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re(i). Les Sœors sont Tétoes plus proprement, mais modestement» i peu près comme les Pilles de rUnion Chrétienne.
HennaBl, Hist. des Ordres religieux^ tom. lY ; êi les Statuts et Règlements des Ecoles CkritiemiMi et tharitables , imprimés à Paris Van 1685.
ÉCOLES PIEUSES oo ÉCOLES PIES (Clcrgs
léODLIBRS PACTRES DB LA MlCRB DE DlBU, DITS des).
De la congrégation des CUres Réguliers Pau* ores de la Mère de Dieu des Ecoles pieuses^ atec la vie du vénérable P. Joseph Casa^ lanZf leur fondateur.
Entre les éloges que les sourerains pontifes ont donnés à la congrégation des Clercs Réguliers Pau? rrs de la Mère de Dieu, ils l*unt appelée un institut pieux et recommandable, un institut digne de louanges, un institut fort uti'e à la république chrétienne, et un ou?rage d'une charité éprouvée et d*une éducation parfaite. Et Tordre de Saint- Dominique, poor montrer l'estime qu1l faisait aussi de cct'e congrégation, ordonna, par on décret du chapitre général de Tan 16é6,à tous lesprovinciaus de l'ordre, d'avoir beaucoup de rc^pecl et de vénération poor les Clercs Réguliers de cette congrégation, et d'en procurer autant qu'ils pourraient le
Krogrés et l'avancement, ce que firent aussi H religieux conventuels de l'ordre de Saint- François 9 dans leur chapitre général de l'an 1695.
Joseph Casalanz, fondateur de ces Clercs Rentiers des Ecoles pieuses, naquit à Pé^ ralte de la Sal au rovaome d'Aragon, le 11 septembre 1556, de dom Pierre Gasalanz et de Marie Gaston, tous deux également nobles , alliés aux premières maisons du rojaumOy et qui joignaient encore A leur noblesse beaucoup de piété, H reçut au baptême le nom de Joseph, et fit paraître dès ses plus faibles années les fruits de la bonne éducation qu'il avait reçue de ses parents. Etant parvenu A un âge plus avancé, il fui envoyé aux écoles pour y apprendre les lettres humaines, et après avoir fini ses humanités il fil ses éludes de philosophie et de droit dans l'universilé de Lérida, comme la pins proche de Péralte, et qui n'en était éloignée que de six lieues. Il alla ensuite à Valence pour y faire son cours de théologie ; mais il ne demeura pas longtemps dans celte Doiversité, car une dame de considération chez laquelle il allait, ayant conçu pour lui un amour déshonuéle,et ayant voulu donner atteinte A sa chasteté, il abandonna Valenrd poor éviter ses poursuites, cl alla continuer &a ihéolozie dans l'université d'Alcala d'Ucnnarés, ou il reçut le bonnet de docteur.
Dans le temps qu'il étudiait dans cette université, son frère aine mourut, après avoir vécu trois ans dans le mariage sans laisser il'enfaut.4, ce qui avait porté sbn père A le solliciter de revenir A Péralte, afin de l'cnga-
m V9^.,àlartuduvol.,n*20.
ger dans le mariage, le regardant comme le soutien de sa famille, étant le seul enfant mAle qui lui restât. Mais Joseph Casalanz, qui avait bien d'autres pensées et qui ne songeait qu'A se donner a Dieu, appréhendant que son père ne le violentât A suivre ses volontés, auxquelles il avait toujours été soumis, ne revint point A Péralte. Après avoir pris ses degrés dans l'université d'AU cala, il alla A Jacca, où il demeura pendant deux ans avec l'évéque de cette ville, dom Gaspard Jean de la Figoera, en qualité de son aide d'étude. Comme ce prélat, qui avait enseigné dans l'université de Salnmanqne, était un des plus savants de TBspagne, Casalanz profita beaucoup de sa conversation; il aurait même souhai'é drmeurer plus longtemps avec lui, mais il ne put enfin résister aux sollicitations de son père, qui le voulait avoir auprès de lui.
Il revint donc A Péralte; mais il demeura toujours constant dans la résolution qu'il avait prise de ne point s'engager dans le mariage. Son père lui en faisait tous les jours de nouvelles propositions; mais il les éludait par les difficultés qu'il faisait naître sur les partis qui se présentaient, espérant qu'A la fin il pourrait obtenir le consentement de son père pour prendre l'état ecclésiastique. Pour cet effet il se recommandait jour et nuit A la sainte Vierge, qu*il avait prise pour son avocate auprès de Dieu, afin qu'il lui plût de toucher le cœur de son
f»ère : il ajouta A ses prières et A ses oraisons es jeûnes, les veilles et les austérités, afin de pouvoir plus facilement obtenir de Dieu cette grâce, qui lui fut enfin accordée; car il tomba dangereusement malade, et se voyant abandonné des médecins, il pria son père de lui permettre de recourir aux remèdes divins, puisque les remèdes humains étaient Inutiles. Son père, les larmes aux yeux, j consentit, et dans le même temps casalani fit VŒU A Dieu de se faire prêtre s'il lui rendait la santé. Comme Dieu le destinait pour être le fondateur d'une congrégation religieuse, il loi accorda la santé qu'il demandait; car à peine eut-il fait son vœu, qu'il commença A se mieux porter, et, ayant entièrement recouvré ses forces, il se mit en état d'exécuter ce vœu. Il reçut les quatre miueurs el le sous-diaconat au mois de décembre 1582. Il prit le diaconat le jour do samedi saint de 1 année suivante, et au mois do décembre de la mémo année il fut fait prêtre.
Il ne se vit pas plulAt revêtu de la qualité de ministre du Seigneur, qu'il redoubla son zèle et sa ferveur pour son service, et, faisant réflexion que la dignité do sacerdoce demandait en lui une plus grande perfection, il s'étudiait de joindre une vie sainte A la sainteté de son ministère, et il célébrait tous les jours la sainte messe avec beaucoup de dévotion. La réputation de sa vertu s'étant bientôt répandue, l'évéque de Lérida le toqlut avoir auprès de lui ; il le prit pour suii
fît
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
confesseur, et le fit son (héologien et soa examinateur synodal. Pea de temps après» ce prélat ayant éié commis par le roi d'Espagne pour visiter le monastère de Notre-Dame de Hont*Serrat en vertu d'un bref du pape, prit avec loi Casalanz pour secrétaire de la visite. L*évéqoe de Lérida étant mort dans le cours de cette visite, on lui substitua l'évéque de Vicb, qui pria Casalanz de continuer la même fonction de secrétaire ; mais il s'en excusa et retourna à Péralte, où il ne fit pas grand séjour; car dom André Capri-
5 lia , évéqne d'Urgel, non-seulemont loi onna la cure d'Ortoneda, mais il lui donna encore la charge d'ofBcial dans l'étendue de Tremp, qui comprenait environ trois cents bourgs ou villages. 11 s'acquitta de cet emploi pendant l'espace de huit ans ; mais se sentant inspiré d'aller à Rome, il remit son bé« néflce entre les mains de son évèque avec l'emploi qu'il lui avait confié, et partit pour aller à Rome, où il arriva au commencement du. mois de mai 1592. Il y visita avec une dévotion extraordinaire les sépulcres des saints martyrs. Pendant quinze ans il alla tous les jours aux stations des sept églises ; et lorsque quelques affaires le détournaient de cet exercice de dévotion pendant le jour, il s'en acquittait pendant la nuit.
A peine fut-il arrivé à Rome, qu'il entra chez le cardinal Marc-Antoine Colomne, en qualité de son théologien. Ce prélat avait une si grande vénération pour sa piété et sa vertu, qu'il le donna pour directeur A ses neveux, fils du connétable Colomne, qui ne sortaient jamais du palais sans avoir baisé la main de ce saint homme. Tous les samedis il faisait une exhortation aux domestiques de ce cardinal. 11 avait ses heures réglées pour tous ses exercices spirituels, il f portait presque continuellement un rude ciicc, et il jeûnait nlusieurs jours de la semaine au pain et a l'eau. On pouvait même dire que ses jeûnes étaient continuels, car les jours qu'il ne jeûnait pas au pain et î J'eau, il ne faisait qu'un repas le matin, et il ne prenait rien le soir, ce qu'il a continué de faire pendant quarante ans, et ce ne fut
Sue sur la On de Bes jours qu'étant fort inrme et caduc, les religieux de sa congrégation le prièrent de modérer ses grandes austérités.
Deux ans après son arrivée à Rome, l'an 15%, on lui conféra un canonicat dans l'église cathédrale de Barbastro au royaume d'Ara-
Son, qui était la ville la plus voisine do lieu e sa naissance; mais, charmé des exercices de piété qui se pratiquaient à Rome, H ne Tonlut point quitter cette ville, et il résigna son bénéfice au docteur Pierre Navarre. Use fit inscrire dans plusieurs confraternités, comme dans celles des Douze-Apôtres, des Stiffmates de saint François, do Suffrage et de la Sainte-Trinité, observant exactement les exercices prescrits par les statuts de ces compagnies.
Il entra aussi parmi les Confrères de la Doctrine Chrétienne, et, conformément aux constitutions de cette compagnie, il allait
avec beaucoup de charité dans tontes les places de la vi!le pour enseigner la doctrine chrétienne aux gens de la campagne qui s'y trouvaient, et il faisait assembler les enfants dans les églises pour leur faire les mêmes instructions. Ce fut dans ce saint exercice qu'il connut par expérience la nécessité ^u'il y avait d'apprendre de bonne heure aux jeunes enfants les principes du christia* nisme. Il pensa dès lors aux moyens de le faire avec plus de fruit, et ce qui le fit ré*soodre à s'y employer entièrement fut
Îu'ayant trouvé par les rues plnsieurs eninls qui ne s'amusaient qu'à jouer et disaient l»eaucoop de paroles malhonnêtes, il s'arrêta à les considérer. Il fut vivement touché de voir le peu d'éducation qu'on leur donnait, et pour lors ces paroles du prophèteroi lui vinrent tout d'un coup dans la pensée : Cest à vous que le ioin du pauvre e»i réservé^ et vaut serez le protecteur de Vorphe^ lin. Il y fit réflexion, il crut que Dieu les lui avait suggérées afin qu*il prit le soin d'in'< struire ces enfants, et il chercha dès lors les noyens de leur donner une bonne éducation, afin qu'étant élevés dès leurs plus tendres années dans la crainte deDien et les maximes du christianisme, ils ne pussent pas dant la suite ignorer les choses de leur salut. Il en fit la proposition à plusieurs personnes ; mais tous les moyens qu'il prit n'ayant pas réussi, et ces personnes ne rayant pas voulu seconder, il entreprit de !e faire seul. H lou«i pour cet effet, d'Antoine Raudini, curé do Sainte-Dorothée ta Transtevere proche la porte Settimania^ queUiucs chambres où il com* mença A rassembler tous les entants de ce quartier, et par charité il leur apprenait à lire et à écrire, l'arithmétique, et leur fournissait aussi gratuitement des livres, de l'encre et du papier. Tous les jours il leur enseignait la doctrine chrétienne, leur faisait des exhortations spirituelles, et quoiqu'il demeurAt encore au palais du connétable Colomne, qui est fort éloigné de Sainte-Dorothée, il no laissait pas d'aller deux fois par jour à ses écoles, où le nombre des enfants s'augmen^ tant, et ne pouvant suffire seul à leur in-» struction. il s'associa quelques prêtres qui étaient aussi Confrères de la Doctrine Chrétienne, qui l'aidèrent dans son entreprise.
L*ordre qu'il avait établi dans ses écoles lui donna une si grande réputation , que plusieurs familles de la ville y envoyèrent aussi leurs enfants, ce qui fit résoudre Casalanz de les transférer dans la ville pour la plus grande commodité de ceux qui y voudraient venir, ce qu'il fit au commencement de l'année s:iinte 1600, ayant loué pour c< t effet une grande maison proche le lieu qu'on appelait le Paradis. Il quitta pour lors le palais Colomne pour venir demeurer dans cette nouvelle maison avec les maltresqui s'étaieut joints à lui. Deux ans après ils la quittèreol pour en prendre une autre à louage, proche de Saint-André délia Valle : \à il commença A vivre en commun avec ceux qui s'élairoC joints a lui, et il partagea cette école de piété en plusieurs classes.
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II arrif a à Casalanx un accident dans celte maifon : car voulant attacher une cloche dam ttu lieu assex élcTé de la cour, il tomba de l'échelle ou il était monté, et se rompit une jambe. Il fut en danger de perdre la Tie, i laquelle il n^arait aucune attache, et qu*il aurait quittée sans beaucoup de peine. Il n*y avait que rapprébeosion que son ouvrage ne vint à manquer 8*il mourait, qui lui causait de l'inquiétude. Mais Dieu pour le con* soler lui envoya de nouveaui ouvriers, dont l'un fut le P. Gaspard Dragonetli, qui avait
ji tenu des écoles pendant quarante ans.
et qui persévéra dans la congrégation jusqu'en 1 an 1628, qu'il mourut a l'âge de cent vingt ans, dans une grande réputation de s^itileté ; et l'autre fut le P. Gellius Ghetlini, noble Yiceniio,
Casalanx ayant recouvré la santé au bout de quelques mois. Dieu le voulut consoler de nouveau. M. Vesirio, prélat de la cour romaine, qui lui avait loué sa maison pour servir d*écoles, assistait souvent aux exercices qui s'y faisaient, et fut si content du bon ordre qu'on y observait, qu'il en parla au pape Clément Vlll, qui 6t venir le P. Caulanz pour être instruit par lui-même de quelle manière les matires se comportaient dans les insiruclious qu'ils faisaient aux enfants. Ce pontife, content des réponses du fondateur, Texhorla à persévérer; et, aOn de l'animer à poursuivre son entreprise, il promit d*aller lui*méme visiter ces écoles pieuses, et ordonna que l'on donnât tous les ans deux cents écus pour le louage de cette maison.
Cette libéralité du pape, jointe au bon ac* cucil qu'il avait fait a notre saint fondateur, donna de la jalousie aux maîtres d*école de la viUe. Ils décrièrent Casalanz auprès de ce pontife, et ils lui firent entendre que les choses n'étaient pas comme on les avait exposées i Sa Sainteté, ce qui porta le pape à nommer les cardinaux Antouiani et Baronias pour faire la visite des écoles de piété. Ces cardinaux n'y ayant trouvé que des sujets d'édification, le pape de vive voii ap« prouva ees écoles et les prit sons sa protection. Après la mort de Clément Vlll, Paul V leur donna pour prolecteur le cardinal de Torres, et ce prélat étant mort, il lui substitua le cardinal Giustiniani. / Les écolea pieuses augmentant de jour en jour eu écoliers, et la maison que Casalani avait prise à louage étant trop petite, il acheta, l'an 1612, le palais Terres, qui était coDligu à réglise de Saint-Pantaléon, située dans la place qu'on appelait anciennement étJUaUrazxari. Le cardinal Giustiniani contribua a cet achat, ayant donné deux mille écas, et l'abbé Landriani, noble Milanais, noQ«sealement donna une somme plus considérable, maiê entra dans la suite dans la cuogrégation t et y mourut dans une si grande réputation àe sainteté, qu'on a mé<ite travaillé an procès de sa canonisation. Enfin le palais fut entièrement payé par un legs de lii mille écus que le cardinal Lancelloiti fit aux écoles pieuses. Casalanz obtint en-
core réglise de Saint-Pantaléon, et le pape Paul y, considérant combien cet institut était ntile à TE^^lise, l'approuva par un bref du 6 mars 1617, l'érigeant en congrégation , A laquelle il donna le titre de Congrégation Pauline, permettant à ceux qui y entreraient de faire les vœux simples d'obéis* sance , de chasteté et de pauvreté. Le pape nomma pour chef ou supérieur de cette congrégation, sous le nom de préfet, Joseph Casalanz , pour gouverner tant les maisons qui étalent déjà établies que celles qui s*établiraient dans la suite, avec pouvoir de dresser des constitutions.
Casalanz consulta ses compagnons, qui étaient au nombre de quinze, sur la manière de vie qu'ils devaient pratiquer, et Thabillement qu'ils devaient prendre ; et , après être convenus ensemble de la forme de l'habillement, le cardinal Giustiniani fit faire les habits à ses dépens, et le jour de l'Annonciation de la sainte Vierge de la même année, le fondateur fut revêtu de cet habit par les mains de ce cardinal, dans la chapelle de son palais, lui avant donné cet habit au nom du pape, avec le pouvoir de le donner A ses compagnons, ce que Casalanx fit le même jour lorsqu'il fut retourné aux Ecoles pieuses. Il voulut encore renoncer à son nom du monde, et il prit celui de la Mère de Dieu, ce que firent aussi ses compagnons, qui changèrent de nom, et cela se Êralique encore dans cette congrégation, lie fut mise au nombre des ordres reli<« gieuz, l'an 1621, par le pape Grégoire XV, qui lui donna le nom de Congrégation de$ Ùerct Réguliers Pauvres de la Mire de Dieu des Ecoles pieuses. Par un autre bref da Tan 1622, il approuva les constitutions qui avaient été faites par le fondateur, qu'il déclara général de cette nouvelle congrégation, à laquelle il accorda, la môme année, tous les privilèges dont jouissent les ordres mendiants, et Crbain Vlll dispensa ces religieux d'aller aux processions publiques, par un bref de l'an 1629.
On ne peut exprimer le progrès que le Père Joseph de la Mère de Dieu fit dans tontes sortes de vertus, se voyant enxaffé dans l'état religieux. Tout ce qu'il avait làit jns» qu'alors, tant pour l'instruction de la jen«? nesse que pour son avancement spirituel , lui semblait peu de chose. 11 augmenta ses mortifications, ses veilles et ses abstinences. 11 faisait tous ses exercices avec plus de ferveur que par le passé; et Tinstruction de la jeunesse étant la principale fin de son iosti-» lut, il s'y appliqua encore avec plus de lèle
3u'il n'avait fait. Il ne se conlentait pas de onnertous ses soins A ce que les maîtres s'acquittassent de leur devoir, il enseigoail encore lui-même les enfants, elilcootiuut cet exercice jusqu'A la fin de sa vie. Sa charité le portait A secourir son prochain dans toutes les occasions. Il était encore le pins souvent au confessionnal ou dans les hôpi* taux, il visitait les prisonniers, il secourait les pauvres et les indigents, et souvent il lenr donnait jusqu'aux choses nécessaires pour
MCTHKNNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
IVnfrffiM de 9t% rdigietts^ aasquls il reconinaiHljit de se confier en la Pirovideace, qni en eiïel ne leur manqua jamais. Il n*easeinait rien A ses religieux qn*il ne pratiqnal lui-même. Il leur recommandait sur* tout rhomillté ; il leur en donnail l'eiemple» s*emplojanl aux ofâces les plus bas de la maison, quoique général de Tordre. Il allait pur la fille» la besace sur les épaules» pour receToir les aumAnes des fidèles , et ce fut cette même humilité qui lui fit refuser l'arcbeTêcbé de Brindisi, qui lui fut offert.
L'opinion que l'on ar ait de sa sainteté fit que« de son ritant, on offrit a sa congr^ntion plusiears éiablissementa qu*il accepta» dans Tétat ecclésiastique» dans la répobliqae de Gênes, en Toscane^ au royaume de Naples, en Sicile et en Sardaigne. Le cardinal François de Dictricbxan, éfêqoe d*Olmos, lui deasanda« Tan 1631» de ses religieux pour les établir à Nicbolsbourg* et il leur donna aussi on antre établissement i Ljpaiek, d*oà ils se sont répandus par tonte rAUemagne et en Hongrie. Le roi de Pologne, Ladî>las IV, voyant les grands fruits qn*ils foi* saient dans les lieux oà ils étaient établis» en fit venir dans son royaume Tan 1641, et ils y ont fait aussi plusieurs établissements ; ils en ont aussi quelques-uns en Espagne : de sorle que le Père Joseph de la Mère de Dieu eut la consolation de Toir sa congrégation étendue en pimsieurs proTioces. U a%ait qoatre-îingt-douie ans lorsqu'il fut atiaqué, à Rome, de sa dernière maladie; ce fut le deuxième d*aoAt de Tan 16U. Il voulut encore dire la messe ce jour li, après quoi il se mit au l;t et vécut encore jusqu'au 95 do même mois» qu*il rendit son âme à Dien. U fut enierré au milieu de régllse de Saint- Paotaléon, où il est resté jnsqn*en Tan 168% qn*on le transférn dans la nouvelle église qne ses religieux ont lait blt'r. L'on travaille actuellement à sa cnoonisation.
La fin de cet institut» comme noos avons défi dit, est de procurer aux enfants une beînne édncatioo, principalement anx pan* vres, à quoi les religieux s'obligent par un quatrième voeu, en leur enseignant (par charité; à lire et à écrire » en commençant par TA» B, C, A jeter, compter, calculer, el HiéaM leuir les hvres chex les marchands d dans les bureaux. Ils enseignent encore uou eeulemeut les humanités, U rhétorique et les laumes latine et grecque, mais dans les villes Hs tiennent aussi des écoles de philosophie , de théologie scolastique el morale» de mnhimitiques , de Idrtificatious H de géométrie. Les classes durent deux et demie le matin H autant le ^oîr • les jour», pendant le dernier quart % dmque regeul est obligé de ésuner aux icuiiirs quelques leçons spirituelles. Tuus lus samedis un religîrux leur fait aussi uu nmuun 4*une demi*heure dans règUse ou daus roraioire, ei lorsqulb sortent de Classe ils vaut p^r bande chex leurs parents, M ils sont caude^;s par un reLgicdX, de
pcvr qu :ts ues^amuscni par I s rues à j
ei a i rrdre Je temps.
Nous avons dit cinlessns que ces Cl« rcs Réguliers avalent été mis au nombre des on&es religieux par le pape Grégoire XV, Tan 1621» et qu'il leur pîermit de faire des vmnx solennels ; mais Alexandre VU, l'an 1656« les remit dans leur premier état séculier, voulant qo*i Tavenir ils ne fissent plus que des vmax simples avec un serment de persévérer dans la congrégation » ce qui ne dura que Jusqu'en Fan 1669 » que le pape Clément IX les rétablit dans leur éut régu lier. Il j en eut néanmoins quelques-uns qni ne voulurent point s'engager à des voeux solennels et qni eurent recours au pape pour en obtenir la dispense des vmus sin»pies qu*ib avaient laits , et du serment du persévérer dans la congrégation ; c'est pourquoi Clément X, par un bref du 18 octobre 1910, accorda do temps à ceux qui n'avaient tait que des vmox simples» pour se déterminer on à sortir de la congrêgatioo » ou à y demeurer en faisant les veeux soleuueb»
donnant pouvoir au général d'absoudre d« serment et de dispenser des voeux simples ceux qui les auraient faits et qui vondraient sortir de la congrêgatioo » pourru qu'ils ne fussent que laïques ou dans les ordres minenrs ; que s'ils étaient dans les ordres sacrés, et eussent du luen de pntrimoine sufiisamment pour vivre, ou quelques bénéfices , ils seraient renvoyés soiu robebsance de leur évéque; que si, au .contraire, ils étaient dans les ordres sacrés , et s*ils n'avaient p-iint de bien de patrimoine on de bénéfices, il leur serait libiu de rester dans quelque couvent de la congrégation et de viire avec les religieux profts de cet ordre » sans pouvoir prétendre aucune roix active et passive, auquel cas ib pourraient exercer leurs ordres ; nsais que si absolu* ment il> voulaieut sortir de la congrégation, n'ajant point de bien de patriuMMue ni de béoéfices, ils seraient renvoyés pour vivre sous l'obéissance des évêques, nsab qu'ils seraient suspendus de leurs ordres. Le nséiue (ontife approuva derechef leurs enustitu* lions*
Par un bref du 28 avril 1660, Alexandre Vil ordonna qnlb n*auraieul point d*autres pmtecieurs que le cnrdinal vicaire de lome: que le générai do cette cougrégatiou serait élu tous les six ans » et qu'il auruit quaf ru assistants. Il approuva par le même bref la coutuaae introauite dans eelle congrêgatioo d'j associer de pauvres jeunes gens, la undite des pieds et la gi andt pauvrcSè dsnt ces Ckfcs faisaient prnfcsfiou , priucipalemer.t dans les Tojages quMs iiisaienl à pied H à rApostoliqne; hmis Alexandre Vlli, par un bref du &f fc%rier MM, les ibligau de se chausser. &.n prèdiieimur, lunueent Xl« les avait exemples. Fan WÊê » de la juridtclion des ordinaires, et les avail aonmii Im-
tut
Leu-ha^te>t jkmbiaUe à eeM des Jésniles« excepte que leur lube s*attrche par vaut avec trocs boulons de cuir, et que
que îu^^u'aux
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DOUX (1). Us sont au nombre des mendiantSt et foDl la qaéte par la ville comme les relU gieoi des aolres ordres mendianls. Il j a peo de bonnes villes en Italie où ils ne se soient établis; il y en a même où ils ont plusieurs maisons et collèges, comme i NapleSy où ils en ont quatre, et à Rome» où ils en ont cinq.
Alexis de la Conception, Vie du Père Joseph de Casalanx. Cari. Bartholom. Piazza , Eutevolog. JRom., iraet. 3 , cap, 13 et 14. Ascag. Tambor. de Jur. Abbat* tom. Il, iuput. 24, qwBit. 8, n. 6. Bull. Rom. tom. in, IV el V ; et Pbilipp. Bonanni, Catalog. Ord. Rtlig. part, u
Depuis que le P. Hélyot a écrit le chapitre consacré à Tbistoire des Ecoles pies^ le fondaievr de cette congréffalion a été cano«' niséf el la Tète de saint Joseph Casalanz a été fixée aa 27 août. Il y a dans le bréviaire romain un office en son honneur approuvé €■ 1769. L'institut des Ecoles pies n*a jamais fo d'établissements en France, mais il a été et est encore répandu en plusieurs Etats de l'Europe. Sa constitution populaire le rendait infiniment utile et a contribué à sa propagation. La fidélité due à Thistoire nous oblige à dire ici avec une certaine franchise que cette congrégation n'a pas , croyonsnous, gardé l'esprit primitif de son étab'issement ni celui de son pieux fondateur. Une certaine émulation avec les Jésuites a peutêtre pris on caractère qui ne convient point à des religieux, et même celui de la jalousie. 11 règne dans cette société un attachr* ment on une sorte de prédilection pour les idées nouvelles qui ont mis le trouble dans l'Eglise depuis près de deux siècles. Nous citerons l'exemple du P. Jean-Baptiste Molinellt, prêtre des Ecoles pies au dernier siècle, qni a professé la philosophie dans leur collège d'Oneillei puis la théologie dans celai de Gén«^s, sa patrie. En 1769, il remplaça, pour professer 4a même science à Rome, le P. Nalali , qui venait d*être nommé professeur à Pavie , et se montra favorable aux idées jansénistes. Il joignit des remarques et des notes à Tédition de la Théologie de Lyon, faite à Gènes, par Olzati, en 1788. Holinelti eut sur ses opinions iïvs démêlés avec le savant et pieux Lambruschini, alors professeur au séminaire de Gênes , et depuis arcberêque de cette ville. Il était retourné et professait de nouveau la théologie à Gênes, il se montra favorable à la révolution de son pays, et il faisait partie d*nne espèce d'académie ecclésiastique formée en ce sens à Géncs. Les principaux membres étaient Tévéqne Solari, Palmieri, Degola et antri'S patriotes; Ils donnaient des ouvrages en faveur du système démocratique. Holinelli pu« blia pour sa part , en langue italienne, le Préservatif contre la séduction^ et Du droit det propriétés des Eglises sur les Uene eccté' siastiques. Le sénat de Gênes Tavait nommé un de ses trois théologiens, et il rédigea, en cette qualité , des mémoires et des consulta-
tions sur différentes matières. Il moorat à Gênes au commencement de 1799. Molinelli n'était pas le senl de son corps à être dans de tels sentiments, qui pourraient peut-être expliquer la popularité dont jouit la congrégation des Piaristes , car on Ini donne OMssi cette dénomination. 11 faut croire que la recommandation faite par les Dominicains et les Franciscains à leurs religieux en fa«« veur de la congrégation des Ecoles pies n'a* vait pour motif que les services qu'elle rend^ et nullement , dès ce temps-là , une sorte d'antagonisme contre les Jésuites. Cet antagonisme règne malheureusement depuis Ion-* gués années, et passe des mattres aux élèves, qui n'aiment pas les Jésuites, et qui ont quelquefois affecté de répéter cette épigramme, faite par leurs professeurs : // tombera, ce grand arbre, etc. Les Jésuites répondaient par d'antres vers qui disaient quil tomberait, mais qu'il entrainerait les autres datis $a chute, etc. Hs avaient raison, et nous oserions soupçonner que les Pères des Ecoles pies n'ont pas vu sans peine ce grand arbre relevé. En parlant ainsi d'une société estimable en elle-même , mais gâtée en quel« ques-nns, peut-être en le grand nombre de ses membres, dont on accuse le mauvais esprit, nous ne prétendons point exprimer le désir de sa suppression, ni méconnaître les exceptions honorables qu'elle renferme. On dit qu'en Allemagne les Piaristes sont également animés de l'esprit janséniste , el peut-être est-ce à cet esprit favorable au pouvoir séculier que l'institut des Ecoles pies doit d'avoir été l'objet des exceptions et même des affections des gouvernements révolutionnaires. Quand Rome désolée voyait avec horreur et indignation les Français el leurs opérations à Rome , sous Pie Vil , le P. Isaïe , supérieur des Ecoles pies, était l'objet de l'estime ou de l'affection du général MioUis , et mangeait fréquemment à sa table. Tandis que l'Espagne, révolutionnée par les intrigues d'une reine coupable, expulsait tous les religieu en général , elle faisait une exception en faveur des Ecoles pies, qui même celte année (18(^7) ont reçu une nouvelle preuve d'attachement et de protection du gouvernement de la reine Isabelle. Si cette préférence est dne à l'utilité réelle d'un institut qui s'occupe activement de l'instruction de la jeunesse , à qui eHe apprend l'A, B, C, et qu^elle conduit jusqu'aux sciences élevées, tant mieux, nous en bénissons la Providence. Nous serions einé si cette prédilection était motivée par es idées qu'on supposerait dominer chez les Piaristes, qui sans doute n'ignorent pas cependant que l'Eglise et son goovemement doivent trouver des raisons et des armea
1>our soutenir la justice de leur cause, dans e talent et le zèle des religieux. Au dernier siècle, les Pères des Ecoles pies possédaient à Rome : 1* l'établissement de Saint-Panlaléon, qui était leur maison professe; 2** Saint- Laurent in Borgo, qui était le noviciat; 8* le
le
If j Yoy., h la fin du vol., n* il.
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
e9Uég«4it Nazar$no: k'* le collège dit, en rboniieiir do foDdateur,Ca2a/afi«to , ou Collège-Neuf: 5* le collège ecclésiaslique ou infirmerie des prêtres a Ponie-Siiio : 6" Tbospiee apostolique de Saint -Michel. Aojourd'hui ils ont encore deux maisons dans cetle ville et de nombreux établissements^ en Italie. On nous a dît que les Jésuites n*ont
[>u être admis dans les lieux où professent es Piaristest si ce n'est dans une seule ?iile ; BOUS ne pouTons attester ce fait. Le même institut a donc reçu* comme nous venons de le dire, la faveur exceptionnelle de survivre en Espagne au renversement de tous les couvents de religieux, et il y est seul subsistant aujourd'hui, avec le célèbre monastère de Mont-Serrat,à qui on a aussi permis de se relever. Dans les Etats autrichiens, ils ont actuellement soixanle-sept établissements, contenant trois-cent quarante religieux. Le
{iréposè général est ai^ourd'hui le R. P. ean-Baptisle Uosani, et le procureur général est le R. P. Janvier Fucile. Tous deux résident i Rome.
Extrait de recherchée faites passim, et de remeignementM fournie par m. jR.« ancien élève aes Piaristes. B*d*b.
ÉCOLIERS DE BOLOGNE, de SiiHT-PisRRB de monte-cohbulo b?f italie , et db Saiht-CAxe-lbz-Tocrs en Frange (Chanoines RÉGULIERS DBS UONQRÉGATIONS DES).
Le cardinal Jacques de Vitry , dans son Histoire d'Occident, lait mention d'une congrégation de chanoines réguliers proche Bologne , établie par quelques écoliers de celte ville. 11 parle d'eux avec éloge, mais il ne marque ni le monastère ou cette congrè-
Salion a commencé, ni ceux qui en dépenaienl. Penot dit que s'il est permis de deviner , c'èiait peut-être dans le monastère de Saint-Victor, proche Bologne , parce qu'il parait par plusieurs bulles de Martin V que ce monastère était le chef de plusieurs autres. Hais ce monastère aérant élé ruiné entièrement, il fut uni à celui de Saint-Jean de la même ville, qui fut aussi uni dans la suite à la congrégation des chanoines de Saint- Sauveur de Latran l'an 1415. Falconius, qui était chanoine régulier de Latran aussi bien que Penot , dit, dans ses Mémoires historiques de la ville de Bologne» pag. 201, que, Juelque recherche qu'il ait pu faire, il n'a pu écouvrir ni le lieu où demeuraient ces écoliers, ni le pape qui avait approuvé leur Congrégation, ni i quelle On elle avait été instituée. Mais le P. Papebroch a cru avoir trouvé le nœud de la dimculté en disant que c'était* ntdes Frères Prêcheurs fondés par saint Dominique , dont le cardinal de Viiry avait voulu parler, Thabit des religieux de cet ordre ayant beaucoup de rapport A celui que les Prémontrés portent encore à présent en Allemagne , et qui ne diffère qu'en couleur de celui des Prêcheurs.
Si Ton considère néanmoins les paroles du r^ardlnal de Vitry, on connaîtra qu'il a sans douté distingué ces Ecoliers de Bologne d'avec les Préciieurs ; car, après avoir dit qu'il
V a une autre congrégation de chanoines hors la fille de Bologne, etc. : Eet alim regulariutn eanonicorum Deo grata et hommioue gratioea congregatio extra eivitatem Bono' nto, il ajoute plus bas qu'ils unissent en* semble l'ordre des Prêcheurs et celui ées Chanoines : Prœdieatorum ordmem Cononteorum ordini conjungentes. Mais cei|ui montre plus évidemment que ce cardinal n'a point entendu parler des Frères Prêcheurs, c'est que, parlant de la manière de vivre austère de ces chanoines , il dit encore qu'ils mangeaient de la viande trois fois la sc^ maine : Tribue in hebdonuide diebue , eamee ii eie apponantur non récusant^ in refeetorio manducantee : cependant les Frères Prêcheurs n'en mangeaient point. BnOn, ce qui me persuade davantage que cet ordre des Ecoliers était différent de celui des Frères Prêcheurs, c'est que saint Dominique n'obtint une maison à Bologne pour ses reli-^ gieux que Tan 1218, et que selon plusieurs auteurs cette congrégation des Ecoliers était déjà établie avant l'an 1200; mais on ne sait point quel était l'habillement de ces chanoines, et combien de temps ils ont subsisté.
Voyez Jacob de Vitr. Hist. Occtd., c« 27. Penot, Hiet. tripart. lib. ii, cap. U, n. I. Tamb. deJur. Abb. disp. 2V, quœst. 14, n. 21. Le PskigCf Biblioth. Pr^poion*!.; et Papebroeh Reep. ad P. Sebast. a S. Paulo ^ 11 , ori. Ifi, n. 170, et an. 22, n. 32.
A ces chanoines de Bologne nous joindrons une autre congrégation de chanoines réguliers qui ont été institués en Italie et qui prirent le nom de Monte-Gorbnio , i cause que leur premier monastère était situé sur la montagne de Corbulo, éloignée de la ville de Sienne de douze milles. Us eurenC pour instituteur Pierre, surnommé de Eeggio parce qu'il avait pris naissance dans cette ville. Quelques-uns néanmoins disent qu'il était de Milan, qu'il avait passé de l'ordre des Chartreux dans celui des Chanoines Réguliers, et qu'il avait mémo pris Thabit dans le couvent do Saint-Sauveur de Bologne. Ce Pierre de Reggio était ami de Frin* çois Soderini , évêque de Volterre et réièrendaire de l'une et de Tautre signature tous le pape Alexandre VI. H obtint par le crédit de ce prélat la permission de fmder ano congrégation sous le nom de Saint-Pierrt dans l'église de Saint- Michel sur le Mont- Corbulo, laquelle fut conflrmée par Julea 11, selon Raphaël de Volterre , ou par le pape Léon X, comme assure Benoit de Saint- Geminien, chanoine de la même congrégation, cité par Penot et le P« Bt.nannL Moisagrunus ajoute que ce ne fut point sur le Moot- Coibulo que les fondements furent jetés , mais au monastère de Sainte-Marie de Bî« bona, à quelques milles de Pise, du cêtè de la mer et du diocèse de Volterre. 11 y a bien do l'apparence néanmoins que ce fui ao Mont-Corbulo, puisque la congrégation en a pris le nom. Leur habillement contistail an une tunique grise, sur laquelle ils mettaient un rochet , et sur le rochet une aumusse ou capuce. Le P. Bonanni dit que Tan 1321 ils
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cliaiiBèreiil la cooloulr grise éo noire, pour »e cMftiriDer à rhabilleroenldet chanoines répliers de Sainl-Frigdien de Lncqaes» ce qui oe peot être, puisque dès Tan 1507 ceui-ci svaicnl été unis, avec dix mooasières qui dépsDdaien( de leur congrégation i aux ciiaooi« oes réf[oliers de Latran, qui ont toujours été habillés de blanc , el qu'ils convinrent •ettlement que dans le monastère de Lucques ito retiendraient la chape noire au cbesar. Il icmble aoe, selon le même auteur, la congrégation de Monte-Corbulo subsiste encore » car il dit que ces chanoines virent dans une grande paovrelé et du travail de leurs mains, éunl beaucoup solitaires.
Toyes Moxzagrunus Narrât, rerum geat.
Csa. Recul. Penot, UUi. iripart. Raphaël Voilât, ii6, x%\ ; et fiooanoi, Caialog. Ord. refty.
Les chanoines réguliers de Sainl-f éme*^ ki-Tours sont du nombre de ceux qui, ayant triMivè la règle de Saint-BenoU trop austère. Oit secoué le joug de cette sainte règle pour €• ittivre une plus douce, qui est celle de Ssint-Augaslin, et ont pris le titre de Cha- Dotnes Réguliers. Ils ne sont pas au moins •ibliaables que les chanoines de Saint* Martin de Tours, dont ils dépendent, et qui ont qailié entièrement la règle de Saiiit-Be- Boltpour se séculariser. Hervé, qui était trésorier de cette dernière église au commeneenentdu onzième siècle, se relira dans une Ile de la Loire proche de Tours, et y bâtit aie petite église sous le nom de Saint«CAme, avec un petit monastère, où il mena une vie leltUire et retirée. Les chanoines de Tours rayant obligé de retourner chez eux, il les prta de donner cette lie, avec le monastère qn'U y avait bâti, aux moines de Marmoutien, ce que ces chanoines accordèrent ; et, comme celle Ile appartenait à Hugues, cellérier de Saint-Martin, il y consentit aussi. Aiasi cette Ile, qui prit le nom de Saint-Gé- BM, A canse de Téglise dédiée à ce saint, qui
Lavait été bâtie par Hervé, trésorier de liai-Martin, fut donnée aux religieux de Harmontiers, à condition qu'il j en aurait sa sBoios douze ijui y demeureraient et y feraient TolBce divin. Nuus ne savons point en quelle année les religieux qui y étaient quitlèreat la règle de Saint-Benoit pour prendre celle de Saint-Augustin et vivre en chanoi- ■as régoUers ; mais ils ont toujours dépende de eeuK de Saint-Martin, et n'ont point rscoann la juridiction des archevêques de Toars; et ce n*est i|ue depuis Tan 1708 que les chanoines de Saint'Martin, qui avaient vise juridiction presque épiscopale dans une partie de la ville de Tours, l'ayant perdue et y ont été soumis à celle de l'archevêque de Toon, ce prélat a aussi droit de visite chez i«i Chanoines de SainUCôine. C'est dans leur église que l'on prétend que Bérenger, arcbi* diacre d'Angers et écolâire de Saint-Martin de Tours, fut enterré. Il fut le premier qui "ta dire que le sacrement de Tauicl n'était qoe la figure du corps de Noire-Seigneur, M il attaqua les mariages légitimes et le bap-
(l)Fay..àUfinduvol.,n*S2.
DicnoHaAiRB nés Ordrbs rbligieux. IL
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tente des enfants* Le pape Léon IX, à qui l'hérésie de Bérenger avait été déférée, At tenir un concile à Rome l'an 1050, ou elle fut condamnée pour la première fois ; elle lo fut ensuite dans ceux de Brione, de Verceil, de Plaisance, de Tours et de Rome, sous Nicolas II. Dans celui de Tours, tena Tan 1064, il avait abjuré ses erreurs, et les légale du pape l'avaient reçu à la communion de TE' glise. Il Gt aussi la même chose dans celui de Rome, l'an 1050, et le cardinal Humbert ayant dressé une formule de foit il la signa et jeta au feu les livres qui contenaient sou erreur ; mais à peine le concile fut«il terminé, qu'il écrivit contre cette profession de foi, et chargea d'injures le cardinal qui l'avait dressée. Au concile qui se tint encore à Rome, l'an 1070, sous le pape Grégoire Vil, Bérenger reconnut encore sa faute et demanda pardon. On lui 6t signer une profcs-^ sion de foi : mais à peine fut-il arrivé en France, qu'il publia un autre écrit contro cette dernière profession de foi. L'année suivante, 1080, l'on tint un concile à B irdeaux où ass'stèrenl deux légals du saini-siége. Bérenger, amené apparemment par rarcbe* véque de Tours, y rendit raison de sa foi, soit pour confirmer la profession qu'il avait faite à Rome, soit pour rétracter son dernier écrit, el depuis ce concile il n'eet p'us parlé de loi jusqu'à sa mort, oui arriva le 5 janvier 1088. Il mourut dans la communion de l'église, et l'on croit qu'il fut enterré dans Téglise de Saint- GAme-lex -Tours, où il s'é« tait retiré, et y avait mené une vie ()éniteiite. Ce prieuré appartenait pour lors aux moines de Marmonliers, selon le témoignage du savant Père Mabillon ; et ainsi il n y a pas d'apparence que la retraite de Bérenger dans ce prieuré ait donné lieu à quelques cha^ noiues de Saint-Martin de suivre son exem* pie, et qu'ils aient par ce moyen formé la communauté des Chanoines Réguliers de Saiut-CAme, l'an 1035, comme a avancé le Père dom Etienne Badicr dans l'Histoire de l'Abbave de Marmoutiers et de l'église do Saint-Martin de Tours, qu'il donna en 1700. Ronsard, le prince des poètes du seizième siècle, qui avait été prieur commcndatairo de Saint-C6me, y est aussi enterré dans un magnifique tombeau. Il mourut le S7 décem* bre 1585. Ces chanoines sont habilléi comme les ecclèiiastiques, et mettent seulement sur leurs manches une bdude de toile de la largeur de quatre doigt«», qu'ils t&chent de cacher le plus qu'ils peuvent en retroussant leurs manches [l). Au chœur ils portent un surplis avec une aumusse sur le bras, et un bonnet carré.
Joau. Mabîll. Annal. Bened. Toin. l\\pag. i^ et itquenl.Fïeun. Histoire ecelée, Tom. XII et Xlll.
ECU D'OU OU VEUT (Ordub db i.').
Des Cheviditrs des Ordres de iEcu d*Or eu Veri^ et de Notre-Dame du Chardon ea France.
Louis II, duc de Bourbon, comte do Cler*
DICTIONNAmE DES ORDRES REUGIEIIX.
iUl
mont en Torei, seignenr de Beau jeu et do Dombet, pnir et grand chambrier de France, surnommé le Bon, à son retour d*Anglelerre, où il a fait demeuré prisonnier irec le roi Jean 1" , assembla les pins grands seigneurs de ses terres en sa Tille de Moulins en Bourbonnais, le premier jour de janvier de Tan 1969, auquel jour, de lemps immémorial, on donne les éirennes. 11 leur dît qu*il arait dessein de prendre pour devise uneceiniure dans laquelle il y aurait en éerit le joyeux mol Espérance, et qu'il voulait les étrenner d'un ordre qu'il avait fait, et qui s'appellerait VEen (Tor, dont la marque était un écu d*or dans lequel il y avait une bande de perles, avec ce mot Allen. Les premiers qui reçurent cet ordre furent Henri de Montagu, seigneur de la Tour; Goîcliard, dauphin d'Au\ergne; Griffon de Montagu, Hugues de Chastellus, Talné deChâ(c!roorant, le sire de Chastel de Montagne, Talné de la Palisse, Guillaume de Vichy et quelques autres. Le doc de Bourbon dit à ces nouveaux chevaliers qu'il désirait que tous ceux qui recevraient cet ordre à l'avenir et ceux qui Tavaienl reçu, vécussent comme frères, se donnassent secours les uns aux autres, fissent toutes les actions d'honneur qui conviennent à des chevaliers et gentilshommes, et qu'ils s'abstinssent de jurer et de blasphémer le nom de Dieu. Il leur commanda surtout de porter honneur aux dames et aux demoiselles, de ne pas souffrir que l'on parlât d'elles en mauvaise part, et de ne point mal parler les uns des autres. H les exhorta aussi à se garder réciproquement foi et loyauté, et à se portrr respect, comme il appartient à chevaliers de louanges et de vertu; et pour les exciter à remplir leur devoir il leur dit que le mol i47en, qu'il avait fait mettre sur I écu, voulait dire : Allons tous ensemble au service de Dieu^ et demeurons unie pour la défense de notre pays^ et cherchons à acquérir de Chonneur par noe actions glorieuses. H promît de sa part d'exécuter tout cela, et les chevaliers prêtèrent ensoite ser* ment entre ses mains do le servir Bdolement. Noifs donnons rhabtiicment de ces chevaliers tel que nous Tavons trouvé dans la bibliothèque du Hoi (IJ. Il y en a qui prétendc^nt que ce n'était point un ordre de chevalerie qu'il leur donna, mais seulement une dcvi?e qu'il prit pour lui, et qu'il permit ausfti de prendre aux seigneurs do sa cour ; et que le véritable ordre de chevalerie de ce prince fut celui du Chardon ou deVËspérance, qu'il institua Tan 1370, en l'honneur de Dieu et de la sainte Vierge immaculée, sous lo nom d'ordre des chevaliers de >iolre-Dame, dit autrement du Chardon, lorsqu'il épousa Anne, Glle de Béraud, deuxième du nom, comte de Clermont et dauphin d'Auvergne ; mais il est plus probable que c*étaientdcox ordres différent).
Cet ordri* du Chardon était composé de vingt-six chevaliers, y compris le duc de Bourbon, qui en était le chef. Il voulut que
ses successeurs dues de Bourbonnais en lassent aussi chefs et souverains, et qns l'on ne reçût pour chevaliers que des personnes no* blés et sans reproche. Ils porlaient tous les jours une ceinture de velonrs bleu doublée de satin rouge bordée d'or, avec le mot AV
Sérance en broderie aussi d'or. Elle ferma t boucles et ardillons do fin or ébarbiiloanés et échiquetés avec l'émail vert, comme la léte d'un chardon. Aux grandes fêtes, et
Ïirincipalement à celle de la Conception ds a sainte Vierge, ce prince tenait table onverte aux chevaliers, qui étaient couverts de soutanes de damas incarnat avec les msn» ches larges, ceintes de leur ceintures bleoes. Leur grand manteau était de bleu célesti doublé de satin rouge, et le grand collier de Tordre de fin or, du poids de dix marcs, fermant à boucles el ardillons d'or par derrière. II était composé d<* losanges entières et de demies A double orle, émaillées de vert, pe^ cées à jour, remplies de Reurs de lu d'or, et du mot Espérance écrit en lettres capitales à Tantique. Au bout du collier pendait sur l'estomac une ovale, dans laquelle était l'irnsge de la sainte Vierge entourée d'un soleil d'or et couronnée de douze étoiles avec un croissant sous ses pieds, et an bout une tète de chardon émaillce de vert. Leur bonnet étak de velours vert rehrassé de panne cramoisie, sur lequel était l'écu d'or à la de\ ise i4(ieii, dont nous avons parlé. Cet ordre fol recherché par plusieurs grands seigneurs, et même par des étrangers, qui se faisaient hoMevr de porter l'ordre du dtic de Bourbon, qui passait pour le plus grand capitaine de soo temps.
M. Herman, dans son Histoire des Ordres militaires, parlant de celui du Chardon, dit que l'abbé Giustiniani s'est trompé lorsque, voulant corriger quelques auteurs qui oot fait Louis II, duc de Bourgogne, insiituleor de cet ordre, vers l'an 1403, il en attribae l'établissement à Pliilippe II, due de Bourga; gne l'an ii30, el que la raison que l'abbé Giustiniani en donne, c'est qu'il n'a poial trouvé de Louis 11 duc de Bourgogne en tM3* Apparemment «tue M. Herman n'a pas lu rUistoire desOrores milil .ires de cet auteor, et qu'il s'en est rapporté à d'autres qui lui ont fait un faux rapport; car, bien loin que l'abbé Giustiniani mette l'établissemeol de cet ordre en lidO, il dit positivement que l'on en doit mettre rinstitution en 1370, selon THistoire des Ordres militairea imprimée à Paris en IC7i, é laquelle il faut ajouter foi, puisqu'elle a étéco nposèe eu France, où cet ordre a pris son origine : Fer qufstit nutorila histonca^ che per esêero orifjinajn nella Fronda doue quest ordine Troâseli pri^cipiif mérita fede^ pare dotersi dure Vanno a taie inslitutione 1370. Comme routeur de cette description des ordres militaires ea a iitlr.bué la fondation à un Charles 11 due de Boufbon, l'abbé Giustiniani hïl voir que ce Charles de Bourbon ne peut pas en avoir été le fondateur ; el, bien loin d'en attribuer la
(l) Vof ., ^ la fin du vol., n* i3.
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