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I I commuifauté, et d*nvoir nvnnré pliisiours liérésirs dans ses écrils ; le ch.ipilre ordonna •|iu» le générnl, faisant sa visite en France, iiirormeraitjuridiqurmenl contre la conduite tie ce relifçieox et examinerail ses écrils. En elTcl, le général, étant en France, onloniia n«'<»n lui mtt vn main tous les écrits de Pierro-Joan d'Olive, qu'il donna à rxaminrr à quatre docleurîi v\ à trois bacheliers de ruHÎversitô de Paris, tous religieux de l'ordre, qui jugèrent, soit par prévention ou par complaisance , quelques-unes des proposîlions que d*Olive avait avancées, comme <iafi|{creuse'i , et d autres comme pouvant avoir un mauvais sens : ce qui Gl qu'Olive, dont fcs intentions étaient droites et soumise» à l*EgIise, se rétracfa et acquiesça à la censure qui avait été faite de ^es ouvrages ; ce qui sans doute aurait apaisé toutes chofses, si quelques religieux, soil par zèle indiscret, soit par un attachement outre à sa personne, n'avaient obligé parleurs plaintes réitérées et excessives contre' les transgresseurs de la pauvreté* le pape Nicolas IV à donner ordre, en 1290, à Raymond Gaufrcdy, pour lors général, d'imposer silence et uiéir.e d'agir contre les sectateurs de Pierre-Jean d^Olive, comme perturbateurs de la paix par leur orgueil qui leur faisait mépriser et blâmer la conduite de leurs frères qu'ils regardaient comme beaucoup au-desp^oos d'eux dans le chemin de la perrection, Kn conséquence de cet ordre, il y en eut plusieurs qui furent arrêtés et envoyés à Bertrand de Cigotère, qui exerçait l'ofRcc d'inquisiteur dans te comtal Venaissin : il s'en trouva à la vérité quelques-uns qui, siiïi par entêtement, soit pour se dislingu'.*r des autres aux dépens de la foi et de rhoti-" neur, avaient des sentiments dangereux ; mais aussi il faut avouer que le plus grand nombre de ces prisonnî«;rs n*étaient coupa* blés que par rattachement qu'ils avaient peut-étre eu avecceux qui, sous un extérieur composé et zélés en apparence, cachaient un venin dont ceux-ci no s'apercevaient pas, ne «achant pas même de quoi il s'agissait, et ne se déCant aucunement de leur malice qu'ils couvraient d'une piété feinte et d'un zèle apparent pour la régularité.
Pierre-Jean Olive s'étant trouvé au chapitre général qui se tint à Paris Tan 1292, on lui demanda cequIlpensaildeTusagedes choses qui étaient accordées aux frères, et s'ils et. ienl tenus à l'étroit et pauvre usage de c«'S choses : il reconnut qu'ils n'étaient pas tenus à un plus pauvre usage ni à une autre manière de vie qu'à celie qui élait énoncée dans la déclaration que le pape Niioias III avait faite sur la règle, et que la communaulé de l'ordre pratiquait; qu'il n'avait rien dit ni écrit qui y fût contraire, et que s1l lui était échappé quelque chose à ce sujet (ce (fu'il ne croyait pas ), il le révoquait. Le chapitre reçut sa protestation qui semblait devoir apaiser toutes choses. Mais il y eut de ses scciatours qui, au lieu d'imiter sa soumission cl sa bonne foi, lui firent un tort considérable |)ar leur entétcnienl et leur imprudence ; car
quoiqu'il eût été renvoyé absons et déclaré innocent par le chapitre gci.oral, ils coniinuèrent à causer tant de divisions et de schismes dans $S province, que sa dj«cirine, ou du moins celle qu'ils préteiid.iienl avoir apprise de lui, devint odieuse à toute la communauté de l'ordre. Enfin, après avoir fait encore une déclaration publique snr ce qu'il isait de la pauvreté et de Tusnire des chu-
pensai
âge des ch
ses, qui était conforme à celle qu'il avait faite dans le chapitre général de Paris, il mourut dans le couvent de Njrbonne Tan 1297. Dieu voulut faire connaître sa sainteté et son innocence par les miracles qni se firent à son tombeau ; mais cela n*empéclia pas que les religieux de la communauté ne le persécutassent enror»; après sa mort, l'accusant d'hérésie et condanmant sa doctrine : ils obtinreit même du général Jean d'» Mnro que. l'on défendrait aux religieux la lerlure de ses ouvrages, et que ceux qui en auraient senient obligés de les mettre entre les mains des supérieurs. C'est ce qui fut cause de la persécution que l'on suscita contre Ponce C irbonelle de Dottingat, persoitnagt> illustre par sa science et par la sainteté de sa vie, et qui avait été le maître de saint Louis, évéqucde Toulouse; car sur cc,qu'il ne voulut pas donner onelques traités qu'il avait de Pierre-Jean d Olive, qu'on lui demandait pour les mettre au feu, il fut mis en prison cl souffrit beaucoup de maux : Il y en rut aussi plusieurs autres qui furent chargés do fers et enfermés très-étroîtement pour te même sujet; ce qui causa encore des dlvi* sioiis et desschismes dans d'anlr(*s provine^s, où les religieux, sons piétexte de réformer l'ordre, se disaient sectateurs etdiscioles de Pierre-Jean Olive. C'est pourquoi onns le chapitre général qui se tint l'an 1302, les supérieurs, voulant remédier à ces troubles et prévenir les suites f:irhenses qu'ils pourraient apporter dans la suite, défendirent sous de grosses peines la lecture des ouvrages de Pierre-Jean Olive , et celle défense dura jisqtte sous le pontificat de Sixte IV, qui, les ayant fait exaniner, déclara qu'.l n'y avait rien dans ces écrits de contraire à la foi ni aux bonnes mœur*;.
Cependant, malgré loute.« les précautions et les diligences des supérieurs, la discorde, qui s'était ainsi glissée dans l'ordre, éelata plus ouvertement l'an 1310. Le nombre des' religieux deia communauté de l'orilre était bien plus considérable que cchii des Frères Spirituels , ou sectateurs de Pirrrc-Jean Olive, ctreux-ci, manquant de force et d'autorité, se trouvaient tous les jours molestés par les autres qui les voulaient détruire, ou obliger de s'unir à eut ; mais les ^iritueN aimèrent mieux endurer des traverses et des persécutions que de consentir à cette réunion, prétextant qu'il ne leur était pas pertuis do s'agréger à des personnes qui ne voulaient pas observer la règle, et péchaient tous le.^ jours contre la pauvreté. Comme c'était en Provence qu'il y avait le plus de divi>ion , Uaiinond de Villeneuve, Provençal et médecin de Charles le Boiteux, roi de Napks et
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
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comte de Provence, poossë par raffection qu'il portail à l'ordre, employa le crédit de son maître pour prier le pape Clément V de faire assembler les principaux et les pins zclésdechaque parti, afln de trouTer quelque rrmôde à ces désordres. Le pnpe acquiesça è la demande de ce prince, et rassemblée fut indiquée à Malaosanne, dans le comtat d'A« ▼ignou, où se trou Tarent, do câté des Spirituels, Rairoond Gaufredy, qui avait été général ; Ubertin de Casai, Raimond de Giniac, provincial d'Aragon ; Guillaume de Cornélion, custode d'Arles, et quelques autres ; et pour la communauté de l'ordre, Gonzalve, qui en était général ; Alexandre d'Alexandrie , qui Ta été depuis, et plusieurs autres.
L'on tînt devant le pape plusieurs conférences è ce sujet, dans lesquelles chacun avait la liberté de défendre sa cause. Raimond Gantredy et Cbcrtin de Casai se plaignaient des transgressions éiFJdenles de la pauvreté, qui étaient tolérées par les supérieurs, qui n*en faisaient aucune'correclion. Alexandre d'Alexandrie, qui parlait pour la communauté de l'ordre, disait que ceux qui prenaient le nom de Spirituels étaient des novateurs, qui voulaient se distinguer des autres, et qui suivaient la doctrine de Pierre- Jean Olive, qu'il prétendait avoir donné lieu i tous ces troubles. Ils alléguèrent plusieurs preuves pour appuyer ce qu'ils avaient avancé ; mais ces conférences ne serytrent de rien, car les choses parurent si brouillées, que le pape ordonna que les deux partis mettraient leurs raisons par écrit, et nomma six commissaires pour examiner les prétentions des uns et des autres ; et parce que les frères qui se disaient de la communauté avaient fort maltraité les Spirituels, et qu'ils les menaçaient encore , le pape les prit sous ta protection, exempta de la juridiction des siipérieura tous ceux qui avaient été appelés pour défendre cette cause, tandis qu'elle durerait, et défendit sous peine d'excommunication de leur faire aucune peine, ni à aucun autre de leur parti.
Ces Frères Spirituels, après avoir consulté ensemble, composèrent, conformément à l'ordre du pape, une requête dans laquelle ils citaient toutes les transgressions qui se commettaient contre la règle, et la présentèrent A ce pontife, qui l'envoya au cardinal protecteur et au général, afin qu'ils en prissent une copie. Cbcrtin de Casai, qui était plus piqué que les autres dans cette affaire, parce qu'on lui avait objecté plusieurs crimes, fit un traité sons le nom de Raimond Gaufredy, où il expliquait plus clairement vingt-cinq transgressions des préceptes delà règ.e, et dix qui étaient contre la déclaration de Nicolas III. Le général et ses adhérents répondirent à ces deux écrits, qu'ils regardaient comme injurieux à Tordre.
Ubenin de Casai fit bientôt après une réplique à cette réponse, sur laquelle les autres ne demeurèrent pas dans le silence; en sorte i|ue deux ans s'écoulèrent dans ces contestations, sans que les affaires en fussent en meilleur état.
Cependant Gonzalve, général de Tordre, ne voyant que trop la vérité des plaintes ^st faisaient les Spirituels, et voulant prévenir lis suites que pourrait avoir la connaissaace qu'ils donnaient des désordres de la cook munauté, indiqua, la même année 1310, on chapitre général à Padoue, dans lequel oa fit plusieurs règlements contre les relâchements qui s'étaient introduits, particulièrement pour la réception de l'argent, pour la trop grande curiosité des bfttîments, et posr Tu5age de la vian«1e, qu'on détermina an dîner seulement. Mais pendant que le chapitre se tenait à Padoue, et que les conférences continuaient à Avignon, les Frères Spirituels, dont la plus grande partie étaient es Provence et en Toscane, étaient fort mal* trAités. Les Provençaux se pouvaient plot aisément défendre de cette persécution qne les Toscans, parce qu'ils étaient près dn pape : ce qui fil que les Toscans, voyant que Tordonnance que ce pontife avait donnée en leur faveur ne les mettait pas à couvert des insultes de leurs adversaires, se séparèrent de Tordre et élurent nu général, qu'ils fonlurent faire confirmer par le pape; mais leor entreprise fut regardée comme un attentat qu'on ne devait point souffrir, et qui donnait lieu par sa témérité de croire ou au moins de douter que les crimes dont on les accosait étaient véritables, ce qui fut cause qoe ceux qui les protégeaient les abandonnèrent.
Le général de Tordre voulant profiter de cette occasion pour maintenir la cause de la communauté , fit la visite de la province de Toscane, et employa toute son autorité posr les réduire à Tobéissance et à l'exacte prati* que de cette pauvreté, dont les Iransgres* sitins leur étaient si sensibles et si insoppor* tables dans les religieux de la communaoté: c'est pourquoi il écrivit une lettre au provincial, avec ordre de la faire lire dans toos les couvents, par laquelle il lui commandait de désapproprier les religieux de toutes les rentes, vignes, possessions, et antres choses qui pouvaient avoir été introduites contre la pauvreté, avec défense d'en recevoir A IV venir.
Quoique les Pères Spiritnels fussent heaa* coup déchus de Testime que Ton avait poor eux, et nonobstant Tavantage que le général de Tordre tirait de ce qu'ils étaient ahan« donnés de ceux qui les avaient protégés avant l'élection inconsidérée qu'ils firent d'un général de leur corps, cependant lei affaires n'en étaient pas plus avancées, et restèrent toujours indécises jusqu'à Tannée 1312, qu'étant rapportées et examinées dans le concile général de Vienne, elles commencèrent A changer de face par les décisions de ce concile, qui furent en faveur de la communauté ; car le pape ayant tenu on consistoire secret le 5 mai, l'on j décréta contre Ubertin de Casai et ses adhérents, que la manière de vie de la communauté de Tordre était permise et suffisante pour la vraie observance de la règle; et le lendemain ce pontife fit publier dan^ la troisième session du concile une balle par laquelle il de*
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