYRLÉA. déesse adorée en Sicile -.elle avait un temple à Hybla, dans le territoire de m. racuse.

HYRRISTIQUES (du mot grec insulte), nom d'une féle célébrée à Arco>, en l'honneur des femmes qui, soos la conduite de Télésilla, avaient pris les arm< sel sauvé la ville assiégée par les Lacédénw. mens commandés par Cléomène, lesquels curent lu honte d'èlrc repoussés par des femmes ; d'où la féte a pris son nom. Daos celle solennité, les hommes s'habillaient eo femmes el les femmes en hommes.

HYDATOSCOPIE, divination par l'eau.

Voy. Hvuhomancie.

HYDRAGES, nom des ministres qai,da« les mystères des Grecs, assistaient les aspirants à l'initiation. Ils étaient ainsi nomu1*, pan e qu'ils employaient l'eau (îo-.»s) powia purihValious préliminaires.

HYDRANOS, ou bap liseur ; nom do ministre qui, dans les mystères .l'Eleusis, piégeait dans l'eau l'initié- Il immolait ensu it à Jupiter une truie pleine, sur la peaudebquelleon plaçait le récipiendaire. Yoy.ïitisimks.

HYDRE DE LERNE. Voy. Heeciu,

deuxième travuil.

HYDRE, 01 HYDRIA, vase percé de tocs côtés, qui représentait, en Egypte, le dieodV l'eau. L< s prêtres le remplissaient d'eau certains jours, l'ornaient avec beaucoup b magnificenee.el le plaçaient ensuite suru" espèce de théâtre public. Tout le monde, du Yitruve, se prosternait alors devant lai. les mains élevées vers le ciel, et rendait grâces aux dieux des biens que loi procurait cet élément. Le but de celte cérémonie parait avoir été d'apprendre aux Egyptien» que l'eau est le principe de toutes cho«>-s, ti qu'elle avait donné à tout ce qui respire le mouvement el la vie. L'Hydria étail appela Cunope par les Egyptiens. Voy. Casofk.

HYDR1ADES, nymphes des eaux qui, soi vant les Grecs, dansaient quand ou jouai: de la flûte.

HYDR0MANC1E, arl de prédire l'avenir par le moyen de l'eau. Varron la dit i»"»* lée par les Perses, et fort pratiquée par fy thagore el Numa. On en distingue plusieor» espèces ;

t. Lorsqu'à la suite d'invocations et antre» cérémonies magiques on voyait écrits »»r l'eau les noms des personnes ou des rf'^ au sujet desquelles on consultait le sort , ce* noms se trouvaient tracés â rebours-

•2. On se servait d'un vase plein d'eao <> d'un anneau suspendu à un fil ou à no ct>?veu, et cet anneau frappait spontanée»^ sur les parois du vase un certain nombrecoups, qui indiquaient soit le nombre J~ manié, soil la réponse convenue.

.']. On jetait successivement, etadecouf' intervalle-, trois petites pierres dauu"

un hye

eau tranquille et dormante, et des cercles formés à la surface du liquide et de leur interjection on tirait des présages.

i. On examinait attentivement les divers mouvements et l'agitation des (lois de la mer; Les Siciliens cl les Eubéens étaient fort adonnés à cette superstition.

5. On tirait des présages de la couleur de l'eau et «les figures qu on croyait y voir. C'est ainsi que, selon Varron, on apprit à Rome quelle serait l'issue de la guerre contre Mithridale. Certaines rivières ou fontaines passaient cher les anciens pour titre plus propres que d'autres à ces opérations.

6. C'était encore par une espèce d'bydromancie que les anciens Germains éclaircissaient leurs soupçons sur la fidélité de leurs femmes. Ils jetaient dans le Rhin les enfants dont elles venaient d'accoucher ; s'ils surnageaient, ils les tenaient pour légitimes, et pour bâtards s'ils allaient au fond.

7. On remplissait d'eau une tasse, et après avoir prononcé dessus certaines paroles, on eiaminait si l'eau bouillonnerait et se répandrait par-dessus les bords.

8. On mettait de l'eau dans un bassin de verre ou de cristal; puis on y jetait une goutte d'huile, et l'on s'imaginait voir dans celte eau, comme dans un miroir, ce dont on désirait être instruit.

9. Les femmes des Germains en pratiquaient une neuvième sorte, en ciàtninant les lours et détours et le bruit que faisaient les eaux des fleuves dans les gouffres ou tourbillons qu'ils formaient, pour deviner l'avenir.

10. Enfin, on peut rapporter à l'hydromancre une superstition qui a été longtemps en usage en Italie. Lorsqu'on soupçonnait plusieurs personnes d'un vol, on écrivait leurs noms sur autant de petits cailloux qu'on jetait dans l'eau.

HVDROMISTE, litre d'office dans l'Eglise grecque. Les Tondions de l'Hydromisle éraient de faire l'eau bénite et d'en asperger le peuple.

HYDIVOPARASTES, nom que l'on a donné iux encratites, hérétiques du ir siècle, parce ju'ils n'offraient que de l'eau dans l'eucha- •islie. Ils s'abstenaient de viu,méme hors du acnûce, et refusaient de communiquer avec :eux qui en buvaient. Voy. Encratitbs.

HYDROPHOR1ES, fêtes funèbres célébrées i Athènes et chez les Eginètes, en mémoire les Grecs qui avaient péri dans le déluge de >eucalion et dans celui d'Ogvgès. Cher les athéniens , elles avaient lieu le premier jour u mois aniheslérion; on portail avec pompe e l'eau dans des vases, ainsi que l'exprime » nom de la cérémonie , et on allait la vercr dans un gouffre d'environ une coudée de »rge, qui se trouvait auprès du temple de upiler, et par lequel on croyait que s'étaient •ou fées les eaux du déluge. On y jetait enfile un gâteau de farine et de miel, comme ne offrande pour apaiser les dieux infer-

UYKMANTES, eu Bivernanhi nom donné

à certains pénitents par un synode d'Ancyre. et qui s'appliquait surtout a ceux qui étaient affectés de lèpre, ou qui s'étaient rendus coupables de péchés contre nature. On les trouve également cités dans saint Maxime. Zonare pense qu'on les nommait ainsi, parce qu'ils rest tient hors de l'église et sans aucun abri, exposés aux intempéries des saisons.

HYÉTIOS, ou le Pluvieux; les Athénien* honoraient Jupiter sous ce nom, et lui avaient élevé un autel sur le mont Hymetle.

HYG1E, ou HYG1ÉE, — 1. déesse de la santé chez les Grecs, qui la disaient fille d'Esculape et de Lampétie. Dans un temple consacré à son père, à Sicyone, elle avait une statue couverte d'un voile, à laquelle les femmes de cette ville dédiaient leur chevelure. D'anciens monuments la représentent couronnée de lauriers, tenant de la main droite un sceptre, en qualité de reine de la médecine. Sur son sein est un grand dragon à plusieurs replis, qui avance la téMe pour boire dans une coupe qu'elle tient de la main gauche. On a un grand nombre de statues de celte déesse qui sont autant d'ex toto. Les Romains avaient adopté son culte dans leur ville, et lui avaient érigé un temple, comme à celle de qui dépendait le salut de l'empire.

2. On appelait du même nom un gâteau arrosé de vin et d'huile qu'on offrait dans les sacrifices.

HYGROMANCIR, divination par les eaux et par les choses humides.

HYLO, divinité des bergers, adorée autrefois en Weslphalie.

HYLOB1ENS, philosophes indiens, qui se retiraient dans les forêli pour vaquer plus librement à la contemplation de Dieu et de la nature. Voy. Gymhosophistks.

HYMEN, ou HYMÉNÉE, dieu des Grecs qui présidait au mariage. Les poêles le supposent fils de Baccbus et de Yénus; mais on raconte au sujet de son origine une autre légende qui ne manque point de probabilité.

Un jeune Athénien nommé Hyménée, doué d'une parfaite beauté, conçut, dès l'âge le plus tendre, une violente passion pour uue jeune tille d'Athènes, d'un état et d'un rang bien supérieur au sien. N'osant, par cette raison, lui découvrir son amour, il se déguisa en fille, travestissement que favorisaient sa jeunesse et la délicatesse de ses traits. Dans cet équipage non suspect, il suivait partout sa belle, sans la perdre de vue. Un jour que les dames athéniennes s'assemblaient sur le bord de la mer pour la célébra- . tion des fêtes de Cérès, Hyménée, sachant que sa maltresse devait s'y trouver, se glissa dans l'assemblée à la faveur de sou déguisement. Au milieu de la fêle, des pirates descendant tout a coup sur le rivage, enlèvent toutes les femmes, et Hyménée avec elles, les jettent dans leurs vaisseaux et mettent à la voile. Hyménée dans celle circonstance manifesta une prudence et un courage qui auraient pu déceler son sexe. Les corsaires,

I2li

dictionnaihe nts reliions.

n'ayant aucun* défiant e de cède troupe de femmes, leur av lient laissé beaucoup de Mherlé, e( se lenaienl peu sur leurs parles. H> menée, profitant île leur sécurité, exposa à s. « compagnes la grandeur du péril où elles se trouvaient, hur inspira son courage, et les di-termina a tuer leu-rs ravisseurs; il se mit à leur tète, et tous les pirates furent éporirés. Il >e rendit ensuite à Athènes, où le bruit île l'enlèvement «les matrones et «les jeunes filles faisaii le sujet «le tontes !e> conversation', déclara, dans une assemblée du peuple, qui il el :ii, e' ce qui lui était arrive, et promit «le faire r«'Vi nir toutes les pionnières, à condition qu'on lui donnerait pour épouse relie «les raprives qu'il choisirait. Sa proposition f it acceptée avec joie; il alla cher, her toutes s» s co;; pannes . et épousa celle qu'il aimait, aux acclamations de (mile la ville. C'est en la* eur d'un mariage an. si heureux , que les Athéniens l'inv oquèrcnl apiès sa mort, comme h* dieu du mariage, el célébrèrent en son honneur des létesap.ieiees Il amenées.

D'autres auteurs oui écrit qu'Hvmen était un jeune homme qui 'ut écrasé dans sa maison le jour de ses noces, et que. p >u expier ce malheur, les (Irei s avaient étah i qu'on l'invoquerait dans ces sortes «le « ci ennuies. — On représentait toujours l'Hymen sous la figure d'un jeune homme couronné de fleurs, surtout de m.trj«d aine, tenant de la main droite un Ha ml eau, et «le la g.-;ui lie un voile jaune, couleur alîeclee autrefois aux noces.

HY.MÉNÉES. 1. Chansons nuptiales, acclamations , refrains consacrés à la solennité des noces.

ii. Les Hyménées élai nt aussi des féles célébrées en l'honneur du dieu des mariages.

IIYMETT1EN. surnom «le Jupiter, pris du mont Hymcllc, dans le voisinage d'Athènes, sur lequel ce dieu avait un temple. Ou dit <|ue les abeilles du mont \'-\ nielle avaient nourri Jupiter enfant, el qu'eu récompense le dieu leur avait accordé le privilège défaire le miel le pins de i. al «le toute la contrée; fable fondée sur ce que le miel «|ui venait de celte montagne était fort estimé chez les anciens.

HYMNE, chant composé en l'honneur de la Divinité.

1. Les anciens regardaient la poésie comme un art divin, el particulièrement destine a chanter la gloire d - leurs dieux. Ils avaient des hymnes de différentes sortes: les uns lliéiirgiques ou religieux: les autres poétiques ou populaire*, d'autres enfin philosophiques ou propres aux seuls philosophes. L«?s premiers élaieiil pa: liculiers aux initiés, el ne r« nfennaicni, avec «les invocations singulières, que les a tribu s divins cxpiimés parties noms mystiques. Tels sont |eS hyuines aUi ibues A Orphée. l.«'s lutines poétiques ou populaires eu général l'a saienl p rliedu culte public, et roulaient sur les aventures fabuleuses «les dieux . On en voit plusieurs exemples dans les poètes anciens, tels. qu'Ho-

là

mère, Pindare. Callimaque, Vireile, nVac. E .fin les h vmnesphibisophique.s oii'n'i'l.iieut point chaules, ou l'étaient seulement im les festins décrits par Athénée, et s ni, a j>ri. premeni parb-r. un houimapc serre! que |M philosophes ont rendu à la DiviiuicT. il, rA la palinodie attribuée à Orphée, rl l*:iVr:;tie alinbuéa Cleanlhe, Lycien, le seront!' f0B. dateur du punique, et conservé par Notet. Comme cel hymne es! fort beau, nous a "oui en donner la traduction, et nous le fer uij suivre de l'hymne au soleil, qui nous a eif conservé p ir Marcianns Capclla : nou« en reproduirons le texte latin, parce qu'il «sip^ connu.

nTVIMi DK CLt ANTHE.

« O père des dieux! toi qui réunis plusieurs noms, el dont la vertu est une et idGnie; loi qui es l'aui.i-ur de cet universel qui je gouvernes selon le» con-eils de ta u^* t; je te salue, ôdieu toul-puiss ml ! car lu lignes nous permeiire de l'invoquer.

« Nous qui rampons sur la terre, ne swaines-nous pas l'ouvrage de les main», tl comme l'image de la parole éternelle?

« Tu seras, ô Jupiter! h ma'ière de ni?» louanges, «•( la souveraine puissance sera le sujet ordinaire de mes cantiques.

« Tu ordonnes les biens el les maui, selon les conseils de ta loi, loi éternelle, qu'osent braver les impies.

« Ma heur à ces impies! S'ils étudiaient U loi, s'iis lui obéissaient, ils couleraient d?s jours heureux dans l'innocence et daos U paix; mais ils ne suivent que les lois de leur aveugle instinct. Ils sont les vils esclaves rt les misérables jouets de toutes les passion*.»

HVJMSr. AU SOLEIL.

hpioti vis oel-a pairis vel prima propago. Fouies seiMlicis, mentis fous, lucis nrign; Ke.'iiiun nature, decus aiipie asserlio douai, Muiiiiaoïisqne oeulus. fulgor splemlenus Ulympi. Ultra mundaiiuin fas est cui cernere palrem : Kl magnum spectare deiuii, cui cireulus Jîilint Par. i el irunieiisis moderaris ra otibos orhes : Non iiK'ilitini tu curris iter, dans soins aimcitn T'-iti -ei iein snperis, cnnipellens ;»lq .e ceervvnj Sidéra aéra tletiin cum hgein cursibus aiMt». Unie ipnid est «pi.trlo jus esi th-currere circo, Ul liiti perlecia niiineriis ratioue probelitr. N aine a prim ipin gcinuium lu das li-trachordon? Solfm te Laiiinn vocitat, qnod solui honore

p itrem sis lueis apex raliisque saeraïuB bis seiii- peihibent capot aurea buniiia ferre, Qund loM.ifin inenses, lolidem qnod conlicis boni. Quatuor alipedes dicunl le fleclere liabeins, Quod soins «Inutiles qu un danl » leinentaqua lrif>B Na u tem bras proliibeus, relrgisquod c i rola 1«.'(A Uni rntjE.ni m oerliîhent prodeniem ncculia fulun; Ve. nuia issolvis iiotturna adiitissa Lv.€C«: Te StR.vrtii. .Ni us; Mcmphis veneralur OSmia : UiSM)iia sacra Mituram, UiTEiique, teruioi r Tv

Atvs publier item, rurvi el pler ahnus Àrairi, SwwA e( are u lis Libyes. el Biblus Adums; hic vaiiti euiu tiis le iionhue ci>nv«»cal orb.s.

S.lve veia deuiii tacies, vuhusqne paleme, (), io et se\C' i)iis iiiiiitt ris. cui blieia irma C'iubn mal sacriiiii nniiie i, cogiiouieii et otnen. h.t, ; .;tef, a'therens menus con-cendere itrtts : Asirii5«;i unique sacro i\ib nuiuioe noâcere cotl«fc

HI5 HTM

« Force suprême du père inconnu, son premier-né. principe du sentiment eldel'inlelligpnce, source de lumière, règne de la naiure, K,0«re de* dieux , prouve de leur eiiitence, œil du monde, éclat de l'Olympe resplendissant, auquel <eul il est permis de voir le père placé au delà du monde et de considérer le grand dieu ; loi qui , dans ton cinuil immense, gouvernes l'univers et set révolutions ; car lu en parcours le milieu, donnant «enl aux mondes supérieurs une chtleur tempérée , et dictant les lois aux aitm« sacrés des dieux, p?rceqne tu es placé dans le quatrième orbite, et que Ion nombre l'a été assigné par la droite raison, en sorte que, dé» le commencement, tu nous donnes on double letracorde.

« Le Laiium l'appelle Soleil, parce que seul lu es, après le père, la source de la lumière. Douze rayons couronnent ta tète sacrée, parce que la formes aillant de mois, autant d'heures. Quatre coursiers sont attelés à ion char, parce que seul lu dompies le qnadrige formé par les éléments. Comme en dissipant les ténèbres lu manifestes la lumière des cieux, on t'appelle l'Ht:iius,qui découvres les secrets de l'avenir ; et Lyeus, parce que tu dissipes les mystères de la nuil. Le Mil l'adore sous le nom de Serapis; Ment* plus sous celui d'Osmis. Dan» les fêtes d'hiver lues appelé Mithra, Dis, le féroce Typhon. On le révère aussi sous les noms du bel Atts, de I'enfawt chéri de la charrue» Dans la brûlante Libye, tu es A m mon, ei à Biblos, Adonis. Ainsi l'univers entier t'invoque sous des noms différents.

« Salut à loi, véritable figure des dieux, image de (ou père, à toi dont Irois lettres vaant en nombre six cent huit, forment le loin sacré, le surnom el le présage. Accordeious, ô pèrel de monter dans les assemblées thérées dV l'esprit; el de contempler, à la faeurde ton nom sacré, le ciel étincelant d'asrts lomineux. »

2. L'Eglise chrétienne a aussi sa poésie et es hymnes. Dès l'origine du christianisme, apôlre saint Paul invitait le- fidèles ;U'cdier mutuellement par le chant des psaumes, es hymnes et des cantiques spirituels. Les saumes eux- mêmes étaient des hymnes vélables, laissés par la synagogue ; il y en trail d'appropriés aux différents actes rcli- >ux et solennels; l'évangélisle remarque j'après sa dernière cène , Jésus - Christ >anta ou récita avec ses apôtres l'hymne action de grâces. Les premiers chrétiens, ihnnl la prescription del'Apôlre,chantaicnt s hymnes, ainsi que le remarque saint jguslin. Toulefois les hymnes proprement es (1), c'est-à-dire celles qui étaient .-issulies au mètre et nurhylhme nes'introduisiiu qu'asseï tard dans l'office public. Les ittffienls furent même partagés aloVs au el de leur admission, l es uns prétendaient 'on pouvait les admettre, les autres sou-

I) Les grammairiens français ont décidé, nous ne Mt& trop pourquoi, que les hymnes de l'Eglise calique seraient du geure Aiwiuiu el les hymnes

HTM HI4

tenaient le contraire. Le concile de Brague, tenu en 563, défendit de rien insérer dans l'office divin qui ne fût tiré de l'Ecriture sainte; il en bannit notamment toute hymne et toute composition humaine ; c'était sans doute pour arrêter l'invasion de plusieurs hymnes d'origine suspecte, el qui n'étaient pas exemples d'un levain d'hérésie. Mais d'autres Eglises firent un choi\ d'hymnes composées par des auteurs parfaitement orthodoxes, el crurent pouvoir les insérer dans l'office divin. Saint Ambroise, archevêque de Milan, fui un des premiers à les introduire dans la liluruie; lui-même en avait composé plusieurs. Cet usage s'élahlit peu à peu dans les autres Eglises ; celle de Tolède les admit un siècle après la décision du concile de Braque; mais au x* siècle, on ne toyail pas encore d'hymnes dans la liturgie romaine; la semaine sainte el la semaine de Pâques sont encore à présent un monument de cette ancienne discipline. Les Eglises de Lyon el de Vienne n'eu avaient pus encore admis an commencement du xvuf siècle. Maintenant nous croyons que. dans toute l'Eglise latine, l'usage des hymnes a prévalu. Il y en a même une dans chacune des huit parties de l'office.

Les plus anciens et les plus féconds bymnographes sont : saint Hilaire de Poitiers, sainl Atnbroise et Prudence. Saint Thomas d'Aquin a composé celles qui se chaulent à l oflice du sainl sacrement. Mais, dans la plupart de ces compositions, les pieux auteurs avaient consulté plutôt leur dévotion que les règles de la métrique latiiie;au-si, à l'époque de la renaissance des lettres, les puristes les trouvèrent prosaïques et barbares ; c'est pourquoi plusieurs travaillèrent, non pas à les remplacer, mais à les corriger, et à les rendre plus poétiques; celle œuvre fut bien accueillie par le pape Urb >in VIII , et les hymnes ainsi corrigées furent insérées dans les bréviaires de l'Italie et de quelques Eglises d'Allemagne, d'Espagne, etc. La Frauce, qui avait d'abord religieusement conservé l'ancien texte, alla cependant beaucoup plus loin dans le siècle suivant; un grand nombre de diocèses tirent main basse sur la presque totalité des anciennes hymnes, qui avaient pour elles le cachet de l'a tiquité, celui de la piété el la sanction de l'Eglise universelle, et leur substituèrent des hymnes composées par des personnages suspects d'hérésies , mais d'une latinité que l'on jugea très -pure, et d'un inèlre calqué sur celui des odes profanes d'Horace. Nous ne nous prononcerons pas sur l'opportunité de celte substitution, et surla question desavoir jusqu'à quel point on avait le droit de l'opérer; nous observerons seulement que si nous avons gagné quelque chose en laliniié cl en poésie , nous avons certainement perdu en piété et en clarté. Néanmo us, pour être justes , nous conv iendrons que les bréviaires de France contiennent plusieurs h y mnes modernes d'uuegrande

non rhythmiques de la même Eglise, et ceux qui appartiennent aux aulrcs religions, du genre masculin.

DICTIONNAIIŒ DES K ELIRIONS.

beauté, et qui oe manquent pas de foi et de

Fiélé; nous citerons, entre autres, celles de office canonial du dimanche, et l'hymne

Hit»

gouement qu'a provoqué la fameuse hymne de Santeul, Stupete, génies, qui n'est, comme

presque toutes les autres hymnes du même poète, qu'uncassez ennuyeuse séried'anlithèses, sans le plus petit mot pour la piété, •pour l'âme et pour le cœur.

Les hymnes de l'Eglise, considérées dans leur contextore, peuvent être partagées en trois classes : 1» les hymnes métriques, et dont les strophes sont composées d'après les règles de la poésie latine, comme sont presque toutes les hymnes modernes et un petit nombre d'anciennes; 2' les hymnes assujetties au nombre des syllabes et â la rime , comme un grand nombre de celles composées dans le moyen âge, entre autres celles de saint Thomas d'Aquin; c'est ce qu'on appelle vers léonins ; 3* les hymnes assujetties au nombre des syllabes seul, sans mètre, sans rime, comme on grand nombre d'hymnes anciennes.

Nous ne donnons point d'exemples d'hymnes latines, parce qu'elles sont entre les mains de tout le monde.

( 3. L'Eglise grecque a aussi ses hymnes, d'une grande richesse de poésie : nous allons en donner un spécimen.

hymne au sauveur (de Clément d'Alexandrie).

Irijuw muW it*>7r», □tic, y opvi&a»» 97rXco»ô>v, Ota% vTjmwv «rptxor, Dotpiiv àpyûv DafftXtxûv, Toùç aoOf àit/fiç ttaiSxç ûyetpn, Acvitv àyiuç,

Uuiïwj rr/nropa XptOTÔv.

Baffclfû cr/tuv t A071 7r«v3«f*«T»»p, Uarpiç vi^iotou Xoyut; irpvTOtvt, îripi-ffut ttÔvi*», A<*<uvo/ api f • BpoTta; yiviâf

E(ÛTfp 'l»<TOÛ,

not^ijv, «ponip,

Urtpif ovpâvtov, n«v«yovf 7roi^ivi); • "A)uO ptp.itïiv.

Tin 9«ttÇofxcv«av, Ill>.*yo'jf xctxùt,- 'lyfivf iyvovf Swu«to if i/Qooï, rlvxtp«j Çw>j èiiiàÇmy, 'HyjO, irpolfarfe»

Aoytxûv irotpiiv Ayu, «jyoû,

"l/»ia Xcwrov, •000/

Ao'/Of «ivaof , Atwv i«>UT&f.

*Sk àtâtOV, "Pixtiip àpcrâ; ,

SlJXVlj jSlOTl)

6ioy vfwwiyrwv, Xptarl Ivvoû.

rà)a oùpavtov Mocotgjv y>'jxfp'jjv,

roc <rôf ixttu6o'fa>o», Ot yjjiri«xo< Araiocr o*TO/xa7cv

AT*TcriXofilVOt,

Sglàc loytxijc Il vt yuan 3poo-«p$»

~E«»r(7rXà/x«v*x AÎvou; Ô9«Xc«f, *T(*youf «Tplxtff, Baat^fî Xp»ar£»

Nftrupcv o/uoû, MliBWfUy «Tr/ûf, ttutSa. xpanpàv* Xopôç «tpïjvTj,-, Ot XCKTT070VO1, Aaiff ffiiyyswv, .

VsEXwpify ottov 0f«y (ipôvitf .

c Frein des jeunes coursiers indomptés; ails des oiseaux qui ne savent pas voler, gouvernail assuré de l'enfance, pasteur des agneaux du roi , rassemble tes enfants exempts de duplicité, pour célébrer saintement, et chanter avec candeur, d'une bourbe innocente, le Christ conducteur des enfauU.

« O roi des saints 1 Verbe triomphateur tapréme, dispensateur de la sagesse do Père tout-puissant, soutien des travaux, toi qui le réjouis dans l'éternité, Jésus, Sauveur de li race mortelle; pasteur, laboureur, gouvernail, frein, aile céleste du troupeau très-saint, pécheur des humains que tu es venu sauver; toi qui, avec l'amorce d'une vie pure, retires tes innocents poissons des (lots odieui de la mer du vice; saint pasteur, conduis tes bre» bis spirituelles; o roi 1 dirige tes enfants istacts.

« Les vestiges du Christ sont la voie du ciel Parole incessante, éternité sans bornes, éternelle lumière, fontaine de clémence, sourcs de toute vertu, ô Christ Jésus I vie irréprochable de ceux qui chantent les hymnes à Dieu.

« Nous, petits enfanls, qui de nos tendres bouches suçons le lait céleste exprimé ses douces mamelles de la sagesse, la grâce 4* grâces; abreuvés de la rosée de l'esprit q«» découle de ta nourrissante parole , chantons ensemble des louanges ingénues, des byrooes sincères au Christ roi. Chantons les saintes récompenses de la doctrine de vie; chaulons avec simplesse l'enfant tout-puissant: chair pacifique, enfanls du Christ, troupe innocente, chantons tous ensemble le Dieu fe paix. ■

Foyex, au premier volume, l'hymne c*<*> bique qu'on chante, dans l'Eglise grece.n^ lorsque le prêtre porte les dons de la protfié» au grand autel ; article CnÈnuRiQtc ; rt l'hymne chantée à la communion par les Arméniens, article Communion, n. 5.

iW HYM

k. Presque ton» les peuples païen» ont des hymnes en l'honneur de la Divinité. Dans l'impossibilité de donner an échantillon de tons ces poèmes religieux ou théosophiques, nous nous contenterons de reproduire ici des extraits de l'Hymne à Parvati, attribuée an théosophe Sangkara Atcharya, et traduite du sanscrit en français par M. Troyer.

Hymne à Parvati (1).

« Siva pent font produire quand il est réuni à Sakli (son épouse); sinon ce dieu ne saurait rien mouvoirconvenablement. Comment donc un homme qui n'est pas sanctifié serat-il en étal de l'offrir sou adoration et sa louange f à toi qui dois être vénérée par Hari, Hara, Virintchi et les autres dieux?..*

« Toi qui es pour les ignorants , le soleil qui dissipe les ténèbres et crée la lumière ; pour les slupides, le vase de la saiute doctrine qui contient le nectar du bouquet divin; pour les indigents, le collier de joyaux du désir; loi qui nous offres, A nous qui sommes plongés dans l'océan de l'existence, les défenses du sanglier, au moyen desquelles l'ennemi de Moura ( Vichnou ) souleva l'univers.

• Hormis toi, chacune des divinités peut de ses mains accorder la grâce de la sécurité ; toi seule, tu n'as pas besoin même d'un signe extérieur pour manifester ta protection contre tout danger ; tes pieds mêmes sont en état, ô protectrice des mondes 1 de nous préserver de la crainte, et de nous donner une récompense au delà de nos désirs

« O fille du mont Hima 1 le dieu sans corps (l'Amour), qui porte, avec cinq flèches, un are de fleurs dont la corde se compose d'abeilles, qui est accompagné du printemps et du vent de Malaya, el qui est monté sur un char d'armes, après avoir d'un coin de Ion œil reçu quelque signe de pitié, devient seul le vainqueur de ce monde entier

« Ceux qui sont heureux te vénèrent comme l'onde de la béatitude intellectuelle, toi qui fais ta demeure de la couche de Siva, sous le dais orné des symboles de ce dieu ; dans le palais de Brahma, au milieu de l'océan d'ambroisie, sur l'Ile de joyaux, qui est environnée d'une enceinte d'arbres divins, comme d'un jardin de kadambas

« Tu arroses l'espace au moyen des torrents d'ambroisie qui s'écoulent de tes pieds, cl au moyen de la lumière des Védas que lu répands. Ayant pris possession de la terre, et l'étant, pour te placer, formée toi-même en un bracelet semblable à un serpent, loi qui es l'ornement des familles, tu dors dans la caverne

«Comment Brahma «et les autres chefs des poêles peuvent-ils comparer à quelque chose la beauté? 6 fille du mont de glace 1 Les épouses des immortels, quand elles ont satisfait leur empressement a l'apercevoir, entrent rapidement dans l'étal d'union in-

(1) Parvati est l'épouse de Siva, troisième personne de la triade hindoue ; mais ici elle est considérée comme principe de tous les dieux. Cet hym-

HYM 1818

time avec (Siva) le dieu qui sommeille sur

les montagnes, quoique cet état soit difficile à obtenir, même par des austérités n ligieuses.

« Comment les discours des hommes vertueux ne contiendraient-ils pas la douceur réunie du miel, du lait et de la grappe de raisin, quand ces hommes se sont une fuis inclinés devant toi, toi qui es blanche comme la lumière de la lune d'automne, cl ornée de ta tiare que forment tes cheveux noués, qui sont surmontés du croissant ; devant toi qui protèges contre toute malédiction effroyable, et oui portes dans la main uti livre et un rosaire de globules de cristal ?

« Ces saints entretiennent l'émotion de l'assemblée au moyen des paroles profondes que leur inspire l'épouse de Brahma ; ces saints qui te vénèrent, toi qui éclaires l'esprit des poètes éminents, comme la splendeur naissante du jour illumine un assemblage touffu de lotus. N'es-lu pas l'aurore même et l'onde du jeune amour?

c O toi, dont les membres répandent en abondance la lumière ou l'ambroisie, et dont la forme a la majesté du rocher du mont Himal celui qui te porte dans son cœur domple, semblable à (Garouda) roi des faucons, la fureur des serpents ; el d'un regard dont s'écoule du nectar, il réjouit le malade brûlé par la.fièvre.

« Des hommes magnanimes jouissent de l'onde do la béatitude suprême; lorsque, le cœur délivré de l'illusion du péché, ils te voient, toi qui es subtil comme le trait de la foudre, et qui, réunissant en toi le soleil, la lune et le feu, le reposes dans une forêt de cent milliards de lolus, sur un trône de six cercles mystiques qui font partie de loi.

« O Bhavanil jelle un regard de pitié sur moi ton serviteur. A celui qui, avec le désir de le louer, invoque ton nom Bhavani, tu montres l'état d'union intime avec les pieds qui resplendissent par le reflet de la couronne épanouie dindra, de Brahma et de Moukoundu

« Que tout ce que j'ai proféré devienne une prière prononcée à demi-voix et adressée à loi ; que tout mon arl soit un exercice de mes doigts dans l'acte de ma dévotion ; ma locomotion, une marche révérencieuse autour de loi ; mon aliment, ce sacrifice que j'accomplis en nourrissant tout ce qui a vie; mou sommeil, une altitude de vénération ; que tout mon plaisir soit placé dans ton sein, el que loule ma volupté soil un excès de zèle à le servir

« L'intelligence, c'est toi; le ciel, c'est toi; tu es le vent, lu es (le feu) son conducteur; tu es l'eau, tu es la terre ; rien n'existe hors de toi, en qui est le complément de tout ; 6 épouse de Siva 1 pour réjouir Ion propre être au moyen du corps de l'univers, tu embellis par ton pouvoir la forme de la pensée et de la béatitude

ne porte en sanscrit le titre de TOndedeia Béatitude. Il a 102 stances, mais nous avons dû en retrancher un grand nombre.

« 0 611e du mont Hiroa t qui peut célébrer dignement ton diadème d'or, lequel est solidement composé d'admirantes joyaux célestes et de rubis? En se confondant avec sa lumière, le croissant mobile de la lune brille, semblable à l'arc d'Indra. oh! comme il fasciue l'espritl....

«O fille du seigneur des monts 1 au gré de les yeux fermés ou ouverts, tombe ou s'élève ce monde : ainsi disent les sages. Les ouvres-tu, l'univers renaît ; oui, je crois qu'eu l'abstenant du fermer les yeux, lu préserves le monde de la destruction.....

« O loi qui, étemelle, dois être adorée par les élres infiniment subtils, rayons de lumière sorlis de ion corps. Ce que lu es, je le suis : celui qui pense toujours ainsi, quelle merveille, s'il prend pour de l'herbe les richesses réunies de (Siva) le dieu aux trois yeux 1 Le feu de la grande destruction du monde n- lui paraîtra qu'une splendidc illumination

« O trésor de Kouvéra (dieu des richesses)! loi qui, douce d'un sourire éternel et de qualités sans bornes, maîtrises les lois de la morale ; toi qui es sans commencement, loi qui es la véritable connaissance et la seule demeure de c< ux qui sonl versés dans les exercices religieux ; toi qui es indépendante du destin, et le thème essentiel de louanges de tous les éc:ils sacrés ; toi qui ne crains pas la destruction et qui es éternelle, écoute aussi cet hymne que je te consacre »

H VM NIE, surnom sous lequel Diaueétait invoquée en Arcadie. Sa prêtresse était une vierge, mais Aristocrate ayant voulu lui faire violence, on la remplaça pur une femme mariée. Diane avait encore, dans le territoire d'Orchomène, un temple desservi par un homme marié, mais qui ne devait avoir aucun commerce avec les autres hommes.

HYMNODES, chanteurs d'hymnes : c'étaient tantôt de jeunes filles , tantôt des chœurs composés des deux sexes , quelquefois le pocle ou les prêtres et leurs familles.

HYMNOGRAPHE, compositeur d'hvmnes.

Les principaux h\mnograpbes de 1 Eglise latine sont saint ililaire de Poitiers, saint Ambroisede Milan, Prudence, SéJulius, saint Grégoire, Veuance Korl mai, saint Thomas d'Aquin, Santeul, Cofhu, Robinet, etc.

IIYPANTK, ou HYPAPAM E; c'est le nom que les Greis donnent à la fétc de la Purification de la sainte Vierge et de la Présentation de Jésus au lent pie. Ce mol ;„rrec, Osa/rn ou ÛTTotjravri}, signifie rencontre, parce que ce jour-là Jésus el sa Mère se rencontrèrent avec le vieillard Siraéuu et Anne la prophétesse.

HYPAR (vnap, vision réelle) ; mol par lequel les Grecs exprimaient les deux marques sensibles delà manifestation des dieux, c'està-dric les songe» et l'apparition réelle ; ce dernier mode pouvait avoir lieu, soit qu'ils se montras-col eux-mêmes, soit qu'ils rendissent leur présence sensible par quelque merveille. Voy. Aoiusiu, Tiikopsib.

DES RELIGIONS. fty,

HYPATOS, c'est-à-dire souverain; tmm de Jupiter adoré en Béotie. Il avait ansn, sous ce nom, un autel à Ali ènes, sur lepti on ne devait offrir tien d'animé ; od oe pouvait même s'y servir de vin pour Ui libations.

HYPERCHYRIE. lunon ou Vénos avait sous ce nom un temple à Lacédémonf. Lrs femmes qui avaient des filles à marier t'y rendaient pour y offrir des sacriûccs.

HYPEUDULIE. Les théologieus catholiques appellent ainsi le culu* que l'Eglise r -o4 à Marie, mère de Jésus, culte supérieur à celui de dulie, que l'on rend aux autre* saints.

HYPÉRÈTES, dieux du second ordre, qnt les Chaldcens vénéraient comme les uiioutres dd Dieu suprême.

HYPÉRION, l'un des titans, Gis 4'Graau, frère de Japel el de Saturne, épousa Ttua, selon Hésiode, et fut père du soleil, de là lune el de lous les astres. Diodore explique cette fable, en disant que ce prince Titan dé* couvrit, par l'assiduité do ses observations, le cours du soleil et des autres corps célestes ; ce qui le fil passer j our le père do soleil et de l'astronomie. Diodore lui fait épouser sa sœur Basilee, dont il eut un fils el une fille, Hélion et Sélèue (le soleil clU lune), lous deux célèbres par leur verlu et leur beau'é; ce qui attira sur Hy(érionla jalousie des autres titans, qui ronjurèreul entre eux de l'égorger, et de n jer daa> l'Kridan son fils Héliou, encore enfant. Vif. Hélion. On donne aussi ce nom au solei-, parce qu'il l'emporte (ùnip i«v) sur les autrn astres.

HYPERTHÊSE. Ce mot grec («!>'*«.•), qui répond à celui de superposition, daignait un jeûne extraordinaire ajouté à ceux que l'on s imposait pendant lasem.iioeiaiote Il consistait à ne rien prendre jusqu'au chaut du coq ou jusqu'au point du jour suivant ; ce qui comprenait un jour et deui nuiu passés dans la récilaliou des »aiul> offices.

HYPÈTHRE3, ou SUBDIALES. Les Grrci appelaient ainsi d»« lieux découverts, mais entoures d'un double rang de colonnes. rl remplis de statues de différentes diviuiiès. Yilruvecite, entre autres, le temple de Jupiter Olympien à Athènes; el Pausaui is, celui de Jution, sur le chemin de Pli 1ère à Athènes, lequel n'avait ni toit ni portes. Jupiter et Junoii étant souvent pris pour l'Air ou le Ciel, il convient, disait-on, que leurs temples scient à découvert, el non renfermes daus IVaccinle élroilo des murailles, puisque leur puissance embrasse l'univers.

HYPHIALTES. Les Grecs appelaient ainsi certaines divinités nocturnes à peu pré» semblables aux songes, el qui molestaient les hommes pendant le sommeil. Les Lalius l« nommaient incubes.

H Y POSTAT RIE, prétresse qui, dans lr« sacrifices des Grecs, tenait le vase d.*u;:t' à recevoir le sang de la victime.

m iac

HYPOPHÈTES, ordre des ministres qui

crésidaienl aux oracles de Jupiter. Ils diffcr i n( îles prophètes en ce que ceux-ci préd^aient l'avenir, tandis que les Hypo- |thêls.*9 interprétaient les oracles déjà prononcé». Leur principale fonction consistait à recevoir le» oracles des ministres du premier ordre, et à les transmettre au peuple.

HYPORCHEME, sorte de poésie consacrée au culte d'Apollon cl destinée à accompagner la danse qui s'exécutait autour de l'autel de la divinité, pendant que le feu consumait la victime.

HYPSISTA1RES, hérétiques du iv* siècle qui faisaient profession de n'adorer que le Dieu très-haut (^itxoî). Leur doctrine était un mélangede paganisme et de judaïsme. Les Hy psist.vres. dorai ul.il est vrai, le Très-H.iul, maïs ils révéraient aussi le feu et les lampes, observaient le sabbat, comme les Juifs, et faisaient une distinction entre les viandes mondes et immondes.

HYPS1STOS , dien des Phéniciens qui e vénéraient comme le père et le plus grand des dieux. Ce mot grec, gui signifie

0 Tris-IIimt. n'est nue la traduction de ioo nom phénicien Elion. Les Phcnicieus

01 donnent pour femme Béryth ou la créaion, d'où lui naquit un fils nommé Vranuioa eCiel, et une fille appelée G hé ou la Terre, iette théogonie se trouve ainsi la Ira ducion presque littérale du premier verset de i G oèse. Plus tard on confondit celle diviiié suprême avec un Hypsistos qui dépurait aux environs de Biblos.etqui fut lué

la chasse. I oy. Elion. Les (irecs donai«nt aussi ce nom à Jupiter.

HYPSUR ANIOS, c'est-à-dire Ciel suprême j qui est au-dessus ilu ciel, traduction grecque un nom d'un dieu syrien, qui, suivant San-

Page 1