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pillafe de la maison d'un scheikh droie, t pendant la première campagne des Egyptiens en Syrie, en 1832. M. B'** se nul à apprendre ce catéchisme, el lorsqu'il l'eut bien dans sa léie , il se présenta à on aquel, en lui disant que son père qui était de la secte des Druzes d'Alger, et qui se trouvait actuellement en France, après loi avoir appris le catéchisme droze, lui avait dit que, pour le salut «te son âme, il devait se rendre aaprès des savants aqoels, afin d'être initié dans les mytères de cette religion. L'aqucl auquel M. B*" s'adressa, confiant dans ses paroles, l'admit dans le cercle des aquels ; oo loi fit connaître tous les signes convenus entre eux, mais sans cependant l'initier aux grands mystères. M. B"* insistait toujours poor voir arriver cet heureux moment sans jamais y réussir. Enfin, on jour qu'il insista plos fortement que de coutume, l'aquel, son prolecti ur. lui dit : « Nous sommes disposés é l'initier à nos saints mystères, à la seule condition que voici : Tu nous as dit que ton père habite la France; eii bien I mande-loi de n'tus écrire la première lettre. » al. B***, confondu par cette condition insidieuse à laquelle il ne s'attendait pas, fit néanmoins bonne contenance en promettant d'écrire à son père, et ne trouva d'autre moyen, pour se tirer d'embarras à l'époque où la réponse devait arriver, que d'annoncer la mort de •on père; il lui devint donc impossible d'aller plus loin, et les choses en restèrent là.
Co pacha n'ayant pu savoir, ni par prières, ni par cadeaux, ni par menaces, quel était le fond de la religion des Druzes, s'avisa du stratagème suivant. Il avait deux esclaves noirs qui lui étaient très-attachés; il leur fit apprendre le catéchisme des Druzes, et, au bout de quelques années, ces deux nègres, par leur persévérance el leur intelli-
Sencp, furent initiés aux fameux mystères es Druzes. Lorsque le pacha sut que ses dro» esclaves étaient parfaitement instruits de tout, il les fil venir pour lui donner les détails qu'il désirait connaître depuis longtemps. Cet deux noirs refusèrent d'obéir à lenr maître; il leur fil alors donner la bastonnade : même silence. Le pacha furieux leur fit endurer toutes les tortures imaginables, sans obtenir un résultat plus favorable à son désir. Enfin il les fit pendre, cl tous deux moururent sans divulguer aucun des mystères auxquels ils avaient été initiés après avoir subi des épreuves terribles, et avoir fait des serments qui les obligeaient à mourir plutôt que de rompre le silence.
Initiation brahmanique.
Ce n'est plus ici une cérémonie secrète pour initier un adepte oo un profane à une iociéîé mystérieuse, dans laquelle on révèle ies dogmes inconnus au vulgaire; il n'y a î>oint de slage à faire, point d'examens à passer, point d'épreuves à subir; c'est une cérémonie religieuse au moyen de laquelle le jeune enfant d'un brahmane est introduit Jaus la caste sacrée de son père, el revêtu K>leuu elle ment du cordon dislinctif par le-
un isu
quel II sera désormais distingué des castes inférieures. On admet en général à cette intestiiure les enf.inls de cinq à neuf ans. Mais cette initiation n'a lieu que pour ceux qui sont nés d'un père et d'une mère brah-. mânes; toutes les cérémonies et les initiations du monde ne sauraient faire un brahmane d'un individu né dans les castes des kcbatriyas ou des sondras. En voici la description telle que M. l'abbé Dubois l'a tirée du Nitty a-karma.
Le père du candidat doit commencer par se procurer un grand nombre de pièces de toile, beaucoup de petite monnaie d'or et d'argent, pour être distribuées en présent aux convives. Il doit aossi faire une ample provision de riz, de farine, de légumes secs et verts, de fruits, d'huilo de sé&ame, de beurre liquéfié, de laitage, etc., etc., pour le festin; de sandal, de vermillon, de safran, et surtout de noix d'arèque et de bétel; de vases de terre de toute espèce et de toute forme, attendu qu'à chacun des quatre jours que dure la fête on doit en employer de neufs ; ceux qui ont servi une fois dans celte circonstance, comme dans eelle du mariage, devant être irrévocablement cassés. Quand il a tout préparé, le père va consulter le poorohita, pour qu'il détermine un jour qui se trouve placé sous d'heureuses influences.
Ce jour-là, le pandel (la lente) est dressé dans la cour de la maison; les femmes décorent les murs intérieurs el extérieurs du logis eu y traçant alternativement de larges bandes rouges el blanches. Les convives étant rassemblés sous le pandel, le pourohila s'y reud de sou coté, apportant un cordon composé de trois petites curdeleltes formées chacune de neuf fils de coton, et une peau de gazelle. Après avoir fait le >an-kalpat c'esl-à-dire, après avoir dirigé son intention conformément au rituel, il offre le poudja ou l'adoration à Ganèsa , dieu des obstacles, représenté par un petit cène de fiente fraîche de vache, placé au milieu du paudel, et lui préseule de l'herbe appelée gnrika, du sandal, des grains de riz pilés et teints en rouge, de l'encens el une lampe allumée. Après ce sacrifice, le maître de la maisou donne du bétel aux brahmanes, et ils vont tous ensemble faire leurs ablutions.
A leur retour, on fait asseoir le néophyte sur une estrade de lerre élevée au milieu du pandel. Les femmes mariées entonnent des cantiques, frottent d'huile la tête et le corps de l'enfant, le lavent à l'eau chaude, lui peignent les paupières avec de l'antimoine, et le revêtent de bracelets et de colliers. La toilette terminée, le père et la im>re se placent à ses côtés sur l'estrade, el les femmes font la cérémonie de Varatti, pour détourner l'influence du mauvais œil. On offre le poudja aux dieux domestiques, et les prémices de tous les mets préparés pour le repas. Puis Ions les convives s'asseyent, les femmes séparément des bommes ; ils prennent les ;ilimrnls qni leur ont été préparés, el qui sont servis par les femmes de la mai-
• son. On sert ensnite le bétel aux convives, et chacm se retira.
Le lt n lemain , on se rassemble de nnnvcviu ; le réc picudairr est a-^is sur !V«tra'le, en're ton père • t s » mè'C ; lo » les trois «Mil le visage tourné vers l'a i*ol. On lui ceiul les reins d'une lolc pure et nette ; les femmes mariée* lui font sa loiieUe en chantant. Le pouruhiia s'apnro. he en uite, lenanld us •es mains un réchaud tie terre plein de charbons ardents. 1 fait le san-kalpa, put- il consa «-re re bra«ier, qui, par la vertu de ses mnntras, devient un dieu, auquel il offre le sacrifice appelé hnma, en jetant dessus quelques morceau» de l'arbre «s wattha, du riz bouilli et du beurre liquéfié. Aussitôt neuf brahmanes désignés (tour cela fool sur ce feu le même sacrifiée du hoina, en l'honneur des neuf p'anètes. Enfin, choisissant chacun une femme mariée, ils vont ensemble, en chantant, porter c feu sacré dans un lieu séparé, où il doit élr*» entretenu soigneuse nent, jour el nuit, jusqu'au dernier jour de 1 1 fête. Ce serait un bien funeste prés >pe, si, par un manque d'attention on autrement, il arrivait qu'il s'éteignit.
Vient ensuite l'inauguration du dieu ami. Les femmes mariées se munissent d'un grand vase de cuivre, neuf, blanchi extérieurement avec de la chaux. Kiles vont, en chantant, et précédées des instruments de musique, le remplir d'eau au puits ou à la rivière. Dr* retour a U maison, elles mettent sur l'orifice du vase quelques feuilles de manguier, et par-dessus une noix de coro teinte en jaune avec de la poudre de safran; elles entourent le vase d'un linge de la même couleur. Le vase est déposé à terre sur un petit las de riz ; puis on suspend à son col des feuilles de palmier roulées el teintes en rouge, un cohier de petits grains noirs et quelques autres bijoux de femme. Le pourohita évoque alun le dieu ami et le fixe sur ce v se, qui devient liés ce moment une divinité femelle, à laque le les femm< s offrent d'abord un sacrifice de fleurs, d'en eus île ri/ cuit, une lampe allumée ot du bé el. La mère «In jimne néophyte se met ensuite sur la téte la nouvelle divinité, et, accompagnée «les autres femmes qui chantent en « lueur el sont pré- édees de» instruments de musique, elle fait le tour du village sous une espèce de dais. De retour à la maison, elle remet le vase ;i sa place, et, aidée de quelques autres femmes, elle attache, eu i'umiiieur du dieu ami, deux toiles neuves, à usage de femme, autour d<s deux pillera du milieu du pandel. biles vont ensuite ciierchiT processionuelleuieut de la terre sur une fourmilière de fourmis blanches, el en remplissent cinq petits pots dans lesquels elles «èiufol neuf sortes ite graines, qu'elles ont soin de bien arroger avec, de l'eau et du lait, afin qu'elles germent vile. Le pouro- . bila s'approche de ces cinq vases, el, par la . vertu de »c» (Au «tira», il eu fait faulani de diviuilés. Les teruiucs leur o/Trcul le pou^'ja ordinaire, s'inclinent profondément, les dé-
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posent dans on petit van, et les placent auprès du dieu ami.
On fait ensuite l'évocatfon des dieut, det planètes et des anrél es; on attache, m IB. voquaut tous les dieux, un morcau «If «*■ fran au poignet droit du rérioicad <ire. Le héritier lui luille les tiugles des maint Ain pieds, el lui rase la tête, au son des inii/oments de njuaiqoe qui accompagnent lu chants des femmes.
Le petit brahmane va se baigner poorie purgT de la souillure que lui a •rai rioxV l'aU«iU' hement du ba bier, homme de la «1ernière casie. Après celte «bJutioii, les femme lui font «le nouveau »a toilette el le revé aai «de toiles pures. Le pouroliila, a sua tour, le purifie, à l'flule de ses manlnt»,d« letultt péchés d 'ignora ace qn'U a commis deptu* le
Jour de sa nais sa pce. 11 lui fait arec et 'herbe darbba tressée, une ceinture qui loi entoure trois fois le corps ; puis le («ire bit aux hrabmanes présents une distribution de quelques pièces de petite monnaie.
On apporte ensuite un bâton de l'arbre madooga. Ion*! de trois coudées, et dii de ces morceaux de loile qui servent de Uogoulis. On trempe ceux-ci dans de IVaada safran pour les jaunir, et on les tutpesd, à la file, sur le balou de maduuga, que le candidat se met sur le» épaules. Alors lt pomobiLa récite le mantra du cou, patte ai néophyte le triple cordon, le lui suspend es bandoulière de l'épaule gauche à la hanche droie. el le constitue brahmane. Peotuol celte cérémonie, les femmes chaulent, les .musiciens muent, les cloches suoneni. et. pour compléter le concert, les atsijlaals frappent sur des pla ues de bronze et vu d'autres objets retentissants.
Après son investiture, l'initié assiste aa festin des jeunes g«*n», c 'esl-à-dirr à ua repas prépare pour lui cl pour les autres j nnes brahoiant'scoiiviésqui ont été réceniovtl décores du cordon. A l'issue de ce repu, il vieul s'asseoir sur l'estrade de terre, le vi>aae tourné du côté de l'orient; son père presd piace A coté de lui , le visage tourné ten l'occident. On tire alors dVs rideaux qui '» dérobent aux r gards d»« l'assemblée. Le» femmes recommencent à chanter, el les instruments de m sique à jouer Pendant ce temps, le père lui U.l tout bas à I oreille la secrets et les maulras c «nvenahles à nouvelle condition de brahmane. On a« o e qu'il lui attresse entre aulr- s ce* parole» remarquables : » Snuviens-loj, mon fi s 1° il n > a qu'un seul Dieu, maître souvrau d principe de toutes choses; que lout hra*> maue doit l'adorer en secret ; mais sache aussi qpc c est un mystère qui ne d »t jamais être révélé au slupi le vulgaire; si ta le faisais , il t'arriwraii de grands mal* heurs. » Cependant ces instructions »o<1 données en sanscrit et dans on s vie qo< fertain meut ne peut pas être compris de cela qui les reçoit.
Les br.shmancs invités mettent ensuite va la léie de leur nouveau collègue des £f,!" de riz consacres, el les femmes lui f»»1
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cérémonie de l'aratti. Enfin, on donne du bétel ans convives; ceux ci vonl faire leurs «billion!» el retiennent pour, le repas, qui, ce jour-là. do t être ahonda'tt el selendide.
Le soir do môme jour, au inonienl où on allume les lampes, les carents et les amis étant réuni* fous le pandel, l'initié s'assied sur l'estrade de terre. Alors des femmes mariée* ronl chercher le réchaud dans lequel Ml contenu le feu consacré; elles rapportent auprès de lui avec s loetiite et eu chantant. Le pourohila fuit le san kalpa, récilo des ma ni ras sur ce feu ; les rhanN et la musique reco moment de plus belle, et le jeune brahmane, debout, fait sur !«■ rerhand, pour la première fois de sa vie, le sacrifko appelé homat attendu que l'investiture du cordon lui a donné ce droit. Après ce sacrifice, el un autre qu'il fait particulièrement au feu, 1rs femmes vont en procession reporter le réch ud à «a place, puis reviennent ftire l'aratti à l'initié. La journée se termine par une distribution de bétel aux brahmanes, et l'on se sépare.
Le troisième jour, même réunion, mémo répétition delà plupart des cérémonie du jour précèdent, notamment du homa ; le tout terminé, comme à l'ordinaire, par un repas.
Le cérémonial du quatrième et dernier jour offre quelques particularités accessoires. Après la répétition îles préliminaires d'usage, les dame* de la fétc vont chercher, proressinnnellemenl el en chantant, le feu sacré; elles l'aj portent auprès de l'initié, qui, s'él.-iol leté, met quelques lig s de l'herbe darbha autour du réchand , pu s fait le b -nia, en jetant sur le brasier des morce.iui de l'arbre aswatha, du riz bouilli, du beurre liquéfié et ou sucre brut.
On va de là auprès du dieu ami ; on lui offre le poudja, et on l'invite à s'en aller comme il est venu ; en même lemps on verse un peu de l'eau lustrale que contient le dieutaae dans le creux de la main de chaque assistant, qui la boit aussitôt, et l'on va jeter le reste dans le pui!s. On dépouille aussi ce di u de la toile jaune el du petit morceau de safran dont on l'.ivail orné.el, ayant adressé c rl nnes prières A ces différents objeis, on permet de même à leur divine essence de s'en séparer. Le morceau de safran attaché ;iu poignet de l'initié lui est également ôlé, el on le met tremper dans du lait.
On apporte nn grand vase de terre neuf, et cinq plus petits, avec leurs couvercles, tous enduits de chaux à l'extérieur. L> s cinq petits vases sont en premier ii u remplis d'i'.iu, que l'on survide dans le grand; on recouvre celui-ci, on le place contre le pilier nui est au milieu du paudel, et auquel on siKpeud une guirlande de fleurs qui vient descendre sur Purifie* du vase; on lui offre lu a.iciilice de sandal, de grains de riz, de leurs, de gâteaux, etc. On asperge ensuite es assistants avec l'eau lustrale contenue lans ce vase.
On passe aux cinq petits vases p'eins de terre doul il a été question plus haul, le
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pondja leur est offert. On les range sur nnc
file, et ils reçoivent chacun le nom d'une de cescin t divinités, Rrahina, Virhnou, Varouna Koiidni. Dévendra. Us sont nprè-> cela portés séparément au pied de inq des pi'iers du p.i dol.^Ou les nppellealors par I snomsoo'on vient de leur imposer: on leur fait le pou 'ja, et on les invile à retourner au lieu d'où ils sonl venus. On offre aussi le pondja aux cinq petits vas'is vides, et l'on fait la même invitation aux esprits céleste* qu'ils représentent. Vient letour les dieux en génenl, des pl i -lè'es et des ancêtres, qu'on avait sommés dés le commencement de se rendre à la Tête ; on rérite des litanies en leur honneur, et on les prie poliment de prendre congé. Enfin, on célèbre les louanges du dieu Mantapn, c'est-à-dire du pandel lui-même, et Pon congédie aus«i ce dieu-là.
Les femmes fout alors en chantant l'aratti â l'initié, cl, tout le monde s 'étant assis pour le banquet, le nouveau brahmane vient prendre place parmi les anciens. Après le repas, il est présenté successivement aux principaux convives et leur fait une prostration; ceux-ri, de leorcolé, le complimentent sur sa promotion, el lui souhaitent toutes sortes de prospérités. Le maître de la maison distribue à ses hôtes de l'argent et des pièces de toiles dont la valeur est proportionnée à la forlune de celui qui rég île. On en a vu qui y ajoutaient le don d'une vache.
Cependant, avant de se séparer, ions les convives, hommes et femmes, accompagnent l'initié assisdans un riche palanquin ouvert, â une promenade solennelle qu'on lui fait faire dans les rues. Au retour, les femmes lui expriment, par des chants, les vœux qu'elles font pour sou bonheur, et 'erminent la fête par la cérémonie de l'aratti. Quant au nouveau brahmane, il doit encore Taire ponctuellement le homa, soir et matin, durant l'espace de trente jours.
Imitation de§ nègru de la Guinét.
Dans plusieurs peuplades de la fîninée, pour avoir commerce avec les esprits, el
fiouvoir assister aux assemblées nationales, I faut mourir et renaître. Les mystères de ces sociétés de régénérés sont cachés aux femmes el aux étrangers. Si l'initié avait Pi ml scrélton de revé er à quelqu'un ces secrets divins, les esprits puniraient de mort 1'indiscrélinn de l'un el la curiosité de l'autre. L'initiation des nègres de Cabo del Monte n'a lieu qu'une lois en vingt-cinq ans; et ils n'en parlent qu'avec une espèce d'enthousiasme. On meurt, on pa*se par le feu, on change entièrement d'habitude, on est dépouillé de sa corruption, revêtu de l'intégrité spiii uelte, et on reçoi' un entendement nouveau. Les marques du belti-panro (c'est le noio de la régénérai ion des nègres) son) des taillades le long du cou el des épaules. Ceux qui sont ainsi marqués passent pour être beaucoup plus intelligents que les autres; ils assistent aux conseils c vils et cnmiueis. Tous ceux qui ne sonl pas régénérés sort considérés comme des profanes,
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gens impars, ignorants, incapables de donner leur jugement sur une affaire ou de paraître dans les assemblées.
Lorsqu'il s'agit de recevoir des jeunes gens à l'initiation, ou choisit dans les bois, par ordre du roi, un lieu agréable, rempli d'oliviers, d'arbres fruitiers et d'autres productions naturelles, nécessaires à la subsistant. Des vieillards initiés y conduisent les candidats, demeurent auprès d'eux, et les élèvent sous leur discipline. Ils leur enseignent les usages et la conduite qu'ils doivent suivre, les exercent à une certaine danse fort pénible, et leur apprennent des poésies sacrées. Tous ces régénérés reçoivent un nouveau nom. Celte mystérieuse régénération dure quatre ou cinq ans, et pendant tout ce temps-là on y amène toujours quelques jeunes gens, même des esclaves. Les derniers venus ont l'avantage de passer moins longtemps dans ce rude noviciat, car l'initiation finale a lieu en même temps pour tous. Une fois entrés dans le lien de retraite, les jeunes gens ne peuvent plus en sortir ni communiquer avec les profanes, encore moins avec les femmes. Les environs sont estimés sacrés à trois ou quatre lieues à la ronde; les non initiés n'y peuvent pénétrer, et si une nécessité inévitable oblige d'y mettre les pieds, on doit s'annoncer en chantant de toute sa force. Ceux qui méprisent cet ordre disparaissent pour jamais, cl on fait courir le bruit qu'ils ont été enlevés par les esprits.
Lorsque le terme de la régénération est expiré, les vieillards mènent tous les initiés dan» des cabanes où des femmes leur apportent à manger. C'est là leur première entrevue avec le sexe; c'est là aussi que les vieillards leur enseignent tout ce qui concerne leur politique et leur morale. Au sortir de là, les initiés affectent de paraître étrangers et nouveaux venus dans le monde ; ils ne connaissent plus ni père, ni mère, ni ami ; car l'oubli du passé doit être le premier fruit de celle vie nouvelle. Leurs parents, de leur coté, ont peine à les reconnaître sous leur costume bizarre. Ils reparaissent au milieu d'eux tout couverts de plumes, ayant sur la tête un bonnet d'écorce qui leur couvre une pariie de la face, des grelots et des sonnettes aux jambes, et des dents de léopard autour du cou en guise de collier. En cet étal, ils vont danser solennellement sur la place publique la danse mystérieuse du belli, qu'ils ont apprise pendant le temps de leur régénération. Celle danse est si essentielle que ceux qui ont le malheur de ne pouvoir pas l'eiéruter dans les assemblées solennelles sont méprisés du peuple. Après la danse, les anciens appellent les initiés par leur nouveau nom, et les présentent à leurs parents.
Les femmes ont aussi des mystères, qui aboutissent à une espèce de cire nicisi n. Les matrones les plus respectables entre les négresses emmènent avec elles dans le bois s.icré des filles d'un certain âge, et les remettent entre les mains d'une espèce de prêtresse, qui fait manger des poulets à t'assem-
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bléc ; ce qui forme un engagement entre elles, car ces poulets sont appelé* pouhliil'allimtt. Ensuite on rase ces initiées, et on les condsit à une rivière au bord di> laquelle la prêtresse les circoncit. Après celle opération, la même
tiré tresse leur fait ôler tous leurs babils, et es garde trois ou quatre mois attirés d'elle pour leur apprendre quelque» disses très-difficiles et fatigantes , et des vers sacrés. Lorsque le terme de la retraite est près d'expirer, elles se font d'.iulres habi'i d'écorce» d'arbres ; leurs parents leur ap-
Iiortenl de quoi se parer pour l'entrée qs'el» es doivent faire dans leur village; cl celle entrée est suivie d'une fête accompagnée dt danses et de chansons.
Initiation de Widah.
Dans l'ancien royaume de Widah on Juidah, en Afrique, on rendait au serpent as culte solennel , et on consacrait, chaque année, à celte divinité un certain nombre de jeunes fille», avec un mode d'initiation luut particulier. Les vieilles prétresses chargées de ce soin prenaient le temps où le maïs commençait à verdir, et sortant de leurs maisons, qai étaient à peu de dislance de la ville, armées de gros bâtons, elles entraient dans les rues, par bandes de trente ou quarante, y cooraienl comme des furieuses, depuis huit heures du soir jusqu'à minuit, en criant A'ijobodiname, c est-à-dire arrétci , prenei. Tontes les jeunes filles de l'âge de 8 ans jusqu'à 12, qu'elles pouvaient arrêter dans cet intervalle, leur appartenaient de droit ; et, ponns qu'elles n'entrassent point dans les cours os dans les maisons, il n'était permis i pen nne de leur résister. Elles auraient été soutenues par les prêtres, qui auraient achevé de mer impitoyablement ceux qu'elles n'auraiei l pis déjà assommés de leurs massues. Mais comme les parents se font souvent un bonnear d'avoir des filles consacrées au serpent, ils les mettent eux-mêmes à la porte de leurs irisons, afin qu'elles soient eulevées et consacrées ace prétendu dieu. Ces prêtresses couraient ainsi par tout le royaume, el l-u i courses duraient ordinairement quime nuits, à inoins qu'elles n'eusseul plus loi rempli le nombre de celles qu'on voulait consacrer ao serpent celte année-là ; dans le cas contraire, elles continuaient leur chasse jusqu'à ce qu'il le fût.
Les jeunes filles ainsi enlevées sont menées dans la maison des prêtresses, et renfermées dans des appartements destiués à cet usage, où on les traite d'abord avec beaucoup »>* douceur. Ou leur apprend les danses et les chants sacrés qui servent au culle du wpenl ; mais la dernière partie de leur noviciat est très-sanglante. Elle consiste à leur un^re mer sur toutes les parties du corps. a»eedti poinçons de ft*r, des figures de fleurs, d'animaux, et surtout de serpents. Comme cens opération ne se fait pas sans de vives douleurs et sans une grande effusion de «aog, elle est suivie fort souvent de fièvres danse* reuses. Les cris touchent peu ces impil»j*bli» ueillcs ; et personne b'omuI approcher
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de leurs maisons , elles sont sûres de n'èlre pas (roublée<« dans celle barbare cérémonie. La peau devient fort belle après la guérison ; on la prendrait pour an salin noir à fleurs ; mais sa principale beauté aux yeux des nègres est de marquer une consécration perpétuelle au service du sen enl. C-tte qualité attire à res jeunes filles le respect du peuple, et leur donne quant lé de privilèges , dont le principal est de tenir dans une profonde soumission les homme* qui ont la folie de les épouser. Un mari qui entreprendrait de corriger ou de répudier une femme de celte classe. s'eipo*erait à la fureur de tout le corps des prêtresses.
Aus*<lôl que l'instruction est achevée, et les blessures parfaitement guéries, ou assuro aux i éophyles que c'est le serpent i;ui les a marquées. EH s doivent le croire, ou du moins elle- feignent de le croire ; car on lâche de leur inculquer que si elles répondent mal à leur initiation, ou si elles révèlent le» nu stères qu'on leur a communiqués, elles seront emportées et brûlées vives par le serpent Alors leurs maltresses prennent l'occasion d'une nuit fort obscure pour les reconduire dans leurs familles. Biles les laissent à la porte, avec ordre d'appeler leurs parents, qui ne manquent guère < e les accueillir avec joie, et d'aller r» ndre grâces au serpent de l'iionneur qu'il a fait à leur famille. Quelques jours après, les vieilles prétresses viennent demander aux parenls le prix qu'elles- jugent à propos d'exiger pour le logement et l'éducation de leurs élèves. Il n'en faut rien rabattre, si l'on ne veul qu'il soit doublé ou triplé, sans aucune espérance de diminution. Ces contributions se divisent en trois parts, dont l'une appartient au grand sacrificateur, l'autre aux prélres , et la troisième aux prêtresses.
Les initiées, rentrées dans leurs familles , retournent de temps eu temps au lieu «le leur consécration pour y répéter les instructions qu'elles uni reçues. Lorsqu'elles deviennent nui iles, c'est-à-dire vers l'âae de 14 ou 15 ans, on célèbre la cérémonie de leurs noces avec le serpent ; en conséquence elles sont honorées, tout le reste de leur vie , du litre d'épouses du grand serpent. Voyez Serpent.
Initiation de Matomba.
Dans la province de Matomba, ceox qui se dévouent ou s'- ngagent à Maramba, dieu île la contrée, sont enfermés par les Gangas nu prêtres dans une maison fort obscure, où ils sont obligés de passer un certain nombre de jours dans une grande abstinence. Après cette retraite, on l>-ur impose encore un silence de plusieurs jours, sans qu'il leur soit permis de le rompre pour quelque sujet que ce soit, et quelque mauvais traitement qu'on leur fasse, ce qui ne leur manque pas, puisque c'est par là qu'on éprouve leur patience. Quand le temps du silence est expiré, on conduit les néophytes devant Maramba , el on leur fait deux taillades en demi-lune sur les épaules; puis'on les asperge légèrement avec le sang qui découle des plaies, el ils sont ainsi cou- DtcTiotw. des Ksiioieifs. II.
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sacrés à Maramba. Ils doivent loi être fidèles et porter sur eux son image. Après l'initiation, ils ne doivent plus manger de certaines choses, qui rependant ne sont pas également défendues à tous ; car aux uns il est défendu de manger de tel aliment, aux autres, de tel autre. On initie de celte manière les enfants de l'un et de l'autre sexe, lorsqu'ils ont atteint l'âge de douze ans.
Initiation virginienne.
Voyez Houscanawbr.
Initiation alqonquine.
Les nations algonquines , les Hurons , les Iroq ois , avaient aussi leurs initiations. On y soumettait les jeunes gens qui étaient parvenus à l'âge de puberté ; ceux-ci se retiraient dans les bois, les garçons sous la direction d'un ancien ou d'un deun,et les jeunes filles sous la conduite d'une matrone. Pendant ce temps là ils étaient astreints à Un jeûne f.»rt sévère, el se noircissaient le visage et la partie supérieure de la poitrine el des épaule». Ils devaient observer leurs rêves avec grand soin, et en faire un rapport exact à leurs directeurs. Ceux-ci examinaient avec un soiu scrupuleux là conduite de leurs disciples, et conféraient avec eux de tout ce qui leur arrivait pour pouvoir déterminer uel manitou ils devaient choisir, quel genre e culte i s devaient lui rendre pour être toujours heureux; enfin quel genre délai ils devaient embrasser et suivre désormais.
Initiation mexicaine.
Outre les épreuves que devaient subir, dans les temples, généralement tous les Mexicains de l'un et de l'autre sexe, parvenus à un certain âge, il y avait encore des initiations particulières pour obtenir les différents grades de chevalerie, tels que les ordres de 1 Aigle, du Tigre el du Lion. Mais au-ilcs*us de tous les autres était un ordre , fondé par le monarque , en faveur des princes « I d s nobles, el dont les membres prenaient le litre de Teruille, el formaient la première dignité de l'Etat.
Trois ans avant l'initiation , l'aspirant à l'ordre de Tecuille prévenait de son intention ses parenls, ses ami», les seigneurs de sa province el luus les anciens Te uille>.Cet intervalle parait avoir été établi pour donner le tempo aux parties intéressées de faire des recherches sur la condu le du candidat, el pour s'assurer de sou courage el de la pureté de ses mœurs. On examinait également s'il n'arrivait rien, durant un si long espace de temps , qui pûl passer pour un mauvais augure.
Le jour de l'assemblée , tous ceux qui la composaient , parés de leurs plus riches ornements conduisaient le récipiendaire au temple ; il se mettait à genoux avec de grandes démonstrations de dévouement et de piété. Alors un piélre s'approchait de lui, lui perçait le nez de plusieurs petits trous, avec un os pointu de tigre, ou un ongle d'aigle, et y insérail de petits morceaux d'ambre
pouf empêcher les chairs de se rejoindre. Après cette douloureuse opération qu'il devait souffrir sans donner aucune marque d'unpalience , le prêtre lui adressait un discours aussi fatigant pur sa longueur , que piquant par les injures dont il était rempli ; et p issant des paroles aux actions, il lui faisait diverses sortes d'outrages qui ahoulissaienl à le dépouiller de tous ses babils. Il se relirait nu dans une salle du temple, où il s'asseyait à l< rrc pour y pas>er en prières le reste du jour. iVndant ce temps-là, toute l'assemblée Taisait un grand festin, auquel il ne preuail aucune pari ; et quoique la joie lut
fioussee tort loin en sa presem e, c'était sans ui adresser on seul mot. A l'entrée de la nuit, tout le monde se relirait , sans le regarder et sans lui dire adieu. Alors les pré- Ires apportaient un manteau grossier pour le vélir, delà paille pour le courtier, et une pièce de bois pour lui «.en ir d'oreiller. Ils lui donnaient de plus de la teinture pour >e Irotler le corps, des poinçons pour se percer les oreilles, les bra> et Icsjamlics, un c ceusoir et de la poix grossière p mr encenser les i. Joies. On lui laissait pour compagnie liu.s vieux soldats, des plus endurcis <>u\ l.iligues delà guerre, qui étaient chargés non-seulement de l'instruire , m is de troubler i oui, nuellemenl son sonmieil, car il ne devait dormir que quelques he res, cl as-is pendant l'espace de quatre jours. S'il paraissait un peu s'assoupir, ils le piquaient avec des poi cous pour le réveiller. A minuit, il de» ait encenser les idoles et leur offrir quelques gouttes de son sang. Il faisait une lois , pendant la nuit, le tour de l'enclos du temple; et, creusant la terre en quatre endroits, il y enterrait des cannes et des cartes teintes du sang de ses oreilles , de ses pieds , de ses mains cl de sa langue. Ensuite il preuail son repas, qui consistait en quatre epis de maïs el un verre dYau. Deux qui voulaient faire montre de resolution et de persévérance, ne prenaient rien pendant les quatre jours. A la lin de ce penibl. t nue, le récipiendaire demandait congé aux prêtres pour aller continuer sou noviciat dans les autres temples. Ses exeroces y étaient moins rigoureux , mais ils duraient pendant tout le reste de l'année ; et d ms une si longue épreuve, il ne pouvait ni aller à -a maison, ni s'approcher de sa f. ■mine.
Vimn la fin de l'année, il choisissait un jour heureux pour sortir avec des augures aussi favor ahl s qu'il était entre ; et lorsqu'il croyait avoir bien trouve, il en provenait ses amis qui le venaient prendre au point du jour. On le lavai1, ou le nettoyait soigneusement ; on le ramenait , au son de* instruments et avec des cris de joie, au premier temple, qui était celui de l'idole camatziè ■)ue. Là ses amis le dépoirllaient de t'hatul grossier qu'il avait porté si longtemps , et lui en faisaient prendre u très-riche I s lui liaient les cheveux d'un ruban rouge, et le couronnaient des plus belles plumes. Ou lui mettait un arc dans la main gauche , et des flèches dans la droite. Le grand prêtre lui faisait une
DES RFJjr.IONS. plit
longue harangue , qui ne contenait que de> éloges de son courage el des eiborlannnsa la vertu. Il lui recommandait parlkuli renient de défendre sa patrie et sa religion: <rt lui rappelant qu'il avait eu le nez perce d'un os de ligre et d'une griffe d'aigle, le nez, e rs,, à-dire la plus haute partie de l'homme et celle qui se présente la première, il l'averltuait qu'aussi longtemps qu'il porterai! les ralric.es de ces glorieuses blessures , il de» :t faire éclater dans toutes ces actions la noblesse de l'aigle et l'intrépidité du ligre. Enfin le grand prêtre lui donnait un nouveau nom, el le congédiait en le bénissant. L'initiation se terminait par une féle solennelle et on grand festin.
Initiation caraïbe.
Lorsqu'un jeune Caraïbe aspirait à devenir devin ou prêtre, il devait fournir une longue carrière sous la conduite d'un vieux deun, qui en était tellement le mailre, que ses ami» el ses plus proches parents n'avaient pas u liberté de le voir et d»» lui parler : pendant ci te ops d'épreuves, il était astreint a s'abreuver de potions abominables de jus de tabac, à des jeûnes prolongés, à des assauts fréquents que lui livraient, duraul la nuit, les autres devins qui lui déchiquetaient tout le corps avec des dents d'acouli. Enfin le mule venait trouver son disciple à l'entrée delà nuit qui devait mettre un terme à ses èpriO ves. H lui représentait fort au long 1» s ihh* mile du ran<r auquel il allait élre élevé, loi exagérait l'honneur et les avantages qu'il et rec evrait, ayant à son service un esprit f 1milier, qu'il pourrait évoquer quand il lui plairait, cl dont il pourrait se servir selon qu'il en aurait besoin. Il lui expliquait enfin tout ce qui devait se passer dans le cours de colle nuil, et l'exhortait à ne point se la $»cr épouvanter par les choses extraordinaire! qui devaient lui arriver.
Cependant les femmes, par ordre du devin, nettoyaient une cabane, y suspendaient trou hamacs, l'un pour l'esprit, le second pour »e devin, et le troisième pour le prosélyte; elles dressaient ensuite, avec des panier» ou de petites tables d'osier et de lalanier, qu'elles mêl aient les unes sur les autres, unee*pec« d'autel à 1 extrémité de la cahane, sur lequel on mettait quelques pains de cassave et on vase plein d'ouicou, pour l'esprit à qui on ei faisait le sacrifice.
Vers le milieu de la nuit, le devin et soi disciple entraient seuls dans la cabane. Le premier, après avoir fumé une feuille de tabac roulée, entonnait de toutes ses forces et presqu'en hurlant , une chanson magique* suivie, s'il faut eu croire les barbares, doa bruit horrible dans les airs, mais un peu éloigné. Le devin, l'ayant entendu, éteignait le l'eu el en couvrait jusqu'à la moindre étincelle ; car les esprits, a ce qu'ils assuraient, n'aimaient que les ténèbres el l'obscurité.
Aussitôt que les feux étaient éteints, v tnahoia ou esprit entrait dans la cabane par le toit, avec la même véhémence et k même fracas que fait la foudre qui tombe ji
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plu* fort d'un violent orage. Le devin et son
firosélvte lui rendaient leurs devoirs et il se iaii entre eux une conversation, dont ceux qui étaient dans les cabanes voisines, attentifs à ce qui se passait, ne perdaient pas une parole. L'esprit commençait à pailer te premier d'une voix contrefaite ; il demandait au devin pour' quel sujet il l'avait évoque, et l'assurait en même temps qu'il était prêt à l'écouter et à exaucer tous ses désirs. Le devin le remerciait, et le priait en peu de paroles de prendre place, et de toucher au festin préparé pour lui ; après quoi il gardait pendant quelque temps un profond silence. L'esprit, répondant à cette invitation, prenait d'abord possession de son hamac, avec une agitation qui faisait trembler toute la ca bane ; Use disposait ensuite à manger, et on entendait un cliquetis retentissant de dents et de mâchoires, comme si en effet it mangeait et dévorait tout ce qui lui était présenté. Ce n'était cependant qu'un jeu, car on ne manquait jamais de trouver, après la cérémonie, les pains aussi entiers et les vases aussi pleins que lorsqu'ils avaient été déposés sur l'autel. Les Caraïbes cependant étaient persuadés que l'esprit en prenait ce qui lui convenait, et ce qoien restait était regardé comme sacré. Les anciens devins avaient seuls le droit d'en manger, encore devaient-ils être puriGés pour cela.
Ce bruit de dents étant fini, le devin quittait sou hamac, el se mettait à terre en posture de suppliant, assis sur ses talons, et parlait en ces termes : « Je t'ai appelé, nonseulement pour te rendre les devoirs de mon respect, mais encore pour mettre sous ta protection ce jeune nomme ici présent. Fais donc en sorte qu'il deseende ici dès mainteliant un autre esprit semblable à toi, afin que ce jeune homme le serve et s'engage à lui aux mêmes conditions et pour la même fin que j>- \f sers depuis tant d'années. » — « Je le veut bien, répondait l'esprit avec des marques d'une joie sensible ; vous allez être exaucé» é l'instant. » En effet , un second esprit donnait à l'heure même des signes de sa présence par un bruit aussi elTroyable que celui qu'avait fait le premier à son arrivée. Leurs sens étaient alors fasc inés, pendant un assez Ion* espace de temps, par des prestiges sans nombre, qui les mettaient presque hors d'eux-mêmes.
Le jt*uiie prosélyte effrayé et presque mort de peur sautait alors de son hamac, et se me tant aussi eu posture de suppliant, prouuuçait ces paroles d'une voit tremblante : « l'-spril, qui veux bien me prendre sous (a protection . sois favorable, je le prie, à mes desseins. Je suis perdu f-ans ton secours ; ne me laisse pas mourir misérablement, et ren is« toi propice à mes demandes, de mamère que je ( oisse l'évoquer toutes les fuis que je le voudrai, et que cela sera nécessaire pour le bien de ma nation. » — « Prends courage, répondait l'esprit invoqué : sois-moi fidèle, jo ne l'abandonnerai point dans tous tes voyages de terre el de mer, el ic serai à tes côlés dans tous les dangers ou ta te trouveras ;
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mais sache aussi que si tu ne me sers pas avec fidélité, el de manière à me conteuler. tu n'auras pas de plus cruel ennemi que moi. » Cela dit, les esprits s'évanouissaient, faisant retentir toute la cabane el tout le voisinage d'un coup éclatant de tonuerre, qui mettait le comble a l'effroi du myste et de son disciple.
On accourt alors, sans perdre de temps, de toutes les cabanes voisines, avec de la lumière ; on entre en foule dans celle où vient de se passer toute celle scène, et on enlève dans leur lit les deux inities qu'on trouve renversés par terre, tremblants, demi-morts el presque sans sentiment. Leurs parents et leurs amis mettent tout en usage pour les faire revenir. On les réchauffe en allumant un grand feu, et on les fait boire el manger. Le jeune initié fuil dès lors partie du corps des devins.
initiation G alibi.
Le Galibi qui voulait entrer dans l'ordre des guerriers, venait d'abord dans la case de réception avec une rond ache sur la tête, baissant les yeux, sans parler à personne, sans même en faire part a sa femme et à ses enfants. On lui construisait dans cette case un retranchement fort étroit, dans lequel il pouvait à peine se remuer, et on suspendait son hamac dans le haut, afin qu'il ne pût
fiarler à personne. Dans celle position on ui faisait garder pendant six semaines un jeûne rigoureux, ne lui donnant qu'un peu de millet bouilli et de cass ive. Cependant les capitaines voisins viennent le visiter soir et malin, et loi représentent que s'il veut parvenir à la gloire de capitaine à laquelle il aspire, il doit être courageux, et se comporter vaillamment dans toutes les rencontres où il se trouvera au milieu des ennemis ; qu'il ne doit craindre aucun danger pour soutenir l'honneur de sa nation, et pour tirer vengeance de ceux qui ne manquent pas de maltraiter ses compatriotes quand il» les ont faits prisonniers. Après celte harangue, il s'agit de lui donner un avant-goût des tourments qu'il aurait à endurer s'il était pris par les ennemis. A cet effet, on le fait tenir debout au milieu du carbet, les miins sur 1 1 tête; chaque capitaine lui décharge sur le corps trois grands coups d'un fouel fait de racines de palmiste. Le premier coup est sanglé autour des mamelles, le second au milieu du corps, le troisième autour des cuisses ; chacun de ces roupsétaot Joucappli luéavec force et de manière à environner le corps, il en résulte qu'il s'enlève di s lambeaux de chair et que le sang ruissèle à grosses gouttes. Le candidat doit le recevoir sans remuer le moins du monde et sans donner aucun signe de douleur. Si le n inbre des capitaines présents est grand, ce sont autant de bras frais et vigoureux qui lui assèuent ce» coups furieux. Aprè» celte cruollc épreuve, le pai ent se recouche dans son hamac, cl on dépose au-dessus de lui tous les fouets dont il a été frappé, comme autant de trophées. Le même mauege recommeuce ainsi chaque jour peo-
i&l DICTIONNAIRE
liant six semaines, el chaque fois avec des fouets neufs.
Ce terme expiré, les chefs delà contrée préparent un grand lestin. Puis il< se dispersent dans les buissons el dans les halltcrs, où tous ensemble ils poussent «1rs cris et des hurlements horribles ; il» se piécipitent ensuite dans la casedo guerrier. l'are bande et la flèche sur la corde ; ils se sai-isseul du candidat exténué par le jeûne el déchue île C«ups <lc fouet ; ils rapportent dans son hamac qu'i's attachent a »leu\ arbres, el le foui lever. On l'encourage comme auparavant, el pour éprouver s i lorce d'àne, enaque < anitaine lui donne encore un roup de touel de toute sa foire. Il se remet dans son Ni, [ Ton amasse <out autour une grande quantité d'herbes livs-to» tes et très- pu >nti s ; on y met le feu, de b Ile sorte qn' l ne le ton lie pas. mais qu'il en seule seulement In < l»aleur, qui, jointe a une l'un ée épaisse, lui cause des douleurs intolérables; il devient comme Ion dans son hamac ou il demeure constat) inenl, el ii v tombe ilms de telles syncopes qu'on le dirait mort. Ouand on le voild us cet état, on lui donne a boire poulie taire revenir à li i ; on l'exhorte derechef ù être courageux, el ou redouble le feu jusqu'à ce que les matières combustibles soient consumées.
Pendant que ce pauvre misérable souffre ces affreuses tortures, les autres foui donneur au festin, boivent el mangent à outrance; mais voyant le candidat presque mort, ils songent enfin à le faire revenir a lui au moyen d'un étrange remède. Il> lui f nt un collier et une ceinture de palmiste, qu'ils remplissent de grosses fourmis noires, dont une seule piqûre cause une cuisson douloureuse qui »'.ure Irois un quatre heures. On lui mel ce collier et celte teinture qui produisent bientôt leur effet. Il se lève ; alors on lui verse sur la tète, au travers d un crible, une chaudière pleine d'une certaine liqueur. Le néophyte va aussitôt se laver dans la t iv ère ou dans une lonlaine voisine ; ei rentrant dans sa case, il se remet de nouveau en retraite , el n commence un nouveau jeùm», mais moins sévère que le premier. Enfin, lorsqu'il esl parvenu au terme de celle i igourense carrière, il « si proclamé capitaine, et on lui donne un arc tout neuf avec des
*• flèches el loul ce qui e>l nécessaire pour
, remplir sou nouvel emploi.
, Toutes ces épreuves ne font cependant qu'un petit capitaine ; il en fatil de bien plus * rigoureuses pour un grand chef; on en ignore le détail : on sait seul, ment qu'une de ces épreuves consistait à eu errer le candidat, jusqu'à la ceinture , dans une fourmilière pleine de ces grosses fourmis doul nous venons de pat 1er.
Cependant il ne faut pas croire que ces initiations soient encore en usage en Amérique; depuis que les peuplades île ce grand continent ont perdu leur nationalité, el ont été englobées ou plutôt re'oulées par la civilisation, elles ont perdu beaucoup de leurs
DES RELIGIONS
anciens usages. Plusieurs de ces tribus oot même disparu lout à fait.
In il t'a t io n b ré* i tienne.
Parmi certaines peuplades du llrô>il, lor*. que les filles sont parvenues à l.i nuluhiY, ,|. les sonl soumises à une inili.il i<m qui n at passer pour un vérilabl- martyre. Dès q.iVIles ont donne les premières uni quesnV*ur étal, on commence par leur hrûl<r hs cieveux, on par les leur couper avec une dm de poisson, le plus près possible de la |m.,u. Après quoi on les lait tenir debout sur une pieere plate à polir, et, a»ec une dent d'acouli,on leur tranche la chair depuis I, |uu; des épaule* jusqu'au dos. en forme «le cr t de saint André ; on leur fa t aussi plusieurs «!n(re> découpures, tic mauièie <iue le »,u; ruisselé de loti I < s parts. Ou s'aperçoit b u de l i douleur aff en>e ■! lu* ressenlenl re> (> >uvr. s lilles, .1 leurs contorsions el à leur g i;cernent de den s ; mais la bout « les ic i.ni. el pas une n'ose hisser échapper i n seul m On froUccns ite toutes ces plai- s av.c iK ij cendre de courge siuvage. non inouï- u»t>~ si venue la poudre à canon ou le salpèirvn sorle que pima s les m rques ne s ViTimiI; ou leur lie ensuite les bras el tout le corps avec des corde* de co'on, on leur pend .tu cou les dents d'un certain animal, el on If, couche dans leur hamac, si bien enveloppas que personne ne peut les voir. Files y >nnt au moins trois j mis entiers sans pouvoir m descendr e, el passent (oui ce temps-là sau» parler, sans boire et sans manger.
Ces trois jours étant expirés, oo le* fait descendre de leur hamac pour les délier. et ou leur frit poser les pieds sur la même pierre, afin que d'à tord elles ne touchent point li terre. De là eJes sonl remises dans leur iii. où elles sonl nourries de racines rui.es e! d'un peu de farine et dVau , s ms qu eiies puissent user de quelque autre s îaude ou de quelque autre breuvage que ce son. fcll'î'ifii.eur- m dans cet etal jusqu'à fa seconde purgation , après laquelle on leur decoti^e tout le reste du corps, depuis la tète jusqu'aux pieds , d'une manière encore pins cruelle que la première fois. On les reniât de nouveau dans leur hamac, où elles sont un peu moins gênées dur nt ce second un» s et où elles sont soumises à une a •slmeiuï un peu moins austère ; mais elles ne peines encore sortir, ni converser avec qui que a so 1 de la cabar.e, et ne s'occupent qu'a lilfr el a éplucher du coton. Le troisième mois. on les (rotle d'uuc cou eur noire, fiite d Iiuik' de j nipat, cl elles commencent à sortir p ur a. 1er aux champs.
Initiation péruvienne.
On n'admettait à celte initiation, dans le Pérou, q n les enfanls de la race du soleil, c'esl à-dire les (ils des incas, race no i hrem« qui était celles «les rois el des prélres dolVmpire. On recevait à ces initiations vers là?f de l.'i à 10 ans ; cl elb s étaient absolument nécessaires pour sortir de l'enfance, recetoir les insignes honorifiques de l'âge mil et
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jouir de ses prérogatives. Elles étaient en même temps on noviciat des plus rigoureux, dans lequel on exerçait ces jeunes gens à supporter tontes sortes de travaux et à se rendre capables de soutenir toutes les disgrâces de la fortune II était pour ces novices du plu* haut intérêt de sortir de ces épreuves avec honneur; car si, pend i ut le cours de cet examen, ils laissaient pnrallr» de la fajlilcsse nu de la lâcheté, •! en rejaillissait sur eux «t*ur leurs parentales plus pioches, une infamie qui le» déshonorait. Aussi les pères, les mères, les frèies, les sœurs, les ondes, et les j.-tines gens eux-mêmes , ne cessaient de faire, pendant ce temps-là, des vœux continuel au soleil, accompagnes de sacrifias, «le jeûnes, de mortifications et 'le toutes sortes de pral ques r-*li :ieuses, afin que relie divini'é leur donnât la force et le courage nécess ires, pour fournir avec g'oire la pénible carrière de ces violente-* épreuves.
Chaque année donc , ou «te deux ans en deux ans on faisait choix déjeunas princes propres à être initiés , et on les uiettai' dans une maison consacrée à cet usage, sous la conduite de quelques * ieillards expérimentés, qui avaient la charge de les éprouver et de les instruire.
Les épreuves commençaient par des jeûnes de plusi.-urs jours de suite, pour leur apprendrr à souffrir la faim et la soif. On les réduisait presque à l'inanition, et on ne leur donnait, a certains temps marqués, que quelques poignées de maï* et de l'eau pure. On doublait ces périodes déjeunes, à mesure qu'ils se montraient plus capub es de les supporter, et ou les leur faisait pousser aussi loin que cela se pouvait sans leur causer la mort. Après les avoir accoutumés à dompter leur corps par la faim et In soif, on leur apprenait à le mater aussi par les veilles. On les mi (tait en sentinelle des dix et douze jours do suite, pendant lesquels iis étaient surveillés attentivement, et si ou en surprenait quelqu'un enlormi. on le renvoyait comme trop enfant pour être admis aux honneurs.
Le temps de ce* premières épreuves étant ras«»e, on les exerçait à la course. On les conduisait à c« t effet dans un lieu sa Té, où ils commençaient une course qu'ils continuaient ju i|u au pied de I > citadelle, éloignée de là d'une lieue et demie. Là était planté un étendard destiné à relui qui parvenait le premier au but. et qui dès ce moment était proclamé le chef de ses compagnons. Quant à ceux qui arrivaient le* derniers , ils étaient notés d'infamie et renvoyés avec honte.
On leur apprenait à travailler de leurs mains, à fabriquer tout ce qui leur était nécessaire, et part cul ièreroenl , les armes, les souliers, et tout ce qui concernait l'équipage d'un soldat. On leur montrait ensuite à se servir de ces armes, à lancer le javelot, à tirer de l'arc, à »e servir d«- la fronde, à porter de lourds fardeaux. Souvent on les faisait lutter les uns contre les autres. Quelquefois on les divisait en deux troupes ; on leur faisait attaipuer et défendre une place, non sans effusion de sang. Quelquefois un de leurs
maîtres, prenant un bâton à deux bouta ou une pique, se mettait au milieu d'eux, faisait le moulinet, s'escrimant avec une vitesse et une légèreté incroyables, portant ce bâton ou cette pique, tantôt à l'un, tantôt à l'autre, jusqu'ji leurs yeux, comme s'il voulait les leur crever, ou sur leurs jambes, comme pour les rompre. Ceux qui bii saienl tant soit peu la vue, ou qui reliraient le pied, étaiem aussitôt mis hors des épreuves; parce que, dis il-on, s'ils appréhendaient si fort des armes qu'ils savaient bien ne pas devoir leur nuire, ils ne sauraient soutenir I aspect de celles «le leurs ennemis. On exerçait d'autres fois leur patience, en frappant leurs bras e' leurs jambes nus avec de grandes branches d'o-i r, et s ils paraissaient trop sensibles à ces coups, o i les expulsait, en disant que puisqu'ils ne pouvaient sonfTrir 1rs coups «le baguettes si tendres et si fragiles, ils seraient encore moi «s à l'épreuve des blessures et des coups violents qui parti aient de la m lin de leurs ennemis.
En les rompant ainsi à la fatigue et aux travaux corporels, on n'oubliait pas leur esprit et leur cœur ; on leur rappelait sans cesse la noble race à laquelle ils avaient l'honneur d'appartenir ; ou leur mettait devant les yeux les vertus et les actions héroïques de leurs ancêtres, leur religion, leur piété, leur amour pour la justice, leur zèle contre le vice, leur valeur, leur clémence et leur douceur à l'égard de leurs subordonnés, leur modération , leur tendresse pour les pauvres, leur libérable, etc., etc.
L'héritier présomptif delà couronne, bien loin d'être dispen>é de toutes ces épreuves, était traité avec encore plus de rigueur que l''sauir«-s, et était dressé d'une manière toute particulière aux grandes fonctions qu'il aurait à remalir un jour.
LoGn , après que les candidats avaient fourni celle longue et pénible carrière, le souverain leur faisait la cérémonie de leur percer les oreilles et les natines. Les principaux primes de la cour les rêvé aient des insignes de leur nouvelle dignité. Us étaient alors proclamés Incas ou véritables fils du soleil ; et cette solenni é était terminée par des sacrifices et par les autres marques de réjouissance qui accompagnaient les plus grandes fêles.
Initiation auttralienne.
Voy. Gna-loung.
1NXAKOU, idole des Iles Kouriles. Voy.
ISGODL.
INNOCENTS. — 1. Fête de l'Eglise catholique, dans laquelle on célèbre la mémoire des petits enfants de Bethléem, rais à mo t par l'ordre du roi Hérode, dans l'intention d'envelopper dans ce massacre le Messie qui venait de naître, et dont l'avènement lui portait ombrage. On considère généralement ces enfants comme les premiers martyrs de la religion chrétienne. L'Eglise latine célèbre celte tête le 28 décembre ; les Grecs, les Syriens et les Coptes, le 29 ; les Ethiopiens, le 2$ du même mois. Les Orientaux portent
le nombre des Innocenta, let uns à 101 4-, les entres à 14,000: le premier nombre serait possible, mais le second esl fort exagéré.
2. Dans le moyen âge, on appelait fête des Innocenté, des réjouissances scandaleuses cl indécentes, qui se célébraient ilans l'église mémo, par les clercs et les enfants de chœur, la veille et le jour même des saints Innocents. Voy. Fous . Féte des).
INO, fille de Cadmus et d'Hcrmione ; elle épousa en secondes noces Àlhamas, roi de Théhes, dont elle eut dcui fils, Léarque et Mélicertc. Elle Inita les enfants de son mari en vraie matâlre, et chercha à les faire périr, parce que, par le droit de primogéniture, ils devaient succéder A leur père, à l'exclusion des enfants d'Ino. Pour réussir plus sûrement dans son entreprise, elle en fit une affaire de religion. La ville de Thèbes se trouva, vers ce temps-là, désolée par une cruelle famine, dont on prétend qu'elle était elle-même lu cause, parce qu'elle aurait empoisonné le hlé semé l'année précédente, ou. suivant Hygin, parce qu'elle l'aurait fait mettre dans IVau bouillante pour eu brûier le germe. On alla consulter l'oracle, comme c'était la coutume dans les calamités publiques ; or, les prêtres ayant été gagnés par la reine, répondirent qu'il fallait immoler aux dieux les enfants de Néptiélé, première femme d'Atbainas. Ceui-ci évitèrent par une prompte fuite le sacrifice qu'on allait faire de leurs personnes. Alhamas ayant découvert les cruels artifices de sa femme, fut tellement transporté de colère, qu'il tua Léarque, un de ses fils, et poursuivit Ino jusqu'à la mer, où elle se précipita avec Mélicertc, son autre enfant.
Les Grecs trouvèrent moyen de faire une divinité de ce monstre, dont la légende précédente parait historique. Voici maintenant, d'après Ovide, la fable par laquelle on en faisait une héroïne malheureuse.
« Junon, irritée de ce qu'après la mort de Sémclé , Ino , sa sœur , avait osé se charger d'élever le petit Bacchus, jura de s'en venger. Elle a.ita Athamas de furies , et lui troubla tellement le sens , qu'il prit son palais pour une forêt, sa femme cl ses enfants pour des bêtes féroces ; et, dans cette manie, il écrasa contre un mur le petit Léarque, son fils. Ino, à cette vue, saisie elle-même d'un violent transport qui tenait de la fureur, sort tout échevelce, tenant dans ses bras son autre fils, et va se précipiter avec lui dans la mer. Mais Panope, suivie de cent njmphes, ses sœurs, reçut dans ses bras la mère et l'enfant, et les conduisait sous les eaux jusqu'en Italie. L'implacable Junon le» y poursuit, et anime contre eux les Bacchantes. La pauvre Ino allait succomber sous les coups de ces furieuses, lorsque Hercule, qui revenait d'Espagne, entendit ses iris « t la délivra de leurs mains. Elle allci ensuite consulter la célèbre Carmenta, pour -.noir quelles devaient être sa destiné* et celle de son fils. Carmenla, remplie de l'esprit d'Apollon, lui annonça qu'a-
DES RELIGIONS. «Si
près tant de peines essuyées, elle allait fc. venir une divinité de la mer, sons le nom
de Leurothoé pour les Grecs, et «te MaJuta pour les Romains ; en effet, Neptune, à U prière de Vénus, dont elle était pet te-fîlle, reçut la mère et le fils nu nombre des divinités de son empire. »
INOfiES, fêtes annuelles célébrées à Corin he en l'honneur d'Ino. A Mésare, .Ile éi ait pareillement honorée sous I • nom de Leucothoé. Dans la La renie, il y avait , près de l'Ile d'Epidaure, un lac consacré à Ino, qui y rendait des oracles. Le jour de la fête de cette divinité, on y jetait Jes gâteaui; s'ils allaient au fond de l'eau, on rn tirait un bon augure, el un mauvais, s'ils remontaient à la surface.
INQUISITEURS, membres du tribunal de l'inquisition dont nous parlons dans l'article suivant; le chef avait le iiire l'/nquihiteur de la foi ou de Grand /n/uiiurur.
INQUISITION, tribunal ecclésiastique établi pour s'opposer au progrès de l'hérésie et la réprimer, pour rechercher les hérétiques, travailler à les convertir, el même en certains ces pour les punir.
Au seul mot d'inquisition, nous vayoasla plupart du monde s'élever eu masse pour condamner celle institution, l'anathémaliser, et appeler sur elle la réprobation universelle. Et pourquoi? parce qu'on a In deux ou trois livres ou mémoires concernant l'inquisition, écrits par des personnes mal intentionnées, qui se sont plu à recueillir tous les abus, tous les scandales qui avaient pu être commis sous l'ombre de la religion, et qui n'ont pas eu l'impartialité de rappir'er en même temps tout le bien que celte imti* tulion a pu produire. Et lotit • ela pour faire retomber sur l'Eglise entière la responsabilité de quelques actes iniques commis rn son nom ; pour discréditer un ordre religieux qui regardait la charge d'inquisiteurs de la foi comme le plus beau de ses titres ; pour faire passer l'un des plus grands saints de l'Eglise, saint Dominique, ponr le fondateur de l'inquisition ; tandis que les fonctions d'inquisiteurs ne furent confiées aot Frères prêcheurs qu'en 1^33, douze ans après la mort de saint Dominique.
Mais dans l'établissement de Pinqoisition, il esl nécessaire de distinguer deux cho«es, l'institution ecclésiastique cl l'inst lntk>e civile : quant à la première, nous croyons que l'Eglise n'a point outre-passe ses droits el son devoir ; car il faut bien accorder h cette grande société le droit et le devoir qu'on accorde aux plus petits Etats, de vriller à leur sûreté, d'éloigner les fautrurs d< troubles et de doctrines funestes, el de réprimer les incorrigibles ; aussi sVlè»e-t-'l en général peu de récriminations sur ta minière donl l'inquisition était exercée dans la plupart des Etats chrétiens, et entre autres dans les Etats pontificaux, car null* part elle n'a été plus douce et plus medef* qu'à Rome et sous les yeux du pape. Si pi»» tard les rois d'Espagne et de Portugal
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cherché à consolider leor pouvoir par celle institution, ou si on lèle aveugle el exagéré les a fait renchérir sur les rigoeors premières , l'Eglise n'en saurait être responsable. Ao reste» sans prétendre excuser les tortures, tous les actes reprochés à l'inquisition espagnole, nous croyons qu'on en a fort exagéré la rigueur, la cruauté et la fréquence. Des rapports faits par des gens qui a r, -lient clé recherchés par ce tribunal, et jetés dans les prisons de I inquisition, attestent qu'on éta l quelquefois cinquante ans saos voir d'exécution capitale. Or celle inquisition espagnole n'était ni plus redoutable, ni plus cruelle que V inquisition anglaise, qui jusqu'au siècle dernier a sévi d'une manière implacable contre les catholiques. Or on n'a jamais crié contre l'inquisition anglaise, parce qu'elle ne porlait pas le nom d'inquisition , el parce que ses rigueurs étaient exercées par des protestants.
Nous n'entrerons point dans le détail des procédures, des questions, des tortures, des cacbois, des condamnations, des supplices et de toutes le» horreurs vraies ou fausses mises sur le compte de l'inquisition espagnole ou portugaise, parce qu'il est fort difficile, au milieu de tant de rapports contradictoires , de distinguer la règle de l'abus. Nous préférons reproduire ici une judicieuse appréciation faite par M. Combegoille au sujet de celle institution.
« En ce qui concerne l'inquisition, dit-il, nous ne doutons point qu'un ne revienne bientôt des idées si étranges et pourtant si répandues sur ce tnbuual; el ce sera un grand pas que d'avoir pu rompre le charme de certains mots qui épouvantent de loin, comme des Ggures fantasmagoriques. Alors on s habituera à prononcer ce terrible mot d'inçuùi /ion, sans plus d'effroi que celui d>nquéte, d'instruction judiciaire, telle qu'elle est absolument indispensable pour asseoir une procédure quelconque. On comprendra peu A peu qu'à une époque où la société était avant tout catholique, où l'unité de croyance et de culte, considérée comme une loi non-seulement religieuse, mais encore politique, comme la première condition d'un ordre social régulier, force était bien à cet ordre de ne point laisser saos défense un principe sur lequel reposait sa force, sa grandeur, son existence elle-même. On comprendra que si jamais personne n'a jamais contesté a une cité, à un corps de nation constitué conformément aux lois de la justice, le droit de veiller à sa conservation et de résister, par des voies légales, à ses ennemis intérieurs et extérieurs, la chrélienté, cette magnifique création des papes du mojen âge, formée de toutes les naiious catholiques réunies sons la loi de l'Evangile, au sein de l'fl|lise de Jésus-Christ, pouvait bien prétendre sans donle à exercer ce même droit. On se convaincra de plus, en lisant l'histoire sans prévention, que pour juger sainement des actes de l'inquisition, il est absolument indispensable de distinguer les époques, ce tribunal ayant complètement