‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 16 sur 118 · ELI · texte numérisé non relu

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força de diminner la loDgoeur d^^cs prières fldeief autres pratiques de dévolîun ; maïs ce fat toujours ioutilement. Son oraison était presque continuelle, l'exercice de ses ferlus n*af ait point d'intervalle! même dans ses rè* créaliODSv qu'elle passait dans des di? ertissenienti saints et pleox. Sa dévotion et sa tendresse étalent si grandes |>our les mystères (le la passiiin de Jésus-Christ, Qu'elle répandait une grande abondance de larmes lorsqu'elle entendait la messe , qui en est la représentation. Le roi do Hongrie, allant A la conquête de la terre sainte , établit un seigneur de sa cour» nommé Branebanl , pour iroQverner le royaume pendant son absence; mais à peine ce prince fut-il parti, que Gerirade son épouse fut tuée par ce Branebanl. Lei larmes que ce meurtre fit répandre à sainte Elisabeth furent les fidèles témoins de sa douleur et de sa tendresse pour cette princesse; mais s.i constance n'en fut point ébranlée ; elle tâcha même de porter son père et ses frères à n'eu point tirer vengeance.

Après ta mort <to la reine sa mèrcselle commença à vivre d*unc manière d'autant plus agréable à Dieu, qu'elle était désagréable à la roor. Sophie, duchesse de Thuringe, et les geos de cette cour la méprisaient ; mais ces mépris la consolaient , dans Tespérance de celle récompense que Dieu promet à ceux, qui souffriront lapersécuUon pour la justice. Le landgrave la défendait contre la malice des envieux ou des censeurs do sa verlu ; mais Dieu, qui éprouve ses élus comme l'or dans la fournaise, la priva de celte protection par la mort de ce prince , qui arriva lors^a*elle n'avait encore que neuf ans» Quoique les pratiques de la pénitence ne soient pas ordinaires aux personnes de cet ége, cette jeune princesse les embrassait déjà aiec lant d^ardeur, que la haire et la discipline lui étaient ordinaires, et elle inventait tous les jours de nouvelles mortifications. La couronne qu*elle portait sur sa lêto les jours de létes et de dimanche, pendant qu'elle assistait au saint sacrifice delà messe, selon la coutume des princesses de Thuringe, lui paraissait si peu couveuableau mystère d'humilité qui y est représenté , qu*un jour elle la quitta; mais cette action, qui aurait dA fiire l'admiration de toute la cour, déplut fort à la duchi'sse Sophie, et procura de nouvelles humiliations à notre sainte , qui , malgré les oppositions de celle princesse et de ses courtisans, à qui ses vertus donnaient de la jalousie, épousa enfin. Tan 1^1, â l'âge de quatorze ans, Louis V, landgrave de Thuringe, qui en avait vingt et un. Elle eut de cemariape trois enfant^, un fils nommé Her* man, qui posséda la souveraineté de Thuringe après la mort du landgrave son père ; une princesse qui porta le nom de Sophie, el fut mariée an duc de Brabanl ; et une autre fille qui fut abbesse d*un célèbre monastère de Frauconie.

Comme le landgrave son époui avait beaucoup de piété , il lui laissait une entière li- |>|erté de vaquer à ses exercices de dévotion. Il l*cncourdgeait même à la persévérancei et

approuvait toutes lékaumAnes qu'elle distribuait aux pauvres. Sitôt que cette princesse, qui cherchait toutes les occasions d'avancer de plus en plus dans le chemin de la perfection, eut nouvelle de l'établissement du troisième ordre de Saint-François, elle demanda d'y être associée, et elle lut la première en Allemagne qui le reçut des mains d*uu religieux du premier ordre, avec la permission du prince son époux, qui l'eût pareillement embrassé, s'il eût eu assez di* santé pour en pratiquer les règles. Saint François, qui vivait encore pour lors, ayaut appris cet^e nouvelle, aurait bien souhaite lui faire un présent digne de sa qualité, pour lui témoigner la joie qu'il en avait ; mais sa grande pauvreté lui en étant les moyens, il lui enyoya le pauvre manteau qu'il portait , comme le gage le plus assuré do son amour paternel pour une si sainte fille : aussi sainte Klisabelh le reçut comme un riche présent , et avec le respect d'une véritable fille pour un père si saint et si ami de Dieu. Le Saint-Esprit, qui avait toujours été son guide avant son mariage, ne le fut pas moins lorsqa elle fut engagée dans cet état : elle choisit pour sou confesseur le Père Rodingerius , dont se vojant privée à l'dge de dix-sept ans , elle prit Conrad de Masburg,àqui elle rendit une parfaite obéissance, après en avoir fait le yœu entre ses mains en 1225 , y joignant en même temps celui de chastrlé, si elle survivait au prince son époux.

Les pauvres et les malades étaient les principaux objets de ses soins ei de son af« fcction, leur ayant fait bâtir un hôpital à Ma^purg, afin quVm leur y administrât tous leurs besoins , tant spiritiiels que lcm« porels. Dans un temps de famine elle nourr.t pendant doux années de suite neuf cents pauvres. Ses greniers étant épuisés, elle eut soin de faire venir du blé de toutes parts , et employa à cette œuvre de charité non-seulement tonte sa dot , que son mari lui avait accordéo , mais encore sa vaisM^lle d'argent^ ses perles , ses diamants , et tout ce qu'elle avait de plus précieux.

Le landgrave, ayant enti épris le voyage de la terre sainte, laissa cette princesse pour régente de ses Etats; mais ayant été saisi d'une violente fièvre daus la ville de Troïna en Sicile, il ne laissa pas d*aller à Trente, où, sa maladie augmentant , il mourut eu 1227. On annonça à la sainte la mort de son mari , dont elle reçut la nouvelle avec une parfaite conformité à la volonté de Dieu. En même temps on la dépouilla de ses Etats, comme indigne de la régence. Etant sortie la nu t hors do. son palais parla violence do ses ennemis, qui l'enchâssèrent avecmépris, non-seulement elle ne trouva aucune maison qui la voulût recevoir, mais encore, pour surcroît dedisgrice, une malheureuse femme qui en avait reçu de grands secours la jela dans la boue au milieu de la rue, et elle fui obligée de se retirer dans nue pauvre établo avec ses demoiselles , jusqu'à ce qu'ayant entendu sonner àminuit la cloche des Freroa Mineurs pour les matines » elle se fit ouvrir

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1.1 porte de Téglise, et l^s pria de chanter le 7e Deum eo action de grâces des humiliations oè Dieu Tavail rédoile.

Un ai grand changement de fortune, capable d'abattre toat autre courage qne le sien, ne lit qu'augmenter sa constance et son amour ponr Dieu , comme il parut assez par la patience arec laquelle elle souiïrit ce que la pauvreté a de plu.s rude et de plus humiliant, puisqu'elle fut réduite à demander du pain da porte en porte ponr sa subsistance. L'abbe<se de Kizingen , .«a tante , en ajant eu avis 9 la Ot Tenir chez elle , et Tonvoya ensuite à l*éTéque de Uaroberg , qui était aus^i ton oncle, et qui lui proposa de se remarier, étant encore dans la fleur de son âge ; mais elle ne voulut point entendre parler de secondes noces , ayant choisi Jésus-Christ pour époux.

Comme on portait le corps do prince son mari en Thuringe, il passa par Bamberg, accompagné des seigneurs qui Ta raient suivi en Sicile. La sainte veuve le voulut voir, pour lui donner les dernières marques de sa ten* dresse en Tarrosant de ses larmes. Ces seigneurs, ayant appris le mauvais traitement que Ton avait fiiit à celte princesse, la voulurent rétablir dans la régence, mais elle déclara qo*elle y rrnonçait, et ne prétendait aucune part au gouvernement. Elle demanda Seulement que Ion conservât les droits de ^e8 enCsnts, et qu'on lui donnât son douaire en argent , afin de le pouvoir distribuer aux pauvres. Rodolplie , qui tenait le premier rang parmi ces seigneurs , la ramena en Thuringe , et la remit en possession de son pa* iaia, oA elle fut (raltéo selon sa dignité; mais cette pieuse princesse, appréhendant

3 ne les honneurs qu'on lui rendaitet Tabonanre oè elle se trouvait ne fussent contrai-^ rea au vœu de pauvreté auquel elle s'était tngagée, renonça à tous ces honneurs et retourna d'elle-même à cet état d'humiliation eu ses ennemie Tavaîent d*abord réduite après la mort de son mari. Rodolphe et les autres seigneurs de la cour, peu accoutumés aux humiliations de la croix de Jésus- Christ, qui leur semblait plutôt une folie qu'ttoe sagesse , ne sachant à quoi attribuer un si grand mépris de soinnéme et si contraire aux maximes du monde , ne la regar- «lèreui plus que comme une folle, et n'eurent plus pour elle que du mépris : ce que la sainte souffrit avec une joie qu'il n'est pas facile d'exprimer, se reconnaissant à ces marques servante de Jésus-Christ, qualité qu'elle préCérail à toutes les grandeurs de la lorre*

Le pape Grégoire IX la prit sous sa protection, el la recommanda à Conrad de Maspurs, son eonfessfur, entre les mains duquel ella avait fait , comme nous avons dit , veni d'obéissance et de chasteté dès Tan 1225. Ce sage directeur vituint modérer son zèle pour lâ pauvreté , qu'elle voulait pratiquer dans un si haut degré de perfection, que, non etinieute de renoncer à lout ce qu'elle pouvait prétendre dans le monde, elle ne voulait vivre que des auménes qu'elle ))ourrait

trouver; et sur le refus qu*il lui fit de la permission qo*elle lui en demand;i{t,cre loi répondit : Je le fêtai , je le ferais et voue nt poiivex pas nCen empêcher; et effectivement , étant entrée le jour du vendredi saint dans Péglrse des Frères Mineurs, elle mit lei mains sur l'autel , et là, en présence des religieux et de son confesseur, elle fit une profession solennelle par Inquelle elle re« nonça à toules les vanités du monde , à ses parents , à ses enfants, à sa propre volonté el à tout ce que le Sauveur du monde conseille d'abandonner pour être parfait.

Plusieurs auteurs disent qu elle se retira ensuite dans un monastère , ou elle s'employa à filer la Inine et à exercer les pins vils ministères : ce qui n*empéchait point que, comme elle ne s était pas obligée à la clAture , elle n'eût soin des pauvres de l'hépital qu'elle avait fait bâtir. Il y eut aussi trois ou quatre de ses demoiselles qui limitèrent , et se revêtirent de Thabit du Tiers Ordre ; mais la pauvreté de celui de la sainte la fafsait distinguer des autres. Enfin ses aastérilés et ses mortifications ayant abrégé ses

{'ours , elle mourut à Haspurg le 19 noveni' »re 1231, n'étant encore que dans sa viogt« quatrième année.

Quelques-uns doutent néanmoins que celle sainte ait été du Tiers Ordre de Saint-François et véritablement religieuse; mais c'est i tort, puisque saint Bonaventure assure qu'elle en a été, et qu'il l'a appris de son confesseur; et que Vincent de Beauvaiset saint Antonin, qui ont été suivis par plusieors antres écrivains, disent qu'elle se revêtit d'un habit gris, et qu'elle Ot une profession solennelle : Grùœum habilum induii , ei Aa- 6t/ttf tuteeptionem toii emisiione soteinnûa* tii . Wading , qui dispute A cette sainte la qualité de religieuse , dit néanmoins qae sa profession fut solennelle : Poêiiiê super al' iaremanibus , solemni ac tnagnanima profa* sione renuntiai parentibus , etc.; et dans an autre endroit, en rapportant la bulle de canonisation , où le pape Grégoire IX marque qu'elle se revêtit de l'habit de religion, il n'a pas manqué de m.-irquer à la marge qu'elle avait été religieuse, fuit religiosa. Ainsi c'est à tort qu'il lui dispute cette qualité. Bonfinius, dans son Histoire de Hongrie, dit qu'après avoirpris l'habit de Saint-François, elle se retira dans un monastère, oà elle s'occupait à filer et aux offices les plus vils. Noos pourrions rapporter aussi le témoignage d'un grand nombre d'auteurs, qui n'ont point fait difficullé de la reconnaître pour religieuse du Tiers Ordre de Saint-François; mais ce que nous en avons dit sufDra poor faire connaître que les religieuses de cet ordre ont eu raison de la reconnaître ponr leor mère el pour leur patronne, yen ayant même quelques-unes qui prennent le titre de religieuses de Sainte-Elisabeth. Il est vrai qu'elle ne gardait pas la clôture et qu'elle sortait souvent de son monastère pour aller sertir les pauvres â l'hôpital ; mais la clôture n'est pas essentielle à la profession religieuse; cl il y a encore aujourd'hui plusieurs cooiuiU'

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otoléi de religieuses da Tiers Ordre de Mol-Franfois qoi ne s'y engagent pas, et qai, à Texemple de lear Mère sainte Klisalielh, sortent de leurs monastères pour aller Msîster les malades, consoler les mourants, eosefeltr les morts , et qui prennent la qualilé de relip;ieascs hospitalières. Il y en a d'antres qui eiercent I hospitalité sans sortir de kar clôture, d'autres qui gardent seulement la clAture sans exercer rbospitalité; cl parmi celles qoi ne sont point hospitalières, il y en a de réformées oui prennent le nom de religieuses do Tiers Ordre de Saint- François de l'Etroite Ohserrance , d'antres de religieuses Récullectines. Les unes suivent la règle de Nicolas IV, d'autres celle de I^n X. La plupart sont habillées de gris. Les unes ont des scapulaires , d'antres n'en portent point, il y en a aussi qui sont habillées de blanc, d'autres de noir et d'autres de bleu. Noos afons parlé et parlerons encore de qnelques-oaes de ces religieuses plus particulièrement dans d*aQtres articles , et nous donnons la figure d*une des anciennes religieuses hospitalières de cet ordre au'on nommait de la CclUf qui étaient habillées de gris, et portaient des manteanx noirs lorsqu'elles sortaient /l). Comme la règle défend de porter des habits tout à fait blancs ou tout à fait soin , ces hospitalières do la Celle des monastères de Saint-Omer, Hesdin , Abbeville et Montreuil , eurent du scrupule de porter des œanteaat noirs, quoiqu'elles en eussent eo permission du pape Sitte IV. Elles s'adressèrenl, l'an 1^89, au pape Innocent VIII, qai leraleor scrupule et conGrma la permission qne son prédécesseur leur avait donnée de porter ces manteaux noirs qui les couvraient depuis la tête jusqu'aux pieds , et ne portaient point de scapnlaire, non plus que certaines hospitalières dont nous avons fait aossi graver rhabitlement , et qu'on appelait les Sœurs de la Faille^ à cause des grands manteaux qu'elles portaient aussi , au haut desquels il y avait on rond de chaperon qoi couvrait leur visage pour n*étre point vues de people (3) ; elles allaient servir les malades dans leurs maisons , et avaient soin des pestiférés; leur habillement était gris.

Vincent. Bellovacensis, lib. xxx Speculi, //iil. e. 136. S. Anton., m parr. Hist.. titul. 19. f. 2; Wading, Annal. 3linorum^ t. I, oen. 12%, n. 84. S. Bonavent. Serm. de 5. Kiiiob. Conrad de Hasporg, Epist. ad Papam. Grêgor. IX de Viia S. Elisabeth. Joan. Mar. Vemon , Annaf. Tei t. Ord. S. Fran- OKI. Franc. Bordon, Chronolog. FF, et Sorof, Tirt. Ord. S. Franeisci.

Nous ne partageons point le sentiment d'Hélyot sur la profenion de sainte Elisabeth de Hongrie, qn il dit avoir été solennelle , si le mot solennelle doit être pris à la rigueur. Néanmoins nous ne décidons pas absolument qoe sa profession ne fut point solennelle, puisqu'elle la faisait dans le Tiers Ordre , qui est un ordre véritablement approuvé ceone ordre religieux; mais quelle commu*

(I) V09., à la fin do v^l., n* 2$.

nauté habilaif-clle, quelles constitutions y suivait-on ? Ce seraient des points à éclaircir , puisque Wadini; est allé jusqifà contester l'état religieux de la sainte, qu'il reconnaît pourtant a la fin par l'expression religiosa. Quoique les religieuses Tiertiaires de Paris soient connues aujourd'hui sous le seul nom de Religieuses de Sainte-Elisabeth , elles no sont point néanmoins à placer au rang de celles qui sont mentionnées dans ce chapitre* Elles appartiennent à celles qu'on appelle de TEtroite Observance ; nous renvoyons les additions qoe nous fournirons à leur bist(»ire au chapitre où leur établissement est raconté par uélyot ; c'est là leur place naturelle , c'est-à-dire à l'article de I ordre de la Pénitence , ou Tiers Ordre régulier de Saint- François d'Assise. Noqs parierons en même temps de deux autres maisons que les Franciscainsdu Tiers Ordre avaient aussi à Paris, et sur lesquelles Hélyot a gardé un silence d'autant plus surprenant, que ces deux monastères étaient du même ordre que lui.

Au dernier siècle les Franciscains du Tiers Ordrf, ainsi qu'on lesappelaitàRome,avaicnt, dans ce! te dernière ville, les quatre établissements suivants , tous quatre gardant la cl6« ture et dirigés par des prêtres séculiers : Saini'Bernardin de Sienne , Sainte-Claire^ U Purification , Sainte^Apolline. Aujourd'hui les Franciscaines du Tiers Ordre, àRomot sont encore sous la direction des prêtres séculiers ; nous ignorons si elles y ont plus d'une maison , mais tous les monastères dont nous parlons ici sont plutôt à mentionner dans le chapitre consacré aux religieuses du Tiers Ordre vivant en clôture. Dans les Etats^ autrichiens on compte aujourd'hui dix mo^ nastères de religieuses de Sainte-Elisabeth, dites Elisabithines, renfermant, en totalité, 319 religieuses. B-d<-b.

ENFANCE DE NOTRE-SEIGNEUR (Filles

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