‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 101 sur 118 · II :n · texte numérisé non relu

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portants qu'il lui avait fait donner poar le bien de sa personne et de son Ktat, et qui plurent encore moins A ses enfants, qui abusaient de son autorité et profitaient de ses exactions. Ce prince, animé contre le saint, sachant qu'il était dans son couvent de Paterne, y envoya un capitaine de galère avec des soldats pour se saisir de lui et l'emmener prisonnier A Naples. Cette nouvelle jeta la consternation dans le pays. Les habitants de Paterne s'employèrent avec zèle auprès du capitaine pour le détoorner d'arrêter le saint, lui remontrant que ce serait attirer sur lui et sur toute la maison royale la colère de Dieu et le fléau tle son indignation. Il ne laissa pas de vouloir exécuter les ordres

În'il avait reçus ; mais lorsqu'il eut va saint rançois de Paule et qu'il lui eut signifié la volonté du roi, il fut si touché de son humilité et de la disponition où il était de le suivre, et surtout des discours admirables qu*il lui tint, qu'il s'en retourna à Naples sans rien faire. Il dit au roi ce qu'il avait vu et entendu, et lui fit si bien comprendre le dan*

Eer qu'il y aurait eu d'enlever le serviteur de >ieu au milieu des peuples qui le regardaient comme un saint, qu'il le fit résoudre à le laisser en liberté.

Cependant le brott (le sa sainteté et de ses miracles «'étant répandu au dc*IA de l'Italie, vint jusqu'A la çpur de France, où le r*>i Louis XI était dangereusement malade danv le chAteau du Plcssis-lez-Tours. Ce prince, qui avait on grand attachement pour la vie, avait épuisé l'art des médecins et usé de tous les remèdes imaginables pour rétablir sa santé ; ces secours ayant été inutiles, il avait eu recours A des moyens surnaturels pour robten'r du ciel par des vœux, des neuvaines, des pèlerinages et autres dévotions; mais comme cela avait été inutile jusqu'àlors, il crut que saint François de Paule, qui était le thaumaturge de son temps, pourrait taire quelque miracle en sa faveur, et obtenir de Dieu saguérison perses prières. Il lui fit d'abord écrire pour le convier de le venir trouver en France, où il loi promit tous les avantages qu'il pourrait souhaiter ponr l'établissement de son ordre et pour lui-même. Le saint, qui était mort au monde, ne se laissa pas toucher par ses promesj^es, auxquelles il préféra les douceurs et les biens célestes dont il jouissait dans sa solitude, dont il ne voulut point sortir malgré les instances d'uo si grand monarque ; c'est pourquoi Louis XI en fit parler au roi de Naples par son ambasaadeur. Ce prince fit son possible ponr persuader A saint François de Paule de donner cette satisfaction au roi de France, mais ce fut encore inutilement. Enfin Louis XI s'adressa au pape Sixte IV, qni envoya deaK brefs A ce saint homme, par lesquels il lui ordonnait de se rendre promptcment A la cour de France. Il n'en fallnt pas davantage pour le déterminer, et la voix do souverain pontife fut pour lui comme on ordre venu du ciel. Après avoir réglé ce qui lui parut plus important pour l'administration des couvents de Galabre et de Sicile, il partit le 2 lévrier

DiCTlOiNNAlRE DES OUDRES RELIGIEUX.

1U2 a?ec le nallre d*hôtel do roi qui Tétait v«»nti qoerir. 11 fut reça à Napics avec la même pompe qae si c'eût été un légal apo9« lolique oa le roi même. Ferdinand, arec ses enhnts et ce qa*il y arait de grands seigoeorsâ sa conr, alla-au devant de lui, et la foule du monde était si grande que, sans la diligence du prince de Tarente, fi's d^i roi, qui ratait été quérir jnsqu*à Salerne, il eût é:é impossible de le faire passer.

A Rome le pape loi fit rendre des honnetirs que Ton n*/ accordait pas même aux princes. Les cardinaux le visitèrent en cérémonie, et en trois différentes audiences particulières qo*il eut du pape. Il fut assis dans un fauteuil égal à celui de Sj Sainteté, qui Ten^- Irettnt chaque fois pend nt Tespace de trois ou quatre heures. Ce pontife voolot l'élever aux dignités ecclésiastiques, mais le saint N'en défendit av<x beaucoup d'h:miilité. et n'accepta , de tons les pouvoir» que lui offrit 1/ pape, que celui de bénir des cierges et des chapelets pour faire ses présents en France, ce qui fut la source d'une infini é de miracles qu'il fil en ce roy.ioroe. Il parla à Sa Sainteté du vœu de la vie quadragésimale qull voulait établir dans son ordre; mais comme le pape faisait beaucoup de difficulté pour le loi accorder, le saint, sans insister davantage, prit par la main le cardinal de la Rovère, et dit au pape q tir» celui-ci ferait ce que Sa Sainteté avait tant de peine A faire, lui prédisant par là Qu'il serait pape ; ce qu'il confirma encore à ce cardinal lorsqu'il «e réfugia oo France S009 le poistificat d'Alexandre VI; et en effet il le fut depuis sous le nom de Jo* les 11, et il approuva la règle des Minimes avec le quatrième vœu de la vie quadragésimale.

Peu de temps après, ce saint ambassadeur alla s'embarquer à Ostie pour prendre la Toute de Franre, et dans presque tous Ira endroits où il passa, il laissa d< s marque» du pouvoir qu'il avait reçn de Dieu, parles guérisons miraculeuses qu il fit. Le roi Louis XI, apprenant son arrivée eu France, en eut tant de joie qu'il fit présent au porteur de cette nouvelle d'une bourse de dix mille écus, qui «tait ta somme qu'il fiisait donner tous les mois à son médecin depuis ^a. dernière mala* die. Sachant que le saint approchait de la Touraine, il envoya orlre au dauphin de France, son fils, qui fut depuis roi sous le mm de Charles VIII, de l'aller recevoir A Amboffse : ce qu'il fit avec tous les témoigna* ges possibles d'estime et de respect, et depuis ce temps-là ce jeune prince l'aima et rhonora comme sou propre père. Le roi ne su contenta pas d'avoir envoyé son fila le re« cevoir : sachant qu'il était proche de Tours, il voulut aller lui-même au-devant de lui avec toute sa cour et le reçut avec autant d'honneur et de soumission que si c'eût été le pape. H se jeta à genoux devant lui, le conjurant de faire en sorte que Dieu voulût lui prolonger la vie. Le saint lui répondit ce qu'une lersonne aussi humble et autant pé* iiéirén do l'esprit de pieu qu'il l'était devait répondre A une pareille demande, lui faisaut

entendre que la vie des rois amsi bien ^«e celle di*s autres hommee élanC entre les mains de Dieu, qui a compté tom nos joor«, il fallait s'adresser A ln« par la prière pour connaître sa volonté ei s'y soametire avraglément. Le roi le fit loger dans la basie» cour de son ch&leao, en une petite naisos proche la chapelle de saint Matthieu, afia dt pouvoir jouir plus facilement de son enirriira par le moyen d'un nommé Ambrolse Romhaut, qui savait également le latin,le fraaças et ritalien, et donna charge A deux ofûcters d'avoir soin de sa subsistance et d<* celle es ses religieux qu*il avait amenés avec lui. U vénération que le roi, les princes et les seigneurs de la cour les mieux sensés avaiesi pour ce grand serviteur de Dieu, n'capé^ cha pas que plusieurs courtisans plus vmés dans les manières du monde que dans ccIIm des saints ne se moquassent de lui et ne ra|>pelassent par dérision le bon komme^ le toarnant en ridicule sur ses habits, ses cbev«ii qu'il ne coupait point, et surtout sur son eitè* rieur négligé. Le médecin du roi, Jac^aes Coctier, ue fut pas des derniers A le railirr, y ét.mt eicité par sa jalousie ; mais l'aosée suivante il se réunit avec le saint poar disposer enfin le roi A la mort qu'il apprèbeadsit tant. Saint François fit sa principale aflairt de ce dernier devoir, et il obtint perses pnères auprès de Dieu et par la force de ses exhortations le changement du cœur du roi, qsi mourut entre ses mains leb août de l'an lù), avec une soumission parfaite A la volonléds Dieu, après lui avoir recommandé ses Irwf enfants et le repos de son Arae«

Charles VIII, a^ant succédé A Louis XJ, honora notre saint d'une manière encon plus particulière que n'avait fait le roi los père, ne voulant rien faire iioe par ses aru dans toutes les choses qui regardaient ta conscience et même celles de l'Etat : il le t (silait souvent et le faisait venir dans ses abinet; il lui fit tenir le dauphin son fils ssr les fonts de baptême, et voulut même qu'il le nommAt : il lui fit bAtir un beau cooveat dans le parc do Pies is, an lieu appelé lei Montils, avec une pension suffisante poarlw et ses religieux, et un antre A Ambotse» lo' la place même où il l'avait reçu à soo ani* vée en France, lorsqu'il n'était encore que dauphin, et voulut que les religieux de ce monastère fussent entretenus snr les retenai annuels de ses finances. Son aOectioa p«>ar ce saint homme ne se borna point A lui fi<rc du bien dans ses Etals. Etant A Roaeen 1^9». où il avait fait nue entrée triomphante, et os le pape Alexandre VI l'avait proclamé eaipereur de Constantinople; il y fonda as iii'* couvent de son ordre sons le nom de U Sainte-Trinité au Moat-Pincio, qui, selon b intentions de ce prince, approuvées par notre saint et conurmées par les soa?erâiss pontifes, n'a été jusqn'A présent reapli qoc de religieux français, sans qu'aucun astre, de quelque nation qu'il soit» y puisse seolement coucher une nuit, non pas même k(énéral, s'il n'est pas franç.iis.

Peu de temps après que ce «aiot fondalief

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e«i établi son ordre en France, il cal la consolation de le voir éUiblîr en Espagne, sous les mit cathoUqoes Ferdinand et Isabelle» y oairoyaal pour cet eiïel des religieux du couvent do Plessis*lez-ToorSy auxquels on donna on couvent à Malaga, où ils furent nammés les Frères de la Victoire, à cause de la prise de cette ville sur les Maures» que Ferdinand attribua aux prières de saint Fran* çois» qui enfin composa sa première règle en f i93, et la Ol approuver par le pape Alexandre VI » à la ri'eoniaiandation du roi de France» et ce poniite cbangca le nom d'Ermites de Saint François d'Assise» que portaient ces religieux» en celui de Minimes des Frères Ermites de François de Paole. Ce fut aa&si )a même année que Ton jeta les f >ndemente du couvent de Nigeon près Paris, dont la reine 4nne de Brelagne se rendit fondatrice» et Ton donna à ce couvent le nom des Bons Doromes, qui lui est resté jusqu'à présent, à cause du nom de Bon Homme» qu*on avait donné à leur fondateur, comme nous avons dit ci-dessus. Le même Alexandre VI conQrma en 1V95 toutes les srAces que ses prédécesseurs avaient accordées A cet ordre» et lui communiqua encore tons les privilèges des religieux mendiants.

Deos ans après » c'est-à-dire en 1497, le saint fundateur envoya de ses religieux en Allemagne» à la prière de l'empereur Maximi* lien. Ils y établirent d'abord trois coavents qui ont servi de pépinière aux autres que Ton a depuis bâtis dans le même pays. L'année suivante 1498» Louis Xll étant parvenu à la couronne de France par la mort de Charles VIII» qui arriva A Amboise» comme le nouveau roi avait toujours été éloigné ;de la eoor» et qu'il ne connaissait pas saint François dePaule, il lui laissa d'abord la liberté de s'en retourner en Italie ; mais ayant appris à cette occasion la valeur da trésor qu'il allait perdre» il révoqua sa permission, et voulut encore enchérir sur ses prédécesseurs en affection et en bienfaits à l'égard dn saint, de ses religieux et de ses neveux^ en quoi les uns et les autres forent tiien servis par l'archevêque de Rouen» Georges d'Amhoiae» ministre d'Rtat, qui avait été fait car* (iinal l'année de l'avènement de Louis XII A \é couronne.

Ce prince non-seulement agréa comme «ivait fait son prédécesseur les bulles de Sixte IV et d'Alexandre VI en faveur de Tordre des Minimes » et en ordonna la publica* lion » mais l'an 1500, pour donner plus de force A cette ordonnance» il la confirma cn« core par d'autres lettres patentes et donna pouvoir au saint homme de bAlir des cou* vonis dans tous les lieux de son obéissance» les exemptant de toutes sortes d'impositions» de subventions et de subsides. L'an 1501, saint François de Paule ayant perfectionné sa première règle» et ayant réduit en dix cha* pitres les treiae dont elle était d'abord com* po^èe, ayant aussi établi la vie quadragé^i* inale en vœu, et ayant dressé une règle pour les personnes de l'un et l'autre sexe qui vivent dans le monde, il fit encore approuver

ces deus règles par le pipe Alexandre VI, en 1502. Il retoucha ensuite ces deux règles, auxquelles il fit quelques changements » et les présenta au sacré collège des cardinaux» qui les ayant trouvées conformes aux sacrés canons, elles furent confirmées par une bulle du m âme Al«*xandre VI» qui» outre les privilèges des quatre ordres mendiants dont jouissait celui des Minimes» le fit eucore participant de ceux qui avaient été accordés aux Ermite» de Saint Jéràme de la congrégation du bienheureux Pierre de Pise» et tous ces privilèges furent confirmés en 1505 par le p;ipe Jules II» qui y en ajouta encore de nouveaux et nomma pour protecteur de cet ordre le cardinil Bernardin deCarvajal, que le saint fondateur lui avait demandé. Enfin Tan 1506» saint François de Paule ayant mis la dernière main A ses deux règles» et eu ayant fait une troisième pour des religieoscs» le même pape les approuva et les confirma par une bulle du 25 juillet de la même année.

Le saint ajouta encore A ces trois règles d'autre:s ouvrages» savoir un Correctoire» dans lequel il marque les pénitences qu'il faut imposer dans son ordre poar les trans-

f:ressions des commandements de Dieu et de 'figlise» et les prévarications de la règle ; un Cérémonial» dans lequel il prescrit ce que l'on doit olMerver dans la récitation des offices divins et dans les fonctions ecclésiastiques. Le Correctoire fut aussi approuvé par Jules 11, qui donna encore une autre bulle Tannée suivante en faveur des religieux do cet ordre contre ceux qui voulaient les empêcher de jouir de leurs privilèges » et» pour les y maintenir. Sa Sainteté leur donna des conservateurs.

Peu de temps après Dieu fit connatlre au saint fondateur qu*il ne tarderait pas A le retirer de ce monde, pour lui donner la récompense promise A ceux qui l'aiment et qui leseryent fidèlement jusqu'A la fin. Quoi* qu'il se fût toujours préparé A la mort pendant (oui le temps de sa vie» il voulut s'y dis^ poser d'une manière encore plus parfiile» car trois mois avant que de mourir» il demeura caché dans sa cellule du couvent dis Plessis-lei-Tours sans se communiquer aux hommes. Ce fut le jour des Rameaux de Tan 1507, ou sur la fin de Tan 1506» comme l'orv comptait alors les années en France» qu*ii fut attaqué dune fièvre qui devait terminer sa vie mortelle. 11 ne \oulutpas néânmuioa qu'on eût aucun soin de lui» ni qu'on lui donnât aucun soulagement. Le jeudi saint il as^einbla» selon rordonaance de la règ>e, lei religieux dans la sacristie, qui tenait lieu de chapitre» pour leur recommander Tamourdc Dieu, et la charité entre eux» la fidélité h leur règle» ol principalement resactiludo dans robservance de la vie quadragésimale» qui les distinguait d'avec les autres religieux. De là il se fit conduire A TEgliso» où, «iprii s'ésre confessé, il reçut la sainte eucharistie en la manière que ses religieox la reçoivent ce jour-lA, c'est-à-dire les pieds nus et le cordon au cuu. On le recouduisil ensuite à sa

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