‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 362 sur 365 · ISA · texte numérisé non relu

ISA

nomme, ainsi il est juste que je parle le premier. Comment, toi qui es une femme, oses* tu commencer? » Us se séparèrent alors et continuèrent leur chemin. Sciant rencontrés de nouveau à l'endroit d'où ils étaient partis, le génie mâle chanta le premier ces paroles : « Jv suis fort heureux de trouver une jeune et jolie femme. » Ils s'unirent alors pour ne plus se quitter.

Isa-nami-no Mikoto étant devenue enceinte, accoucha successivement de toutes les Iles qui composent l'empire du Japon ; puis elle donna naissance à la mer, aux rivières, aux montagnes, aux arbres et à la bruyère qui fut la mère de toutes les autres plantes, à l'exception des raisins, qui furent produits par une tresse de cheveux noirs jetée par Isa-naghi-no Mikoto. Les deux génies créateurs ayant réfléchi qu'il manquait encore un élre pour gouverner le monde qu'ils avaient produit, donnèrent naissance à une fille divine appelée vulgairement Ten siodaisin, c'est-à-dire rYspril céleste de l'éclat du soleil. Cette Glle avait la figure res-

f>lendissante et l'air spirituel ; ses parents en tirent enchantés; mais la trouvant trop belle pour la terre, ils résolurent de l'envoyer au ciel et de la charger du gouvernement universel. La mère accoucha ensuite de T*oukino Kami, ou la déesse de la tune, d'une figure moins resplendissante ; elle fut aussi envoyée au ciel et gouverne le monde, conjointement avec sa sœur. Puis naquirent deux autres enfants : Firou ko ou la sangsue, et Sasan-no o-no Mikoto , le dieu des tempêtes. Ayant fini la création, Isa naghino Mikoto retourna avec sa femme au ciel, après avoir construit dans l'Awasi une petite cabane, en mémoire de leur séjour sur celte Ile. Leur habitation, dans le ciel, porte le nom de palais de 1 Aurore.

ISA-NAM1-NO MIKOTO , déesse japonaise, épouse du génie I$u-naghi~no Mikoto, et mère de tous les êtres. Voy. l'article précédent.

ISANI, un des noms de Dourga, épouse de Siva, nommée aussi hana; c'est le pouvoir actif ou l'énergie de ce Dieu, car les Hindous ont personnifié sous la forme d'une déesse celte faculté des principales divinités mâles. Isani est regardée communémeut comme la déesse de la nature. Voy. Dourga, Parvati.

ISAW1S, secle de Juifs orientaux. Voici ce qu'en rapporte un historien arabe, Schahristani : « Lps Isawis sont ainsi nommés d'Abou- Isa, fils de Yacoub, natif d'Ispahan, qui vivait du temps do khalife Mansour. Il prétendit élre prophète, et avait commencé à répandre sa doctrine dans les derniers temps de la dynastie des Ommiades. Il fut suivi d'une très-grande multitude de Juifs, qui lui attribuèrent des prodiges et des miracles. Ils disaient que quand on lui faisait la guerre, il traçait à ses sectateurs une ligne avec du bois de myrte, et leur ordonnait de se tenir en dedans de celle ligne. L'ennemi s'avançait avec violence pour fondre sur eux ; mais quand il était parvenu jusqu'à celte ligne,

il était contraint de se retirer. On dit qu'il fut lué , lui et ses sectateurs , en faisant la guerre contre Mansour. Il prétendait être prophète et l'envoyé du Messie attendu.

Pieu , disait-il, lut avait parlé et l'avait chargé de délivrer les enfants d'Israël d'entre les mains des nations qui les vexaient et des rois qui les tyrannisaient. Dans le livre qu'il écrivit, il interdisait tous les sacrifices, et défendait de manger d'aucun élre animé; il imposa aussi aux Juifs l'obligation de faire dix prières par jour. » Voy. Isbabanis.

ISBAHAMS, ou ISPAUANIS. C'est le nom que l'historien arabe, Makrizi, donne à une secte de Juifs appelés aussi /sntcis, parce qu'Abou-Isa , leur chef, était d'Ispahan. Voyez ce que nous en disons à l'article précédent. Le même Makrizi ajoute nue cel imposteur voulut faire croire qu'il était moulé au ciel, que Dieu lui avait louché la tête avec sa main, qu'il avait vu Mahomel, et que ce prophète des Arabes avait cru en lui. Les Juifs d'Ispahan, qui ne croyaient pas en lui, le regardaient comme l'anlcchrisl.

ISCHÉN1ES, fêtes annuelles célébrées à Olympie y eu mémoire d'Ischénus , petit— fils de Mercuro, qui:, dans uu temps de famine, s'élail dévoué pour son pays. C'est pourquoi les habitants de la ville lui avaient élevé un monument près du stade olympique.

ISCHWAMBKAT , divinité des anciens habitants de la Prusse j c'élail le dieu des oiseaux.

1SÉTÉR1BS, féle célébrée à Athènes , lorsque les magistrats entraient en charge ; c'est de là qu'elle lirait son nom (tWfu, entrer dans ). On s'assemblait dans le temple de Jupiter Boulaos el de Minerve Boulœa [conseillers, ou de bon conseil), el l'on y taisait des prières et des vœux pour la conservation de la république.

ISHAQU1S, sectaires musulmans, qui sont une des branches des schiites. Ils disent que l'on ne peut révoquer en doute l'apparition des esprits sous une forme corporelle, parce que Gabriel a paru sous la figure d'un homme, el Satan sous celle d'une brute. Dieu même , selon eux, s'est manifesté sous la fl-

f;ure d'Ali el de ses enfants, a parlé par eur bouche el touché par leurs mains : c'est pourquoi ils les appellent des dieux, et soutiennent qu'ils avaient élé rendus participants des mystères les plus intimes de la divinité. Us ajoutent que Mahomet tuait les idolâtres, et Ali, les hypocrites. Leur chef était hhac, surnommé Ahmar.

Makrizi compte aussi une secte nommée Ishaki, parmi les diverses branches des Kéramis; mais il ne parait pas que celle-ci soit la même que la précédente, car les Kéramis ne sont point favorables à Ali.

IS1AQUKS, prêtres de la déesse Isis. On les voit représentés sur les monuments, vêtus de longues robes de lin, avec une besace et une clochette à la main. Ils portaient quelquefois sur leurs épaules la statue de la déesse, et se serraient du stslre dans leurs cérémo-

nies religieux*. Après avoir chanté le»

louanges d'Isis au lever du s deil, ils parcouraient , durant la journée, la ville el les campagne* pour faire la quête, el ne rentraient que le soir dan* leur temple, où ils adoraient debout la statue d'Isis. Il» ne se couvraient les pieds que de l'écorce One du papyrus, ee qui a fait croire qu'ils allaient nu-pieds. On dit qu'ils Paient vêtus de lin, parée que la déesse avait appris ; u\ hommes ' la culture et l'usage de reste plante. Ils ne mangeaient ni cochon , ni mouton, el ne salaient jamais leur via de pour être plus chastes. Ils trempaient leur vin et se rasaient la tête. Touiefo s Cicéron leur reproche de favoriser la débauche, el dit que, de son temps, les temp es d'Isis ne servaient que trop souvi nt de rendez-vous de galanterie aux dames romaines.

ISIKS, ou ISIKNNES, fêtes célébrées en Egypte en l'honneur de la déesse ls<s. On n'a uneH.iil pas indifféremment luut le monde à y prendre part ; il fallait pour cela avoir été initié; et ceux qni l'étaient, devaient garder un serrel inviolable sur tout ce <|ui s'y passai" ; ce qui fil croire qu'elles étaient a compagné» s d'infamies el d'abominations qu'on s'efforçait de cacher; elles duraient neuf join s. Le sénat romain les abolit, l'an de Rome 696; mais Auguste les rétablit, et les mystères de la déesse devinrent de nouveau ceux de la galanterie, de l'amour et de la débauche. Commode les remit en crédit, se mé!a lui-même aux prêtresses d'Isis, et y parul la lêle rasée, portant Anubis.

ISIS. Les historiens anciens et modernes regardmt Isi- comme la plus grande déesse de l'Egypte, formant une espèce de trinité suprême avecOsiris, son mari,el H>>rus, leur (lis. Mais d'après M. Champollion, celle triade serait au contraire la plus infime du système égyptien, celle a laquelle était confiée l i conservation du inonde subluuaire; el il explique fort bien la prépondérance de leur culte dans le public, parce qu'en effet cette triade était la plus populaire, celle qui, en raison de la place qu'elle tenait dans la série des dieux, était l'objet le plus fréquent des vœux el des sacrifices des mortels. Les divinités, ou triades supérieures, étaient plutôt du domaine de la théologie et du culte plus éclairé des pi ètres. Voy. Ilonus.

Lorsque les tirées eurent conquis l'Egypte, ils recueillirent sans critiques toutes les traditions el les légendes répandues parmi le peuple, et. suivant leur habitude constante, les coordonnèrent avec leur propre théogonie. Ils formèrent ainsi un composé hybride dont nous allons donner le résultai, tel que l'a exposé Noël, dans son Dictionnaire.

Plutarque f iii Isis fille de Saturne et de Ilhéa; il ajoute, suiva l une Ira lition extra* vagaule, qu'lsis et Osiris, conçus dans le même sein, s étaient mariés dans le ventre de leur mère, el qu'lsis, eu naissant, était déjà grosse d'un fils. Les deux époux vécurent dans une parfaite union, el tous deux

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s'appliquaient à civiliser leurs snjeU, à leor enseign r l'agriculture el plusieurs anirrs arls nécessaires à la vie. Diodore de Sitile ajoute qu'Osiris ayant formé le drssein d'aller ju-que dans les Indes, pour les conquérir, moins par la force des armes que par la douceur, leva une année compo«ée d'hommes et de femmes, el no'aprés avoir établi l»is, régente de son royaume, el laisse au-

Erès d'elle Mercure cl H-rcule i Hermès et »jom), dont le premier était chef île son ro seil, el le second, intendant des provinrps.il part l pour son expédition, où il fut si heoreux, que tous les pays où il pénétra sesoumirent à son empire.

De retour en Egypte, ce prince Ironva que son frère Typhon avait fait des brigue» cntre le gouvernement et s'était r ndu redoutable. Julius Firmicus ajoute même qu'il avait suborné sa belle-sœur lsis. OstU. prime picifique, entreprit de câliner cet esprit ambitieux; mais Typhon, loin de se snuuHlreà son frère, ne songea qu'à le perséeuter ei a lui d'ester des cmbûrhes. plutarque nous apprend de quelle manière *l lui fil enfin p-rdre la vie. « Typhon, di -il. l'ayant in\iieà un superbe festin, proposa, après le repas, aux conviés, de se mesurer dans un rode d'un travail exquis, prom- liant de le donn r à celui qui s rail de même grandeur. Osirj s'y étant mis à son tour, les conjuré- §e levèrent de table, fermèrent le coffre el le jetèrent dans le Nil. Isis, informée de la fin l agique de son époux, se mit en devoir de cherclt»r son corps ; et ayant appris qu'il élaii dm» la Phénicie, caché *ous un tamarin, où les Oui) l'avaient porté, elle alla à la cour de Bvtilo», où elle se mit au service d'Astarté, afin d'avoir plus de facilité pour le découvrir. linfin, après des peines infinies, elle le Imov». fl fil de si grandes lamentations, que le Gis do roi de Byblos en mourut de regret; ce qui loucha si fort le roi. son père, qu'il permit à Isis d'enlever ce corps et de se rrlirerfu K^ypte.Tiplion, informé du d uil de sa boUfsœur, ouvrit le coffre, mit en pièees lec«rp> d'Osiris , el en fil porter les membie» en différents endroits de l'Egypie. Isis ramassa avec soin ces membres épars . les enferma dans des cercueil», ci consacra les représentations des parties qu'elle n'avait pu trouva (de là l'usage du phallus , devenu rèlè re dans toutes les cérémonies religieuses <hs Egyptiens). Enfin, après avoir répandu bien des larmes, elle le fil enlerrer à Abvos, »ii e située à l'occident du Nil. » Si les am ien» placent le tombeau d'0>iris mi d'à i. 1res endroits, c'est qu'lsis en fit é ever un pour cha îne p*r; lie du corps de son mari, dans le Lcu même ou elle l'avait trouvée.

Cependant Typhon songeait à affermir son nouvel empire; mais lsis ayant donné qu Ique relâche à son affliction, fil prompteiuent assembler ses troupes, el les m t sous la cooduilc d'Horus,son fils. Ce jeune prince poursuivit le tyran, et le vainquit daus deux batailles rangées.

Après la mort d'Isis, les Egyptiens l'ad«>rè ranl avec son mari ; et parce qu'ils avaient

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durant leur vie, dirigé leurs soin» ver» l'agriculture, le bœuf cl la vache devinrent leurs symboles. On institua en leur honneur drs fêles, dont une des principales cérémonies fut l'apparition du bœuf Apis. On publia dans la suite que les âmes d'Osiris et d'Isis étaient allées habiter le soleil cl la lone, et qu'ils étaient devenus eux-mêmes ces astres bienfaisants , en sorte que leur culte était confondu avec le leur. Les égyptiens célébraient la fêle d'Isis dans le temps qu'ils la croyaient occupée à pleurer la mort d'Osiris. C'était lorsque l'eau du Nil commençait à monter; ce qui leur faisait dire

3ue ce fleuve, après s'être grossi des larmes 'Isis, inonde et fertilise leurs terres. Isis passa ensuite pour la nature, ou la déesse universelle, à Inquelle on donnait différents noms, selon ses divers attributs. Hérodote la croit la même que Cérès ; Diodore la confond avec la Lune, Cérès et Junon ; Plutarque, avec Minerve, Vénus, Diane, Proserpine, Cérès, Junon, Bellone, Hécate et Rhainnusia. Il parait, cependant , par le culte qu'on lui rendait, et par les divers symboles dont on ornait sa statue, que les Egyptiens la regardaient comme leur Cérès. Isis itail surtout honorée à Bubaste, à Coptos et à Alexandrie.* A Coptos, dit Elien, ou honore la déesse Isis en bien des manières ; une, entre autres, est le culte quo lui rendent les femmes qui pleurent la perle de leurs maris, de leurs enfants et de leurs frères. Quoique le pays soit plein de grands scorpions dont la piqûre donne prompiemenl la mort, et est sans remède, el que les Egyptiens soient fort attentifs a les éviter, ces pleureuses d'Isis, biciiqu'elles couchent à plate-terre, qu'elles marchent pieds nus et même, pour ainsi dire, sur ces scorpions pernicieux, n'en souffrent

I'amais de mal. Ceux de Coplos honorent aussi es chevrettes, disant que la déesse Isis en lait ses délices; mais ils mangent les chevreuils. » Un homme étant entré dans le temple d'Isis, â Coplos, pour savoir ce qui se passa l dans les mystères de celte déesse, cl en rendre compte au gouverneur, il en fut en effet témoin, et s'acquitta de »a commission; mais il mourut aussitôt après, dit Pausanias, qui ajoute à celle occasion : Il semble qu'Homère ait eu raison de dire que l'homme ne voit point les dieux impunément.

Le culte d'Isis se répandit dans diverses contrées ; mais les Romains l'adoptèrent avec beaucoup de répugnance : ils le proscrivirent «longtemps, peut-être à cause de ses figures bixarres; mais après qu'il eut forcé les obstacles, il s'y établit si bien, qu'un grand nombre de lieux publics, à Rome, prit le nom d'Isis. Il est vrai qu'on donna à ses statues une forme plus supportable.

Ce culte se répandit ensuite dans les Gaules où l'on adora celle déesse sous sou véritable nom d'Isis ; et des savants ont cru que la ville de Pûri$ et le Paritit avaieut été ainsi nommés d'un temple qui *y était situé, ir«f« "iffiJoc, par Celle déesse é ait, eu effet , regardée comme la protectrice

Dicnoir*. -de» Religions. II.

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de la ville de Paris; on croyait qu'elle y était venue sur un vaisseau, et c'est la raison pour laquelle cette ville a un vaisseau dans ses armoiries; c'était peut-être aussi parce qu'Isis présidait à la navigation. Le temple d'Isis était situé à l'endroit où est aujourd'hui l'église Saint-Germain des Prés , et la partie inférieure de la tour qui domine le grand portail est encore même, dit-on, un reste de ce fameux temple. Lorsque lu religion chrétienne fut établie en France, ce monument do l'idolâtrie fut démoli, el Childéric fit bâlir,sur ses ruines, une église dédiée d'abord à saint Vincent. Les prêtres xl'Isis demeuraient à Issy, village voisin de Paris, qui leur doit son nom ; on voyait même encore, au commencement du xvn* siècle, les ruines du château où ils faisaient leur séjour. Les revenus du fief el du territoire d'Issy leur appartenaient; et lorsque Clovis eut fait détruire leur temple, il donna ces mêmes revenus à l'église Saint-Pierre et Saint-Paul , aujourd'hui Sainte-Geneviève.

On a longtemps conservé, dans un coin de l'église Saint -Germain des Prés la statue d'Isis; mais quelques femmes superstitieuses s 'étant avisées de faire brûler des cierges devant celte idole, le cardinal Briçonnel, abbé de Saint-Germain des Prés, la fit mettre en pièces pour prévenir cet abus.

Isis est représentée, tantôt sous les traits d'une femme, avec les cornes d'une vache, symbole des phases de la lune , tenant un sistre de la main droite et un vase de la gauche ; tantôt elle porte un voile flottant, a la terre sous ses pieds, la tête couronnée de tours comme Cybèle, et quelquefois d<*s cornes droites. On la voit aussi avec de* ailes et un carquois sur l'épaule, une corne d'abondance dans la main gauche, et dans la droite un trône qui porte le bonnet et le scep'rn d'Osiris, et enfin avec une torche enflammée, el le bras droit entrelacé d'un serpent. Les Romains la peignent encore quelquefois en* tourée d'un serpent, lequel, après lui avoir entouré les jambes, se glisse sur son sein . comme pour se nourrir du lait de ses mamelles.

Fête du vaitteau d'hit.

Solennité égyptienne qui avait lieu au mois de mars, en l'honneur du vaisseau d'Isis, comme un hommage rendu à celte déesse, en qualité de reine de la mer, pour l'heureux succès delà navigation, qui recommençait à l'entrée du printemps.

En voici quelques détails, tel» qu'Isis les apprit elle-même à Apulée , lorsqu'elle lui apparut dans toute sa majesté , comme le feint agréablement cet auteur. « Mes prêtres, lui dit-elle, doivent m'oflrir demain les prémices de la navigation, on me dédiant un navire tout neuf; c'est présentement le temps favorable, parce que les tempêtes, qui régnent pendant l'hiver, ne sont plus â craindre, el que les flots, qui sont devenus paisibles, permettent qu'on puisse se mettre en mer. * Apulée nous étale ensuite toute la grandeur de celle solennité, el la pompe avec

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laquelle on se rendait au nord de la mer pour consacrer a la déesse un navire construit Irès-arlislemenl, el qui était couvert d'hiéroglyphes. On purifiait ce bâtiment avec une torche ardente, des mufs cl du soufre; sur la voile, qui était de couleur blanche, on lisait en grosse* lettres les vmux qu'on renouvelait tous les ans pour obtenir une navigation favorable. Les prêtres et le peuple s'empressaient ensuite de porter dans ce vaisseau des corbeilles remplies de parfums, cl lout ce qui était propre aux sacrifices; et, après avoir jeté dans la mer une composition faite avec du lait et autres matières, on levait l'ancre pour abandonner, eu apparence, le vaisseau au caprice des vents.

Cette fête passa chez les llomains, qui la solennisèrent, sous les empereurs, avec une grande magnificence. On s.iil qu'il y avait un jour marqué dans les fastes pour celle célébration. Le vaisseau d'isis, objet de cette grande solennité, a Home, s'appelait Mariijium Isidis: après qu'il avait eîè lancé à l'eau, on revenait dans le temple d'isis. où l'on faisait des vœux p ur la prospérité de l'empereur, de l'empire, et du peuple romain, ainsi que pour la conservation des navigateurs pendant le cours dt: l'année ; le reste «lu jour se passait en jeux, en processions cl en rejouissance-.

Les tirées, si sensibles au retour de ia belle saison qui leur ouvrait la navigation, ne pouvaient manquer de mettre au uombie de leurs fêles celle du vaisseau d'Lsis,cux qui avaient consacré tan! d'autels à cette diuuilé. Les Corinthien* étaient eu pailicuicr des adorateurs sidévoucs à cette déesse, qu'au rapport de l'ausanias ils lui dédièrent, dans leur v ilie, jusqu'à quatre le:nple>, donnant à l'un, le nom d '/>/.< l'vlugienne, et à i'aul.e, le l i ire û'Isis I^gy/ilicunc, pour faire connahre qu'ils ne la re\ eraiem pas seulement comme la première divinité de fligyj Je, mais aussi comme la patronne de la uavi^.tliou cl la reine de la mer.

Plusieurs autres peuples de la Grèce célébrèrent, à l'exemple de Corinthe, la fele du vaisseau d'isis. Ce v\.is>iau, nommé parles auteurs l'/isaha, est encore plus connu sous le nom égyptien de Jùu i. Il » il même assez vraisemblable que le vais-eau sacre de Minerve, qu'on f.iisait paraître avec tant de pompe aux grandes Panathénées , n'était qu'une représentation du nav ire sacré d'isis. — Enfin, nous avons vu que ce vaisseau sacré était devenu , selon quelques auteurs, les armes de la ville de Paris.

ISLAM, ISLAMISME, nom que Mahomet a donne à sa religion. Le mol />/.•//» signifie proprement en arabe, résignation , soumission à la volonté do Dieu et aux Lis prescrites par son apôtre. On peut encore entendre par Islam, la religion salutaire; car il vicni.des v erbes satn» a ou aslama , enlrcr dans l'étal de salul. C'est de la même racine que v eut le mol Moslcm, au pluriel Moslemdn, musulman, celui qui pmfes-e l'islamisme.

L'Islam propose à la croyance des fidèles six principaux articles, savoir :

S RELIGIONS

1" L'unilé de Dieu. La divinité ne peuifin allribuée à d'autres qu'à lui seul ; il n'a point eu de commencement cl il n'aura jamais d? fin ; on ne peut le comparer ni l'assimiler à rien ; il n'a ni père , ni mère , ni épomo ni fils ; il n'a aucune forme ; il esl l'être pur par excellence et il n'éprouve aucun besoin.

2 L'existence des anges. Ils sonl les serviteurs de Dieu ; ils sont innocents et eiempi» de péchés moi tels et véniels; ils renient sans cesse gloire à Dieu ; ils ne négligeni point de le faire un seul instant; ils ne sonl d'.iucun s« \e; ils ne sont assujettis à aucun besoin de la vie, tels que le manger, le boire, le sommeil, le plaisir ; ils portent de> ailes! Personne, Dieu excepté, ne connaît leur nombre; il y a quatre an«:es principaux: l'ange Gabriel, messager de Dieu auprès des prophètes dont il esl le gardien ; l'ange Michel, qui prév ieul les besoins des créatures; l'ange Israfil, desline à icssusciler les morts au dernier jour, au son de sa trompette ;ti l'ange Israïl, qui préside a la destinée des êtres.

Les livres inspirés. Il faul admettre qu'ils sonl v rais et exacts ; qu'ils sonl la parole du Dieu même; qu'il est deseendadn ciel quatre livres sacrés, et cent livres dits Snlnfu, dont 50 destinés à Scth, 30 à I dm ou linoch, el 20 à Abraham ; que les quatre livres sacrés furenl ternis, la Loi a Muise, les Psaumes à David, l'Evangile à Jésus- Christ, el le Coran à Mahomet; que celui qui niera un soui de ces livres ou son contenu, sera réputé infi 1 le.

V Les prophètes. Ils sont les serviteurs de Dieu ; ils furent exempts de tout pèche; ce qu'ils ont avance esl juste et vrai : ilsonleîe euvovés de Dieu; h ur nombre n'esl pas connu ; quelques-un> prétendent qu'il montai', à 1-2V.00:); le pre . ier fui A iam, cl le <lernier Mahomet. C s I2'i ,000 prophètes furent divisés en deux cl isses ; 313 furent appelés Morsel el le reste Xabi. Les Morse. s reçurent h s messages de Dieu par l'entremise do l'ange Gabriel ; il n'en fû'l pas de même à l'égard des Nabis, qui entendirent a rondo liés Haut soit pendant leur sommeil, «>:t iv! veillant. Les Morselssonl supérieurs aui Nabis , mais inférieurs aux possesseurs^* livres sacrés, des Sahifas, el des code* de lois religieuses. De tous les prophè'.f Mahomet est le plus grand el le plus juste

'i' La lin du monde. Elle aura lieu sari» aucun doute; le bien cl le mal existent par h v olonie de Dieu, qui aime le bico et détesta !• ma'.

0 La résurrection. Au premier coopoVa trompette, loulcs les créatures périront; m second , elles ressusciteront ; les avions de chacune d'elles seront jugées : les jusk* jouiront éternellement du paradis; les me chanls seront condamnés aux flammes éternelle--.

Il y a cinq obligations religieuses pour le musulman , savoir :

1 Se conformer à la profession de foi cidessus mentionnée;

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