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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

de sa de? iâo, «avoir : trois croissants d'argent entrelacés de irophées» semés de Ung'ies el flammes de feu , avec le chaperon de velours rouge cramoisi couvert de la même broderie; que le chancelier porterait le manteau de velours blanc et le chaperon de ve* lours cramoisi; qoe le prévôt et maître des cérémonies* le trésorier» le greffier et le héraut* auraient un manteau de satin blanc et le chaperon de satin cramoisi, et qu'ils porteraient une chaîne d'or au bout de laquelle peuilrnlt sur l'estomac une coquille d'or seulement. Tous les chevaliers qui étaient préseuls assistèrent avec te roi» pour la solennîié de l'ordre, dans l'église catliédrale de Saint-Jean de Lyon* aux premières vêpres de la fête de saint Michel, et le lendemain i la grand'messe et aux secondes vêpres.

S »us le règne des enfants de ce prince l'ordre commença à s'avilir par le grand nombre de chevaliers que l'on fit au delà de celui porté par les statuts, qui n'était que de trentesix. François 11 en Qtdix-hait dans une seule création à Poissy l'an 1560* dont on murmura fort. Ûannée suivante Charles IX en fit qninie dans une promotion à Saînt*Germain enLaye. On ajouta àce grand nombre trente-trois ebeva*. liers dans une autre promotion* et, en 1562 et 1567* on en fit encore vingtnleox. Les troubles de la France obligèrent depuis le roi d'en faire d'autres* dont il y en avait quelques-uns qui n'étaient pas de naissance ; car BrantAme dit que le marquis de Trannes fit donner cet ordre à son maître d'hAtel. Ces fréquentes promotions firent interrompre la pompe des chapitres et des cérémonies où le roi assistait avec les chevaliers. Il se fit plusieurs réceptions dans les provinces* avec peu d'appareil» par les chevaliers de l'ordre é qui la commission était adressée. Le dernier chapitre où se trouva Charles IX fut celui qui se tint dans l'église de Notre-Dame à Paris* la veille de saint Michel de Tan 1573 : le roi prit sa place i main droite sous on dais de drap d'or» et A la gauche il y avait un pareil dais sous lequel étaient les armes des rois d'l£spagne*de Danemark et de Suéde» qui étaient anssi chevaliers de cetordre.M.le Laboureur dit qu'Henri 111 le supprima tacitement en instituant celui du Saint-Esprit* auc^uel il le réunit .Cependant ce prince* par la création de l'ordre da Saint-Esprit» déclara qu'il voulait et entendait qae l'ordre de Saint- Michel demeurât en sa force et vigueur» et qu'il lut observé comme il avait été pratiqué depuis sa première institution. En effet tous les chevaliers de Tordre du Saint-Esprit prennent l'ordre de Saint-Michel la veille da joar qu'ils doivent reoevoir celui dn Saint- Esprit; c'est pourquoi leors armes sont entourées des deux colliers» et ils sont appelés chevaliers de l'ordre dn roi.

Le roi Louis XIV, ayant reconnu qu'il s'était introduit une infinité d'abus et de contraventions aux anciens statuts et règlemenU de l'ordre de Saint-Michel» qu'il était avili en la personne ëe plusieurs particuliers qui se qualifiaient chevaliers de cet ordre sans avoir fait preuves de noblesse

et de services, et que ptusieun é!rtnfffi avaient surpris des certifiais de réctptioi sans ses ordres particuliers* ordonoa, le tî JQillet 1661* à tous ceux qui avaient été rrr^t dans cet ordre* de porter ou d'envoyer âti rommissaires que Sa Majesté nomma* Itstn très et preuves de leur noblesse et de Inri services.. Plusieurs ayant oliél* et les auirti ayant négligé d'y satisfaire par la crainte de faire connaître leur naissance et rim^Kiisibilité oà ils se trouvaient de donner des rer* tificaU de leurs services* le roi fit* l'an 1G65. un nouveau règlement portant que tous trt statuts» ordonnances et règlements fatu loci de rétablissement de Tordra de Saint-llidifi par le roi Louis XI etdepuis» seraient isti«>- ■ laUement observés ; une le nombre de cmt qui seraient admis à 1 avenir dans cet ortre serait réduit à cent» outre les clievalien de Saint-Esprit* parmi lesquels il y aurait in ecclésiastiques prêtres âgés de trente oh h constitués en dignités d'abtiés on de charcn principales des e^lites cathédrales et colle* giates* et six offiricrs des compagnies sooieraioes;i condition toutefois qiri's feraiefft les mêmes prouves de leur naissance d de leurs services que les chevaliers mililairei, lesquels auraient seuls le droit de porter l'ordre* de s'en qualifier chevaliers» et de jovir des droits* privilèges et avantages y aliacbèf; taisant défenses très»expresses à tons Ih ai • très, de quelque condition qu'ils fossent«de plus porter la qualité de chevalier ni M( ordre, nonobstant tous les brevets» lettres de oachet et certificats de réception quils asraient obtenus, lesquels Sa Majesté dédara nuls et de nul effet: qu'à l'avenir nul te pourrait être ndmis A l'honn^'or de recevoir cet ordre qu'il ne fût de la relifino catholique» apostolique et romaine» de bonnes mœurs* âgé de trente ans» noble de deux races, et ayant servi Sa Majesté ei l'Etat en des emplois considérables dans les armées» au moins l'espace de dix ans* et ccoi de justice pendant le même temp^, et h cette fin celui que Sa Majesié trouverait capable de recevoir cet honneur* oblien^lra l une commission signée de sa main* contresignée du secrétaire des ordres et scellée do grand sceau de l'ordre de Saint •MichH. adressée au chevalier de l'ordre du Saioi- Eiprit. que Sa Majesié commettrait pour informer des faits ci-dessus et examiner! s {preuves tant de la noblesse que des services: esquelles étant faites seraient mises dans un sac cacheté et scellé du cachet des armes du commissaire avec son avis* et délivrées entre les mains du chancelter des deux ordres, pour en faire rapport à Sa Majesté* laquelle, par l'avis des confrères qu'elle appellerait, ordonnerait ce qui lui plairait sur la réception ou exclusion de celui qui aurait été présenté * et qu'à l'égard de ceux que Sa Majesié jugerait dignes de cet honneur» eilc écrirait au commissaire de leur donner le colliqr ««n la forme ordinaire et accootunée: qu'afin de maintenir cet ordre dans la rès^e et dignité convenable* tous les ans* an joa^ cl fêle de saint Michel, tons les cbevalierv

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afs^mbiêraieiit eo clHipiIre dan« la salle dei ordeliers de la Tille de Paris, à laquelle àà- (mUée présiderait le commissaire nommé ar Sa Majesté, el en son absen* e le plus ncien des chef allers» où, après avoir assisté Q corps à la messe solennelle qui serait ce- ;brée. Ton proposerait el Ton eiaminerail )as les règiemenis nécessaires pour ; réussir; que des délibérations, il serait tenu reislre par celui qui serait commis par le seréiairc des deux ordres; et que les frais qui praieni nécessaires pour la célébration des ifsses et des assemblées seraient pajés sur ^9 deniers du marcd^or, par les ordo.m.mes du chancelier des deux ordres ; qu*aucun n confrères ne pourrait se dii^peuser d*as* ttler au chapitre général, s'il n'avait une icuse légitioie» auquel cas il enverrait prourilion a tel des confrères qu'il aviserait oar consentir el signer les propositions et èlibérations qui seraient prises au chapitre^ la pluralité des vois ; que sir aprèa avoir lé reçu dana cet ordre, aucun des eonfrèree- Imngeait de religion, il serait obligé de re* lettre son ordre entre les mains du doyen es chevalîera sans qu'il pût continaer a le orter tant qu'il ne ferait pas proiessîon de 1 religion catholiouoi apostolique et rolaiae, soas peine d*étre dégradé de noblesse; omme aussi s*il arrivait an'aucun des conrères (It quelque acte dérogeant à la nolase it à la dignité de Tordre de cheralerie, I ferait décho de tous les honneurs el avaniges qui y sont attachés et serait puni selon 1 risueur des ordonnances; qu'aucun des oofrères ne pourrait se dispenser de porter I croix de l'ordre, qui serait de la même jrme el Ggure et plus petite de moitié que Hlf du Saint-Esprit, à rexcepliou de la co- )mbe qui est au milieu, au lieu de laquelle trait représentée en émail l'imago de saint licbel, laquelle serait portée en écharpe avec 0 ruban noir; qu'aux assemblées des cérélonies el attires occasions où Sa Majesté oadrait appeler des confrères de cet ordre, is seraient tenus de se rendre auprès do sa ersoone pour 1 1 servir où il leur serait cornnaodé; que tous les chevaliers et confrères eraieot obligés de porter i'épée, excepté les iX ecclésiastiques vt les six qui seraient de oQipaanies souveraines. EnGu Sa Majesté orotioa a ses ambassadeurs dans les royaumes t pays étrangers, t^e s'informer soigneuse* iteaidu nom, des qualités el des services do eux qui prélendaieul avoir droit de porter es marques de cet ordre, pour, sor les mémoires qui lui en serair ni envoyée, cunflrtier cenx qu'elle jugerait en être dignes } et ependant elle déclara nulles et de nul effet i valeur les expédi.ions que les étranai-rs n avaient obtenues, et les dispensa de 1 oberfaiioo do serment qu'ils pouvaient avoir •lit lorsqu'ils étaient entrés dans cet ordre. )i Majesté chargea ses mêmes ambassadeurs le (aire les instances convenables auprès de l'empereur, des rois, des souverains, répn- ^tiqaes el potentats, dont ceux qui avatenl

(l)rs|.,^UAadttVol., o*i42«

surpris do pareils cerliiicals de réception sa trouvaient sujets , pour leur défendre de sa qualifier à l'avenir chevaliers de cet ordre, jusqu'à ce qu'avec connaissance de cause Sa Majesté leur eût conféré cette qualité, comme supernuméraires et non compris dans le nombre réglé de cent pour ses sujets. Sa Majesté se réservant d'accorder ces grâces honoraires sans limitation aux étrangers qui les auraient méritées par leur naissance et par les services qu'ils auraient rendus à la /couronne. Quoique par ce nouveau rèalement il soit porté que les chevaliers de i or<<i dre de Saint-Michel doivent s'assembler tous les ans en chapitre aux Cordeliors de Paris, et que leur croix doive être att.ichée à on ru* ban noir en écharpe , il y a néanmoins longtemps que les chapitres ncse sont teuus, et ils portent présentement par tolérance la croix attachée à un ruban bleu, à la boutonnière du justaucorps. Nous donnons ici rhabille ment des chevaliers de cet ordro, tel qu'il est représenté à la Sjinte-Chapelle de Vincennés (Ij.

Favin, Théâtre d'Aoaaeur §1 de chêvaUrie. Le Laboureur , Addiiionê aux Mémoirti de Ctiêletnau. Bernard Giostiniaiii, Hi$U di luit. gli Ord. milit. Mennenius, De Belloy, Oormau et Schoonebeck, dans leurs Bist. des Ordres mUilaires. Mczeray, Hût. de France sous Louis XL £lie Ashmole, son Traité de l'ordre de la Jarretière. Francesco Caraccioli, Aupoli sacra ; les statuts de Cordre de Sainte Michel : et les Recherches historiques de Tordre du Sednt^Espritf tom. ill.

Outre ce que fit Louis XIV en faveur de cet ordre, Louis XV lui donna aussi un nouveau lustre, on exigeant que tous ceux qui seraient nommés chevaliers du Saint-Bspril, seraient préalablement chevaliers de Saint- Michel ; voilà ce qui expliqnecette qualification qu'on rencontre de temps à autre : cheralier des ordres du roi, et les statuts de i et ordre furent i éimprimés à rimprimerie royale en 172q.

Louis XIV, en 1665, avait limité le nombre des chevaliers à cen', outre ceux du Saint-Espnli Louis XVllI fixa aussi ce nom« bre par uue ordonnance du 16 novembre

Par cette ordonnance, qui relève cette di« l^nité, abolie comme les autres chevaleries en juin 1790, il est rappelé ou établi que Vordre de Saint^-àiichel est spécialement destiné i servir de récompense vi d'enconragemeni aux Françiiis qui. se distinguent dans les let* Ires, les sciences el las arts, ou par des dé^ couvertes, des ouvrages on des entreprises utiles à r£tal« 11 est égaleneul statué que tonte demande d'admission dans l'ordre est adressée au ministre de la nsaison du roi, qui en fera son rapport à Sa Majesté, et propose celles susceptibles d'être accueillies.

Le grand collier de Tordre était en or, el se eooiposait de coquillesd'argent entrelacent l'une dans l'autre par des alguilleUes d'or. On suspendait au milieu une médaillé repié*

9ffir

DICTIONNAmE DES ORDRES REUGIEUX.

•entant saint Michel foolant ans pieds le dragon. La décoration consistait en une croix d'or à huit pointes émaillées de blanc cantonnées de quatre Henrs de lis d*or, chargées en cœur d*un saint Michel foulant aux pieds le draffon» le tout de eouleor naturelle. Les chef allers portaient sur leur veste un grand ruban de soie noire, moiré, passé de Tépanle droite au côté gauche » auquel était attachée la croit de Tordre.

L'ordre de Saint-Michel tenait comme le milieu entre les ordres religieux et militai* res, comme celui de Notre-Dame du Mont- Carmel et de Saint-Lazare, et les ordres de chevalerie qui étaient simplement militaires, comme Tétait, par exemple, celui des chera* Itors de Saint-Louis. On distinguait, dans l'ordre de Saint-Michel, les chevaliers admis dee chevaliers reçus ; Il y avait aussi A la fin des chevaliers honoraires. Kn 1780, Tannée qui précéda la suppression, il v avait soixan* leHlix-hait chevaliers reçus, dont le dernier (en 1788) était M. Mathieu, maRre de musi* que de la chapelle, A Versailles, et le pins ancien (en 1743) était le marquis de Roux , conseiller d'Etal, doyen de I ordre, et demeurant è Marseille. Il y avait aussi alors douze chevaliers simplement admis. On reçut, en 1783, deux autres chevaliers , et on avait odmîf , en 1788, le baron Chaptal^ qon nous ne vovons point au rang des douze in* diqnés ici. Il y eut deux nominations eu 1790, chM en 1797, une Tannée suivante et une en 1800, faites par les Bourbons en Texil. Bn 1815, au retour du roi, il y eut une seule nomination, et on en compta trente-trois en •1810, qui fut Tannée de la restauration de Tordre, par Tordonnance dont nous avons parlé. Il y eut des nominations les années suivantes, surtout en 1819 et 18S1, m-iis sous le roi Louis XVlll il n'y eut point d'odmtssîott«;ce prince nomma aussi dés 1818 et de» puis des chevaliers honoraires résidant en pays étrangers. Après une interruption de plus de trenle*cinq ans, il y eut à Reims , après le sacre de Charles X, une réception solennelle des chevaliers et commandeurs des ordres du roi. Elle se fit le lundi 30 mai 1835, dans la cathédrale. Avant la cérémonie, M. le dauphin reçut, suivant la règle et l*ttsage, chevaliers de Tordre de Saint-Michel, tous les chevaliers qui allaient être reçus chevaliers du Saint-Esprit. En 1838,11 y eut, le 39 septembre, iour de saint Michel, anni-* f ersaire de la naissance du duc de Bordeaux, convocation do chapitre de Tordre de Saint- Michel, en In iêto patronale de Turdre. Le baron de Ballainvilliers reçut, en qualité do commissaire du roi, le serment des chevaliers nommés depuis la restauration. On comptait, an commencement de Tannée 1830, 95 ciie* vnliers reçus et dix chevaliers honor|Mres. A la Pentecôte, le roi Charles X, ayjmt teno chapitre de Tordre du Saint-Esprit et reçu des chevaliers, admit aussi pcéalablemenl , conformément aux statuts, des eandidatsdans Toctiro de Saint-Michel. Cet ordre a été aboli de fait par la révolution oe juillet 1830.

JHciionnairt du StUncu $celé$ia$iiqu€$ de

Richard. — ilmt rfs la religiom. AtmêMâtk royaux. B-d-b.

MICHEL (Chbvaubrs db Saiut-}. Vog. AirouLB (SAiars).

MICHEL DB MURANO (CoHoaiGATios u Saint-). Fay. Camaloulks, § II.

MILICE DE jfiSUS*GHRlST (CaiVAUtii DB la). Fey. Passion »b Iésus-Cbust.

MILICE DE JÉSUS-CHRIST OU DK U PÉNITENCE (Ordrb bz la) , Tiers Orért de Saini^Domtnique*

Von ne sait point Tannée de i*étaMi>ifment du Tiers Ordre des Frères Précheen,

Sut est connu sous le nom de la Pénitence 4e aint-Dominique. Tous les hisloriens cosviennent que oe saint patriarche de i*ordre des Frères Préeheors établit on ordre «létaire sous le nom do Milice de Jésus-ChnM,

I>our combattre les ennemis de La isi ; mm es écrivains de son ordre ne no«t pas d'ac* cord entre eux si oe fol do vivnnt de ce saint on après sa mort que œUe miliee ma les armes bas, et que ceux qui y étaient esgagés, voulant se conserver en aoeiélé, prirent le nom de pénitents de Saint-Domîaiqsf pour honorer la mémoiro de ieiir saint iaibluteur. C'est ce qui a isrmé In Tiers Ordre des Frères Prêcheurs, qui apparemment a été si peu considérable pendant lesdcvi

{premiers siècles de son étabUsscment, q« 'an lk9à on ignorait mémo quelle était la règle qoe suivaient ceux et eelles qni ) étaient engagés, et qu'on ne savait pent-étrc pas quelle était l'origine de ce Tiers Ordre: c'est pourquoi deux religieux du preauer ordre, soit qu'ils en eussent commissios de leurs supérieurs, ou qu'ils voulussent réia* bllr et faire connaître ce Tiers Ordre, firesi une recherche exacte, en 1^92, de la réfie que suivaient les Frères et Smura de la Pèsi« tenoe de Saint-Dominique, et après are:r apporté toutes les diligences nécessaires petr cela, ils ne purent rien tronrer qui ne lit conforme à ce qu'en avait déjà écrit le béesheureux Raymond deCapone, vingt-deuxlène générai de cet ordre, uans le huitième cfcspitre de la Vie de sainte Catherine, qni araii été do ce Tiers Ordre. i^a/aol,disonl-ib(rrari. de Reg.Têrt. Ord.^ in fine Comei. mrd. PredX univereiê fidelilme^ quatiier ego F. TkemM de Senie una cum Èi. F. Bartholummê de St* ntâ, ninée de erdine Prœdieaêorum^ nane Dpmini 1^S2 Venetiis exieientu ei qmamtmm rt* luimuê diiigeniiie inquireniee de refnk tf êiatu Frairum et Sorarum de Jfîtl*a Jt^* Chrieiif de Peenileniim B. DonUmieifinwmemt qwfntum ad iniiinm ejuedem reqmim ialitir m kaètre^ eieui palet tn le^emda B. Caikerme de Senie eupradieia, capttuia 8, nèi iieiitt' tnr^ etc.

Après un tel témoignage, je ne crois ^ que les religieux de Saint*Dominlqne tr»tvent mauvais que je me conforme, tonrkisi Torigine de leur Tiers Ordre, à ce qa'es a écrit un do leurs généraux, le MenbearMi Uaymoiid de Capoue;et si je pirélère sos sentiment à celui d'un anteor moderaei i*

MIL

MIL

veux dire TAnonyme, religieuc prêtre du grand confenl et royal collège des FF. Prérlieursdela rue Saint-Jacques à Paris, qui en 1680 a donné les règles de ce Tiers Ordre, accompagnées d'explications sur chaque chapitre et de quelques obsprvatioos contenant l'histoire de ce Tiers Ordre.

Le bienheureux Itayraond de Capouv, parlant donc de l'origine de ce Tiers Ordre» dit quesalnl Doonnique^tant par lui que par ses religieux, triompha d'un grand nombre d'héreliques, tant en France qu'en Lombardie, ((que dans la Lombardie seule il y en eut plus de cent mille qui furent convertis par sa doctrine et par ses miracles, comme on le prouva en présence du pape Grégoire IX, dans le temps de sa canonisation. Cet aoleur attribue la cause de tant d*hérésies A la paorreié où étaient réduits la plupart des prélats de l'Eglise» dont les biens avaient été usurpés par des laïques et rendus héréditaires dans leurs familles» ce qui faisait que les hérétiques se souciaient peu des censures ecclésiastiques qui n'étaient pas accompal^nées de la force et de la puissance pour les faire exécuter.

Cétaitprincîpalemcntenitalicquerégnaient ces désordres; c'est pourquoi saint Dominique, animé du zèle de la gloire de Dieu» voulant conserver les droits de l'Église et lui faire rendre les biens qui lui avaient été enlevés par les hérétiques, assembla quelques laïques pieax et dévots, et» étant persuadé de leur vertu et de leur courage, il eu forma une milice» dont le principal soin devait élre de recouvrer les droits ecclésiastiques qui avaient été usurpés, de les protéger» et d'employer aussi leurs armes pour la destruction de rhérésie. Il faisait prêter serment à ceux qui s'engageaient dans cette milice, de s*employer de toutes leurs forces à ces bonnes œuvres, d'exposer leur vie pour ce sujet et même leurs biens, et» a6n que leurs femmes ne les empêchassent pas d'exécuter leurs promesses, il les faisait aussi jurer qu'elles ne s'opposeraient pas aux bonnes iotenlioni de leurs maris, et qu'au contraire elles les assisteraient de tout leur pouvoir. Il donna le nom de Milice de Jésus-Christ à cette société ; et, afin que ceux qui s'y engageaient fussent distingués des autres laïques par quelques marques extérieures» il ordonna tant aux hommes qu'aux femmes de porter un habit noir et blanc, f.iit de telle sorte que quelque forme qci'ils donnassent k leur habillement, ces deux couleurs y parussent toujours (1), el il leur prescrivit aussi certaines prières |.our les heures canoniales. Saint Dominique, ayant ainsi établi cet ordre militaire» icourul quelque ti mps après, et le grand nombre des miracles qu'il Gt après sa mort le Ot meltreau catalogue des saints par le pape Grégoire IX» l'an f23V.

Les Frères el les Sœurs de la Milice de Jésus-Christ, voulant aussi honorer d'une manière particulière la mémoire do leur instituteur que, rEglisevenaitdereconnaitrecomme

saint, résolurent de changer le nom de Milice de Jésus-Christ en celui d * Pénitence de Saint-Dominique. Ce qui les porta à ce chan* gement fut que leur milice ayant été établie

tour combattre à main armée contre les érétiques, et l'hérésie étant presque éteinte, les armes matérielles leur devenaient inutiles pour combattre à l'extérieur» et ils ne devaient plus combattre qu'avec la pénitence et la mortiflcation conire leurs propres passions ; ce fui donc la raison qui leur fit prendre le nom de la Pénitence de Sainl*Dominique. Leur nombre s'étant augmenté, et le bi(*nheureux Pierre Martyr, qui fut toé par les hérétiques, étant entré dans cette société, son sang, qu*il répandit pour la défense de la foi» acheva de détruire entièremeni l'hérésie; car ce saint martyr remporta plus de signalées victoires sur les ennemis de l'Eglise après sa mort par ses miracles» qu'il n'avait fait pendant sa vie; ainsi cette Milice devint entièrement inutile, la cause pour laquelle elle avait été établie ayant cessé.

Les hommes uui étaient entrés dans cette Milice étant décédés» leurs femmes n'osaient plus se remarier, et voulurent persévérer jusqu'à la mort dans l'état qu'elles avaieat embrassé. Quelques femmes veuves qui n'é« talent pas de cette Milice, el qui avaient aussi résolu de persévérer dans leur viduilé» se joignirent à ces Sœurs de la Pénitence de Saint-Dominique, elles pratiquèrent les mêmes observances pour rexpiation de leurs péchés, *et se multiplièrent peu à peu en plusieurs endroits d'Italie. Elles eurent recours aux FF. Prêcheurs pour I ur apprendre la manière de vivre qui avait été prescrite par saint Dominique; mais comme el'e n'avait pas été Jusqu'alors rédigée par écrit» le P. Munio de Zamorra» Espagnol de nation, septième général de Tordre des Frères Prêcheurs, mit par écrit la ««'tnière de vie que les Frèrei et Sœurs de la Pénitence de Saint- Dominique suivent à présent, et qu'ils appellent règle.

C'est de cette manière que îe bienheureux Raymond de C spoue décrit l%irigine et le progrès de cette société de la Milice de Jésus- Christ, et de celle de la Pénitence de Saint- Dominique à qui l'on a donné depuis le nom de Tiers Ordre deSaint-Dom'nique; et il me semble que l'on doit s*en rapporter plutôt à on général de cet ordre illustre des Frères Prêcheurs, qu'A un particulier du même ordre» qui, pour donner au Tiers ordre de Saint* Dominique la préséance au-dessus de celui de Saint-François, dit que ce fut du vivant de saint Dominique mémo que les frères et sœurs de la Milice de Jésus-Christ quittèrent ce nom pour prendre celui de la Pénitence de Saint-Dominique, et qui rejette» et le témoignage du bienheureux Raymond do Capouc» et celui de res deux religieux, qui, après une exacte recherche qu'ils firent eu l»22 de l'origine de ce Tiers Ordre, certifient qu'ils n'ont rien trouvé qui ne fût conforme à ce qu'en avait dit ce général dans la

(I) V^., s U Au du vol., Q* 3i3.

DlCTI0Xt«AlRB DBS OrDRF.S RELIGIEUX. II.

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Vie de sainte Catherine de Sienne. Cependant ce« témoignages semblent être aatori*és de tnal l'ordre des FF. Prêcheurs, puisqu'ils se trouvent imprimés à la 6n des constitutions du premier ordre dans un p^lit traité 3ui a pour titre : Tractaius de iniiio ei /tinati^nê RtguL Frntrum tt Sororum de AÊily tia Chrhti^ de Pœnitentia êantli Dominici^ $eu Tenu Ordinis.

Ce religieux anonyme, parlant de plusieurs personnes de ce Tiers Ordre qui ont souffert le martyre dans le Japon (La manxire de $e donner à Dieu, etc. ^ p. tô6), leur donne l« nom de Frèn-s du premier T.ers Ordre de la Milice de Jésus-Chrisi, el dit qu'il 7 a lieu de croire qu'ils ont obtenu Thonneur du martyre de In fol, et la gloire d'être Frères du premier Ttei s Ordre de la Milice de Jésus-Christ par le mérite de leurs mortiflcations précédentes dans le second Tiers Ordre ao ta Pénitence do Saint-Dominique. Il semble en cet endroit que cet auteur, contraint par la force de la vérité, reconnaisso l'ordre de la Milice de Jésus-Christ et celui de la Pénitence de Siint^omi nique oomoie deui ordres différents , comme en effet ils le sontv puisque le premier était un ordre mi- Ijtaîre, et le sr coud un véritable Tiers Ordre, nommé de la Pénitence, à l'Imitation décelai de Saint-François, qui était déjà établi. Cependant cet auteur témoigne en plnsieurs endroits que ce n*esi pas son Intention d'en faire deux ordres différents» et c'est en quoi ie trouve cette manière de s'expliquer assez porticutière; car on n*a jamais dit, en faisant un compte, on premier troisième, un second Ir isième ; et ce qu'il appelle second Tiers Ordre devrait être appelé quatrième ordre; car saint François ayant fondé son Tiers Ordre, on no lui a donné ce nom que p:irce qu'il était le troisième, qu'il cUil précédé de celui des Sœur^i Ciarisses, qui était ie second, et qui n'avait été étallt qu'aptes ci'lui des Frères Mineurs, qui est le prvmir; c'est pourquoi l'Kglise chante dans l'office de oe s'dïtiiiTre» ordinet hie ordinat^ primumque Fralrum nominal MinorwVf Pauperumque fil Dominarum médius, sed Pœnilentium terlius êexum eapii ulrumque^ et s'il en avait institué un quatrième» ou l'aurait sans doute appelé le quatrième ordre, et non pas le se« cund lirrs ordie.

Ce o*est point la pratique tie nommer dos ordies militaires des tiers ordres; si cela était, il y aurait bien des tiers ordres dans h*s ordres de Saint-Basile, de Saiut*Augu&t:n et de Sainl*Bcnult, puisqu'il y a plusieurs Drdrcs militaires qui ont suivi leurs règles, rt quoique l'ordre militaire de la Conception iW la sainte Vierge ait été sous la règle de Saint-François, on ne le qualifie pas pour cela de hccond tiers ordre de Saint-François. Ainsi le Tiers OrJre de la Pénitence de Saint- Dominique n'est appelé Tiers Ordre que pour avoir été établi aprùs celui des Frètes Prêcheurs et celui des religieuses.

Je ne crois pas qu*au< un homme de bon sons convienne que le Tiers Ordre do la Pénitence de Saint- Dominique soit plus ancien

que celui de Saint François» parce qoe ta règle que suivent les Frères et Sœun de celui de Saint-Dominique est plus obscure que celle des Frères et Sœurs du Tiers Ordre de Saint François, comme le remarque racore l'Anonvroe» qui, après avoir montré U conformité de ces deux règles, tant dans lliabillement que dans les je Anes et les abstinences, ajoute : Considéranl omuiie tes or ade$ obêcuriléi de ta règle de notre Tien Orùt en certains endroils qtn se trouvent nc/if» ment expliquéeê en celle du Tien Ordre di Sainl-Françoii, je ne doute point que, en deux choses considérées^ tout hosnme de ben sens qui ne sera point prévenu ne convimst avec moi que la règle du Tiers Ordre de Satai* François n'ait été faite par tui-mêtne ou par d'autres sur le modèle de la nôtre anléri-vre, atec les éclaircissements de ce f 11*011 y « trouvé d'obscur pour les paroles ou de diffciti pour i'usage el la pratique.

Mais où était-elle cette règle de Sainl-Dominique, pour qu'elle e&t pu serrir de omh dèle A saint François, lorsqu'il a composé la sienne ? Est»îl possible que, dams l'ordre des Frères Prêcheurs, on n'ait point cooservé Toriginat de cette règle, on du moiss quM ne se soit point trouvé un religleni qai en ait tilt une copie ? Hais on n*avait garde dVo faire dus copies, puisque, bien loiu qoe saint Dominique eât donné one règle pir écrit aux Frères et Sœurs de ce TIer» Ordre, c'est qoe ce mémo ordre ne fat établi qaV prés sa mort, et que les règlements qu'il avait faits poar ceux qui s'engageaient dass l'ordre de la Milice de Jésus*Cbrist n'avaîrsl été donnés que de vive voix, et ne roasi»* talent, comme nous avons déjà dit, qu'en os certain nombre de prières q l'ils devai^ot dire, dans le serment qu'ils deraient faire, et dans la couleor de l'habillemenl qui défait être noir et blanc ; et lorsque le Tien Ordre se fut multiplié par le moyen des persoaoes qui l'embrassèrent, ces personnes demaodèrent aux religieux do premier ordre qtii demeuraient en Italie, quelle était la ma* niérc de vivre que saint Dominique a^ail prescrite pour ce Tiers Ordre. Mais ils a<; purent pas le leur dire, puisqu'il ne s'ea trouvait rien par écrit ; c'est pourquoi Munio de Zamorra, septième gétiéral de Turdre, leur écrivit une règle qui est la même qoe c lie qu'ils observent aujoord'tiui ; c'est ce que dit le bienheureux Ravmond de Capooe en ces termes {Vit. S. Calkar. cap. 8} : isée paulatim crestenies in diversis lialim portiéuf , coegerunt Fratres Prœdicatores iiiVf« morantes ad informandum tas de mode rt* vendi qui a B. Dominico fuerat iMliiotiu: quia vcro iile modus scriptus non erat, quidam M. G. qui totius ordinie curam gfreip--t spptimu*^ vocalus F. Munio, nations Bitpr^ nus^ modum illum v!tendi re irgit in scriptif quem hodie habenl et vuigariier regulam r^ cant. il est à remarquer que Raymond de Capoue ne dit pas que le général Munio rédigea p;ir écrit la manière de vivre el le* règlement!) qui avaient été observée ju^io^là daus ce Tiers Onire, et que faiot Pooii-

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nique araît preserilSi mais qu*il leur donna par écril une manière de vivre qn'elles obfcr? enl à présent^ tinx/um i7/am viitendi re-degit in $cripii$ quêm hodie habeni ei vulgariter regulam appellanL

Uais peul-élre que cVit inulilemenl qui* nous apportons le témoignage du bienheareux Raymond do Capoue, puisque TAno* iiyroe le rejette, aussi bien n*élait-il pas reconnu pour général par les Français, puisque c'était durant le schisme ; c'est pourquoi il lui en faut donner d'autres : c'est celui de Michel Pio, qui, dans les Vies des hommes illustres de Tordre de Sainl-Dominiqoe, parlant do général Munio, dit qu'il composa la règle que le Tiers Ordre observe à présent, compoie la regola^ channo il présente quelli del Terzo Oïdine. Et Vincenl-Marie Fontana, dans ses Monauicnts duminicains, parlant aussi du même général, dit qu'il prescriul, Tan 1285, une rè^le aux Frères du Tiers Ordre de Saint-Dommique : Fratribui Tertii Ordinis 5. Dominiei Munio regulam prœicripsit. Ainsi ce n'est point saint Do.ninique qui a donné au Tiers Or.!re qui porto son nom la règle qu'il suit à présent, c'est le créoéral Munio de Zamorra qui la composa l'an 1285, et par conséquent elle n'a pas pu servir de modèle i saint François pour composer U sienne, puisqu'il était mort en 1226.

Les historiens de Tordre de Saint-Domi* nique ont même bien de la peine à accorder leurs propres sentiments louchant Torieine de leur Tiers Ordre ; car Michel Pio (Ilist. délia nobile prog, di san Domenico)^ après avoir rapporté Topinion deCastillo, qui prétend que saint Dominique ne l'institua qu'après son retour d'Espagne à Uome, ce qui tie peut être arrivé, dit-il, que Tan 1219 ou 1220, ajonlo que c'est aussi son sentiment, quoiqu il ait parlé dans un autres endroit d'un

f>ritilégc accordé par le pape Honorius III, 'anl2n, aux Frères du Tiers Ordre de Saint- Dominique. Il était donc inutile après cette rétractation de rapporter dans toute sa teneur la bulle de Grégoire iX, du m des c w lendcs d'avril 1228, qui confirme ce privilège accordé par Honoiius I!I, non pua nux Fn>> res du Tiers Ordre de Saint- Dominique , comme plusieurs écrivains de cet ordre le prétendent , mais aux F;ères du Tiers Ordre de Sariit«François, qui ont toujours été appelés absolument par les souverains pontifes, depuis leur première insliiution jusque présent, les Frères de la Péoitence, et non pas les frères de la Pénitence de Saint-François, comme il est marqué par cette bulle de Grégoire IX, qui est /idressée Fralribus de Pœ^ nitentia per Italiam consiitittii. Et les relifiieox de la Péttitence de Jésus-Christ, qui âiaient plosteurs maisons en Italie, auraient eu plus lie droit de s'attribuer cet^c huile, que n'eo ont en les Dominicains de Tnitri* lu/r auK Frères de lenr Tiers Ordre, comme a Taii encore l'Anonyme du couvent de la rue S.ibit-Jacquc», qui la met au rang des I nviiéges accordés à ce tiers Ordre, et qui (tu que le pape Uonorius III accorda par ce privilège aux Frères et Sœurs de la Téni-

tence de Saint -Dominique l'exemption de toutes charges publiques, comme tailles, dlme^t, passages et logements de gens d<^ gurrre, dans toutes les terres db TEtat ecclésiastique, comme si TItalie ne comprenait que t'£tat ecclésiastique , ce qu'il entend par Ct!s mots , per univenam Italiam cotiêtitutis*

Ne faut-il pas avouer que les Frères et \en Sœurs de ce Tiers Ordre de Saint-Dominique jouiraient d'un beau privilège en Italie, s'il éiait vrai que les papes Honorius III et Grégoire IX les eussent exemptés de payer les tailles, les dîmes et toutes sortes d'imposilions? Toutes les villes e( les villages d'Italie auraient sans doute voulu être de ce Tiers Ordre, pour jouir du même privilège et ne rien payer. Mais ces souYerains pontifes n'avaient garde d'accorder un tel privilège à ce Tiers Ordre en 1217 et 1228, | uisqu^il ne fut institué que Tan 123^, après la canonisation de saint Dominique.

Les Frères du Tiers Ordre de Saint-Fran* cois à qui cette bulle était adressée. Fratrie bus de Pœnitenîia par Italiam eonstilutis^ n'étaient pas de même sentiment que ceux du Tiers Ordre de Saini-Dominique, ils auraient cru nu contraire qu'il y aurait eu de l'injustice de demander de telles exemptions, puisqu'ils étaient tenus comme séculiers (car ce n'était pas des réguliers qui étaient déjà établis qu'il s'agissait) de contribuer aux impositions et aux charges publiques; mais comme on les chargeait plus que les autres, à cause du nouveau genre de vie qu'ils avaient embrassé, ils demandèrent, en ce qui regardait les impositions, de n'eu pas payer plus que les autres habitants des lieux où ils demeuraient : c'est ce qui est marqué dans la même bulle, que l'Anonyme n'a pas lue sans doute : Vnde nos humiliter supplica^

stis, ul vobis misericorditer dignaremur

fie plus quam testri cites impositions onerum aggravari possitis.

Il est donc inutile d'alléguer des privilèges en faveur do Tiers Ordre de Saint Domini-» que avant Tan 123^, puisqu'il ne fut établi qu'après la mort de saint Dominique, lorsque le pape Grégoire IX le cananisa« et qu'il a été fondé sur l(*s débris de celui de la milice de Jésus-Christ qui était devenu inu* t. le, comme le rapporte le bienheureux Uaymond de Capoue. La règle que le P. Munio de Zamorra é.rivit pour les Frères et Saurs de ce Tiers Ordre ne fut approuvée par le pape Innocent VU que Tan \kO^^ et fut cou» firmée par Eugène IV Tan U3}. Il y a dans ce Tiers Ordre des filles qui font des vœux solennels, et sont véritablement religieuses; elles ont plusieurs monastères et leur habillement est scmblaMeà celui du second ordre; elles n'ont pas tant d'austérités, car elles peuvent porter du linge et manger de la viande trois fuis la semaine. Selon la règle, illes ne devraient porter que des voiles blancs, mais il y a plusieurs monastères où elles en portent de noirs. Il y a aussi plusieurs villes d'Iialio où il y a des personnes de ce Tiers Ordre habillée i en religieuses» quoiqu'elles demeu-

OICTIONNAIRR DES ORDRES RELIGIEUX

rî

rent dans leurs maisoni particoUèrcs. Il y a eu dans ce Tiers Ordre deux saintes cano* iiisée$, savoir, saînle Caiherino do Sienne et sainte Rose de Lima, et plusieurs bien* heureuses, comme lugride de Suède, Marguerite de Hongrie, Sibylle de Pavie, Margu<Ti!e du Château , Colombe de Hieti , Ozanne de Uanlouc, Marguerite de Savoie, Luce la Chaste, etc.

Le P. Ronanni, de la compagnie de Jésus, dans 800 Catalogue des Ordres religieux , parle de certaines religieuses Tierciaires de l'ordre de Saint-Dominit|ue, instituées f^ar le P. Jérôme Piccini, Vénitien, reli$;ieux dominicain. Mais comme dans un endroit il dit que ce fui l*an 1G83, et dans un autre que ce fui Tan 1678, nous ne pouvon» rien dire de certain touchant le temps de celte institution, sinon qu'elle se fit a Conégliano dans la Marche Trévisane, et que la première religieuse fut la Mère Hyacinthe Dosso, Vénitienne. Elles curent encore un monastère à Macérata, Tan 1690, dont Téglise fut dédiée sous le titre du Saint^crement, ce qui a fait donner aussi le même nom à ces religieuses, quoiqu'elles n'aient que la règle du Tiers Ordre de Saint-Dominique. Leurs constituii(»ns sont néanmoins (rès-auslères, car elles ne portent que des chemises de serge , ne dorment que sur des paillasses, le plus souvent sur des planches ; elles ne mangent jamais de viande, sinon dans les maladies par ordre do médecin ; elles jeûnent sept mois de Tannée, elles ont deux heures d*oraisoa mentale. Chaque jour elles se lèvent la nuit pour dire matines, et il y en a toujours quelques-unes en prières devant le saint Sacrement. Quoiqu'e'Ies ne s'engagent pas par vœu à la clôture, elles Tobservenl néanmoins fort rigoureusement, et elles ne parlent jamais à la grille que le voile baissé. Leur habit est semblable à celui des autres religieuses de l'ordre de Saint-Dominique, sinon qu'elles ont des sandales de bois. Quelques-unes mettent des bas, et d'autres vont les pieds nus«

' Voyez Hernando de Castillo, Juan Lopez» Aniou. Remesel, Hisi. dtS. Doming. y de su orden. Thomas Haluend,.iinna/. Prœd. Gio Michel Pio, Délia nobiL progen. de S. Dôme' nie. Vincent Mar. Font.» Monument, Domi" nîc. Traetat, de initio et fund. Rrg. FF. et Sorlde Militia Chriili de Pcenitentia S. Do^ minici $€u Tert. Ord. in fine. Comt, ord. Prœd. La manière de re donner à Dieu dam le siècle^ ou le$ Règles du Tien Ordre de ta Péniltnce de Saint-Dominique^ par un religieux prêtre du grand couvent et royal collège desFP. Précheurif etc. Philip. Bonanni, Catalog. omnium ord. religios. part, ii, m et IV.

Noos dirons au Supplément l'élat du Tieri Ordri; de Sainl-Dnminique actuellement en France, où il a été modilié par le R. P. Lacordaire. B-d-b.

UINBURS (Clircs Réqulikrs), arec la Vie

desVV.PP. Auguetin Adorno, Franfeu et Augustin Caraccioli, leurs fondateurs.

Si les Cli*rcs Réguliers Mineurs ne peovett faire remonter l'origine de leur coagrég alios que vers la On du xvi* sièrle, ils préleodett au moins qu'elle a été prédite plus de trois cent cinquante ans auparavant par l'abbé Joachim, et que c'est ae |(*ur ordre qu'il s voulu parler, lorsque, d.ins ses Commentaires sur l'Apocalypse, il a dit : Surget enim ordo qui videtur no tus et non est^ induit nigris veslibus^ et aecineii desup»r xona. Mail comme Ton n'ajoute pas bt^aucoop de foi sax prophéties de Tabbé Joachim, nous passeroni sous silence l'appication que Ica Clercs Ré-

Suliers Mineurs font à leurorJre des paroles e cet abbé, aussi bien que certaine aal^ê prophétie d'un saint Emilien, prêtre, qui rivait en Espagne, à ce que l'on prétend, ven le vr siècle, qui, selon les historiens de crt ordre, se recommandait en esprit aou sapér'enrs de Tordre futur des Clercs Régalien Mineurs, les priant de le vouloir admettra parmi eux ; et c'est pour cette raison qoMs dépeignent ce saint avec leur babillemeal. Ainsi en est-il de plusieurs ordres qui prétendent avoir des antiquités chimérique».

Ce qui est certain, c'est que Jean- AogQttis Adorne, de l'ancienne famille des Adorns de Gènes, fut le fondateur de la congrégatios des Clercs Réguliers Mineurs. Les particularités de la vie de ce saint fondateur de, ois m naissance jusqu'à l'établissement de son ordre nous sont inconnues. C'est sans aucus fondement que M. Hermant a dit, dans sos Histoire de l'établissement des ordres reli*

5ieui,queJean-AugostinAdorne,étanteoi^e e se consacrer à Dieu dans la religion, r hoisil l'ordre des Frères Mineurs, dans lequel il estra et d'où il sortit depuis. Les mémoires qai m*ont été mis entre les mains avec 1* litre intitulé: Délia venerabilo religions de Chiena Minori, imprimé à Lesse en 1647» n'en foot point mention, et nous apprennent senlemeol qu'Adorne retournant de la cour d*E5pague et passant par Valence, le bienheureut Loois- Bertrand, de Tord.e de Sainl-Duminique, w jeta A genoux devant lui, en disant à c^'Ot qui étaient présents qu'il devait être le foodaleur d'un ordre qui serait trùs-utile à rk>-

Î lise, ce qui pourrait être arrivé vers Vin 585. Adorne né songeait poiut pour lor» a 1)rendre l'habit ecclésiastique, mais peu âpes a grAce, faisant impression sorsoacoBnr.le porta A renoncer aux vanilé^t da siècle poar s'employer an service de Dieu et au salotis prochain : il prit les ordres sacrés et fol honoré du sacerdoce.

Ce fut pour lors qne, voulant remplir les devoirs de son ministère, il travailla «vrc beaucoup de xèle par ses exhortations an mlut du prochain, et se sentant inspiré de IM de fonder un nouvel ordre religieux, doal le principal insiiiut fût de mêler la vie actifs avec la contemplative, il se retira verslo^ seit de Vallombreuse en Toscane, oà pe** dant quarante jours il se disposa A eiétater cette entreprise par des jeûnes coalîaeebi

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des péiiilenccs cl des mortifications surprcnanles.Btant allé ensuite à Naples» et priant un jour avec fervear dans régiîse des Incurables pour que Dieu lui fit connaître plus particulièrement sa volonté, il se sentit intérieorement pressé d*eiécuter soo dessein, et il loi sembla même que Dieu lui commandait de le faire» et aa*ii lui en prescrivait les moyens. H ne douta plus que ce ne fût la volonté de Dieu, lorsque deux personnes d'aoe des plus illustres maisons de Naples, qui furent François et Augustin Caraccîoli, te furent jointes à lui pour Taider dans sou eoireprist*. Il alla à Rome avec François Caraccioll pour obtenir do pape Sixte V la pprroisiionde fooder sa congrégation. Plusieurs prélats cl quelques-uns de leurs parents, saciiant qu'ils étaient proche de Kome, envovèreol des carrosses an-devant d'eux; mais, pour éviter ces honneurs» ils se détournèrent et entrèrent dans cette ville par une autre porte; ils allèrent même demander Taumêno aui Capucins» et furent fort contents de se trouver avec les pauvres à la porte de ce couvent et de manger avec eut*

Le crédit qa*ils avaient à Rome par le moyen de leurs parents et de leurs amis flt qQ*ils obtinrent du pape ceqa*ilsdemandaientt et ce pontife leur accorda, le 1*' juillet 1588, uo bref par lequel il leur permettait d'ériger une congrégation de Clercs Réguliers, défaire des vœux solennels, d'élire un supérieur, et de prescrire des règlementspour le m.iinticn de celte (ongrégation. Il les reçut sous la protection da saint-siége, et comme ce pape avaitété Frère Mineur, il donna à ces Clerc4 Régulier& le nom de Mineurs, quoique Tinlentioo d'Adorne fût de leur donner celui de ilfanant, i cause de la dévotion qu'il portail à la sainte Vieri^e. Ils retourné, ent ensuite i Naples, où ils jetèrent la même année les fondemealsde cet ordre dans l'église de Sainte- Agnès. Grégoire XIV leur accorda, l'an 1591, tous les privilèges d.nl jouissaient les Théatins, Clément VUl les confirma dans la suite. Paol V les Qt participants do tous les privilèges qui avaient été accordés par ses prédécesseurs aux autres ordres religieux, et ils ea ont encore reçu d'autres dans la suite.

Adorne^ après l'élablissementdesa congiégailoQ, pratiqua toutes lei vertus dans un degré éminent. Ses austérités étaient grandes, son humilité profonde, son oraison presque continuelle, employant ordinairement sept on huit heures à l'oraison mentale; mais où il faisait paraître plus de dévotion, c'était lorsqu'il célébrait la sainte messe, employant aussi beaucoup de temps à s'v préparer et à faire son action de grâces. 11 essuya beaucoup de fatigues pour ragraiidissemenl de son ordre. Il fot en Espagne pour y faire des établisseneots, mais ce fut inutilement A cause des contradictions qui i*y Iroufèrent pour lors, et ce ne fol qu'après sa mort que ses religieux j sont entrés et y ont ob!eou pluaieurs maisons qui sont divisées en plusieurs provinces* Comme il ne faisait ses voyaaes qu'A pied et en demandant l'aumône, ses fa- Ûguca jointes à ses austérités abrégèrent ses

jours; car, n'ayant encore que quarante ans, il mourut à Naples, le 21 septembre de Tan 1591, après avoir vécu dans sa congrégation deux ans et demi.

Après la mort de Jean-Augustin Adorne, François Caraccioli prit le gouvernement de l'ordre, qui s'agrandit notablement par son moyen, ayant fait plusieurs fondations en Italie et en Espagne. Il atait on zèle infatig?ible, il était toujours occupé A la prédiratiou ou A la confession, et il fit un grand nombre de conversions. Quoiaue élevé A la qualité de chef de son ordre, il se regardait comme le moindre de ses frères, et ce fut cette humilité oui le fit renoncer A la supè« riorité, qooiqu il eût été élu général perpétuel. Il s'exerçait aux emplois les plus vils. H aimait si fort la pauvreté que lorsqu'il voyait quelque religieux qui avait une méchante robe, il la lui demandait anssitAt pour s'en revédr, et il lui en donnait une bonne. Il inventait tous les jours do nouvelles austérités poar mortifier son corps. Il demeura plusieurs mois sous un ef^calier, où A peina il pouvait s'étendre. Il portait jour et nuit une ceinture de fer, Il dormait sur des planches, il jeûnait trois fois la semaine, et toutes les veilles des fêtes de la Vierge au pain et A l'eau; et il prenait la discipline toutes les nuits. Enfin, après avoir été en pèlerinai^n A Notre-Dame de Lorette, et retournant A Naples, il passa par Agnone dans rAbruzze,où on lui onrit un établissement. Il y tomba malade chez les PP. de l'Oratoire et mourut le i juin 1608.

Le troisième fondateur, Augustin Carac^ cioli, quitta une riche abbaye pour se ioiitdre aux deux autres fondateurs. Il les Imita dans toutes les vertus, principalement dans la pauvreté. Son humilité était si grande, qu'il ne voulut point accepter la charge de général de Tordre; et, sur la proposition que lui fit on cardinal d'ua évéché qu*il lui voulait procurer, lise jeta aussit6t A genoux elrenou* vêla lequatriètne vœu qui se fait dans cet ordre de ne prétendre A aucune dignité, il voulait toujours dépendre d'un supérieur. Ce fut l'obéissanee qui lui flt accepter Toflice de préfet et les autres emplois dont les supérieurs le chargèrent, et il mourut le 28 mai 1615, étant Agé de soixante ans.

Cet ordre a présentement plusieurs mai* sons, qui sont divisées en quatre provinces, dont il y en a deux en Espagne, sous le titre de provinces de Casiille et d'Andalousie, et deux en lia ie, sous le titre de provinces do Naples et de Rome. Le général était d*abord perpétuel, ensuite il s'élisait tous les six ans, mais le pape Alexandre VII ordonna qu'il serait A ravenir perpétuel comme il l'avait été dans lecommencemenL Ces religieux ont dans plusieurs villes deux maisons, comme A Rome, A Gènes et A Païenne ; et dans d'autres trois, comme A Naples et dans quelques villes d'Espagne.

Leur principal institut consiste dans les exercices de la vie active et contemplative ; comme nous avons dit, ils font quatre vœux solennels, de pauvreté, de chasteté, d'obéis-

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

sance et de ne prétendre 4 aucune dignité hors de la religion. A ces quatre yœux ils njoulenl un serment de no prétendre à aucune dignité daiT^ l*ordre, et tous les ans, ia veille de l'Epiphanie, ils renouvellent leurs ¥œux. Ils ont une heure d'oraison p:ir jour, le matin et le soir, el tour à lour ils font une heure d*orai<ion ^u ils appellent l'oraison circulaire. Deux fois le jour ils font l'examen de conscience, ils s'emploient à la prédicatioa el à la confession dans leurs proj^res églises, et iU font encore des missions. Ils visitenlles prisons et les hôpitaux, el, tant de jour que de nuit, il y en a toujours quelquesuns qui sont destinés pour aller assister les malades, lorsqu'ils y sont appelés. Ils no mangent de la viande gue trois fois la semaine, et, outre les jeunes commandés par l'Eglise, ils jeûnent encore l'avent, les deux derniersjours du carnaval et tous les vendredis de Tannée^et ils prennent encore ces jourslàladiscipline.OutrecesmortiGcations.iliiont encore une manière de pénitence qu'ils appellent aussi circulaire. Tous les jours, hors les fêtes do précepte, il y en a un qui porte le cilice, un autre qui prend la discipline, et un qui jeûne au pain et à l'eau, lequel est obligé de porter sa pitance du réfectoire à un pauvre, auquel il doit faire quelque îns*truction.

Ils ont des maisons de quatre sortes. Il y en a qu'ils appellent maisons d'exercices» ou 1*00 s'occupe à procurer au prochain toutes les assistances spirituelles dont il a besoin, d'autres qui sont destinées pour l'éducation des novices, d'autres sous le titre de collèges, où l'on enseigne toutes sortes de sciences, non-seulement à leurs propres religieux, mais encore aux personnes du dehors qui veulent venir à leurs leçons. EnGn ils ont des maisons qu'ils appellent ermitages, où ils vivent dans une grande retraite et dans la pratique de l'oraisun et de la pénitence la plus sévère, el, aGn de n'être point troublés dans leurs exercices, l'église de ces sortes d'ermitages est dans Tintérienr de la maison, et rentrée en est interdite aoi séculiers^ Les supérieurs ne peuvent pas contraindre aucun religieux è y aller demeurer, il n'v a que le zèle, la ferveur et le désir d'une plus crande perfection qui portent les religieux a vivre dans ces soliiudes, et ils doivent en Abtcnir la permission des supérieurs. 11 y a de ces sortes d'ermitages hors (a ville de Nap|i.>8 et hors la ville de Lisbonne, et il y a peu de bonnes villes et d'universités en Espagne où ils n'aient des collèges.

Cette congrégation s'est augmentée eneore sons le gouvernement du P. Pax, qui en a été général et qui a fait des établissem nts nouveaux, deux en Italie, à Pistoie dans la Toscane, et à Saiat-Genest dans la Marche d'Ancûne, et d*autres en Espagne, comme à Valence el en d'autres villes de ce royaume où ces religieux sont fort estimés. Le pape Clément Vlll les recommanda à Philippe 11 lorsqu'ils voulurent faire leur premier établissement dans ses Etats, et Philippe III, sachant qu'ils voulaient s'établir dans le duché

d'Urbîn, les recommanda an duc d'Drbtn« %, de la Uovëre , qui non^seulement les élabla è Castel-Dorante el à Pesaro, maïs leur dooas encore sa bibliothèque composée de plus 4c trente mille volumes.

11 y a eu dans cet ordre plusieurs écrivâios célèbres, comme le P. Raphaël Afer>a û Saint-Severin au royaume de Naples,qai, sotis le pontificat dlnnocent Xet celui d'i« Ittxandre VII, fat consulteur des Rites et de VJndex^ et qualificateur du Saint-Office: il refusa les évéchés de Nocera et de Nardi. Le P. Philippe Suadagnoli enseigna pendsol plusieurs années Farabe dans le cMèf de la Sapience à Rome ; il laissa quelques m»vrages en cette langue, qui forent imprimés par ordre d'Urbain VIIL Le P. Laurent d« Pont, neveu du pape Léon XJ, a bit des commentaires sur le livre de la Sagesse el l'Evangile de saint Matthieu. Le P. Âaloiae Para a donné deux volumes de théologie scolastique. Le P. Antoine Rosendea traTaillé sur la même matière. Les PP. Biaise Vaien, Jérôme Prado, Antoine Vasquex et Jéréne Salcedo ont donné quelques histoires ; le P. Thomas Uurtado, Espagnol, a laissé treize volumes de scolastique et de morale. Le P. Emmanuel Felguera en a donné trois sar le droit canon et la théologie morale, le P. Benoit Remy, neuf volumes sur différentes matières, le P. Jean de Giievara a aussi taisM plusieurs volumes sur didèrentes matières: je passe sous silence les autres, qui sont es trop grand nombre.

Il y en a eu aussi plusienrsqui se sont distisgués par la sainteté de leur vie, comme le P. Eugène Hurtado, Vincent Siribella, Joseph Imperato, qui aida beaucoop le P. Français Cnraccioli dans la fondation des cosvsnis d'Espagne et refusa Tarchevêché de Manfre* donia; Barthélémy Simorili, Paul Masio, Laurent du Pont, Benoit Cappello, Goeiale Fernaiidez, Pierre Sousa et plusiears autres.

Le P. Thomas Lolli, confesseur de pipe Innocent X, fut fait par ce pontife évêqse de Cérène inpartibuSf prélat de la conçréfs* tion des Réguliers, et vicaire de Tèglise de Seiinte-Mario Majeure à Rome. Sous le pontifîcat dlnnorent Xi, le prince Ernest de Crouy, voyageant en Italie eC étant entré dans réglis<> de Notre-Dame de Lorette, fol si louché de la sainteté de ce lieu, qn'tl renonça aux erreurs de Luther, dont il faissfl profession. Etant venu à Rome, il fit abjtiri* tion entre l«*s mains du pape et entra dsos Tordre des Clercs Réguliers Mineurs, ou, peu de temps après avoir été promu au ucttdoce, il mourut dans de grands sentittents de piété, ayant beaucoup édifié ces relt|{i'*'|t par son humilité et par la vie austère «|u'^ avait menée.

Ces religieux, entre antres privilèges, m! une chaire au collège de la Sapience a Koct^t où Ils enseignent la philosophie, et H y eo s toujours un qui est consulteur de T/iw^rx.cf qui leur a été accordé par le pape Alexan* dre VII et confirmé par le pape Alexandre VIII. Il y en a encore un qui est cxawin.'teur synodal , et cette charge fut confère

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par Innocent XI im P. Pfiilippe Grathcr, Fa* mtax IhéologieD et procureur général de cet ordre.

Ces Clercs Réguliers sont habillés à peu près comme les amrea Clercs Régulter8(1), excepté que leur robe est serrée d'une ceintore de cair» et que les manches de celte robe ne sont point serrées au poignet, maïs qu'elles sont un peu larges. Ils ont pour armes la réiurrection de Notre-Seigneuri avec cette devise: Ad majorem Rtturgentis gloriam.

Voyex le livre intitulé. Delta r . religione de Pad. Chierici Regolari Uinori. Ignazio do Vives/ rUa del P. Franc. CaraeeioR. Aubcrt le llire, de Congrea. Clericorum in communi tiventiuMf et Reguîœ et constitutionei Cleri» rortiin m congreg. viventium. Pieiro Crescen. Prœridio Rom. Silvest. Maurol. Mar. Océan, ditui. U retig. Ascag. Tambur. de Jure abb. Aogust. Barbosa, de Jure. Ecclee. Hermant. Schoonebek etBonanni, HisL des Ordres Re^ ligieux.

An dernier siècle les Clercs Réguliers Mineurs avalent à Rome deut maistons»

Tune à Saint-Laurent in Lueina^ Taulre à Fainl-Vincent et Sainl-Anastase a Trtvi.

Aujourd'hui, ils existent encore et Ils ont pour procureur général le P. Joachim Meli. Oq attendait l'élection du vicaire général.

MINEURS (FrArbs). Voy. FRi^ciscAiNS.

MIN6RÊLIBNS(Moi!iBs). Voy. Mblchitrs.

MINIMES Rbuoibusbs. Voy. Miniuks (On-

DBB DSS]^ {II.

MINIMES (Ordrb dbs).

1 1 '. Des religieux Miniment avec la Vie ds saint François dePaulSt leur fondateur*

Les religieux Minimes prétendent avo:r quelques prérogatives au-dessus des autres religieux, et les surpasser par Taustérité: c>§t pourquoi le P. Joseph-Marie Perimezzi, religieux Minime, dans la Vie qu'il a donnée de saint François de Paule, fondateur de cet ordre, entre plusieurs dissertations qu'il y a jointes, tant sur l'â^ede ce saint, son pays, sa famille, son érudition et son voyage en France, que sur d'autres sujets qui regar* dent les actions de sa vie et l'ordre qu'il a fondé, en Cail une pour prouver que le vœu de la vie quadragésimale, qui est le dislinclifde cet ordre, lui donne une supériorité de mortification sur ceux des Chartreux et des ordres Mendiants. Mais je crois que, pour en juger sainement, il aurait fallu que le P. Pcrimezzi eAt auparavant éprouve l'abstinence de viande des Chartreux, dans les plus grandes maladies, leur silence et l'usnge continuel du cilice, la grande pauvreté des iiotres, leurs voyages a l'apostolique et la nudité des pieds. On ne peut pas nier néanmoins que ce vœu de la vie quadragésimale ne renoe leur ordre fort austère et ne les asinjelti^se à une mortification continuelle ; mais qu'ils surpassent en cela tous les religieux» c*esi ce qu'on ne peut leur accorder

(t) Voy», k la fin du vol , u' 214.

sans faire tort à plusieurs saints instituts et réformes, qui sont la bonne odeur de Jésus* Christ, et auiquels on ne peut disputer une pénitence beaucoup plus anslèrc que n'est celle des Minimes.

Cet ordre a eu j^our fondateur saint François de Paule, ainsi appelé du Heu de sa nais* sance dans la CaUibre citérieure au royaume de Naples. 11 vint au monde vers Tan 1416» ses parents layant obtenu de Dieu par noteracession de saint François d*Assise, auquel ils firent vœu et dont ils Wi donnèrent le nom

far reconnaissance. Son père se nommiit acques Martorille et sa mère Vienne do Fusc.:do, laquelle eut une sœurnomméeBrigitte, mariée à Antoine d'Alesso, son cousin

fermain, dont deux enfants vinrent en France^ ua desquels, Pierre d*Alcsso, se fit religieux dans l'ordre des Minimes, et Tautre» Antoine d'Alesso, épousa Jacqueline ou Juc-

3 nette Holandrin. De ce mariage vint Jean 'Alesso, qui de la sœur de l'évéque d*Or]éans, Mathurin de la Saussaye, mère de l'évéquo Jean de Morvilliers, garde des sceaux de France, eut Michelle, mariée à Nicolas le Clerc de Courcelle; Anne, femme d'Olivier le Febvre d'Ormesson; François, qui épou»a Marie de Vigni ; André, qui épousa Marie de Longueil ; Madeleine, femme de Pierre Cbail* lou, qui tous ont eu des descendants, qui, quoique fort recoromandahles par leur pro« bité et les grandes charges auxquelles ils ont été élevés en France, se sont tenus p*tts honorés d'être petits neveux de saint Pran*

Sois de P<iule, que de la qualité de présidents, e conseillers d*£tat, de mattres des requêtes et autres semblables qu*i!s ont portées : c'est pourquoi le P. Claude du Vivier, religieux Minime, ayant écrit en 1629 que saint François de Paule était fils uninue, iU en firent des plaintes au général ue cet ordre, qui ordonna au P. du Vivier de se rétracter; et le P. Chapàt écrivit ensuite pour prouver que i^aint François de Paule avait eu une sœur mariée à André d'Alesso.

Ce saint, qui avait été reçu du ciel par ses parents, étant regardé pir eux comme un dépôt qui leur était confié, ils l'élevèienl dans tous les exercices de dévotion capables de le rendre agréable aux jeux do Dieu, auquel, en conséquence de leur vœu, ils se croyaient obligés de le restituer. Comme II se trouva porté de lui-même â la piété, son éducation leur coûta peu ; c;ir dès son enfance il aima la solitude, l'abstinence et la prière ; il n'eut point d'autres maîtres qu'eux jusqu'à l âge detreizeans, qu'ils crurent qu'il était temps d'accomplir le vœu qu'ils avaient fait pour sa naissance et qu'ils avaient re^ noovelé depuis pour sa conservation : pour lors ils le donnèrent aux religieux de Saint- Françuis,qui le reçurent dans leur couvent de Saint-Marc, ville épiscopale de la même province. Ce fut là que le jeune François, animé par les bons exctnpies de ces saints religieux, et prévenu des grâces du ciel, cona<mença cette vie austère qu'il pratiqua jusqu'à

«CTIONNAmE DES la morl* Il surpassa eo peu de temps les re« VigleuY les plus robustes et les plus ferreol^ dans Tesacte obserraoee de la règle; il s'iaterdit dès lors l'usage du linge» et s'abstint de manger de la fiande, quoiqu'on en mangeAt dans cette maison» selon Pusage des Mineurs, anxauels elle n*est pas défendue par leur règle. Il y p.isaa un an sans (aire profesffton, et ayant été rendu à sef parents, ils lemendrentensuiteen divers pèlerinages, i Assise A Notre-Dime dea Angos, àLorctteetà Rome, visitantles plus célèbres monastères de leur roa^e.etles liens qui étaient les plus fréquentés par la dévotion des fidèles. Etant retournés A Panle, François se retira en un endroit solitaire, éloigné de la ville de cinq cents pas, où ses parents, qui avaient consenti A sa retraite, procurèrent sa subsistance pendant quelque temps, afin qu'étant dispensé delà peine d*en aller cherciier, il pût vaquer 4iux exercices de la retraite sans distraction. Mais ce lieu, qui appartenait à ses parents, ne lui semblant pas assez éloigné pour éviter la conversation des hommes, à eaase des visites fréquentes qu'il y recevaitf il ne s'y arrêta pas longtemps; et cherchant «ne solitude dIus écartée, il alla se cacher dans le coin d'un rocher, où il trouva moyen de se creuser une loffe. Quoiqu'il eût A peine quinze ans lorsqu'il s'y renferma, il n'eut pas besoin de la conduite d'aucun maître pour régler sa vie dans la pénitence et les exercices spirituels. II n*avait point d'autre lit que la pierre même du roc, point d'autres aliments que les herbes et les racines d'un petit bois voisin, ou ce que lui fournissait la charité de cea\ qui le visitaient en ce lieu. Il portait un rude cilice sous un habit fort vil, et menait une vie semblable A celle des solitaires de la Thébaïde.

Sa réputation se répandit bientâtdan^ toute la Galabre ; plusieurs personnes voulurent être les témoins et les imitateurs de ses vertus, el il ne put résister aux instances qu'on lui fit d'en recevoir qu<*lqueS'Uns et d'en prendre la conduite, quoiqu'il ne fût Agé que de dix-neuf ans. Ce fut l'an 1435 qu'il commença d'avoîr des disciples, avec lesquels il sortit de cette solitude pour retourner auprès de Paule dans un lieu qui appartenait A ses parents, où il jeta les fondements de son ordre. Ils y bAtirenl des cellules avec une chapelle où ils chantaient ensemble les louanges de Dieu ; et comme cette cbapello était apparemment dédiée A saint François d'Assise, on leur donna le nom A* Ermites de Saini^Françoh. lU fécurent ensemble près de dix ans; mais les liabitants de Paterne, ville située aussi dans la Calabre proche Cariati et du diocèse de Cozensa , souhaitant avoir part à la bénédiction que ces saints solitaires attiraient sur les habitants de Paule, supplièrent le saint de venir chez eux, et s'offrirent de lui donner un lieu pour y bAtir un couvent. Paul de Kendac, gentilhomme de cette ville, qu*i1 avait reçu au nombre de ses enfants, joignit ses prières A celles de ses compatriotes pour le faire consentir A k>ur -accorder cette grâce. Il se rendit enfin A leurs instaa-

ORDIIES RELIGIEUX.

ces, et ayant pris quelques autres religieit avec lui, il vint établir sa seconde coloaie i Paterne en H^b. Le nombre de ses di%dples augmentant avec les charités des personnes de piété qui contribuaient an soulîeti de son nouvel institut, il prit la résointioa en iUS de bAtir A Paule, arec la permissiou de Pyrrhus, son évéqoe, un monastère d'one

I'uste étendue et une Eglise plus cpacirose. in quoi il fut aidé par saint François d'Aïsise, qui loi appa^-ut dans le temps qu'il commençait cet édifice, et lui fil prendre do non* veaux alij^nements. La même année Ii53, il fit un troisièine établissemt*ot A Spezano-le* Grand, aussi du diocèse de Cozensa, et jeta encore les fondements d'un nouveau coavent A Gortone en 1(^60.

Le saint visitait ces couvents, allant de l'un A l'autre tant pour l'avancement de leurs édifices que pour le gouvernement da ses religieux, qui n avaient point encore d'autres règles que ceies qu*ii leur donnait de vive voix avec les exemples de sa vie; mais il fut obligé de tes quitter pour on temps. Le bruit de ses vertus el de ses miracles s'était tellement répandu en Sicile, qu'il n'y STstl

toint de ville dans toute cette Ile qui ne souaitât avec ardeur jouir de sa présesce; surtout les habitants de Mîlazza le denuodaient avec instance et lui envoyèrent dM dépotés pour le prier de venir établir cbei eux une communauté. Ainsi, après avoir donné ses ordres pour le çouvernemeat d« ses maisons de Calabre, il partit en lUV arec deux de ses religieux pour aller eo Si* cile, où il arriva heureusement A in faveur de son manteau qu'il étendit sur la meretqniloi servit de vaisseau età ses deux compagooos A la honte et au grand étonnementdequelques mariniers qui, voyant sa grande paotr<*tê, lui avaient refusé le passage dans leurs barquel. Elant donc abordé en Sicile, il alla i Milazzo, où il fut reçu comme un ange daccnJu du ciel, et où on lot bAtit en peu de temps un couvent qui fut le premier de son ordre en ce royaume, et qui donna bieotôt naissance A d'auires qu on y fonda. Le saint fondateur, après y avoir demeuré prêt de quatre ans, retourna en 1^68 en Calabre, où il assista les pauvres dans une extrême famine qui affligeait toute cette province, ri peu de temps après il fut invité d'aller commencer un nouveau monastère de son ordre A Carigliano dans le diocèse de Rossane. ^ Cependant les actions prodigieuses qa*îl faisait de temps en temps faisant grand birmt par toute l'Italie, le pape Paul II voulut es avoir des nouvelles assurées, et rnvova poor cela un de ses camériers A l'archeveqoe de Cozensa, afin qu*il ^'en înformAt pleioeoifBt. L'archevêque, qui connaissait la sainteté da serviteur de Dieu, parla avantagensemeat de lui A ce prélat, et lui conseilla d'aller i Paule, afin de l'interroger lui même, de IVisminer, et de ne rapporter au pape qae re

Ju'il aurait vu. Le camérier le crut, éinm onner avis de son voyage, il se rendit so plus (At A Paule. Dès qu'il vit saint Fraa^^ il voulut lui baiser les mains par respec: ;

IIIN

iiialt le tainl 8*en défendit a?ec beaoeoap d'humilitét loi disant qu'il était plus à pro* pot qa'il lai rendit lui-même ce devoift comme à celai qui était honoré depais (rente* trois ans de la dignité sacerdotale ; ce qni étant ?rai anrprit le camérier, qni, foulant eiécDter sa commission, Tentretint de sa rie et de celle de ses disciples, et commença à la laierde ri^enr indiscrète et d'une singula* rilé dangereuse, snr quoi il s'étendit fort au long. Le saint récoota tranquillement» mais comme il s'agissait de soutenir rétablissement de la fie qaadragésimale dont il avait reçu l'ordre do ciel» il prit des charbons ardénis entre ses mains, et les tenant longtemps sans se brûler, il dit au prélat que, puisqu'il voyait ce qu'il fai<»ail par la fertu de Dieu, il ne devait pas douter aussi qu'étant assisté de cette vertu on ne pAt suppnr* ter la vie la plos austère et les plus grandes rigocurs de la pénitence. Le camérier, efffâjé de ce prodige, voulut se jeter à ses pieds pour lui demander excuse et rorevoir sa bénédiction, mais il en fut empêché par le saint, qai loi demanda au contraire la tienne avec tant d'humilité, que celui ci le quitta aotant édifié de la sainteté de ses discours et de sa profonde humilité, qu'étonné de ce qu'il lui avait vu faire. H en informa le pape et toute la cour romaine: ce qui fut aoe grande disposition aux grAces que le isinl-siége accorda depuis à l'ordre des Minimes, mais principalement è celle do son approbation authentique qu'il re^ut en H73, ioos le pontificat de Siite IV qui avait succédée Paol II. Dès l'an 1471,Pjrrrhus, archevêque de Cozens't, avait accordé A saint François de Paale beaucoup de privilèges poorson ordre dans toute retendue de son diocèse, avec permission djr faire de nooveanx établissements. Geoifrol, évéque de Saiol-Marc .examina ces privilèges parordre do pape Sixte IV, Tan ihl3, et sur le rapport qu'il en fil, ce pontife approuva cet ordre tous le nom â'Ermiies de Saint-Fran^ r^û. Le même Sixte, avant examiné luimême ces privilèges, établit l'année suivante Mint François de Paule supérieur général do ta congrégation, (|Q*il exempta de la juridiction des ordinaires.

La bénédiction sensible que Dieu répandait sur cet ordre, qui s'augmentait de jour en jour par les nouveaux é*abli8«ements Qo'on offrait à ce saint fondateur, lai attirait 1 amour et la vénération des peuples, qui venaient A loi de tontes paris comme au dépositaire des grAces et des faveurs célestes. Le •oaverain ponlifeel tous les prélats de Calabre n'étalent pas moins persuadés de $a sain* télé qai le rendait digne de l'admiration de toat le monde ; maie cela n'empêcha pas qu il pe fût persécnté par son propre prince Nrdinaad I", roi de Naples et par ses deux tui,|«dttcdeCalabreet lecardinal d'Aragon, \^f prétexte de la liberté qu'il prenait de ^ M'^^* monastères et de faire de nouveaux ^tablisieQ0Qtsdans le royaume sans permis- »on. L'un prétend qae le saint avait choqué «tiiii le roi Fer Jinand par quelques avis im-

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