‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 6 sur 365 · DAL 2G · texte numérisé non relu

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le Japon, la Tatarie, devenus sa pairie d'à* doption , virent augmenter rapidement la foule des convertis. Des princes, qui avaient embrassé le culte étranger, trouvèrent glorieux d'en avoir les ponlifes à leur cour, et les titres de Précepteur du royaume et de Prince de la doctrine furent décernés tour à tour à des religieux nationaux ou étrangers, qui se flattaient d'être animés par autant d'êtres divins et subordonnés à Bouddha, vivant sons le nom de patriarche.

Pendant huit siècles, les patriarches furent ainsi réduits à une existence précaire et dépendante, et c'est durant cette période de confusion et d'obscurité que le fil de la succession avnit dû échapper à toutes les recherches de l'histoire. Les Maîtres du royaume formaient l'anneau inaperçu qui rattachait aux anciens patriarches des Indes la (haine des modernes pontifes du Tibet. Ceux-ci durent l'éclat dont ils brillèrent au xm* siècle auxeonquéles de Tching-kis-Khan et de set premiers successeurs. Comme jamais aucun prince d'Orient n'avait gouverné d'aussi vastes régions que ces potentats , dont les lieutenants menaçaient à la fois le Japon et l'Egypte, Java et la Silésie, jamais aussi titres plus magnifiques n'avaient été conférés aux Maîtres de (a doctrine. Le Bouddha vivant fut élevé au rang des rois, et, comme le premier qui se vit honoré de celle dignité terrestre était un Tibétain, on lui assigna des domaines dans le Tibet, et le mot de Lama, qui signifiait prêtre, dans sa langue, commença en lui à acquérir quelque célébrité. La fondation du grand siège lamaïque de Botala n'a pas d'autre origine, et elle ne remonte pas à une époque plus recalée.

La dynastie qui détrôna les Mongols sembla vouloir l'emporter sur enx en zèle et en vénération pour les ponlifes tibétains. Les tilres qu'obtinrent alors les patriarches devinrent de plus en plus fastueux. Ce fut le Grand roi de la précieuse doctrine , Précepteur de l'empereur, le Dieu vivant , resplendissant comme la flamme d'un incendie. Huit rois, esprits subalternes, formèrent son conseil sous les noms de Boi de la miséricorde, Boi d9 la science, Boi de la conversion, etc., tilres qui feraient concevoir la plus haute idée de leurs vertus et de leurs lumières, s'ils devaient être pris au pied de la lettre. Alors seulement, vers l'époque du règne de François l'r, naquit ce titre encore plus magnifique de D ai aï- Lama, ou Lama pareil à l'Océan.

Le Grand Lama, après avoir uni pendant un certain temps le pouvoir temporel au spirituel, se trouve maintenant être un simple vassal de l'empereur de la Chine ; mais le ministère des rites l'autorise à prendre le titre de Bouddha vivant par lui-même , excellent Boi du ciel occidental, dont l'intelligence s'étend à tout, Dieu suprême et sujet obéissant. C'est sans doute en vertu du dernier attribut de ce litre que, dans le siècle dernier, un des principaux Lamas ayant encouru la disgrAce de l'empereur Khiculoung, se vit obligé, malgré sa répugnance, à faire un vovago à la cour. Accueilli avee

des honneurs extraordinaires, et reçu comme un ilien, il n'en mourut pas moins, quelques jours «près son Arrivée à Péking, «l'une maladie qui ne fut pas un mystère pour les médecins.

Oo a écrit et répété mille fois , en Europe, que les bouddhistes sont persuadés que le Datai-Lama ne meurt pas: que, quand l'un d'eux a perdu la vie, ceux qui l'approchent cachent soigneusement sa mort, et s'empressent de chercher un jeune homme qui lui ressemble: que ce qui lavons» celle subs itulion, c'est le voile dont le Grand Lama est toujours couvert i>l qui empêche que le pcupl.» puisse reconnaître ses traits. Ce sont autant de faussetés. Le Dalaï-Lama n'est point voilé, et , "s'il l'était , il ne serait pas nécessaire de chercher, pour le remplacer, quelqu'un qui lui ressemblât : au reste, tes Lamas mourant ordinairement dans un âge avancé, il est certain qu'un jeune homme ne peut pas rc«sembler de tous points à un vieillard. Aussi il n'en est point ainsi ; tout le peuple .sait fort bien que les Lamas et le Grand Lama lui-même sont sujets à mourir, ou, suivant son expression, à changer de dttnenre. On annonce sa mort avec grand bruit dans la ville de Lassa et dans lou' le pays ; on dépêche même des courriers à Féking pour en informer l'empereur et les Lamas qui résident dans la Chine, où ils jouissent des honneurs du mandarinat. Dès que cet événement est divulgué, on ôle de dessus le poriail de la grande lamaserie l'effigie du souverain pontife défunt, et on y expose l'image de son successeur aussitôt qu'où l'a trouvé. Tout le monde, et même te» simple peuple, s.iit donc parfaitement que le Grand Lama est mort ; mais sa religion l'oblige à croire que l'âme sainte et auguste de Bouddha qui l'a auimé, passe après sa mort dans le corps de celui qui est appelé à être son successeur.

Ce dernier ne parait pas être choisi à l'avance. 11 se passe souvent plusieurs mois avant que les signes miraculeux qui le désignent se soient manifestés. Ces signes sont ordinairement une science précoce qui se révèle spontanément dans un jeune enfant qui le plus souvent est encore d'un âge à ne pouvoir pas même parler. Ainsion l'enleud tout à coup énoncer avec aplomb et avec assurance les mystères les plus abstraits de la religion bouddhique, raisonuer sur toutes les partie* de la doctrine, et souvent s'énoncer dans une langue étrangère inconnue à ses parents et aux personnes du voisiuage. Il auuonce que lel patriarche, décédé depuis peu, s'est incarne en lui, que telle lamaserie lui appartient, qu'il demande à être réintégré dans ses droits. Un députe aussitôt aux préires de la lamaserie indiquée, qui viennent s'assurer de la vérité de l'incarnation, examiner les signes par lesquels elle s'e<t manifestée, et, comme dernier moyen de preuves, ils lui app rteul les dilîe. ents objets a l'usage du Lama défunt mêlés à un grand nombre d'aulies. Si le jeune enfant ne se trompe point et indique et.uicment les objets qui étaient à son usage Uaus sa vie antérieure, il est reconnu pour

incarnation véritable, et conduit arec grande pompe à sa lamaserie ; sinon il est rejeté comme imposteur. Cet enfant est pris indifféremment dans tons les états de la société, les plus humble* comme les plus élevés. Ces faits m'ont été attestés par un savant missionnaire, qui depuis longtemps vit avec les Tibétains et les Tatares, et qui a résidé plusieurs fois dan« des lamaseries. Y a-t-il en cela prestiges du démon, y a-t-il connivence adroite et sourdes menées? C'est ce qui n'a p is encore été éclairci jusqu'à présent.

Le Dalaï-Lntna qui réside à Bolala. montagne auprès de Lassa, a juridiction sur tous les Lamas du bouddhisme, qui sont également des incarnations de Bouddha ou de quelqu'un «les Bodhisatwas. On le vénère comme un dieu incarné, on n'approche «le lui «tu'avec le plus grand respect, ou lui adresse ses prières comme à uue divinité, on lui offre de l'rncen*. La plupart des livres européens qui parlent de ce dieu prétendu, avancent que ses adorateurs poussent la superstition et l'absurdité jusqu'à conserver ses excréments comme de précieuses reliques, qu'on envoie comme uue insigne faveur aux personnages les plus puissants; mais le mémo missionnaire que j'ai cité plus haut m'.i assuré qu'il n'avait jamais entendu énoncer de faits semblables dans ses nombreuses pérégrinations.

11 y a déjà longtemps qu'on a signalé U ressemblance frappante qui existe entre les institutions, les pialiques et les cérémonies oui constituent la f«»rme extérieure du culte du Grand Lama, et celle de l'Eglise romaine. Chez les Tatares, en effet, on retrouve un souverain pontife, des patriarches chargés du gouvernement spirituel des provinces, uu conseil de Lamas supérieurs qui se reunissent eu conclave pour l'élection du pontife, et habillés de rouge comme nos cardinaux, des couvents de moines et de religieuses, des prières pour tes morts , la confession auriculaire, l'intercession des saints, le jeûne, le haisement «les pieds, les litanies, les processions, l'eau bénite, elc. Ces pratiques sont-elles de l'essence même du lamaïsme? uu bieu ont-elles été empruntées eu partie au catholicisme à l'époque où il était florissant dans ces contrées? Nous laissons à de plus h ibiles le soin de décider la question.

DALÉ1STKS, sectaires écossais, qui firent schisme dans l'Kghse presbytérienne ; ils avaient pour chef un nomme David Dale, qui avait été lié avec les Glassitcs, partisans de John Glass. Ce dernier enseignait que tout établissement civil, en faveur d'une religion, est contraire à l'Ecriture sainte. Mais David Dale, mécontent de la conduite moudaine de certains membres de la congrégation glassite, se sépara d'eus, et établit à Glascow et dans plusieurs villes d't-'cosse des congrégations séparées. Les Daléisies differ.iient des Glassites sur quelques points de doctrine, de «liscipliue et de pratique. ( l'oy. Gl.ASSITKB.)

DaLMaTIQIE, vêlement ecclésiastique que porleul les diacres, lorsqu'ils serveul à

DICTIOiNNAIIlE DES RELIGIONS.

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