‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 102 sur 118 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

cellole, appuyi sur loi bras de ses reii;;ieox. Uo Frère lui demanda s'il voulait qu*on lui larât les pieds l'après-dinée, suivant la contume de TEglise, il répondit que non, mais que le lendemain on ferait de son corps ce que Ton voudrait. En effet, Il mourut le lendemain, qui était le vendredi saint, deuxième jour d'avril. L'opinion commune esl que ce saint avait pour lors près de qoaire-viofft* ooxe ans. Le P. Giry, provincial de son ordre en la province de France, a fait voir, dans une dissertation qu'il donna en 1680, que ce sentiment devait élre suivi plulAt que celui du P. Papebroch, qui dit qu*il n'avait que soixante-neuf ans, l'ayant faitnaflreen 1^38. Ce savant Jésuite s'est ensuite rendu aux raisons du P. Giry, cl le P. Périmezzi, aussi de l'ordre des Minimes, qui a donné, comme nous avons dit, la Vie de ce saint, y a joint la dissertalion du P. Giry, et n'a pas manqué de rapporter la rétractât on du P. Papebroch. Le corps de saint François de Paule fut porté dans l'église de son couvent, ou il demeura pendant trois jours sans que l'on pût Tenterrer, à cause de la grande aflluence du peuple qui venait pour le voir et l'honorer; et il ne fut mi^ en t( rro que le lundi de PÂ- «tues. La duebessede Bourbon, fille de Louis XI, et la comtesse d'Angouléme, mère du roi François I", ayant appris qu'on l'avait mis en terre, n'en furent pas contentes, A cause principalement que ce lieu était fort humide et sujet aux inondaUonsde la rivière du Cher; c'est pourquoi elles obligèrent, le jeudi suivant, les religieux de le lever de terre: il fut encore exposé plusieurs jours sans se corrompre, et on le plaçi ensuite dans une grotte de maçonnerie, bien voûtée et ornée, qui fut faite au fond de la chapelle

3oe Ton avait choisie d'abord pour le lieu 6 sa sépulture. L'on commença dès lors A réclamer son intercession et à lui faire des vœux pour obtenir par son moyen les faveurs du ciel. On travailla peu de temps «tprès, même du règne de Louis XII, et sous le ponliflcat de Jules 11, à faire des informalions juridiques des nctions saintes de sa vie et de ses miracle:). Quelques-uns veul nt que sa béatification ait été faite le 7 juillet 1513, mais on ne laissa pas de poursuivre depuis les mêmes procédures en France, en Calabre, et dans les autres endroits où l'on savait que le saint avait été. Ce fut le p ipe Léon X qui le canonisa en 1519. Son corps fut conservé précieusement dans l'église de lion couvent du Plessis, jusqu'à ce que, l'an 1562, 1rs huguenots qui mettaient la France en combustion y étant entrés les armes à la main pour le saccager, comme ils avaient lait en divers endro ts du royaume, tirèrent son corps du tombeau où ils le trouvèrent encore couvert de sa peau, quoiqu'il y eût 55 aus qu'il fût mort, le traînèrent, revêtu de kes habits comme il était, avec une corde qu'ils lui mirent au cou, dans la chambre destinée pour recevoir les hôtes et l'y brû-> lèrent avec le bois du grand cruciflx de Téglise qu'ils avaient arraché. Se« ossements furent néanmoins pour la plupart retirés du

feu par des calholiaues lélés, qui se ttélèrent parmi les soldats calvinistes daas li chambre où se commettait le sacrilégs; h dans la suite des temps ils fareut distribeb à diverses églises.

Le saint fondateur ayant nommé, qn^lqoe temps avant sa mort, pour vicaire générales sa place jusqu'au premier chapitre, le P. Bernardin de Cropulato, proviodal de li province de Touraine, celai*ci iodiqQS It chapitre général pour le mob de déc«'mbre de la même année 1507. Il se tint i Rome, et le P. François Binel, pour lors oorrectrar du couvent de la Trinité à Rome, y fat éls général le premier janvier 1508. L*ordR était pour lors divisé en cinq prorinces, qui étaient celles dMtalie, de Tours, de Frsace. d'Bspagne et d'Allemagne; mais comdie l'ordre s'est si fort multiphé daus la suite, qoM a présentement environ quatre cent dsquantc couvents, il est divisé en trentr H une provinces, dont il y en a donie en Italie, onxe en France et en Flandre, sept es Espagne et une en Allcmane. Ces relipesi ont même passé dans les Indes, où ils osi quelques couvents qui ne composent pas de provinces, et qui relèvent immédialemeat du général, aussi bien que les conveats 4t la Trinité du mont Pincio, de Saint^Fraoçois de Paule, et de Saint-François dette Froitt à Rome. Dans ce premier chapitre gé )éril, auquel le cardinal de Senogalia, de l'urdre des Mineurs, présidait en Tabsence dn car* dinal Carvajal, protecteur, il fut ordonné, sur la dilBculté que quelquesHios Esisaiest de recevoir la règle de saint Françoiide Paule et de se soumettre an vœu de li fie quadragésimale, que ceux qui s'y oppose* raient et ne voudraient point accomplir ce vœu, seraient privés de tons droits de suffrages dans les élections : ce qui produisît un bon effet, car tons les vocaux se jetèrent aux pieds du cardinal et firent de nouveas profession entre ses mains de la quatrième règle de saint François de Paule et do vcra de la vie quadragéiimale. D'abord les généraux ne furent uue pour trois ans, et ils commencèrent A l'être pour six ans ea 1603, par autorité du saint-siège. Le premier qoi exerça cet office pendant six ans fot le P. Etienne AugiiT, Français, qui fut élu dans le chapitre général oui se tint à Gènes, et qsi était le trente-troisième qoi s'était tenu dass l'ordre. Ceux qui ont droit d'assister à ces chapitres généraux sont le général, les coS lègues généraux, les provinciaux, le xélear ou procureur général, seulement quand le chapitre se tient i Rome ou aux environs. Les vocaux des chapitres provinciaux qui »< tiennent tous les trois ans sont les prorisciaux, les collègues, les correcteurs et an commis de chaque prorince. Il y avait antrefois quatre vigiles ou visiteurs géoéraai, qui étaient élus dans les chapitres générant et quivivaient droit d'y assister, aussi Inm que les collègues provinciaux et deux eo» mis de chaque province, mais les vigiles ont été supprimcSi et les collègues proi bdaoi

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n*y a8»i$tenl plas, chaque pro? incc j en« voîaot teolement an commis.

Nous afonsdil que la règle de saint Fran* çoi$ de PanI* contenait dix chapitres; elle commence par Tobserrance des préceptes et des vceax. Ainsi, tous les frères observeront les commandements de Dieu et les pré* rcptes de rEfclise. Ils rendront obéissance au pape, et promettront de garder jusqo^à la On de leur vie les vœux d'obéissance, de chas- Icté, de pauvreté et de la vie quadragésimale. Ceux qui voudront entrer dans l'ordre ne pourront j être reçus qu'en qualité de frères clercs, de frères lais, ou de frères oblats, et demeureront tout le rcfttede leur vie dans Tètat de leur profession. L'habit des frères clercs et des frères Liis sera long jus* <«u'aax talons, d'une étoile vile, de laine m* torellcment noire et sans teinture. Le cha* peroo sera aussi de la même couleur, et descendra devant et derrière jusqu'au mîlî<*u de la cuisse ou à peu près (1). ils auront encore une ceinture de laine de semblable couleur, nouée de cinq nœuds, et Ils ne pourront pinai« tii jour ni nuit quitter le cordon, ni l'habit, ni le chaperon. Us se serviront à Icor choix de soc:|ucs ou de smdales, faites degenèls eu de feuilles de palmier, on de paille, ou de corde, ou «!e |onc, ou bien ils pourront se servir de souliers ouverts par* dessus, si ce n*est qu'une pressante nécesiité ou la dispense des supérieurs ne les exempte d'aller nu-pieds : il y a plus de cent aos que ceti'e dispense leur a été accordée, et ils sont préientcment chaussés.

Quant aux oblats, ils auront un habit de la même couleur, qui n*ira que jusqu'au gras de la jambe ou environ et ne descendra pas plus bas. Ils auront aussi un cordon noué seulement de quatre nœuds. Ils seront chaussés, et porteront un chaperon honnête avec sa cornette, ou bien un bonnet décent et commode, suivant que la qualité du pays le requerra. Il sera permis à tous les frères de porter sous leur habit, selon leurs besoins, des tuniques de %ilc étoffe et de petites lu- Djqoes de serge, comme auisi des bauts-decliausses et des bas-de-chausses raisonna*bleuent étendus sur les genoux. Ils pourront encore se servir \ leur volonté d'un manteau qui sera de la couleur de l'habit, au« quel sera attachée une cuculle propre à couvrir la télé» laquelle cuculle s«*ra courue par derrière. Les oblats se servi' o .t à leur discréiioo, tant an dedans qu'au dehors du couvent, d'un petit manteau fermé do la longueur de leur habit ou environ, sans capuce ai cuculle. Ils pourront tous dans les voyages fte servir, avec la permission du correcteur, d*un iae pour monture, et au défaut d'âoe, le correctoire leur permet do se servir àt mulets et même de chevaux, s'ils ne trou* îent piiint de mulets.

Us ffères qui auront été reçus pour le chœur suivront rn tout l'ordre et le calendrier de lËglise romaine, et s'acquitteront <2cs offices dlûns, en observant toutes les

cérémonies, selon l'usage de la même Eglise. Les frères eonvers diront pour matines trente fois l'oraison dominicale et la salu«' tation angéltque, dix pour laudes, douie pour vêpres, ajoutant aVix dernières salutations le Gloria Pairt; et, pour rorOee des morts, ils diront tous les jours dix Paier et autant d'iive, ajoutant à la Gn du dernier le Requiem œternnm. Quant aux oblats, ils diront pour matiufs vingt Pater^ et pour ehafune des autres heures cinq et autant d'Ave^ aj(»utant à la fin du dernier le Gloria Patrie et, pour l'oflice des morts, ils diront cinq autres Pater tous les jours et autant d'ilve, ajoutant au dernier le Requiem.

Tous les frères s'ubstiendrout entièrement de viandes grasses ou pasca!es; et, pour faire de dignes fruits de pénitence, ils observeront la vie quadragésimale jusqu'à ce point de ne point manger de chair ni d'aucune chose qui tire son origine de la chair; et ainsi nonseulement la chair et la graisse, mais aussi les œufs, le beurre, le fromage, et toutes sop tes de laitages, et même tout ce qui en est composé ou formé, est absolument défendu, tant au dedans qu'an dehors du couvent à tous les frères, tant clercs que lais et oblats, si ce n'est dans les grandes maladies: car si quelqu'un tombe malade, il doit être conduit par l'infirmier dans l'infirmerie claustrale, ou ou doit le secourir avec beaucoup de soin, le nourrissant des viandes de carême qui seront les plus propres pour le soulager: mais si la maladie augmente, il doit être conduit dans l'infirmerie extérieure, bAtie dans la clôture du couvent, oà on lui donne* ra tous les aliments propres pour rétablir sa santé, qui seront apportés par uu autre endr.iit que par le cloître du couvent, qui doit être éloigné de l'infirmerie pour le moins de cinquante pas, et personne n'y peut entrer sans la permission du supérieur*

Quant aux jeûnes, ils sont ainsi prescrits. Les Frères clercs et les lais jeûneront éffalemeut depuis le lundi de la Quiuquagésime jusqu'au samedi saint inclusivement , et depuis la fête de tous les Saints jusqu'à Noël exclusivement. Ils jeûneront aussi tous les autres jours orJonnés par TCglise, et tous les mercredis et vendredis de l'année, excepté le jour de Noël , quand il arrivera un vendredi. Pour lei oblats, il 4 jeûneront seulement tous les vendredis de l'année, et depuis la fête de sainte Catherine jusqu'à Noël exclusivement , et tous les jours ordonnés par l'Eglise. Aucun des Frères ni des oblats étant en santé ne peut être exempt du ieûne, ^inon dans les voyages; néanmoins les supérieurs peuvent, pour de justes raisons, dispenser les uns et l s autres de chacun de ces icûnes en particulier.

L'exercice de I oraison leur est recommandé, et, afin qu'ils aient plus de facilité pour s'y adonner, lis doivent garder le si.ence en tout temps dans l'église, dans II! doitre, dans le dortoir, au réfectoire, durant la première et la sect^nde table, cl

(1) Vuy , à la On du voL, u*« 245 ctSie.

DICTIONNAIRE DRS ORDRES RELIGIEUX

en loQs lieux depuis Thcure de compiles jusqu'à primes du jour suivant. Les sn^ pérîeurs ont le nom de correcteurs, afin qu*ils se corrigent premièrement eux-mêmes, et qu'ensuite ils corrigent les autres. Tous les ans, le jour de s<'iint Michel, ces correcteurs sont élus par les religieux de rliaqne coofeni, et ne pnurenl exercer cet office que pendant un an , sans pouvoir sortir du couvent pendant ce temps-là, si ce n'est pour de justes causes , après en avoir donné connaissance au chapitre et demandé le consentement des anciens du couvent. Voici la formule des vœux de cet ordre.

Je Frère N. toue ei promets à Dieu toutpuiêiant , à la bienheureuse Vierge Marie , à iouie la cour céleste ^ et à vous , mon rêvé* rend Pire iV. e^ à cet ordre sacré , de demeurer ferme ^ et de persister tout le temps de ma vie sous la manière de vivre ei la règle des Frères Minimes de Saint^François de Paule^ laquelle est approuvée par notre très-saint Père le pape Jules //, après Alexandre Vit d^heurease mémoire , aussi pontife de Rome, en vivant avec persévérance sous les vœux de pauvreté 9 de chasteté et d'obéiseance ^ et de la vie de carême ^ suivant les détermi" nations et les circonstances marquées et pres^ crites dans la même règle. Les oblats ajoutent , Et de plus je promets garder la foi à ce même ordre ^ et de représenter fidèle^ ment les aumônes qui lui seront faites.

Cet ordre a produit plusieurs personnes qui se sont rendues recommandables par leur piété et par leurs écrits ; il y en a eu aussi plusieurs qui ont été élevés aux dignités de l'Eglise. Les Minimes de France ont donné des évéques aux Ëglises de Marseille, de Mâcon et de Riez. Louis d'Attichi, évéque de Riez, religieux du même ordre, eu a donné une Hi<iloire en français ; le P. de Li Noue, une Chronique en latin; et le P. de Montoïa les Annales en espagnol. Le P. Thuillier a donné une Histoire particulière de la province de France sou.h le titre de Journal des religieux et religieuses de Tordre des Minimes do la province de France et une traduction de la Règle, do Correctoire et du Cérémonial, avec des remarques hisioriques sur ces trois o i- V rages.

Cet ordre a pour armes le mot Cbahitas d*or entouré de rajrons de même en champ d*azur.

Francise. Lanovius, Chronicon générale Ord. Minim, Louis Doni d'AUichi, Hist.

aénf^rale de V ordre des Minimes. Luc de Alonloïa, Chronie. générale de la orden de los Minimes, Hilarion de Coste, Uist. Ca^ tholique, Rolland. Act, Sanct,, tom, 1 Apri-»lis. Giry et Raillet, Vies des saints ^ 2 Avril. Baltazar d'Avila, Manipulas Minim. Kené Thuillier, Traduction de la Règle^ duCorreC' loîre et du Cérémoniil des Minimes^ atec des remarques historiques.

Au dernier siècle, les Minimes avaient à Rome cinq maisons, dont l'une, Ln Trinité du Mont j appartenait aux Français. Ils

comptaient six provinces en Eapagae. dett maisons à Paris et ceile dd Bo s <te Vioctsnés (dont les hàtimeiit« et l'enclos s<tat ces* serves jusqu'à re jour). L'ordre dce Uieinc» a donné en France l'exemple de la soooûssion à la Dulle Unigenitus et s'est altiré es conséquence la critique des jansénistes dass leur Gazette. Le réfectoire de la maison de li Place-Royale, aujourd'hui servant de caierne , était Immense, éclairé par neof croisées, décoré de belles peintures. La bibliothèque de ce monastère était composée d'environ 26,000 volumes,y comprii plnsieun manuscrits. Les Minimes ont donne aat ku très plusieurs célébrités, et nouscom^s&s parmi les Français, les PP. Niceron, Mersenne, Plumier, Avrilloo , Le Clerc, De Gosle, Giry, Monteynard. Le noviciat »e faisait à Paris, dans la 2« aiaisoi sito^ à Chaillot ei nommée des Bons^Hommeu La dot était de lOOD livres. Le géncriil,! U fin du dernier siècle, était le R. P. Sérapbis Dcicra. Aujourd'hui ces religieux oot sepi maisons dans les Ëtats soumis à l'emperesr d'Autriche, comprenant environ 340 ladiiidus. L«* général est le P. Louis Conli,rési« dant à Rome. Ce procureur général est le P. Gasp.ird Montenero. Dans notre deraier volume nous parlerons des efforts tentés par le P. Monteynard , et du succès obteno par M. l'ahbé lieuf pour le rétatilisseaient des Minimes français. Voyez UiniiiES an Sopplément. B-n-z.

S II. Des Religieuses de V ordre des MinxmtL

Les historiens français de Tordre drs Minimes se plaignent des historiens espa?n»!« du même ordre, de ce qu'Us n'ont donee que for( peu de connaissance de Torigiae des religieuses Minimes qui ont pris oaissanre en Espagne. Tout ce que Ton en sait, c'est que don Pierre de Lucena Olil , ne s'éiani pas contenté d'avoir fondé on conveal de Minimes dans la ville d'Aadujar, dooaa eocore sa propre maison pour y bitîr an ibonasièro de religieuses du même ordre, dmit deux de ses peliles-filles furent les pre* mières qui y prirent Thabit de cet ordre en 1^93. Elles le reçurent des maios do P. Germain Lionel, religieux français , qo** saint François de Paule avait envoyé es ce royaume avec quelques autres poor } établir son ordre. Il est certain qull s'j avait point pour lors de règles parlicslière) pour ces religieuses , et que ce oe f«i qu'en 1506, c'est-è-dîre an lemps qoe le saint fondateur changea quelque cho»e de la première règle pour les religieOT, qu'il songea à en donner une aux religieete*. En effet, par la lettre qn'il écrivit ao p"K Jules II la même année, il lui léfli»ifnâ qu'outre la règle de ses religieux qn'd < beaucoup perfectionnée • et celle pour )<*< personnes de Tun et l'autre sexe qui *'* vent dans le monde, il e.n a composé oo< troisième pour des religieuses.

Le P. Jean du Bois, aussi Français, qoi fut le premier directeur de ce raonastire,

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[ïl les autres qui lui succédèrent , les gr>a« rernèreni apparemment jnsqo'A ce lemps- \h sur la première et la seconde règle, nutani qoe leur sexe le permettait. Saint François de Paule, pour marquer son aTroction envers cette nouTelle colonie do vierges , leur envoya à chacune en 1505 un chapelet « qui était le présent ordinaire qu'il faisait à ses amis et aux bienfiiiteurs tfe Tordre ; il n*y arait pas pour lors plus de huit religieuses dans ce monastère. Lf} P. de la Noue , dans ses Chroniques de Tordre, remarque que ces chapelets étaient de (;ui de chêne qui, étant travaillé autour, représente de tous cMé« une croit entourée de rayons : ce que les écrivains espagn ils de ce même ordre ont publié comme une merveille » quoiqu'il n'y ait rien que de naturel ; il est vrai qu'ils produisaient des rRels admirables et miraculeux « principalement dans la guérison des malades; mai« c'était en Tcrta de la bénédirtion que le falot leur donnait en conséquence du pouloir qu*il en avait reçu du pape. Ces religieuses araient été jusqoe-la sous Tobéis- 5anfe du correcteur des Minimes du couvent d*Andnjar, mais le saint fondateur les mit sons celle du provincial d*Bspagne.

La règle qu'il leur donna est peu diiïérente de la quatrième qu'il donna aux reli- ^i^ux , ne s'y trouvant point d^autres chan-« gements que ceux que la diversité du sexe a nécessairement obligé d*y faire: les mêmes vœux » les mêmes jeûnes , les mêmes observ«inccs du silence et de la modestie y sont ordonnés, et ce sont partout les ménirs termes « excepté lorsque ce sont dos règlements propres pour des filles et qui ne peuvent pas convenir aux hommes. Ou ne voit point qu*on ait parlé de cette règle dans le premier chapitre général qui se tint é Rome en 1507, elle y fut néanmoins rrfue avec celle des religieux, puisque la métne bulle approuve Tune et l'autre. Tous les monastères des religieuses Miuimes qui ont été fondés depuis ce tempslà , tint en France qu'« n Italie et en Espagne, Tont été sous roblîgatton de cette règle, qu'on y a toujours observée fort eiactemenl : la différence qu'il y a entre les rorrectrices de ces religieuses et les correcteurs des religion I , c'est que les correctrices ne sont élues que tous les trois a<itt et que les correcteurs doivent être élus t.)us les ans.

Le second monastère de religieuses Minimes fui aussi (omU} en Espagne, à Gia , •<u diocèse de Séulle en 1509; mais les Oarnics ^*étant opposés à cet étabrasemcnt, •t cause que ce monastère était trop proclio de leur couvent , et que par un de leurs piiMléges on ne peut bâtir des maisons religieuses qu'à une distance do près de cent <\uaranie toises de leurs couvents , ces rcli- Rïc^Qscs Minimes furent transférées ailleurs ; mais leii historiens espagnols ne font point n^tntion du lieu où elles furent transfcc^'^s. Le plus ancien monastère de cet ord^^ au même royauincy après celui d*An-

dujnr, dont on ait connaissance, est celai de Xérès de la Frontéra,qui fut fondé l'an 152k 11 se fit inrore d'antres établissements en Espagne, comme à Archidona , Baïza, Gordooe, Sévilie, Fueotes de Léon, Ante^uera et autres lieut. Ces religieuses furent introduites en Sicile par Hector Pjgnatelli, qui en était vice-roi , et qui , ne se contentant pas d*avoir fondé on couvent de religieux de cet ordre à Palerme , voulut être aussi fondateur d'un couvent de religieuses Minimes qu'il fit bâ^ir en 1532 dans la même ville, et qni dans la suite est devenu plus considérable par la libéralité et la magnificence de Philippe III, roi d'Espagne. Enfin, en l(i2l, il se fit un éiablissement de ces religieuses en France dans la ville d'Abbeville; la Mère Gabrielle Fonc^uart en fut fondatrice. Rite était fille de trançois Fouquart, reci*vcur des tailles do la même ville et de Marie Caisier ; elle avait toujours eu dessein d'être religieuse, mais après la mort de son père, ayant été obligée d'obéir à son oncle, qui avait conclu son mariage avec nn homme veuf qui était fort riche, on la maria à l'âge de vingt^sixans. Deux ans après, son roiri étant mort, elle résolut de quitter le monde. Elle Tut la première qui reçut l'habit du Tler^ Ordre de Saint-François de Paule à Abbeville en 1601, et fut pendant vingt ans correctrice de quelques filles et femmes séculières de ce Tiers Ordre. Elle vécut quatorze ans en communauté avec quelques filles dévotes qui avaient fait aussi profession de ce Tiers Ordre, et e:le employa ce temps-l à traiter de l'établissement de religieuses Minimes ; mais les reti^irux s'y opposaient toujours, et ce no fut que Tan 1021 qu'elle ob int le consentement du P. Hivière, pour lors visiteur général des Minimes , qui la reçut pour être religieuse du second ordre, lut dinna le voile et à treize auties flil s de sa communauté , après en av< ir obtenu la perm ssion de l'étêque d'Amiens: quelques religieux du même ordre y formèrent encore de nottveilrs oppositions » mais elles furent enfin levées par le pape Grégoire XV, qui érigea cette maison en mo-* naslère par u;ie bulle du 10 juin de l'an 1623. Elles firent profession en 1624 entre les mains du P. Nicolas Lesgulllier, qui avait été commis à cet effet par le car-< dinai Hippolyle Aldohrandio , protecteur de Tordre, et par le P. Cyrille Caroart, pour lors générai. La Mère Fouquart fut établie correctrice de ce nouveau monastère , où, après avoir encore vécu plusieurs années dans les exercices de pieté et de mortificaticn , elle mourut saintement en 1639. Il s'est f.iit depuis un autre établissement de ces religieuses dans la V lie de Soissons.

Comme, dans le temps que l'on faisait l'étnblissement du monastère d'Abbeville, le P. Louis D^ni d'Attichi, depuis évéque de Kiet, écrivait son Histoire générale de l'ordre de< Minimes , il n'a pas parlé des religieusrs de

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

cet ordre eu France, mais il adonnélos Vies de quelques religieuses espagnoles et italiennes qui son( mortes en réputation de sain* teté. Il dit cia'en Tannée qu'il écrivait, qui était en 162;j , il y a^ait trois cents religieuses de cet ordre en onze couvents; ainsi avec les deux d*Abbeville et celui de Soissons, il y aurait quatorze monastères de religieuses Uinimes. Leur habit est semblable a celui des religieux de cet ordre : nous en donnons deux estampes, dont Tune représente une de ces religieuses sans manteau et Taulre en nianleau et en habit de chœur (1).

Francise. Lanovius» Chronie. central, ord. Minim. Louis Doni d*Atticbi« Uist, générale de l'ordre des Minimee, Lucas de MontoYa , Cronica gênerai de la orden de loi Minimoe» liilarion de Coste, Eloges des Dames illustres^ lom. II. Ignace de Jésus-Marie, Hist. d'Àbbevillef et René Tbuillier, Traduction desrègleSf eorrectoire et cérémonial des Minimes^ ai ec des remarques historiques.

MINIMES (Tiers Ononc drs).

Le T;ers Ordre des Minimes pour les personnes de Tun et Taulre texe qui vivent dans le monde avait été établi par saint François de Paule dans la Calabre, longtemps avant qu'il \lnt en France, car, par les procès Taits en Italie pour sa canonisation. Ton voit qu'il recevait des personnes séculières en celte congrégation, et qu'il leur donnait le petit cordon , qui est la marque de cet ordre. Le procès même qui fui fait à,AIiilie porte qirp, lorsqu'il y passa pour aller en France» il y laissa une communauté de Tierciaircs, au nombre de dix-sept, qui avaient pour correc* Irice une Sœur nommée Perne, et pour confesseur et direcleur un prêtre qui s'appelait Serra, qui était aussi de ce Tiers Ordre. Mais il ne parait pas que saint François de Paule ait dressé en Italie aucune règle pour le gouvernement et la direction de ce Tiers Ordre. Les buns exemples de sa vie et les leçons spirituelles que lui et ses religieux faisaient assidûment à ceux qui se rangeaient sous sa conduite, leur tenant lien de règle et de statuts jusqu'à ce qu'enGn, en 1501, lorsqu'il retoucha la rèffle qu'il avait faite pour ses religieux en H93 , il en Gt en même temps une pour son Tiers Ordre dont il obtint l'approbaiion du pape Aleiandre Vit Tannée suivante 1502. Cette approbation fut renouvelée par le même pape, de lavis et du consentementdes cardinaux en suite de quelques changements que le saint Otà ses règles, et» l'année 1506, elle le fut plus solennellement

fiar le pape Jules 11, qui, joignant ensemble a règle des relisieux, celle des religieuse^! et celle du Tiers Ordre » et n'en faisant qu'un corps» les confirma toutes par une même bulle.

Cette règle du Tiers Ordre des Minimes roDlieoC sept chapitres. Elle ordonne aux Frères et aux Sœurs l'observance des commandements de Dieu et de TËglise. Ceux qui sont clercs doivent réciter l'oHice divin selon

l'usage de TEglisc romnine» et ceux qeî h sont pas obligés de réciter le bréviaire doivent dire pour matines sept Pater et loUtl d'.4o«, sept pour landes, cinq pour véprei ei trois pour compiles et pour chacune ée% astres heures , ajoutant au dernier le GlvrU Patrie et tous les jours ils doivent dire escore trois autres Pater et autant dMrcpoer les défunts, et à la fin du dernier le Rtquim œternam. Ils doivent s'accuser de leurs peeks aux confesseurs qui leur sont assignés par le correc eur général de l'ordre des Mioiawi, et communier le jeudi saint , le j«Hir de Piques , à Noël , à la Pentecôte et i la Cèle 4e TAssomption de Notre-Dame* Us assisterost à la messe avec beaucoup de respect et pa7^ ront les dîmes quMs doivent à leors car«. Ils d 4vent fuir le monde et les emplou desbonnétes, éviter les festins et les vanités do siècle. L'abstinence de viande leur estordos* née depuis la fêle de sainte Luce jusqu'à Noél excluaiivemcni, et trois jours avant lesqsitre jours de communion prescrits par la r^, aussi bien que tous les mercred.s deTaniiée. Les confesseurs peuvent néanmoins di«pe.tstr du jeûne et de l'abstinence ceaiqa'ib jugent à propos, et peuvent changer ces ]•£• nés en d'autres œuvres de piété. On acconle aux Frères et aux Sœurs la Lberté d'ubserver la vie quadragésimale , s'ils ont assexdc ferveur pour la pratiquer. Les vélemesu extérieurs seront, selon leur état et l« arcosdition , entièrement ou presque semblables pour la couleur aux habits des religieni Minimes. Les Frères et les Sœurs recernist avec dévotion d(S correcteurs de rordrt«,oa de quelqu'un commis par eu\, un cordos noué seulement de deux nœuds, et après no temps convenable, s'ils désirant persévérer dans l'observance de celte règle, ils ferool aussi profession entre leurs mains. Ils pesveut dès le bas âge recevoir le cordoa.nsj la profession ne se diit faire qu'A Tigeét quinze ans. Enfin, pour la conduite di* cric congiégation de fidèles de l'un et de rsairc sexe, les provinciaux de l'ordre des MÎDiaies ou tes supérieurs majeurs lui assigueroul es chaque lieu un correcteur ou une correctrice qu'ils pourront eux-mêmes changer toiio les fois qu'ils le jugeront à propos. Ces correcteurs et correctrices doivent s'apptiqacr de tout leur pouvoir à assoupir les procès et les disputes qui peuvent nat:re entre les Frères et les Sœurs, et à les remettre par cbarilé dans la pai\ et dans l'union d'une «nitié sincère. Ils doivent tous avoir un paod amour les uns pour les autres et ne po«st rougir de s'appeler mutuellement Frères fi Sœurs, et comme tels ils doivent se visiter et se consoler les uns les autres dans leors «P flictions, leurs adversités et leurs maladies. Voilà en abrégé la règle que saint FrsoçoJ de Paule prescrivit aux Frères etaoi Seurs de son Tiers Ordre. Nous avons dit qoe U marque de cet ordre est on cordon noué Jr deux nœuds. Quoique la ressembiaoce 9"^ leurs habits doivent avoir avec ceux de» reir

(I) Foy., Lia fin du vol., u""* 247 et 248.

iClOI

MIN

lilN

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(îeax MîniRM^s ne soit que par rapport à la cc»nl< ar et non pas à la forme, il j a néanmoios des pays ou les Tierciaires de cet ordre 8*habiltenl de même que les Frères et les Sœurs de ce même ordre. Ils font profession eo ces termes :

Je, iV.« prometi à Dieu toui'pui$snnt et à toute la cour céleste et à dous^ mon révérend Père J^.. d'amender de plue en plut mes mœurs et ma vie et d^observer autant que je le pour^ rni If s préceptes salutaires de la règle des fiditeê de l un et Vautre sexe, de Vorare des Mi' nimes^ confirmée par notre saint-père lepnpe Jules //, et d'obéir aux successeurs de saint François de Paule^ les correcteurs généraux de cet ordre des Minimes^ et de suivre les bons conseils et les instructions de ladite règle , et de procurer Vhonneur et Futilité dudit ordre* En foi de quoi fui signé et marqué de ma main ce présent écrit pour témoignage de ma profeesion^ en ce couvent des Frères Minimes de M, etc.

L*an 1539, quelques filles de ce Tiers Ordre qui riraient en commun dans la ville deTo« li^de en Espagne depuis environ cinq ans, dains une maison particulière d*oà elles ne »orlaieot que |jOur aller à TEglise entendre la messe et recevoir les sacrements, voulurent changer leur maison en un monastère et faire des voeux solennels sous la troisième règle des Minimes. Elles s'adressèrent pour cela an cardinal Pucci, protecteur de Tordre, qui, approuvant leur dessein, parla au pape Paul III, qui érigea cette maison de Tierciair^^s en un monastère sous le titre de Jèsus-et- Marie et Tobsrrvance de la troisième règle des Minimes de S.iint-François de Paule, leor permettant de faire les vœux solcnn«^Is de chasteté, pauvreté et obéissance, et leur accordant tous les privilèges dont jouissaient les religieux et religieuses du premier et do f^econd ordre. Ces religieuses, quoique ap* prouvées par lé pape, ne purent jamais obtc^ nir le consentement des supérieurs de Tordre pour y être reçues sous leur joridiction. Elles présentèrent d*abord pour ce sujet une requête au chapitre général assemblé à Fréjus en 15fc7; mais leur demande ne fut point accordée non plus que dans les chapitres généraux qui se tinrent encore â Fréjus en 1556, et i Valence en 1561; quoique la reine d*Rspagne , Isabelle de France, s'intéressât pour elles, tout cela fut inutile. Cette princesse les faisait subsister par ses aumônes, mais après sa mort la ville se voyant chargée de ce soin, demanda au cardinal de Quiroga, ;irchevéqae de Tolède , d'en être déchargée. Ce prélat transféra ces religieuses, de leur consentement, dans on autre monastère appelé Notre-Dame de la Blanche, où elles demeurèrent quelque temps avec I*habit de Minimes , et Brent un si grand progrès dans la verto que quelques-unes d*entre elles sont mortes en odeur de sainteté. Ce sont les seules religieuses Tierciaires qu*ii y ait jamais eu dans cet ordre, qui ayant été abolies à cause de leur grande pauvreté, n'ont jamais 4té rétablies : ainsi le Tiers Ordre des Minimes ne comprend que des personnes sécu-

Dictionnaire dis Oudrbs rbliqieux. II.

lières de Tun et Tautre sexe parmi li^squelles il y a eu le bienheureux CrAct; de Valence. Les Minimes prétendent que Louis XI, Char«> les VIII et Louis XII, rois de France, étaient de cet ordre aussi bien qtie saint François de Sales, évêque de Genève.

Francise. Lanovius , Chronicon générale Minimorum. Louis Don! d*Atllchi, Hist, Gé^ nér. de rordre des Minimes. Lucas de Montoïa, Chronic Gêner, de la orden de los Minimos. René Thuillier, Traduction des règles^ correctoire et cérémonial des Minimes avec des remarques historiques, François Grry, Préface de la règle du Tiers Ordre des Mini^ mes: et Ballaxar d'Âvila, Manipulas Minimorum.

MINISTRES DES INFIRMES (Clbbcs Riou- UBRs), appelés aussi du bien^mourir^ avec la Vie du vénérable P. Camille de Lellis^ leur fondateur.

Voici on ordre dont la fin, selon Tlntenlion du fondateur, éta^t de rendre au prochain toutes sortes d'ofHces de miséricotde , tant corporels que spirituels. Les religieux de cet ordre ont même };endant quelque temps eu le soin des hôpitaux, donnant aux malades toute sorte d assistances en leur administrant leurs besoins, leur donnant à manger, faisant leurs lits, les nettoyant et faisant i leur égard les fonctions de serviteurs. Mais les différends qu'ils ont eus aT«*c 1rs administrateurs des hôpitaux dont il4 avaient le soin, et dont le plus souvent ils voyaient employer l(*8 revenus à d'autres usages qu'aux besoins des malades, leur ont fait abandonner le soin des hôpitaux pour s'appliquer uniquement à la visite des malades, s'obligeant par un quatrième ?œo de leur donner toute sorte d'assistances spirituelles et de les assister A la mort, même dans le temps de pe^te, ce qui leur a fait donner le nom de Ministres des infirmes ou do bien-mourir ^ comme on les appelle en Italie.

Camille de Leilis fut l'instituteur de ce saint ordre. Il naquit à Bucchianico , petit bourg de la province de TAbrozie dans le royaume de Naples et du diocèse de Théate, le^ mai 1550. Son père qui était homme d'armée négligea l'éducation de son fils, dont la naissance avait été en qoel(|ue façon miraculeuse, puisque sa mère ne l'avait mis au monde que dans une extrême vieillesse, et lorsqu'il n'y a^ait aucune apparence qu'elle dût avoir d'enfants, plusieurs années s'étjnt même écoulées depuis qu'elle avait encore mis au monde un autre garçon, qui mourut en bas âge. A la vérité Camille tut en- %ovéaux écoles, mais tout le progfès qu'il* y ut fut d'apprendre à peine A lireet à écrire, ne s^appliquant qu*A jouer continuellement aux cartes et aux dés.

A Têge de dix-huit ans, il suivit la profession des armes comme son père, qui voulut lui faire faire sa première campagne an ser-' vice des Vénitiens, qui étaient en guerre pour lors avec les Turcs. Comme ils étaieul A Ancôue sur le point de s'embarquer pour

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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUI

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passer à Venise» ils tombèrent loos deux dangereosement malades « ce qui leur 6t iibandonner ce dessein ; el lorsqu'ils corn* mencèrentàsemieniL porter» ih prirent la résolution de retourner chei eai ; mais à peine furent-ils arrirés à Saint-Lopidien proche Lorelle, que le père de Camille , se sentant plus mal, ne put passer plus a?ant et mourut quelques Jours après, ne laissant pour loul bien à Camille que Tépée et la cape ( comme Ton dit ordhiaircmeiil ). Sa mcre était morte aussi quelques années au* paravant, ce qui auemeutail son chagrin, et pour comble de malheur, il lui vint un ulcère à la jambe gauche, qui fut à peine guéri, qu*un autre plus grand et qu*il porta toute sa vie parut a la jambe droite. Il continua néanmoins son chemin et passa par Fermo* où il flt quelque séjour à cause d*uoe petite fièvre dont il Tut travaillé pendant quelques jours.

Ce fut dans cette ville que Dieu qui voulait atliier Cainille à lui, commença a lui faire concevoir du dégoût pour le monde. La rencoutre qu'il Ql de quelques rei gieus de Tordre de Saiut-Françuis fut ce qui v donna lieu. Il fut si édiOé de leur manière humble, modeste el retenue, qui n'inspirait que de la dévotion et de la piété, qu'il résolut d*entrer dans l(*ur ordre et de renoncer entièrement au siècle. Il fut pour ce sujet à- Aquila, où un de ses ondes était gardien du courent de Saint- Bouaventore; il lui communiqua sou dessein rt lui demanda Tbabit de son ordre; mais soit à cause de ses incommodités, soit que ce Père ne lui trouvât pas une vocation assex forte, il ne voulut pas lui accorder sa demande ; en eflTet le temps de sa conversion n'était pas encore arrivé.

Il demeura quelque temps à A^oila d'où il alla à Rome, pour se faire guérir de son ulcère, et ayant appris que dans ThApital de Saint-Jacques des Incurables il y avait d'habiles chirurgiens, il se présenta pour y être reçu au nombre de ceux qui ont soin des malades » dans lespérauce qu'en même temps on aurait soin de sa plaie ; mais après y avoir demeuré quelques mois, il fut mis dehors par réconome, à cause de son humeur querelleuse et de son inclination pour le jeu, qui était si grande, que, quittant souvent le service des malades , il sortait de l'hôpital pour aller jouer. Il y resta néanmoins sur les promesses qu*il flt de se rendre plus assidu à son devoir ; mais le maître de l'hôpital lui ayant trouvé des cartes sous le fhovet de son lit, il fut renvoyé et on n'eut plus d'égard aux promesses au*il fit qu'il serait plus exact A remplir ses devoirs.

Comme la guerre ^ue les Vénitiens avaient avec les Turcs n'était pas encore terminée , cl qu'ils faisaient de nouvelles troupes» Ca« mille s'enrôla à leur servicct l'an 1569. liais cette guerre étant finie et les troupes ayant été licenciées, il eut le même sort que les autres soldats qui s'en retournent les mains vides. Comme c'était en hiver, que le froid était rude, qu'il était presque ou et qu'il n'avait point d'argent, il se vil réduit dans une

grande misère. Les capucins de la ville d« Manfrédonia auxquels il demanda la chtritr. eu ayant eu compassion, loi donnèrent qntl. ques morceaux de drap de la couleer de leurs hibits pour le revêtir ; et comme ils faisaient travaillera la cottstmctioo de qnel-

3ues édifices, Camille s'engagea à y sênir c manœuvre, dans l'espérance de gagner qurique argent pour se mettre un peu à iV liri dcâ rigueurs de la saison et retourner ensuite à la guerre au printemps, si l'occasion s'en présentait, sans perdre l'incliDaiioo du jeu, qui était si forte qu'il j>ua uo joor jusqu'à sa chemise.

Le séjour que Camille fil chez les capucins fut un effet de la Providence divine qoi voulait le faire rentrer en lui-même et Pattirer â son s( rvice. L'hiver ne se passa pas sans qu'il fit réflexion sur sa vie déréglée, il en fut vivement louché, et fit vœu d*eotrerdaos l'ordre de Saint-François, pour y faire pénitence de ses fautes : il demanda avec tant d'ini»tances Thabil aux PP. Capucins qallsle lui accordèrent,et ils le reçurent enqualitede Frère lai; mais son ulcère s'étant rouvert, oi le renvova. Comme il avait été guéri de cette plaie à I hôpital de Saint-Jacques des loctinblés à Rome, il y retourna pour y serv.r encore les malades. Il s'y comporta d'une antre manière qu'il n'ai ait fa t la première fois; il avait entièrement changé de vie, il était drvenu un autre homme, et il fut pendant le séjour qu'il fit dans cet hôpital l'exemple des aotns serviteurs.

Après y avoir demeuré quatre mois, et la plaie s'étant refermée, il retourna à Uanfredonia pour reprendre l'habil ches les PP. Capucins qui le lui donnèrent pour la seconde fois et le renvoyèrent aussi quelque temps après, voyant que sa plaie s'était rneore rouverte. Camille voyant doiic qu'il ne pouvait être reçu dans cet ordre, prit la résolution de se consacrer entièremebt au service des malades. 11 retourna pour cet effit a Rome, il rentra dans TUôpital de Sainl-Jacques, et comme il n'y avait pas longtenops que l'économe en était sorti, «t que les administrateurs avaient expérimenté quelle était lit vertu de Camille la seconde fois qu'il était entré, ils lui donnèrent cet emploi.

Le vœu qu'il avait fait d'être de Tordre de Saint-François lui donnait du scrapule, son esprit n'était point en repos ; c'est pourquoi il se préiienta pour la troisième fois sut Capucins afin d'être reçu parmi eux ; mais f'O ulcère fut encore un obstacle à sa deuiiiniif. Un an après il postula chez les Cordelien. as couvent d'Âracœli à R>»me, et ta mèuie raison ayant aussi empêché sa réception, Il m songea plus à Tordre de Saint-Françoii. I' lui vint en pensée de former une coogrefation de quelques personnes sécolièrei qsi s'unissent ensemble pour s'empiover au service des malades. Ce fui l'an 158i que cinq Ïiersonoes se joignirent à lui pour cet en<t- Is s'assemblaient tous les jours dans on p^ tit oratoire qu'ils avaient dressé daos oo i'fu retiré de cet hôpital, où ils se rendaient lou« les jours pour laire ensemble leurs prierez

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el leurs oraisons. Ils ne changèrent point pour cela leurs habiU séculiers ; mais le dé* non prévoyant le progrès que celle congrégation naissante ferait un jour, el de quelle utilité elle serait pour le salut des âmes , ficha de la détruire dans »on commencement. Ceai qui préstilaient au gnuverncmcnl de cet bép tal, n*ayanl pan assez examiné les intentions de Camille de Lcllis, et regardant ce qu'il avait fait comme une nouveauté, firent ôter Toraioire; mais la nuit soitante Dieu connola ce saint fondateur, l'ayant e\fior(ô a persévérer dans son vnln prise et lui prometlatit de Taider eu Ijut.

Camille ayant été consolé par cette vision, résolut de former sa congiéttadon hors de rbdpilal; il prit conseil d'un de ses amis qui lui dit que tant qu'il serait dans Téiat sceolier il n'aurait pas beaucoup de disciples, et qu'il lui conseillait de se f.iir** prêtre. 11 ittif it cet avis, et Camille à Tâge de trenteleux ans apprit les rudiments de ta langue liiine, et n*eot point de honte à cet ige J'aller au collège des Jésuites pour y faire in études et de commencer p ir la •iiième. il y fit tant de progrès qu'en peu de temps on Tadmit à la prêtrise, une personne de piété qui fut informée des intentions qu'il avait de fonder une eongrégation lui ayant fjjt une pcn&ion de treote^six écus romains pour lui servir de titre.

Peu de temps après qu'il eut reçu les ordres sacrés, les admiai^trateurs de rbépital de Saiot-Jacques lai donnèrent la desserte de l'é^li^ie de Notre-Dame des Uiracles proche le Tibre. Camille croyant qu'il pouvait librement en ce fiea donner commencement à ta congrégation, se démit de son emploi d'cconunie Se Thôpilal, et au mois de septembre 158ft, sous le pontifical de Grégoire XIII, îl prit possession de cette é^^lise et du couveul qui y était cootigu, et il fil prendre pour lors à ses compagnons l'habit '*)')?, tel que le portent les ecclésiastiques ; mais ils ne demeurèrent pas longtemps en ce li^u. Quelques-uns ont écrit qu'ils furent contraints d'en sortir à cause qu'Us n'en avaient pas obtenu la permission du pape, •'1 d*anlres disent, avec plus de vratscmbianee, que Camille ne l'abandonna qu'à cause qu'étant tombé malade avec ses compagnons, il crut que le voisinage du Tibre y av.iit pu contribuer. En effet les religieux pénitents do Tiers Ordre de Saint-François (le la congrégation de France appelés Picpus, qui Ont achrté depuis ce couvent, ont espériiDcnté que l'air y est très-mauvais, ce qui leur a fait aussi quitter ce lieu sans en abandonner la propriété, et Camille de Leliis en étant sorti, loua une maison dans le quartier qu'on appelle des Boutique < oheeures,

Sj congrégation n'augmentant de jour en i^^ttr, d rétolol de lui donner le litre de Mi« nislres des Infirmes, au lieu que )usque-li elle avait été appelée la congrégation du H. Camille. Le pape Sixte V l'approuva par un bref du 8 mars 1586, et leur p nuit de vivre en communauté, de faire des voeux ii:uple4 de pauvreté, do chasteté et d'obéis-

sance, et un quatrième d'assister les malades à la mort, même au temps de pe.ste. Il leur permit aussi d*élire un prêtre entre eux pour supérieur qui ne pourrait exorcor son oiDce que pour trois ans, et de cb rcher des aumônes par la ville. Ce fut en vrriu de ee bref que Camille, d'une commune voix, fut élu pour supérieur le vingtième avril do la même année. Immédiatement après son élection, ayant pris un cornpagnoa, il fut dans Rome pour y demander la charité; mais comme Ils n'étaient pas connus, on les prit pour des vagab ^nds et ils ne rappor* tèrent rette première fois qu'un pain et quelques fruits.

Le cardinal do Mondovi, qui avait obtenu du pape la c infirmation de leur congrégation, obtint encore un second bref du 2G juin de la même année, qui leur permettait de mettre sur leurs habits une croix tannée pour les distinguer des autres clercs réguliers. Ils n'avaient pas pour lors d'église ni d'oratoire pour y pouvoir célébrer la messe, et ils étaient obligés de sortir tous le< jours* tant les prêtres que ceux qui ne rétaieut pas, Dour aller dire ou entendre la messe aux Jésuites, où \U avaient choisi leur confes seur. C'est pourquoi ils résolurent de quitter la m:iison qu'ils ne tenaient qu'à louage aius iioutiqueê obscures, el ils obtinrent à certaines conditions de la société da Goofalon l'égliâe de la Madeleine proche la Rotonde, avec quelques maisons coniigaês, où ils vinrent demeurer au nombre de douze ou quinze. Sur la fin di dernier siècle, ri^s re* ligieux ont fait rebAtir cette ég iie de fond en comble, et elle est une des plus belles de Rome, étant aussi accompagnée d'un trèsbeau monastère qui est regardé comme le chef de cet ordre.

Leur nomlH'e n'étant beaucoup augmenté dans cette nouvelle demeure, Camille fit un voyagea Naples pour y faire un établissement, et y mena avec lui douze personnes de sa congrégation. Le cardinal Patlotti, voyant de quelle utilité elle était, offrit A Camille un autre établissement à Bologne dont il était archevêque. Camille refusa ses offres, s'excosant sur le peu de prêtres qu'il avait, la plupart de ceux qui composaient sa con* grégation ne pouvant être promus aux ordres sacrés faute de titres patrimoniaux; mais ce prélat lui répondit qu'on y pouvait remédier en érigeant sa congrégation en ordre religieux. Il en conféra avec le cardinal de Mondovi qui en était le protecteur, et tous deux en parlèrent au p.ipe Gré* goire XIII, qui renvoya cette affaire à 1 1 congrégation des rites. Ce pontife étant mort sur ces entrefaites, celte ciiugrégation ne fui érigée en ordre religieux que par le |>ape Grégoire XIV, par un bref de l'an 1501, qu'il sigua quelques heores avant que de mourir. Le bref approuvait aussi leur manière de vivre qui avait été dressée par Camille de Leliis, et dent un des priocipaux articles étaiv que leur pauvreté devait être semblable A celle des ordres mendiante qui ne possèdent aucan fonds ni revenu, et vout de porte eu

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