SION
ri. ntè des maîsonfl el les autres officiers. Gcs assistants so»l élus dans les cbapUres généraux par voix secrètes, et Ton observe dans I rieclion du général et du vicaire général ralternaiive pour les provinces , en sorte ifuc la province d'où est le général ne peut en avoir an autre que dix-huit ans après, et on n'élit jamais pour général celui qui quitte la funclion de vicaire général, ni pour vicaire çéuéral on religieux de la même province que le générai.
Les mona^lères sont gouvernés par des supérieurs qui prennent le titre (Tabbés , qu'ils conservent toute leur vie, quoiqu'ils ne soient plus sopôrieurs. Etant supérieurs ils peuvent se servir d'ornements pontifi* eaux, quoiqu'ils ne reçoivent pas la bénédic* lion abbatialo. Ces abbés sont élus dans le définiloîre : l'abbé général en propose trois, et lorsqu'ils ont été a<;réés,oo les ballotte avec des fèves, et celui qui a plus de voix ni censé élu. 11 faut qu'ils aient été auparavaut ou vicaires, ou maîtres des novices, dU lecteurs, ou gu'ils aient exercé quelque emploi. Ils ne sont que Uois ans dans leur oflice, aussi bien que le général et les visiteurs, mais ils peuvent être continués dans la ménne maison ou envovés pour supérieurs dans d'autres. Clément X accorda à ces rcli« gieux douze abbés titulaires , c'est-à-iire deux dans chaque province; mais ils n'entrent point dans le gouvernement de l'ordre ni des raonaslères particuliers; ils n'ont que voix passive dans les chapitres généraux tant qu'ils sont titulaires.
Le général a toujours avec lui un «hancelier el un secrétaire qui lui sont donnés pir te difKoiloire , qui lui propose deux sujets pour chacun de ces offices , aussi bien que pour le procureur général en cour de Rome , qui se fait aussi dans le dilfinitoire, en gardant aussi rallernativc po r les pro\inccs. Le général a dans le diffiailoire deux suffrages. 11 doit avoir,
fmuT être élu, au moins vingt ans de rei{;ioti , le vicaire général et les visiteurs dii-liuit, et les abbéi quinze. Le général doit faire sa visite dans tout l'ordre une fois pendant son triennal, et tous les ans par dtux commissaires du nombre des visiteurs ou des abbés. Al la On de chaque triennal» le troisième dimanche d'après Pâques, le chapitre général se tient au monastère du Monl-Olivet, chef d'ordre, où tous les abbés ont droit d'assister, aussi bien qu'un discret de rhaoue maison , qui est élu sans avoir besoin du consentement du «.opérieur. et, pendant tout le temps du chapitre, il n'est pas permis de manger de la viande.
Cet ordre a produit plusieurs personnes rccummandables par la sainteté de leur vie, Gomme les bienheureux Bernard Tolomel, foiidateur, et ses deux compagnons, l'airice Patrici et Ambroisc Picolomini ; le bienheureux Bernard de Verccil , qui fut en Hongrie pour y faire les deux établissements que cet ordre y a eus ; le bienbeurrux Jérôme de Cor$iicd , qui , après
DiCTlOR. DES OrDRKS KBMiiltL'l. IL
avoir porté longtemps les armes , se fil oblat de cet ordre, et moût ut Tan 1^70; le bienheureux Jérôme de Mantùue , qui vivait aussi dans le quinzième siècle , et dont le corps fut trouvé sans aucune corruption cent ans après sa mort; le bien heureux Jérôme Mi-rabelli de NapLes, que ses grandes vertus firent élire pour général , quoiqu'il n'eût pas trente ans ; le Père Jacques del Carpo, dont Bucelin fait mention dans son ménolooe de l'ordre do Saint-Benoit ; les Pères Antoine de Bargue, Grégoire Amatisci, l'abbé Maure de Pérnuse, et deux frères oblals, dont l'un est le frère François de Vérone, et Tau* tre le frère Daqiel de Foligui.
i^eux qui ont été élevés aux dignités d^ l'Eglise sont en gr::nd nombre : il j en a eu qui ont rempli les sièges épiscopaux de Todi , d'imola, de Torlono, de Cluse, de Marsiuo, de Poozzoles, d'Aqui et de quelques autres. Nous nous conteaterons d'en rapporter les plus récents , comme dom Romuaid Tancredi de Sienne, qui fut fait évéque de Montalcino en 169%; dom Jean- François Rigamonti de Rome, fait évoque do Cervia, en 1707, par Clément XI, qui a encore donné les èvécbés de Colle et do Cluse, le premier à dom Dominique Ballati de Sienne, cl le second à don Caïctan-Marie Bargali, aussi de Sienne. Ils ont eu aussi autrefois deux précepteurs du Saint-E>prit de Kome : le premier fut dom Benoit de Sienne , nommé par Al('xandi;e VI, l'an 1503, el l'autre fut dom Ëvan^éliste Tornioll de Péruuse, évéque de Cilla di Castello, nommé par le pa}e Paul V, l'an 1620. Cet ordre prétenu avoir aussi eu deux cardinaux, savoir : Georges Marlinutius, archevêque de Sirigonie, et Pierre Tartaro; mais L*s Bénédictins du Mont* Cassin leur disputeni celui-ci, et l'autre appartient à Tordre de Saint-Paul Ermite, comme nous avons fait voir «n parlant de cet ordre. Les religieux du Monl-Olivet conviennent à la vérité que le cardinal Tartaro. a été abbé du Mont-Cassin, mais ils prétendent que l'abbé André demanda, l'an 1370, à Rainier, général du Mùnl-0 Ivct, des religieux de cet ordre pour rétablir la discipline régulière au Mont-Cassin, et qu'entre les religieux qui y furent envoyés André Faventini en (ut abbé aussi bien que le cardinal Tartaro, qui avait été aupara^ vaut prieur du monastère de Notre-Dame* la-Neuve à Rome, de l'ordre du Mont- Olivet. Ils prétendent aussi que le cardinal Ardicin de Porte de Novarre quitta la pourpre pour prendre l'habit de leur ordre l'an 1^»95. Nous ne rapporterons pas non plus tous les écrivains de cet ordre qui sont en trop grand nombre. Dom Second Lancelol de Perouse a donné TUistoire de cet ordre qu'il a coniinuée |usqu'en 1G18; on a encore de lui quelques ouvrages. Il était venu à Paris pour y en fairo imprimer quelques-uns, et il y mourut le 15 janvier 16^3. 11 n'est pas vrai qu'il ait été général de son ordre, comme quelques-uns
DJGTIONNATRE DES ORDRES RELIGIEUX
ont aTancé; H n*a été qu*abbé. Dom Angosttn Lancelol, son frère, aassi religieux da Mont-Olivett a fait imprimer pareillement qoelques ouvrages à Rome , Tan 1G39. Cet ordre a poar armes (rois montagnes d'argent , surmontées d*ane croix de gueules en champ d*or, accompagnée de deux rameaux d'oliviers sortant des montagnes.
Il y a aussi un monastère de filles de ret ordre à Bitonto, au royaume de Naples. Le Père Bonanni , dans son catal<>gue des ordres religieux, avoue bien qu'il y a des religieuses de cet ordre, mais il dit qu'il n'a trouvé dans aucun anlcor le temps de leur institution. Il ajoute seulement que Lancelot, dans l'FUsloirc do cet ordre, rapporte que le bienheureux Jourdain, qui en était général , fonda, Tan 1359, deux monastères à Padoue, l'un pour des hommes, l'autre pour des filles. On ne trouve point cependant le nom An ce générai dans le Catalogue des généraux de cet ordre, qui, en 1359, avait pour général Sihius de Florence, qui le gouverna pour la première fois pendant douze ans, jusqu'en l'an 1369, et qui eut pour successeur Rainicr de Sienne, qui fut élu pour la troisième fois. La première religieuse de cet ordre fut la mère Françoise Léphante de Palermc, qui avait d'abord été religieuse de Tordre de Sainte-Ctaire, mais qui, ayant fait bâtir un monastère, erobras<9a avec quelques compagnes Tordre do Mont-Olivet, Tan 1515, avec la permission du pape Léon X, qui la nomma abbesse perpétuelle de ce monast re, où elle mourut en odeur de sainteté. L'habillement de ces religieuses consiste en une robe blanche, un scapulaire de même couleur et un voile noir. Au chœur elles ont une coule blanche (1).
Second Lancelot , liist. Olivetana, Paul. Carpenlarius , Vit. B. Bernardi Ptolomœi; ta même en italien par le P. Lombardelli , de Vord. de Saint-Dominique. Cortêtilutionés Montis Oliveti. SiUest. Maurol., Mar. Océan, di tutti gti Relig. lib. iv. Paolo Morigia, Hist. di tutt. Retig. Herman, Hist. des Ordres religieux. Philip. Bonanni , (7atalog. Ord. relig. Part, i, et Mémoires communiqués pir les religieux de cet ordre du monastère de Sainte-àarie-la-Neuve à Rome.
Les religieux olivetains existent en-* core, et Ils ont à Rome et en Italie pour général le P. abbé dom Benult Bellinî, et
Sour procureur général le P. abbé dom iernard de Rossi. Il y a aussi à Rome actuellement les Bénédiclines^OlivelaineSf mais que nous voyons, sans savoir pourquoi, rangées dans le Cracas au nombre des Oblates sans clôture. B-d-«.
MONTPELLIER. Voyez Esprit (Saint-).
MONT SAINT- ELOl (CHANoiNbs bégulirbs
OB LA CONGRÉGATION Dv)d'Arras, et de Saint-
Aubert de Cambrai.
Le mont Saini-Ë'oi, qui est une fameuse
(1) Voy. à la ûii du vol., n'* 274 e: 275.
abbaye s' tuée près d'Arras, a été ainsi appelé a cause que saint Eloi, sDivanlTaacteiiM tradition, s'y retirait quelquefois, lorsqnii se séparait du monde pour vaquer plus lihrf meni aux exercices deTorai^on et de la co»lemplation. H y en a qni préiendeni qu'il j fit bâtir une chapelle. D'aulres disent qoen fut saint Vindicien, évéque de Ctmbrai, j cause de la dévotion qu'il portait à saioi Eloi; mais Gazet, dans son Histoire ecclésiastique des Pays-Bas, rapporte ainsi ce:te fondation. Il dit que saint Kloi fit dresser ua oratoire sur une montagne à deoi lieon d'Arras, qui relient encore le nom de laiat Eloi, et qu'il y assembla dix ou douze personnes qui y Tiraient comme de!» eroii(e<. Saint Vindicien, évéque de Cambrai, ééiïit de leur conversation, s'y relirait soQV(*ot,(t voulut même être enterré dans celte égli»r, qui, ayant depuis été brûlée et ravagée aifc tout le pays par les Normands, eoviroo Taa 880, fut abandonnée; en sorte que ce lies devint un désert plein d'épines et de ronce», dont la sépulture de saint Vindii-ien fut cooverte. Elle demeura inconnue iusqu'àceque Dieu Teût miraculeusement découverte du temps de Tévéque Fulbert, Ton de ses successeurs, qui y Ot bâtir une nouvelle é^li^e qu'il consacra en Thonneurdesapôlressaiot Pierre et saint Paul« ayant élé assisté lar les libéralités de Tempereor Othon, son parent. Et au lieu des ermites qui y étaient pjr le passé, il y mit huit chanoines sécaliers, qui y demeurèrent jusqu'en Tan t066, oa environ, que saint Lielbert, aussi éréqoedt Cambrai, voyant qu'ils s'acquittaient mal ëe leur devoir, tes en fit sortir, et substitua ra leur place des chanoines qui vivaient ra commun, auxquels il donna pi^ur premier abbéJean.Robertle Frison, coaite de Flandre, augmenta la fondation de crtie églisf, comme avaient fait Tévéque Fulbert et les sei|;neurs de Coucy. L'abbé Jean gooieraa cette abbaye pendant quarante ans, et» Tai 1219, Uichard de Sassy, Tun de ses successeurs, fil bdtir Téglise en Télat qu*OQ la *^ii présentemenL
Ce monastère devint camroe un séminaire de saïUts évéques et de grands bomm*)- Hugues, troisième abbé, assista au cooae de LatraUf tenu sons le pape Innocent li. Rddnlphe, son successeur, assista i celui ^ Tours sous le pape Alexandre 111. Jean 11 obtint du pape Lucius 111 la permission et pouvoir porter la mitre et les autres ornements pontificaux, et fut pourvu par le ptp< Urbain 111 d'un évéchc en Orient. Etienne de Firmomont, sciiième abbé, assista is concile de Lyon et ne voulut point accepter Tévéché d'Arras qu'on lui offrit. Le pi.c Adrien IV fut élevé pendant sa jeunesse 4ati cette abbaye, d'où sont sortis Jeaa, éré^of de Térouanne, Crsion de Verdun, GèranI ^ Tournay, Guillaume de Vaison, et Pierre <• Colmicu, cardinal, de Rouen. Elle avait des conslitulions pariiculières qui furent reçQ'^ par plusieurs autres communautés de eu*
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Boiaet régalieri des Pajfi-Bas, el en France parceni de Saint-Jean des Jumeaux. Ht sont habillés de TÎolet, et ont an rochet par-dessus leur soutane; au chœur Ils mettent une aamasse noire sur le bras pendant Tété, el la chape noire pendani rhiyer avec un grand camailtl). Les novices de celte abbaje portent encore la robe de peaux, cjui était autrefois commune à tous les chanomes» et s'appelait peUtceum, d'où vient le nom superpelticeum ou surplis, comme remarque le Père du Moulinet.
La même année 1066, que saint Lietbert mit des chanoines vivant en commun et dans une entière désappropriation, au montSaittt- Eloi, il en mit aussi dans Tabbaye de Saint- Aubert, située à Cambrai, dont il 6ta les chanoines qui ne voulurent point renoncer à la propriété et vivre en commun : il donna à ces nouveaux chanoines Bernard pour premier abbé, et ses successeurs devaient être élus et tirés du corps du chapitre auquel il donna pouvoir de conférer les prébendes. Il y a de l'apparence que ces chanoines avaient les mémi*s constitutions que ceux de Saint Blol, puisqu'ils étaient aussi habillés de violet et avaient le même fondateur.
Sanmarth. GalL Chriitian. Du Moulinet»
Ilab. des ehanoin, Régul.:eiGàiei^ Hist, Ec* clés. de$ Payê-Bui.
MONT-SEGESTRO. Yoytz J&r6mk (Ermi* TKS OB Saint-).
M ONT-VIERGB (Bénédictins de l'ordrb du), av€c la Vie de saint Guillaume de Yerceil^ fondateur de cet ordre,
SainI Guillaume, fondateur de Tordre du Mont- Vierge, naquit à Verceil en Piémont, de parents nobles et recommandablis par leur vertu. Les ayant perdus presque au sortir du berceau, il fut élevé par un de ses proches parents jusqu'à l'âge de quinze ans, que, commençant i sentir dans son cœur un grand amour pour Dieu et un penchant pour la retraite, il résolut, dann un âge si tendre, de soumettre sa cbair à Tespril, avant qu*el!e lui livrétde» assauts pt»ur engager son cœur dans les liens d'un monde corrompu, qu'il méprisait avant même que d'en connaître bien la vanité, au mnins par expérience. C'est pourquoi^ malgré les biens que ses parents lui avaient laissés en mourant, il prit le parti d'embrasser une vie pénitente, de renoncera toutes choses, et d'à* baodonnrr jusqu'à son pays pour l'amour de Jésus-Christ qui taisait tout l'objet de ses désirs; il se revêtit pour cet eiïet d'un habit d ermite, el entreprit le voyage de Saint- Jacques en Galice. La longueur et la difllciiltéd*un si grand pèlerinage, la grossièreté de son habit, auquel il n'était pas accoutumé, la pauvieté volontaire qu'il exerça pondunt toute la route, étaient sans doute une pénitence bien rude pour un enfant qui avait été élevé jusqu'alors d'une manière fort délicate. Cependant toutes ces peines ne furent
(t) Voy.,àJaûndo vol., n*276.
Ks suffisantes pour conlenter son cceur déjà laliable de mortifleations; car il voulut faire ce chemin nu-pieds, portant aur sa chair deux cercles de fer qui ne lui donnaient aneun relâche ni jour ni nuit. Quand il fut de retour à son pays, bien loin de songer à se procurer quelque soulagement en quitttnt ces cercles, et en se dédommageant de toutes les autres peines qu'il avait endurées par la faim, la soif et les autres incommodités, il se proposa un autre pèlerinage en Palestine,
Ïiour aller visiter le saint sépulcre à Jérusaem ; mais Dieu, qui l'avait choisi pour le fondateur d'un ordre religieux, loi Ata la pensée de faire ce voyage lorsqu'il s'y pré* parait, et lui inspira celle de se retirer dans une solitude.
Pour le faire avec moins d'obstacles, il passa au royaume de Naples, et y choisit pour retraite le Mqnt-Laeeno, dans la province de la Pooille, où il troura saint Jea» de Maiera, dont on parlera à l'article Poi# SANO. Us demeurèrent quelque temps en« semble, aussi bien que sur le Mont-de-Go-
£no, où ils Grent encore quelque séjour. [ais saint Jean de Matera l'ayant quitté pour prêcher dans Barri, et s'étant retiré en* suile au Mont-Gargan, où il fonda l'ordre de Pulsano, saint Guillaume quitta aussi le Mont-de-Cogno et vint dans la principauté ultérieure, où il choisit pour sa oemeure le Mont-Virgilien, qu'on appelait ainsi à causa du séjour qu'on prétend que le poète Virgile y a fait; mais cette montagne changea de nom après que notre saint y eut fait bâtir une église en l'honneur de la sainte Vierge, et fut nommée pour cet effet le Mont-Vierge. Il ne fut pas longtemps en ce lieu sans y être, visité d'une infinité de personnes qui y accoururent au bruit de sa sainteté, les uns pour lui demander des instructions salutaires, et d'autres pour se recommander à ses prières. 11 se trouva parmi ce grand nombre plusieurs prêtres séculiers des lieux voisins, qui, touchés de ses entretiens, se jetèrent à ses pieds pour le supplier de leur permettre de demeurer avec lui, afin d'être les compa-
S nous de sa pénilence. Il ne pot refuser leur emande, et leur fit bâtir des cellules sur la même montagne ; el c'est ce qui commença la congrégation du Mont- Vierge, dont il jeta les fondements l'an 1119, sous le pontificat de Calixte IL
Ces ermites ne vivaient d'abord que d*au« ( mônes; ils pratiquaient une grande abstinence: l'oraison eti'ooioo avec Dieu étaient leur principale eccupation. Ils macéraient l<tur corps par de grandes austérités, le travail des mains était eu usage parmi eux; mais quelques mois s'étant écoulés dans c«*b sortes de pratiques, ils murmurèrent contre le saint fondateur sur ce qu'étant prêtres, il les occupait à des exercices vils: ils voulurent être employés aux fonctions de leur ministère, et obligèrent le saint à bâtir une église où Ils pussent célébrer la messe et assister aux divins offices.
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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
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Le saint les eonCeitta, el fit bâtir une > églUe qui fot consacrée en Thonneur de la sainle Vierge par Tévéque d'Avellino. Ce fot pour lors que le pape Oaliite 11 approuva «elle congrégation, el accorda beaucoup ë'indulgcoces A ceux qui visileraienl Téglise du Muni-Vierge. Les grandes aumànes qu'on j faisait, et que saint Guillanme, après en avoir pris le nécessaire, distrihuail ensuite aux pauvres, excilèrenl de nouveaux murmures parmi les religieux, dont le nombre éiail beaucoup augmenté, lis trouvèrenl mauvais de ce qu*il élail si libéral des au* mènes qui éiaient données pour leur entretien et leur subsistance ; ce qui pouvait causer la ruine de leur monastère: ils se plai* gnirent aussi de ce que les règles qu'il leur prescrivait étaient trop austères el impraticables, lui demandant qu'il eut à se relâcher de la sévérité de son Institut. Ce hainl fondateur fit ce qu'il pal pour arrêter leurs murmures^ sans vouloir pourtant rien changer 4lansles pratiques de pénitence qu'il leur •avait prescrites; mais voyant que toutes ses remonlranees étaient inutiles, il prit le parti de les abandonner, cl leur donna pour supérieur le bienheureux Albert, reiit^icux d*une sainte vie, et qui sut» lanl par sa piété qur par ses belles manières, ramener à ' leur devoir ct's esprits inquielSi el les faire vivre selon les règles qui leur avaient été prescrites. L« saiol fondateur, après être SOI li du Mont- Vierge avec cinq religieux qui ne viulurcnt uoiiil le quitter, fonda de nouve^iux munasteres, dont le preuiier fut à Serra Cognata ; il en bilit enbuile deux autres A Guglit to, proche la vilte de Nusco, l'un peurdesbo 1 mes, l'auirepourdes filles, avec une église commune pour les deux monastères, laquelle fut dédiée en l'honneur du Sauveur du monde, il rassembla un grand nombre de vierges dans le mon<istère destiné pour les personnt s de leur sexe, qui y vivaient dans une grande abstinence. Jamais elles ne buvaient de vin, non pas même dans les maladies, el elles s'abstenaient en tout temps de l'usage de la viande el de toutes sortes de laitages; trois fois la semaine elles mangeaient des herbes crues avec du pain, el les autres jours on ne leur servait qu'un seul mets accommodé A l'huile: depuis la fête de tous les saints jusqu'à la Nativité de Notre Seigneur, et depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques, elles jeAnaicnt tous les jours au pain el a Peau. Les hommes ne vivaient l'Ss dans leur monastère d'une manière moins austère; de sorte que ce monastère de Guglielo devint très-considérable dans la suite, tant par sa piété que par ses grands revenus qui se montèf eut é plus de vingt miile duj cals.
La sainteté de Guillaume se répandant de toutes parts, Roger, roi de Naples ei de Sicile, le fil venir au près de lui pour bc servir de ses conseils. Le saint profita de cette oicahiou pour porter ce prince A bannir de sa cour le dérèglement et le scandale. Les courtisans de Hoger, qui ne respiraient que les plaisirs el le luxe, appréheudaul que les discours de ce
sainl homme ne fi$<ienl impression sur Tes^ prit de ce prince, traversèrent ses pieux di>aseins par la calomnie qu'ils suscitèrent contre lui, tâchant de le fiiirc passer pour un hypocrite, qui cachait sous un extérieur de pieté un cœur rempli lîe passions et de »i<e$; el alin de mieux réussir dans leur mau^di^ dessein, ils firent venir une courtisaue qui promit de le faire tomber dans les ûkts qu*elle lui tendrait pour corrompre sa clia>tcté: le roi y couseniil, et celle femme impudique alla trouver le saint avec tous 1. s charmes qu'elle crut capables pour lui inspirer deTainour, et, par des discours lascifs, elle le pressa de consentir a .«es désirs. Il fei« gnil d*y acquiescer, A condition qu'elle se coucherait dans lemême lit qu*il préparerait pour lui. Elle s'imagina sur celle réponse avoir remporté la victoire : elle alla bien joyeuse eu porter la nouvelle au roi ; oiais elleful bien surprise, lorsque Tbcure du rendez-vous étant arrivée* et étant entrée dans le lieu destiné à sa prétendue conquête, elle n'y trouva qu'un lit de charbons ardents s^^r lesquels le saint se coucha, l'invilautà faire la même chose; el elle fut encore plusélunueo de voir que le feu ne faisail aucun mal au serviteur dcDieti.Ce prodige la touiba si vivement qu'elle résolut de changer de vie, et ayanl demandé pardon au saint, elle voulut vivre sous sa conduite. Eile vendit tout ro qu'elle avait* cl du prix qu'elle ed relira, le saint fonda un monastère de filles à Vcnosa, qiii fut achevé par les libéra )i:és du roi Uoger. Celle courtisane y prit l'Iiabil de Tordre d«i saint fondateur, el se sanctifia dans (e monastère, dont elle fnt ensuite supérieure. Les pénilenccs el les austérités jointes r'iui actes des vertus les plus héroïques qo'ele pratiqua depuis sa cjnversiou, lui ont meri.é api es sa mort le titre do bienheuieose, étant co nue &OUS le nom de la bien/ieareu^t Ajni^'s de Venosa.
Ap:ès ce miracle le roi Roger eut une si grande estime pour saint Guillaume, qu'il fit bâtir plusieurs monastères de son ordre, non-seulement dans le royaume deNapUs, mais encore dans celui de Sicile. Le premier qu'il fvHida fut A Palermi' sous le nom de Saint" Jean des Ermites^ vis A vis son palais* 11 en fonda aussi un autre dans la mé ae ville pour des vierges, sous le nom de Sainh Sauveur; el 1 1 première qui y prit Thabilfut la princesse Constance, sa fille, laquelle fut tirée dans la suite de ce mt)nasière, dont elle était supérieure, et relevée de ses vœux par le pape Célestia 111, pour épouser Henri Ni» fils de l'empereur Fridéric Barbe-Rousse, t.e prince fil encore bâtir un autre monastère de religieuses A Messine, appelé /emoiK*<- 1ère du Mont-Vierge, el entre ceux qu'il fond.i dans le royaume de Naples, il y eut crloide Vcnosa pour des religieuses. Le nombre ds monastères de filles de l'insiilul de saint Guillaume fut si grani), qu'il ) eu a qui pr^ tendent qu^il y eu eut jusqu'à cinqua l*; mais A pcme.à présent en ir^nve-t-ou dru\ ou trois, dont les religieuses ont niée quille rbabil cl rinslitut du MonUVier^.',
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