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Après avoir joui «le leurs triomphes, elle ne pot résister à leur perte; elle mourut alors pour ne plus renaître, car du temps de Swatambbouva, elle avait été Prichni, femme do roi Soulapas, et plus tard Adili, femme de Kasyapa. Voy. Aditi et Krichna.
DÉVALOKA. ou monde des dieux, paradis iopréme, résidence du Créateur, situé bien ao-dessus des cîeux de Brahma, de Vichnou, Je Siva et d'Indra. C'est là que vont se réunir, après leur mort, les âmes des saints per- *on nages qui ont traversé sans faillir les dirers mondes d'épreuves et de purification. A l'entrée de ce paradis est un large fossé plein dss eaux de la volupté périssable, de la colère, de la luxure, de 1 orgueil et de !>one. Sur les bords se tiennent les Asoum, occupés à tenter les bienheureux. Plus loin se trouve une mer qui rend aux vieil* lards qui s'y baignent les forces et l'éclat de U jeunesse; pois Kalpavrikcha, l'arbre du devoir; ensuite la sainte ville de Sabha (assemblée), cité d'une vaste circonférence, au milieu de laquelle est l'Edifice invincible, qui a pour portiers Indra et Brahma. Dans I* centre de cet édifice est une estrade qu'on appelle Intelligence universelle, et qui supporte un trône nommé Abondance de lumière. Cne femme d'une éclatante beauté y e»l assise. A travers les vêtements, qu'elle porte, on découvre tous les mondes sous de femmes parées de voiles transparents, et parmi lesquelles on remarque des figures charmantes, comme celles de mires pleiurs de tendresse, tenant à leurs enfants un langage doux cl gracieux. Dans celle partie centrale de la sainte cité réside saisi la Science qui purifie le cœur.
Lorsqu'un nouveau bienheureux se préseoieau bord du fossé, les A sou ras qui en défendent l'accès, prévoyant l'inutilité de leurs tfi ris, se hâtent de s'éloigner pour lui livrer passage. Pour traverser ce fossé, ainsi que ia mer où l'on se dépouille de ses années, il faut que le saint pénitent soit exempt de passions, telles que la colère, l'avarice, la Intare, l'orgueil et l'envie, et que son cœur soit purilié de tout mauvais penchant, de toute pensée vicieuse. Alors il est affranchi de U> ut es le* œuvres méritoires ou blâmâmes. Quand il passe sous l'arbre Kalpa- 'rikcha, il sent tous les délicieux parfums Joui jouit le Créateur. En entrant dans la Mlle, il participe à la science de Dieu dans ce qu'elle a de plus excellent. Parvenu au uilieu de l'Edifice invincible , il est pénétré Je toute la lumière divine, de telle sorte qu'Indra et Brahma ne peuvent pas plus supporter l'éclat dont il rayonne que la splendeur dont brille le Créateur lui-même , et il s'jpcrçoil qu'il est grand comme Dieu. Lorsqu'il monte sur l'estrade, il reçoit l'intelligence universelle, il connaît tous les mondes; et lorsqu'il s'assied sur le trône, il semble qu'il s'asseye sur le Créateur. Ce trône resplendit de la plus vive clarté; ses deux pieds de derrière sont le passé et l'avenir ; les deux autres sont les vrais biens de la terre ; ses deux bras sont deux versets du
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Sama-Véda lus avec mélodie; les deux côtes qui font la largeur du trône sont aussi deux versets du même livre ; les autres versets du Sama et tous ceux du Hig-Véda sont comme la trame du tissu du trône; les versets du Yadjour-Véda en sont comme la chaîne ; la lumière de la lune en est le siège; l'harmonie du Sama-Véda en est le tapis; et les mesures des Védas en sont le coussin.
C'est là que le Créateur est assis. Le saint pénitent s'avance et s'assied aussi sur ce trône. Le Créateur lui demande : « Qui estu? » Il répond : « Je suis le temps; je suis le passé, le présent et l'avenir. Je suis ém.iné de celui qui est la lumière par luimême; tout ce qui fut, est et sera, émane de moi. Vous êtes l'âme de toute chose; et tout ce que vous êtes, je le suis. »
DÉVANAGAR1, nom que les Hindous donnent à l'écriture sanscrite, comme si elle était le système graphique usité dans la ville des dieux ; c'est la signification de ce terme. Le sanscrit, langue sacrée de l'Inde, jouit en effet de l'alphabet le plus riche, le plus complet, et sans contredit le mieux coordonué de tous ceux qui existent. C'est dans ce système que sont écrits tous les anciens livres sacrés de l'Inde : les Védas, le Mahabharata, les Pouranas, etc.
DÉVANGA, personnage mythologique des Hindous, fondateur de la tribu des Tisserands. D'après une légende de la collection Mackenzie, ce Dévanga était une .émanation du corps de Sadasiva ; il fut produit lorsque ce dieu, plongé dans des méditations profondes, cherchait comment les êtres nouvellement créés devaient être habillés. Vichnou lui ayant donné les fibres de la tige d'un lotus qui avait poussé dans son nombril, et le démon Maya lui ayant fourni de son côté un métier à lisser avec tous les ustensiles nécessaires, il fabriqua des vêtements pour tous les dieux, pour les esprits du ciel et de l'enfer, et pour les habitants de la terre. Maya l'établit roi d'Amodapatiam, et Vichnou lui fit des présents inestimables, et fui donna en mariage deux femmes, l'une fille du grand serpent Sécha, et l'autre fille de Sourya ou du Soleil.
Dévanga eut trois enfants de la fille du Soleil, et un de la fille de Sécha. Ce dernier conquit Sourarhlra. Les premiers succédèrent à leur père à Amodapour; mais ayant été attaqués par plusieurs princes coalisés contre eux, ils furent détrônés et réduits à une condition infime. Alors ils se mirent à exercer, pour gagner leur vie, le métier qu'ils avaient appris de leur père, et donnèrent ainsi naissance à la caste des tisserands. Ce revers de fortune était l'effet d'une imprécation prononcée par la nymphe Rembha contre Dévanga, qui n'avait pas voulu répondre à ses avances. La f iveur de Siva détourna l'effet de celle malédiction de dessus la tête de Dévanga, mais ses enfants ne purent l'éviter.
DÊVAPATI, un des noms d'Indra, roi du ciel, dans la mythologie hindoue. Ce mot signifie seigneur dis dieux. Voy. Ihdha ,
DéVBNORA.
ii: inr.Tiow.MrtF.
hlvata. divata. nf \ f: i \, dix i \ ,
noms que les Hindous donnent à ieurs divinités, qu'ils supposent habiter I ciel: c'est r il effet r que signifie ce finit qui est dérive de Dkva. ( Voy. ce mol.) Souvent les deux expressions sont prise* l'une pour 1 autre.
Les Indiens eomptenl trente-trois millions de Dévalas, ou, selon d'autres 'rois eenl trente millions. Ils les divisent eu plusieurs classes, qui sont :
1 LcsH Vas Us( l oi/. AGUTA-DiKOI-1' vL VK.a);
2* Les "2 Aswinis ; .;• Les 12 Ad.lyas; k° Les 10 Yisvadcvas; 5 Les -'.'G Touel itas ; <J" Les tii Ahhaswaras; 1' Les il) Ani 'as ; 8 Les 22" M haradjikas .
0° Les SI S.'.dhv as ; 10 Les 11 Koiidra*; Puis vient la I innombrable, 11" Des Kinnaïas ; 12' Des lïandh arvas ; \'.Y Des Apsaras as ; IV DesSiddhas; 15 Des Yakeh as ;
Des liouhyaMs, etc.
Tous ces ètn s eeiestes doivent leur naissance, ainsi que le démons, les animaux et les piaules, au sage kasvapa, [dit-fil, de Brahmâ, I premier des Hr.ihinaiics.
DÉVA S AM, deile indienne, Hlle île S uikra icgcnt de la planète < e Venus. Llle avait d'aoord aime Kalcha, élève de son père, auprès duquel il étudiait le secret de ressusciter les morts. Dévore plusieurs fois par les mauvais génies, Ka < lia av ;il é'é rappelé à la vie par son inailre. Quand, mailre du secret quïl était venu :ippt endre, il voulut retourner chez, son père, i»e ayani insista pour l'époser ; mais i.alcha s'y r< fusa, parce qu'étant lille de son piecepieur , il y avait entre eux allinité .spirituelle. ' cl! ri, irritée, prononça coultv lui une imprécation qui rendait (ouïe sa science inutile; lui, de on code, la c iiidamna à devenir l'épouse d'un Kcli alriya. Lu effet, < -Ile épousa le roi Vavati, et en eut deu\ cillants; mais elle découvrit bientôt qu'il avait épousé secrèlcincnt la prince se Sarmi< hlba, son ennemi ', qui lui ava l donne trois (ils. Mlle s'en plaignit à son père, qui punit Yayali par une vieillesse anticipée ; loulef.is, louche de ses prières, il lui permit de faire passer a decrépiluiie a celui qui voudrait accepter ce préseul , et lui donner sa jeunesse en échange. Les deux fils de Devay m el les deux aînés de Sa michlha re| on érent sa proposition; le plus jeune y cous util : c'etaif Pouroti, à qui plus lard Va*, ali. repreant la « ït il esse qui lui appai (euail, icndil la jeunesse qu'il avaM empruntée; de plus il lui donna so , troue qu'il méritait par >a l>iele filiale.
UfcVK.NDRA, c'esl-à-dire le dieu Indra, regardé par les Hindous comme le roi du Swarga, ou pree icr cici ; il y e-ne mit (rois ' ni trente militons de divinités secondaires, Ou la il préside a la partie de l'univers
l>r> RKl.U:iONS. I IS
Les a m es admises dans son paradis n'y doiim'miii! pas éternellement; a; rès y ;iv ir joui | ndant un certain temps de tou:e so c de p!ai irs sensuels, elles retournant s*ir la terre pour recommencer une nouvelle vie. (V m/. Inhu velSvv \ 14 1 ; \ ; . D. vendra a beaucoup de rapport avec le Jupiter des anciens : et comme lui il était Ir's-enclin aux voluptés ; ses aventures ne sent pas -ans analogie avec celles du souverain de l'Ohmpe
On raconte d lui, qu'ennuyé des plaisirs du ciel, il descendit un jo' r -ur la I rre sous une forme humain*, cl so rendit chez une courtisane, lui demanda ses laveurs, et lui pava d'avance la somme convenue. La nuit venue, le dieu voulut éprouver si cette courlis.iue i'aimait véritablement: il feignit dé- Ire s ;isi 'ont à coup d'un mal violent, et , après avoir pousse des cris aigus, il se tut, itetoe;: a iinniotule, contrefaisant le c orl. Sa maîtresse, ne doutant p iul qu'il » ùt pe* du la vie, éd.; la en soupir-, et en sang'ofs . el port * la douleur jusqu'à vouloir être brûlée sur le bùeb r avec Dévendra. LUc était sur le po nt d exécuter celte généreuse résolulio i, lorsque le dieu parUl loul à coup à Ses yeux plein de vie, loua sou attachement cl s u coûta. e , et ; roiaii de la récompenser, eu lui donnant un - place dans le Swarga; promesse qu'il exécula fidèlement.
Il fut moins heureux d us une autre aventure. Ayant appris qu'un célèbre pénitent, nommé «i iuiama, avai* choisi pour sa re- U :ile une petite -olilude voisine du Gange, el qu'il y vivait tranquillement et saintement ii'i'c sa l'emmc, qui t tait une des plus belles
I e so nesqu'i y eu; au monde, il quitta une s conile o)i> le nel, descendit sur la l« rre, *e rendit a la retraite, du pénitent, vit sa femme el en devint eperdument amoureux. H ré»olut de la séduire, mais s'clant assuré que m t' eh armante peiso.ne était aussi « eri .eiise que belle, il com;. ni que sou dcs>ein
• réussirait jamais s'il ne incitait en œuvre • torique stratagème. Il remarqua que (iaut in i ne manquait jamais de se lever tous les tm..i s, .m H.ant du coq, pour aller faiee sc> ablutions dans le (lange; il prit alors la forme d'un coq, s'alla poster un jour auprès de lYrmilagc, et chanta, mais beaucoup p us malui que le coq du logis avait arrondi e de f.ire. Le fervent (îautama se réveilla eu sus ni. et bien qu il eûl encore une grande enviededonair.il se leva néaumoinsel pn: le chemin du lleuve. Y étunl arrivé, il corr.ut aux étoiles relié ces dans l'eau qu'il n'était pas plus de minuit, el prit le parti de retourner chez lui pour s'y reposer encore un peu.
II v t ' iiva le dieu qui ava l pri> sa plan* auprès de s.i femme. Dans sou courroux, i :(maudit, et, pour le punir de son inconl ineitc. le condamna a porter sur loul son corps la figure de l'instrument de son crime. l/inf <rlui. • Dévendra se trouva donc réduit a n'oser pl is se montrer à personne, de sorte que, pénelie
< e 1 humiliation qu'il avau retirée de sa cri ne.! el o entreprise, il se |eta aux pieds de (iaulama, cl le supplia avec beaucoup : m sunecs d'avoir pille de lui et de modé er l i
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rigueur ue sa peine. Le pénitent, touché des «applications do dieu, voulut bien consentir ace que ces marques infamantes, tout en rtiM constamment aperçues de Détendra, ne fessant pas vues des antres, mais leur parussent fomme autant d'yeux. C'est pourquoi to Hindous le représentent souvent comme l't anciens figuraient Argus. Gauiama, non (osleot de la vengeance qu'il avait tirée do dieu, étendît son ressentiment sur sa femme, qai, en position de son adultère, quoique isvolontaire, fui, par la force de ces imprégnons, changée en pierre. Toutefois, le dieu Whnou. incarné dans la suite en Rama, t »tit venu on jour a marcher par hasard jor cette pierre , plie reprit sa première tonne et redevint une très-belle femme, tille Mouma avec son mari qui la reçut avec joie, e{i> pois vécut en bonne harmonie aveo elle* DEVENDHALOKA , paradis de Dévendra.
Yùjf. Sn iRGA et laORILOKA.
DF. VERRA , déesse qui présidait, chez les Rjnuins, ao balayage des maisons et des grenier*. Son nom vient de ventre, balayer. On l'invoquait surtout quand il s'agissait d amasser en las le blé séparé de la paille, et quand, après la naissance d'un enfant, on lalayait la maison pour empêcher le dieu Sjliain d'y entrer, dans la crainte qu'il ne ! arraenl.it la mère,
DEVERRON A ; la même que Dtverra. Elle présidait sous ce nom à la récolte des fruits que l'on assemblait en monceaux.
DÉV1, mot sanscrit qui signifie dietw, aossi le Jonne-t-oo à toutes les déesses en tjcnéral; mais ou en qualifie plus parliculièrfrorut Dourgo, l'épouse de Siva, qui est la déesse la plus vénérée et la plus redoutée de tontes celles du Panthéon indien. Il y a un fragment des Pouranas consacré tout entier à célébrer sa victoire sur les démons; en voici leaa/rse, d'après M. Buroouf :
A Im fa d'un kulpa. on d'un des grands .ijtes de l'univers, pendant que Vichnou dur* mail étendu sur le serpent Bêcha , deux géants, nommés Kailabha et Madhou, cheri ht reat à détrôner lira h ma. Celui-ci, du haut du lotus ou il était assis, appela À son secours Dévi, qui lui apparut et réveilla Vichnou. Le dieu attaqua les géants,, qui, frappés de terreur par Dévi, tombèrent et péri* reot sous ses coups.
Plus lard , uu démon nommé Mahicha détrôna les dieu* et tes chassa du ciel. Les vaincu* se présentèrent devant Vichnou qui, à la nouvelle de leur défaite, poussa un grand cri et fit retentir sa conque; la redoutable Dévi apparut, concentrant en elle Il puissance de tous les dieux ensemble, car chacun d'eux composait une partie de son corps; elle s'avança au-devant de Malcbah, terrassa l'armée ennemie et la mit en déroute. A la vue de ses troupes en désordre, l'Asoura se précipita sur l'armée de la déesse, n au instant y porta le trouble ; mais Duvi loi lança une chaîne, dans les replis de laquelle elle l'enlaça fortement. Le démon lui échappe cependant en changeant de forme; il devient lion, puis homme, puis éléphant :
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enfin contraint de reprendre sa première forme, il tombe sons les coups de Dévi qui lui tranche la téte.
Une autre fois, les dieui, vaincus de nouveau par deux autres démons, se rassemblèrent autour du mont Himalaya , sur lequel Dévi avait fixé son séjour, et la supplièreut de leur accorder son appui bienveillant. Soumbha, l'un des Asouras, qui avait vu la déesse, envoya un ambassadeur lui faire des propositions de mariage; mais rebuté pnrellc, il appel i à son secours Dhoumra-Lotchana, autre démon, et lui ordonna de s'emparer de Dévi; Dhoumra-Lotchana lui livre un combat dans lequel il trouve la mort. En vain Soumbha renouvelle ses tentatives en faisant fondre contre elle les Asouras Tchanda et Motind-i , la déesse leur tranche encore la téte. Soumbha se préparc de nouveau au combat; les épouses de Brahma, d'Isa, de Karlika, de Vichnou et d'Indra , s'incarnent et arrivent au secours de la déesse. Dévi lutte contre le démon Raktavidja, et le met à mort; elle livre ensuite le combat à Nisourobha, frère de Soumbha; elle le tue et met en fuite toute l'armée ennemie. Soumbha, furieux de tant de défaites, ne s'avoue pas encore vaincu ; il crie à la déesse : « Ne t'enorgueillis pas, ô Dévi, de tes succès; tu triomphes, mais tu n'es pas seule, et d'autres que toi ont part à ta victoire. » La déesse répond : * Je suis seule dans le monde; quel autre que moi existe dans l'uni vers? Regarde et vois c<'S forces diverses rentrer daus mon sein. » A ces mots, les forces d s dieux sont absorbées
f>ar Dévi, et la déesse reste seule en face de Asoura. « Me voilà seule, s'écrio-l-elle; avanco et combats. » Une lutte terrible s'engage. Enfin, la déesse terrasse le démon et le perce do son glaive. Les dieux, sous la conduite d'Agni, s'avancèrent en chantant un hymne en l'honneur de la déesse. Satisfaite de leurs éloges, elle leur promit qu'elle exaucerait leurs vœux. Les dieux demandèrent la paix pour les trois mondes; Dévi se rendit à leurs prières, prédit ses apparitions futures, et énuméra les récompenses qui attendaient ceux qui seraient fidèles à son culte. Voy. Doiroa, Parvati.
DEVIANA, surnom que les Romains donnaient à Diane, pa trou ne des chasseurs, parce que ceux-ci sont sujets à s'égarer. Son nom vient de devins (de via), qui va hors de la voie.
DEVINS. On appelle ainsi ceux qui font profession, non-seulement de découvrir les choses cachées, mais encore de prédire l'avenir. La superstition, l'ignorance et la curiosité ont, de tout temps, accrédité les devins. Le litre de divinus (proprement divin), que leur donnaient les Latins , montre qu'on les croyait réellement inspirés du ciel.
1. Dans la loi des Juifs, il était sévèroment défendu d'exercer le métier de devin, et de consulter ceux qui se donnaient pour tel*. Saùl est loue, dans l'Ecriture sainte, d'avoir expulsé les devins, les sorciers et les magiciens. Ce prince néanmoins alla consulter la pylhonisse, avant de livrer la bataille où il trouva la mort.
ii dictionnaire
•2 Jamais la religion chrétienne n'a toléré les devins proprement dits; mille fois les conciles ont lancé contre ces imposteurs la foudre de leurs anathèmes; les princes chrétiens ont porté plusieurs lois contre eux des lois rigoureuses et les ont condamnés au dernier supplice. Ce qui n'a pas empêché qu'il n'y eût des détins dans presque tous les siècles ; et maintenant il se trouve encore, quoique plus rarement, des gens qui exercent dans nos contrées ce triste métier.
Les Crées avaient des devins qui jouissaient d'un haut crédit, il y en avait même d'entretenus dans le Prylanéc: mais le plus célèbre d'entre eux fut sans contredit Caichas, qui était l'oracle des (irecs au siège de Troie. Ceux et celles qui rendaient des oracles, dans les différents sanctuaires, n'étaient au résumé que des devins. Voij. Oracles, Dklpiiks.
Chez les Romains les devins étaient organisés en corps religieux : et Ton ne saurait trop s'étonner, en considérant jusqu'à quel point un peuple si judicieux sous tant d'autres rapports a poussé la créduliléet la superstition. Yoy. A iu sticks, Au;im:s, Siiiyli.ks.
o. Selon le code religieux des musulmans, ajouter foi aux prédictions des devins sur les événement* occultes cl à venir , est un acte d'infidélité. Ce principe est fondé sur les préceptes de Mahomet, qui condamne tous les devins, et ceux qui prétendent découvrir les s< crels et manifester les choses futures par la voie des sciences mystérieuses, et par un commerce intime avec les esprits. Il n'y a que Dieu seul, disent-ils, qui puisse prévoir et annoncer l'avenir par la bouche des saints personnages favorisés de sis inspirations et du don des miracles. De toutes les prédictions réputées humaines, on ne doit admettre que celles qui sont (ondées sur les expériences physiques, etc. Néanmoins il se trouve un fort gr<iud nombre de devins, dans les pays musulmans, et ils y font une inûnité de dupes. Los Mahomélans regardent l'Egypte comme le cerceau de la divination. Suivant eux, ?es princes de la dynastie des Misraimiens qui ont régné sur celte contrée au nombre de dix-neuf, étaient tous versés dans l'art de la magie et de la divination ; mais les plus fameux lurent, 1 Sacruscht le premier qui représenta en figures et en images les douze signes du zodiaque ; "l" Uharnak, qui publia ces secrets mystérieux, jusque-là réservés à sa famille; >ïJ Kftasli m. auteur du nilomètrc; <V" Hersai, qui se voua au culte •les idoles; 5" Sehlout: , qui adora le bu; (iJ Sound, son fils, qui éleva les premières pyramides, et qui passe pour l'inventeur de ce miroir merveilleux que les anciens poètes orientaux ont tant chanté dans leurs vers; 7' enfin Pharaon, qui s'efforça de faire périr Noé, mais qui périt dans le déluge universel.
6. Dans l'Inde, on rencontre a chaque pas des troupes de devins et de sorciers, qui débitent à tout venant leurs oracles, et qui, moyennant salaire, déroulent aux yeux du riche comme du 'pauvre les secrets de leur destinée. On les consulte poor connaître la
DES ItFLK.IONS I
cause et la nature des maladies dont on est affecté. Mais, outre ces devins de bas étage, les Indiens en ont d'autres qui exploitent plus en grand la crédulité publique, cl qui, plus que les premier-, sont le tléau de la société. Vot/. Enchanteurs, Mauiciens.
7. Les Tunquinois n'entreprennent aucune affaire sans avoir consulté le devin. Celui-ci, avant de répondre aux questions posées, prend un livre rempli de cercles, de caractères et de ligures bizarres , demande l'âge du consultant et jetlc les sorts. Ce sont deux ou trois petites pièces de cuivre qui portent des caractères gravés d'un seul côté. Si ce> pièces, jetées en l'air, retombent à terre de manière que le côté uni soit tourné vers le ciel, c'est un mauvais signe; c'en est un bon si elles tombent autrement ; mais si les deux pièces retombent ch icune dans un sens différent, c'est un excellent présage.
H. Les devins jouent un grand rôle parmi les peuplades barbares de l'Afrique et de l'Amérique; dans plusieurs d'entre elles, ils sont même les seuls ministres du culte; mais pour éviter les répétitions, nous renvoyons aux ariiclcs spéciaux L>lsque: Ench anteurs. Jongi.h tis , Mauiciens , Talismans , Gri-
NRIS.elC
DEVOT. On appelle a nsi un fidèle dévoue au service de Dieu et exact à remplir les devoirs de la religion. Mais le nom de dévot, dont un vrai chrétien devrait se faire honneur, est souvent pris en mauvaise part, et désigne un hypocrite ou tartufe qui. sous le masque spécieux de la piété, se joue de Dieu et des hommes. Ou qualifie également en mauvaise part du nom de dévotts, les femmts plus attachées à l'extérieur qu'à ressentit! de la religion, plus occupées de leur directeur que de Dieu, de leur prochain que d'elles-mêmes, et dont la dévotion n'est souvent qu'un épicurisine raffiné , qui sait allier le rcj os de la conscience et les honneurs de la sainteté avec la volupté la plus recherchée, et les agréments les plus délicieux de la vie.Euliu on en est venu au point que, quand ou veul appliquer cette qualification a une personne d'une religion éclairée, on est obligé tl'user de périphrase et de dire, un vrai derot, une personne t entablement dévote.
DEVOTION . attachement solide et sincère à tous les devoirs que prescrit la religion. Les caractères de la véritable dévotion peuvent se réduire à la charité, à la modestie et à la prudence. Ce sont aussi les vices opposés à ces trois vertus qui caractérisent la fausse dévotion. Ainsi , lorsqu'on voit un chrétien faire étalage aux yeux du public de ses bonnes œuvres et de ses pratiques de piété; lorsqu'il s'autorise de sa prétendue sainteté pour mépriser les autres hommes; lorsqu'il se conduit par l'rspril de parti ou de cabale; lorsque, par un zèle outré, il se porte à des excès que condamnent la religion et la saine morale, c'est une preuve non équivoque qu'il n'a pas une véritable dévotion. V. Piété.
DEVOUEMENT, cérémonie religieuse en usage chez les anciens païens, par laquelle
un homme se dévouait aux divinités infernales, et était censé attirer sur sa tête seule toos les maux qui menaçaient sa patrie.
t. L'exemple le plus célèbre du dévouement, chez les Grecs, est celui de Codrus, dernier roi d'Athènes, qui, lors de la guerre des Athéniens contre les Ioniens, ayant appris de l'oracle que la victoire resterait à criai des deux peuples qui perdrait son général dans la bataille, se jeta volontairement daos la mêlée, sous les habits d'un simple paysan el y trouva la mort. Son armée éleciriîée par ce généreux sacrifice remporta une si'oalée victoire.
4. L'histoire romaine fait mention de pluticors dévouements semblables ; elle cite avec Ho?e Decius Mus, consul romain, qui, dans uoe bataille contre les Latins, se déroua aux dieox infernaux pour assurer la victoire aoi Romains, et, comme Codrus, périt dans !a mêlée. Il eut un fils et un petit-fils qui, dit-on, imitèrent son dévouement, le premier dans une bataille livrée aux Gaulois et aux *atnnites , le second dans la guerre coutre hrrhns. — Un large gouffre s'élant ouvert au milieu du forum, et l'oracle ayant déclaré qu'il ne se refermerait que lorsque Rome y aurait jeté ce qu'elle avait de plus précieux ; sa jeune homme nommé Curtius, déjà célèbre par ses exploits, se précipita tout armé Jaoj l'abîme, et le gouffre, dit-on, se referma aussitôt.
Lorsqu'un général romain sedévouait pour le salut de toute l'armée, il s'avançait au premier rang el prononçait à haute voix la formule suivante: « Janus, Jupiter, Mars, Qwriaas, Bellone, dieux domestiques, dieux nouvellement reçus, dieux du pays, dieux qui disposez de nous et de nos ennemis, dieux mines, je roas adore, je vous demande grâce arecroonaoce, et vous conjure de favoriser les efforts des Romains, de leur accorder la victoire, et de répandre l'épouvante el la mort sur les ennemis; c'est le vœu que je fais, eo dévouant avec moi aux dieux mânes et a la terre, leurs légions et celles des alliés pour la république romaine. » Quand le général qui s'était dévoué périssait, son vœu se trouvant rempli, on lui rendait les derniers devoirs avec grande pompe. Mais s'il «urv irait, le» exécrations qu'il avait prononces contre lui-même le rendaient incapable J'offrir aucun sacrifice aux dieux. U était obligé, pour se purifier, de consacrer ses armes à Vulcain ou à tel autre dieu qui lui faisait, en immolant une victime, ou au moyen de quelque autre offrande. — Si le soldat dévooépour son général perdait la vie, tout paraissait heureusement consommé ; si au contraire il en réchappait, on enterrait uoe statue haute de sept pieds et plus, et l'on offrait un sacrifice expiatoire. Cette figure ctait apparemment le simulacre du soldat awsacré à la terre , et la cérémonie de l'enfouir était l'accomplissement mystique du '«u oon acquitté. 11 n'était pas permis aux magistrats romains qui y assistaient de descendre dans 1a fosse ou celle statue était descendue, pour ne pas souiller dans co lieu
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maudit la pureté de leur ministère. Le javelot que le consul avait sous ses pieds en faisant le dévouement, était gardé soigneusement , de peur qu'il ne tombât entre les mains des ennemis, ce qui eût été un fâcheux présage de supériorité sur les armes romaines. Si néanmoins ce malheur arrivait, malgré toutes les précautions, il n'y avait d'autre remède que de faire, en l'honneur de Mars le sacrifice appelé suovetaurilia.
D'autres fois c'étaient les armées ennemies qui étaient ainsi dévouées aux dieux infernaux par le dictateur on le consul. Macrobe nous en a conservé la formule : « O père Dis ( Pluton ), Jupiter, Mânes , de quelque nom qu'on vous puisse appeler, je vous prie de remplir cette ville ennemie et l'armée que nous allons combattre , de crainte et de terreur. Faites que ceux qui porteront les armes contre nos légions et nos armées soient mis en déroule; qu'ils soient privés de la lumière céleste ; que les villes et les campagnes, avec leurs habitants de tout âge, vous soient dévoués, selon les lois par lesquelles les plus grands ennemis vous sont dévoués. Je les dévoue, en vertu de l'autorité de ma charge , pour le peuple romain, pour notre armée, pour nos légions, afin que vous conserviez nos commandants et ceux qui combattent sous leurs ordres. »
Les lois dévouaient aussi les criminels à la mort; telle était celle que porta Romulus contre les patrons qui feraient tort à leurs clients. Lorsque le coupable était publiquement dévoué, il était permis à tool le monde de le tuer.— La flatterie introduisit, du temps d'Auguste, une nouvelle sorte de dévouement. Ce fut un tribun du peuple, nommé Pacuvius, qui en donna le premier l'exemple el qui se dévoua, à la manière des peuples barbares, pour obéir aux ordres du prince, même, aux dépens de sa vie. Cei exemple fut imité; el Auguste, tout en paraissant honteux de cet excès de basse adulation, ne laissa pas d'en récompenser l'auteur.
3. La coutume de se dévouer aux saints commença à s'introduire chez les catholiques vers le ix* ou x' siècle. Le fidèle contractait avec le saint un engagement soleouel, par lequel il se liait quelquefois lui et ses enfants. 11 s'obligeait à lui payer tous les ans un certain tribut. Le saint de son côlé était supposé s'engager tacitement à protéger son client, et à lui obtenir les moyens d'opérer son salut. On dit que cette dévotion subsiste encore dans quelques pays catholiques. Nous allons donner l'abrégé d'un formulaire de cet engagement spirituel. 11 est de l'an