‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 99 sur 118 · MET · texte numérisé non relu

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res léparés. Le P. Loui» Torelli» religieux e roitlre de Saioi-Augastin« dans rHisloire éoérate de mn ordre» qu*il commença i oener aa pablic en 1675. parle de eelui de aiol*Démélrlaa, fondé, à ce qa*il dil« en ologoe par quelque» personnes pieusest en l'an 1200» confirmé par le pape Aleianre IVv et prétend oue ces religieux portent es habiif gris, sur lesquels il y a une croix iir uo cœur.

Le P. Jérôme Roman, anssi religieux de ardre des Ermites de Saiot-Augustin, dit nii y en a an sous le nom de la Pénitence PI Martyrs, fondé en Italie sous le pontificat t aèment V» Tan 1332, dont rinstitot est p loger les pèlerins, et que cet ordre s'est illement agrandi, qu'il a été divisé m dii* uil provinces, ce qu'il a In, dit-il, dans un vre qui lui Alt envoyé en Espagne par un sligieax de cet ordre ; il ajoute qu il y en fait deux monastères dans le royaume de slice, Tnn à Sarria et Tautre à Arzua, qui, ir ordre do pape Pie V et de Philippe II, >i d*Bspagne, furent incorporés, l'an 1567, Tordre des Ermites de Saint-Augustin.

Herrera, qui est encore un religieux du léoie ordre, dit aussi que celai de la Péniince des Martyrs fut fondé en Italie, comme parait par oes litres qui sont conservés ans ces deax couvents; que ces religieux ortaieut un habit blanc avec une croix rai^e ; et que d'Italie cet ordre avait passé D Espagne, par lé moven de deux religieux ai y étaient venus visiter le corps de l'a- 6tre saint Jacques, et y avalent fondé les iooasières de Sarria et d'Arzua ; et Pierre rescenze distingue aussi Tordre de Saint- 'énétrius d'avec celai de la Pénitence des lartyrs.

Il est certain que ceux oui ont «opposé ail y avait on ordre de Saint-Démétrius e sont trompés, et que celui qui a le prelier erré en cela et fait tomber les antres aas l*erreor9 aura sans doute pris S. M. De îetro pour saint Déméirius. Car le véritale Bom de l'ordre de la Pénitence des Mar* rri est celai de Sainte-Marie de Métro de ome, de la Pénitence des Martyrs.

L*on ne peut ajouter foi au P. Roman, )rsqo'il dit que cet ordre fut fondé Tan ^ sons le pontificat de Clément V, puisos le pape Grégoire IX gouvernait pour m rBglise« et que Clément Y ne succéda à (enolt que Tan 1904. On ne peut pas croire ion plos qae cet ordre ait été si puissant en lalie et divisé en dii-hnit provinces ; paistp'll a toBjoars été pea conno, et que les tisioriens en ont bit peo de mention, n'y yant même présenfement aucun convent le cet ordre en Italie. S'il y en avait eu tant le maisons et qu'elles eussent été divisées en ili-boil provinces, elles auraient été énon-* •^ dans une prétendue bulle do pape Boniace VIII de Tan 1295, qui est le plus ancien lire que les religieux de cet ordre puissent produire; et dans cette bulle il n'y est parlé lue du monastère de Métro de la ville de Kome, de Sainte-Elisabeth d'Ailesphel, de ^«int-Pierre de nie de « de Sainte-Croix

de Pracoe, de Saint-Bartbélemi de Poderabi et de Sainte-Marie d'Orlitz an diocèse de Prague, de Saint-Marc à Craeovie, et de Sainte-Marie ao diocèse de Craeovie. Ils n'ont néanmoins qu'une copie de cette bulle, dont ils disent que l'original a été perdo ; c'est ce qui obligea le général de cet ordre. Tan 1S07, d'avoir recours an pape Joies II, duquel il obtint nne balle où celle de Boni-* f ice VIII est insérée , et Jules 11 ordonna qu'on y ajouterait autant de foi qu'à Torigi* nal : il avoue néanmoins que l'on n'a au« cune connaissance à Rome de cette église de Notre-Dame de Métro, ni du lien où elle était située, et que re que l'on en saif| ce n^est que par la copie de la balle de Boniface : Lieei de dicta eecletia Beatœ Marim de MeirOf prœterquam per dictum trantumpium^ nulla penitui potitia habeaiar^ et loeue ubi dicta ecetetia fundata fuerat non reperiaimr. Cependant il confirme ces religieux dans la possession des monastères et des biens énon* ces dans cette prétendoe bulle de Bonifaca VIII, et dans la possession de cenx qn'ils avaient acquis depnts, dont il bit le dénon»* brement, qui n'est pas néanmoins bii*n grand , car il ne consiste qoe dans les ma* nastères de SaintM^roix de Bistryka en Litbuanie, de la Sainie-Trinité de Miednikit al de la Sainte-Trinité de Twerec an diocèse da Vilna.

Quoique ce monastère de Noire-Dame do Métro à Rome, qui était chef d'ordre de raa religieux , fût Inconnu au pape Jules ll,qni avoue même qu*an ne sait pas le li«'a où il était situé, le général qnt s'adressa à loi m laissa pas de prendre le titre de priear de eo convent* comme il est porté par la balle de ce pontife : Sane pro parte dilecti ffUi Joan^» nié priarie eeele$im S. M. Demetri de Vrbe^ erdinie 5. Auguetini et eiuedem ardinie ytneralie. nobie nuper exkiiita peltite eonlî-* fse6ol. On anra peine i comprendre comment ce couvent de Ilome, chef d un ordre si cmh sidérable, qui était divisé en dlx-hnit pro^ ▼inces, selon quelques auteurs, ait tout d'an coup dispam, sans qa'îl soit même resté an« cnne mémoire dn lieo où il était situé, et qoe Jnlee II ail cm si aisément ce que en général lui avait exposé. C'est ce qui doit rendre suspecte cette bulle de Boniface YllI et celle de Jules H où elle est inaérée, et dont j'ai une copie qni m'a été envoyée da Pologne.

Quoique ce soit le seal titra que ces reli-» ienx puissent prodoit e, ils ont néanmoins ien d'autres prétentions touchant leur anti* qnilé. Us disent, aussi bien que les Croisière on Porte-Croix (F ey. Cnoisinas), que saint Ciel, l'an 78, a été leur instituteur ; que saint Cyriaque, évéque de Jérusalem, a été le rea* taurateor de leur ordre; qn'ils ont on pour législateur saint Avgustin» dont la rèf|le leur a été donnée par les souverains pontifes ré^ cents; qne leur ancien habillement était celui des Chanoines Réguliers : qu'ils portaient nne croix d'argent, el qne quelques- nnt prétendent que cette croix lenr avait été iom née par saint Cyriaque, en mémoire de If

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DICTIONNAlIiE DES ORDRES RELIGIEUX.

vraie croix de Nutrc-Scigncur Jésus-Christ qu^il avail Iroufée : Imlitutor noiterS. Cle^ tuê papa^ rtitaurator S. Cyriacui epi$copu$ • Jiieroiolymitanuê^ ei tandem legitlator S. Auguêtinugj eujm regulûm a reeentioribuê po9itificibu9 iuscepimuê. Crueii argenleœ et univ^rii eanonici habiiui antiquiMsimui nobii uiUi: i^nt ttiam nonnuili qui crueem nobii a S* Cyriaeot in memoriam invenlœ per eum crueiM dominieœ^ datam fuisse asseverant. C*esi ainsi qa*un religieux de cet ordre décrit lear origine dans on li? re imprimé à Vilna, et qui a pour lilre : Opu* wuserends Dei.

Npos ne nous arré'erons point à réfuter ces fables» ei on peut voir ce que nous en »? ons dit a l'art. Choisiebs. Mais cet auteur en ajoute encore de plus grossières pour juslifier le titre qu*on leur donne de Chanoines HégHliiTs de Sainte-Marie de Métro de Roms^ de la Pénitence des Martyrs. Il dit qu'ils sont appelés Chanoines Réguliers^ à la différence des Moines, parce que leur ordre a paru le premier dans TËglise après les apÂires, et qu'on leur a donné la conduite des âmrs ; que l'oD ajoute de sainte Marie Demetri (il ne met pas de Métro) à cause du scapulaire que la sainle Vierge donna à saint Démé* irius, consul romain, qui, avant été reçu dans Tordre par saint Ciel, lamplIBa dans sa propre maison; de Rome^ parce que Cit «rare fut le premier confirmé par le saintsiège, ei qu'il a été le premier qui a eu des monastères dans celte ville ; de la Pénitence^ tant à cause que dans le temps de la persécution les religieux de cet ordre se cachaient dans les bois et dans les cavernes, qu*à cause que josQu'au temps de la persécution ils avaient été les Pénitenciers du pape ; et enfin des BB. Martyrs^ à cause du grand nombre de ces religieux qui répandirent leur sang pour la défense de la foi. Ces religieux avouent néanmoins que de ce grand nombre de martyrs ils n'ont seu'ement connaissance que de six, qoi sont saint Déméirias, consul romain, saiot Idde, saint Raynauld, saint Libère, saint Concasse, saint Ventura de Spolette,ei saint Cjriaqueyévéquede Jérusalem» G'eal ce qui est aussi marqué dana ce livre qui a pour titre : Opu$ miserentis Dei^ que je n'ai point vu, mais dont on m'a envoyé un extrait fidèle, la personne qui me Ta envoyé ayant eu soin de marquer les pages, ei elle ajoute : Hœc retulisse sufficieU^ super quibus virt prudeniis ae erudiii esta /iidjctuoi, regardant ansti comme nno chimère ces prâeo* fions.

C'est apparemment à cause de ce saint Démétrius, consul romain, qoi n'a jamais existé, n'y ayant point eu de consul do ce nom sous les empereurs Néron, Cialba, Olhon et les entrée, sous l'empire desquels saint Glet a pu vivre, tant avant que pendant son pontificat , que cesi religieux prennent dans leura qualités celle de Chanoines Réguliers de Sainte-Marie Ihmetri^ au lien de dt Métro f eomme ils sont appelés par des historiens polonais, parTanteurde la Vie

du R. Ladislas, de Tordre de Saint -Praar \ ri dans le procès-verbal de la translatioâ t\ corps du B. Michel Gedroc de leor ordr», signé par tous les religieux de leur cuo^«-st de Cracovie , dont nous parlerons daos *s suite.

L'on ne peut donc rfen dire de certsis touchant l'origine de ces Chanoines qne Vv% appelle communément en Pologne, deSsia-.

Marc, à cause que leur monastère de Cra* covie , qoi est le principal de ceux qn*ils obi en ce royaume, est dédié en l'honneur «if saint Marc TEvangélisle. C'est pourquoi Pas* leur de la Vie du B. Michel Gedroc dit qa'tl entra dans l'ordre de Saint-Marc. Ton» Im historiens polonais qui ont parlé de ces ris ligieux conviennent qu'ils furent reçus dam ce royaume l'an 1257 , et que ce Tut Bules!ai le Chaste , duc de Cracovie et de Sandomir. qoi les établit à Cracovie , leur ayant doose l'église de Saini-Marc, ^u'ii avait foodet depuis peu ; et Duglos ajoute que ces religieux avaient été institués par le p.ipe Aie* xandre IV, qui succéda à Innocent IV l'ss 1254. Alexan 1er papa lY noram religianm Mfndicantium de Pœnitentia Martyrum in$th f«t7, cujus fratres et profe*sores Cracotiim advenientes^ Boleslaus Pudieus Cracorienai et Sandomiriensis dux bénigne appHlaifn suscipit ; et ecelesia in sancti Marci fr^^iyelistœ honorem de nota fundata lUis /or».« Cracoviœ contulil onno 1257. Il y a néanmotn» quelques autres auteurs qui disent que M ordre fut institué l'an 1250 , comme on lu dans la seconde continuation de la Chrf>aH que de Thierry d'EngeIhusen, rapportée fsr M. de Leihniiz dans le second tome de sua Itecueil des écrivains de Brunswlci.

Outre le monastère de Saint-Marc de Cracovie, ces religieux en ont encore quatre autres en Pologne et on plus grand nombre eu Lithuanie, dont les plus considérabie» sont ceux de Miedniki, fondé par Jaicelîos dans le palatinat de Vilna, Widzioieisil', Twerc et Mikaliski. Ils en ont aussi qoeN ques-uns en Bohème, dont un à Prague. U prévèt de celui de Widsinieiski a dro.l de m servir d'ornements pontificaux.

Ces religieux ont aussi des cures qu'ils desserrent. Leur habit consiste en une sostane blanche et un scapulaire de même cooleur, sur lequel il y a un cœnr surmonté d'or c croix rouge. Lorsqu'ils sortent ils melteoi une soutaue ou veste noire qui cadie leur hh bit blanc, et dans les fonctions ecclésia<v qoes ils ont ou surplis et une moxeltc bUacbe ou camail par-dessus. Le P. Atlianase^ Sainte- Agnès, le P. Torelli et Crcscfoze, disent que leur tunique ou robe est gn». Us peuvent en avoir porté aotrefois de reli0 couleur) mais, selon les méoioirrsquimosl été envoyés de Pologne en 170% et 1710. leur habit est tel que je le décris (1).

11 y en a qui doutent s'ils sont véiilsb'ement Chanoinea Réguliers. Penol et le Psl^e leur donnent néanmoins ce titre , cl rV^t peut-être U qualité de mendiants qo'il>

(1) Vdy., ib lis du vol., ii«* â40 cl 211.

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prennent , ou du moins qolls prenaient autrefois, qui les aura fait eiclure par quelqoea-nos de l'ordre canonique. Cette qualité de Chanoines Réguliers» conjoinlement arec le nom de mendiants, leur est cependant donnée dans le procès-? erbal de la translation du corps do B. Michel Gedroc, religieux de eet ordre » faite l'an 1624 par on évéqne de Laodicée snffragant de Cracorle t Thomas Oborsik epistopuê Laodicensis suff^aganeus et CanonicHê Craeoviemis piœ posierilati. Ad Vei omnipoienii$ gloriam my'orem et saneio^ rum ejuM honorem^notum facimus et (estamur aos TogaioM fuiêse aretigtosiiPatribus ordinis Canonieorum R^gularium Mendieantium 5.

Mariœ de Meîro de Pcmitentia sanctorum Uariifrum^ ui Oisa et cinerei servi Dei B. Miehaelie Gedroe ordinis prœdieti , in templo eorumdem religioiorum Cracoviœ S. Marco dicaio êepulii , e eepulero veîeri ob majus

Sdelium eommodum levaremuê, etc. {Apud iolland., tom. I Maii, in Vita B. Michaelie GedroeJ) Ce B. Michel Gedroe descendait des anciens ducs de Lithoaoie, et mourut l'an 1^85. Il se fait tous les jours plusieurs miracles à son tombeau. Lorsqu'on fit la translation de son corps, le P. Jean-Baptisie, Italien, religieux de I ordre de Saint-François, était commissaire général de Tordre de la Pénitence des Martyrs, comme il est porté par le même procès-verbal de celte translation. Ils ont eu aussi le P. Jacques Prziroosoiechit qui est mort en odeur de sainteté. Tan 1653. Foye* Peno*, Hiêl, tripart. Canonie.Regut. Le Palge» JB.6/ioM. Prœmonn. PietroCrescenii V Presid. romm. /16.111, pag, SS.Crussen. Monasiieon Augus^ ffart. m, eap. 1. Lnigi Torelli, Seeol, Agostinian., tom. IV. Botland, lom. 1 Jtfati, in Vit. B. Michaelie Gedroe. Tambur., de jure Abbatum, disput. K» qtuBsî. k, Athanase de Sainte-Agnès, le Chandelief dor. et mémoirei envoyés de Pologne en 17M, ti 1710.

UlCHEL (Des Cbsvaueei de l*orpeb de

Saint-) en France.

Il y a des auteurs qui prétendent qoa Charles VU , ayant aboli l'ordre de PEtoiie

lar le mépris qu*il en6t en mettant le col* 1er de cet ordre an cou du cberalier do guet, et en ordonnant que ses archers porleraleni sur leurs hoquetons des étoiles , ent dessein d'en Instituer un autre sous le nom de Tarchange saint Michel , protecteur do rojanme de France , auquel il atait beaucoup de dévotion : ce que n*ajant po exécuter, à cause qu'il mourut quelque temps après» Louis XI^ son Ois , suirant les volontés de son père , avait institué cet ordre. Mais nous avons iail remarquer, en parlant de Tordre d * ri£tolle, que Charles Vil n'avait point aboli cet ordre, qu'il avait subsisté sous le règne entier de Louis XI, et qu'il n'avait été supprimé que sous Charles Vlli. Brantôme remarque que Louis XI n'avait pas ou tant d'amitié pour Charles Vil , son père, pour qu'il fût «oolo en garder le souvenir après sa mort , V^r l'établissement de l'ordre de Saint-Micb«l, qu'il n'aurait fait que pour ciéculcr

ses volontés, et d'ailleurs il aurait attendu un peu tard à les suivre , puisque ce ne fut que Pan H69, le neuvième de son règne , qu'il institua cet ordre dans le château d^Amboise. II ordonna qu'il n'y aurait que trentesix chevaliers : il n'en créa d'abord que quinze, s'étant réservé de nommer les autres au premier chapitre ; mais le nombre des trente-six ne fut point rempli sous son rogne. Les quinze premiers qu'il honora de cet ordre furent Charles , duc de fiuyenne ; Jean , duc de Bourbonnais et d'Auvergne ; Louis de Luxembourg, comte de Saint-Paul , connétable de France ; André de Laval , maréch.tl de France ; Jean , comte de Sancorre i Louis de Beaumont . seigneur de la Forêt et' du Plessis ; Jean d'Estouleville, seigneur de Torcy; Louis de Laval , seigneur de Châti!lon ; Louis , bâtard de Bourbon , comte de Roussillon, amiral de France; Antoine de Chabannes, comte de Dammartîn, grand maître de France ; Jean , bâtard d'Armagnac l comte de Cominges, maréchal de France et gouverneur du Dauphiné ; Georses de la Tri-' mouille, seigneur de Craon ; Gilbert de Chabannes, seigneur de Curton et sénéchal de Guyenne ; Charles, sire de Crnssol , sénéchal de Poitou , et Tanncguy do Châlcl , gouver* neur de Roussillon et de Sardaigne. Il leur donna un collier d'or fait de coquilles entrelacées d*un double lacs, poséessur unechatno d'or ,'où pendait une mévlaille représentant l'archange saint Michel terrassant le diable. Ils étaient obligés de porter tous les jours co collier à découvert , sous peine de faire dire uno messe et ds donner une aumône de sept sols six deniers tournois , excepté lorsqu'ils étaient à l'armée , en voyage, dans leurs mai* sons 00 à la chasse. Ils portaient pour lors seulement une médaille attachée à une cbatiia d'or on à un cordonnet de soie noire, et ils ne pouvaienl la quitter dans les plus grands dangers , même pour conserver leur vie. Brantôme dit avoir été présent lorsque le roi François I*' fil une sévère réprimande à un chevalier qui , après avoir été pris dans un combat, avait ôté la marque de son ordre , afln de n'être pas reconna pour chevalier de cel ordre et ne pas payer une arande rançon. Conformément aax statuts de cet ordre , te

S and oollier doit être do poids de deux cents as d'or et ne peut être enrichi de pierreries. Les chevaliers ne le peuvent vendre ni engager : il appartient à l'ordre , et après la mort d'un chevalier , ses héritiers sont obli* gés de le renvoyer dans l'espace do trois mois et le mettre entre les malus do tréso* rier de l'ordre. Ils ne pcuvenl entreprendre ancune guerrot ni s'engager dans une action dangereuse , sans en avoir donné avis à la

filus grande partie di*s autres chevaliers el es avoir consoités. Ceux qui sont Français ne peuvent s'engager au service d'aucun prince étranger , ni faire de longs vovages sans la permission do roi ; mais les étrangers le peuvent en la faisant seulement 5airoir. Si le roi fait la aoerre à quelque prince, un chevalier de l'ordre , sujet de ce prince, peut preadrc les armes pour sa défense 1

DKTHNiNAmB DES ORDRES RELIGIEDI.

• miii ti c*eil cê nrioce qui déclare la gverre à la France, le cheralier soo iojet doil i*exca«» eer de servir conlre la France, et $i son prince ne rent pat rece? oir son etcute el le con-trainl de ier? ir» poor lors il peut prendre les armes contre la France, mais il en doit donner avis an chef de Tordre et averlirson souveraia

Îne s*il fait prisonnier de guerre un citevalier ecet ordre, son confrère, il loi donnera la li-* berté et fera son possible pour lui sauver la vie ; qoe si soo prince n'y vent pas consens tir, il doit quitter son service. Le roi, de son côîé, s'engage envers les chevaliers de les protéger et les maintenir dans tous leurs droits et privilèges, de n'entreprendre aucune guerre ni aucune affaire de conséquence sans les avoir auparavant consultés et pris leur avis, excepté dans les cas où les affaires demandent beaucoupde secret et une prompte exécution ; et tes chevaliers promettent et lurent de ne point révéler les entreprises do souverain qui auraient été mises en délibération devant eus. Selon les mêmes statuts, les chevaliers doivent être privés de l'ordre ponr cause d'hérésie , de trahison et de là* cheté j pour avoir pris la fuite dans le combat. Ils doivent i leur réception quitter les autres ordres qu'ils peuvent avoir reçus d'autres princes, excepté les empereurs, rois et ducs. Chaque chevalier est aussi obligé » à sa réception, de payer au trésorier quarante éctts d'or ou la valeur, pour être employés en ornements pour le service de l'é* Jlise , et i la mort «l'un confrère il doit faire ire vingt messes et donner six écns d'or en aumônes. Les statuts portent encore que»

Eur remplir la place du chevalier décédé , doivent s'assembler avec le souverain el donner leurs suffrages par écrit » mais cela ne se pratique plus présentement*

L'éçlise du Mont-Saiot-Michel en Nor-* maadie fût destinée par Louis XI pour y ce* lebrer les divins offices et recevoir les bien* faits et fondations qui seraient faites en faveur de l'ordre. Il semble cependant qoe ce prince cbaogea de dessein et qu'il destina ponr les cérémonies et In fêtes de l'ordre la chapelle de Saint-llicbel dans la cour du P<i> lais à Paris : car par ses additions aux sla* lots faiUs aux Plessis-lès-Tonrs le 22 décembre 11^76, il déclare qu'il a fait vesu d*é« tablir une collégiate en rhonoeor de Dieu , de la sainte Vierge et de saint Mkhel , et ayant créé par les mêntee additions anx slaluts un office de prévôt et maître des cérémonies de l'ordre, il ordonne qu'il aurasolUi entre autres choses, de |K>ursuivre l'exécution de la fondation de cette collégiate ; qu'il en obtiendra les permissions nécessaires , tant des souverains pontifes qoe de l'ordî- Baire ; qu'il aura rinspectioo sur les bâtiments qu'il prétend faire faire an lieu oà fera fondée cette collégiate ; qu*il aura soia des réparations et veillera à ce que l'oMee divin soit fait par les chanoines, tant de nuit que de jour ; et par ses lettres patentes du fk du même moi5, il fit la fondation de cette collégiate pour dix cbanoinea , un doyen et Vn ebantre» huit chaoelains, six entants de

chcBur, an maître , deux clercs , truie siers ou bedeaux, nu receveur cl m tr6lenr, pour faire l'ofSce divin dans la pelle de Saint-llicbel da Pakia à Paris. Cm ehdpitro devait être immédiateaieal an saint-siège et de nominatioa fujale.

prébendes étaient de dix sols parMs jour. Le doyen devait avoir deux parte • le chantre une part et demie, et les chapcUms demi-part chacun. Pour ce sujet le roi lestr donna et céda dix deniers tonmoia wmr le droit ordinaire des gabelles qui se lèverail sur chaque minot de sel. Le receveor détail avoir quatre cents livres parisis de gagas. ci le contrôleur deux cents livrée. Le raeeTaar devait payer aussi au chancelier de Tordre huit cents livres parisis* an prévôt sia ceols livres, au trésorier six cents livrest aa mf> fier quatre cents livres, et an béraal acax cent cinquante livres. Sa Majesté voulut que ces chanoines , chapelains et ofBcsen eusseat leurs causes commises parHfevaat les maîtres des requêtes, qu'ils fussent e&eaipis de toutes charges quelconques et impoeilioas de la part du roi, de la ville, et de tous aatres pri vilenies et non privilégiés , dont lia scraieat exceptes et déchargés. Mais cette tbodation ne fut point exécutée, et il ne se trouve point que les assemblées et les fêtes de l'ordre se soient faites dans celte église , ni mênsa dans relise du Mont-Saint-MichrL

La veille de la fêla de ce saint, tous les chevaliers de l'ordre étant au lieu de Tasseau blée devaieat se préseater devaat le souverain en son palais, avant les vêpres, et aller ensemble à 1 église , revêtus de maoleans de damas bfanc traînant à terre, bordée d'or avec des coquilles et facs d'amour en braderie, et fourrés d'hermine, la tête coaverte d'un chaperon de velours cramoisi. La leademain , ils retournaient à l'église pour eateadre la messe; à roffertoire« ih offraient une pièce d'or, chacun selon sa dévolion ; et après l'office ils allaient dtner avec le roi. Le même jour, ils allaient encore à Tégliss pour les vêpres; mais ils étaient vêtus de oMinteaurx noirs, avec des chaperons de même couleur, excepté le roi, qui avait ua maateau violet, lia assistaient aux viailas d#s morts, et le leademain à fa messe, a l'oicrloire de laquelle chaiitte chevalier offrait eo cierge d'une livre, où ses armes étaient attacha. Le jour suivant , ils retouraaieat cacore à l'église pour entendre fa messe qee l'on chantait en l'honneur de fa saisis Vierge; mais ib éUient habillés coouae bsa lear semblait.

H n'y eut d'abord qoe quatre officiers if l'ordre , savoir : le chancelier, le gialBer, Is trésorier et le héraut, appelé Mont-Saist- Michel. Ils avaient des robà lon|U€S de camelot blanc, fourrées de menu vair. avec en chaperons d*écarlate ; et le chancelier de? ait être toujours ecclésiastique. Le prieuré éi Graodmont,dans le parc de Vîacennes,a été pendant an temps considérable annexé i la dignité de chancelier de l'ordre de Saisi- Michel. Le cardinal de Lorraine , fa cardiul Gabriel le Veneur, évêque d'Evreux , et Phi*

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ppe llaraat» comle de CMvertii, chancelier t France, Tont pottédé en celle qnalîté. Ce (rnier en élail prienr lorsque le roi Henri lil t, Tan 1584, an concordai arec Françui* de eoville, général de Tordre d(^ Grandoionl* ir lequel ce prieuré fot dislrait de cet ordre Dor être Iransféré à tel aoire qu'il plairai! Sa Majesté, qui donna en échange â l'ordre ) Grandmooi le collège de Mignon, k Pari» ; > qoi fut confirmé par le pape Grégoire Xlll. t roi inlrodoisil d aboni , dans ce couvent , M Cordelière qoi rabandonnérent la même loée, et il nuit en leur place des Minimes si y sont restés jusqu'à présent. Ainsi le ire de prieur fut supprimé, et FolDce de iMBcelier de l'ordre de Saint*Michel uni à slaî de chancelier de l'ordre du Sainltprit , que ce prince a? ait institué eu 1578, oois XI étant au Pleuis-lés-Toors, Tan k76, avait ajouté à ces quatre offices un rèvAt maître des cérémonies , comme noua roas dit cinlevant. Louis XII, ayant con* Bis le royaume de Naples avec Ferdinand V, i)i d'Aragou, qui devait se contenter pour I part de la Fouille et de In Calabre, le este étant demeuré aux Français» fit cheva* m de Tordre de Saint-Michel s Troiano araccioti, prince de Melphi ei duc d'Ali i, raad sénéchal de Naples; Bernardin de «aseverine, prince de Bisignano; Andrélatlhieu Aquaviva, duc d'Airi et prince de 'errane; et Jean*Antoine Caraffa, duc de laéaloni. Mais les Espagnols ayant ensuite hissé les Français de tout le royaume, dont is se rendirent maîtres , ces seigneurs napoiUins renvoyèrent le eollier de l'ordre A ^ois XII, l'an 1511.

François 1*' fil du changement à ce collier : I Ot éter les doubles lacs pour meltre une ordelière, lant à cause qu'il s'appelait Fran- 4>u, que poor conserver la mémoire d*Anne Is Brela^y sa belle-mère qui Fen avait prié eloDlediredeFavin. Le mémo roi ayani eaoyé Tordre de Saint-Michel à Henri VIII, 'oi d^Analelerre, ce pripce lui envoya aussi [ordre de la Jarretière; et François 1*', syaol reçu , tint un chapiire des chevaliers le Tordre de Saint-Michel, devant lesquels il U lire les leUres d*Henri Vlll, par lesquellef |e prince déclarait avoir accepté l'ordre de ^inl*Michel et avoir associé A celui de la 'arretière François I*' : c*est ce qui parait >sr les lettres de ce dernier nue M. Aslimole I mises A la fin de son Hisloire de l'ordre de à Jarrelière, et qne nous rapporterons ici.

Frwçoiê par la grâce de ùiêu roi rfs f Tance ^ eeigneur de Csanst, senvfrajn du trfa>no6Îe wrdre de Monseigneur eaini Michel f \ toui ceux qui cee pri$entre lellru verront ^ ^àLUT, eomnif nMeeire Arlue Planlagineî^ ei-* ternit de FlêUf chevalier du Irie^digne ordre 'e Meneeigneur eaini Gejrgee^ meeeire Jean TaiUonr^ Socieur ex loix^ archidiacre de Bou* l^sfaiii, tice-ehancelier a^An^leltrre^ meseire iVicotuf Corew^ qrand eeeuier d^ Angleterre ^ ^t*ire Antoine irowne^ ehetalier^ et meeeire Themnê Wriothee Jarretière^ chevalier ors- *>«r rot d^armee dudit ordre^ ambaeeadeure ^ommii et délègue* de la part de trMiaut e#

tris'puiieant prince Henri par ta mime grâce de Dieu roi d'Angleterre, eeigneur d'Hubert nie de/feneeur de la foi, notre trie-cher et trie^amé frère ^ eouein, perpétuel allié ^ confe^ deré^ et bon eompere^ noue aient exhibé et repreeenté eertainee lettrée patentée^ datiéee du vingt'deuxiéme jour d* octobre 1527, eignéee Sampeon^ et eeeîléee en cire rouge du sceau du collège et d^ieelui tris-digne ordre de saint Georgee^ dit ta Jarretière par la teneur desquellee qu^avons fait lire pardevant nous, et lee chevalière de notre ordre de saint Michel^noue apparoissoit lee eusd. ambassadeurs atoir plein pouvoir, faculté et puiesance de noue signifier et présenter de la part de notre dit tris-cher frère et couein souverain fieelui tris-digne ordre de eaint Georqee^ et au$si de V amiable aeeociatian d'ieelm , Vélection uniquement

S te de nous , par iceux souverain et cheva^ re d^ivelui tres^digne ordre^ et de nous prier et requérir icelle élection accepter et prendre le mamieau et collier et autres insignes de ehevedier dudii iris^igne ordre, et faire le ser« UMUl selon lee articles contenue au livre des etaêute dudit ordre « et que ont accoutumé de

ff1rr ei promettre les chevaliers dNedui, et si forma desêits eermenis ne nous était peu agréable^ leur était donné pouvoir de neiis mepenser de faire lesd. sermene ou partie ti^ veux tels qu'il appartiendrait; eoi contentant

de noire etmple foi et parole , eçavoir faisono que naue eAant éaard et eoneideration à la trfO'^fardiale et tree-entiere aoMur^ alliance ei indieeoluble et confédération perpétuelle, qui cet emre notre dit trè*'Cher et trie-amé frère, couein, allié perpétuel, et bon compère et nous , et que de sa part il a accepté l'élection par noue et noe frères faite de sa personne an tris-digne ardre de saint Michel duquel noue eonunee eomveraine, avone pour cee causée et emtree à ce nous motteeoiu, accepté et aecep^ ions icelui tris^igne ordre de saint Georgee dit la Jarretière, et ce fait nom eommee revêtus et affublés du manteau et emtree insignee dudii ordre à naue préeeniez ei livrez par lee susd. emAassttdemrs, ei aprie lee remercimene en tele eue requis, SÊVone fait le serment en la forme et masuere qui «*e« euit : Nous François par la grâce de Ineu roi de France, seigneur de Gennes el souverain de l'ordre de saint Michel, promettons en parole de roi de garder et ohserver et A noire pouvoir entretenir' les stalata et ordonnances du très-digne ordre S. Georges nommé la Jarrelière en ce qu'ils sont eompatihlre , non eontraires , no dérogeons A ceum de notre dit ordre de 8. Michel, el pareillement des ordres que par ei devant pouvioaa avoir pris des autree prin* ces. En témaing de ce noue avone fait meitrc le eceau dudit ordre aux présentée eigeUoe de notre main. Donné A Parie le 10" ;eur de ••vembre ran de grâce miits cinq cens vingheept et de notre règne le treitiéme.

Henri il , étant parvenu A la couronne do France, ordonna, dans le premier chapitra de l'ordre de Saint-Michel, qnll Hat A Lyoa» où il fit son entrée l'an iSfcS, que les ebevaliera manteau

de cet ordre porteraient A revenir le eau de toile d argent, brodé A rentonr

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