‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 363 sur 365 · FL · texte numérisé non relu

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2« Observer la prière canonique, cinq fois par jour, précédée des purifications légales ;

3* Pratiquer l'aumôue ou donner la dlme légale ;

V Observer le jeûne du mois de ramadhan ; 5* Paire le pèlerinage à la maison sainte de la Merque.

Dans l' Histoire orientale d'Hottingcr, on trouve les devoirs d'un bon musulman plus développés ; on en rapporte l'énoncé nu persan Salman qui les tenait de la bouche du prophète. Ayant un jourouY dire à Mahomet que celui de ses disciples qui serait fidèle aux quarante préceptes ou devoirs, entrerait infailliblement dans le paradis, et qu'au dernier jour Dieu le ressusciterait avre les saints et les prophètes, il lui demanda qoels étaient ces quarante articles ; sur quoi Mahomet répondit qu'ils consistaient : 1* à croire en Dieu; 2' à croire eu dernier jour; d'à croire au livre ; k" à croire aux prophètes; 5* à croire à la résurrection; 6* à croire à la Providence par rapport à la répartition des biens et des maux ; 7* à témoigner qu'il n'y a qu'un Dieu et que Mahomet est son apôtre ; 8* a prier au temps déterminé, après s'être purifié, et à faire les inclinations prescrites" ; 9* à payer la dlme ; 10* à jeûner pendant tout le mois de ramadhan; 11* à faire le pèlerinage de la Mecque, si on est en pouvoir de le faire; 12* à prier tous les jours et toutes les nuits pendant les douxe rikas ou prostrations ordinaires, et de plus pendant trois rikas de surérogalion ; 13* à ne point prêter à usure; 14* à s'abstenir de vin; 15* à ne point jurer vainement ; 16* à ne prendre Dieu à témoin, ni contre un parent, ni contre un étranger ; 17* à ne point juger témérairement; 18* a n'user d'aucune fraude envers son frère , soit devant, soit derrière lui; 19" à ne point chasser ou répudier une femme chaste; 20° à ne reprocher à personne ses défauts; 21* à n'employer contre qui que ce soii les armes de la violence ou du ridicule; 22* à ne point brader les châtiments de Dieu ; '23* à n'être ni médisant , ni calomniateur; 2i* à rendre grâces à Dieu pour tous les bienfaits qu'on en a reçus; 25* à souffrir avec patience les maux dont on est affligé ; 26* à ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu ; 27* à reconnaître que tout ce qui nous arrive nous était destiné ; 28" à ne point provoquer la colère de Dieu par l'amour des créatures ; 29* à ne point préférer ce monde à la vie à venir ; 30* à ne point refuser par avarice à un frère Gdèlc ce qu'il demande ; 31* à avoir dans les affaires de la religion des égards pour celui qui est au-dessus de nous, et, dans les affaires du monde, à en avoir pour celui qui nous eal inférieur; 32* à ne point faire de serment; 33^ à ne contracter aucune liaison avec Satan ; 3V à renoncer à la vanité ; 35* à ne point s'emparer de* biens d'un orphelin ; 36* à prêter l'oreille à un cri que l'on entend ; 37* Â instruire sa famille et ses enfants de tout ce qui peut leur servir auprès de Dieu, et les lui gagner; 38* à faire du bien à •es voisins, et à se prêter à tous leurs bc-

ISL ffci

soins ; 39* à ne maudire aucune créatnrc ; 40* à louer Dieu de tout son pouvoir; à être assidu à la lecture do Coran , dans quelque situation que l'on soit , pourvu que l'on n ait aucune souillure légnle; enfin, à faire à un autre ce que nous serions bien aise qu'il nous fit.

Dans cet exposé, comme dans l'abrégé qui précède, on distinguo deux parties , l'une purement dogmatique et spéculative, et l'autre pratique. Les mahoméians appel lent la première ImAn , la foi , et ils donnent a la seconde le nom de Din, religion.

Le symbole musulman se résout dans cette formule : « Je crois en Dieu , en ses anges , en ses livres , en ses prophètes , au jour du jugement, et à la prédestination divine, soit pour le bien, soit pour le mal. » On voit qu'ici le sixième article diffère de celui que nous avons cité en premier lieu. Or, tel qu'il est rapporté ici , il contient un des points fondamentaux de la doctrine musulmane.

Voici ce qu'en dit M. Noël Des vergers, dans V Arabie de Firmin Didot :

« Le dogme de la prédestination, l'un des plus importants de la religion musulmane, puisqu'on attribue à son influence l'état d'immobilité dans lequel, malgré la marche du temps, sont restées les nations qui pratiquent l'islamisme, a été mal compris par l'Occident, et souvent par les Islamites euxmêmes. La loi religieuse a toujours envisagé les musulmans sous deux points île vue essentiellement différents, et relatifs, l'un à l'état temporel , I autre à l'état spirituel. Sous le premier rapport, l'homme qui s'acquitte avec exactitude de tous ses devoirs, qui accomplit toutes les prescriptions du culte et de ta morale, est désigné sous le nom d'observateur do la loi ; celui qui néglige ses devoirs ou viole ses obligations, est un prévaricateur. Sous le second rapport, l'homme qui a la foi, seule vertu nécessaire pour mériter le ciel , est qualifié du litre de $atd, qui veut dire heureux, élu pour le bonheur. Celui auquel il manque la foi est un Aw/îr, c'est-à-dire un réprouvé ou un infidèle. C'est sous ce dernier rapport seulement que la doctrine de la prédestination est applicable, et que les hommes sont destinés de toute éternité à être au nombre des élus ou des réprouvés. Mais les plus anciens imams, les docteurs les plus célèbres ont décidé que nier le libre arbitre et attribuer les actions de l'homme à la seule volonté divine, c'était pécher contre la religion de l'Islam. Dans tontes les circonstances de la vie , le musulmnn doit implorer les lumières du ciel par l'intercession du prophète et celle des bienheureux admis déjà aux récompenses de la vie future ; mais après avoir ainsi cherché à placer chaque action importante sous l'invccalion do Très- Haut, il faut encore réfléchir, consulter set propres lumières et appeler à ion secours les règles de l'expérience ou de la raison. Ce n'est qu'après avoir mis en œuvre les ressources de l'intelligence, qu'on peut attribuer aux éternels décrets de la Providence les événements quels qu'ils soient, et dès lors il

faut s'y soumoltrc avec la plus complète résignation.

« Telle est 1'inlcrprélalion donnée par les premiers docteurs de l'Islam au dogme de la prédestination, et, malgré leurs efforts, un préjugé toujours dominant a fait prévaloir, auprès d'un grand nombre de musulmans, la croyance d'une intervention divine dans toutes les actions civiles ou morales de l'homme. On s'en tint au principe d'un destin immuable excluant les effets du libre arbitre , et dès lors la fal.lité, introduite dans les événements publics comme dans les actes de la vie privée, a détruit l'énergie , éteint l'enthousiasme, déduisant, sous le nom de résignation, l'engourdissement d h-s lequel l'tioipirc d'Orient attend, sans le prévoir, le moment de sa chute. »

Si la f.'i est la seule obligation spirituelle imposée au mu>ulm,<n , il doit encore se soumettre au culte extérieur, dont l'expression, ainsi que nous l'avons vu plus haut, consiste dans ces cinq points fondamentaux : la profession de foi , la prière ou namaz , la dîme ou aumône , le jeûne du ramadhan, et le pèlerinage. Nous parlons de tout ce qui a rapport à ces devoirs, à leurs articles respectifs. Mais le législateur des Arabes a imposé encore d'autres obligations às>s sectateurs; nous mettons au premier rang la circoixision.qui n'est cependant pas de précepte formel, mais d'obligation initiative, car on eu dispense l'enfant trop faible ou mal conforme, cl l'uiliJèle qui embrasse l'islamisme dans un âge avancé.

« A l'instar du législateur des Hébreux , dit M. Noël Desvergers , Mahomet a donné une forme religieuse aux prescriptions h\ giéniques, aux lois sompluaires; et les détails de la vie usuelle, l'usage de certaines viandes, la proscription de certain >s autres, la manière de les préparer, la coupe, l'étoile des vêlements, l'autorisation ou la défense de certains amusements, sont prévus par le Coran, « H est interdit aux croyants, dit ce livre.de manger les animaux morts, le sang, la chair de porc, loul ce qui a été tué sous l'invocation d'un autre nom que le nom de Dieu ; mais il leur est permis de se nourrir de la chair de leurs troupeaux et des animaux tués à la chasse, pourvu qu'ils aieul été placés sous l'invocation du Seigneur , au moment où on leur a donné la mort. » Il résulte de ces restrictions , que les musulmans ne se nourrissent eu général que lies viandes de boucherie dont ils connaissent la provenance, aliu d'être bien sûrs que les nies ordonnés par la religion ont été accomplis. Quaul au gibier, à moins qu'ils ne l'aient lue eux-mêmes, ils n'osent s'en nourrir, de peur qu'il n'ail élé tué contrairement à l'esprit de la loi. »

'< Si l'on l'interroge sur le vin l ummesur le jeu , a dit Mahomet, réponds que l'un et l'autre sont de grands péchés. Celui qui boit du vin est comme celui qui adore les idoles, et sachez que le vin, le jeu et les idoles sont «les abominations suggérées par les artifices du démon. Abstenez-vous-en pour votre bien,

ES RELIGIONS. r,(,

pour votre salut. Un vérité, c'esl par le vin el par le jeu que l'esprit des ténèbres veut nous armer de haine et d'iuimitié les uns contre les autres. C'est par là qu'il vous drtourne de Dieu , de la prière, de la méditation. 0UC ne vous en abstenez-vous? » On pense bien qu'après une défense aussi formelle , il n'est pas un vrai croyaot qui puisse goûler au vin, ou jouer à un jeu de hasard, sans mettre en péril son salut éternel.

Mahomel qui s'est montré si rigoureux pour les plaisirs de la table, pour le luxe de* li ibils et des meubles, pour les arts de par agrément, pourla musique, pour la peinture, surtout quand elle a pour objet le portrait, n'a pas été à beaucoup près aussi senr» pour les plaisirs de la chair; car si, d'un coté, il recommande aux femmes la uiodeMie la plus sévère, s'il les condamne à la retraite la plusahsolue.de l'autre, il permet aux hommes de prendre jusqu'à quatre femmu à tilre d'épouses , et autant de concubines qu'il peut leur convenir. « Kpouscz les femmes qui vous plaisent, dit le Coran ; épousez-les au nombre de deux , trois et même quatre. Mariez-vous, a dit le Seigneur, multipliez ; car au jour du jugement, je me glorilierai dans la multitude de mes peuples. • 11 est douteux que la faculté accordée par Mahomet remplisse bien celle intention prétendue du Créateur.

Nous terminons en observant que le Coran a la prétention d'être tout à la fois un code n l gieux, un recueil de morale cl de phil soplne , un < ode politique et guerrier, un code civil el judiciaire, et de régler ainsi les rapports des hommes entre eux et avec Dieu dans chacune des phases de la vie. Mais ce prétendu code universel est uécessairement incomplet, par cela même qu'il a voulu tout prévoir; de plus il est incohérent el contradictoire dans plusieurs de ses chapitres: plusieurs de ces incohérences et de ces contradictions onl passé dans la praliquedcla religion, de la morale et des lois.

ISMAl-X, 01 1SMA1L.-1. Fils d'Abraham.

L'Kenturc sainte nous apprend que Sara, femme de ce patriarche, voyant qu'elle était trop avancée en âge pour lui donner des enfants, el que cependant Dieu avait promisa Aloaham de lui donner une nombreuse postérité, lit présent à son mari de sa scrvaBte Agai ; de cette union naquit Isinaël. Mais, quelque temps après, Sara étaul elle-même devenue mère par un effet de la toule-poissance div ine, ne put souffrir l'orgueil cl I*msolence d'Agar, el contraignit soo mari a chasser l'esclave et son fils. Us se retirèrent tous deux d us le désert , où l'ange du Seigneur prédit à Agar que son Gis serait le père d'une race nombreuse. Ismacl devint, en effet, la souche de douze tribus cannues sous le nom d'Ismaélites, et qui , dans i' suite, se confondirent avec les Arabes. Ton* les musulmans soutiennent que ce fut Isiuael et non Isaac, qui fut sur le point d'être offert en sacrifice à Dieu par Abraham , el ds es célèbrent la mémoire à la féle du sa^rifitf-

ISM

Voyex Corban. Ils assurent aussi que Mahomet descendait d'Ismaël ; ce qui est assez probable, bien qu'on ne doive pas ajouter à leurs généalogies une foi explicite.

2. Il y a un autre Ismaël ou Ismaï), fils de Mohammed , qui vivait au temps de Hakem et de Hamza ; il est regardé par les Druzes comme une incarnation de l'Ame universelle, second ministre de leur religion ; cette âme a été produite par l'Intelligence universelle, en vertu d'une sorte d'émanation ; elle tient le rang de la Femme à l'égard de l'Intelligence , qui est à son égard comme le mâle ; mais elle occupe le rang de mâle par rapport aux ministres inférieurs.

ISMAÉLIENS , ISMAÏLIENS , ISMAÊLIS, secte fameuse des musulmans , qui lire son origine des scbiiles ou partisans de la légitimité d'Ali; elle se partage elle-même en plusieurs branches, dont les principales sont les Marnâtes , si célèbres dans l'histoire de l'islamisme par leurs dévastations et leurs sacriréges ; les F illimités, qui ont régné pendant plus de trois siècles en Afrique et en Egypte ; les Assassins avec leur chef, connu sous le nom de Vieux de la Montagne; les Nosairiens et les Druzes, qui subsistent encore aujourd'hui en Syrie.

Tous les schiites, en général , ne veulent'pas admettre d'autre autorité que l'imamat t ou souverain pontificat, qui a d'abord appartenu de droit à Ali , gendre de Mahomet, à l'exclusion de tout autre, et qui s'est perpétué dans sa postérité, pour se fixer enfin dans la personne d'un de ses descendants privilégiés dont le règne doit subsister jusqu'à la Gndes temps. Nous avons vu, à l'article Imam, que tous ne sont pas d'accord sur le nombre, l'ordre et la succession des imams; les schiites proprement dits en reconnaissent douze , )u* qu'au Mahdi, qu'ils soutiennent vivre encore, mais caché et inconnu aux hommes; les Ismaéliens n'en admettent que sept, savoir : Ali, gendre du prophète ; ses deux fils Hassan et Hosséin; Ali, surnommé Zéin el-abedtn; Mohammed, fils de cet Ali ; Djafar, le véridique, fils de Mohammed ; et enfin Ismaï!, fils de Djafar, ou plutôt Mohammed , fils de cet Ismaïl. C'est sans doute du vivant d'IsmaYl que la secte des Ismaéliens se forma , puisqu'elle porte son nom, et Djafar, père d'Ismaïl , étant mort en l'an liSde l'hégire, on ne saurait reculer à une époque plus ancienne l'établissement do celle secte ; il rsl même vraisemblable qu'elle ne fut définitivement formée que du vivant de Mohammed, fils d'Ismaïl, qui est regardé par la plupart des Ismaéliens, comme ne faisant avec ion père qu'un seul et même imam; et cela s'explique d'autant mieux que , suivant uu récit assez vraisemblable, IsmaYl était mort avant son père Djafar, et que son droit éventuel à l'imamat ne fut réalisé que dans la personne de son fils Mohammed, après la mort de Djafar. Ce qu'il y a de certain, d'après tous les monuments de celte secte qui nous sont parvenus, c'est que, suivant leur doctrine, c'est daus la personne de ce Mohammed, fils d'Ismaïl, que s*esl fixé pour toujours l'imamat;

que, depuis sa mort , ou pour parler le langage de sa secte , depuis sa dispariliou , tous les personnages qui ont été à la téte des Ismaéliens n'ont été que ses lieutenants; que l'attente de son retour était le dogme le plus essentiel de tout ce système ; que c'était en son nom et sous son autorité que tout se faisait; et tout hon ine qui entrait daus sa secte par l'initiation, s'enrôlait au service de Mohammed , fils d'Ismaïl , pour être prêt à le suivre lorsqu'il paraîtrait.

Dans l'origine, les Ismaéliens étaient des musulmans plutôt sebismaliques qu'hérétiques ; ils avaient conservé toute la croyance et les pratiques de l'islamisme ; mais, vers le milieu du m* siècle de l'hégire , ils commencèrent à émettre une doclriue monstrueuse , au point de vuo musulman. L'étude de la philosophie des Grecs eut une grande influence sur la formation de ce svstème ; l'ancienne religion des Perses , le dualisme et la croyance aux génies, émanations de la divinité et chargés de l'administration de l'univers , lui avaient aussi fourni une portion des idées fondamentales. Enfin l'allégorie jouait le plus grand rôle dans « et enseignement qui avait pour dernier terme le pur matérialisme , etdont le point de départ cependant était une prétendue révélation , dont les idées, prises à la lettre, étaient plus prèi d'un aulropomorphisme grossier que du spiritualisme.

Celte secte n'était pas moins politique que philosophique; car l.i religion pour elle n'était qu'un prétexte pour avoir le moyen de soulever, dans une occasion favorable , les peuples contre le souverain ; c'est, en effet, ce qui est arrivé plusieurs fois. Il était donc important pour les Ismaéliens de ne point manifester indistinctement à tous ceux dont ils voulaient faire la conquête la honteuse nudité de leurs principes et l'effroyable tableau de leurs conséquences. Mais les chefs de cette société secrète avaient bien senti que les hommes , quelle que soit la corruption de leur cœur, ne pouvaient être amenés que par degrés et par des voies tortueuses et presque inscn>ib!es, à une entière dépravatiou de l'esprit, et que si on est sûr de les séduire eu flattant leurs passions, il faut, pour ne pas révolter leur conscience , faire d'abord illusion à leurs lumières ou à leurs préjugés, eu affectant un respect hypocrite pour l'aulurilé même qu'on veut anéantir. Aussi le daï ou missionnaire de la secte devait-il être d'abord schiite avec les partisans • d'Ali, sunnite avec les orthodoxes , chrétien ou juif, pieux ou libertin , hardi ou réservé, suivant le caractère de ceux dont il voulait faire des prosélytes ; il ne devait dévoiler sa doctrine que peu à peu ; un petit nombre seulement pouvait être admis au rang des adeptes; pour les autres, l'enseignement devait s'arrêter à des degrés différents. La seule condition commune a tous était une obéissance aveugle au chef de la secte et A ses délégués, et uue disposition sincère à consacrer toutes ses facultés naturelles et pécuniaires

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au succès «le ses entreprises cl à l'exécution de ses volontés.

De là différents degrés dans l'initiation : les uus les portent à sept, d'autres à neuf. Dans le premier degré , il s'agissait seulement de se concilier l'esprit du profane par un extérieur religieux et une affectation hypocrite de piété , et d'exciter sa curiosité par des

3uestions adroitement imaginées , par des iscours énigmatiques et par des interprétations singulières de certains textes des Ecritures.

Le second degré n'est que le développement et la conséquence de ce qui a été insinué dans le premier, savoir, que les imams seuls ont reçu de Dieu la mission d'instruire les musulmans, et que tontes les erreurs qui ont altéré la pureté de l'islamisme ne viennent que de ce qu'on a abandonné les imams pour écouter des docteurs sans autorité.

Au troisième degré , les daïs introduisent le prosélyte dans le dogme qui distingue les Ismaéliens de toutes les autres branches des sebiites, en lui apprenant que le nombre des iuiauis est borné à sept; dans le but d'exclure de la succession Moussa , fils de Djafar, et de rassembler toutes les forces de la secte autour d'Isuiaïl ou de son fils Mohammed , cl

f~>ar là autour de ceux qui représentent cet tnatn prétendu.

L'enseignement du quatrième degré est d'une grande importance , parce que , sans révéler encore le .but ultérieur de la secte, il y prépare les voies en diminuant l'importance de la religion révélée. Voici l'abrégé très-succinct de ce degré de l'initiation.

Depuis l'origine du monde , la suite des siècles se partage en sept périodes, dont chacune a eu sa religion fondée par un prophète qui, dans -le langage de la secte , est nommé Natek , c'est-à-dire parleur ou législateur. Chaque prophète législateur a eu pour successeur une suite de sept lieutenants ou vicaires, qu'on appelle Samet ou taciturnes, parie qu'ils n'ont rien enseigné de nouveau ; et de ces vicaires, celui qui a assisté le législateur et qui lui a succédé immédiatement, reçoit le nom d'Axis, fondement , ou Sous, source, racine. Les sept prophètes législateurs, et leurs aides ou premiers vicaires sont : 1° Adam et Seth; 2* Noé et Sem ; 3» Ahraham et Jsmnel; k' MoUe et /toron, remplacé ensuite par Jo ué; 5* Jésus le messie et Simon Céfas ; 6* Mahomet et AU : T il/o— hammed, fils d'Jsmaïl , qu'on appelle le chef du siècle. C'est, dis< ul-ils, en la per<oitnt>de celui-ci que se terminent toutes les doctrines des anciens, et que commence la science du sens intérieur et mystique de toutes les lois précédentes. C'est lui qui l'a dévoilée , et c'est de lui seul qu'on en doit recevoir l'explication ; le suivre, se soumeUn: à lui , s'abandonner aveuglement à sa conduite, est une obligation dont personne n'est exempt ; p?rce qu'en se conformant à sa doctrine, on est dans le droit chemin, et qu'au contraire, on se détournant de lui , on o»t dans l'égarement et dans l'étourdissement. Le prosélyte qui admet cette doctrine cesse dès lors d'être

DES RELIGIONS. m

musulman . puisqu'il reconnaît un prophète postérieur à celui des Arabes, contre la déclaration précise de Mahomet ; en outre , eo admettant la doctrine allégorique comme la seule vraie.it fraie la voie à l'anéantissement de toutes les lois positives , de tous les préceptes fondamentaux de l'islamisme.

Dans le cinquième degré de l'initiation, on inspire au prosélyte le mépris des traditions; on le détourne du sens littéral du Coran, et par là ou le dispose à faire peu de compte de toutes les observances légales , telles que la prière, le jeûne, le pèlerinage, cl à croire qae toutes ces pratiques doivent être entendues dans un sens mystique plus relevé. Oo commence, en même temps , à l'initier à la connaissance des opinions philosophiques, sur la nature des éléments , sur la vertu des nombres; on lui donne aussi quelques principes de géométrie pour qu'il connaisse la valeur des figures. Tout renseignement de ce cinquième degré tend à disposer insensiblement lo prosélyte à préférer la philosophie fiscs auteurs aux religions révélées et aux prophètes qui se sonl donnés pour des envoyés célestes.

Ces semences d'incrédulité et de ratiooalîsme se développent dans le sixième degré. Ici le daï explique au prosélyte le sens spirituel et mystique de toutes les ordonnances légales, et les ramène toutes à un seul point, qui est la soumission entière aux imams; de là il conclut qu'aucune de ces ordonnances n'est obligatoire au sens littéral pour quiconque en connaît le sens mystique , et que les prophètes législateurs n'ont établi ces lois et institué ces ordonnances que comme des moyens politiques propres à retenir le vulgaire dans une dépendance et une subordination nécessaires au repos de la société.

Bien des daïs ne pénétraient pas eui-mémes au delà de ce sixième degré, et c'était là aussi que s'arrêtait l'iniiialion pour le plai grand nombre des affiliés, qui pourtant se croyaient initiés à tous les secrets de la secte. Mais les daïs qui avaient été jugés dignes d'eu connaître à fond la doctrine isotériqne et de la communiquer , poussaient plus loin renseignement, quand ils trouvaient parmi les prosélytes des hommes disposés à ne s'et frayer d'aucune conséquence.— On avait établi dans un des précédents degrés de l'initiation, que chacun des prophètes législateurs et instituteurs d'une nouvelle religion figurative, avait eu, pour l'assister, pour propager et pour conserver sa doctrine, un second ou un v icairc nommé Sous. * Or, disait le daï au prosélyte , si cela est ainsi dans le monde inférieur, c'est parce que la même même chose a lieu dans le monde supérieur. Il y a donc toujours eu , dès l'origine de* choses, deux êtres qui sonl le principe commun de l'organisation de l'univers el en maintiennent l'harmonie : l'un d'eux est plus élevé, il donne; l'autre inférieur, il reçoit. » Qn reconnaît los deux principes de plusieurs nations anciennes; I un màlc el fécondant, l'autre femelle el fécondé. Parce moyen on détourne le prosélyte do dogme

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fondamental de l'uni lé de Dieo , cl on lui persuade que le titre de créateur et l'œuvre de la création sont communs à deux êtres.

Dans le huitième degré , on expose la nature et l'origine de ces doux êtres , principes de tous les autres, dont l'un est nommé Saisie ou précédent, et l'autre tali ou tahic , c'est-à-dire suivant ; leurs rapports du prééminence et de subordination , et la part que chacun d'eux a dans la production des êtres. M. de Sacy croit que, parmi les Ismaéliens, les uns admettent au-dessus du précédent un être sans nom, sans attribut , dont il n'est point permis de parler, auquel on ne doit aucun culte , être dont la seule pensée, en ac réfléchissant sur elle-même, avait produit le précédent; et que d'autres ne reconnaissaient rien au-dessus du précédent.— Un autre dogme de ce huitième degré, c'est que, depuis le daï ou le dernier degré de la hiérarchie jusqu'au suivant , c'est-à-dire jusqu'au second principe de l'univers , tous les êtres qui remplissent cette chaîne peuvent s'élever successivement jusqu'au degré de précédent , par une suite de révolutions et dans une série de périodes sans On. Ce nouveau dogme nous transporte en plein bouddhisme. — Enfin on établit que la résurrection , la On du monde, le jugement dernier, la distribution des peines et des récompenses futures ne sont que des expressions emblématiques, qui signifient les révolutions successives et périodiques des astres et de l'univers, la destruction et la restauration de tous les êtres, produites par la disposition et la combinaison des éléments.

Parvenu au neuvième degré, le prosélyte, en qui on a .inéanli toute croyance, toute soumission à une autorité autre que sa propre raison, est abandonné à lui-même pour choisir, parmi les systèmes des philosophes, celui qui lui plail davantage. L'un adopte l'éleiniié de la matière, et alliibue fout ce qui existe à la combinaison spontanée des priucipes élémentaires. D'autres font intervenir un être intellectuel dans la formation des êtres matériels. Qu< Iques-uns adoptent le dualisme des mages , ou celui de Manès , ou enfln celui de Bardesanc. 11 en est qui suivent exclusivement Platon et Arislotc. D'autres enOn empruntent de clia< un de ces systèmes des idées qu'ils combinent ensemble.

Oo voit que , dans le système des Ismaéliens , tout tend à un seul but , l'anéantissement de toute révélation pour y substituer le pur rationalisme. Voy. Druzes.

1SMÉNIE, surnom de Minerve ; celle déesse avait à Thèfocs deux temples dont Ton lui était consacré sous le nom d'Isménie, parce qu'il était bàli sur le bord de la rivière Isménus. Apollon portait aussi le surnom d'Isménien pour la même raison. Ce fleuve ou plutôt celte fontaine s'appelait d'abord le pied de Cadmus; voici en quelle occasion: Cadmus ayant tué à coups do flèches le dragon qui gardait la fontaine, et craignant quo l'eau n'en fût empoisonnée, parcourut le lerr toire pour en chercher une

(1) Ce nom est encore écrit par les voyageurs Euh

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