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NOTRKDAMK DE CHARITÉ ( Reli^
GIEUSRS DB L*OADAB DB).
C*est avec jusUre que lo R. P. Eadei , frère de M. Mézcray , historiographe de France , doit être mis au nombre des fonda* tours d*urdres, puisque non-senlemeol il a fondé la congrégation des Prêtres Missionnaires de Jésus et Marie, communément appelés les Badistes,mais qne Tordre de Notre- Dame de Charité lui est aussi rede? able de son établissement. Nous aTons donné la Vie de ce grand ser? iteor de Dieu {Voy, Eudes), et nous allons rapporter ici rétciblissem< nt df Tonire de Notre-Dame de Charité, comme étant soumis à la règle de saint Augustin.
1/ordre de Notre Dame de Charité porte avecjosticecc nom, puisque la charitéméme en a été In On principale, ijant été établi pour traTailler a la conversion des âmes pécheresses; Ton peut dire que c'est un ouvrage de 11 grâce, et le fruit des prédications itu P. Eudes; et suivant le sentiment de cet homme apostolique , il a pris son origine ilans les sacrés cœurs de Notre-Seigneur et d<? ta sainte Vierge, embrasés du zèie du salut des âmes. Ce fervent ministre duSeigneor travaillant aux missions dans les années 1G38, 1639 et 1640, avec un lèle infatigable, plusieurs filles et femmes, d'une conduite peo réglée, furent si %ivement touchées de fio» discours, qu'elles le vinrent trouver, le priant de leur donner un lieu de refuge pour y faire pénitence de leur vie déréglée, et quelques-uncii lui avouèrent qoe la néces- Hté était la cause de leur désordre. Ce saint liomme les ajant aidées par ses aumônes , et n'ayant point de lieu de retraite , il les commit aux soins de quelques personnes de piété.
Kntre autres personnes il y engagea une Ft'miiie fort simple appelée Madeleine l'Amy, i|ui, quoique pauvre des biens temporels ^ Mail néanmoins riche en piété et remplie de :tharitè. Elle les reçnt dans sa maison , les instraisait, leur apprenait à travailler , et fournissait â tous leurs besoins parle moyen les aumônes qu'on lui faisait. Un jour que :e(te bonne femme était à sa porte, elle vit [i.nsscr le P. Eudes accompagné de M. do tiernicres , de M. et de madame de Camilly ?t de quelques autres personnes d*onc piété Ji»iingu6e;elles'écriaa«m8un transport plein Je zèle : Où allex^vout f $an» douie voum liiez danê les égli$et y manger Uêimnges^aprês fuoi VOUA croyez être biendévota; ce n'eet pa$ *) où gU lelièvre^mau bien à travailler à fon-fer une tnaieon pour ces pauvres fiUes qui se perdent faute de moyens ei de c induite. Ce l;Si'ours rustique, mais plein d*ardeur , qui ic fut d*abord qu'un sujet de risée A la comft.igtiif, ne laissa pas de produire dans la uito lie btms effets, particulièrement dans Vsprii du P. Eudes, qui voyait depuis longeiupH la nécessité qu'il y avait d'établir dans a ville de Caen une pareille maison. Il se k'^ieriiiina à y travailler tout de tKin, après |ue f cttc bonne femme l'eut encore une fois
(î) lluei, Anthimêéi de ta ville de Caeiu
eiharté â le faire, comuu^ il pass«iit encore devant sa maison avec les mêmes personnes dont nous avons parlé, et qui concertèrent dès lors ensemble des moyens qu*il fallait prendre pour ce nouvel établissement. L'on conclut qu'il fallait prendre une maison à louage : l'un promit de payer le loyer. Tautre de la fournir do meubles. H y en eut aussi qui offrirent de donner du IHé pour faire subsister ces pauvres filles. La maison fut louée, et, le 25 novembre \6kt , elles y Rirent renfermées sous la conduite de quelques filles dévotes.
Le nombre des pénitentes s'augmenta en peu de temps ; Le P. Eudes les visitait souvent, les consolait, leur donnait de bonnes instructions, et ne négi geait rien de ce qu'il croyait nécessaire à leur avancement spirituel et temporel. Il leur fit observer la clôture, et par la permis$i<Mi de Jean d'Ans;ennés, pour lors évéque de Bayeux,ron érigea dan^ cette maison une petite chapelle, où le P. Eudes et quelques autres de ses missionnair s disaient tous les jours la mainte messe et administraient les sacrements aux personnes qui y demeuraient. Enfin les ochevins de la ville, voyant l'utilité de cet établissement, y donnèrent leur consentement.
Le P. Eudes voyant que les filles dévotes qui s'employaient à l'instruction de ces pénitentes se désistaient facilement de cette œuvre de charité, à la réstTve d*^une de ses nièces, que ses parents, par inspirah'on divine, avaient associée dès Page de onzo ans à ces pieuses dames, il jugea à propos de donner la direction de ces pénitentes à des personnes religieuses, soit que Ton en fit venir de quelque monastère ou que l'on établît un nouvel ordre, où -les personnes qui y feraient profession, outre lt*s trois vœux de religion, en feraient encore un quatrième, de sVmployer à la conversion des pénitentes. Le dernier expédient fut trouvé le plus avantageux, et l'on obtint du roi Lun's XIIT des lettres patentes, au mois de novemlirc 16^2, par lesquelles Sa Majesté permettait d'établir dans la ville de Caen une communauté religieuse où l'on ferait profession de la règle de saint Augustin et un vœu particulier de travailler à Tinstruction des filles et femmes péuilentes qui voudraient s*y retirer pour un temps. Il v a bien de l'apparence que l'on mit d*aborii ces filles pcuitenles sou^ la conduite des religieuses do Notre- Dame du Kefuge; ei il semble que ce soit le sentiment de M. Uuet (1), évéque d'Avranihes. Voici ce qu*il en dit : « Cdle communauté prit d'abord le titre de Notre-Dame dri Refuge. Après la fondation de M. de Langrie, l'on reçut des religieuses d*un institut
frarâculier, emplo)ées à iat conversion et à a conduite des filles et femmes aspirant à changer de mœurs et à faire pénitence de l.urH dérèglements passés. Au mois de novembre 16^2, ces pénitentes obtinrent des lettres patentes qui leur permettaient de se mettre sous la con«luiie de cette commu-
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DICTIONNArKR DES OnDRES RELIGILDX.
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nnulé rplif^teiiso. » Ce irélaienl pas pout-ôlrc les inlenlions du P. Eudes : c'est pourqu.)! les mémoires que j'ai en main disent qne les bons drsseins itu P. Eudes furent d'abord iraYorsés, que l'ttn fil naître un grand nom* hro do difficultés qui paraissaient insnrmoBtables, mais que sa constance vainanit toutes ces oppositions, el qu'ayant dessein que lea relifçieuses do cet institut fussent formées selon l'esprit de saint François de Sales, il tra- Tailla avec M. et madame de Camill^ à obtenir de l'éTéque de Bayeui des religieuses de la Vi^italion pour les goarerner d'abord. En eiïet , la mère Françoise-Marguerite Patin fut choisie pour être supérieure» et elle arriva en celte maison le 16 août de l'année 16M» accompagnée de deux autres religieuses du ni^me ordre, el tirées du monastère qu'elles ont à ("aen.
Ce fut pour lors que Ton commença à exercer dans les pratiques de la vie religieuse plusieurs personnes de piété et de vertu, qui devaient consacrer leur vie à Dieu da:>s cet institut. Le P. Eudes travailla à dresser les règles et les constitutions de ces nouvolles religieuses conformément A celles de la Visitation, y ajoutani seulement quelque chose de propre à l'insliiut, suivant la fin pour laquelle il était établi. Il donna des règles pour les filles et les femmes pénitentes, voulant qu'elles eussent an appartement enlèrement séparé, et qu'elles ne fussent ja* mais reçues pour être religieuses, quoiqu'elles fussent parfailcmenl converties, et quelque talent et capacité qu'elles eussent. Il ordonna seulement que celles qui auraient voC'ition pour la vie religieuse seraient envoyées en d'autres maisons, où l'on pourrait les recevoir si on les trouvait capables pour ee!a, comme il est déjà arrivé à plusieurs, et que les autres seraient remises entre les mains de leurs parents, ou qu'on leur chercherait quelque honnête établissement.
Le bon ordre et la régularité que Ton observait en cette maison faisaient trouver à c( Iles qui s'y étaient retirées le joug du Seicneur doux et agréable, et elles éprouvaient le bonheur de leur état. Mais cette paix et cette tranquillité furent troublées par l'élection que l'on fit, au couvent de la Visitation, de la mère Marguerite Patin pour supérieure. Son départ causa beaucoup do douleur, rt pendant son absence les difficultés de l'établissement augmentèrent : ce qui obligea les deut religieuses de la Visitation qui y étaient restées de retourner en leur monastère. Elles laissèrent le gouvernement de la maisou à une demoiselle qui éta>t pour lors novice, nommée sœur Marie de l'Assomption de Ttiillefcr, qui avait eu la générosité de quitter son pays el ses parents en l'année 10*3, après avoir entendu prêcher le P. Eudes et vu les merveilles que Dieu opér;«tt par le moyrn de et homme apostolique. Elle lui découvrit le dessein qu*elle avait do se consacrer nu Seigneur; et il ne lui eut pas plulél parle de cet institut, qui nïtait
(1) Voy., ï la (in tl«i vol., n** 297 Cl 208.
encore qu'en idée, qu'elfe résotat de Tm». brasser. Elle en fut la pierre fondameotsie , ayant reçu la première l'habit de cet ordre au mois de février 16i5, et la seconde qui 1<* reçut fut la nièce du P. Kudes, de laquelle nous avons déjà parlé. Elle prit le nom de soeur Marie de la Nativité, et Yécut tonjoers dans une observance si exacte de ses règles et de ses constitutions, qu'elle a été sopërienfe pendant cinq triennaux.
Lorsque l'on délibéra sur la manière de rhablllement (1) que les religieuses deta en! porter, l'on convint qu'il serait blanc, pour signifier la pureté dont elles devaient fsire profession y pour combattre et détruire dans le coeur des pénitentes le vice qui y est opposé. Cet habit consiste en une robe, on sespolaire et un manteau, le tout de même couleur. Elles ont un voile noir pour couvrir leur tète, et portent sar le scapulaire oo cœor d'argent où est gravée eo relief rim.ige de la sainte VIerjge tcnaul l'enfant Jésus eotre ses bras, le cœur environné de deai branches, l'one de roses el l'autre de lis, et elles ne quittent point ce cœur, tant le joar que la nuit, pour se souvenir qu'elles d<>iveni avoir gravées dans leurs cœurs les iina* ges de Jé$us et de Marie.
La persévérance de la première novice fut éprouvée pendant plus de sept années, personne ne s'étant déclaré fondateur de ce monastère pendant ce temps-lâ. Mais , Tan 1650, M. Leroux de Langrie, président sa parlement de Rouen, s'en rendit fondateur, et Edouard Mole, évéque de Bayeox, qui s'était touiours opposé à cet établissement de* puis qu il était parvenu à cet évéché, dosu enfin son consentement l'an 1651, le 8 lévrier, jour dédié et eonsacré ao sacré Oror de la sainte Vierce. C*est pourquoi le saint instituteur a vouîn que l'on célébrât tous les ans, ce jour-là, avec beaucoup de solenaité, l'anniversaire de l'établissement, et que cette fête fût aussi titulaire de la congrégation.
Se voyant assuré d'un fondateur et in consentement de l'évéque, il sollicita et nouveau pour avoir des religieuses de Ij Visitation, (fu'oii eut beaucoup de peioe à obtenir; mais enfin la mère Margoenle Patin y retourna le 14 juin de la même anoée, et, le 18 de ce mois, les cérémonies de rétablissement furent faites par legrand vicaire de l'évéque de Bayeux. Le pape Alexandre Vil érigea cette congrégation en ordre religieux par une bulle du 2 janvier 1666, a li sollicitation des abbés du Val-Richeretdeb Trappe, qui étaient pour lors à Rome pov les affaires de leur ordre. L'évéque àe Bayeux, François de NesmonJ, ayant rffa cette bulle, témoigna aux filles de celle cos- ):régalion qu'elles étaient libres de retuorser dans le monde, les vœux qu'elles avaieni f lits jusqu'alors n'étant que simples. Il leor ordonna même de sortir do la clôture poar être examinées de nouveau sur leur vocation. Elles obéirent à leur prélat, mais iit« donner aucune marque d*inconslance dis
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le içciiércQX dessein qu'elles avaient entrepris : fidèles i celui qu'elles aviiient choisi l>our leur époux, elles demandèrent avec empressement de faire les fœux solennels. Te jour de l'Ascension fut choisi pour en faire la cérémonie, et ces innocentes fictimes s*eslimèrent heureuses de renoncer entièrement à la terre dans un jour que Notrc- Seicncur I avait quittée. L'évéque de Bayenx lé ébra la messe en leur chapelle; le P. Euifes y prêcha en présence de ce prélat, qui reçut les vœux de ces nouvelles religieuses. La mère Marguerite Patin continua de les gouverner jusqu'à sa mort, qui arriva l'an 16G8, et depuis od a élu pour supérieures des religieust s de cet institut, qui s'est multiplié par rétablissement que I on fit à Rennes l*an iVl^» Il s'en e»l fait un antre à Goin* gnmp, dans l'évécbé de Tréguier, en 1678, et un autre à Vannes en 1683.
Le P. Budes a roula que dans cet ordre la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie fût en particulière vénération. La fête du Cœur (le la sainte Vierge se solennise le 8 février. Elle a commencé l'an 161^, et a été approuvée par quinze tant archevêques qu'évêques de France, et autorisée par les souverains pontifes, qui ont accordé beaucoup d'induli;eures le jour de cette fête, aussi bien que pour celle du Cœur de Jésus , qui se eélèbre le 20 octobre. 11 j a des ufOces propres pour ce* deux fêles, qui ont été dressés par le P. Kudes. Il y a eu dans cet ordre plusieurs personnes qui se sont rendues recommandablet par la sainteté de leur vie, entre autres ta mère Marie de l'Enfant Jésus de Foulebleu, qui, après la mort de son mari, JeaA Simon, chevalier seigneur de Bois-David, capitaine aux gardes françaises du roi, se consacra au service des pénitentes dans le monastère de Caen, où elle est décédée en odeur de sainteté le 30 janvier 1660, avant qu'il eût été élaliii en ordre religieux par le souverain pontife.
Ces religieuses ont pour armes un cœur, sur lequel est l'image de 11 sainte Vierge tenant entre ses bras l'enfant Jésus et envi-» runnée de deux branches, l'une de roses et Taotre do lis.
M. Huet, évêque d'Avranches, Origines de la tille de Caen. Hermant, Hieioire de» Or-dret rellaieuXy tome J V; et Mémoire» envoyé» par la révérende mire Marie-Isidore Hellouin^ nujférieure du monaetire de Caen.
Le P. Hél^ot ne connaissait que quatre établissements de l'ordre de Notre-Dame de (Charité, savoir: ceux doCaen, de Beunes , lie Guîngamp et do Vannes; mais cet ordre s est beaucoup étendu depuis, et il est aujourd'hui plus brillant et plus répandu qu'il lie Ta jamais été. Si l'on éprouvait quelque étonnementde voir un institutdece genre établi ausiitêl dans une ville tellequeGuingamp, nui est au cenlred'un pays moral et religieux cl tenant un rang peu important dans la province de Bretagne, on devrait être encore plus surpris de ne pas le voir appelé à Paris, on rcieitice de son zèle paraîtrait si précieux cl si facilement utilisé. Il y fut appelé
par lo cardinal du No.iilles, ainsi que nou-« Tavons dit ci-dessus à l'article Madelo^nkt- TES ; nous donnerons ici plus de détails, et nous donnerons aussi un précis historique de rélahlisserocnl de la capitale depuis son origine jusqu'à ce jour. ,
En 17'20, le cardinal de Noailles se trou* vaut dans l'embarras de changer les ruiigiauses qui goovcruaicnt les filles pénitentes de la Madeleine, près du Temple , aprùs avoir essuyé le refus de plusieurs communautés de Paris, fut conseillé de demander des religieuses de Vordre de Notre-Dame de Charitéj dévoué spécialement au salut des femmes pénitentes, et d*en faire venir de la ville de Guingamp, où elles avaient un mo^ nastére, celles des maisons de Vannes, de Rennes et de Tours ( fondation récente ) n'ayant pu en accorder. Les liaisons particulières qui exiiitaient entre le cardinal de Noailles et l'évéque de Tréguier firent espérer au premier qu'il réussirait do cec6té-lè, Guingamp étant dans le diocèse de son ami. En effet, sans méofte consulter tu communauté, l'évéque de Tréguier promit ce qu'on lui demandait» et écrivit ensuite à ses religieuses, qui firent en vain, prés de lui et du cardinal, de nombreuses représentations pour motiver i^i refus. L'évéque donna des obédiences à cinq reliaieuses de chœur, savoir : la mère de La Grève, dite Marie du Cœur de Jésus, supérieure actuelle de Guingamp, pour être également supérieure à Paris ; la mère Loz, sa propre nièce, dite Marie de Sainte-Thérèse, pour assistante; la mère Chevalier, dite Marie de TAscension ; la mère Ledu-Dubot, dite Marie de l'Enfant Jésus ; la mère Bossinot, dite Marie de Sainte- Céleste ; et A nne converse, savoir la sœur Le Guiader, dite Marie de Saint- François de Sales. La supérieure » en acceptant , mit pour condition qu'on ferait A Paris l'établis* sèment d'une maison de son ordre. Les six religieuses partirent de Guingamp le 9 nvril 1720, séjournèrent quelque temps chcx leurs sœurs de Tours et arrivèrent le dernier jour du mois à Paris, où elles furent immédiatement conduites aux Madelonnettcs. 11 était huit heures du soir, les deux communautés, religieuses et agrégées, les leçurcnt à la porte, les conduisirent proces>lonnellcraent au chœur et au chapitre, où Ton chanta le Te Deum. Gependanl les religieuses pénit ntes de cette maison, surprises de les voir au nombre de. six et ne s'attendant puint à la réforme qui allait être mise dans leur maison pour le spirituel et le temporel, les tristes mets qu'on leur servit au souper leur firent deviner la dureté qu'elles devaient attendre de leurs hôtesses. Pour mieux comprendre leur position, il faut se rappeler que la maison des Madeionnetlee^ rue des Fontaines, à Paris, était composée dedeux classes de pénitentes, dont l'une étaitformée par de véritables religieus«*s professes, r.iutre par des filles agfégces, qui portaient un cosiume et suivaient une règle, etquMly avaitenoulrc len pénitentes , qui n*étaiont là que pour uu temps limite. Toutes ces femmes avaient eu
DICTlONNAlPiE DES ORDRES RELIGIEUX.
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pour les diriger successivement, les Visilautlines, les Drsulînes, etc., doot elles supportaient le jouff avec grande peine, désirant se gouverner elles-mêmes.
La Providence ménagea aui religieuses de Notre-Dame de Charité deux amies qui méritent d'être connues des lecteurs, car i*lles devinrent leurs protectrices et l'instru* ment dont Dieu se servit pour établir la maison de Saint*Michel à Paris. L'une de ces femmes yertueuses était la marquise de Cray , restée veuve i Tâ^e de vingt-deux ans, lorsque son mari, lieutenant général d'artillerie, allait devenir maréchal de France. Celte feixime d'un grand mérite, consacrant sa viduité è la retraite, était pensionnaire enchambre an couvent des Madelonncl- Ses. bile se lia bientôt avec les religieuses arrivées de Bretagne et leur procura !a connaissance et Tamilié de mademoiselle de Chausserais. Celle-ci avait aussi au couvent des Madelonoeltes un appartement avec issue hors la clôture, mais elle demeurait ordinairement à sa maison de Madrid, à une lieue et demie ile Paris. Fille du marquis de Chausserais , douée d'un esprit supérieur, édifiante par sa conduite, mademoiselle de Chausserais s'était concilié l'estime de la cpur dé Louis XIV et du roi lui-même, qui lui fit bâtir, quand elle se retira, une jolie maison dans la cour du château de Madrid, et surtout de la duchesse douairière d'Orléans, dont i Ile avait été dame d*honueur, et qui lui faisait trois visites par semaine A Madrid. Ou regardait comme un avantage d'être protégé par c< tie femme remarquable, qui s'était donné lo droit de remontrance au régent. Trois mois après leur arrivée, les religieuses de Notre- Dame de Charité virent A la Madeleine celte demoiselle prévenue eu leur faveur par la marquise de Cray. Le cardinal se trouvait en même temps à la maison, mademoiselle de Chausserais lui dit qu'il fallait garder pour toujours les nouvelles religieuses à Paris, et qu'elle contribuerait avec Son Eminence à leur établissement. La chose eut lieu bitntôt, comme nous allons le voir; mais il faut remarquer auparavant tout ce qu'eurent à souffrir les mères qui gouvernaient la Madeleine. Elles rétablirent l'ordre dan4 le moral et le temporel de cette maison ; mais elles suscitèrent contre elles leur propre confesseur, que liçs religieuses et agiégées pénitentes de la maison avaient fait entrer dans leur complot; et même la relii;ion de l'abbé Dorsaime, grand vicaire et leur supérieur, fut surprise. L'affaire s'apaisa à leur juslificaiioH et à leur avantage. l'n l'22J, elles demandèrent leur retour à (iuingainp. Le cardinal les exhorta à la patience. Plus tard, voyant la lionne volonté de inadeiiioisrlle de Chausserais reiroidie, elles demandèrent leur départ avec plus d'instance, pensant avec raison que ce serait le moyen do hâter l'cxéculion de la promesso pour l'éluLlissement de Paris. Il enarri\a Ci^mmf* elles avaient désiré et prévu. On leur offrit de les intioduire dans une des mai&ous de Pénitentes déjà élablie^^ria s sans
leltres patentes ; elles refusèrent de se rendre à ce procédé indélicat et injuste. Mademoiselle de Chausserais chargea son intendant et M. Legrand, curé de la Sainle-Cbapelle, de lai chercher une maison pour faire rétablissement, tandis qu'elle-même demanderait des lettres patentes. Tout réoisit, malgré de nombreuses difficultés. On a< heta • des deniers de mademoiselle de Chausserais, une maison bourgeoise dans la rue des Postes, près de la rue de l'Arbatète, i gauche en quittant cette dernière rne et dans la place occupée depuis par lacommonaulé des dames de rimmiculée Conception, ires.ue en face de la communauté actuelle des religieuses de la Mihérico de. Deux des religieuses venaient chaque jour de la maison des Madeloii nettes faire travailler les ouvriers qui mettaient le local en état de recevoir celles qu'on attendait de Guingamp. Le 24 juin 1724, eles arrivèrpot au nombre de ux. Dès le 20, l'abbé Oorsanne avait béni la maison et la petite chapelle, cjui fui dédiée sous l'invocation de saint Michel. Le duc de Noailles voului titrer de ce nom le nouveau monastère, parce quMavait de la dévotion A saint Blicbel, it surtout parce que sous le titre de Hrligieuses de la Charité on aurait pu confondre les Eudistes avec des communautés oa des Dames de la Charité. Les mémoires manuscrits do la maison de Saint-Michel rap* portent une prédiction faite, ea 1685, i la jeune de La Grève, qui lui annonçait qu'elle deviendrait une- pierre fondamentLle dam l'instit.t, et fondatrice d'une maiAon de l'ordre à Paris.
La maison de la rue des Postes n'était que provisoire dans la pensée de tout le momie, et la communauté fit toujours des recherches pour s'établir plus grandement. Elle fit même successivement quelaues acqnisitiuDS,
3ui, résiliées plus tard, lui occasionnèrent es dettes, dont le malaise se fit toujours sentir. Nous signalerons surtout l'achat irréfléchi de l'abbaye de Sainte- Perrine, à la Vil* lette, abandonnée par les chanoinesses qui se retiraient à Chaillot.
L'établissement do Paris reçut plusieurs sujets remarquables, entre autres la nièce de mademoiselle de Chausserais. L'intérêt que cette demoiselle avait porté à la fondation des religieuses de Notre-Dame de Charité était d'autant plus admirable qu'elle avait une sorte d'aversion pour lesreligieni et le.i religieuses, au poiut qu'on n'osait parler de celles-ci devant elle. Cela venait sans doute d'un mélange de jansénisme à sa piété plus ou moins solide, et nous le croirions d'autant plus voloutiers que le testament avantageux dont elle avait fl.ittô ses protégées fut changé à l'époque de sa mort, et cela par l'influence du prêtre janséniste qoi la coiifessi.it.
Quoique cunsolidée, la maison de Saint-Michel, qui avait des pénitentes et remplssail son qualrièmo vœu, ne fut jamais bien nom* brcuse et éprouva jusqu'à lin la géiiecau»c« l^r 11 s dettes dont nous avons parlé
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L'orage ré» ulutionnairo Tint frappor cet ordre comme lous les autres instituts religieux. Les commissaires de rassemblée na* lionale» section de rObserfaloirCt posèrent les scellés dans la maison de Saint-Michel» et signiOèrenI aax religieuses d*en sortir sous huit jours. Celles-ci louèrent une maison sur la chaussée da Maine, près de la barrière , et s*y rénniren*. au nombre de seize; cinq prirent une autre détermination sous divers préteites. Les religieuses dans leur petit établissementobservèrentleurièglelc mieux possible. Elles étaient si paurres, qu'elles manquaient de tout et Iravaillaii'ut nuit et jour pour a? oir de quoi subvenir aux premiers besoins de la rie. Celles qui ne pouvaient coudre, à cause de leur grand âgCf allaient dans la campagne rama^^ser du bo?s et glaner dans la saison. Un homme charitable', vojant que c'étaient des religieuseSt leur donna du blé» du pain et des légumes, et leur dit de venir toutes les semaines en chercher autant.
H } avait alors dan^ la communauté une les mères nommée Marie du Cœur de Jésu<» it La Grèce f vraisemblablement de la mémo famille que celle dont nous avons parlé au commencement de la fondation. Comme elle ptait de famille noble, l'autorité l'eifla i Uuntrouge, où d*ailleurs une grande latilu- Je lui fut lais!iëe, et ses sœurs prirent soin l'elle. Au reste la petite communauté nomade avait à peu près tous les secours spiri* Luels qu'elle lecevait auparavant dans la rommunauté. En 1799, ayant perdu leur lupérieur, M. Tabbè Lemoiue, elles demandèrent M. Duclaus du Poget, qui leur a continué ses soins josqu'oii 1818. La même année elles élurent pour supérieure la rnère Dnquesne, dite Marie de 1 Enfant Jelus, et Cette élection fut confirmée au nom de Mgr de Joigne. Dès le 21 juillet, trois podtulantes prirent l'habit dans la petite communauté, qui portait, à ce qu'il parait , fcon costume monastique. L'année suivante, uoe autre postulante prit l'habit, et deputs lors, des sujets furent reçus, mais les supé* rieurs ne permettaient à lu profession que des vœux iimples^ peut-être veut-on dire par ces mots des vœux temporaires.
Nous citerons encore un fait qui, apparienantàcet ordreen particulier, apprend néanmoins ce qui se passailquelquefois alors dans les autres coogrcga tion^t , et (ail épisode à This* loire du temps. La mère Marie de l'Enfant Jésus allait à la balle, portant on panier. Les marchandes de poissons lui donnaient par chanté, Tune du merlan, l'autre des morceaux il*anguille;d*aulres marchandes lui donnaient du beurre, des légumes, et en lui donnant ces diverses choses» Mes lui disaient tout bas : I Priez pour nous, car nous voyons bien que vous êtes religieuse. » Un jonr la petite communauté n'avait que trente sous» et la mai* son ne possédait ni pain, ni beurre, ni abiolument rien pour le diner. La sœur Marie de TEnfant Jésus, se confiant en la Providence, résolut d'aller à la haie, et quoiqu'elle dùl à diverses marchandes cl que la
tauvrcté de ses vêtements ne fût pas capale de lui obtenir on nouveau crédit, à peine les femmes de la halle la virent-elles, qu'elles lui crièrent: « Viens, ma cocotte, il y a longtemps qne nons ne t'avons vu**. C'est parce que tu n'as pat d'argent pour nou» payer, n'est-ce p ;s ? Viens tout de même, tu ne nou4 dois plus rien. D puis que nous te donnons, nous vendons mieux n En parlant ainsi, ces bonnes femmes lui donnèrent tant de marchandises, qu'elle fut obligée d'en mettre la moitié chez onc personne de sa connaissance- Pendant que cet acte de charité bruyante avait lieo , une personne charitable avait envové à la communauté du pain, de la viande, do lait, de la farine, des œufs, du beurre. Un marchand de vin, voisin de la maison, leur donna du vin. Une dame leur donna 500 fr. pour p .ycr un semestre de leur loyer. Ainsi Dieu console quelquefois ses amis avec abondance de faveurs. Mu» souvent il prolonge leurs épreuves sur la terre.
En 1802, le cardinal Caprara et l'arcbevè» que de Paris permirent à one des religieoses de porter 1 habit sécnlier et de sortir de la clêtore pour les affaires de la maison. Quelques jours élaient eiceptés de cette dis* pense.
La mère Dnquesne, après trois ans passé» dans les fondions de supérieure, fut élue de nouveau et continua jusqu'à sa mort à jouir d'une ffrande considération dans one mai* son qu'elle avait, plus que loote autre peotêtre, conti iboé à rétablir et consolider. Elle fut cependant impl.quée dans one affaire fâcheuse, qui devait amener nécessairement des préventions funestes à son monastère. Une conspiration contre Boonaparte avait compromis quelques personties, qui cherchèrent tous les moyeus d'échupper au danger qui les menaçait. Un des principaux conjurés connaissait une dame pensionnaire do la maison provisoirede Saint-Michel, qui ne pouvait encore être soumise à une clôture absolue. Ce conjuré se cacha pendant vingt-quatre heures peut*être dans cette maison , et évidemment la complaisance de la mère Dnquesne se prêta à cet acte de charité. La police fut instruite de tout. Plusieurs des conspirateurs furent arrêtés, et la mère Duquesne elle-même fut mise eu prison. L'instruction et les débats du procès pronvèreut qu'elle n'avait rien fait dlllégal, l'homme caché dans sa maison n'y ayant point demeuré le temps nécessaire pour qu'on fit légalement la déclaration de son séjour, etc. La mère Doquesne fut acquittée. Le plaidoyer remarquable de son défenseur a été imprimé, ainsi que toutes les pièces de ce procès qu'on peut consulter.
Dieu permit que la maison de Saint-Michel n'en souffrit point. Buonaparte même accorda son estime et one sorte d'attachement particulier à la mèrt* Duquesne, dont l'établissement eut part aux bienfaits que le gouvernement impérial accorda, en 1808, à un grand nombre d'établissements de charité. Les re-
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IHCTSONNAme DES OnDRRS URLIGICIjX.
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Jigieaftei 9*él;iien( élabUes dans Tancien monattière des Vitîtandinet de la rue Saint- Incqaes, od elles sont aujoard'hoi et auquel files ont porté le nom de monastère de Saint- Michel» sous lequel S(*nl il esl actuellement connu. Elles étaient alors au nombre de vingt-neuf ^t jouissaient déjà d*un secours annuel do 8100 fr. donné par le gouvernement impérial.
Après la révolntton de juillet 1830, M. do Qiiélen, en butte à la haine de l'esprit irréligieux qui régnait alors, a?ait ru le palais nrcliiépisropdl détruil, et s'était vu lui-même réduit à chercher quelque part une demeure. Ce prélat logea surtout en deux communautés rell'i^ieuses, celle du Sacré-Cœur, rue de Varennes, et celle de Saint-Michel. Dans celte dernière maison, où il a séjourné d'abord et longtemps (ce qui valut à l'établissement visite et rexatlon du commissaire de police du quartier), il était accompagné de son yicaire général, l'abbé Desjardins, qui y mourut, et auprès duquel nos affaires nous ont souvent appelé nous-méme dans l'inlérienr du couvent.
Aujourd'hui la maison de Saint«Micbel, toujours dans un état prospère et édifiant, a pour supérieure la révérende mère *'*, appelée de rélablissemetit de Saint-Brieuc.
C'est A cette dame pieuse et méritante que nous avons obligation d'une partie des faits historiques consignés dans cit article additionnel.
La maisoti de Guingamp, d'où était venue la colonie de Paris, était connue sous le nom de Montbareil» et elle continua ses œuvres charitables jusqu'A l'époque de la première révolution française. Les religieuses qui l'habitairnt furent expulsées de cet établissement le 2 octobre 1792, et reçurent défense de se réunirailleurs. Cependant, après auelquos années, ou permit à quelques-unes e se réunir à Quintin. Klli*s conservaient le désir et longtemps gardèrent l'espérance de rentrer dans la maison de Montbareil. Vivant sans clôture, elles édifiaient la ville en convertissant quelques filles égarées et donnant l'instruction aux petits enfants des deux sexes dans un local spécial A chacun. Les habitants de Quintin, ayant acquis par souscription leur ancien couventd'Ursulines, ToiTrirent aux religieuses de Montbareil, qui, gardant leurs espérances, refusèrent et engagèicnt même les Ursiilines à le reprendre, promettant de les seconder et d'aller même prmdre leur demeure provisoire dans leur couvent restauré, en y louant des cellules ; ce que Tune fit immédiatement, ce que les iitttres auraient fait, si la Providence n'avait conduit ailleurs leur existence et l'exercice de leur lèla, de la manière que nous allons faire connaître.
M. Cafarellt, évoque de Saint- Bricuc, voyant des commuiiau es se restaurer dans son dioci^se, était peiné de n'en point avoir dans sa ville épiscopale, et fit, avec raison, des efforts pour y en établir. Ces efforts so portèrint d'abord du côté des Ursulinev, et il Iraita avec la H. M. Méiauic de Kcrvôgant,
femme expérimentée, qui s*aperçut iHcniàt que le prélat ne s'entendait guère aux éta- Missem>*nts de religieuse^, et qui, pour ne pas se compromettre avec lui et fuir la supériorité qu'il sembfait lui destiner, s'agrégea, ain<i que sa sœur, k la communaulé de Quimperlé, d';j:i rét iblie. Néanmoins le prél.it, qui du moins n'était point impérieux et conservait toujours le même désir, fil des tentatives du c<^ic des dames de ranrieniie maison de Montbareil. La ma son des sœurs de la Croix de Saint-Brieuc avait élé vendu** comme propriété nationale. Un acquéreur était disposé h en revendre un tiers» qui fasait sa portion; les anciennes propriétaires ne voulaient et ne pouvaient point se contenter de cette portion rétrécie. Sur le refus des sœurs de la Croix et même sur leur invitati.>u, les religieuses de Montbareil, de concert avec M. Cafarelli, rachetèrent cette por« lion de maison et s'y établirent, voyant qu'elles n'avaient |)los i'espéranre de rentrer dans leur ancienne propriété , qui pourtant n'avait point été vendue. Cette acquisition n'eut lieu qu'après des difficultés nombreuses et au bout de plusieurs années de tentatives. En attendant l'achat de celle maison ou de tonte autre, les religieuses venues de Quintin prirent A loyer une maison où elles passèrent deux ans vi firent leurs premières élections. Le 29 septembre 1808, elles s*y trouvèrent au nombre de douze, les premières étaient arrivées quelques jours aupara^ vaut; le 11 octobre leur oratoire fat bénit par M. Ptoyd, et on y laissa le saint sacrement. Les élections curent lieu le dimanche 21 novembre suivant. Elles furent précédées de quelques difficultés élevées par Tévêque»
3 ni, croyant, pour ainsi dire, avoir affaire à es demoiselles séculières pieuses, qu'il aurait à façonner à la vie religieuse» voulait leur donner un habit uniforme, noir, avec une petite coiffure comme celle des veuves du pays. Elles n'y voulurent point consentir et rappelèrent qu*elles avaieot un costume de leur ordre, qu'elles prendraient quand e les pourraient garder la clôture; car elles allaient aux offices des églises, et le costume monastique blanc était trop saillant aux yeux des habitants de Saint-Brieuc, qui n'avaient jamais eu de relgieuses vêtues ainsi. L'évéquc éleva d'autres diffieulié^ sur les règles et la rénovation des vœux, et leur de^ mandait un abré^édeleurs constitutions. Les stpurs lui montrèrent le livre même des coostitulions, disant qu'elles s'y conformeraient en tout ce qui serait possible. Non, point rela, disait l'évêque; réduisez-les i un abrégé; dites quel sera l'ordre et montrez-moi la règle que vous vous proscri -e.*, et je l'approuverai. Les sœurs voyaient qu'il ne concevait pas ce que c^étail que des reti[(ieoses. Malgré la peine qu'elles en ressentaient, elles firent un certain règlement des exercices selon les constitutions, le montrèrent à l'évêque, qui s'en contentael v fit ajouter use formule de renonvellemcnt des vœux, qui le reconnaissait comme supérieur immédiit eC
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li faisaîî promesic d'ohéîssnnre ; rnr îl vmi* lit ccllt* obéissinnce des religieuses. GellfSi j cnnsentîrent, maïs avec peine, craignant ▼ec raison qup Tévéquo, partant de celte iilorté excessive rntre ses mains, ne les blgeât 00 è quelques charges qui ne seaieiit point de leur profession, ou è démener dans le petit local qu*cllcs occupaient rovisoirement.
Elles firent à lt*ur tour des objections et
eprésentations fondées, neconsentant à faire
es vœux que pour on an, lesquels encore
'auraient que If sens donné par leurs cou-
litutioos. L'évéque, apaisé par la sœur
ainte-Scolastiqoe, consentit, malgréla peine
o*il éprourait. A la cérémonie des élections
6^ religieuses prirent leur costume roonasU-
{Oe et se tinrent dans la salle attenant à
oratoire. L*évéque, entrant avec des ecclé*
iasliqoes, fat frappédecespeclacleinattendo
oi loi causa de la joie et une sorte de res-
ect pour les religieuses. Les suffrages se
énnireni en faveur de la mère Corbel^ dite
farie de Saintc-Scolastique. C'était elle qui
ivait eu le plus de part aux soins, aui dé-
narches qu il avait fallu faire pour Tétablis-
ement de Tinstitut à Saint-Brieuc, et la re-
onnaissance de ses sœurs lui donna, ainsi
iu*à Taotre triennal, cette marque de con*
lance, quoiqu'elle n'eût ni l'iostraction ni
'expérience nécessaires poor cette haute
>osition, el elle s'acquitta forl bien de ses
obligations. La maison que la petite com-
nonauté tenait i loyer appartenait à l'estl*
nable famille Sebert, qui mootra les meil-
eures dispositioos en faveur des religieuses,
os secourut de ses services et de ses ao«
DÔnes, leur donna une de set filles pour poe-
ulante (la deuiième do noorel établisse*
nent), et mérite d*étre signalée ici à la re<«
onnaissance do diooèce de Saiot-Brieuc.
Cependant les religieuses, logées étroite» nent, soupirant toujours après Montbareil, ollicitécfl par . leurs ssurs des maisons de i^annes (à la Chartreuse) et de Rennes peuaient à se réunir aux premières et traroaienl eules leur petit complot, quand un jour un cune ecclésiastique du diocèse, M. l'abbé Vesvaux, devenu depuis grand vicaire et tffîciat, et actuellement chanoine de Notre- Mme de Paris, ayant eu communication de Rur projet, en prévint l'éTéque, qui se liAta t'oQvrir une souscription dans son chapitre, t engagea immédiatement la communauté à oTiclure l'achat de la maison des sœurs de il Croix, ojl elles sont aujourd'hui, ainsi que lous l'avons dit. Elles y entrèrent le lundi es Rogations de l'année 1810. Le 29 déceni» To 1812, elles donnèrent rhabil A leur pre-« iiière postulante» et ce joor est celui qu'elles prennent pour date de l'instnllr'tion dans établissement. La veille, lévéque avait dit » première messe à l'église qu'un venait de acheter d*nn autre at quéreur. Tout ce jour, e télé prélat n*avait cessé d'y travailler, liant jusqu'à prendre le rabot pour faire ▼;incer l'ouvrier qui mettait (aux frais de 'évéque lui-même) des baguettes dorées aux eux tableaux du retable.
La maison de Hennés, comme on Ta yti dans le texte d*H6Iyof, était une des premières fondations de Tordre. Elle sera la dernière dont nous rapporterons la restaurition avec quelques dét lils. Celte rcst;iurntion est due au zète de la mère Hetliard d'An- I erteuil, dite Marie de S;iinte-Ei]génic, el connue à Rennes sous le nom de la mère Eugénie. Nous avons entendu dire dans celte ville que la maison de Saint-Cyr lui arailété irccordéc par Buonaparteâ l'occasion d'un berceau riche et précieux, travaillé par les soins et les mains de ta mère Eugénie, et envoyé par elle au roi de llomc. Mais il est impossible qu'il en ait été ainsi, car le prétendu roi de Rome naquit en 1811, et la mère Eugénie habitait dès lors, et depuis plusieurs années, la maison de Saint-Cyr. Cette mère Eugénie, que nous avons vue nous-mémc, n*avait pas, dit-on, tout ce qu'ilfallaitdc prudence et de tact pour le succès de l'œuvre à laquelle son zèle l'avait portée» etqoi a pourtint rénssi. L'ancien établissement des religieuses de Notre-Dame de Charité, è tiennes,
était cet te maison dite de laTrinité, située près de la cathédrale, rue de la Monnaie, dans laquelle des prêtres fidèles furent incarcérés pendant les orages de la première révolution, laauelle fut depuis, jusqu'en 1820, le grand séminaire diocésain, oo nous avons pris nout*ménie l'habit ecclésîasiique. Cette maison aujoord'hoi est entièrement détroite, et le lieo qo'elle occopait est une rue el mie place publique. La maison de Saint-Gyr, à rextrémiié d'un faubourg , était fun des deux monastères que les Calvairiennes avaient à Renues. La mt^rn Eugénie se procura donc cette maison ; mais ses anciennes compagnes, effrayées des dettes qu'elle avait contractées et chu )Uées du titre de fondatrice qu'elle avait pris ou obtenu, ne voolaient point se réunir à elle. M. Enoch, évé* que de Rennes, pour consolider l'établisse* ment, s'adressa et demanda une religieuse à Madame - mère et au cardinal resch.
Ceux-ci voulurent que la religieuse qu'oo enverrait à Rennes fAt tirée de la mais<»n do Paris, à laquelle en conséquence l'évéque ca fit la demande.
M. l'abbé d'AsIros donna obédience pour cette translation à la mère d*Epry, diie mère de Sainte-Pélagie, qui reçut aussi une accep* talion et permission de l'évéque deRenncy»
3 ni la nommait supérieure dans une céilule ont nous avons tu la teneur. La mère Sainte-Pélagie trouva la maison dans le plus grand dénuement et endettée de 32,000 fr. Elle ne perdit point courap[e, et s'adressa ao préfet du département, qui loi allooa un secours. Madame -mère lui donna aussi une aumône, et Buonaparte, sur le vu d'une requête, alloua sur le budget des cultes ua secours annuel de 1^,000 tr. , continué juf.qu'à ce jour et doublé. Les sujets ne venaient point augmenter la communauté; la restau* ration des Bourbons, <}oi fut une occasion d'élan è tant d'autres etablisseuients. ne lit aucun mouvement sensible où stable à ci lui de Uenucs. Ccpendaut, nous voyous dan» le
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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
il»
lablcaa des as^ocialions déchanté qai dépotèrent ao chapitre général cooroqué par décret da 30 septembre 1817, que les Dames du Refuge de Rennés sont au nowUnrê de douze; qa* élite demandent la mmeon de Sainte Cyr pour leur établiesemeni , vu qu*elletê payent le loyer de ta maison qu*elle$ habi-tent.,. Qqoi qa*îl en soit, les sojets manquaient â cet élablissement. OnenOt fenirde fa maison de Gaen, en 1818, et noas rimes, à Lonvigné-du- Désert, la colonie de quatre religieuses qu'on envoyait, et qui se retireront au bout de quelque temps. D^anciennes religieuses de la maison de la Trinité consentirent à se réunir à Saint-Cyr, et proposèrent à la mère Sainte-Pélagie de faire une élection. Celle-ci leur répondit qu'elle était supérieure et qu'il n'était pas nécessaire de faire une élection. L'évéque de Rennes, qui était alors M. Charles Hannay, se mêla de l'affaire, et la mère Sainte-Pélagie demanda son retour à Paris, où elle revint le 20 janvier 1821. On Gt revenir à Saint-Cyr quelques mères de la maison de Caen, quelques anciennes de Rennes se réunirent à elles. M. Mannay les installa solennellement, reçut la rénovation de leurs VŒUX, et M. l'abbé Garnler,son grand vicaire, depuis évéqne de Vannes, fil un beau discours à cette cérémonie, dont nous fûmes témoin, et dans laquelle NOUS remarquâmes que la mère Engénie ne renouvela point ses vœux. Les reli- Î^ieuses de Rennes Horent pour supérieure a mère Vauquelin^ dite de Saint -Ambroise, et depuis lors leur maison, qui nous avait paru si dénuée, a obtenu un étal prospère.
Enfin, la quatrième maison nommée par le P. Hélyot est celle de Vannes. M. l'abbé Deshayes, mort supérieur des Missionnaires de SaintLaurent-sur-Sèvre, et si connu par son zèle et ses bonnes œuvres, les réunit, après la révolution, à la Char* treuse près d'Auray, où il était alors curé. En 1811, un décret impérial approuvant la maison de Saint-Brieue dont nous avons parlé, fut refusé è celle de la Chartreuse, iiui se dispersèrent celte année-là, parce que M. Deshayes, voulant que la maison prit soin[des sourds-muets, exigeait que les jeunes religieuses missent tout leur temps à l'étude des sciences qui les rendraient aptes à celte bonne œuvre. Cinq des religieuses se retirèrent à Saint-Brieuc. L'ordre de Notre-Dame de Charité est aujourd'hui bien plus étendu qu'autrefois. Outre les maisons de Caen, de Rennes et de Guingamp (à Saint- Brieuc), de La Itorhelleet de Tours, qui ont été rétablies» rinstttnt a aujourd'hui des éliiblissenienls à Toulouse, à Nantes, i Lyon, à Versailles, à Marseille, à Valence, a Besançon , à Blois , à Montauban et au Miins.
Nnus croyons ces trois derniers plus nouveaux que ceux qui les précèdent. Le monastère de Tours a envoyé une colonie à Angers ; mais cet établii^semenl d'Angers, connu sous le nom de Maison du Bon Pasleur d'Angers, s'est sé()aré des autres, s'est
constitué chef-lieu d'une nouvelle branche, avec généralatdans la personne de la sopèrieure d*Angers, et une légère modificatiot dans le costume. Le pape a approuvé cette congrégation nouvelle, qui a en une prompte extension et dont nous dirons l'histoire dass notre SopplémenI ; mais les anciennes maisons tiennent à ce qu'on lasse bien la distinction qu'il y a euire elles et la famille d*Angers. La nouvelle fondation da Uani était de la Cliation d'Angers; mais elle a quitté cette observance particulière pour rentrer dans la corporation des anciennes maisons, avec lesquelles elle a établi la correspondance commune.
Celte correspondance est on osage qoi devrait être établi entre les maisons des antres ordres. Les maisons de Notre-Dame deChan'é s'écrivent les unes aux antres des Irttres dont nous avons vu un très-grand nombre, et y consignent tout ce qui se passe d'isteressaut dans leurs maisons. Le recueil de ces lettres, s'il était donné au pablic.furmerait un volume i la fois édîGant tî épiso« dique.
C'est un grand avantage pour l'ordre de Noln-Dame de Charité que d'avoir, ainsi que les Eudistes, propagé le premier U devo'.iun au sacré Cœur de Jésus et auparavant la dévotion au sacré Cœur de llarie, aujourd'hui si répandue parmi les fidèiei, et qui fait l'espérance c^a'ont les hommes sensés et religieux de voir la foi se maintenir en France au milieu de tant d'orages.
AnnaleM manueerilee de Vaneiemne aiaîiea de Paris. — Item de la noutelie. — Benêtignements fournis par la révérende Mire *", supérieure de la maison Saint^Miehel^ à f erù, professe de la tnaison de Saint^Briau. — Mémoires de philosophie^ d'histoire^ 4t morale et de littérature^ tume IV. — Comtpondante de plusieurs communautés de Verdre, — Histoire manuscrite de la maison de Saint-Brieuc. B* o -x.
NO I lie- DAME DE SAINT-PAUL (Rrucicc-
SES BÉNÉDICTINES RÉPOnUÉBS DBJ , pTri
Beaarais^ avec la Vie de de la R. Jf . Modf leine d*Escoubleau de Sourdis, leur réformatrice.
L'abbaye de Notre-Dame, eommanémrnl appelée de Saint-Paul à cause qu'elle est liluée dans un village de ce nom à une liens de Beauvais, est une des plus anciennes el des plus célèbres de France. Elle fut fan«lée par Chilpéric, roi de France, vers T^in 580. On ne sait rien des premières abbesses qoi l'ont gouvernée jusqu'en l'an 662, si ce n'est que sainte Aneadresme y fut envoyée par saint Ouen, archevêque de Rouen, ponr en être abbesse; et on n*est pas mieux instmit de ce qui est arrivé à celle abbaye depob U mort de cette sainte, qui arriva Taa €87, jusqu'en l'an 860 , qu*elie fut eotièreroest détruite par les Normands, dont les religieuses évitèrent la fureur et la barbarie n se réfugiant dans la ville de Beauvais st^ le corps de sainte Angadresme. C«*mmeil nj avait point d'apparence de les voir bicniôl
ir;
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