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missions d*Orient pour inrormerde cette îm* portante affaire, el condamnés ensaite par le saint-siège. On sait que les Jésuiles, qui connaissaient mieux que personne, il est vrai, ce qo*il pourrait j avoir de superstitieux dans ces cérémonies» ne montrèrent pas aoe obéissance aussi ponctuelle el aussi prompte qa*il le fallait, et on les en a généralement blâmés. Néanmoins, il faut bien rabattre des blâmes qu'on leur a donnés, qnand on rolt les mesures de prudence pro* Tisoire que Borne prescrivit aux mission* naires oui la consoltaient après la suppression de la Compagnie de Jésus. Les Domini-*cains ont va aussi quelques-uns des leurs donner dans le jansénisme, et le fameux P. Lambert, mort dans les commencements in dix-*neovième siècle, a poussé son affeciion â cette erreur jusqu'à un fanatisme ridîcnle. Ils ont eu des membres de leur ordre qui ont embrassé les erreurs de la consUtulion civile da clergé, mais en même temps ib ont eo également des religieux qui ont Aonoè Texemple de la soumission à rE|;lise et d'une fidélité héroïque aux bons pnnci* pes. Cet ordre respectable continue aujourd'hui set bonnes œovres dans les missions lointaines ; nous eo donnerons pour exemple celles de l'Amérique du Nord, auxquelles BOUS nous bornerons, sans parler de ses établissements dans tes missions d'Orient et ailleurs actuellement en activité. Le premier évéque de New-York a été le P. Richard* Luc Concanen, assistant général de l'ordre des Frères Prêcheurs ; et c'est d'une lettre du P. E. D« Fenwick, son confrère, que nous tirons ces détails sur rétablissement des Dominicains aux Ëiats-Unis. Le P. Fenwick arait d'abord conduit les catholiques de Uataoumen dans l'Ëtat du Maryland. il alla depuis se fixer dans le Kentucky dès les premières années du dix-neuvième siècle, car il était déjà depuis quelque temps à Piscalawev en août 1805. Il était venu d'Angleterre s établir en ces contrées, adressant, en partant, aux catholiques et à la noblesse de la tlrande^Bretagne une circulaire pour se procurer leur intérêt et leurs secours. Né d^lns le Ifaryland, Fenwick était allé se taire Dominicain â Bornhem, en Flandre, dans le dessein d'établir plus tard un séminaire de religieux de son ordre dans sa patrie, et d'y propager la religion par ce moyen puissant. Les révolutions arrivées en Europe retardèrent longtemps l'exécalion de son projet, pour lequel il fut autorisé par ses supérieurs de Rome el d'Angleterre ; et U.Carrul, évéque de Baltimore (siège oui ne tut que plus tard érigé en archevêché], lui
Eroniit la plus ferme assistance. Sa circûlire lui procura une somme importante, et il arriva au Maryland vers le milieu du mois de mai, accompagné du P. Antoine Angier. L'èvéque de Baltimore lui conseilla de Sxer ien établissement dans la province éloignée duKentooky, où les catholiques le désiraient, ei il y projetait l'érection d'un collège. 11 ne trouva dans le Kentucky que l'abbé Badin, prêtre séculier, qui les reçut i bras ouverts,
et qui dans les commencements éprouva quelques peines causées par le peu do fermeté des Dominicains pour le soutien de la morale dans Texcrcice du saint ministère. Le P. Fenwick s'établit enfin dans le comté de Washington , près de Spring-Field, et acheta une propriété de 250 rubi d*élendae« contenant déjà une maison assez bien bâtie, etc., et cela du produit de ses biens pater«> nels , dont il retira 5000 piastres. Ce trait loi méritait la reconnaissance de ses compatriotes, de toute la religion même et surtout des Dominicains, dans l'histoire desquels il méritait au moins cette mention. II était ac« compagne, quand il commença enfin cette fondation, des PP. M'**, Thomas Wllson, An* toine Angier, Baimond Toite, qui ont donc été les premiers missionnaires Dominicains de cette contrée, alors exploitée par les hé* reliques, comptant déjà nenf ou dix imprimeries à leur service, et qui trente-cinq ans auparavant n'était qu'une forêt inculte« habitée seulement par les sauvages, vivant da chasse et de pêche. Le P. Fenwick fut de* puis élevé à I épiscopat.
L*ordre possédait a Rome, au dernier siècle, les maisons suivantes : 1* Sainte-Mario de la Minerve , 2- Sainte-Sabine , 3* Saint- Sixte le Vieux, k^ Saint-Clément, 5* Saint- Nicolas de'Perfeiti, G*' Notre-Dame du Rosaire au MonU'Mario^ 7* Saint-Gyr et Sainte- Julllte, 8" la Pénitencerie de Sainte-Marie- Majeure. La maison de la Minerve est encore aujonrd*hui le chef-lien de l'ordre et la résidence du général.
L'institut possédait autrefois à Paris trois maisons, celle de Saint-Jacques, rue Saint- Jacques, d'où leur est venu, comme on sait, le nom de Jacobins^ qui était la première maison de l'ordre en France, et le collège de cet institut. On y comptait, il y a un siècle, quatre-vingts religieux. Il n*y avait pas de noviciat, il se faisait en province. La bibliothèque de cette maison était de quinze à
* seize mille volumes. C'était beaucoup, mais peu néanmoins comparativement aux bibliothèques des deux autres maisons dont nous allons parler, et qui n'avaient pas un si haut rang dans la nomenclature des monastères de I ordre ; cette bibliothèque contenait plu« sieurs manuscrits d'ouvrages de piété, légués par saint Louis â ces religieux, qu'il aimait beaucoup. L'église du couvent, oui depuis longtemps menaçait ruiné, avait été abandonnée par les religieux avant la Rérolution, el rofOce divin se célébrait dans la salle des exercices, connue sous le nom d*EcoUê de Saint^Tkomas, On remarquait dans ces écoles, situées à côté de l'église et bâties au seizième siècle, aux frais du P. Jean Bioet, une chaire revêtue de marbrot dans laquelle était, dit-on, renfermée celle qui avait servi à saint Thomas d'Aqoin. Cependant la vieille église, vaste et partagée en deux dans toute sa longueur, comme
' celle des Dominicains de Toulouse, a subsisté encore après la Révolution et a servi de magasin. On voit encore les restes de ce monastère dans la rue des Grès.
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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
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Le couvent des Dominicains de la rae Saint -Honoré était situé entre l'église Saint- Roch et la place Vendôme. C'est dans la salle de la bibliothèque de cette maison que se réunît cette borde d*étres gâtés par le génie du mal el des passions humiliantes, qnf prirent ou reçurent du lieu de leurs séances et garderont dans l'histoire le nom hideux de Jacobine» L'église des reliffieux , les bâtiments fort simples et les jardins, qui occupaient presque tout l'espace qui est entre la rue Saint-Honoré et la rue Neuve-des-Petils- Cbainps, ont disparu, et l'on a transporté sur ce vaste terrain le marché qui s'y voit actuellement. Cette maison,- où les études étaient cultivées, possédait un cabinet d*bistoire naturelle très-corieuv, formé par les soins du P. Labat, connu par ses relations d'Afrique et d'Amérique. Peu de couvents de Tordre avaient, crojons-nous, une bibliothèque aussi nombreuse, car on y comptait environ trente-deui mille volumes, le double de celle du célèbre couvent de la rue Bainl-Jacques. Cette riche bibliothèque possédait des éditions rare^ et des manuscrits précieux. On y conservait soigneusement une chaise qui avait servi, disait-on, à saint Thomas d'Aquin. Il y avait un noviciat dans cette maison, et les aspirants payaient deux cents livres pour le noviciat et deux cents livres pour rhabillement. Elle renfermait il y a un siècle soixante prêtres et ceni novices. Cette maison faisait partie de la congrégation Occtlatfitf, dont nous parlerons en traitant des réformes dans l'ordre des Frères Prêcheurs (Voyez Lombardib) ; mais cette congrégation fut érigée en province sous l'invocation de Saint-Louis.
Outre ces deux monastères mentionnés par Hél^oi, les Dominicains en possédaient à Pans un troisième, dont il né parle point, et qui était situé au faubourg Saint^Germain. ABn d'assurer le succès de la réforme du P. Sébastien Michaelis, mort dans le couvent éo la roe Satnt-Honoré, le P. Nicolas Ro* dolphi, général de Tordre, résolut d'établir en France un noviciat général pour ceux qui voudraient embrasser cette réforme. Il y fut autorisé par un bref d'Drbain YllI , donné en 1629, par des lettres patentes de Louis XIII, et trouva en même temps dans le cardinal Richelieu un protecteur puis-* saut qui, par ses bienfaits, mérita d'être considéré comme le fondateur du nouvel établissement. Dès 16Si , quatre religieux tirés de la maison de la rue Sainl-Honoré avaient été placés dans celle-ci, située rue Baint-Domintqoe-Saint-Germain et qui n*étail alors qu'un bâtiment très-simple, avec un jardin et un clos contenant sept arpents et demf. Ils s'y flrent construire aussitêt une petite chapelle, qui fut bénite en 1632. Le nombre des sujets qui se présentaient pour obtenir leur admission dans l'ordre, augmentant chaque jour, il fallut penser à bâtir des lieux plus réguliers. Ils commencèrent par l'église, (jui fut élevée sur les dessins de rarefaitecte Pierre Bullet. La première pierre en fut posée eu 1682» par Hyacinthe Serroni,
archevêque d'Aibi, et par madame Anne Montbazon, duchesse de Luynes. Elle fui achevée l'année suivante. Le bâtiment, dé-^ coré intérieurement d'un ordre de pilastres | corinthiens, offre tous les caractères de Tarchitecture employée â celte époque dans les édiGces sacrés, et du reste n'a rien de remar* quable. Le portail, rebâti quelques anuéee avant la révolution par le frère Claude, reli<* gieux de cette maison, se compose de deux ordres élevés l'un sur l'autre, dans la forme pyramidale adoptée pour le plus grand nombre des églises de Paris et de quelques autres villes, et même dans la boiserie de quelques autels. Ces deux ordres, dont l'ensemble a quelque apparence, sont d*une proportion et surtout d'une maigreur qui peut choquer l'œil le moins exercé. Nous sommes entré dans ces détails sur cette église parce qu'elle existe encore aujourd'hui et est celle de la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin. Le couvent, qui est habité en partie par des particuliers et en partie occupé par le musée d'Artillerie, a été ie séjour de plusieurs relig\en\ célèbres, entre autres du P. Vincent Baron, docteur de l'université de Toulouse et théologien distingué du dix-septième siècle ; du frère Jean^André, peintre habile, et dont les tableaux faisaient le principal ornement de l'église et du monastère; du frère François Romain , ingénieur et architecte très-estimé. On lui doit le plan du pont de Maëstricbt et une partie de sa construction. Louis XIV, qui l'avait chargé de la conduite du Pont-Royal, fut si content de ses travaux, qu'il lui confia l'inspection des ouvrages des ponts et chaussées, et la réparation des bâ-> timents dépendants de son domaine. C'est ainsi que les monastères renfermaient une réunion d'hommes ignorants et inutiles.
Cette maison des Dominicains du faubourfjf Saint-Germain était sous la seule direction du général de Tordre, et depuis un temps immémorial les supérieurs étaient tirés de la
Jrovince de Toulouse. La province occitaine, laquelle elle appartenait d'abord, ayant été érigée en provmce, elle avait un noviciat qui n'avait aucun rapport avec celui de la rue Saint-Honoré. Ce noviciat était d'un aè^ et on n'y payait point de pension. La bibliothèque de la maison, composée de plus de ving-quatre mille volumes, était ornée de deux globes de Coronellî.
Pour résumer ce que Hélyot a dit de nU lustration de cet ordre célèbre, nous rap* pelleroos qu1l a eu plusieurs saints canonisés, des savants illustres, et surtout samt Thomas d'AquIn, quatre papes (Innocect V^ Benoit XI, saint Pie V et, depuis la mortd'Hé* lyot, Benoii XIII), un grand nombre de cardi« naux, de patriarches, d'archevêques, d'évêques, de docteurs et d'écrivains célèbres» Le P. Jacques Echard et le P. Touroo, tons deux Français, ont écrit l'histoire des hommes célèbres de leur ordre. On a vu dans le premier article d'Hélvot que l'habil des D^ minicains avait été différent à rorigine de l'ordre. Comme ils mettaient sur leur habit blanc uu manteau et un capuchoa noiis, oe