‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 11 sur 118 · DOU · texte numérisé non relu

DOU

DOM

fOfl

lificat de Oémcnt VI; il fat ensuite général de son ordre, et monrot cardinal Tan 1358. Guillaume Sodre» son succetsear, exerça aussi eel office soos le pontiHcat du même Clément YI. Urbain V le Ot cardinal Tan 1?S3, et éyéqoe de Marseille l'an 1369. Nicolas de Salnt-Satarnîn de Clermont fol le dernier Français qui exerça cet olBce, dont il fot poorfQ par le pape Grégoire XI l'an 1370, et il mourut l'an 1382. Outre ces cardinaux dont nous venons de parler, qui ont été maîtres du sacré palais, il y a eu encore les cardinaux Annibaldi, Statius de Datis, de Casenenve, de Turrecremata, de Badia, Galamini, MIcbel lfazarin,archeYéqned*Aix ; Capîsueci et Ferrari, qui ont aussi exercé cet omce.

Un office qui est encore exercé par on re« ligieox de cet ordre en plusieurs profinces, et qui lui donne beaucoup d'autorité, est celai d'înqroisileur. Cet emploi était demeuré attaché à i'épiscopat jusqu'à la fin du donxiène siècle; mais, comme tout était en trouble dans TEglise, où les hérésies se multipliaient ; que les hérétiques devenaient trop poissante, et que les discours des prédica* leors et des missionnaires qu'on envoyait

Kir les convertir étaient inutiles, le pape noceol ill établit (selon qoelques-uns) un Doureao tribunal qui regardait les matières de la ibi, pour punir sévèrement les héréti* i^oes, et qui fut appelé TOffice de Tinquisi* tien; et comme les hérétiques albigeois faisaient de grands désordres dans le Languedoc, le pape nomma pour inquisiteur saint Doninlaue, qui y travaillait pour lors à la conversion de ces hérétiques. Mais les historiens de son ordre ne sont point d'accord touchant l'année que ce tribunal fut établi; plusieurs auteurs prétendent que saint Dominique n'exerça point cet emploi, et i|ue ce De fut que Tan liSS que le pape Grégoire IK aurjbua le tribunal de Tinquisilion de Touloase aax religieux de son ordre, qui eal le premier qui ait été établi.

Quoi qu'il en soit, l'Inquisition passa en Pologne, en Italie et en plusieurs autres protinoes, où les Dominicains exercèrent roffice d*inqulsiteurs. Hais ces offices étant passés en d'autres mains dans la plupart de CfS provinces, ils ne leur sont restés qu'en quelques lieux d'Italie» où ils l'exercent avec autorité dans trente-deux tribunaux, en autant de villes, aussi bien que dans celle d*Avignon et de Cologne, mais seulement en qualité d'inquisiteurs provinciaux, et comme délégués des cardinaux qui composent la congrégation du Saint^llice à Home, et qui sont inquisiteurs généraux. Autrefois le général de l'ordre de Saint-Dominique nommait ces inquisiteurs ; mais présentement ils sont institués par le pape ou par la congrégation du Saint-OfBce. Cette congrégation, par on privilège accordé i l'ordre de Salnt*Dominiqne, se tient au couvent de la Minerve» tous les mercredis, dans Tappartement du général de cet ordre, qui y assiste avec le maître du sacré palais et le commissaire du Saint-Office, quiesl aussi religieux

DicTiORnAtnB DBS Ordres rbligihux. IL

du même ordre , et qui fait sa demeure ordinaire dans le palais du Saint-Office. Le secrétaire de la congrégation de YIndex des livres défendus , composée de plusieurs cardinaux , est toujours aussi de l'ordre de Saint-Dominique.

Il y a encore A présent deux inquisitions en France, l'une à Toulouse et l'autre A Carcassonne, mais sans autorité. Les Dominicains no laissent pas toujours de se faire fiourvoir par le roi des offices d'inquisiteurs. Isont même quelques appointements, maïs ce sont des titres seulement sans aucune fonction. L'inquisition de Toulouse est la première qui ait été établie, comme noua avons dit ci*dessus. Les inquisiteurs, après avoir perdu leur autorité, et que ce tribunal fut tombé en décadence, ont néanmoins retenu assez longtemps le droit qui leur avait été donné à leur établissement, qui était de se faire apporter tons les ans le scrutin de l'élection des capitouls de Toulouse pour l'examiner et pour voir si parmi ceux qui avaient été élus il n'v en avait point quel* ques-uns suspects d'hérésie ; mais ce droit leur fut 6té vers l'iin 16M par un arrêt du conseil, et fut attribué à l'archevêque de Toulouse Charles de Honchal et i ses successeurs.

Je ne m'arrêterai point à parler de toutee les personnes illustres de cet ordre, puisque Michel Pio, Léandre Albert et plusieure historiens do même ordre noos en ont donné des volumes entiers. Personne n'ignore que saint Thomas d'Aquin, saint Antonin, saint Vincent Ferrier, Albert le Grand, Vincent de Beanvais, Louis de Grenade, ont été des plus beaax ornements de cet ordre, qui jusqu'à présent a eu soixante généraux qui sont à vie, et que leur grand mérite et leur capacité ont élevés à cette dignité. Cependant il y en a eu deux qui ont été déposés par autorité du saint-siése, savoir, Mnnio de 2amorra par le pape Nicolas IV, Tau 1292, et Martial Aoribel, Provençal, par le pape Pie II, l'an lb62. L'on ne sait point les rai« sons que ces souverains ponlifes eurent de déposer ces généraux, qui étaient d'une éninenle vertu. On leur rendit néanmoins jusrice dans la suite. Mnnio de Zamorra, après avoir refusé l'évéché de Guadix, fut contraint par le pape Céleslio V d'accepter celui de Palencia, et Martial de Provence fut élu une seconde fois général dans le chapitre qui sa tint à Novarre Tan 1465.

Le schisme qui partagea l'Eglise en 1378, après la mort du pape Grégoire XI, et qui dura quarante ans, divisa aussi cet ordre* On vit dans le chapitre général tenn à Bo* logoeen 1380 deux généraux. Les provinces qui reconnurent pour pape Urbain VI élurent le bienheureux Raymond de Capoue pour général, et déposèrent Elle de Toulouse, qui gouvernait actuellement l'ordre, à qui les provinces de France, d'Espagne, d'Aragon, de Provence, de Sicile et de delà la Phare, qui reconnaissaient pour pape Clé-* ment VU, prêtèrent toujours obéissance* Celles qui élurent le bienheureux Raymond

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

IM

de Capooe furent les pror locet dltalie, d*AIlemagnet de Hongrie» d'Angleterre, de Polorae, de Grèce, de Dalmatie, de la terre sainte, de Bohême et de Saxe. Après la mort de ces aénéraax, chaaue parti en élisait un, ce qui dura jusqu'en l'an 1418, que le pape Martin V réunit tout Tordre sou» le P. Léonard de Florence, qui avait été élu par les provinces d'Italie et 1rs autres du même parti, ajant donné réYêché de Gatane à Jean de Poggio, qui était reconnu par les Français, par les autres provinces qui leur étaient on:es, et même par saint Vincent Ferrier. Ge fut sons le généralat du P. Bar* Ibélemy Te&ier, qui succéda an P. Léonard, que l'ordre commença à posséder des rentes et des biens immeubles, par vu prlTilége du même Martin V. Les généraux font présentement leur séjour ordinaire à Rome dans 'e couvent de la Minerve, qui est double, l'un pour les religieux de la province de Rome, et l'autre pour les étrangers qni se trouvent à Rome chargés des affaires de leurs provinces. C'est dans ce lien qu'est l'appartement du général, qui est fort spacieux. Il y a dans ce couvent une riche bibliothèque qui a été rendue publique l'an 1700 par la magniflcence et la libéralité du cardinal Casanatte, qui pour l'auf^menter a donné la sienne, composée de cinquante mille Tolumes sans les manuscrits, avec on fonds de quatre mille écus romains de reTeno , roulant qu'une partie de ce revenu s'employât tous les ans à l'achat des livres nouveaux, et l'autre partie à l'entretien de deux Pères bibliothécaires et de deux convers pour le service de la bibliothèque, de deux lecteurs qui doivent enseigner la doctrine de saint Tho-mas, et de six théoloffiens de différentes nations et du même ordre, pour s'opposer par leurs écrits aux nouveautés des dogmes qui pourraient naître au préjudice de l'unité et de la vérité de la foi de l'Eglise catholique; H a (ait encore d'autres fondations qui rendroni sa mémoire immortelle. Outre ce couvent de la Minerve et celui de Sainte-Sabine, ils en ont encore un sous le nom de Saint- Nicolas de Perfetti, et deux monastères de filles; mais il n'y a point de villes où ils en aient davantage quà Naples, puisqu'on y compte vingt-huit couTents de cet ordre, sa« voir, di&«huit d'hommes et dix de filles.

Nous avons parlé dans le | précédent de rhabillement de ces rdiaieux. Les frères laïques sont distingués des prêtres en ce qu'ils portent on scapulaire et an capace noTS, et que les prêtres ont un scapulaire blanc, ne mettant le capuchon noir par«des« sus la chape que lorsqu'ils sortent on qu'ils sont en habit de chœur. Les reli^ienx d'Espagne et de Portogal avaient toujours porté des chapes grises, jusque sous le généralat dn P. Martial Auribe.le, qui, ayant été élu l'an liSS, les obligea de prendre des chapes noires. Los armes de l'ordre sont chape d argcnt et de sable à un lis tigé, et une palme d'or passée en sautoir, brochant sur le tout, et une étoile d'or en chef, l'argent charge d'un livre, sur lequel est un chien posant sa

8 allé sur un monde, et tenant i sa gneule un ambeau allumé ; l'écu timbré d une cou* ronne ducale, ayant pour cimier une tiare, une mitre, un chapeau de cardinal, une crosse et une croix patriarcale. Favin prétend que cet ordre portait anciennement pour armes, gironé d'argent et de sable à une croix fleurdelisée, partie de l'an en l'autre, à la bordure componée de huit pièces aussi d'argent, et de sable à huit étoiles de l'on en l'autre, et huit besans de même. Get or* dre illustre a présentement pour chef le révérend P. Antonin Cloche, Français, qui fut élu l'an 1686, du consentement unanime de tons les Tocaux, pour ses excellentes quali* tés, dans le chapitre général qui se tint i Rome après la mort du R. P. de Monroy.

Noos avons dit dans le | précédent que Ton nomme en France ces religieux Jacobins i cause que leur première maison i Paris est sitnée dans la rue Saint-Jacqoes. M. Hermant, curé de Maltol, dit qu'on les appela aussi en Italie Jacobites, parce qu'ils imitaient la vie apostoliooe, et que quelques auteurs les appellent les Prédicateurs de Saint-Jacques ; mais M, Hermant ne nomme point ces auteurs. Cependant s'il était yrai qu'ils eussent eu le nom de Jacobitet à cause qu'ils imitaient la vie apostolique, ou celui de Prédicateurs de Saint-Jacques, pourquoi leur aurait-on donné plutôt le nom de Prédicateurs de Saint-Jacques on de Jacobites, que celui de quelque antre apêtre? Ils peuTcnt néanmoins avoir été appelés à Pans Jacobites ; car j'ai des épltres canoniunes écrites à la main l'an 1505 par on professeur en théologie de l'université de Paris, qui les appelle ainsi ; mais il y a de l'apparence qu il ne le faisait que par dérision, et pour se venger d'en avoir été maltraiié dans une dispute qu'il avait eue sans doute avec eux au sujet de l'immaculée conception de la sainte Vierge, comme il parait par ce qui est à la fin de ce manascrit : Ego Peiruê Hichardi annoi agent 45, in aima ikeologorum FacuUaie Parisiemi profetior indignui, mee non in SceUiia Trecemi canonicui^ kat epi^ itolat manu mea propria dutripêi^ auxUinnU Domino N. /. C. et immaeulaia ejnt Maire Maria omni laude digmiisima^ anno ealuiis 1534. Ferta 3 po$i Invocavil. Eodem amno fraires Jaeobitx sœpe expugnàverunt me, $§d laus Deo et eoneeptioni Mariœ iniemeratm : nom potuerunt mihi. Pareai eis AUiaimmê.

Voyez les auteurs cités dans le { précédent, et, pour les provinces particulières de cet ordre : Louis de Drrela, Hiei. de la $a^ grada ordem de Predieadoree en Etiopi^ Antonio de Remasal, Hist. de la Provintia de Santo^Yineente de Ckyapa y GuatemtUa. Au-

Just. d'Avila, Hist. de la Provineia de S. ' aao. Dom. Gonialès, Hiei. de la Propineia del Rosario de Filipinae Japon y China*

En parlant des missions auxquelles, en diverses contrées, les Dominicains s'emploient avec zèle et avec fruit, le P. Hélyot n'a point mentionné l^ur opposition aux Jésuites dans l'affaire des rils chinois, proscrits par le cardinal de Tournon, envoré dans les

Itt

noM

Page 1