‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 103 sur 118 · IMI · texte numérisé non relu

IMI

porte recevoir les aumAnes des Gdèles; qae Ton élirait u*n général dont ri>rGce serait perpélU'i, et qu'il aurait quatre consulteors dont rofllce serait aussi perpétuel : qu'anssilôl qu*il j aurait un général» ils feraient entre ses mains les vœux solennels de pau- Trelé, de chasleié, d'obéissance, el un qua«trième d'assisler les malades à la mort, qui est le propre de cet institut ; que le uomlire des Frères laïques serait plus grand que celui des prêtres : qu*ilâ demearer<iient jour el nuit dans les hôpitaux pour avoir soin des malades et qu'ils n en exigeraient aucune rétribution, mais qu'ils recevraient seulement ce que les administrateurs des hôpitaux Tondraient leur donner; qu'aGn d'être plus assidus aux hôpitaux, ils seraient exempts d'aller aux processions et d'assister aux au* Ires fonctions publiques où les religieux seraient appelés, et qu'il j aurait une maison particulière destinée pour élever les novices. Le pape les exempta par le même bref de la juridiction des ordinaires, les soumit immédiatement au saint-siége, et les fit participants des privilèges qui avaient été arcordés aux ordres de Saint-Benoit et des Mendiants, à ceux de la compagnie de Jéi>us, des Chanoines et des cliTCs réguliers, leur défendant après leur profession solennelle de passer dans un autre ordre, excepté dans celui des Chartreux. Innocent IX ayant succédé à Grégoire XIV, conflrma cette congrégation, et commit Tarchevêque d'EfJdaure, Paul Alberi, pour recevoir la profession de Camille, qui, ayant prononcé ses vcpux entre les mains de ce prélat, prit sa place et reçut celles de ses confrères le 8 décembre de la même année.

Après celte profession solennelle^ Camille s'employa au service des malatles avec plus de lèle et de ferveur ; et le feu de sa charité s'alluma davantage, étant obligé de faire par lœu ce qu'il ne disait auparavant que par charité. Clément Vlll -ayant succédé à Inno* cent IX, Camille appréhenda qu'il ne fût pas favorable à sa congrégation , à cause qu'il s'était opposé, n'étant que cardinal, à ce qu'i s fissent des vœux solennels. Pour sonder quelles étaient les dispositions de ce pontife, il le supplia do vouloir confirmer de nouveau sa t'ongrégaiion et les privilèges qui lui avaient été accordés par ses prédécesseurs* Mais il trouva le pape dans d'autres sentiments qu'il h*avait cru ; non-seulement il confirma la congrégation des Ministres des Infirmes au mois de mars lo92 et les privilèges que ses prédécesseurs lui avaient accordés, mais il lui en donna encore de nouveaux.

Après que Camille de Leiiis eut obtenu cette confirmation, il retourna à Naples pour y recevoir la profession de ceux qui y démettraient, cl il alla à son tour en pèlerinage à Lorette pour rendre grâces à la sainte Vierge de la protection qu'elle avait donnée à ta congrégation^ el des faveurs qu'il en avait reçues en son particulier. Btant de retour à Rome, il élnil en peine de trouver le* noyens pour acquitter les dettes que leur

maison avait contractera et qui se asoeUitst à plus de neuf mille écus romains. Ce qai Im faisait de la peine était de voir que la société du Gonfalon , à qui appartenait la plia grande partie des maisons qui ètaienl coati» guës à l'église. de la Madeleine, el dost ili avaient fait leur demrure, nese tojsot poiu payée des loyers qui lui étaient dos, irait fait saisir ce qu'ils pouvaient avoir, prînopaiement une maison qu'un de leurs bifobi. leurs leur avait achetée pour agrandir Icsr di'meure. Dieu y p lurvut peu de leops après ; car le cardinal d.* Mondovi étaot mort au mois de décembre 1593, il leur laissa t-ui ses biens, les ayant faits ses légataires osversels. Ce cardinal avait ordonné par ms testameut qu'il serait enterré sansâocose pompe: mais les religimx qui élaientobli|H de faire les frais funéraires, voulurent l^ moigner leur reconnaissance envers letr bienfaiteur, et ils obtinrent permission éa pape de lui faire d< s obsèques digoei U rang qu'il avait occupé dans l'Bglisc.

La congrégation s augmenta ensuite par deux établissements qui se firent à II Un et à Gênes l'an i^9k. Ce fut i Milan que Camille de Leilis, qui avait on désir ardent de le dévouer eniièremeutan service des malades voulut se charger du soin de tout l'hi^^'iljl et y remplir avec ses religieux tous les es»* p!ois des serviteurs et autres personnes qui étaient établies pour le service des malade»; mais il y trouva de la cuntradiction àm qoeiques-unsdeses religieuxqui ne poavaiest approuver ce changement, comme coatraire à leur premier institut, qui ne les eofageait qu*à la visite des malades el à les assister spirituellement tant de jour que ds nsii* Cette conleslalion dura quelques années ]««qu*en Tan 1600, qu'elle fut terminée ^t Clément VIII, romme nous dirons d-aprés. Ce puntife ayant envoyé des troupes eo Bosgrie l'an 15d5, pour le recouvrement de Strigonie dont les Turcs s'étaient emparés, ordonna à Camille de Leilis de donner boit de ses religieux pour servir d'aumAniers daos celte armée.

Camille, nonobstant l'opposition de sa cou* grégation, se chargea de 1 hôpital de Uilao, et avait dessein de faire la même chose dau les autres villes. On assembla, l'an 1596, sa chapitre générai a Rome pour élire qoaire consulteurs auxquels on donna le son de dresser les consii utions qui devaient wn^ à l'avenir de règlements à la congregatiai; Camille fit ce qu'il put pour y persuader i ses religieux d^accepter le soin des hépitast, mais il ne put rien gagner surleors espnt»i el le pape même lui imposa silence U-d<ftiv* lui ordonnant de vive voix de ne rito inaover. Cette même année ce saint fuodaleor se put résister au cardinal Pâlotte qui loi 4tmandait des religieux pour faire un étaUU' sentent à Bologue» et il lui eo envoja I ee

L'an 1599, le second chapitre général le tint aussi à Kome. Le foudatrur proposa tie nouveau que r«»n reçût la manière d m^^^ les malades ^'il avait établie à Hilamii*

îm

MIN

MIN

lOli^

Iroara d« nouvelles dilDcultél» mait le eoii- Gant que Diea approavait son dessein, il De se rebuta point» et après avoir patienté pondant cinq ans» les coosnltears lui accordèrent enQn sa demande, on dressa de nooteaui règlements par lesquels il était permis de prendre le soin des hôpitaux : le pape Clément VU! les approuva Tan 1600,

Il y eut cette année une autre fondation i Aantoue, et suivant le pouvoir que les religieux en avaient reçu du pape, ils prirent le soin de ThApital de Ferrare Tan 1603. Au commencement de Tannée suivante» ils se rhargèrent des hApitanx deTAnnonciade des Incurables et de Saint-Jacques des Espagnols dans la ville de Naples ; mais ayant quitté depuis cet emploi» ils ont Tait dans la môme ville trois établissements considéra-, blés. Il se fit encore la même année plusieurs, autres fondations» et le pape Paul V étant, monté sur la chaire de saint Pierre au mois de mai 1605» il divisa cette congréeation en cinq provinces, savoir» de Rome» de Milan» de Naples» de Bologne et de Sicile. Camille de Leilis voyant sa congrégation établie solidementyse démit de sa supériorité dans un chaj>itre général qu^il convoqua à Rome au mois d'octobre 1607» et le P. Biaise Opperti tut élu en sa place en qualité de vicaire général et ensuite de général dans le chapitre qui se tint Tannée suivante. En 16l3» on tint le quatrième chapitra général où le P. Antoine de Nigrellis prit le gouvernement de cet ordre.

Camille de Leilis se voyant ainsi délivré de tout embarras prit de nouvelles forces pour marcher dans la voie de perfection. Il disait dans ce renouvellement de vie qu'il ne loi restait plus que de pleurer le temps qu'il avait passé sans Mre aucun profit» el qu'il Tallait qu'il se remplit de bonnes œuvres, afin d'être toujours prêt lorsque Dieu rappcllerail de ce monde. Eu effet il employa les années qui lui restaient de vie à l'oraison, à la contemplation, aux exercices de charité et de mortification» et mourut à Rome plein de bonnes œuvres le 14 juillet 1614. ^n corps fat mis dans trois cercueils enferu)és l'un dans Tautre» deux de bois et l'autre de plomb» et fut enterré dans l'église du mo* nasière de la Madeleine qui est la première maison de cet ordre.

A la mort du P. Camille de Leilis» sa cou* gré^ation était composée de seize maisons en Italie et de quelques autres en diOérents pays qui étaient divisés en cinq provinces» comme nous avons dit ci-dessus. Il y avait environ trois cents religieux» et il en était mort plus de deux cent vingt à cause des malades qu'ils avaient contractées dans les hôpitaux. Urbain VIII» l'an 1637» sur cequ'il y en avait dans la congrégation qui prétendaienl que le chapitre général devait se tenir tous les trois ans» et que les auire^au contraire soutenaient qu'il ne devait se tenir que tous les six ans» jugea en faveur de ces derniers, ordonnant qo'il se tiendrait tous les

(^)^«|f«,ilafinduvol.»ii«2é9.

six ans. InnocentX réduisit lescina provinces à deux» savoir, à la province de Naples» qui devait aussi comprendre la Sicile; et la province de Rome» qui devait renfermer toutes les autre» provinces ; mais l'an 1655 Alexandre VU changea encore cet ordre» et divisa leurs monastères en quaire provinces. Ces Clercs Réguliers sont habillés comme les ecclésiastiques» et portent» pour se distinguer, une grande croix tannée sur le côté gaucho de leur soutane et de leur manteau fl)» et dans la maison les Frères lais» qui entr«iient aussi autrefois dans les charges» por* tent le bonnet carré comme les prêtres et les clercs. Ces Frères lais prétendaient même avoir le pas au-dessus des clercs; mais le pape Alexandre VII» par un bref de l*an 1662» ordonna que» tant dans les fonctions publia ques que dans les particulières, les clercs auraient toujours la préséance.

Outre les quatre vœux solennels , ils font encore quatre vœux simples» le premier du oe rien changer ni consentir que I on change rien dans la manière qu'ils gardent touchant le service qu'ils rendent aux malades» à moins que ce ne soit pour un plus grand bien ; le second» de ne point consentir qu'ih

fuissent jamais rien avoir appartenant aux ôpitaux; le troisième» de ne se procurer aucune dignité hors la religion» et de n'en accepter aucune sans dispense du pape ; le quatrième» d'avertir les supérieurs s ils sa- Tent que quelqu'un se procure ces dignités. Ils font deux ans de noviciat» ils ne sont point obligés à réciter les heures canoniales au chœur» à cause de leur occupation» ni d*assi$ter aux processions. Ils font une heure d*oraison le ioor» et ils ne jeûnent que les vendredis de l'année» outre les jeûnes prescrits par l'Eglise. Le général el les quatre consuiteurs ou assistants élisent les provinciaux» les préfets» les lisiteurs et autres officiers. Le général et les consulleurs sont élus dans un chapitre général qui se tient» comme nous avons dit» tous les six ans. Ils ont des maisons de profession» des noviciats et des infirmeries. Les maisons de noviciat et les infirmeries peuvent posséder des renies» ce qui n'est pas permis aux maisons professes» qui oe peuvent avoir qu'une maison de campagne, afin que les religieux puissent y aller prendre l'air el se récréer. Il y a dans cet ordre des prêtres» des Frères convers et des oblats ; les deux premiers sont obligés par vœux solennels» les oblats font seulement des vœux simples, etsoni^ employés aux offices de la maison. '*'

Cet ordre a passé d'Italie en Espagne, où ces religieux ont quelques maisuns. H y a quelques villes en Italie où ils en ont plusieurs» comme Rome où ils en ont deux » Naples où ils en ont trois ^Ic- Us ont aussi eu plusieurs personnes parmi eux qui se sont distiuguees par leur sainteté el par leurs écrits. Le P. Jean-Raptiste Novati» qui a été général de cet ordre» a donné plusieurs ouvrages de piété au public. Le P. François

fOII

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

de! Giuirce, qui fut élu général en 10M, a enroro éicndn cette congréffation par plorieurs établissements qu*il lui a procurés : elle porte pour armes d^aïur à une croix tannée dans un ovale rayonné d^or, Técu timbré d^unc couronne.

Pet. Halloix, ru. Camilli de LdlU. La même par le P. Jean -Baptiste Rossi. Cosme Lenzo« Annal, Rrlig. Cleric. HegvL Miniitr, infirm. Memorie hioriehe^ de /. Chierici Regolari Ministri de gli tii/trmi. Ascag. Tamhur. de Jur. Abbat.^ disp. 2fc, qaseist. £, n. 87. RulL R&m. Philipp. Bonanni, Catalog, Ord. RHig. cl Mémoires envoyée de Rome.

Le pape Benoit XIV béalifla Camille de LeIlJs en ilhi^ et le canonisa en 1746. C s reJigieux ayafent autrefois i Rome les maisons de Saintr-Marie-Madeleine, Sainte-Marie tft Trevi^ Saint-Jean délia Maha. Ils ont actuellement pour préfet général le R. P. Antoine Scalabrinit et pour procureur général le P. Louis Rogni. Les prétendus Frères et Sœurs de Saint-Camille, qu'on essaya d*établir en Fr.ine sous la restauration, n*ont jamais été canoniquement institués, et leurs maisons n*ont point eu Tapprobation eccléslastfqae et sont tombées. Leur fondat(*or était un homme marié, qui se 6t ordonnera Rome par supercherie, et mourut en France dans une maison d'aliénés. B-d*b.

MIRAMIONES (Des filles de Saihte-Gb-

RBVièvB , COUMUffiMEIfT 1PPELÉBS LfcS ),

apee la Vie de madame de Uiramion^ leur fondatrice.

Quoique la commtmaoté des Filles de Sainte-GencTîève à Paris ait été fondée dès Tan 1636, par mademoiselle RIosset, néanmoins Toniofi qui a été faite de cette communauté avec une autre qui fut fondée par madame de Mîramion, les grands biens que cette dame lui a procurés, et les règlements qu'elle toi a prescrits* lui ont fait donner a?ec jastire le titre de fondatrice des Filles de Sainte- Geneviève. Elle naquit à Paris le ^2 novembre 16^, et reçut le nom de Marie .«ur les fonts de baptême. Elle eut pour père Jacques Bonneiu, seigneur de Rnbelle, et pour mèrje Marie dTvri. Dès Tâge de neuf ans qu'elle perdit sa mère, elle iugea du malheur qu*il y a d'être séparé de Dieu éternellement, par ^affliction qu'elle eut d'éirc séparée de celle qu'elle aimait le plus Ici-ba^i. C*est pourquoi, aSn de s'assurer la possession de ce bien infini, toute jeune qu'elle ^'^'^^^-^^Ue fuyait les plaisirs et les divertissements aillant qu'il lui était possible, persuadée qu*ils éiaient très-préjudiciables à l'Ame.

A 4*flge de douze ans elle prenait soin des malades de la maison ; et, un jour des Rois, un palefrenier se mourant au moment que tout était en joie, elle se déroba pour aller le voir expirer ; ce qui fit une telle impression sur son esprit et sur ses sens, qo'éiant retournée dans l'assemblée, elle te dispensa de danser A un bal, sous prétexte qu'elle ne se portait pas bien ; ce qui paraissait véritablement sur son visage qui était tout changé

λar les réfleiions que ce triste spedade l«| aisatt faire, réflexions qui, suivies da cbagrin qu'elle eut de la mort de too père qsi arriya pendant un voyage qu'elle lit am eaux de Forges avee une de ses tantes, arbf^ Tèrent de la déterminer k prendre le parti de la piété et de la dévotion , dont elb» commença dès lors A faire ses principales cecipations.

Elle épousa en 1645 lean-lacques de Besa* barnais, seigneur de Miramion» conseiller au parlement de Pari5, qui, louebé des pfeat exemples de sa femme, voulut les imiter H mourut dans cette heureuse disposltioa à TAge de vingt-sept ans, la laissant grosse ëe quatre mois et demi, Agée seulement de seite ans. Etant malade A rextrémtlé dans ses couches, elle Rt on vœu A la sainte Vierf^e, afin que son enfant reçût le haïKéme; elelle accoucha heureusement d'une fil!e, qui fai dans la suite mariée A M. de Nesmond, Maître des requêtes, et qui depuis a été présîdent A Mortier. La seconde année de son lea* vage, on lui fit des propositions de mariafe auxquelles elle ne voulut point entendre, ce qui irrita si fort la passion de celui qaila recherchait, que peu de temps après il ta ft en!ever lorsqu'elle allait faire ses déf otIoM au mont Valérien, avec m'*dafne deHirimion, sa belle-mère. Dès qu'elle se vit eatre les mains des ravisseurs, elle demanda à DIm de lui conserver tout son jugement, de lai donner du courage et des fl»rces pour se 4é* fendre, et surtout de lui faire la |;rAce de se le point offenser. Elle fut plusdequarantebeares sans manger, cest-A-dire, depuis soneslèvement jusqu*A ce qu'elle fui arrivée a Launoy, A trois lieues de Sens, au cbâteaa de M. de Bussi-Rabutin, auteur de l'ealèremenf, A qui on avait persuadé qu'el e écosterait les propositions de mariage qo*il loi ferait lorsqu'elle serait en son pouvoir : mais voyant sa fermeté, et craignant les faites de son entreprise, il cessa de la solliàirr et la rend t maîtresse de son sort et de sa Hl>erté. On fit des poursuites contre M. 4e Bussi, mais elle lui pardonna chrétienaement, A la prière de M. le Pt ince, A condition qu'il ne se présenterait jansais devaat elle.

Au retour de cet enlèvement, elle fat «a* lade A la mort, et reçut rntréme^ouctioo avec tous les sentiments de piété que loa

r»uvait attendre d*une Ame qui se disposait aller jouir de la présence de Jésus-Cliri>i« qu'elle avait choisi pour son éponx : mais la Providence qui voulait s'en servir ponr Is bien spirituel et temporel du prêcha a. lai ayant renvoyé la sanié, elle songea plus qoe jamais A servir Dieu. Un jour de I i^|H(Âa* nie, demandant A Dieu ce qu'elle pouvait Iw offrir, A l'exemple des rois uni eoreat le bonheur de l'adorer dans la crèche, elle se sentit tout émue et crut entendre uae voix qui lui disait : Ceet ion cœur que je teux, st quil ioii à mai ean$ partage; ce qui eut paer elle tant d'atiraiu et de chanues, qu'elle resta en méditation quatre heures, peodast lesquelles elle goûtait de si grandes conseil-

iai3

MIR

mu

lions, qac sod |ine f d était pénétrée d'une joir toute sainte et lalntaire. Elle fit à l'Age «le dix «neuf ans une retraite chex les Sœurs «le ta Cliarité, pendant laauelle elle conçut le dessein de se f tire Carmélite, mais son conft^teor l'en ayant empêchée à cause de sa fille qui avait beso'n de ses soins, elle se rontenta de faire tobu de chasteté dans une autre retraite quelle fit peu de temps après celle dont nous ?enon$ de parler.

Sa charité pour le prochain était si grande, qu'elle nourrissait une vingtaine de petites filles orphelines dans une maison proche SainUNicolas-des-Champs, et leur fournis* •ail des maîtresses pour leur apprendre A servir Dieu et à travailler. £lle assistait sou- T<-nt les malades de TBAtel-Dieu, afin de se mortifier, étant naturellement délicate. Son directeur l'engagea à une retraite d'un an, pour vaquer uniquement à sa perfection . sans s'adonner aui œuvres de piété A l'égard d*i proohnio, dont on ne lui permit l'everclce qu'A la fin de Tannée. On la fit trésorière des paovrea de la paroisse de Saint-Ntcolasdes-Champs ; et comme c'était dans le temps des guerres civiles, et que le nombre des pan- ^rP9 élait fort grand dans Paris, son zélé trouva de quoi rexercer, leur faisant distribuer plus de deux mille potaf^e» par jour, •ans parler des autres chsrités secrètes qu'elle faisait aux pauvres honteux avec laalde générosité, que la misère augmentant et ses revenus n'y pouvant pas suffire, elle vendit son collier déportes vingt-quatre mille Kvces, el un an après sa vaisselle d'argent, dont le produit lui «•ervit A faire des missions, A établir des écoles pour la jeunesse, et A des charités pour les pauvres malades de la campagne, dont elle voulut prendre elle-même le soin, apprenant pour cet effet A saigner, k médicameoter les plaies, el A composer des oiiaueots et autres choses nécessaires, dont elle avait un cabinet bien garni, pour loos ceux oui avaient recours A sa charité. Après qu elle eut marié mademoiselle de Miramion A M. de Nesmond, elle crut ne devoir p*us songer qu'A sa propre perrection; c'est poorquoi elle rechercha avec empres- S4»ment tout ce qui pouvait y contribuer. Elle retira chez elle en 1630 vingt huit religieuses des frontières de Picardie, dont les cAOTeots avaient été ruinés par les guerres : ^lls le^» nourrit A ses dépens pendant plus de six mois, et ne cessa cette héroïque charité qu'après ayoir trouvé moyen de les placer dans d'autres maisons, ou de les renvoyer chez elles lorsqu'elles purent y retourner sans aucun danger.

Noos avons déjA rapporté A l'art. Lazabis- 1^9 de quelle manière elle contribua A l'éta* hlissement des missions étrangères pour la coBversioo des infidèles, mais sa charité n'en demeura pas lA, car les désordres de la guerre et la minorité du roi ayant occasionné H fait triompher le vice, cette généreuse servante de Jésus-Christ travailla A en diminuer le progrès, en faisant enfermer dans la communauté des Filles de Sainte-Pélagie, qui subsiste encore aujourd'hui, quelques

filles des plus scandaleuses, dans lespéranre

3ue les autres, intimidées, se contiendraient avantage , et même pourraient changer de vie.

Ce fut par un effet de cotte même charité

3 ne, pour exécuter le projet qu'elle avait fait epuis longtemps d'établir une maison do filles qni tiendraif*nt des petites écoles A la campagne, panseraient les blessés et assisteraient les malades, elle alla demeurer en 1661 dans la rue Saint-Antoine, oà arec quelques filles qu'elle trouva disposées A se sacrifier pour le prochain, elle vécut en communauté sous la protection et le tîlre do la Sainte-Famille, et dans l'observance de quelques règlements que M. de Festel, son directeur^ leur avait faits qoelaue temps avant sa mort; ce qui dura jusqu'à ce que , étant allée demeurer dans la paroisse de Saint-Nicolas du CharJonnet , Dieu , qui par ses inspirations était l'auleur de ce pieui^ dessein , lui donna les moyens de le perfectionner, ce qui arriva de la manière suivante.

Dès Tan 1636 , une communauté de Filles sous le titre de Sainte-Geneviève avait été établie par Mlle Blosset, comme nous l'avons déjA dit. Ces filles s'occupaient au travail , récitaient le petit office de la Vierge en commôn, fréquentaient les sacrements et étaient assidues aux offices divins de la paroisse de Saint-Nicolas du Chardonnei , dans laquelle elles demeuraient. Rllcs visitaient les malades, s'eierçaîent dans la pratique de toutes les vertus, et léchaient d'inspirer le même esprit aux autres personnes de leur se<e, autant par les instructions charitables qu'elles leur donnaient , que par lenr bon exemple. Pour ce sujet elles prenaient des

! pensionnaires , tenaient les petites écoles , àisaient des conférences entre elles el étaient dans le dessein de recevoir aux exercices spirituels celles qui désireraient seretirerchei elles lorsqu'elles auraient assez de logement pour cela, comme aussi d'aider les pauvres gens de la campagne, en y allant enseigner et établir des maîtresses d'école. Elles avaient pris sainte Geneviève pour leur patronne, à cause qu'elles demeuraient au pied de la montagne sur laquelle reposent les sacrées reliques de celte sainte bergère, et elles étaient établies en corps de communauté séculière sous l'autorité de l'archevêque de Paris et par lettres patentes dû roi. La conformité

3u'il y avait entre cette communauté et celle e la Sainte-Famille établie par madame de Uiramioo porta cette sainte femme A vouloir unir sa communauté avec celle de sainte Geneviève ; et Dieu ayant inspiré A plusieurs des filles de celte dernière communauté un grand désir de s'unir aussi A madame de Miramion et A ses filles , elles nt» purent s'empêcher de lui en faire la proposition et à M. réret , supérieur des deux communautés , qui fit plusieurs assemblées pour conférer sur l'utilité de cette union et sur les moyens de la faire réussir; après plusieurs prièms et bonnes œuvres que 1 on fit pour obtenir de Dieu des lumières et la déclaration de sa volonté, elle fut enfin conclue le ik août, veillo

OICTiONNÂlBE DES ORDRES RELIGIEUX.

fOK

de rAtsomptioQ de \ê sainte Vierge, cd préhence et do consenlement de M. Féret. Le contrat Tut fait avec Tagrémenl de l'archevêque de Paris , Hardouin de Péréfine , le l4 septembre 1G65 , et cet inslitat fut approuvé et confirmé en 1G68 par le cardinal de Vendôme, légat a latere en France*

Ces deux communautés ayant été ainsi réunies,niadamedeMiramion donna soixante mille livres pour fonder plusieurs places, et M. Féret travailla à des constitutions qui, outre qu'elles renfermaient les règlements de Tune et de Tautre de ces communautés (excepté quelques-uns dans l'exécution des* «|uels l'expérience avait fait connaître beaucoup de difficulté), étaient remplies de saintes pratiques capables d'entretenir le bon ordre dans la maison et le bon exemple au dehors. Ces constitutions forent approuvées par M. de Harlay de Chanvalon, archevêque de Paris, an mois de février 1674; on les présenta ensuite au roi, qui, par de nouvelles lettres patentes qui furent enregisliées ao parlement la même année, autorisa l'union qui avait été faite de ces deux communautéis, et les changements qui avaient été faits aux premiers réglementa. Madame de Uiramion, qui avait été élue supérieure et qoi encourageait les filles de Sainte-Gene^ Tiève par son exemple à la pratiqoe exacte de leurs règles, leur Qt acheter, l'an 1670, la maison où elles sont présentement» aur le quai de la Tournelle, et leur donna encore dix mille livres. Jusque-là elle avait fait toute la dépense de la maison; mais voyant que les filles, par leur économie et par la réception de celle» qui avaient embrassé rinslitol, étaient en état de subsister par «*llet-mêmes, elle ne leur donna plus que quinze cents livres par an pour sa pension, qu'elle leur a toujours payée jusqu'à sa mori, vivant comme les autre» sœurs et ne voulant point de distinction , quoique sa santé fût fort faible et suieite à de grandes infirmités; et elle leur déclara qu'elle voulait exécuter les constitutions en se démettant de la supériorité perpétuelle. Mais ces filles, persuadées qu'elle leur était encore nécessaire, eurent recours à M. Féret, leur supérieur, et enfin à Tarchevêque de Paris, qui lui ordonna de n'abandonner la supériorité qu'avec la vie.

La ropntation de ces filles ayant passé dans les provinces, une communauté établie depuis longtemps à Amiens députa, l'an 1670, deux filles k madame de Miramion pour lui demander ses conseils. Elle les retira chez elle pendant on mots et les renvoya charmées de ce qu'elles avaient vu. Il en revint d'autres qui lui demandèrent l'union de leur communauté avec celle de ses filles, leur habit et leurs constitutions, ce qui étant appuyé de la recommandation de M. l'évêque d'Amiens et de M. Chauvelin , intendant de Picardie, elles obtinrent ee qu'elles souhailaient; l'union fut faite dans les formes, et madame de Miramion alla à Amiens, où elle laissa deux filles de sa communauté, qui firent faiie le noviciat , et reçurent à rio<>titut

celles qui avaient demandé Tonion. Une satre commonauté établie à la Fetié-souf- Jouare ayant jaussi demandé en 1695 roiioa avec les filles de SainieGenevièvet asadane de Miramion les fit toutes venir i Paris l'asc après l'autre pour les instruire, et alla ensuite à la Ferlé-sous-Jooare les établir et présence de l'évêque de Meaux, M. Béniras Bossuet , qui prêcha sur ce sujet avec beaacoup d'éloquence*

Les Iroopes qui passèrent on séjonmèrttt à Melun Tan 1673 y ayant causé des maladies contaffieuses, personne n'osait soulager Ict malades qui y mouraient au nombre de pits de cent par jour, et la plupart dans les ran abandonnés de tnul le monde et privés de tout secours humain. Madame do Mlraoûos en fut si touchée qu'elle y alla elle-roêlnes^ compagnèe de chirurgiens et des sœurs d^ li Charité , ranima par son exeosple ceux qui, par leur condition, devaient assister les mafades , engagea les magistrats de donner os lieu pour faire un hôpital dans lequel elkit porter les meubles de sa terre de Robclle qsi n'était pas éloignée de cette Tille, y éUblît des sœurs de la Charité, et y fit transporter los malades qu'elle pansait elle-même, les exhortant à souffrir patiemment leurs maat et à recevoir la mort avec soomissiOQ soi ordres de la divine providence, qu'elle 1» forçait en quelque façon d*adorer par les charitables soins qu'elle avait d'eux et ptf les secoors qu'ils recevaient de ses libéralités. L'hdpital général n'en ressentit pai moins les effets dans quelques années dedi* selle» aussi bien que les pauvres pour lesquels elle ranima son zèle dans le temps de la famine dont la France fut affligée en 169». Car sans parler de ceux auxquels elledosnait l'aumône, elle s'appliqua avec une cba* rite héroïque à soulager ceux qui étaiest malades à THÔtel-Dieu, dont le nombre le montant à six mille avait obligé les reiigicoses de cet hôpital à en mettre plusieurs dsas on même lit; attaqoés de différentes msla* dies qu'ils se communiquaient, ils étaieoi dans un état si déplorable, que cette sainlA femme, pénétrée de compassion pour est, conseilla aux administrateurs de cette inaison des pauvres d'ouvrir l'hôpital Ssiat- Louis ; ce qui ayant été approuvé, et le sois lui ayant été donné de préparer tout ce qii était nécessaire pour les y recevoir, on y es transporta une partie , qui , en laissant pias de place à ceux qui restaient à rflôlel-Dieo, s'en trouvèrent eux-mêmes beaucoup sooJsgés et moins en danger de perdre la vift comme l'expérience le fit connaître par Is grand nombre de ceux qui en réchappaiest. Elle n'oubliait pas pour cela les pautrrt honteux de sa paroisse, et faisait faire cbex elle de deux jours l'un du potage pour eui« employant utilement les charités du roi, doot Sa Majesté l'avait chargée après la mort de m.'idenioiselle de Lamoignou qui avait m aussi le même emploie L'année suivssle.

rhôpital général ne pouvant soutenir sa dépenses, les directeurs voulurent renvoie r U plus grande partie des pauvres, mais matl^o»

MIR

MIR

de Miramioa troava des ressoarcei pour l>inpèdier aassi bien que pour maintenir rbôpital des enfants trouvés, qui était fort embarrassé de pourvoir à la subsistance de ces pauvres innocents.

Sa maison avait toujours été ouverte aux personnes de son 8«*\e qui s*7 présentaient pour h y retirer à dessein d'y faire ctiacune en particulier les eiercices spirituels, mais sjsnt entendu parier du fruit que faisritont tn Bretagne les Maisons de retraite ( Fojf. cet article), et qui s'établissaient aussi pour les hommes an noviciat des Jésuites de Pa* ris, elle entreprit d*exercer la même charité pour les femmes ; elle en obtint l'agrément du roi, quoique ce prince l'eûi refusé quelques années auparavant à des personnes de piété qui avaient en le même de^sein. Sa Halesté voulut même j contribuer en lui envoyant six mille livres. L'archevêque de Paris approuva aussi ce dessein, nomma des confesseors pour les retraites, et voulut qu'à l'avenir la maison de madame de Miramion f&i honorée de la présence perpétuelle du saint sacrement, et qu'on l'exposât tous les soirs pendant le salul, tant que doreraient les retraites. Comme pour ces exercices pu- Mies il fallait agrandir la maison, on en scheta une Toisioe qui coûta soixante-quinze mille livres, dont madame de Miramion en donna quinze, madame de Guise six, madame Voisin et madame Duhousset autant, et plusieurs personnes inconnues envoyèrent aussi des sommes considérables. Lm maison fut réparée et divisée en cinquante chambres on cellules séparées. On y fit un réfectoire , une salle d exercices et autres lieox réguliers, et cela avec tant de propreté, qaeces réparations montèrentencoreàplosde >ingtmille livres. Deuxanss'écoulèrentavant que cette maison se trouvât prête. Madame de Miramion en régla le spirituel et lo temporel, et ordonna ifue les retraites des dames dureraient sept jours pendant lesquels elles coucheraieut toutes dans la maison où l'on pourrait en loger cinquante, et que les retraites des pauvres ou des femmes et des filles de médiocre condition ne doreraient que cinq jours; qu'on en pourrait recevoir jusqu'à sii-vingts chaque foi», mais qu'on ne retien* drait à coucher que celles qui viennent de la campagne ; qu'à l'égard de celles de Paris, elles retourneraient tous les soirs chez elles et reviendraient les matins, et qu'on les nourrirait toutes.

Madame de Miramion paya toute seule les premières retraites des pauvres, et quelques personnes de piété y contribuèrent dans la suite. Il n'y a encore qu'une des quatre qui se fout par an qui soit fondée, mais en atteu« dant qu'elles' le soient, le roi y pourvoit par ^s libéralités. Les PP. Jésuites et les prêtres do séminaire des Missions Etrangères font à l'altrrnative les retraites des dames deux fois tannée, et relies des pauvres quatre fois. Le profond respect que madame de Miramion ent toujours pour les prêtres lui fit former le dessein de travailler à l'établissement de àyerses maisons ecclésiastiques : l'une pour

renfermer ceux qui ne seraient pas réglés» une antre pour cnux qui sont obligés de venir à Paris solliciter des aOEaires» et une troisième pour servir de retraite à ceux que l'âge et le travail ont mis hors d'état de servir TEgUse. Mais le temps et les moyens lui ayant manqué, M. le cardin;sl de Noailles, archevêque de Paris, y suppléa en établissant la communautés de Saint-François de Sales, qui pour cet effet jouit du prieuré de Saint-Denis de la Charte à Paris.

Enfin madame de Miramion, épuisée de forces et succombant pour ainsi dire sous le poids de ses mortifications, tomba malade le 19 mars 1696. Ses vomissements continuels l'empêchèrent d*abord de recevoir le saiiit viatique, mais en ayant été délivrée par une grâce spéciale de celui ou'elle avait aimé et servi avec tant de fidélité, elle le reçut enfin et mourut le 2^ mars, ayant ordonné par son testament qu'on l'enterrerait comme une simple fille de Sainte-Geneviève. Six pauvres portèrent son corps à la parojsse, oà II fut enterré dans le cimetière, et son cœur fut m s dans la chapelle de sa communauté, où toutes les bonnes œuvres que Ton y faisait de son vivant ont été depuis continuées et même augmentées par le zèle et la ferveur de ses filles, qui, faisant leur possible pour imit«*r son amour pour Dieu et sa charité pour le prochain, se sont toujours conservé jusqu'à présent l'estime de tout le monde et la bonne odeur de Jésus-Christ par la fidélité avec laquelle elles s'acquittent de toutes leurs obli<galions et pratiques de piété, et par la charité qu'elles exercent envers le prochain, enseignant à lire, écrire et travailler aux petites filles, qu'elles élèvent en même temps à la connaissance des mystères de notre sainte religion et aux pratiques d'une véritable piété, en recevant dans leurs maisons les maîtresses d'école gui désirent éprouver leur vocation et se former à cet emploi, en allant en campagne, lorsque les évêques et les curés le demandent pour établir et dresser des maîtresses, en faisant dans leurs maisons pour l'instruction des personnes de leur sexe une lecture ou conférence familière sur les choses nécessaires au salut, sur les vertus et sur les obligations de leur état pour passer la vie saintement, en admettant chez elles celles qui désirent faire les exercices spirituels, en assistant spirituellement et corporellement les pauvres malades et les blessés des paroisses où elles sont établies, qu'elles soignent et pansent, et auxquels el'es fournissent , autant qu'elles en ont le moyen , les onguents et autres remèdes qu'elles jugent nécessaires pour leur guérison.

Les sœurs ne sont reçues à la communauté qu'à vingt ans accomplis et après deux ans d*épreuve. Elles ne fout point de vœux, mais soit que la prétendante apporte quelque chose en fonds ou en argent ou une rente viagère, soit qu'elle n'apporte rienif on passe un contrat entre elle et la supérieure avec ses conseillères, par lequel il est porté que, outre les autres clauses dont on est

fOlfl

DICTION^IAIRE DRS ORDRES RETUGIEUX.

îff»

conTPna» la prétendante avant lu et bien entenHn l<*s constitat! )n9, elle s'y soumcl et s'oblige de l'*s observer, et qne la communanté s'oblige à la nourrir et entretenir, lant en santé qu'en maladie, pendant tout le. romps qu'elle sera du môme corps, et d'observer réciproquement les constitutions à son égard, etpo irlors,aujourmarqué, lessœu s assemblées dans leur oratoire, le supérieur y étant, la prétendante lui domanded'étre reçue au corps de communauté pourj vivre solvant les conslitutinns. Le supérieur demande si elle a les voii de la communauté, et la supérieure Ten ayantassuré, il dé lare à haute voix qu'elle est reçue. Tel est leur engagement et la cérémonie de leur réception.

Ces filles disent tous les jours en commun le pptit office de la Vierge et font une heure d'orni^on mentale, demi-heure le malin et demi-heure après compiles. Tous les ans elles font une retraite de huit ou dix jours an temps que la supérieure juge le plus commode. Elle peut aussi accorder à quelquesunes des sœucs un jour de retraite chaque mois . Une fois la semaine elles doivent s'assemhler pour s'accuser devant la supérieure de trois ou quatre fautes principales et extérieures qu'elles pourraient avoir commises, spécialement contre les constitutions. Leurs habits, linge et ameublements sont en commun. Leur habit de dessus et la seconde jupe sont d*étofTe de laine noire, et la jupe de dessous de laine grise ou noire, le linge lie dessus simple et uni, celui de dessous de toile commune forte et de durée. Tout le reste doit être simple et d'un prix médiorre(f). Elles doivent avoir la gorge et lei hras si modestement couverts qu'on ne les puisse voir. Leurs cheveux ne doivent point être abattus, et elles gardent en tout I uniformité. Les sœurs domestiques ou servantes sont habillées de gris. S*lt y a quelques fliles ou veuves qui, ne pouvant pas s'assujettir A tous les règlements de la communauté, ou pour être trop faibles de corps ou pour quelque autre raison, souhaitent néanmoins demeurer dans la maison et s'unir à la communauté pour servir Dieu plus parfaitement et aider à plusieurs bonnes œuvres que les sœurs pratiquent à l'égard du prochain, elles les peuvent recevoir en qualité d'associées. Ces associées ne sont obligées qu'à une année d'épreuve, elles n'ont point de voix actire et passive, et ne peuvent être mises dans les charges qui sont électives.

L'abbé de Choisy, Vie de madame de Mi" ramiofif et les constitutions des filles de Bainte-Generiève. Il y avait dans la maison des Miramiones cinquante cellules destinées aux personnes da sexe qui désiraient pa<scr quelques jours dans la retraite et la pénitence. Cette maison n'a poin' été rétablie, comme le dit M. de Saint-Victor dans la 2* édition de son Tableau historique et pittoresque de Parie. I^s religieuses de la Miêéricorde^ dont nous allons parler à l'article suivant, Tont tenue A loyer pendant quelques années.

M) V^., \ U fin du V(.1., ii« 350.

Les bâtiments sont aujourd'hui ona pharma* cie centrale. B — »— s.

MISÉRICORDE (Des rbi.igibuses db Notis Dame db), avec lee Vies da vénérahlt fm Antoine Fran, leur fondateur, et de la tinérable Mère Marie-Madeleine de la Trinité^ aussi fondatrice et première religieux de cet ordre.

Le P. Antoine Yvan, ioslitoteor de l'ordre d*'s religieuses de Notre-Dame de Miséricorde, naquit à Rians, bourg de Prcivence, do diocèse d'Aix, le 10 novembre 1570. Ses père et mère ayant été mieux pourvus drt bénédictions de la grâce que des biens de U fortune, supportaient leur indigcare avec une grande résignation, mangeant lear pa a à la soeur de leur visage, et ne viTant qa« du travail de leurs mains. Aoloioe n*ivait que trois ans lorsque son père moorot, et le Seigneur témoigna dès lors qo'il l'avait prit sous sa protection, le préservant de la mi* ladte contagieuse qoi avait enlevé toa père, quoique sans aocone précaution il eâteot* ché avec lui pendant tout le temps de sa mm* ladie. Il ne contracta rien de la bassesse de son extraction. Dès son enfance il ne it pu moins paraître d'inclination pour la verto. quf^ d'aversion poor le vice. Pré?ena in bénédictions de la grâce, il bisail déjà coanaître ce qo'il serait on jour : on reoiarqnait en lui nn airde piété qoi le faisait distinguer des autres, et nn grand aoseor ptar l'austérité de la vie, les pénitences da corps et pour tout ce qui donne aux antres calants de Fhorreur pour la religion.

On ne saurait exprimer les soins quM prit et tes divers moyens dont il se servit dès l'âge de six à sept ans pour se porter de lai* même â l'étode. N'ayant pu être reçu daas les écoles â cause qu'il n'avait pas de qnsi payer les mallres, il allait trouver les écoliers dans leurs malsons et les priait d'aoe manière touchante de loi montrer â lire; et parce que l'entrée des maisons lui était encore souvent refusée, à cause qu'il était omI vétv, il arrêtait les mêmes écoliers dans les rues lorsqu'ils sortaient de l'école on qu'ils y allaient, et p ir le moyen de quelques fraiis que sa mère lui donnait ponr son dîner al dont il se prirait, il les engageait A loi doouer quelque leçon. De reUe manière il cosi* mença â apprendre A lire; mais ayaat él« reçu an nombre des enfants de chœur dasf la paroisse do lien de sa naissance, cet «ai* ploi lui donna occasion d'augmenter sa piété, et lui servit de motif pour se portera l'étode avec pins de ferveur; car, s'acqnittant de ss* fonctions avec une modestie et nue etaciitnde menreilleoses, il travaUlail saai relâche â apprendre à lire, avec ^'autant pla< d'application qu'il était aidé par qneJqaet prêtres de la paroisse.

Après qo'il se fut appliqoé pendant qsdqucs années aux fonctions ecclésiastiques es qualité d'enfant de chœur, la diviae Pron^ dcnce lai donna les moyens d'apprendre les

MIS

lf:S

pratiques des retint relinriooses, le faisant recevoir ao service des PP. Mieimes du coa» veni de Potirrîères» éloigné de deux lirues du bourg de Rians. On reconnai dans ee coafejit qu*il ét^ii naturellement porté à prarer et à peindre, et sans aucun maître il apprit de lui-même ces deux arts. Il se carliail souvent pour s'y exercer, et y eni« ployait le temps qu'il pouvait dérober è ses autres oeeupatious. Mais il 6t mieux paraîtra les attraits de son âme à la solide piété, commençant dès lors à fréquenter les sacre* roents. Il s'adonna à i'oraison mentale, qui fql dppuis Texercice le plus ordinaire de sa %ip. Il se perfectionna dans la lecture rt dans récrtlore, et ces Pères lui donnèrent même des commencements de la langue latine.

Dans ce lerops-là la Provence ayant é(é af« fligée d'une grande famino, les personnes les plus richf>8 lurent contraintes de renvoyer leurs domi>siiqoes, et les PP. Minimes, rédails à cette extrémité, renvoyèrent aussi Antoine Yvan, quoiqu'il leur (ut très-utile et qu'ils eussent beaucoup d'aiïection pour lai. il ne trouva dans une désolation extrême, ne sachant à qui avoir recours |)Our pouvoir subsister et continuer ses études, rar il n'avait ni parente ni amis qui pussent Tassister, et sa mère qui était la seule per* »oone à laquelle il eût pu recourir, avait elle-même beaucoup de peine à gagner sa fie.

Dépoorva de toutes les commodités de la vie et abandonné de toutes tes créatures, il ne retira dans un bois, où pendant dix ou douze joqrs il ne vécut que d'herbes et de racines, et il était exposé tant de jour que de nuit aux injures de l'air : mais enfin crai- (;oant de snourir de faim on d'être dévoré par quelque bête sauvage, il résolut de quitter le bois et d'aller dans des lieux où il pût trouver quelque retraite plus favorable, et l'uninie il ne voulait être à charge à pei^ »onne, ayant amassé dn bois, H en fit un faftot qu'il mit sur ses épaules dans le dessein de le vendre et d'employer l'argent à ache^ ter dn pain. EnOnildescenditdela montagne, lool exténué par la faim et 1rs autres incommodités qu'il avait souffertes, il se trouva niéme si faible, que, ne pouvant porter son b'ti^, il eut de la peine à «ontinuer son cheii)in. Pour lors, les larmes aux yeux, il se peignit amoureusement à Dieu de son extrême m'sère, le priant de ne le point abandonner. Il entendit en même temps une voif dans le bols, qui lui dit qu*il ne s'attristAt pai, que Dieu aurait soin de lui. L'impression que cette voix fit dans son cœur lui servit comme de nourriture : il prit de nou* vi Hes forces, et ne doutant point que Dieu n'en fût Tauteur, il se confia eutièreroent A ta divine providence.

H alla dans la ville de Perlois, où pendant quelques jours il gagna sa vie en faisant des iuiages qu'il vendait aux écoliers et aidant le clerc de la paroisse à sonner les cloches et à faire les autres fonctions de son emploi ; f^^js il ne larda pas d*éprouver ce que cette ^oii qu'il avait entendue dans le bois lui

avait dit, car on lui donna la conduite do quelques jeunes genilshommes pour leurap* prendre a lire. Il eut le moyen dans cette ville de fréqo^'uter quelques peintres et il se perfectionna dans la peinture. Il s'occupait à rétude avec lant d'application et de lèle , que , ses autres emplois ne lui permettant pas d'y vaquer pendant le jour, il y passait souvent les nuits entières. Outre la fréf|uentation des sacrements, il récitait chaque jour le petit office de la Virrgc. Il prenait souvent la discipline , jeûnait tous les mercri dis , les vendredis et les samedis, et continuait exactement la pratique de ses oraisons mentales qu'il avait commencée dans le couvent des Minimes de Pourrières.

Comme l'on n'enseignait que lerommenrement de la grammaire à Pertuls , c*est ce qui l'obligea d'aller è Arles pour y apprendre la philosophie ; mais n'ayant pas ;>u trou* ver de quoi subsister, il fut contraint d'en sortir pour venir à Avignon où il s'adressa au P. César de Bus, fondateur de la congré« galion des PP. delà Doctrine ch étienne, qui connaissant sa piété , le reçut au nombre de ses disciples qui vivaient pour lorj s;iiis aucune obligation de vœu , comme nous avons di4 ailleurs. Mais il n*y resta pas longtemps, parce qu'ayant été trouvé propre pour les services domestiques , on ne lui permettait pas d'aller au collège p(»or y étudier. Il en st»rtit donc avec la permission du P. Césnr de Bus et vint à Carpeutras, où il entra chn un particulier en qualité de précepteur de son lils, sans aucun autre salaire que h\ nourriture, il était si mal vêtu et ses habitjs étalent si déchirés, qu'il n'osait presque sortir de sa chambre ni a.ler au collège ; mais le père do son écolier fut si content de la bonne éducation qu'il lui donnait, qu'il le fil habiller eC le pourvut de linge ei de toutes les autres choses qui lui étaient nécessaires.

De Carpentras il alla à L>on où il subsista quelque temps enseignant à écrire ; mais il n'y resta pas longtemps , car outre que son occupation ne lui donnait pas assez de loisir pour étudier , l'amour de la pureté qu'il cbé« rissait plus que toutes les sciences, le fit sortir bientôt de cette ville. Il s'y était logé sans y penser dans une maison qui n'était pas en bonne réputation. D'abord il ne s'en aperçut pas, parce que, s'appliquant sans relâche à des choses sérieuses et bien contraires au vice, il ne prenait pas garde à ce que Ton faisait dans cette maison ; mais enfin il en fut averti et il reconnut lui-même par quelques réflexions qu'il fit , qu*en diverses rencontres on avait dressé des pièces à sa pu^ reié et qu'il y était eu danger de la perdre. Il résolut d'en sortira l'heure même, et craignant de courir le même danger dans une v.lle qu'il ne connaissait pas, il sortit de Lyon pour retourner en Provence.

Dieu enfin récompensa les peines du P.

Yvan, le faisant admettre à la dignité du sacerdoce, oomme il l'avait désiré dès les premières années de sa vie , ce qui arriva T'in tG36 , dan^ le trentième de son âge. H avait reçu les quatre mineurs , le sous-diacona; ul

DICTIONNAIRE DLS ORDAES REUGIEUI.

insi

le. diaconat de diOéreiits éf éqaes et il fut admis à la préirise par révéque de Senei. Dès qu'il fut prêtre , il retourna à Rian« dans le dessein d'assisler et de consoler sa mère, qui diiis les infirmités de son âge étant privée Iles biens de la Toriune souffrait de grandes incommodités. U prit soin des écoles de Rians, iifin d'élrc plus en étal de r^urnir h sa mère les choses dont elle avait besoin , partageant le reste en deux paris, dont Tune étail pour les pauvres e( l'autre pour ses pressantes nécessités. Ses \erius étaient trop éclatantes pour demeurer longtemps' cachées dans les classes, ce qui ût qu*îl ne tarda pas A avoir des emplois conformes à son zèle. Ses supérieurs lui ('onnérent la cure.de la Verdire qu'il Tut obligé de quitter peu de temps après pour prendre celle de Coulignac, et il s'acquitta de cette chargt* avec la sainteté , le zèle et la vigilance d'un bon pasleiir.

Quoiqu'il fut très-circonspect dans toutes ses actions et^qu'il eût toujours de grandes appréhensions d'être trompé » il succomba néanmoins à une tentation de vaine gloire et d'amour-propre que lui suggéra te démon au sujet de ses prédications. Il s'était contenté de parler au peuple avec la simplicité du coeur 9 et ses discours pleins de zèle et d'amour pour Dieu lui avaient attiré une appro* bation générale, ayant toujours eu un grand nombre d'auditeurs à ses sermons. Il se trouva néanmoins des personnes qui lui persuadèrent de s'appliquer à la composition de ses sermons avec plus d'étude , d'y observer les règles de la rhétorique et de ne pas négliger la politesse du langage, lui persuadant que par ce moyen il serait plus estimé, qu'il pourrait subsister plus honorablement et obtenir plus aisément quelque bon bénéfice qui lui donnerait de quoi fournir à ses aumônes. Il se laissa alier à leur avis : il se relâcha dans ses exercices de charité et de dévotion, parce que donnant trop de temps A l'étude de la prédication , il n'en avait pas assez pour les autres pratiques qui regardaient sa perfection et la conduite de sa paroisse. Mais il découvrit bientôt le piège que lui avait tendu l'ennemi du genre humain, et pour réparer la faute qu'il avait faite d'avoir donné entrée en son cœur à la vaine gloire et à l'ambition, il se démit de sa cure et se relira dans un ermitage où il demeura pendant neuf ou dix ans, pratiquant les austérités des anciens nnachurètcs. Jl ne mangeait que des légumes, des racines , des herbes et des fruits , et jamais ni chair, ni poisson, par même des opufs ni du laitage ; encore ne roangeait-il qu'une fois le iour après les quatre heures du soir. Il faisait ordinairement quatre carêmes l'année, pendant lesquels il ne mangeait que de deux en deux jours et quelquefols plus rarement. Enfin , les viandes extraordinaires dont il se servait les dimanches et les fêtes solennelles n'étaient que le pain, le vin, l'huile et le si^l.

Lorsqu'il étail curé de Coulignac, on l'accusa d'être sorcier et magicien, on fil la même cho^e lorsque dans sa solitude on lui vit pratiquer des austérités qui semblaient sur-

passer lés forces humaines. Mail les gens de bien eurent toujours beaucoup d'esline pour sa vertu. Le curé de Brignoles, qol était per« suadé du grand talent qu'il avait pour U conduite des âmes , voulut l'avoir pour vie lire, et l'en pria avec tant d*instanee, qo'J y consentit: mais ce ne fut qii*i condition

3u'il continuerait le genre de vie qu*il mensit ans son ermitage , a l'exception des austérités qui étaient incompatibles avec sa profession. Le curé de Brignoles fol si édifié ds sa conduite <{a*il lui résigna son bénéfice; mais comme il fut contelié au P. Tvan , il aima mieux l'abandonner que de soutenir ua procès. Il prit ensuite la direction de la cbipelle de Notre-Dame de Beauvezet à Aix, et Il eut le soin de la confrérie de la Ifiséricorde. Ses pénitences et ses morttficatioas lui ayant causé une grande maladie , il les retrancha pour obéir à son prélat ; nais il redoubla ses soins et ses travaux envers le prochain, et, la peste ayant infecté la tille d'Aix, il s'exposa au péril de la mort povr le service du peuple. Li maladie ayant cessé et toutes choses se rétablissant dans leur premier état , réglise de la Madeleine , qui est une paroisse de la ville, ae Iroava satu pasteur el sans prêtre, la maladie ayant été si violente qu'elle avait enlevé la pins grande partie des paroissiens et les quatre vicaires que le chapitre de la cathédrale, qui en est curé primitif, y avait établis : c'est pourquoi il jeta les yeux sur le P. Yvan pour en remplir la première place ; mais ayant été encore obligé de quitter cet emploi . il prit U résolution de se retirer chez les PP. de 1*0raloire, où Dieu l'appelait pour un temps, afin de commencer son grand ouvrage de l'établissement de l'ordre de Notre-Dame àt Miséricorde. II n'y avait pas longtemps qu'il était chez ces PP. , lorsque Dieo lui envoji la première fille de cet ordre. Celte fille ss sentant appelée à une haute perfectioB de* mandait depuis longtemps un coofesseor fidèle qui fût selon le cœur de Dieu et qui l'aidât à accomplir sa volonté. D*un autre côté, il y avait longtemps que le P. Yvan désirait voir cette fille que Dieu lui avait Csit coanaftre dans ses oraisons.

Elle se nommait Madeleine Martin et naqail à Aix en Provence l'an 1612. Jusqu'à ceqQ*tl)e connût le P. Yvan , loute la vie n*avai( été qu'une mortification continuelle ; car étant encore enfant, son plus grand plaisir était de se faire attacher â une croix par ses compagnes qu'elle défiait de se mortifier do la manière qu'elle le ferait, et courait nn-piedi sur des chardons qui lui mettaient les pied» et les jambes tout en sang. Ses jeûnes et sfi oraisons étaient presque continuels , et elle passait presque toutes les nuits à prier Diat. Elle eut quelque amitié pour un jeune liooime qui la recherchait en mariage avec empressement, mais comme Dieu l'avait destinée pour être la mère d'un grand noiobrede vierges que son Fils avait choisies poar èin ces épouses , un jour qu'elle priait avec ferveur dans la chapelle de Sainte*Manlie à Tarascon f il lui donna un si grand mépris

MIS

MIS

fffSO

do mondet que cette sainte fille nVut plus à Taf enir aocane afTectlon pour les créatures. Elle persuada aussi le mépris du monde è cor loi qui la recherchait en mariage, et lui flt snr ce sujet un discours si ploin d'onction ^ que le jeune homme prit la résolution d'embrasser la vie religieuse et entra dans Tordre de Saint-François. Celte sainte fille ne doutant point que Dieu ne rappelât à une haute perfection , comme nous avons dit , chercha un confesseur lélé, et s*éiant adressée au P. Yvan , sans le connaître , elle fut fort surprise lorsqu^il Tappela par son nom et qu*il lui découvrit ce qu'elle avait dans son intérieur, jusqu'à la moindre de ses pensées et de ses aiïeclions. E!le connut par là que c'était le confesseur que Dieu lui avait destiné* et dès lors ces deux personnes furent étroitement unies par le lien de la grâce et de la charité.

Le P. Yvan prit un soin pariicolier de la conduite de M. ideleine Martin, et il n'oublia ni peine ni travail pour la préparer à Tac* complissement des desseins de la divine providence. Quelques mois se passèrent pendant lesquels il continua à exercrr sa pénitente dans toute? les pratiques de la vi«* spirituelle. Madeleine étant tombée malade, tout le temps de sa maladie ne fut presque qu'un continuel recueillement où Dieu l'attira pour l'instruire pleinement du dessein qu'il avait que Ton fondât l'ordre de Notre-Dame de Miséricorde,et des moyens qu'elle devait employer avec le P. Yvan pour l'établir. Enfin le temps arriva que le P. Yvan s'étant trouvé dans une assemblée où l'on délibérait sur les moyens d'établir une congrégation de Ollcs conforme à celle que Dieu lui avait inspirée, et ce bon prêtre ayant dit qu*il y avait long* temps qu*il avait conçu ce dessein et que Dieu l'avait Inspiré à quelques filles qu'il dirigeait, chacun en particulier l'encouragea à travailler à cet établissement, et peu de jours après il acheta une maison pour y as sembler les premières filles de celle congrégation.

Ce fut donc vers Tan 1633» que la Mère Madeleine Martin avec une compagne entra dans celte maison. Elles furent < n peu de temps suivies de sept ou huit autres filles. On ne saurait croire le^ austérités qu'elles pratiquèrent dans ce commencement ; le jeune, lecilice, la retraite» l'oraison, le travail et les autres exercices que l'on pratique dans les religions les plus réformées, étaient continuels dans cette congrégation naissante. Les vertus éminentes <iue le P. Yvan vovait pratiquer à ses filles lui faisaient espérer t)ue Dieu bénirait son entreprise et la ferait heureusement réussir à sa gloire. Il avait sujet de s'en réjouir, m lis peu de temps après, sa joie fut changée en tristesse : toute la ville d'Ail se souleva contre sa congrégation, ce fut un murmure universe . On attaqua la réputation des filles, on ne parlait d'elles qu'avec mépris, on les outnigea même. I>'S parents de ces filles venaient tous les jours les trouver pour leur faire quitter leur vocation sous préte&te qu elles étaicut la

fable de toute la ville. Kll s ne furent pas seulement attaquées en Irur honneur, elles souiTrirent aussi beaucoup d'incommodités, en ce que la p<Tsécutlon fut caiis* qu'elles manouèrent de ce i|ui étjiit nécessaire à la vie. Les filles n'osaient s'adresser â leurs parente, à cause qu'elles étaient dans la congrégation contre leur volonté. Une grande disrtte dans la ville d'Aix survint pour lor*, qui fut un nouveau surcroît de peine dans leur indigence, tout ce qui était né: essaire à la vie étant hors de prix, et ne recevant aucun secours, parce que la calomnie faisait qu'elles étaient abandonnées de tout le monde.

Comme la Sœur Madeleine Martin était reconnue pour la fondatrice e: la pierre fondamentale de celte société, c'était elle que t|on attaquait plus particulièrement. Los uns l'appelaient folle, d'autres unr^ viigabonde, ceux-ci une ambitieuse, ceux-là une posscdce, les enfants lui je'aient des pierres quand elle allait par la ville. On là chargeait d'injures quand on la rencontrait dans les hôpîtaui, on s'en prenait même à sa mc^re, en lui disant qu'elle devait l'en retirer et ne lui pas permettre de «oir le P. Yvan ni de lui parler; Enfin on la sollicita si fortement de détourner sa fi le do dessein qu'elle témot-

fanait avoir, et que tout le m^nde taxait de ulie et d'extravagance, qu'elle alla dans ' cette maison dans le dessein <i'en retirer sa fille et de l'emmener avec elle dans sa maison, et par ce moyen de détruire la congrégation, puisque sa fille en était le principal appui. Mats, 6 merveille surprenante! Dieu donna au contraire des forces 4 la Sœur Madeleine pour retenir sa mère avec elle. Dieu, parlant par sa bouche, toucha si vivement le cœur de cette femme, qu'elle prit la résolution de rester dans la congrégation, où elle apporta tout le bien qui lui restait, et elle fut depuis appelée dans l'or.fre Marie de la Charité, à cause de la charité qu'elle avait exercée toute sa vie.

L'une des plus grandes peines du fondateur fut de n'avoir pu obtenir la permission de célébrer la messe dans la petite chapelle que ses filles avaient préparée dans leur maison, ce qui leur causait beaucoup d'incommodités; car elles ne pouvaient pas vivre en* tièremcnt séparées du commerce du monde et garder une espère de clôture, étant contramlc*s de sortir tous les jours pour a-ler entendre la messe. Un an et demi s'était déjà éci ulé depuis l'établi sèment de cette congrégation qui s'était fait du consentement du cardinal Alphonse- Louis de Uichelieu, archevêque d'Aix, qui s'était déclaré le protecteur du P. Yvan, mais ce prélat ayant été transféré à farchevc^ché de Lyon, son successeur Louis de Bretel ne fut pas d'abord si favorable à notre fondateur, et se rendit très-difficile à lui accorder les permissions nécessaire» pour l'affermissement de sa congrégation. Le P. Yvan lui ayant demandé permission de célébrer la sainte n;esse dans la chapelle de cette maison, et ce prélat ayant été obligé de s'absenter pour les affaires dn

îtSll

DICTIONNAIRE DESORDIIRS RELIGUXX.

«Oit

Boo diocèse, remit ta rcqu£te da P. Vvan entre l«*s mains de son grand vicaire, qui ayant enfîn accordé cette pennissinn vint bénir la chapelle le jour de saint Thomas apAtre, de l'an 163&, et y célébra le premier Il messe. L*arcbevèque"à son retour vint faire la visite de cette maison, et fut si édiGé de la conduite que Ton t naît dans la congrégation, quM rapprouva et ratifia les permissions que son grand vicaire avait don* née»; il en accorda même de nouvelles, oiïrant sa proteclion au P. Yvan et A ses filles. Quelque temps après, comme on cher* chait dans la ville d'Ait des personnes d'une solide vertu et d*une piété éprouvée pour leur commettre le soin et la conduite des fillrs Pénitentes que Ton avait nouvellement renfermées dans une maison particulière^ l'archevêque d'Aix , à la solliritalion de quelquis personnes qui ne pouvaient souffrir la congrègalion du P. Yvan» fit la pro- 1 osition aux filles de la Miséricorde d'acccp'er cet emploi, et sur le refus qu'elles en firent à cause qu'il était contraire à l'esprit de leur institut» toute la ville se souleva de nouveau contre elles, et Tarchevéque voulut être obéi; mais par Teutremise de Tarchevêque d*Arles et de Tévêqu'' de Fréjus, la persécution cessa, et l'archevêque é*A\x permit «lux filles de la Miséricorde de vivre dans la pratique de leurs exercices ordinai* res. Ce prélat les attaqua néanmoins de nou-veau, il voulut savoir si elles avaient desse n de rester dans Téiat séculier, ou si elles voulaient s'engager par des vœux solennels et faire un nouvel ordre: comme 11 eut appris la résolution où elles étaient de se faire reli-

Sieuses, il les voulut obliger à faire choix 'un ordre déjà apprtiuvé. Il ôta an P. Yvan la conduite de ces filles, quelques Pères de la compagnie de Jésus en furent chargés et en rendirent un si bon témoignage à l'archevê*que, que ce prélat leur rendit son estime el son affection.

Le P. .Yvan, pendant ce temps-là, voyant qoe ses Filles étaient mal logées, ache'.a une place pour y bâtir un monastère, et, pendant que l'on travaill tii à l'édifice matériel, les PP. Jésuites, qui avaient été chargés de la conduite de ces filles, s'employaient à l'avancement de l'édifice spirituel. La confiance que ces filles eurent en eux les encouragea, par Tavis du P. Yvan, à leur déclarer le desbein principal de leui^ congrégation qu'elles n^avaient encore osé découvrir aux supérieurs, qui était que, si Dieu leur faisait la grâce d*étre religieuses, elles s'obligeraient par vceu de recevoir dans leur ordre les pauvres demoiselles et les antres filles d*une coudition honnête, avec la dot qu'elles auraient, si grunde ou si petite qu'elle pûté re, pourvu qu'elles connussent qu'elles fussent bien appelées. Ces Pères approuvèrent leur résolution, quoiqu'ils prévissent bien les obstacles et les difficultés qu'il faudrait vaincre. En effet, lor>qu'ils l'eurent proposé à l'archevêque de la part de ces filles, leurs adversaires aigrissant de plus en plus l'esprit de ce prélat contre eilcs, l'empêchèrent

de consentir qu'el'es fis<>enl ce vœu. li ptii deux évéques de voir le P. Yvao el v^sl^lêi,

Ï^our les dissuader de le f:iire. Mais ces préats, après avoir écoulé leurs raisoas, enfirent si touchés, qu'au lieu de presser te P. Yvan et les filles de sa congrégattoa, de se plus songer à ce vœu el de changer de leii* limenti ils changèrent eux-mêmes de seaii ment, i s devinrent les piotecteurs de U congré^^ation, et agirent depuis si puissanmeni sur l'esprit de l'archevêque d'Âii, qu'encore bien qu'ils ne pussent pa^ lui persuader d'approuver le vœu dont il était question, ils lui persuadèrent au moins de lai«i«f notre fondateur el ses filles dans la pratiqua de leurs exercices ordinaires, el de leur per» mettri* la continuation de leur entreprit^, jusqu'à ce que le temps eût mieux faitcuouattre la volonté du Seigneur.

Cependant, le monastère étant achevé, Ici filles de cette congrégation y entrèrent le jour de la sainte Vierge de l'an 1638, j ayant été conduites par les prîneipalea dames de li ville. Il ne restait plus an P. Yvan» pour Vno cotnpiiss' ment de son dessein, que doUfoir des supérieurs le pouvoir de lier ses Gl(« par des vœux solenneU et de changer Ifor congrégation séculière en un institut rèfo» lier. C'était ce qui était le plus dilOcile et cr qui demandait de plus grands soins, car l'sr* chevêque s'était assez déclaré qu'il ne souffrirait aucun nouvel ordre religleui dsoi son diocèse. Elles passèrent un an dant Uur nouveau monastère en babil séculier, maii menant une vie retirée et aulanl régaliére que lea rellgienses les plus réforraièes de l'EçlLse ; et , lorsqu'elles s'y altendaieot le moius, elles obtinrent du vice*légat d'Arignon une bulle par laquelle il leur doeas t pouvoir de choisir une règle approuvée, de faire les vœux de religion el de dreuer d % constitutions.

L'archevêque d'Aix fut forlemenl solliciii par les amis de cette congrégatloa de recevoir celte bulle; mais il ne voulut poiat fs entendre parler, f t protesta qu^l ne permettrait iamais l'élablissemenl de ce nouvel ordre. Cependant le comte d'Alais, gouverneur de Provence, obtint du toi des lettres paiestes du 13 novembre 1639, qui permetlaiesl d'ériger cette communauté en mais lo religieuse. L'arcbevêfue d'Aix, noaobstaol cei lettres patentes, ne voulait poiol donner loo conseulemenl pour cet établissemenU Quelques mois se passèrent encore, et enfin ilie laissa fléchir et reçut la bulle* Il donna Tbsbit de religion aux six premières filles de U congrégation; la sœur Madeleine Uartia le reçut la première, el changeant son nom, «s lui donna celui de Marie-Madeleine êe U Trinité. La cérémonie do cette pri»e d'bilu: se fit la seconde fête de la Peniecà e de la*! 1639; quelques mois après, l'atcbev^^o^ donna encore Tbabit de novice i sis autnri filles, et l'année, suivante elles firent prott*sion. Les constitutions furent dressées psr i( P. Yvan et approuvées par l'arcbevèis^ d'Aix, après que les difficultés toucbaot Iquatrième vœu eurent élê levées. Le feada*

îm

MIS

MIS

t(iS«

tesr ayaol ensuile enTojé A Rome poar faire conGrmer par le pape Urbain Vlil ce que rarchevéque avait réglé dans cet inslilut, il j eut encore de noiirelles difOcultéa touchant le quatrième vœu; mais enfin Sa Sainteté l'approuva par un bref du 3 juillet 161^2 : ce qui fut conlirmé par un autre bref du pape Innocent X du 3 avril 1648; et le tout fut auiort>é par lettres patentes du roi, enregistrées au parlement d*Âix et ensuite à celui de Paris.

Il y avait entlron dix ans que cet ordre élail établi à A\\ sans qu*il eut fait aucun progrès; mais le bruit dea merveilles que Dieu j avait opérées, et la haute estime des vertus do P. Yvan et de ses religieuses etci* lèrenl plusieurs personnes à demander et à procurer rétablissement da même ordre en d'antres villes. La première qui demanda de ces religieosies fnt Tabliesse de Saint-Georges d'Avignon, qui voulut se servir d'elles pour mettre la réforme dans son monastère et embrasser son institut : ce qui ne réussit pas par Topposltion des religieuses de ee nio* nasière, qui ont pris dans la suite l'habit de Tordre de la Visitation de Notre-Dame. Les rellgieusea de la Miséricorde furent demandées par les bourgeois de Marseille, qui leur donnèrent on établissement dans leur ville l'an 16i3. Elles retournèrent la même année à Avignon, où elles firent une nouvelle fondation ; et Tan 1648 elles furent appelées â Paris, où elles s'établirent an faubourg Saint^ Germain, dans la rue do Colombier; m.iis elles ne prirent possession de leor monastère que Tan 1051. Ce fat là que le Ibodateur, après afoir travaillé si oUlement pour cet ordre» mourut le 8 octobre 1653. 11 fut enlerré dans l'épaisseur du mur qui sépare le ahceur de Téglise, et le P. Léon, Carme des Billettes, prononça son oraison funèbre en présonce de la reine Anne d'Antriche, qui a lonjoars protégé cet ordre.

Après la mort do P. Yvan, la Mère Harie* Madeleine de la Trinité fit encore deux fonda ions : l'une à Arles, l'an 1C)64, et l'autre à Salon, l'an 1663. Tout le re»te de sa vie se l»as<a dans les souffraaces et les perséeolions domestiques dont Disu voulut éprouver encore sa vertu. Etant de retour A Paris, le confesseur de son monastère fit soulever contre elle une partie de sa communauté, et OQ la conlraifiiit de relootner à Avignon. On l'accosait entre autres choses d*avoir ebargé sa maison d'un trop fsrand nombre de pauvres filles de qualité qui n'avalent presque rien apporté pour fournir à leur entretien. Cette conduite si charitable lui suscita aasai des persécutiuus dans quelques autres de ses uMmastères. D'un notre côté, Dieu lui envoya plusieurs- maladies où elle fit parai-* Ire une constance admirable el une parEsi.e résignation à sa volonté; mais la dernière di>iit il tonlut encore l'éprouver fut l'an 1678* Blanteo sou monastère d'Avignon, elle fat attaquée le 90 janvier d'une bjdropisie Cansrenéo intérieure et ettérienre, et telle que les chirurgien<i qui l'ouvrirent après sa vnort, proieiitaicui qu'elle aurait dû mourirde

ee mal dii ans plus I6t. Sa patience fut néan^ moins si grande, et elle s*esitmait ai beu-* reose de soolTrir, qu'elle ne pouvait asset parler du bonheor des Ames qui sooflTreut avec amour; et si elle témoignait quelquefois de ta joie dans te moment qu'on la tournait ou qu'on lui faisait pren«lre Une autre posture, ce n'était que parce que S'S douleurs aogmonlaieni extratirdinairement; et c'était dans le fort de ses douleurs qu'on loi entendait dire nuit et jour qu'elle ne voulait que l'accomplissomenl de la yolonlé de Dieu.

L'arcbevéqqe d'Avignon la visita trois fois pendant sa maladie; le >ice-légit Talia voir aussi, connaissant son mérite extraordiiiairo et It* cas tout particulier que le pape Innoc^'Ul XI faisait d'elle. Enfin, aprè^t avoir reçu pour la dernière fois le saint sacrement , quelle avait déjà reçu plusieurs fois dans cette maladie, elle donna la bénédi-tion à ses filles et à ses monastères, et rendit son âme à Dieu dans celui d'Avignon, le 20 fe* vrier 1678. Son corps fut exposé pendant deux jours dans l'église, pour satisfaire à la dévotion du peuple, et le quatorzième jour après son décès le P. provincial des Pères de la Doctrine Chrétienne prononça son oraison funèbre en présence de rarchevéi|ue , du vico-léffat et d'un grand concours do peuple. Elle a raissé des avis et des instructions pour ses religieuses, qui ont été trouvés parmi ses écrits, el oui ont été insérés dans sa Vie, écrite par le P. Piny, Jacobin.

La fin principale pour lat|uelle cet ordre de Noire-Dame de Miséricorde fut établi a été pour servir d*asile aux pauvres demoiselles et autres filles d'une condition honnête, qui, étant appelées à Tétat reliaieux, n'ont pas de quoi se faire recevoir dans les aotreii monastères , ni assea de bien pour se mu<^ rier selon leur qualité : de sorte que les religieuses de cet ordre font une profession expresse de les recevoir avec ce qu'elles peuvent apporter, pourvu qu'on reconnaiïise en elles les qualités requises, el que le mo* nastèro ait de quoi subsister, lit afin que cet esprit de recevoir les pauvres demoiselles avec le p u qu'elles ont persévère dans cet ordre» et qu'il ne soit pas permis aux reli*

Î[ieuses de »'en dispenser sans des causes égitimes, outre les trois vœux essHitiels de religion, elles en font un quatrième, par lequel e>les s'obligent de ne refuser jamais leur suffrage à une fille pour la seule Insufii^ sance de sa dot, selon leur bulle et leurs constitutions t c'est-à-dire selon les modérations que les supérieurs y ont mises.

Le travail est une des principales obligations des filles de cet orote, pour supplées par li* gain oo'elles en reçoivent, à rinsufD*sancede la dot des pauvres filles, et elles j emploient tout Ip temps qui leur reste aprj» leurs exercices de religion. Cette obligation du travail va même plus loin; car, eiieore qoe les maisons soient sufilsauimeni reniée» pour pooTOir recevoir un certain nombre <Ai* religieuses sans dot, elles ne sont pH% moins tenues de travailler» et pour lors le profit de

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Itt

leur tratall doit être distribué aux autres maisons de l'ordre qui en ont besoin, ou au soulagement des pauvres monaslères des anirea ordres, ou à des familles indigentes.

Pour encourager les Biles à travailler avec moins d'incommodité, le fondateur, avec le consentement des supérieurs, a choisi une règle fort douce, qui est celle de saint Au* guslio, et a dressé des constitutions très-mo* dérées louchant le vivre, le vélir et le dormir, et leur a même donné un ofCce fort court et fiicile à réciter, qui est le petit office de la Vierge. A la vérité, la clôture y est très-exactement gardée : elles vont rarement aux grilles, et elles observent les pratiques de Toraison, du silence et des autres vertus religieuses qui leur ^ont nécessaires pour Tacconiplissement de leur dessein , qui est encore dimitcr la vie que la mère de Dieu a menée sur la terre après TAscension de son Fils, laquelle a été très-retirée, éloignée de la fréquentation des hommes, et mêlée d*ac(ion et de contemplation.

Leur habillement consiste en une robe de gris maur et un scapulaire de serge blanche, sur lequel elles portent un crucifix attaché à un ruban noir. Dans les cérémonies et lorsqu'elles approchent de la sainte table, elles mettent un manteau aussi de gris-maur et portent un voile noir et la guimpe comme les autres religieuses (1).

Voyez la Vte du P. Yvan par Gilles Gondom ; son Eloge par le P. Léon, Carme des Billcttes, le Recueil de eee lettres^ la Vie de la Mère Marie-Madeleine de la Trinité^ par le P. Alexandre Piny, Jacobin, et celle qui a été composée par le P. Grosez, de la eom" pagnte de Jieue.

L'ordre ou congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde ne s'établit point hors de France , et quoique nous disions ooasméme dans 1 article de la Biographie untverselie consacré au P. Yvan, que les rcii*

(;ienses de cet institut s'étendirent principaement dans le midi, elles n'eurent pourtant que six maisons, qui étaient celles d'Aix, d'Arles, d'Avignon, de Marseille, de Paris et de Sancerre. Le xviii* siècle, qui suiiit celui de la fondation , n'était malheureusement guère propensionné à propager des niaisous de ce genre. L'esprit du jansénisme, qui s'in* stnuait partout, aura peut-être fait quelques ravages dans l'institut de la Miséricorde. Kous n'en avons aucune preuve , seulement nous savons que par précaution ou par remède on fit pendant quelque temps signer une déclaration de soumission et de foi par les jeunes professes. Sans autre motif que le désir du changement, cinq professes de chœur et une converse obtinrent de Mgr de Jnigné, en 1*386, des obédiences pour aller de la maison 4ie Paris à celle de Sancerre. Ce Cait , sans importance en lui-même, sera jugé à sa valeur par le lecteur, qui aurait fort, peut-être, d'y trouver d'une manière sensible une preuve de l'esprit qui commençait à régner dans les communautés.

Il ne reste plus aujourd'hui des moustères de cet institut que la mai^m de Psni. Cet établissement de Paris était, ataat U révolution d'à 1789, situé rue do Vieai-Golombier, sur la paroisse de Saint-Solpicf. Les religieuses qui le composaii^nt réititèrent toutes aux innovalitins do temps, et demeurèrent fidèles jusqu'au momeot 4e leur sortie de la maison, sortie ijui eut lira le 3 septembre 1792. Il n'y avait, dans la chapelle du mona»lère abandonné, qa'an tableau de Notre-Dame des Sept-Dooleun oui frappât l'attention des eonnaisseors, et 1 on ignore le nom du peintre à qui il était dû. Quand les religieuses quittèrent leor cloître, elles étaient au nombre de quinze choristes et cinq converses professes. Il y avait le même nombre de religieuses vers le milieu du drrnier siècle, d'après lEtêi oa Tableau de Parie^ de Beaumont. Suivant cet auteur, les postulantes fournissaient M livres pour les dix-hu.t mois que dunitle noviciat, et de plus 3000 livres pour la dot et 1000 livres pour les frais d'habilleoicnteiëe profession.

En quittant la maison en 1792, les religieuses se dispersèrent daoi Paris; vais quoique vivant séparément, elles gardaieat la' soumission à la supérieore, et, ao boni de l'année, versant en commun le frnit tfi travail de toutes, on reversait ég.ilement sur la tête de chacune le profil de toutes. Elles avaient quitté leur habit monastique, mais elles portaient an uniforme noir et modeste. Ce genre de vie est, suivant sons, sdan rable* Ces filles gardaient resprit religiesi, et doivent en cela servir de modèle aai instituts qui commencent. Vers la Bn du dernier niècle, ellen se réunirent dans une matios tenue à loyer, rue de la Chaise. Alors eilcf se décidèrent, par mesure do prudence at poar subvenir à leurs besoins, à prendre des élèves, à inUruIre, ce qu'elles ont continne jusqu'à ce jour, car elles ont un pensionnai, ce qui n'entrait pas dans les premières dispositions de leurs statuts. Vraisemblablement, elles continueront toujours cette «mvre fructueuse pour elles et pour le prochain.

En quittant leur loyer de la rue de li Chaise, les Religieuses de la Miséricorde allèrent habiter sur le quai de la Tournctlr» paroisse Saint-Nicolas du Chardonnel, ni elles louèrent la maison des anciennes ifiramioneg ou filles de Sainte-t;eneviève, qni est aujourd hui la pharmacie centrale des b6p«* taux, et qu'elles occupèrent six ans. De À elks se transportèrent à la lUe Neove-Siisl- Etienne, et y prirent en locjition t'anati monastère des religieuses de la coagfé|iiitM de Notre-Dame, el y re:*tèrent pendiatscof années. Enfin la restauration des Bourbons en France donnant à la religion des cspe rances qui, hélas 1 n'ont pas été entièresseni réalisées, elles se déterminèrent! acheter I5 local où est leur monastère actisel, qni était une maison parîiculière, rue

(1) Voy., à là fin du vol., les n«* 251 et 253.

Page 1