‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 107 sur 118 · HON · texte numérisé non relu

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le réservant de la révoqaer el lupprimer lorsqae boa lui semblerait.

Le grand naître de Nérestang:, pour par^ reoir i rexécotion de cet édit| convoqua un chapitre général à Boignj, qu'il indiqua au 19 février 1673. Mats avant qu'il se tint« /il se démît volontairement de sa charge de grand maître entre les mains du roi. Les chevaliers» en ayant eu avis, assemblèrent leur chapitre général le 27 janvier 1673, et [réteutèrent une requête au roi» par laaoelle ils suppliaient Sa Majesté d*unir la charge de erand maître de leur ordre à sa couronne et d'agréer la poslnlalion qu'ils avaient Taite de U. le marquis de Louvois pour gouverner Tordre eo qualité de vicaire général.

Le roi déclara qu'il ne pouvait alors unir i sa couronne la grande maîtrise » mais qu'il agréait l'élection qui avait été faite par pos* tulalion dans le ihapilre» du marquis de Louvois pour régir tes affaires de l'ordre sons son autorité. Sa Majesté fiteipédier des provisions de grand vicaire en faveur du marquis de Louvois le k février 1673. Il fut rfÇQ dans le chapitre de l'ordre en cette qualité eC confirmé aans le chapitre général qui se tînt le 19 do même mois i Boigny. On poursuivit en cour de Rome les bulles de confirmation. M. CO')Qelin, docteur de Sorbonne, y (ot envoyé pour les solliciter» mais ce fut inntilemont; car le pape Clément X ne les voulut point accorder, ce qui n'empêcha pas le marquis deLouvo's de gouverner toujours Tordre et de recevoir les chevaliers.

L*édit de 1672, nonobstant les oppositions de Loais-Nicolas Parnaion, général des Chaooinrs Hospitaliers de I ordre du Saint-Esprit de Montpeiler, et celles des prétendus chevaliers du même ordre, fui enregistré au Î;rand conseil le 20 février 1673. Le roi, conormémenl à cet édit, ayant établi une chambre royale à l'arsenal de Paris le 8 janvier de la même année, ordonna» par ses leltres patentes du 22 février» qu'il y serait aussi enregistré; ce qui fut fait le 25 du même mois. Cette chambre était composée d'un conseiller d'Btat ordinaire» de huit conseillers ao grand conseil» et d'un procureur général. Sa Majesté, par ses lettres du 9k mars 167&, déclara que dans l'administration des hôpitaux et lieux pieux, accordée à Tordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint L;ixare par cet édit de 1672, elle avait enlenda comprendre les hôpitaux fondés pour la réception des pèlerins et des pauvres passants, et par un autre édit du mois d'avril 1675, elle déclara que» conformément â celui da 1672 et à sa déclaration de 1674, l'otdro de Notre-Dame du Mont-Carmel et do Saint- Laiarede Jérusalem serait mis en possession €t Kaisine de l'administration de tous les hô- I itaux, roaladrcrics, commandcries et autres lieux pieux qui lui avaient été accordés, même de ceux qui avaient été ci-devant concèdes et accordés par Sa Majesté ou autres, à quelques communautés ecclésiastiques ou laïques, régulières ou séculières, lors de leur fondation» premier établissement ou dotation, de quelque qualité et ordre qu*elles fuî^eal*

Voulant néanmoins que les hApitanx, maladreries, commaoderies et autres lieux pieux, qui étaient actuellement possédés par des communautés tant séculières que régulières» et qui leur avaient été abandonnés et unis lors de leur fondation, dotation» et pour servir à leur premier établissement, conti-* nuassent de jouir comme par le passé de leurs bAtiments, églises» chapelles, lieux ré«« guliersi autres logements, jardins et clôtures y joignant» soit que lesdits bAtiments et clô* tures fissent partie des bfltimenis anciens de ces hôpitaux, maladreries et lieux pieus» en« semble de tous les autres fonds et revenus que ces communautés pouvaient avoir ac<* qi:4s depuis leur établissement, et que sur tous les biens» droits et revenus dépendant desdils hôpitaux» maladreries» i ommanderies et autres lieux pieux, distraction serait faite au profit desdites communautés de la moitié de ces fonds et revenus (les charges ordi* oaires préalablement détruites), pourvu toutefois que lesdits revenus n'excédassent pas la valeur de deux mille livres par an ; et qu'au cas quo lesdits revenus excédassent cette somme, il serait fait seulement distraction du tiers au profit de ces communautés pour leur entretien et subsistance; et à l'égard de rbospitalité pour laquelle ces lient pieux avaient été spécialement fondés» Sa Majesté voulut qu'elle fôt dorénavant exercée par l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmol et do Saint-Lasare.

Il y eut, par le moyen de ces édits et dé-* claration»un p^rand nombre d'hôpitaux, maladreries et lieu\ pieux qui fnn nt unis à Tordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare» et dont l'on forma cinq grands prieurés et cent quarante-cinq corn* mamieries. Le roi» par ses lettres patentes du 28 décembro 1680, fit l'érection de ces cinq grands prieurés, et Sa Majesté dressa encore des règlements touchant la manière de parvenir aux commandcries» tant anciennes que nouvelles. Les cinq grands prieurés qui furent érigés» furent celui de Normandie, dont la résidence était an Mont-aux*Malades près de Rouen; celui de Brelagne, dont le chef-lieu était à Âuray, et avait pour an-* nexe la commanderie de Blois ; celui de Bourgogne» dont la résidence était à Dijon ; celui de Flandre, dont le chef-lieu était à Lille i et le cinquième était celui de Languedoc. On établit aussi un conseil de l'ordre à TArsenal, qui fut composé du vicaire général, du chancelier, du procureur général» du grand mai* ire des cérémonies» du trésorier» du sccré^ taire et de cinq conseillers de Tordre.

Mais après la mort du marquis de Louvois» arrivée le 16 juillet 1601, U*s affaires de cet ordre changèrent de face. Sur les remontrances que firent au roi quelques onlres qui avaient été déclarés éteints ou supprimés de fait ou de droit, et dont les biens avaient été unis à celui du Mont-Carmel et de Saint* Lazare par Tédit de 1672, Sa Majesté nomma des commissaires pour l'examen de cet édit; et après que les commissaires eurent écouté les raisons des parties et en eurent fuit rap-

IMCTIONNAIRE DES OUDRCS RELIGIEUX.

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pori au roit Sa Majesté, par on avtre édil an mois de mars 1693, réfo^ va celui de 1672t désunissani de l'ordre de Notre-Dame da Mont-Carmel et de Saint*Lazare, lesmaisons, droits, biens et reveaus, qui étaient possédés, ayant le premier édil, par Ips ordres du Saint-Esprit de Ifonipellier, de Saint- Jacques de TEpée de Lucaues, du Sainl-Sépulcre, de Sainte-Christine do Sompori, de Noire-Dame dite Teutonique, de Saint-Louis de Boucheraumont, et autres ordres hospilaliers, militairrs, séculiers et réguliers; comme aussi les maladreries et léproseries, bépilaux, h6tels*Diett, maisons-Die», auméneries, confréries, chaperea et autres lieux pieux du royaume, même ceux destinés pour les pèlerins et les pauvres, unis à l'ordre de Notre- Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare par redit de 1672 et déclarations inter? enues on conséquence, soit que cea hépliaux ou lieux pieux fussent possédés en titre de héné^ flces oa de simples administrations, el quoique l'hospilalité n'y fût pas gardée. Sa Majesté Youlul que lea hiens el reveiHis possédés ayant cet édil de 1672 par les ordres du Saint-Esprit de Montpellier et les autres leuir fussent rendus et restitués, et maintint les chef aliers de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Sarnt-Lazare dans la possession des commanderies, prieurés, hôpitaux et autres lieux qui leur appartenaient avant cel édiL

Au mois de décembre de la même année, Sa Majesté nomma pour grand maUre de cet ordre M. le marquis de Dangeau» qui en cette qualité lui prêta serment de fldélité le 18 décembre 1693. Le 29 janvier de l'année suivante, 1696, il se rendit dans l'église des Carn>es des Bilielies, où il jura sur les sainti Evangiles d'observer et de faire observer par les chevaliers lea statuts de cet ordre. Ensuite les anciens chevaliers lui prêtèrent obéissance, et après la messe il en fit trente-cinq nouveaux, auxquels il donna l'épée, la croix et le livre des règles.

Jusque-là ces chevaliers n'avaient point eu d'habits de cérémonie, ils portaient seulement à la boutonqière du justaucorps, comme ils portent encore à présent, nne croix d*or à huit raies, d*un cété émaillée d'amarante avec l'image de la Vierge au milieu, et de l'autre côté émaillée de sinople avec l'image de saint Lazare aussi an milieu, chaque rayon pommelé d'or, avec une fleur de lis ans î d'or dans chacun des angles de la croix qu'ils attachent à un ruban de couleur amarante ; et les frères servants ne portaient, comme ils font encore à présent, qu'une médaille aux mêmes émaux, attachée à une chaîne sans ruban. Mais M. le marquis de Dan^eau a ordonné des hab is pour les cérémonies, et qui sont diiïérents selon la qualité des chevaliers.

l/habillement du grand maître consiste en une dalmatique de salin blanc, sur laquelle il y a par devant et sur les manches ur.e croix large 'de quatre pouces, écartcléc de

tanné amarante et do sinop!e, orlée d*or. rt s'étendant par les extrémités jusqv^aui bordi de la dalmatique. Dessus cette dalmatiqoe il porte un manteau long de velours amaraatf, doublé de satin Tert, semé de fleurs d€ hi d*or et de chifl'resde doubles ■ pour l'ordre du Mont-Carmel, et de doubles L entrelam d'un S pour l'ordre de Saint-Laxare, avec une bordure autour du manteau composée du même chiffre, posées entre trois cooroinés, et un cartouche où est le chiffre ds grand maître , de fleurs de lis arec dpux palmes en sautoir derrière, et de trophées, le tout en broderie d'or. Le collet de ce maa* teau est de satio vert, sur lequel sont In mêmes ornements en broderie qn*an bord do même manteau, et du côté gauche est la croix de Tordre aussi en broderie.

L'habillement des chevaiiera est semblable i celai du grand maître, excepté que le mi> teau est seulement bordé d'on petit galos d'or, sans aucun chiffre ni antres onfments an bord et an reste ifn manteau, %w n'a point non plus de collet; et la croix de la dalmatique n'est point non plus orlée d*or, comme celle du grand maître. Lea cbapelaias ont une soutane de moire amarante, avec sa rochet par-dessus; et dessus ce rocbet as camail aussi de moire amarante, an célî gauche duauel il y a aussi la croit de Tordre en brouerie. L'habillement dea tièresser* Tants consiste pareillement en nne dalauiique de satin blanc, sur laquelle il y a aoisi une croix écartelée de tanné amarante el de sinople, mais qui n'est qn'alaiaée. Sur celle dalmatique ils portent un manteau, seale* ment de drap amarante, bordé d'un pciit plon d*or ; et au côté gauche de ce manteaaest leur médaille en broderie. Le héraot porte une dalmatique de veloura amarante, iw laquelle par devant, par derrière et sur le» manches, il y a les armes de l'ordre ca bro^ derie d'or, l'écu surmonté d'une cooronoe i l'antique ; sur la manctie droite il y aécrii,es lettres d'or en broderie : Ordre deSoên^Dami du Mont^armel ; et sur la manche gauche : et de Sa^nt" Lazare.

Les uns et les autres, à la réaerve des ckipelains, qui ont un bonnet carré, ont nae loque de velours noir, t'Ur laquelle il y a sac aigrette noire, accompagnée de deux plamei, l'une amarante et Tautre verte, lia oat toaf des baa de aoie amarante et dea aouiîeri^ veloura de même couleur» dont les oreiilci sont de satin verl en broderie d*or. Us aoiices ont un petit manteau de satin vert, is* quel il y a une espèce de capnce attaché pi| derrière; l'huissier n'a qu'un justaucorps de drap amarante, et précède dana les céreia»nies les chevaliers, portant sur l'épaule ose masse de vermeil. Il y a encore l'haisiierde l'ordre, qui a seulement un justaucorps ft^ let et porte une masse de vermeil (!}•

Ils s'assemblent ordinairement aux C^^ mes des Billctlcs , mais ils aolenoisent liiej* de Notre-Dame du Mont-Carmel et cfUc di

|l) Voy. à la fin du vol. n«* i54 à .60.

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salât Umw» dan» l**8««« de Saint -Germain des Pré*, où ils le Irourenl tous en habit de

cérémonie. .• # . » i

Pour être reçu dans cet ordre, il laul faire prea*e de noblesse do trois quartiers, t ml du côté paternel qoe malerncl. Lo grand maître peut néanmoins dispenser de la rieaear d<s preuves de noblesse ceax qui ont rendu des services considérables au roi ou à l'ordre, et les recevoir chevaliers de grâce. Les ecclésiastiques qui veulent faire preuve de nob'esse tiennent rang parmi les chevaliers de justice, et il y a encore des chapelains et des frères servanU qui ne sont pas nobles. Les chevaliers, tant ecclésiaslmocs que laYques, pa jenl pour leur passage dans Tordre, mille livres, et les chapelains et lea frères servants, cinq cents livres.

Voici ce qui se pratique à leur réception et à leur profession, conformément au nouve<ia cérémonial Imprimé en 1703. U messe étant finie et le grand maître ou son représentant étant assis dans on fauteuil, I olflc iant. révéla d'une chape, fait es bénédiclions

de la crol» et de l'épie, après quoi le novice, qui a toujours été à genoux pendant ces bénédictions, se lève et va se présenter devant le grand maître, qui lui dit : Que dewandex-vous f Le novice répond : Je voue êuppVe tri»^wiAlement, Monseigneur, de me iionner Vordre de chevalerie de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint-Laxve de JA-uealem. Le grand maître lui dit : Fous tns demandes une grâce qui ne doit éjre accordée aa'à ««MB que le mérite en rend dignes autant Iw la nobieste de leur noiMonce, et qut sont hieposés à la pratique des ««»'•«• «'««•'îr*: corde envers les pauvres de Jésus-Chrut, et à Zstr leur sang pour la défense de Uf religion chrétienne ft pour le service du roi. Nous avons appris 'par des prewes certaines que les conditions et dispositions nécessaires à la grâce qw. vous nous demandes se trouvent en

Uus,\e qui -o«' «r^i!rJ"rw^;

BérabUsT Le novice répond: Ou^. Mon^ev inV.ir, avec VMe de Dieu. Eiisuile le grand maî ri lui dit : Je vais vous recevoir dans r!rdre royal. miHiaire ^ikospUaUer^^^^^ tre^Dame du Monl^Carmele de ««^^^'-/jJ^^^J d€ Jérusalem, au nom du Père, et duFUs.eJ du Saint-Esprit. Il fail, en proiionçanl ces nïtole», le ligne de la croix sur le novice. ?Ue lève de son faulenil, lire son épée du fourreau elen donne deux coups, l un sur Suledroîle, Taulre sur l'épaule gaucho i« Wcî en lil disanl : Par ifolre-Damedu Mont'Çarmel et par sa.nt Lazare, je vous fais

'' u'^iîîiTeaa chevalier se met cnsuîle à cenonx deranl le grand maître, ei «cÇOil de loi répéc en baisonl la main du grand mal- ?i;qulenluidonnanirépéc,luî*U:S^^^^^^ voùide votre épée selon Vespril de la religion, et non pas selon le mouvement àevospas^ sions, et souvenez vous que \ouinendeve^ jamais frapper personne injustement. Cheva-

lier, soyez désormais vigilant au service ds Dieu et de la religii^n, obéissant à vos supérieurs, soumis à leurs ordres et patient à leurs corrections. Sachez que les lois de la religion où vous êtes entré vous obligent à ^exercice de toutes les vertus chrétiennes et morales, et à les porter à un plus haut point que ne fait le commun des chrétiens.

Le grand maître, en donnant la croix au nouTeau chevalier, lui dit encore: Je vous donne la croix de notre ordre: vous laporterez toute votre trie au nom de la sainte Tnnité. Pire. Fils et Saint-Esprit. Elle vous doit faire souvenir de la passion de Notre-Sei^ gneur. et vous engage a l'observance des saintes règles et des statuts de la religion. Elle est ornée de fleurs de lis , pour vous enseigner la fidélité que vous devez avoir pour le service du roi. dont la piété el le zèle ont donné de Pappui et de la gloire à notre ordre. 11 lui donne ensuite le livre des prières et statuts de l'ordre, en loi disant: Je vous donne aussi le livre des prières et des statuts de notre ordre; vous y apprendrez quels sont vos

devoirs»

Après ces cérémonies, le nouveau chevalier, ayant les mains posées sur les saints Evangiles que tient le grand matlre, prononce à haute voix ses vœux en ces termes : Moi N. promets et voue à Dieu tout-puissant, à la glorieuse Vierge Marie, mère de Dieu, à saint Lazare, et à Monseigneur le grand mnU tre^ir observer toute ma vie les saints commandements de Dieu et ceux de la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine ; de servtr tun grand zèle à ta défense de la foi. lors^ qu'il me sera commandé par mes supérieurs, d'exercer ta charité et les œuvres de miséricorde envers les pauvres, et particulièrement les lépreux selon mon pouvoir, de garder au roi une inviolable fidélité; et à Monseigneur le grand maUre. de lui rendre une parfaite obéissance, et de garder toute nM vie la chas^ teté libre et conjugale. Ainsi Dieu très^on^ très-grand et très puissant me soit en aine,^ et les saints Evangiles par moi touchés. Si l on reçoit un étran';er qui n'est pas sujet du roi. il dit seulement, de garder à Monseujneur le grand maître une fidélité inviolable, de lut rendre une parfaite obéissance, elc.

Après que le nouveau profès a prononcé sei vœux, le grand mattre lui dit : Venez présentement que je vous embrasse etaueje vous reconnaisse comme notre frère ei chevalier de notre ordre, et en cette qualité défenseur de la foi. fidèle serviteur du roi. proter^ teur des pauvres, et sujet et soumis à nos règlements. Allez remercier Dieu de la grâce qui vout est fnite et signer votre profession et vos vœux. Si c'est un étranger, on retranche aussi ces trois mots : Fidèle serviteur du rou Quoique Ton voie des armes de la plupart de ces chevaliers entourées d'nn collier, us ne le portent pas néanmoins dan-* les cérémonies, c'î collier n'ajfanl pas été encore approuvé par le nii, comme Tonl été les habiis une M. le marquis de Uangcau a ordonnés pour les cérémonies aut fêles sofennel'cs et aux grandes assemblées de l'ordre depttis

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

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311*11 on €sl grand maître. Ce collier, qui ett *or, et I composé de chiffres qaî désigiienl la nom de la sainle Vierge par ces deux leilres M et Af entrelacées Tune dans Taulre : entre ces chiffres il y a trois grosses perles, et an bas du collier pend la croix telle que nous Tarons décrite. Peut-être que ce collier pourra être autorisé par Sa Majesté lorsqu'elle approuvera les nouveaux statuts de Tordre auxquels Ton travaille actuellement ; car sur les différends survenus depuis quelques années entre le grand maître et le chancelier de Tor ire, qui ont donné lieu à plusieurs Tacturns de part et d'autre, le roi ayant nommé des commissaires pour en con« naltrct il a été ordonné que I on lienitrait un chapitre générai, où Ton dresserait de nouveaux statuts pour servir à l'avenir de règlements uniformes dans Tordre, et ce chapitre s'est tenu au mois de décembre de.Tannr*c dernière.

Bernard Giosliniani, Hist. ehronolog. di tutti gli Ordini militari. P. a Sancio Andréa » nist. gênerai* Fratrum Discaleealo» rum ord. B. M, Vira, de Monte Carmelo. Toussant de Saint- Luc, Abrégé hist. de Vinsîitution de l'ordre de Notre-Dame du Mont'-CarmeU Du mémo, Office à Vusage des cheraliers de cet ordre^ avec leure règles et âtatuti^ cérémonial de ta réception et profesi'on dee mêmes chevaliers^ et plusieurs factums et mémoires concernant cet ordre.

Il semblerait qu'après les décisions ou ar« rets de deux souvtrains pontifes, Tordre de Saint-Lazare eut dû être regardé comme éteint on France ; loin de là, il s'y est maintenu, et après sa renaissance, dans son union avrc Tordre du Mont-Carmel, il est devenu plus brillant qu'auparavant, et même, par, une disposition toute contraire à ce qui s'est vu dans les autres onlres, celui-ci a été plus

{missant à ses dernières années que dans es siècles précédents. Il est vrai qu'il n'était plus guère considéré que comme chevalerie honorifique, au lieu d'être resardé comme ordre religieux, ainsi qu'il levait été à son origine.

Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est qu'un ordre entièrement el uniquement religieux, Tordre de Sainl-Ruf, ait cherché, ait obtenu ion union canonique è Tordre des chevaliers de Saint-Lazare et du Mont-Carmel.

Les deux inslKuts travaillèrent à cette réunion par des motifs convenables dans les chevaliers du Mont-Carmel, mais peu honorables dans les chanoines de Saint'Ruf, car ils n'y cherchaient qu'une voie honnête pour quitter leur règle et leur sainte profes* sion. Nous parlerons plus longuement de cette affaire à l'article Ruf (SAifiT-), mais nous devons en donner ici une idée suffisante; et cela se commença avant i*éditqui créa, en 1768, cette commission si funeste aux ordres monastiques en France, et dont nous ferons connaître Tesprit, surtout dans notre SupplémenL

Le projet avait été formé pnr Takbé de Saint-Uufet quelques membres de sa congrégation. Le 5 janvier 17C0, iU passèrent

un concordat avec les chevalière de Saiat- Lazare; le 11 octobre, ils obtinrent de Louis XV un brevet qui permit aux chanoines réguliers de Saint-Ruf de poursuivre en cour de Rome leur sécularisation, etCtCl l'union de leurs biens à Tordre de Notre- Dame du Mont-Carmel et de Saint-Latare.

L'assemblée du clergé de France, en 176i« blâma et réprouva ce susdit concordat qai lui avait été déféré, et se plaignit à Rome. Clément XIII ne voulut point accorder anx deux ordres ce qu'ils demandaient Clément XIV fui moins difBcile, mais néanmoins n'agit que parce que, dit-on, il se laissa surprendre. Il donna, le 1*' joillet 1771, un bref qui sécularisait les nem* bres de Tordre de Saiut-Ruf supprimé, et les unissait à Tordre de Saint-Lasare. L'affaire était déplorable sans donte, mais devait être finie, puisque le pape avait prononcé. Il n'en fut point ainsi. Le clergé de France, réuni en 1772, fit tous ses efforts pour empêcher Texéculion du bref. Dans son assemblée du 23 juin, il entendit no rapport admirable sur ce malheureux incideuC, et» chose étonnante 1 cet excellent rapport était de Brienno, archevêque de Tualouse, qui devait bientôt contribuer si lar* gcment à la destruction de Tétai religieox d^ns notre pays. Le bref fut révoqué par une bulle da 10 décembre 1772, confirmée par lettres patentes du 18 janvier 1773, enregis-* trées le 27 février suivant. Cette bulle ras* aura le clergé sur les projets d'envahissement de Tordre de Sain!*Lazare. Celoi-d, au moyen d'un dédommagement accordé par le clergé, renonça pour toujours oon-sealement à toute prétention sur les biens de Saint-Ruf, des Célostins ou de tonte autre congrégation, mais A toute espèce de répélilion des biens qu'il pouvait croire lui aruir appartenu et dont jouissaient les hApitaos, et généralement tous les établissements ec» clésiastiques séculiers ou réguliers.

Ce n*était pas seulement auprès des cbanoines de Saint-Rnf que Tordre de Saint-Lazare avait fait des tentatives d'invasion, mais il avait été aalorisé par an brevet i traiter avec les Célestins; plusieurs ordres avaient été tentés, et spécialement les Anio* nins, qui heureusement résistèrent, el qui, par dea motifs plus nobles^ s'unirent a x chevaliers de Malte, qui les firent biealét se repentir de cette union.

Grands maîtres de Vordre de Saint^Lazan tt commandeurs de Boigny.

Frère Gérard (suivant le P. de Saint-Luc).

Thomas de Sem? ille, maître et procareor général de Tordre et chevalerie de Saiot- Ladre de Jérusalem et chapitre de Boigoy*

Frère Jean de Paris, mori en 130V. -- 1« P. de Saint-Luc, çag. 148, 149, cite cette inscription de la Sainte*Chapelle de Boigoy : Ci-gît frire Jean de Paris^ chevalier^ jsdn maître de l'ordre de Saint^Laxare de Jérfus* lem, qui trépassa l'an de grâce 1301, te /«"'< deuxième jour du mois de janvier* Pr.ts Dni^ pour l'dnie du défunt.

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Frèro Jean de Couras, chef mattrc de tout l'ordre de SainULazare de Jérusalem. Jean de BeynoSi chef général et maître de tout Tordre de Salot-Lazarr, lanl deçà qoe delà la mer. Il est enterré à Boigny, el on lit ce qui lall sur sa tombe : Db Bstnes. chevalier^ iadiê maUrê de Vordrt de Saint-La^ dre de Jérusalem. (Tout le reste est e?acé jusqu'à ces mots :) Priez Dieu pour l'âme du défunt.

Pierre des KoauIx« mattrc de tout Tordre de Saint-Lazare de Jérusalem.

Frère Pierre Le Cornu. —Dans son ou- ▼ra^e, Saint-Luc dit qne.nfans un acte capilul.'iire du mardi des Téries de la Pentecôte liSI, il est fait mention que ledit Le Cornu avait succédé au grand maître dis Kaauix, 1 1 qu'il prenait dans cet acte la qualité de chevalier^ grand maitre de tout l'ordre ei noble chevalerie de Sainte-Lazare de Jéru^ salem^ deçà et delà la mer.

ihSS. Frère François d*Amboise, maître et chef général de tout Tordre de Saint-Lazare de Jérusalem.

i'i94» 1506, 1511. Frère Agnan Je Mareuil. 1521. Frère François de Bourbon. — Saîiil- Luc cite un aveu du 18 juin 1521.

15Î7. Frère Claude de Mareuil. — Saint- Luc cite Tarrét du parlement du 16 fc- Trier 15^7» ou ledit Claude de Mareuil est établi commandeur de fîoigny et maitre général de 1 ordre de Saint-Lazare de Jérusalem. Cet arrêt est aux archives. Il y en a d*auires du dernier janvier iùkk^ du 20 août 15i7, 18 août 151^8, 15 juin 15i9, 18 nillet 1551.

Frère Jean de Coiiti. — Saint-Luc cite un acte capilulaired*un chapitre général tenu à Boiffny aut fériés de la Pcnlecôle* dans lequ( I ledit frère Jean de Conti est élab i maître général de tout Tordre de chevalerie de Saint-Lazare do Jérusalem deçi et delà la mer, et donne à un chevalier natif de Calabre laJminist>aliun des biens dépendant de Tordre du territoire de Suessano dans la Fouille, à la charge de 220 florins.

Frère Jean de Lcvi. — Saint-Luc dit qu*il fol pourvu do cette charge par Henrt II, qu'il obtint des bulles en cour de Kome, et qu*il se démit de sa charge entre les mains du roi. Il cite un arrêt du grand conseil du 10 décembre 1565, dans lequel ledit de Léii est nommé prieur et commandeur du prieuré et commanderie de Boi{;ny, grand maitre et administrateur de Tordre de Saint-Lazare, 1567, Frère Michel de Seure. — Aux archives t arrêts du parlement du 18 janvier 1571 et 157V, où ledit de Seure est établi chevalier de l*ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de la commanderie de Poignj, grand maître et admloistraieur de daint-Lazare de Jérusalem.

1578. Frère François de Salviali. — Arrêts do parlement de Paris, 31 août 15^^, ^ janvier, 8 avril et 2^ mai 1585, 8, IG, 22 mai, et 5 août 1586, 9 cl 10 mars 1Ô87, el k juin 1597.

1604^. Philipert de Néreslang, grand maître de Tordre de Saint«Lazarcy sur la déuii»Mou

de Charles de Gayanl, el grand maître de Tordre de Notre-Dame de Mont-Carmel.

1612, Claude de Nérestang. grand matire de Saint-Lazare et de Notre-Dame de Mont- Carmel. '^

1639. Charles-Achille, marquis de Néreslang, reçu en survivance, le 16 août.

1645. Ledit Charles-Achille, marquis do Nérestang.

1673. François Le Tellier, marquis de Louvois, grand vicaire général de l*ordredo Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint- Lazare de Jérusalem, sur la démission volontaire de M. Charles-Achille, marquis de Nérestang»

1693. Philippe de Courcillon, marquis de Dangean.

1721. Louis, duc do Chartres» puis duc d*Orlénns.

Après la mort de M. le duc d'Orléans, arrivée en 1752, le rot fut quelques années sans donner do grand maître aux ordres royaux, militaires et hospitaliers de Notre- Dame de Mont-Carmol et de Saint-Lazare de Jérusalem. Déterminé enfin à en nommer un, il fit choix, en 1757, de M. le duc de Berriy fils de France, et lo pape Benoit XIV, mort en 1758, accorda à ce prince les bulles nécessaires, qui lurent enregistrées la mémo année au grand conseil. Et attendu la trop grande jeunesse dudit prince. Sa Majesté nomma, au mois de juin de Tannée susdite» M. Louis Phelypeaux, comte de Saint-Flo« rentin, conseiller en tous ses conseils, mi^ nistre et secrétaire d*Etat, pour régir, administrer et gouverner Icsdits ordres, jusqu'à ce que le nouveau grand maître fût en Ago d'en prendre par lui-même Tadministration. Le roi, voulant aussi aviser aux moyens les plus propres pour que lesdits ordres pussent se soutenir avec splendeur , jugea à propos d'expliquer p«'ir un nouveau rèele* meut ses intentions sur le nombre drs chevaliers dont il veut qu'iU soient à 1 avenir composés, et sur les qualités des prr:»onnes

2ui y seront admi^e<. Ce nouveau règlement, até du 15 juin 1757, est compris en xv articles, dont les principaux sont : Que nulle personne ne pourra être reçue et admise à Tavenir par le ^rand maître desdits ordres* qu'elle n ait fait ses preuves de la religion catholique, apostolique el romaine, et celle de quatre degrés de noblesse paternelle seu« lemeol, le nouce compris; qne le nombre des chevaliers sera fixé à Tavenir à cent, y compris les ecclésiastiques, qui ne pourront y occuper plus de huit places, et qui seront obligés aux mêmes preuves que h-s chevaliers laïques ; qu*on recevra, par préférence à toutes autres considérations, les person* nés qui seront ou qui auront été employées au service de Sa Majesté dans Tinléricur du royaume, près de sa personne, dans les cours étrangères ou dans les places ou emplois de confiance; qu'il faudra avoir Tâge de 30 ans accomplis pour être reçu, ou au moinsdeSSans accomplis, au cas que quelque raison particulière oblige à admettre quel-» qu'un au-dessous de Tàge de 30 ans ; qu'il

ihctionlNairb des ordres religieux.

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ne sera plus reçu à ravenir dans lesdits orfiresi des clievaliers de grâce, commandeurs, fondateurs ni servants ; que le droit de passage el autres Trais qui seront payés par chacun des chevaliers qui seront a l'avenir admis dans lesdils ordres, sera flxé à la somme de 1,000 livres, et le droit des officiers à celle de 120 livres, pour être distribuée rntre eux suivant l'usage jusqu'à présent observé, indépendamment des honoraires du généalogiste; que les chevaliers porteront au cou la croix desditn ordres attachée à un ruban de couleur amarante , et dans les occasions de cérémonie ils porteront la croix ainsi et de la manière dont il en a été usé jusqu'à présent ; que ceux des gentilshommes qui auront été élevés dans Técole royale militaire et que Sa Majesté jugera & propos d'admettre dans lesdits ordres, y seront reçus, en faisant également preuves de la religion et de la noblesse, comme les an* très; mais qu'ils pourront y être admis quoiqu'ils niaient pas l'âge prescrit, et que le ii(»mbre de cent soit rempli, et aussi avec exemption du droit do passa^^e et de tous a ut es droits. Ces règlements ont été faits el arrêtés à Versailles, le roi y étant, le 15 juin 1757, et imprimés à l'imprimerie rovalc, in-&^*.

11 y rut encore une conGrmation des ordres du Mont-Carmcl et de Saint-Lazare, par Louis XV en 1770. Lorsque la révolulion, on 1790, le 20 juin, abolit les ordres de chevalerie, titres, etc., le grand maître el chef général de celui-ci était Monsieur, depuis Louis XVlll. Le comte d'Agoult était prcv6t et maître des cérémonies ; Gaultier de Sibert était historiographe^ et il a justiflé cette fonction en donnant en effet Thlstoire de l'ordre. Il y eut un grand nombre de chevaliers nommés en 17S); nous ignorons s1l y a eu des promotious postérieures à cette date. Dans un chapitre tenu e<i avril 1774, il fut ordonné à tous les chevalier:! et com« mandeurs de porter une croix verte à huit pointes, cousue sur l'habit, et dans les cérémonies sur le manteau, cl depuis 1778 celle croix était en paillons d*or vert.

A la restauration, cet ordre reprit son rang et ses digni es. Le roi fut toujours désigné comme protecteur, mais il n y eut pas de grand maître nommé, ni de promotions faites, quoique nous croyions qu'une ordonnance royale ail été rendue, en novembre 1816, en faveur de l'ordre de Saint-Lazare. M. Stlvestre reprit les fonctions de héraut d'armes, qu'il avait avant la révolution. M. Daeicr fui historiographe; les chevaliers curent un chapelain en titre à Versailles, M. l'abbé Picot. Ces trois derniers vivaient encore en 1830, et l'ordre comptait alors quatorze chevaliers. Louis XVlll, étant à Millau, avait nommé le baron de Dreisen, officier russe, à la dignité de chevalier d'Ac/itfifur de Tordre de Saint*Lazare.

Presque tous les historiens, les Indien» ivun^ etc., écrivent Ordrti de Sainl-Laxare €t du Moni'Carmel réunis,,,. C'est une ern;ur ou uu oubli. L'ordre de Saiut-Lazare,

aboli, avait été absorbé par Tordre do Hoat* Carmel, sous la lettre duaoel nous les avons placés ici. Il est vraisemblable que cet ordre religieux et militaire est pour touioors aboli en France, où il a disp9rD par le fait,i la révolution de juillet 1830. — Almanack Royal. — Mémoire $ur réiat religieux ti iwt la commission établie pour les Régulière^ in-li (par Tabbé Mey). — Dictionnaire de Mo^ rériy édition de 1759. — Histoire des ordres royaux^ hospitaliers et militaires de Sainte Lazare de Jérusalem el de Notre-Dame dm Uonl-Carmel; Liège et Bruxelles, 1775, iu4\ par Gaultier de Sibert, etc. B-d-s.

HONT-CARMBL (Tibrs Ordre du}.

De rorigine du Tiers Ordre des Carmes et des Béates du même ordre.

Le P. Papebroch s'est trompé lorsqu'il dit (Respons. ad P, Sebaslianum a S. Paulo^ art. 20, n. 16) que la marque que les religieux de Saint-François donnent à leurs tiercîaires est un cordon, et que celle que le» Carmes donnent aussi à leurs tierciaires est an petit scapulaire en forme de billettes. C*esl ainsi » dit-il , que les Français nomment de petits morceaut de drap longs el carrés; ctc*esl aussi pourquoi Ton a donné à Paris le nom de Billettes aux Carmes qui ne soot pas déchaussés.

Premièrement 11 n'est pas rrai que les Carmes de l'Observance de Rennes « qui sont ceux qu'on nomme Billettes à Paris, aient été ainsi appelés à cause du scapulaire en forme de billettes qu'ils donnent aux personnes qui ont dévotion de le recevoir, car il y avait déjà plus de trois cents ans que ce nom était donné aux religieux hospitaliers de la Charité de Notre-Dame, qui cédèrent. Tan 1632, à ces religieux Carmes le couvent des Hillcttes, qui fut bâti Tau 129i en la rue des Jardins, appelée dans la suite des Billettes, à la place de la maison d'un juif qui avait fait plusieurs outrages à la sainte hostie, qui depuis ce temps-là a été conservée avec beau* coup de vénération dans l'église de Saint* Jean en Grève ; et quoique les Français donnassent autrefois le nom de billettes a des pièces d'étolTe d'or, d'argent, ou de C'.a'eor, plui longues que l.irges, qui se coosainl par intervalle sur les babils ^our leur servir d'ornement, et qu'on a depuis transportées sur les écjs, comme on peut voir flans Ici armoiries des maisons de Choiseul , de Beau* manoir et de plusieurs autres, néanmoins ce mot a eu plusieurs signiGcations, d se prend encore pour une enseigne en forme de bariHet qu'on met aux lieux où Ton doit péage {Dictionnaire universel de Trévoux^ au mot Billbttk). Ainsi il y a bien de Tapp«i* rence une le nom de Rillelte, qui a été doimé d'aboro au monastère que les Carmes octih peut à présent depuis Tan 1032, lequel leur fut cédé et qui a été bâti , comme nous avoas dit, dès Tan 129^, vient de ce qu à la mai^oo du juif qui fat démolie il y a^ail pour enietgne trois ou quatre billeUes, comme remsr» que le P. du Brcail dans les AD'iquitéi<is

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Paris (liv. ii| pâff. 977), si ce n'e^ t , dil ce Pèrei qaeronne?oalùl dériver ce nom dii mol lalia bilii atrûf delà colère el fureur de ce juif.

li n'esljpas vrai non plus que les relif;ieox de Saint-François donnent à leurs tierciairea u« cordon , et les Carhaes an petit scapulaire composé de doux pedts morceaux oe drap carrés. Le P. PapeDroch a sans doute confonds les confrères du cordon de Saint-François et du scapulaire des Caimes avec les tierclaircs de ces ordres. Il y a cependant une grande différence entre les uns et les autres; car quoique le mot deconfroriesoil fort honorable, el qu'on entende par là plusieurs personnes unies ensemble par les liens de la rharité pour s'employer a de bunnes œuvres, et Que ces sortes de confréries aient été approuvées par le saint-siége ou par les évéques des lieux où elles sont établies, néanmoins les règlements et ce qui sert à y maintenir une observance uniforme ne sont que sous le nom de statuts, et il sufTll pour y entrer de se faire enregistrer dans la liste des confrères ; au lieu que ce qui sert à maintenir Tobservance parmi les tierciaires est sons le nom de rè^le, etqu*il faut que ces tierciaires soicntéprouvés par un noviciat d'un an, au bout duquel ils font profession avec des vœux simples. Quoiqu'on ne puisse pas dire qu'ils soient religieux, à moins qu'ils ne soient engagés par des vœux solennels, comme les religieux Pénitents do Tiers Ordre de Saint-François elles rcligieases du Tiers Ordre de Saint>Domi nique, cependant leurs congrégations sont de véritables ordres, parce que, dans le cas dont il t*agit, le mot d'ordre signiBe une manière de vivre ordonnée sous certaines règles et cérémonies pratiquées psr ceux qui s y engagent, et cette manière de vivre a été approuvée sous le nom d*ordre par plusieurs souveriûos pontifes, comme on peut vor par les bulles deNicolasIVen faveur des tierciaires de Saint- François, d'Innocent VU pour ceux de Saint- Dominique, de Martin Y pour ceux des Servites, d'Eugène IV et Martin V pour ceux des Augostins, de Sixte IV pour ceux des Carmes, etde Jnles II pour ceux des Minimes; et loraqoe les papes ont parlé du cordon de Saiot-François ou do scapulaire des Carmes, ce n'a été que sous le nom de confrérie.

Ce fut le pape Sixte V qui institua à Assise colle du cordon di* Saint-François Tan 158G. Uais il n'est pas si aisé de savoir le temps que la confrérie du Scapulaire a été établie. Lezane dit que les papeii Etienne Y, Adrien II, Sergins lil, Jean X, Jean XI el Sergius IV, ont remis la troisième partie de leurs péchés à ceax qui entreraient dans cette confrérie : de celle manière le bienheureux Simon St( k, qui deux ans avant sa mort reçut des mains de la sainte Vierge le scapulaire qu'elle lui ordonna de faire porter aux religieux comme la marque de leur ordre, n*étanl mort qu'en j 1265, et Etienne V ayant été élu pape en 816, el ayant accordé, selon les Carmes, des indulgences aux confrères du Scapulaire, il «>ntoivrait qne la confrérie du Scapulaire était établie pins de tôO ans avant qn'on eût

songé seulement à parler de scapulaire parmi les Carmes.

Mais pourquoi la confrérie du Scapulaire n'aurail-elle pas été établie plus de quatro cents ans avant que les Carmes eussent porté le scapulaire, puisque leur troisième ordre a été institué, selon quel«|ues-uns de leurs écrivains, plus de deux mille ans avant que l'on eût connu le premier? Entre les autres, Didace Hartinez Coria, dans un Iraité particulier qu*ila fait de ces tierciaires, imprimé à Séville en 1592, dit qu'ils descendent immédiatement du piopbète Elle, aussi bien que les Carmes. En effet, entre les grands hommes qui ont fait profession,àce qu'il dit, dece Tiers Ordre, il met le prophète Abdia^, qui vivait huit cents ans avant la naissance de Jésus- Christ, et il a cru que cet ordre serait aussi beaucoup honoré, si aux personnes de raolre sexe oui en ont aussi fait profession il joignait la bisaïeule du Sauveur du monde, sous le nom emprunté de sainte Emérentiennc.

Pour prouver Tanliquité prétendue de ce Tiers Ordre,'il rapporte les bulles de Léon IV. d'Etienne Y, d'Adrien 11 et des autres papes dont nous venons de parler, qui onl aussi accordé, à ce qu'il prétend, la rémission de la troisième partie de leurs péchés à ceux de cet ordre le jour qu'ils prendraient l'habil : mais nous avons assez réfuté ces prétendues bulles à l'article Caeiibs ; c'est pourquoi nous n'en parlerons pas davantage, et nous nous con* tenterons seulement de faire remarouer deux contradictions manifestes dans lesquelles Coria est tombé.

Lu première, c'est que cet auteur parlant d'un Tiers Ordre du temps des prophètes, ou doit présumer qu'il y en avait deux autres différents. Cependant il dit que lorsque les Carmes eurent reçu le baptême des mains des apôtres mêmes, ils se divisèrent pour lors en trois classes avec des manières de vie différentes : que la première fut celle des religieux qui vécurent en congrégation ; que la deuxième fut celle des rcligieu»es qui vécurent aussi en congrégation avec rœu de clôture, et qu'enfin la troisième fut celle des tierciaires, qui vécurent avec lenrs femmes et leurs parents dans leurs maisons, les uns et les autres sous la règle cl les préceptes du sacré ordre du Mont-Carmel. Ainsi , s'ih n'ont commencé à se séparer et à former trois différentes classes qu'après avoir été baplisés par les apAlres, il s'eusuivn.it que le prophète Abdias et la bisaïeule de Jcsus-Christ n auraient pas été plutôt du Tiers Ordre des Carmes que du premier ou second ordre, supposé qu'il y en eût un, puisqu'il n'y aiail point encore de séparation,

La seconde coniradictioo que je trouve dans Coria, c'est qu'ayant dit qu'il n'est pas vrai que saint François soit le premier qui ait institué un troisième ordre, il convient ensuite que le pape Sixte lY, l'an 1476, donna permission au prieur général, aux provinciaux, aux prieurs locaux de Tordre des Carmes et à ceux qui tiendraient leurs pla-* ces , de pooyoir donner TLabit régulier et la règle de leur ordre aux personnes de l'un et

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

IOjO

de l'autre se ve qni se présenteraient ponr le recevoir, do iiiéme que les Mantelées et Pin* zoches (ij, ou les Frères de la Pénitence du Tiers Ordre des Mineurs, el de ceux des Frères Prêcheurs et des Ermites de Saint-Augnslin, et d*admellre aussi au même habit les vierges, matrones, veuves el femmes mariées; d'où l'on doit conclure que si le pape Sitte IV a permis à l'ordre des Carmes de recevoir ces sortes de personnes comme ceux qu'on recevait dans Tordre de Saint-François, c'est qu'ils n'en recevaient pas auparavant et par conséquent que le Tiers Ordre de Saint François est plus ancien que celui des Carmes.

Silvera, fjmeux écrivain de cet ordre, a étéi ce mi^ semble, plus sincère que Coria, et sans faire remonter leur Tiers Ordre au temps du prophète Elle, il avoue de bonne foi que non-seulement il n'a commencé que sous le poniificat de Sixte IV, en vertu de la bulle de ce pape de l'an iVJQ, mais même que saint François est le premier qui a institué un Tiers Ordre en iSâi^ pour des personnes de l'un et de l'autre sexe, auxquelles le pape Nicolas IV prescrivit une règle; qu'ensuite les autres ordres, à rimitation de ee séraphique Père, ont eu des Tiers Ordres qu'ils ont élablis; et que lorsque l'Eglise chante dans son ufflcc celte antienne : Trttor^ dineshic ord/naf, elle entend qu'il a été le premicrqui aitélabli trois ordres différents; voici ces paroles : Banc facuUatem recipiendi ae admUUndi Terîiarios habtnt ordina MendicnnteSf et primo ianeiut Franciseus hujus tacri vrdinis patriarcha^ insiituit Fratres et Sorores huja$ ordinii de Pœnitentia anno 1221. Ejus régulant prœseripsit Nicolaus /K, anno 2 sui pontificatus. Pottea tero aliœ religionn ad ejus vnitalionem eiiam Tertiarios inslifueruni ae habaerunt; el Eeelesia, dam canit de S. Francisco : Très ordines hic ordinal, intellig t quod ipse fuit primui qui /to* très ordinavit ae instituit (Silvera, Opusc. var. resol. 38). Lezana dit aussi la même chose; il trouve seuleaienl à rcd.re que Casarubios ait avancé que saint François était le seul qui eût établi un Tiers Ordre, puisque, dit Lezana, il j en a ^ui prétendent que saint Dominique, à son imitalîjn, en a aussi institué un. Et qumvis ipse Casarub. in corn" pend. verb. Tertiarii^ num» 2^, § Sciendum est nierius, dicai quod solus S. P. Francis^ eue Fratres et Sorores Teriii Ordinis seu de Panitentia instituerit^ ut propter ea de eo ca^ nat Ecelesia, Très ordines hic ordinal, etc., alii tamen etiam hoc tribuant S. Dominico^ el dieuntiolum ilta de B. Francisco did ab Ecclesia, quia ipse primas omnium fuil^ et S. Dominicus aa ipstus imitationem (Lezana, Summ. qu. Regtd. 1. 1, cap. It^, de Terliariis^ num. 8}« Ht après avoir dit en un autre endroit que la règle des tierciaires des Mineurs n'oblige à aucun péché, il ajoute qu'il en est de même des ilcrciaires des Carmes, parce qu'ils n'ont été approuvée qn*à l'iiuitatioa

(I) On apiielle Bianielées et Pinzocbes en lulîe, et Béaiei en Espagne, ceruines femmes liabiliéei en religieuses, qui sont de quelque Tiers Ordre et de-

de ceux de Saint-Frauçois el de Saint-Doni* nique : Idem dico de Tertiariis nostri orài^ nii, eo quod ad instar TertiariorumPrœdicntorum et Minorum npprobantur aSixtolV {fbid. nom. 20),

Ce n'esl donc que l'an 1M7 que le Tien Ordre des Carmes a comn;eucé eo vertu de la bulle de Sixte IV, qui est le Mare magnum de l'ordre des Carmes. Les frères et j^œurs dece troisième ordre n'avaient pointaulrefoii d'autre règle que celle que le patriarche Albert avait donnée au premier ordre; maïs ils en curent une dans la suite, qui fut dresiée par le P. Théodore Stratius , général d^*s Carmes, vers l'an 1635, et elle a été réformée Pan 1678, par le P. Emile Jacomelli, vicaire général de cet ordre, et contient présentement dix-neuf chapitres. Couforméuient à cette règle, on peut recevoir dans ce Tiers Ordre toutes sorles de personnes de l'un et de l'autre rcxe, ecclésiastiques et laïques, Glles, veuves ou femmes mariées, pourra qu'ils soient tous d*une vie exeniplain*, qu'ils aient une grande dévotion envers la sainte Vierge, qu*ils ne soient point déjà reçus et profès dans un autre Tiers Ordre, Ju*ils ne soient point suspects d'hérésie oo e désobéissance à la sainte Eglise romaine, qti*ils n'aient point quelaue notable difformité de corps, ni de maladie ou incommodité qui puisse donner aux antres une aversioa naturelle peureux, qu'ils aient hoonétemeal de quoi vivre, ou au moins qu'Us puissent gagner leur vie dans une vacation honnête. Ayant été reçus. Ils font un an de noviciat, aprèi lequel ils font profession en la manière suivante : Ifot frère iV. ou sœur JV. fais »a profession^ et promets obédimce et chasteté è Dieu tout-puissanl el d la B. Vierge Uarie du Mont'Ùarmel^ et au rétérendisiimi Pin iV., général dudil ordre^ ft à ses iuccesseuTs, félon la règle du Tiers Ordre ^ jusqu'à la mot t. Ceux qui sont clcrca doivent dire roflice di« vin selon l'usage de l'Eglise de Rome ou de leur propre diocèse; Ieslaïi|uesletlrésledoivenl réciter selon rusagedel'ordredesCarmes oo bien le petit ofiice de la Vierge, el reui et celles qui ne savent pas lire doivent dite pour matines vingt fois Pater noster^ et aotant de toh Ave Marin^ excepté qu*aui dimanches et fétcs solennelles ce nombre doit être doublé. Ils en disent sept pour piime, tierce, sexte, nono et compiles, et pour vé* près quinze. Outre les jeûnes qui sont institués el commandés par l'Eglise, Ils doivent s'abstenir de viande cl jeûner durant Taveot el tous les vendredis de l'année, excepté celuideroctavedePâques.llssuntencoreobligés à jeûner les fétcs du l'Ascension, de la Pente* côte.du saint sacrement, delà Nalivité,Présciitalion, Visitation, Puri6calion,Assompli^«o et Commémoration de ta sainte Vierge; eUe tous les mercredis et samedis, depuis la fêie de la sainte croix inclusivement jusqu*4 l'avant, et depuis la Nativité de Notre Seigneur jusqu'au carême. En tout temps et ea

meurent dans leurs maisons paiticiilières, seii scuifs ou avec leurs parents.

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ton! liea. Us gardent Tabstinenec do viande les niereredis el samedis* excepté le jour de la NatÎTité de Notre^Seigneur. Qoanl à l'habillement, les Frères et Sœurs doivent avoir une robe ou tunlqoe longue jusqu'aux talons , tirant sur le noir* ou rousse sans teinture, et par^dessus une ceinture de cuir noir, large de deux doigts. Ils doivent porter par^dessous la Ionique, selon la coutume du lieu, le scapolaire de six pouces de large el de tcUo longueur qu'il descende plus basque les ge« iioiix. Ils doivent avoir aussi une chape hlanche à la Taçon d*un manteau descendant jasqu'i mi-jambe, et ils la peuvent même porter en public où la coutume le permet. Les Sœurs ont un voile blanc sans guimpe ni linge au front el à la gorge ; néanmoins, dans les pays où ces sortes d habits ne sont point en usage parmi les tierciaires, ils peuvent être habillés comme les séculiers en retenant la couleur tannée li).

Corla prétend que les chevaliers do Malte dans leur origine ont été du Tiers Ordre des Carmes. Il dit que le B. Gérard, leur Toudateur,était frère convers de Tordre des Carmes, et que sous Taotorilé du général il institua un nouvel ordre de religieux tierciaires sous l'habit et la régie de celui du Mont-Carmel, pour combattre conlre les ennemis de la foi et garlerla terre sainte, et qu'on leur donna un couvent qui appartenait aux Carmélites, qui demeuraient dans le saint sépulcre et qui furent transférées dans on autre. Saraccni ei Munoz soot aussi de ce sentiment ; mais ils confondent ce B.Gérard, instituteur des chevaliers de Malte, avec un autre saint Gérard, évéqoe et martyr, et premier apAtre de Hongrie. Allègre, voyant que cette opinion n'était pas souteuabie, puisque cet apdtre de Hongrie est mort, selon le sentiment de presque tous les écrivains, l'an 1043, et que le B. Gérard n'a institué Tordre des chevaliers de Saint^Jean de Jérusalem que Tan 1099, il en a fait deux taints différents, el tous deux enfants du prophète Elie. Mais je ne crois pas que les che- % allers de Malte soient de ce sentiment, non plus que les bénédictins qui reconnaissent TapAlre de Hongrie pour appartenir à leur ordre, comme ayant été religieux de ta célèbre abbaye de Saint-Georges-le-Majeur à A'^enise.

IIONT-CASSIN (CuNGaÉGATiox ne), appelée aussi de ta Grotte et de Saint-Benoît,

Quoique, dès les premières années de Télablîssemenl de Tordre de Saint-Benoit , il semble qu*il ait été divisé en plusieurs congrégationsi elles ne formaient pas néanmoins de corps distincts et séparés. La fnremière qui ait pour ainsi dire formé un orore noii- Tean sorti de la tige de celui de Saint-Benoit, est celle de Cluny» i^ui ne fut fondée que 1 an 910. La plus ancienne de ces congre* gâtions est celle du Mont-Cassin, ainsi appelée du nom de ce célèbre monastère, chef de tout Tordre de Saint-Benoît. On lui a donné aussi le nom de la Sainte-Grotte, à tause da monastère qui a été bAii où était la

il) ray.,à la fla du vol., n«** &61 et 26!i.

Srotte ou caverne qui servit do premièrn cmcurc à saint Benoit, lorsqo*il se retira à Subiago; quelques-uns ont aussi donné a cette congrégation le nom de saint Benoit, patriarche de cet ordre. Il ne se passa rien do considérable sous le goovernemcnt do T{ibhé Constantin, quisuccédaà saint Benoit. Simplicius, qui prit la place do Constantin, contribua beaucoup à la propagation de cet ordre, ayant publié la régie du saint fondateur, qui n*était guère connue que dans les monastères qui avaient été fondés de son vivant, et il excita les autres commun tuiés religieuses à la recevoir et à s'en servir pour perfectionner leurs observances.

Vital et Bonit furent abbés du Monl-Cassin après Simplicius ; mais le gouvernement de Bonit ne fut pas tranquille. Ce fut de son temps que la prédiction de saint Benoit s'accomplit. Ce saint avait averti ses disciples que tous les édifices du Mont-Cassin seraient renversés par les Lombards. Il n'a« vait pu détourner ce malheur, ni par ses prières, ni par ses larmes ; il avait seulemenl obtenu de Dieu que tous les religieux échapperaient des mains do ces barbares. La chose arriva comme il l'avait prédite Tan 580; les Lombard!$, conduits par un de leurs chefs, attaquèrent de nuit les mouasières el s'en rendirent les maîtres. L'abbé Bonit et ses religieux ne laissèreul pas de se sauver , emportant avec eux quelques meubles et quelques livres, entre lesquels était Tautographe de la rè^le et le poid$ du pain, avec la mesure du viu qu'elle prescr t pour le ro-

Eas. Ils vinrent à Home, où ils fuient favora- Icmeul reçus du pape Pelage 11, qui leur permit de bâtir près le palais de Latran un monastère sous le titre do S.iint-Jean-Baptiste, de Saint-Jeau TËvangélisleet de Saint- Pancrace.

Il y avait près de cent quarante ans que les Bénédictins demeuraient dans ce monastère, ayant presque perdu Tespérance de retourner à celui du Mont-Cassin, qui, selon toutes les apparences, devait demeurer enseveli sous ses ruines. Il avait servi pendant un temps de retraite aux bétes sauvages ; mais quelques solitaires et anachorètes y avaient établi leur demeure Tan 720, lorsque le pape Grégoire 11, qui appliquait tous ses soins à faiie lleuiir l'état monastique, après avoir non-seulement fait rétablir A Borne plusieurs monastères ruines, en avoir fondé de nouveaux et changé même sa maison en uu monastère, songea à relever les bâtiments de celui du Mont-Casbin. Pétronax, qui fut Tinstrumcnt dont il se servit pour exécuter son dessein, étant venu à Rome pour y visiter les saints lieux, avait peutêtre eu dessein de fonder quelque monastère ; mais le pape Grégoire lui persuada d'aller au Mont-Cassin, et l'engagea de travailler au rétab issement de ce monastère. On ne sait s'il était déjà engagé dans la profession monastique, il est sûr au moins qu'il était originaire de Bresse, et qn*il joignait A une

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

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noble extraction beaucoup de piété. Il alla donc aa Monl-Cassin l'an 720 ; il commença à le rebâtir» et forma une nouvelle communauté qui fui composée de quelques religieux qu'il avait amenés de Rome et de la plus grande partie de ces solitaires qu'il j trouva ; il gouverna ce^.te commuitauté en qualité d'abbé : il y bâtit deux monastères» le principal sur la montagne, à l'endroit même où il élail du temps de saint Benoit, l'autre sous le litre de Saint-Sauveur» proche le château de Cassin» au pied de la montagne» aux environs duquel l'on a bâti depuis la ville de Saint-Germain. 11 restait do l'ancien monastère une tour que l'on voit encore aujourd'hui» et où, selon un ancien manuscrit» à certaine fête de l'année ( peut-être était-ce celle de saint Benoit ) les Grecs et les Laiins faisaient l'office : ce qui fait douter si Tabbé Pétronas institua des moines grecs dans le monastère de Saint-Sauveur, ou s'il avait établi des moines grecs et des latins dans celui d'en haut, ou si les grecs ne venaient point d'un certain monastère voisin pour célébrer l'office dans celui du Mont-Cassin. Mais comme Léon d'Ostie dit que les moines dos dcax monastères de Cassin se trou* ▼aient le mardi de Pâques dans l'église paroissiale de Saint-Pierre dans la ville de Saint- Germain» que l'on appelait pour lors de Sainl-Pierre» où ils célébraient la messe avec un chant mêlé de grec et de latin jusqu'à la Qn de l'Ëvangile » et que cette solennité subsistait encore du temps de l'abbé Thèodemare, comme il parait par ses lettres à l'empereur Charlemagne» il se peut faire que cette solennité ait été instituée par l'abbé Pétronax.

Dieu donna une grande bénédiction è ses Iravanx» et sa communauté devint fort nombreuse en peu de temps : il y eut même des princes qui voulurent être de ses disciples , commeCarloman.dncet prince des Français, fils du fameux Charles Marlel, m.ire du palais. Ce prince, qui avait eu en partage l'Allemagne et la Thuringe» après avoir soumis par la force de ses armes, avec le secours de Pépin son frère, ces peuples qui s'étaient révoltés en plusieurs rencontres » renonça à ses Etats et vint à Rome, où il reçut, l'an 747, la tonsure cléricale et l'habit monastique des mains du pape Zacharie. H se retira ensuite sur le mont Soracle» où il joignit à une église de Saint-Silvestre qui y était déjà» un monastère qu'il fit bâtir» et où il demeura quelque temps; mais s*y trouvant trop importuné do visites, il alla an Mont-Cassin pour y vivre sous rot>éissance de l'abbé Pétronax. Trois ans après» l'an 750, Hachis, qui» étant duc de Frioul» fut choisi par les Lombards pour succéder à leur roi Luit* prand» conçut tant de mépris des choses du monde» que, suivant l'exemple deCarloman» il alla trouver â Home le pape Zacharie, dont il reçut la tonsure cléricale et l'habit monastique. Tasie, sa femme» et sa fille Re- Irude» prirent aussi l'habit de religion, ot le

Sape les envoya tous au monastère du Montassin» où Hachis se soumit aux observances

régulières: Tasie et Retrnde bâtirent» â qm. tre milles do Mont-Cassin, le raona^lère de Piombaroie» où elles se retirèrent et vécnreftt dans l'observance d'une exacte diicipliDe. La réputatiou de Tabbé Pétronax s'étaii r«« pandue dans les pays éloignés. Saint Boniface» archevêque de Mayence, ayant (ait bâtir la célèbre abbaye de Fuldeen AUemagie, dont le prince Carloman fut ibndaleor» pot»qu'ii donna le lieu sur lequel elle fot lâtie, désigna pour premier abbé de ce monastère saint Sturme. Mais voulant que la règle de saint Benoit y fût exactement observée» il envoya ce nouvel abbé an Mont-Cassin pour y remarquer soigneusement et les ub^ervan* ces et les usages, afin de les faire pratiqofr ensuite à Fulde. Gisulpbe» duc de Béoévrot, édifié de Texacte observance des reliai oi du Mon(-Gassin, leur donna le territoire d'alentour. La duchesse Seauniperge, sa femme, voulant imiter sa piété» convertit en oae église» qui fut dédiée en l'honnenr de l'apéU'e saint Pierre» un temple qui se trouvait daD« le château de Cassin» et qui y avait été bâti p.ir les païens pour y honorer leurs faosseï divinités. Un des sujets du duc de Bénéveai offrit aussi au monastère deSaint^BenoUuns église de Sainl-Cassien qu'il avait bit bliir à Cingle, avec les (erres qui en dépend<*ieD(, ce que ce prince confirma, et Tabbé Péiro* nax» de son consentement» fit bâtir an même lieu un monastère pour des religieuses. Le pape Zacbarie» pour témoigner aussi Testioe qu il faisait de cet abbé et de ces religieux, les protégeait en toules sortes de renconires. Il leur envoya la règle écrite de la maio de saint Benoit avec le poids du pain et la mesure du vin qu'elle prescrit, qui avaient été autrefois portés à Home. Il leur donna des livres de I Ecriture sainte et des ornemeois pour leur église. Il exempta leur nioaa>lère et les autres qui en dépendaient de la juridirtion des é%éques» et entre autres priTÎléges il leur accorda la permission de cliaoter à la messe les dimanches et les fêtes le Gloria in exeelêif^ ce qui n'était pas pour lors permis à toutes sorles de prêtres, comme on le peut voir par la bulle de re pape da iS février 74>1» qui est insérée dans le Bullaire de cette congrégation. Enfin l'abbé Pétrin nax» après avoir gouverné cette abbaye pesdant trente-deux ans» mourut ledOavnlTSO. 11 eut pour successeur Optai» qui crut que par le crédit du prince Carloman» religieot de son abbaye, il pourrait recouvrer le corpi de saint Benoit» qui avait été porté en Frasre avec celui de sainte Scolastique, près de ceai ans auparavant, par saint Aigttlphe»qnellMmol» abbé de Fleury, avait envoyé an Most- Cassin pour chercher ce précieux Iréior, qu*il trouva ensevt^li sous les ruines de Téglise du monastère. Optât envoya de ses religieux au pape Zacbarie pour lui demander des lettres de recommandation auprès do roi de France, et le prier d'employer son aot<^ri(r pour contraindre les religieux de Fleerv a restituer te corps de leur saint foodiieor. Mais ceux qui furent envoyés es France se réussirent pas dans leur ambassadci q«<M*

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qu'ils eussent la protection du roi, qaî envoya des personnes à FIcury pour enlever de force le corps de saint Benoit ; car ceuxci, ajrant èlé couverts de ténèbres en entrant dans rëglise» en furent teltement troublés, «)u*ajant demandé pardon à l'abbé et aux religieux, ils ret<»urnèrent vers le rei ; et Tarrhevéque de Rouen, qui élait porteur des or* dres de ce prioce* se contenta de demander quelque peu des reliques du saint, pour les envoyer au Mont-Cassin,aQn que ce lien, qui avait été illustré par sa présence, ne fui pas privé tout à fait d'un si grand trésor.

Les richesses de celle abbaye et les monastères de sa dépendance ausmentaient de jour eo jour par la libéralité de plusieurs personnes qui y donnaient tous leurs biens. Sous Tabbé Thomichis, qui succéda à Gralian Tan 766, un gentilhomme de Béncvent, nommé Léon, se donna avec tous ses biens au monastère du Mont-Cassin : la donation fut écrite de sa propre main et fut mise i l'endroit où avait éié autrefois le corps de saint Benoit. Elle contenait entre autres choses que tons ses serfs on esclaves, auxquels il Tenait de donner la liberté, seraient vassaux de Tabbaye ; qu'eux et tous leurs biens dépendraient d'elle, et que tous les mois il y en aurait quatre qui ne s'occuperaîent qu'au service des religieux et leur obéiraient «n lOQt; qu'ils ne pourraient fendre qu'entre ettx leurs biens et s'en faire donation l'un A i*aatre, et que les biens de ceux qui mourraient sans enfants appartiendraient au monastèrc» mais que les moines ne pourraient vendre leurs enfants comme esclaves, les de* vant regarder comme personnes libres.

Cbarlemagne» étant en Italie l'an 787, alla par dévotion au Mont*Cassin, et se recommanda aux prières des religieux : il leur ac« corda des lettres pour les maintenir dans la jouissance de leurs biens ; il confirma leurs privilèges, leur en accorda do nouveaux et leur conserva le droit qu'ils avaient d'élire leur abbé. Théodemar l'était pour lors : ce fut dans ce voyage qu'il d manda à Charle- •nagae le monastère de Glanfeuil, fondé en France par saint Maur, se plaignant à ce prince et au pape Adrien 1^' de ce qne ce monastère de Glanfeuil, qui dépendait dans son «origine de celui du MontCassin, en avait été distrait, el de ce qu*il ava t été dépouillé de ses biens par l'abbé Gaïdulfe, qui était un Irés-raérhant homme. Le pape et l'empereur «eurent égard aux remontrances de l'abbé Théodemar; Glanfeuil fut restitué au Mont- Oassiu; et il fut ordonné que quand l'abbé serait mort, celui du Mont-Cassin en nommerait un autre qui rerevrait de lui la bénédieiion et irait tous les cinq ans au Mont- Cassin» où il prendrait la place du prieur. Les moines de Sainl-Maur-des-Fossèi près Paris, chex lesquels on porta le corps de «aint Maur l'an 86S, par les ordres du roi Charles le Chauve , dans la crainte des Normands, qui ravageaient la France depuis plusieurs années, aiîsujettirent à leur monastère celui de Glanfeuil ; mais ceux du Mont-Cassin le réclamèrent une seconde fois et poHè-

DlCTIO^NAIRB DU ObDRBS RELIGISCX. IL

rent leurs plaintes au pape Urbain II, qui, ayant vu la bulle d'Adrien l*% leur fit restituer ce monastère, qui a été de leur dépendance pendant près de deux siècles.

Tandis que les Normands ravageaient la France et réduisaient en cendres la plus grande partie des monastères, lei Sarrasin» en Italie ne causaient pas moins de maux. Ils pillèrent le territoire de Rome, saccagèrent le bourg de Saint-Pierre, et l'église do ce prince des apôtres ne fut pas à Tabri do leur« insultes. Ils allèrent au Mont-Cassin pour me'tre encore ce monastère dans le même étal de dé olation où la fureur dos Lombards Tavait autefois réduit, n'y ayant

[)as laissé pierre sur pierre. Mais Dieu écouta es prières des religieux, qui se couvrirent de cendres et de cilices, et la nuit que les barbares avalent choisie pour ravager le monastère ayant été employée à la prière el à l'oraison, il fut pour cette fois préservé de leurs insultes; car, par un miracle surprtvnant, lorsque les Sarr sins se disposaient A passer la rivière de Liris ou de Garillan, le temps, qui élait exlrénement serein, changea tout d*un coup : il tomba une pluie si prodigieuse, que cette rivière déborda, et les Sarrasins furent obligés de s'en retourner, s'élant contentés d'avoir brûlé deux prieurés des dépendances du Mont-Cassin. Bassace élait pour lors abbé de ce monastère. C'était la coutume de tenir, le dernier jour d'août, un chapitre général, ou se trouvaient les religieux des monastères de la dépendance de cette abbaye. L'abbé les entretenait des de« voirs de l'observaiice, et les exhort.iit à s'en bien acquitter. Le jour suivant on faisait le choix de ceux qui devaient demeurer dans chaque prii^uré, où on les envoyai! pour y exercer les fonctions qui leur étnienl corn* mises.

Bassace, qui avait gouverné cette abbaye

Ï»endant dix-huit ans, étant mort l'an 8o6, terthaire, l'un de s s disciples, fut élu en sa place; et comme 11 voulut mettre à couveit son monastère de toutes insultes, il l'environna de tours el de flirtes murailles, et commença à bâtir une vil e aux environs de celui de Saint-Sauveur, au pied de la montagne. Il fit d'autant plus aisément celte dépense, que son abbaye augmentait chaque jour en richesses par les grandes donations que Ton y faisait. Mais ces précautions furent inutiles; car les Sarrasins étant retournés au Mont-Cassin l'an 866, ils y firent quelque dégât et jetèrent des meubles et des ornements d'église dans le fleuve, ou les brisèrent; mais ils épargnèrent pour lors les bâtiments, moyennant unesommed'argeni qu'on leur offrit. Attirés cependant p ir les grandes richesses qui étaient dans ee monaj^lère, ils y retournèrent pour une troisième foi<,ran884. Ils fitlaquèrent le monastère d'en haut le k septembre, et le réduisirent en cendres, et six semaines après ils en firent autant à celui de Saint-Sauveur au bas de la montagne. Ils tuèrent au pied de l'autel de saint Martin Tabbé Bcrthaire, qui comme un bon pasteur s'exposa à la mon pour conscr?er son trou-

ic.oi

dictionnaire: des ordres religieux.

peau, car tous fos religieux échappèrent â la rage de res barbares, chacun cmporlaiil ce qu'il pouvait du trésor de leur église et des autres meubles. Ils se reiirèrent à Tcane, dans le prieuré de Saiiit-Benolt, où ils élurent pour abbé Augclar, qui était prieur d(i Mont-Cassin, et que son mérite Bt élever sur le siège épiscopal de Téanc. Deux ans après, fil entreprit de rétablir le monastère de Saint-Sauveur; ce qui ne lui fut pas difficile à exécuter, parce que les biens du Mont- Cassin s'accrurent beaucoup peudant son administration. L'abbé Léon, Tan 90^,Glrebâtir celui du Mont-Cassin, vingt-sept ans après sa destraction. Un accident imprévu réduisit en cendres celui de Téane, où la plupart des livres du Moni-Cassin furent brûlés, avec l'autographe de la règle de saint Benoit. L«*s rnli.icux n'abandonnèrent pas pour cela Téanc: ils j restèrent enc«ti'e jusqu'en Tan 915, que l'abbé Léon étant mort, et ne sts trouvant personne parmi les religieux capable de lui succéder, Landulphe et Anténulphe, princes de Capoue, prièrent un saint homme nommé Jean, qui était archidiacre de l'Eglise deCapoue, de prendre le gouvernement de cette communauté di^ Téane. H l'accepta, prit l*habit monastique, et ayant été élu abbé par les religieux, il les fit consentir à venir demeurer à Gapoue. Mais romme il n'y avait point de monastère en cette ville, cet abbé acquit, par échange de reluide Saint-Vincent de Voltorne,une petite église à la porte Saint -Ange, où trois moinei fort vieux demeuraient, dans une petite maison qui n'était bâtie que de bois. 11 j fit construire, par les libéralités de piusleurs personnes, une église en l'honnetir de saint Benoit, avec on monastère où il assembla plus de cinquante religieux.

Quoique le monastère du Mont-Cassin fût inhabité, il était cependant toujours reconnu pour le chef de tout l'ordre. Le pape Marin 11 lui accorda plusieors^priviléges ran94&, et le maintint dans la possession de tous ses biens et de tous les monastères tant d'hommes que de Rites qui étaient de sa dépendance, et confirma le droit que les religieux avaient d'élire leur abbé. Le P. Mabiilon dit que ce pape accorda à cet abbé la permission déchantera la mp8se,les fêtes et dimanches, le ^/oria in excftf If ; mais nous avons remarqué ci-dessus que le papeZacharie avait accordé aux religieux de celte abbaye la même grflce deux cent? ans auparavant.

Peut-être ee savant bénédictin a-t-il Ironie la bulle de Zacharie suspecte, ce qui l'a pu empêcher de parler de ce privilège plus tôt qu'en l'an 9U, et il n'a pas apparemment combattu cette bulle pour ne pas faire de

Seine aux Bénédictins de la congrégation du lonl-(!assln, qui comptent fort sur toutes les bulles insérées dans leur Bullaire, quoique cependant il y en ait plusieurs da douteuses, principalement celles du pape Zacharîe»

Comme les princes do Capoue avaient asatfijetri le monastère de Saint-Benoit de Capoue à I ur domination, re qui avait été -cause que les religieux avaient abandonné

les observances régulières pour vi^n* à h f.içon des séculiers, le pape Agapet H, \\u 9^6, à la sollicitation de l'aLbé Baudooit. obligea ces religieux de retourner an llonu Cassin, pour y vivre dans les observaorn régulières. Ils n'y allèrent néanmoins que sous i*abbé Atigcrne, qui fut élu Tan 949, ri ce monastère, qui était demeuré pendssl soixante et dix-sept ans romme désert ei abandonné, depuis sa dernière desirjc ion par les Sarrasius, fut de nouveau habité p^r une nombreuse communauté qui se r>riiij dans la suite, où Ton ut en quelque f ç o revivre Tesprildelear fojidaleur sous le gouvernement d'Aligerne, qui, comme no aoin Pétronax, a été le restaurateur, non-teu)^ ment des édifices ma érie!s de cette abbaie, mais encore de l'observance régulière. (l'Ci achever les bâtiments qui aTaient été coiqniencés par les abbés Léon et Jean, et recouvra la plupart des biens qui avaient été usurpés par les comtes de Téane et d'Aquioo, ce qui lui attira beaucoup de persécutions principalement de la pa^t d'Adenolphp, comte d'Aquino, qui, voyant qoHI lui redf« mandait ce qu'il ayait usurpé à son nM>ois> tère, et que, sur le refus qu*il en avait fait, cet abbé en avait porté ses plaintes â Lasdulphe, prince de Capoue, il en fut si irrite qu'il le lit enlrfer, cl Tayant fait rootnr d'une peau d'oors, il Texposa â des chieih pour servir de spectacle au | enple. Ifits le prince de Capoue, voulant venger l'affn'tit fait à Allgerne, commanda à Âdenulphc de le venir trouver. Ce comte aima niieot u révolter contre son prince que d'obéir« ce qvi obligea Landulphe de venir à Aquino avec des troupes. Adenulphe, s'y voyant assiéç<, et ne pouvant éviter de tomber entre le< mains de son seigneur, se mit une corde aa cou et se fit ensuite con luire par sa feaiiB« en la présence du prince pour implorer u clémence; mais Landulphe le livra ain»i lie entre les mains de l'abbé Aligerne, et loi fit restituer tous les biens qu'il avait pris a f «m abbaye.

Il y a de l'apparence qne l'observance rf* guiière, qui avait été rétablie au Moot*Cissin par Tabbé Aligerne, sojffrit onelque atteinte sous le gouvernement de ittansot, q« lui succéda ranOS6,et qui, bien loiade suivre ses traces, mena au contraire une vie loot opposée, qui resbentail plus celle d'oa setslier adonné à ses plaisirs, que celle d'oa tut* cesseur de saint Beuofi. Il se faisait suivre ordinairement par un grand nombrede àomesiiques vêtus de soie: il avait de crashs équipages et fréquentait souvent la courir Tempereur. L'envie de dominer lai fitcnmmoncei* une forteresse où s.iiui Thoimsd'A-

3uin a pris naissance dans la su;le; ce fti oona de ta jalousie aux. princes de Capsiie, qui appréhendaient qu*il ne voulût se rendre maître de toute la province. Albéric, éréqo^ de Marsico, qui avait envie de s'empirer de l'abbaye du Mont-Cassin poorladoiinerifli fi s qu il avait eu d'une concubine, prcfifast de la jalousie des princen de CaiH)ue, ctf*~ vint d'une somme d'argent avec qoflfsc*

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liuurgeoit île Capoue et queli)ae« méchants tnaiiiea, pour »• saisir de l'abbé et lui crever los yeux: ceux-ci ayant exécuté leur promesse Tan 996, ib inirnii les yeux de cet abbé dans on linge pour les porter à cet indigne prélat, afin de recevoir de Itti la récompense de leur crime; mais, par un juste jugement de Dieu, ce mécbanl évéque mourut à la même beure que Mansou avait été privé de la vue*

Comme il est plus aUéde tomber dans le relâcbeiiient que de s'en relever, il e^t à croire que les religieux du Ment^Cassin ne profitèrent point ni des avis ni de l'exemple que leur donna leur abbé Jean II, successeur de UansoUy qui était un très-saint homme, et que oe fut ce qui Tobligea à renoncer i cettedignilé,pour se retirer dans une solitude avec cinq ou Ax religieux qui voulurent appare. liment éviter le relAcbemeot. Ceux qui restèrent au Mont*Cassin ne profilèrent pas davantage des instiuctions que leur donna Jean III, qui fut élu aprèi la démiasion volontaire de Jean II. Cet abbé fit paraître beaucoup de constance et de grandeur d'Ame dans toutes les adversités qui lui arrivèrent pendant les douze années de son goavernement: car pendant qu'il no songeait qu*i embellir Tégiise, à faire de nou« veaux bâtiments et A augmenter le nombre des monastères de sa dépendance, un grand tremblement de terre, qui dura pendant quinze jonrs, endommagea oolablement l'églUe. D'un autre côté, les princes voisins, parles vexations qu'ils lui firent, l'obligérent de se retirera Capoue; et ses moines, l»eudanison absence, lui ayant suscité une persécution dnmestique, le déposèrent et eltirent en sa place un aitre abbé. Mais le ^ebistiie ne dura que sept mois, et les troublés ayant été apaisés, Tabbé retourna au Moot-Cassin, où il mourut Tan 1010. Ce que Ton pourrait condamner dans la conduite de cet abbé, c'est d'avoir de son vivant fait reconnaître pour son successeur, par une l>artie de ses religieux, un de ses parents, qui n'était encore quu novice ; ce qui causa un nouveau ^chisme.

Il y eut un troisième schisme en 1126 et un quatrième l'an 1138, et de temps en temps le monastère se trouvait vexépar la tyrannie des seigneurs voisins. L'an 1030,Pandulpbe, prime de Capoue, s'empara de presque tous lea» bourgs et villages qui lui appartenaient, dont il mit en possession les Normands, qui suivaient son parti et qui étaient pour lors répanduH dans Tltalie, H enteva les vases s icrés et les ornements, et donna le gouver* ueuieotde la ville de Saiut*Germain et du iiiuDa<iière du Honl-Cassin à Todin, Ton des serviteurs de celle abbaye, qui traita les moines avec tant de dureté, qu'il fit manger les serviteurs dans le réfectoire, où jusqu'alors aucun laYqut^ n'avait été aimis, et qu'un jour de l'Assomption de la Vierge ils ne purent pas avoir de vin pour dire ta messe.

Ricber, qui fut abbé en 1037, fut obligé de lever des troupes pour recouvrer les terres oui avaient été usurpées. Il disputa le pas-

snge do Garillan aux comtes d'Aquino et aux Normands qui étalent avec eux; mais ayant été forcé, il fut fait prisonnier, et plaidant quinze jours tout le territoire de Cassin fut en proie A l'ennemi. L*abbé, ayant été mis en liberté, alla en Allemagne, d*oà il ramena des troupes avec le secours d<'sque!les il contraignit les Normands qui occupaient les terre» de Tabbaye de lui prêter serment de fidélité; mais ils le violèrent peu de temps après, car se voyant en grand nombre, ils bâtirent le chAteau de Saint-André pour leur servir de plact^ d'armes et de retraite, sans avoir ég'ird aux défenses de Tabbé, qui eut recours alors aux armes spirituelles de la prière, et qui, parlesrcours de saint Benoit, fit plus qu'il n'aurait fait avec des troupes réglées: car les Normands étant venus au Hont-Cossin sous la conduite de Rodolphe, sous prétexte de traiter de paix, mais en eiTet dans le dessein de faire prisonnier Pabbé ou de le tuer, ils entrèrent dans l'église comme pour faire leurs prières, avant laissé leurs armes A la porte, suivant la coutume de ce temps*IA« auquel il n'était pas permis d'entrer dans l'église avec des armes. Les serviteurs de Tabbaye s'en étant aperçus, sa saisirent des armes et des chevaux des Normands, sonnèrent le tocsin pour faire prendre les armes aux habitants des lient circon voisins, et se jetèrent sur les ennemis, en tuèrent plusieurs et firent prisonnier Rodolphe, leur chef, avec plusieurs autres ; de sorte qu'en un seul jour les moines du Mont-Cassin recouvrèrent tous les lieux qui avaient été usurpés, A la réserve des cbAtcaux do Saint-Vicloret de Saint-André, dont ils rliassèrenl aussi, quelques jours après, les Normands; après ouoi l'abbé, ne se fiant plus A leur serment, fit entounr do murs tous les chAteaux qui dépendaient de Tabbaye, et y mit garnison.

Le monastère du Mont- Cassin prit un nouveau lustre sous le gouvernement de Tabbé Didier, depuis pape sous le nom de Victor III, qui est regardé comme un des restaurateurs de cette célèbre abbaye. Il fit abattre l'ancienne église Tan 1066, et en fit rebAlir une autre avec toute la magnificence possible, a^ant fait venir de Rome, avec beaucoup de dépense, des marbres, des colonnes, des bases et autres matériaux. Il envoya même jusqu'A Constantinople pour faire venir d'habiles architectes. L'église fut achevée au bout de cinq ans, et la dédicare s'en fit avec beaucoup de solennité et un grand concours de prélats; car il y eut dix urchevéquci et quarante-trois évéques qui y assistèrent avec Hichaid, prince de Capoue, son fils et sou frère, Gisolphe, prince de Salernc, et Landulphe, prince de Bénévent, et plusieurs autrès seigneurs. L'abbé Didier ne Bt contenta pas d*avoir fait rebAiir l'église, il ajouta en« core plusieurs édifices au monastère, dont les richesses augmentèrent dans la suite par les grandes donations qui lui furent faites.

Le schisme qui arriva dans l'Eglise l'an 1130, après la mort du pape Honorius 11, pensa causer encore la ruiue de ce monastère. Le

DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIEUX

même joor qulnnoccni II fut élu caaoniqnouienl pour succes&eur d*Honoiiut, le cardinal Pierre de Léon, ayant une puissante faetiun dans Rome, se 6t aussi proclamer pape kous le nom d*Anaclel 11. La FrancOt TAIIeniagoe et i*Angl«teire reconnaissaient Innorenl. L*Ilalie suivit lepaiti d'AnacIct, qui, pour y attirer Roger, duc de la Pouill<% et se le rendre plus favorable, érigea ses Etats eo royaume sous le nom de Sicile» L'empereur l.o:baire. étanl venu en Italie pour rétablir le pape Innocent sur son siège , se Gt couron* lier par ce pontife dans le palais de Latran , et sa présence pacifia tous les (roubles. Mais h peine ce prince fut-il parli, que Roger, s'ètant mis en campagne avec une armée, s'empara de presque toutes les terres du saint siège. LVmpcreur, qui n'avait rien diminué de son affectio.i pour l'Eglise , retourna en lla'ie avec une puissante année. Pendant qu'il était en chemin , Guarin , chancelier de Roger , voulut contraindre lei moines du Monl-Cassin d'abandonner leur monastèreentre les mains de ses gens pour s'opposer à l'empereur; mais ils n'y voulurent pas consentir et déclarèrent qu'iU combattraient jusqu'à la mort 9 et qu'ils souITriraient plutôt d'être réduits à mangrr la chair des cheyaui , des chiens et des rats, que de consentir que leur monastère tombAt entre lesi mains des séculiers. Séniorect, qui élait pour 'lors abbé, crtiyant fléchir l'esprit du chancelier, lui envoya douze de ses plus anciens religieux nupieds, pour le prier de leur accorder du temps, aGnde convoquer le chapitre gêné-rai pour prendre l'avis des religieux qui demeuraient dans les monastères de la dépendance du Mont-Cassin. La communauté conduisit ces douze religieux à la porte du monastère, fondant tous en larmes ; ils rentrèrcntrnsuite dans l'église en frappant leur tôle contre le pavé, ils imploraient la miséricordo de Dieu et le secours de saint Benoit. Ils flrcnt des processions où ils portèrent, entre autres reliques , du bois de la vraie croiv , un bras de l'apâtre saint Matthieu et un bras de saint Maur : ce qui ayant irrité davantage le chancelier, il menaça de faire couper le nez et les lèvres à tous les religieux, et leurs habits jusqu'à la moitié des cuisses.

L'abbé Séniorect, voyant qu'il n'y arait pins d'espérance de le fléchir , mit son monastère sous la protection de Landulphe de Saint- Jean, qui tenait le parti de l'empereur. 11 y envoya dos soldats et y vint lui-même peu de temps après. Mais dans le temps que le chancelier de Roger menaçait de venir ruiner le monastère , il mourut subitement.

L'abhé Séniorect étant mort aussi l'an 1137, il y eut quelque division entre les religieux (le cette abbaxe au sujet de l'élection d*un nouvel abbé. Kaynaud de Toscane , selon ce que dit M. Ange de la Noce, fut élu tumultuairemenl, et reconnut d'abord l'antipape Auaclet. Il se soumit cependant à Tobéissance d'Innocent II par rcntrciuise de l'empereur rolhaire, et fut enfln déposé, aprt's que la pape eut fait examiner son élection, qui ne se trouva pas canonique.

Les événemenls h'S plus remarquables qai arrivèrent dans la suite dans cette abbjjc regardent le gouTernement spirttnoL Lorsque saint Céleolin fut élevé sur la chaire 4t saint Pierre, Tan 129V, il vint ao Mont-Cassin, et voulant Tanir à la congrégalloo qail avait fondée el qui a porté son nofli« il prr. suada aux religieux de quitter leurtisbii pour prendre celui de sa congrégation, qui était gris et d*une étoffe irès--grossière. Il j envoya près de cinquante religieux de cette cou^régatioD nouvelle, el y nomma pour abbé Angelar, qui élailde la méaie con|résa* tion el qui ne ffouverna que cinq mois ; car le pape saint Célestin ayant renoncé celle même année au poatiflcal • BoniEsre Vlll, qui lui succéda , cassa tout ce qn'il avait fait, excepté les cardinaux. Les Célestias sortirent du M mt-Cassin, el il fiit reado êêi Dénédiciins.qui le possédèrent et élurent lesra abbés jusqu'en l'.m 1318 , qu'après la nort de l'abbé Isuard. le nape Jeaa XXII en donna l'administration à Odon , patriarche d'à* lexandrie; et après la mort de ce prélat, fsi arriva l'an 1323 , le même pape ér gea le Monl-Cassin et tout son territoire en évécbê, el supprima la dignité d'abbé. 11 y eol nesl évéques de suite» et après la mort d'Anze des Ursins, qui fut le dernier, el qii monrut l'an 1367, Urbain V, considérant que, pendant près de quarante-quatre ans que ce monai* 1ère n'avail point eu d'ab::éSt l'ubservancs régulière en avait été presque baaDie,loi resli.ua le titre d'abbaye, et supprima la dignité épiscopale ; il prit ce monastère loni sa protection, en fut lui-même abbé, el le Cl gouverner par ses procureurs jusqu'en Taa 1370 , qu'il mourut. Apris sa mort, Bartbélemy de Sienne fut élu abbé l'an 1371. Miu quoique le pape eût érigé le Mon -Ca^siiicl tout son territoire e:i évechéy I on peut dire qu'il nefll pas un nouyoao diocèse , puisque les abbés du Monl-Cassin avaient toojeon eu une juridiction presqueépiacopale,romiM ils l'ont encore. Ce pontife ne démembra ras des aulrea diocèses pour former celui de Cas* sin ; el lorsque le pape Urbain V snppnoa la dignité épiscopale, il ne dimiuua rien d« la juridiction de l'abbé du Mont-Cassin, qui assemble un synode, con'ère l'S ordres mineurs, non-seulement à ses religieux, nuis aux séculiers qui sont de >a juiidiction, leur donne le sacrement de confirmation, et jouit de plusieurs droits qui n appartiennes!

qu'aux évéques.

Après que le pape Urbain V eut rends le titre d'abbaye à ce monastère, il fattotfj(»or» gouverné par des abbés réguliers jusqu'rn lis 1^5^. Pyrrhus Tomacelli, ayant élè élo rs H19, gouverna cette abbaye pendant dii-huii ans; mais ayant voulu releiur le cbàtean de Spolc'le contre la volonté du nape Eugène 0, ce pont ire le fil enfermer dans le cbiteas Saint-Ange, où il mourut l'an 1U7, a}'rài avoir été privé de son abbaye pende uopt auparavant. Elle demeura sans chef pendjst huit ans el demi, jusqu'en l'an liU,q>'à>* toine Cciraffa, dernier abbé régulier perpétuel, fut élu pour la gouverner. Uais^r^

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sa mort, qui arriva l'an ih^k^ ce monastère fui donné en commende au cardinal Louis S( arampî, palrîarclie d'Aquilée. Le second abbé commendalaire fut le pape Paul H, qui le ni gouverner par ses légats depuis Tan ri65 jusqu^â sa mort. Jean d'Aragon, fils de Ferdinand, roi de Naples, roblinl en>aite. KnGn le cardinal Jean de Médicis, qui fut ensuite pape sous le nom de Léon X, en ajrant été pourvu, s*en démit entre les mains du pape Jules II, qui Punit, Tan 15011, à la congrégation de Sainte-Justine de Pndouc, dont nous parierons dans la suite. Mais avant celte union il y a de Tapparcnce que Tancîenne congégation du Mont-Cassin ne subsistait plus, et que les différent s révolutions arrivées dans te gouvernement spirituel do cette abbaye avaient empêché la tenue des chapitres généraux.

Si Ton veut ajouter foi à ce que disent Wion et quelques autres auteurs, Tabbé du Mont^Iassin se qualifiait patriarche de la sainte rrligioo, duc et prince de tous les ab-> b^s et religieux, vice-chancelier de l'empire, chancelier des royaumes de Tune et Tautre Sicile, de Jérusalem et de Hongrie, comte et recteur de la Champagne, terre de Labour ri provinces maritimes, yice-empercur et prince de la paix ; mais si cela était yral, H, Ange de la Noce n'aurait pas manqué d>n parler. Il parait seulement par la chro* nique de Paul» diacre de cette abbaye, que t%*mpereur Lothaire donna à Tabbé Gnibalde le titre de chancelier et de grand chapelain de Tempire et celui de prince de la paix, et M. Ange de la Noce dit qu'il est le premier baron do royaume de Naples. Ponce, abbé di* Cluny, s'étant rencontré à Rome avec l'abbé da Hont-Cassin dans un concile, et avant voulu s'attribuer la qualité d'Abbé des abbés, on lui demanda si Cluny avait coaimaniqué la rèsle de saipt Benoit au Mont- Cassin, ou le Mont-Cassin à Cluny; et ayant confessé ce qu'il ne pouvait nier, on Inféra que c'était avec justice que l'abbé du Mont- Catsîn prenait ce titre, qui lui avait été accordé par les souverains pontifes, parce que c'était du Mont-Cassin que la régie de saint Brnoll s'était répandue par tout le monde. C'est pour cette raison que saint Odilon, qui était aussi abbé de Cluny, s'étant trouvé an Mont-Cassin et ayant été prié d'y célébrer la messe solennelle avec la crosse en main, ne toulot jamais paraître avec cette marque devant le chef des abbés, c'est-à-dire devant l'abbé du Mont-Cassin.

Voy. Léon d'Ostie, Chronie. monaflirii Ca$$in. eum notiê Afigeli de Nuce. Anton. Tornamira, Orig. < Prog. délia cong, Cassineme, Arnold Wion, Lignum titœ, Bulteau, /itjl. de Ford, de Saint-BenoU. D. Jean Mabillon, AnMl. Benediet. Cornel. Margarin« Bullar, Caniinense (1).

MONT-CASSIN (CoNoateATioif Ok})^ autrefoie de Sainle-Jusiine de Padoue.

Les Bénédictins de Cluny, dans le temps de leur ferveor, avaient rétabli l'ordre de Safot-

(I) V#f ., à la On du vol., q«* 2632G|.

Benoit en Italie dans son ancien lustre ; on les y avait appefés de tontes paris poor ré* former les plus célèbres monastères et y faire revivre les observances régulières; mais ils abandonnèrent dans la suite ces obs^r* vancps, et tombèrent dans un si grand relâchement, que, sur la fin du xiv* siècle et au commencement do xv*, è peine trouvait-on en Italie un monastère, soit de la congrégation de Cluny, soit des antres congrégations de moines Noirs, où la règle de saint Benoît fût suivie et où les religieux en connussent même les principales observances. Cette rè« gle n'était plus connue que dans les congré-

J allons réformées , où les religieux , qui talent dans leur ferveor, s'étudiaient à la pratiquer fldèlement; et mé te il est proba-> ble que le grand relflchement où étaient tombés les moines Noirs en Italie obligea les fondateurs de ces eongréffations à prendre dans leurs habillements des couleurs qui les distinguassent de ces moines relâchés*

La célèbre abbaye de Sainte-Justine de Padoue fut du nombre de celles que les religieux de Cluny possédaient. Dès l'an 1316, elle avait été tellement ruinée par les guerres qui désolèrent l'Italie , qu il n'y restait que trois religieux en 1^07, lorsque le pape Grégoire XII donna cette abbaye en com* mende au cardinal de Boloffne. Ce prélat, ayant compassion de l'état déplorable de ce monastère, qui n'avait aucune clôture et où des ménages entiers d'hommes et de femmes demeuraient, y Gt venir des religieux du Mont'Olivct pour y rétablir les observances régulières, ce qu'il fil approuver par le souverain pontife, et les trois religieux de Clunj^ furent contraints d*en sortir. Mais ceux-ci eurent recours à l'autorité de la république de Venise, qui les rétablit dans ce monastère et renvoya les religieux du Mont-Olivet dans ceux de leur congrégati»n. Le cardinal de Bologne, en ayant eu avis, se démit de cette abbaye entre les mains du pape, et sollicita Sa Sainteté de la donner à un abbé régulier qu'il jugerait propre pour réformer ce monastère. Le pape révoqua la bulle qui unissait l'abbaye de Sainte-Justine à l'ordre du Mont-Olivet, et la conféra à Louis Barbo. noble Vénitien, qui était pour lors prieur des chanoines séculiers de Saint-Georges tn Algha i Venise. II avait refusé quelque temps auparavant l'abbaye de Saint-Cyprien de Mnrano, que ce même pontife lui avait offerte, et cela par rattachement qu'il avait pi*ur sa congrégation qu'il ne voulait point quitter ; mais ayant été de nouveau pourvu de Tabbaye de Sainte-Justine de Padoue l'an H08, et le pape lui ayant commandé de I accepter, dans l'espérance qu'il avait nu'il ^ rétabliraitles observances régulières, il obéit aux ordres du souverain pontife, prit Thabit de Tordre de Saint-Benoit, et prononça ses vœu& entre les mains de l'évéque lie Trlfernd ou de Castel, qui lui donna aussi la bénédiction abbatiale, le 3 février 1409, eu ayant ea commission du pape.

DICTIONNAIKE Dl^S ORDRES RELiGIF.rX.

Louis R«irbo, ayant pris potsessioodo roo« nastère de SaîDle-JusIioef commença par faire rebâtir les lienx régaliers ti remelire la clôture ; mais comme il n'y tronra que ces trois reUgienz de Clunj, et qa*il n'aurait pa afCG un si petit nombre pratiquer tout ce qoi est prrsf rit dans la règle de saint Benoit, tant pour ce qui regarde les offices di- Tins que les observances régulières , il demanda deo\ autres religieux â Tabbc de Sainl-Micbel de Murano, de Tordre des Camaldoles, et Ct venir encore doux chanoines de la congrégation de Saint-Georges m Al~ gha: qooiquMIs fussent tous di» différentes congrégalionSt et qu'ils eussent anssi des iiabilleinents différcnt*(«ilsconvenaieut néanmoins ensemble dans les observances régulères^qn'ils pratiquaient conformément à la règle de saint Benoit ct aux règlements qui furent dressés par Louis Barbo» dont Dieu liéuil les bonnes intentions: car il reçut dans la solte un si grand nombre de novices, qne le monastère de Sainte-Josline ne fut pas pufRsant pour loger tons les rrltgienx qui se rangeaient sous sa conduite, de sorte qn*il se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Le premier fut à Bassano proche Padoue, où il acheta une église dédiée aux saints martyrs Herningore et Forton.tt, à laquelle et lit attaché un ancien monastère qui avait autrefois appartenu à des religieuses, et après en avoir fuit relover les bâtiments, il destina ce lien pour y élever les novices.

Les bourgeois de Vérone lui avant offert nn établissement dans leor ville, il y fit aussi réparer un ancien monastère appelé Notrel>amcdo Caretta, qui avait été ruiné par les L'uerres et par les abbés commendalaires; mais Payant abandonné quelque temps après, et cette aux religieux de Saint-François, il fit bâtir un autre monastère snr le mont Agilano, proche une église qii^on avait commencé à bâtir m Thonneur des apAtres saint Jacques et saint Philippe ; et ce fut pour lors qu'il diinna le nom de Sainte-Justine de Pa« doue è sa congrégation.

Les habitants de Milan, qui Toulaicnt réparer l'iibbayo de Saint-Denis, qui était toute ruinée, demandèrent des religieux â Louis Barbo pour y rétablir la discipline monastique, ce qn*il leur accorda bien volontiers, i.a réputation de ce réformateur se répandant par toute Tlta^ie, il fut inyilé par plusieurs princes et plusieurs seigneurs de leur envoyer des religieux pour réformer les monastères de moines Noirs situés dans les lerr^s do leurs dépendances ; mais il ne voulut point accepter ceux qu*on lui offrit, qu'à condition que les abbés commendalaircs ne se mêleraient plus du spirituely et qu*après leur mort la congrégation «'lurait une entière autorité sur ces monastères, où elle metirail tel supérieur que tnin lui semblerait, et que les religieux qui y feraient profession promettraient obéissance à la congrégation. Il en accepta quelqnes-uns à ces conditions ; le premier fut Tabbaye de •Sainte-Marie de Florence, dont un certain N •obs Vasron ét*iil abl»é rcmmcndatairc.

C'était un homme violent et emporté, qui avait toujours les armes i la main et qoi était à la tête de plusiears scélérats, compagnons de ses crimes ; mais ayant été toocbé par les discours de Barbo dans une convfrs;itioo qu*il eut avec lui, non-seulement il lui donna son abbaye, mars il prit Thabit de Tordre de Saint-Benoit et mourut saintement djns le monastère de Padoue.

La congrégation augmentant tons lesjonrs, Louis Barbo en demanda la confirmation sq pape Martin V, Tan U17, lorsque ce poolife passa par Milan, à son retour du concile d<* Constance où il avait été élu ; ce qui lui foi accordé sans didiculté* La congrégalion fit ensuite de nouveaux p'-og es, on lui doooa la célèbre abbaye de Saint-Benoit de Polirone dans le duché de Mantoae. Les religieux de Clnnv la possédaient et B*y vîvairst pas avecplosde réffolaritéque dmsiesantrM monastères. Gui oe Gonxague en était abbé commendataire ; il avait souvent exhorté tes religieux à réformer lenrs mœors corronpnes, mais ses exhortations n*ajant en aocun effet, il sollicita Martin V d'unir o* nionastère à la congrégation de Sainte-Ja«tîor de Padoue. L'union de cette laoïeose ahhsie lui donna beaucoup de lustre, qui .-lugmpnu encore davan'age par l'union qai y rat tiiits de la basilique de Saint-Paul à Rome et dv* Saint-Georges le Majeur à Venise, de Saint* Sixte à Plaisance et de plusieurs autres fsmeax monastères. Le nombre en étant beaecoup augmenté, on tint le premier ehspitre général. Tan W2h, dans Tabbaye de Saint- Benoit de Polirone, où LojIs Barbo fut elo pour premier président général de la congrégation, et tous les ans on tint de pareils chapitres généraux t ce qui fat encore approuvé nar Martin V, qui accorda beaocoop de privilèges à cette congrégalion et permit de faire de nouvelles constitutions. Eugène IV lui accorda d*aulres privilèges et fit des règlements pour les chapitres généraux. Enfin Louis Barbo, appréhendant qu'après sa mort Tabbaye de Sainte-Justine ne rctombil encore en commende, se démit de cette abbaye en faveur de sa congrégation, dans le chapitre général qoi se tint à Venise Tan 1^37. Après cette démission, Louis Barbo voulut mener une vie privée ; mais le pape, qui connaissait son mérite, oe voulant pjs qu'une »i grande lumière restât cachée dasf une solitude, lui donna Tévéché de Trévi»e. Après avoir gouverné ce diocèse pendant lespace dVnviron quatre ans, avec toot la zèle et la vigilance d*un saint uasteor, il mourut dans le monastère cfeSaint-Geor|:rs le Majeur A Venise l'an HU, et son cnrpf fut porté à Siinte-Justine de P.idone, comme il l'avait ordonné.

Cette congrégation a porté le nom (fe Sainte-Justine de Padoue jusqu'en Tan f5<H. que le monastère du Mont-Cassin y ayant éiè uni après la démission qu*en fit le canli* nal de Mélicis, qui en était abbé cooiocadataire, et qui fut pape dans la suite soesic uom de Léon X, le pape Jules II voolot qu'elle quittât le nom de SainleJostine p -nr

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prentire celui du Monl-Cassin, oui étail de loul l'ordre, el qu*ou Tcippclat à Ta

était chf'f qu ou rappelai à Tavenir la congrégalioa du Mont-Cassin autrefois de S'iinte-iusline : elle a environ qualre-vingfquînie monastères célèbres el environ une centaine de pelits de la dépendance de ces célèbres. Entre ces p'^lits monastères il j en a »*nviron une trent.iine où il n*y a que des nbbés liltibiires qui n*y font pas mâme leur résidence. Tous ces mon istères sont divisés en sept provinces, qui sont celles de Rome, de Napics» de 8 cile» de Toscane, de Venisci de Lombardie el de Géncs. Le monaslère de Lcrins en Provence esl aussi do cciie conprégalion el de la provin -e de Toiicane. Il y a aussi des monastères de GUes qui dépen* deni dt* cette congréf^ation. Tous tes aubes se servrnl d'ornements ponlificaui, même l'^s abbés titulaires, et donnent les quatre mineurs à leurs religieux.

Le plus célèbre monas(èr(^ de cette conf^régation est celui du Mont-Cass'n, dont nous avons déjà amplement parlé dans l'article précédent» et qui surpasse par sa magniOcence tous les autres monastères d*Italie. Celui de Sainte-Justine de Padoue pnut tenir le second rang. Il renferme sii cloi* très, plusieurs cours et jardins. L*église, qui <*st lres-granile« est pavée de marbre noir, lilanc el ronge ; Id couverture de l'église est chargée do neuf dames. Il ne se peut rien voir Je plus beau que le maitre-autel. Il y a dans cetie église vingt-qualre chapelles *de m.irbrc dont Ions les dessins sont dilTérents» el l'on prétend que celte abbaye a soixante mile ducats de revonu. Celle de Saint-Benott de Polirone, à do 'zc millet de Manloue, est d*une vaste étendue. 11 y a un clos de quatre milles de tour. Les religieux y sont liujours au nombre de cent prêtres et qua* ranie frères. Ils sonl seigneurs spirilu -Is^t temporels de plusieurs villages, et curés prîmitifs de trrnte-huit paroisses, qu'ils pruveut tenir eux-mêmes, aussi bien que celles qui dépendent des autres mo lastères de celte congrégation, en vertu des privilèges qui lui ont élé accordés par les souverains pontifes. Cette môme abbaye de Sainl-Betiolt possède auUini de terres que trois mille paires de bœufs en peuvent labourer. Celui de SaiDt-Séverin de Naples esl aussi trèsmagnifique. 11 y a trois beaux cloîtres, dont l'un est orné de peintures exquises à fresque, el an autre est de marbre blanc de Carrare, à colonnes d*ordre dorique. Le dortoir répond à celte magnificence. LYglîse est aussi lrès-beIlc*Le maître -autel est isolé et enlouré d*une balustrade de marbre. Le ;iaiè du cbœur est aussi de marbre; les sialles des religieux, qui sont de bois de noyer i feuillages, et tournée* chacune (l*une manière diiïérenle, ont coAlé seize mille écQs. Nous avons déjà parlé du menas- 1ère de Cave el de quelques autres qui ont été unisâ Ci'tlecon;{rég<itioa, aussi bien que réglise de Montréal eu Sicile, ou les religieux de cette congrégation tiennent lieu de tb.inoines.

Leurs constitutions furent de nouveau ap-

prouvées par le pape Urbain VIII Tan 1642. Conformément à ces constitutions, ils ne doi^ vent point manger dcviiiodeau réfectoire; mais les supérieurs en peuvent manger avec les hâtes de la congrégation el les anciens, eî les prêtres de la maison dans la chambre do l'abbé : ils en peuvent aussi manger en voyage et hors le monastère avec per« mission. 11 y a néanmoins quelques monas* tères où on en mange trois f »is li semaine, comme dans ceux de Saint-Paul à Rome, Sainte-Marie de Farfe, Saint-Nicolas du Lido à Venise, cl dans celui d'Ast, à canse du mauvais air : ce qui e4 aussi permis dans tous les monastères do la congrégation où il n'y a pas douze religieux deco;iimunauté. Les supérieurs doivcni aas'^i permettre d'en manger pendant quelques jours dans toute la congrégation, immédiatement avant l'avcnt et le carême. Ils doivent jeûner tons les vendredis de Tannée, et ils ne doivent point manger ces jours-là ni œufs ni laitage, non plus qn*aux jeûnes d'Eglise; ce qui leur est néanmoins permis aux autres jeûnes de règle, qu'ils commencent à la fêle de l'Exaltation de la sainte croix, et qu*ils finissent au commencement du carême, qu'ils Ovent au lundi d'après U Quinquagésime. Ils sont dispensés du jeûne aux fêtes de saint Matthieu^, de la Dédicace, de saint Michel, de saint Placide, de sainte Justine, le jour de Noël, les trois fêtes qui suivent et quelques autres; et les jours de jeûne de règle ils ont le soir à la collation du pain avec quelques fruits.

Leur habillement consiste en une robe et un scapulaire assez larg<^, avec une coule fort ample, et ils portent toujours un chapeau lorsqu'ils sortenL Quoique l'usage dis chemises de toile leur soit défendu, si ce n'est dans les maladies, onleurpermet néanmoins de porter un suaire de toile grossière 800S leur tunicelle de serge. Ils donnent le nom de pétition à ce qu'on appelle profession dans les autres ordres, et après leur année de noviciat ils prononcent leurs vœux en ces termes : In nomine Domini JV. /. C Amen. Anno NativUatis ejusd$m AT., die AT., Ego dotnnut iV., de tali loco^ promit to itabilitatêm meam^ el eonversionem morum meorum^ et obedieniiam gecundum regulam S. Bene* dictif coram Deo et omnibus sanctis quorum reliquiœ habentur in hoe monafterio S. S. deN'^ inprœseniiaR. P. ft. iV. ejusd. monosterii abbatis [rel priori») et monaehorutn ejusd. monaslerii sub congregatione Caesi^ nensi. Ad cujus rei fidem hanc petitionem manu propria $ub$crip$i die quo supra. Leurs frères convers sont appelés Frères Commis. Il leur est permis de sortir de la cons<régation ; et, pendant qu'ils y demenrenti ils sont obligés de garder la chasteté, la pauvreté et l'obéissance. Ils ont pour habillementune tunique et UD manteau de bleu obscur, qui est fermé de tous eûtes, à l'exception de deux ouvertures pour passer les bras; el ils por* lent sur Tépaule un capuce en manière de chausse. Ce capuce ne leur sort qu'après li mort i)our les enterrer. Dans l'étal ecclc-

D1CTI0?IKAtRE DES OltHRES RKLIGIEIX.

si.i9tiqiie ils ont è cette crande robe on manleaq <ioiit nous menons de parler deux mnnches de la largeur de deux pieds de roi : ils s'en serraient autrefois pour aller rn ?ille ; mais présentemrnt ils snserventde manteaux faitK comme ceux des séculiers, n'ayant conserve du roanieau monac^il que la seule contour; Ils n*y portent poiut te capoce sur Ténaule coiime les antres (1).

Le chapi ^ général de cette congrégation se tient tous les ans, le troisième dimanche d'après Pâques, auquel les supérieurs ei un député de chaque maison sont obligés àe se Irouyrr, excepté ceux des maisons éloignées, qui n*j viennent que tous les deux ans. Tous les supérieurs se démettent de leurs offices ilansce chapitre, et après leur démission on y élit neuf définitrurs, dont il y en a un

3 ni est président du chapitre. Pendant qu'il ure, toute Tautorité sur la congrégation ré- %îât dans ces définiteurs, et toutes les af* fairrs qui la concernent étant réglées, les neuf dcflniteurs procèdent à l'élection d'un président de la congrégation, qui doil être ainsi élu tous les ans.

Cette congrégation a pour armes d*azor i trots mon'agnesde sinopte, surmontées d'une croix patriarcale, avec ce mot PAX.

Jacobus Cavacius, Hi»t> ccenobii S, Jusii" nœ Potavnœ. D. Pietro Antonio Tornamira, Origine e Prog*B$$i delh congrêçationê Cat' iineme, BuUarium Ca$$inense el ComtitutiO' ne$ eju$d. ordinit,

La congrégation do Monl-Cassin existe toujours, et se livre à la culture des lettres et a réruditlon ecclésiastique. Bile avait denx maisons à Rome ao dernier siècle, Saint-Catixtê et Soint^Paul-horê'des'Muri.

Celte dernière maison est toujours habitée (et peui-éire l'autre aussi) par ces Bénédictins qu'on appelle Co^sinest. Le président ac^ tuci est le R. P. abbé D. Maur Bini, et le procureur général de la congrégation est le h. P. abbé dom Vincent Bini. R-o-e.

MONT DB LA COURONNE. Yoy. Ca-

yiLDULKS.

MONTB-CORBULO. Yoy. ÉcoLiBns de

BOLOGIIB.

MONTE-ORTONO. Yoy. Augustes.

MONTESA BT DE SAINT - GEORGES D*ALFAMA (Chbyalibrs dbs obdbbs de).

Le pape Clément V ayant résolu d'unir lea biens de Tordre des Templiers i celui des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, JHcquesiroi d'Aragon, supplia ce pontife, par le moyen de ses ambassadeurs qo*il avait envoyés au concile de Vienne, que les biens des Templiers en son royaume ne fussent point unis à Tordre des Hospitaliers, mais qu'ils fussent assignés pour la fondation d'un nouvel ordre militaire, dont le principal ins« titui serait de faire la guerre aux maures; et afln d'exciter le pape à lui accorder sa demande, il Tioforma de létal do royaume de tirenade, et du grand nombre d'infldèles qui y étaient. Nonobstant celte demande du roi iTAragon, le pape ne laissa pas de donner la

(t) Voy., à la lin du vol., teso^' 2()5 et 206.

bulle de la condamn.ition des Templiers, par laquelle il unissait tons leurs bien^ i Tordre des Hospitaliers ; mais Sa Sainteté, (ai%aiit attention à la demande de ce prinre, en excepta tous les biens qu'ils possédaient dau les royaumes d'Espagne , et afin de ne Hfs faire sans connaissance de cause. av;iiit ^of d'accorderau roi sa demande, elle écrivit i ton les princes qui possédaient les royaumn d'Espagne, qo*ilslui envoyassent des penoanés de probité, capables de loi bien expliqua les raisons qu*i*s avaient ponr que cps bifst qui étaient dans leurs dépendances ne fassent pas soumis à la loi générale.

Le roi d'Aragon^ qui n'avait p«tint d'aaire motif que celui qu'il avait déjà fait alléçofr par ses ambassadeurs, fli représenter 4e oooveau au pape, et dans destrrmes plus pressant!(, la nécessité qu'il y avait d'établir os nouvel ordre militaire pour résister ant maures de Grenade , et afln qae Sa Saioteiè n'eût aucun soupçon sur la sincérité de tu intentions, il ordonna à ces mêmes arobatsadeurs de lui dire que s'il voulait lui accorder sa demande, il donnerait â cet ordre Montésa, dans le royaume de Valence, qn était une place forte et imprenable; mais qu'en cas qu'ils Tissent qu'il persiflât dass la rés'>lution qu'il avait prise d'onir lesbieni des Templiers situés dians son rovanmc à Tordre des Hospitaliers, ils lui déclaras^ot qu'il serait obligé, pour la sAreté de ses Etttt, de s'emparer de dix-sept places fortes qsi avaient appartenu aux Templiers, el de rcl^ nir les revenus qui en dépendaient pour eo- Iretenir les garnisons. Le pape ronnrot sa» avoir rien déterminé; mais ton sorcesvir Jean XXII accorda à ce prince ce qu'il demandait, et Tordre d** Montésa fut institué l'an 1316, sous le nom de Notre-Dame de lfonl«*$^. On donna à cet ordre tous les biens quel» Templiers possédaient dans le royaume de Valence, et même ceux qui appartenaieo'à Tordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, auxquels on donna pour les dédoon mai^er les biens qui avaient aussi appirteos aux Templiers dans TAragon. Ce furent dit cbevaliers de Tordre de Calatrava oui prirent les premiers ThabitdcTordrede Montra- Alvarez de Lnria et Mf^ndosa, aussi chefatiers de Calatrava* en dressèrent les statols, h la prière du roi d*Aragon et do grand maltrv de Tordre de Calatrava, dom Gardas I/tpf< de Padilla : ce qui fait qu'il a loujonn cic de la dépendance de celui de Calatrava H soumis à la juridiction, visite et c*>rrfcti'^ du grand maître de cet ordre, conioinlem^oi avec Tabbé de Sainte-Croix, ou i son refos avec celui de Valdégna, tous deux de Tordre de Ctteaux : et ces deux abSés ne voulant pa» accompagner le grand maître de Caiairara dans cette visite, il la peut faire seul on booroer des commissaires.

Le premier grand maître de Montésa («t Guillaume Eritli. il y en eut ao^tortf d« Sîiite, et le dernier fut dom Pierre-U«* (■alcerande Borga ; car après sa mort Ptiilippc ll| roi dEspagne, fut déclaré par If t^l^

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